Chapitre 25 : Les invitations sont lancées


La sonnette de l'appartement résonne et les trois hommes échangent un dernier regard. Jûshiro se lève pour aller accueillir son invité. Dans le couloir menant à l'entrée, il se perd dans ses réflexions, avant de stopper net derrière la porte. Le trajet aura été de courte durée, quoique intense en pensées de toutes sortes. Une grande inspiration et il ouvre.

- « Bonsoir, Iba. »

- « Bonsoir, Ukitake », répond le grand brun aux lunettes sombres.

- « Tu ne m'appelleras jamais par mon prénom, Iba ? Combien de fois te l'ai-je répété ? », lance l'hôte avec un grand sourire.

Questionnement purement rhétorique qui fait s'effacer Jûshiro pour laisser entrer un homme vraisemblablement plus taciturne que jamais, et surtout sur ses gardes. L'invitation d'Ukitake a tout de suite inquiété le second couteau de Yamamoto. Bien qu'il n'ait aucun moyen de douter du bien-fondé de la démarche, il ne peut s'empêcher de craindre une entourloupe. Certes, il a toujours été très discret et il ne craint pas la comparaison avec les autres lieutenants du clan. Cependant, un point joue en sa défaveur à l'heure actuelle : l'amitié qui liait Retsu Unohana à Kyôraku et Ukitake. Que ne ferait-on pas pour venger un ami ? Il en sait quelque chose, lui qui poursuit sans relâche une vendetta depuis qu'il est en âge de prendre des décisions.

- « Viens, allons dans le salon. J'ai préparé du thé, mais si tu veux quelque chose de plus fort, j'ai aussi », propose Jûshiro.

La bonté qui se lit sur le visage de son hôte endort la vigilance d'Iba, au point qu'il lui emboîte le pas et se retrouve dans l'entrée du salon, face à une assemblée qui n'attend visiblement que lui. Instantanément en alerte, l'homme très entraîné se fige et amorce un geste du bras pour prendre son arme dans le holster sous son costume impeccable.

- « A votre place, je n'y penserais même pas, Iba Tetsuzaemon », fait la voix froide de Kyôraku.

Iba fait descendre sa main le long de son corps et observe les personnes présentes à travers les verres fumés de ses lunettes. Outre Shunsui qui trône dans un fauteuil pile en face de la porte, Coyote Stark est à son habitude débout, cette fois contre une vitrine remplie de céramiques, car l'appartement moderne d'Ukitake ne dispose pas de cheminée. Un peu plus loin, et éparpillées pour plus d'efficacité, le trio composé de Soi Fong, Lisa Yadômaru et Nanao Ise veille au grain, leurs armes déjà dégainées.

L'invité réalise qu'il est tombé dans un piège et qu'il n'a plus aucun moyen d'y échapper. Son cerveau marche à toute vitesse, cherchant une manœuvre qui pourra lui permettre de sortir d'ici vivant et de préférence sans que son secret n'ait été éventé.

- « Veuillez m'excuser maître Kyôraku, maître Stark », fait-il en s'inclinant. « J'ai été surpris par votre présence. A ma décharge, Jûshiro ne m'avait pas prévenu. »

Malgré l'envie de découvrir la vérité, Ukitake se sent envahi par la honte, incapable de prononcer le moindre mot pour se défendre. Il sait qu'en utilisant enfin son prénom, Iba lui fait clairement comprendre qu'il a trahi le peu d'amitié qui les liait. Shunsui a saisi le manège du brun et s'en vient au secours de son ami.

- « N'en voulez pas à Jûshiro. Ce n'est pas à vous que je vais apprendre que dans le clan, on respecte la hiérarchie et les ordres donnés ? »

- « Effectivement », rétorque-t-il en faisant un signe de la tête vers Ukitake. Un geste que ce dernier apprécie à sa juste valeur, le délestant d'une partie de ce poids qui lui pèse. Le nouvel arrivé revient vite sur Shunsui. « Dois-je comprendre que cette petite entrevue n'aura rien de plaisant ? »

- « Oh mais cela ne dépendra que de vous mon cher Iba », rétorque avec fiel Shunsui.

- « Shunsui, je te prie de ne pas me faire passer pour un hôte des plus rustres. Viens d'assoir, Iba. »

Le grand brun choisit non pas le fauteuil face à Kyôraku et à Stark, mais celui qui y est perpendiculaire, dos à la bibliothèque. Belle manœuvre puisqu'il dispose ainsi d'une vision complète des participants à ce petit conciliabule inopiné. Le cas échéant, il est suffisamment près de la porte pour pouvoir mettre les voiles sans trop de casse.

Les lèvres de Stark s'étirent en un fin sourire, petite éloge à sa façon, pour un homme fort avisé. A l'opposé, à peine est-il installé que Shunsui reprend.

- « Voyez-vous, Iba, à l'instar de la police, nous n'avons rien découvert au sujet de l'assassinat de Retsu. Pas même le petit bout d'une piste. »

Les mots et la voix dépitée de Shunsui pourraient rassurer n'importe quelle personne dans la position d'Iba. Mais l'homme n'est pas n'importe qui et il connaît très bien la réputation de son adversaire. Pareil pour l'autre chef de clan, celui qui ne dit mot depuis qu'il est arrivé.

- « Oui, rien de rien. Du moins jusqu'à ce que Tôshirô Hitsugaya ne découvre que Retsu vous avait envoyé un mail juste avant de mourir. Un mail avec une pièce jointe. »

Étonnamment, Kyôraku ne laisse pas à Iba le temps de répondre. Pas que ce dernier en ait eu envie d'ailleurs.

- « Bien entendu, nous connaissons l'amitié que Retsu vous témoignait », poursuit-il comme si Iba devait se sentir honoré d'avoir eu ce privilège, « et il n'est pas anormal de s'envoyer des mails entre amis. Cela dit… »

L'impassibilité d'Iba est à la hauteur du suspens volontairement voulu par Shunsui.

- « ... je ne crois pas aux coïncidences. Trop pratique. Alors je ne vais poser la question qu'une seule fois. Je veux savoir ce que Retsu vous a envoyé. »

- « Iba, tu dois comprendre que nous n'avons pas de piste. Tu es notre seul espoir », supplie Jûshiro.

L'homme réfléchit quelques instants, soupesant ce qu'il peut dire. Son esprit clairvoyant l'incite à garder une certaine honnêteté. Vouloir embobiner ces hommes-là serait du suicide pur, déjà parce qu'ils sont en surnombre et ensuite parce que leur intelligence ne doit pas être sous-estimée. Parvenant à une conclusion, il ôte lentement ses lunettes, ce qui en soit est exceptionnel. Puis, sans que les autres ne s'y attendent, il assène : « Je n'ai pas tué Retsu, mais je suis responsable de sa mort. »


La grande maison de Zaraki dispose d'une petite véranda qui est peu utilisée. Elle fourmille de plantes en tout genre et un salon en rotin étrangement confortable y trône en son centre. C'est dans cette pièce qui dispose d'une vue imprenable sur le jardin où en ce moment même sont en train de jouer les enfants, qu'Urahara a convié son invitée pour prendre le thé. Il est sur ses gardes, inquiet de commettre un impair face à cette figure emblématique du Clan. Ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit la fille aînée de Yamamoto, la mère biologique d'Aizen et celle d'adoption de Jaggerjack, et accessoirement la sœur de son compagnon. Même s'il est heureux de profiter des deux petits bouts de Shûhei, il n'en mène pas large.

- « Je ne suis pas une ogresse, vous savez. Et je ne suis certainement pas là pour vous juger ou vous évaluer », lui lance Akane Aizen. Sirotant son thé, elle lui sourit de façon moqueuse, ayant apparemment deviné la raison de son angoisse. « Déjà, j'aurais cela en horreur, moi qui fuit tous ces carcans imposés par mon cher papa ! »

Elle se met à glousser pour donner bonne mesure sur ce qu'elle pense vraiment de son paternel et de son étiquette ridicule, autrement dit de sa vision d'un autre temps.

- « De toute façon, vous vous en sortez très bien, mon cher Urahara. Malgré le drame qui a touché cette maison, j'ai rarement vu les enfants de Ken plus souriants et en bonne santé. »

La bouche ouverte, le blond ne sait pas quoi répondre pendant quelques secondes.

- « Oh, eh bien… merci, je suppose. Et je vous assure que je n'ai jamais pensé que votre visite… enfin que vous aviez été envoyé par votre… euh… père. »

- « On m'a dit à votre sujet que vous étiez plus loquace », fait-elle remarquer avec beaucoup de sérieux, avant de se mettre à ricaner face à la mine soucieuse de son hôte.

La finesse d'esprit d'Urahara le convainc bientôt que cette femme ne constitue en rien un danger pour lui. Il se détend alors en s'enfonçant dans son siège et choisit d'adopter un soupçon de bouderie pour contrecarrer le ton badin de la femme.

- « Vous vous êtes bien amusée à mes dépends, madame. Ce n'est pas très gentil de vous en prendre à un pauvre homme qui se retrouve après trente-cinq de célibat à courir les jupons, pratiquement marié à un homme et maman à charge de trois enfants. »

La réaction est immédiate. Akane explose de rire.

- « C'est tellement surprenant que vous soyez le concubin de mon frère. Il n'existe pas deux hommes plus différents que vous deux. » La mère d'Aizen voit très clairement le regard de Kisuke se voiler. Elle a saisi que ce n'est pas de son libre-arbitre que cet homme cultivé s'est accoquiné avec la brute qui lui sert de frère. « Je ne suis pas naïve, monsieur Urahara. Je connais mon frère et je me doute que vous n'avez pas renoncé de gaîté de cœur à votre long célibat. »

Le blond repose sa tasse.

- « Madame… »

- « Akane, s'il vous plaît. »

- « Très bien, Akane, je ne vous mentirai pas. Votre frère a abusé de sa position de bien des façons, mais au bout du compte, il m'a donné un choix. » Le haussement de sourcils de la femme ne laisse aucun doute quant au fait qu'elle n'en croit pas un mot. Il lui faut être plus franc. « Enfin disons, qu'il m'a fait une proposition que j'étais libre de refuser, même si mon refus impliquait les pires souffrances, voire ma mort prématurée. J'ai accepté de rester à ses côtés, de m'occuper de ses enfants dont je me suis pris d'une affection réelle, n'en doutez pas. Ce faisant, je l'ai aussi accepté lui et pour le moment, je ne le regrette pas. Bien entendu, je ne vous dirai pas que je ne regrette pas ma vie d'avant, mais je suis suffisamment lucide pour savoir que je m'en tire relativement bien. J'aime Yachiru, Ururu et Jinta, même si avec lui, la route a été longue et difficile. La vérité, c'est que je ne me vois pas ne plus les avoir dans ma vie. Et j'avoue aussi qu'une partie de moi s'est attachée à Kenpachi. »

Encore un être dont la vie est tracée par le Clan, voilà ce que songe Akane après ce monologue d'une sincérité touchante. En dépit du fait qu'ils n'aient rien à voir l'un avec l'autre, elle ne peut s'empêcher de penser que son fils a soumis Shûhei à son bon vouloir, au même titre que son frère avec Urahara. Pareil avec Grimmjow, bien que les préférences sexuelles du jeune Ichigo le placent dans une position plus supportable. Ça la peine de savoir qu'encore aujourd'hui, le Clan fonctionne sur des préceptes désuets et sans aucune adéquation avec la société actuelle. Elle se souvient de sa jeune sœur, la mère de Grimmjow. Un être fantasque et libéré. Une jeune femme qui a pris son envol et s'est battue becs et ongles pour aimer et être aimée de son bel américain et elle avait réussi. Dommage qu'elle soit morte trop tôt. Akane était tellement fière de sa petite Haruko.

- « Les esprits libres et les originaux n'ont pas leur place dans le Clan, ça a toujours été ainsi », fait-elle amère, faisant s'interroger Kisuke sur la signification véritable de ces mots. Elle s'en aperçoit et se corrige d'elle-même. « Cela va peut-être vous surprendre, mais je crois que vous êtes la meilleure chose qui pouvait arriver à cette famille. Pour les enfants, surtout. Tout le monde dans le Clan, du moins ceux qui possèdent une once de cervelle, s'en sont aperçus ou s'en apercevront tôt ou tard. Quant à mon grand escogriffe de frère, vous êtes la personne qui lui fallait et je suis encore sur le cul qu'il s'en soit rendu compte par lui-même ! »


Cette fois, Stark s'approche et vient prendre place dans le fauteuil qui était destiné à Tetsuzaemon. Il est persuadé que la récente disparation d'Unohana va lui permettre d'obtenir enfin des réponses aux questions qui le taraudent depuis qu'il a pris la direction de la famille de son épouse. Stark n'est pas un homme complexe, mais il n'en demeure pas moins carré dans sa vision de la vie. Il aime aller au bout de ce qu'il entreprend et exige la même détermination des gens qui l'entourent. En ce sens, il estime que trop de membres imminents du Clan sont décédés de façon brutale et inexplicable au cours des dernières années. Il en est même arrivé au point de développer une méfiance toute particulière vis-à-vis de certaines personnes et de soupçonner que certains décès étaient potentiellement imputables à quelqu'un du Clan. Oui, à n'en pas douter l'aveu succinct d'Iba vient de susciter son intérêt.

Du côté des deux amis inséparables, les réactions divergent. L'un est visiblement plus touché que l'autre. Au-delà des implications de cette révélation, Jûshiro ne peut s'empêcher de compatir avec Iba. Il voit dans son regard une franchise et surtout une culpabilité qui le ronge inexorablement. Comme bien souvent, le cœur l'emporte sur la raison et son empathie naturelle le fait omettre les faits.

A l'opposé, Shunsui a plissé les yeux et digère l'information, jusqu'à conclure que la supposition d'Aaroniero semble plus que jamais d'actualités. Pas besoin en effet d'être un fin limier pour déduire que si la menace venait de l'extérieur, Iba l'aurait effacée. Pire encore, si la menace venait d'une autre personne que Yamamoto, ce dernier serait déjà au courant et aurait pris des décisions en conséquence. Conclusion, le vieux est mouillé jusqu'au cou et Shunsui sent la fureur s'échapper par vague de lui.

Incapable de reproduire le même raisonnement que Kyôraku, Jûshiro qui s'est aperçu du changement de comportement de son ami, s'inquiète tout de suite des retombées possibles pour Iba.

- « Shunsui, je crois Iba lorsqu'il affirme ne pas avoir tué Retsu. Regarde-le, tu ne vas pas… »

Nullement calmé, Kyôraku se tourne vivement vers lui pour l'assassiner du regard et l'homme aux longs cheveux blancs ne peut retenir un léger mouvement de recul.

- « Jûshiro, réfléchis avec ta tête et pas avec ton cœur ! Tu ne comprends pas ce que vient de dire Iba ? », explose Shunsui. « Tu n'as pas saisi ce qui se cache derrière son aveu ? »

- « Mais enfin, Shunsui, tu ne peux pas condamner Iba ! », rétorque l'autre en se levant et en s'agitant comme si son salon allait subitement devenir le théâtre d'une exécution dans les règles.

Empêtrés dans les non-dits, les deux hommes s'affrontent du regard pendant quelques secondes. Jûshiro a toujours préféré la compréhension à l'action, lui dont la gentillesse est la plupart du temps considérée par Shunsui comme un atout charme. À cet instant, ce dernier s'en agace.

Voyant qu'Iba reste imperturbable malgré la confrontation entre les deux plus chers amis de Retsu, Stark décide de sortir de son mutisme. Contrairement à Jûshiro, lui a compris où les méandres du cerveau ont conduit le chef de la famille Kyôraku.

- « Jûshiro, personne n'accuse Iba Tetsuzaemon », fait-il d'une voix douce. « Et certainement pas Shunsui dont tu interprètes mal la colère. Une colère, à mon humble avis, tout à fait justifiée et certainement pas dirigée contre Iba. »

Le susnommé tourne un visage relativement neutre vers le nouvel intervenant. Pourtant, à l'intérieur, le tumulte est réel. Non seulement un mais deux des chefs de clan semblent se douter de quelque chose et ça, c'est en soi la chose la plus incroyable qu'il lui ait été donné de croire depuis longtemps. Son aversion pour Yamamoto et son homme de mains vil l'ont conduit à n'avoir aucune estime pour les autres chefs de clan. Il les a toujours envisagés comme des moutons incapables de décider sans le vieux. Une erreur de jugement qu'il a vraisemblablement commise et lui fait reconnaître que Retsu avait raison de porter sa confiance en Kyôraku.

- « J'en déduis que tu es parvenu à la même conclusion que moi, Coyote. Ce qui m'étonne, en revanche, c'est que tu sembles très calme », fait remarquer Shunsui.

- « Pour être tout à fait honnête, ça fait un petit moment que certains faits me gênent. »

Alors que les lieutenants restent impassibles mais néanmoins pendus aux lèvres de leurs supérieurs, Jûshiro a la bouche ouverte, ses yeux se posant alternativement sur les deux hommes. S'il est complètement largué, il se dispense bien de les interrompre. Jusqu'alors, il n'avait pas cherché à aller au-delà des mots et il réalise désormais la raison de l'emportement de Shunsui. Iba n'a pas tué Retsu mais quelqu'un dans le Clan en a donné l'ordre. C'est une possibilité qui lui déplaît mais qui se tient. Il met l'idée dans un coin de sa tête et reste concentré sur l'échange.

- « Quand tu parles de faits, tu ne fais pas seulement allusion à la mort de Retsu, n'est-ce pas ? »

- « Shunsui, tu ne vas pas me dire que les morts des Shiba ne t'ont jamais parues suspectes ? »

Le ton est presque sarcastique et Shunsui n'apprécie que peu de se faire remontrer de la sorte.

- « La mort d'Isshin et de Ganju… »

- « Et de Kaien, ne l'oublie pas. »

- « Je n'oublie pas Kaien non plus, mais tu sais pertinemment que leurs morts à tous est le résultat… »

- « Oh je t'en prie, épargne-moi cette soupe écœurante qui arrange bien tout le monde ! », s'exclame Coyote en haussant le ton, à la surprise de tous.

Il s'est redressé sur son siège dans une position où l'on pourrait croire qu'il est prêt à l'affrontement avec son confrère. Plus loin dans la pièce, les deux lieutenants se sont crispés et Jûshiro est figé par l'angoisse d'une cession entre deux familles.

- « A moins que seule la mort de Retsu te chagrine. Si c'est le cas, je suis déçu, car je pensais vraiment pouvoir compter sur toi pour crever cet abcès que je crois gangréner le Clan depuis si longtemps. »

- « Je te somme de t'expliquer, Coyote Stark, car tu viens de m'insulter et tant que je ne comprendrai pas ce que tu as en tête, je me propose de délayer la réponse qui menace de sortir d'entre mes lèvres. Ce serait dommage de jeter aux oubliettes une dizaine d'années de bonne relation. »

Stark se renfonce dans son siège et croise ses jambes. Puis, il pose ses coudes sur les accoudoirs du fauteuil, sans jamais quitter des yeux ceux de Shunsui.

- « N'as-tu jamais envisagé que certains membres du Clan avaient pu être assassinés par ou sous les ordres d'un membre du Clan ? »

Jûshiro vient de s'effondrer sur le canapé.

- « Coyote, mais enfin, comment peux-tu dire des choses pareilles ? »

Le mari de Yoruichi Shiôhin se tourne vers son hôte et le fixe un instant avec un petit sourire narquois.

- « Et toi Jûshiro, comment peux-tu te contenter de l'explication vaseuse que l'on nous a fournie et ne pas de démener comme tu le fais pour Retsu ? Si je t'affirme ici et maintenant que Retsu a été assassinée par une bande rivale, t'en contenteras-tu ? »

L'homme est bien incapable de répondre et Stark n'insiste pas, conscient que ce n'est pas le moment de l'accabler. Non, l'heure est venue de trouver la vérité et il peut l'obtenir grâce à une seule personne, celle qui les a tous réunis aujourd'hui dans cet appartement. Son regard tourne à cent quatre-vingt degrés et plonge dans les yeux d'Iba.

- « Que pensez-vous de mes questionnements, Iba ? »

- « Je les trouve justifiés. »

- « Qu'avez-vous découvert exactement ? »

Le brun reste muet. Visiblement, il ne se sent pas encore suffisamment en confiance pour lâcher l'histoire de sa vie. En outre, il ne sait pas ce qu'il peut dire à ce stade et surtout comment l'exprimer. Lui son domaine, c'est l'action, pas la parlote.

Malheureusement, son mutisme a le don d'exaspérer au plus haut point Kyôraku qui finit par exploser.

- « Oh s'il vous plaît, nous n'allons pas y passer la journée ! De toute façon, vous en avez déjà trop dit ! Et pour que tout le monde comprenne bien, » pour donner un peu de poids à ce qu'il s'apprête à lâcher, il fait le tour de la pièce, regardant chacun des participants, y compris les lieutenants, « le vieux est dans le coup. Alors Iba, à quel moment vous avez commencé à le soupçonner ? »

- « Je réserve cette information pour plus tard. Sachez juste que j'ai commis une erreur. J'ai été pris de court et comme il me fallait des preuves pour vous convaincre, j'ai mis Retsu dans la confidence en lui demandant de me procurer un objet. »

- « Vous auriez dû nous en parler avant, Iba, plutôt que de mêler Retsu à ça », reproche Jûshiro.

- « Vous m'auriez cru ? », éclate Iba d'un rire amer.

- « Ne nous énervons pas, messieurs », intervient Stark. « Vos soupçons quels sont-ils ? »

- « Yamamoto se débarrasse de tous ceux qu'il estime gênants ou constituer une menace à sa vision du Clan. Il les fait exécuter par Sasabike. »

- « Mais c'est impensable ! En quoi Kaien aurait été une menace pour le clan ? »

- « Jûshiro, tais-toi », ordonne Shunsui. « Laisse Coyote finir, s'il te plaît. »

- « Pourquoi avez-vous été pris de court ? », reprend l'autre Oyabun.

- « Il a commandité de nouveaux meurtres. »

- « Qui ? »

- « Je préfère réserver cette réponse aux cibles, si vous le voulez bien. »

- « La preuve ? », demande à nouveau Stark, sans insister comme l'auraient souhaité les deux autres.

- « Un carnet où il inscrit tous ses méfaits, avec les dates, les noms et la raison. »

- « Mon dieu, mais si c'est vrai, il est fou », ne peut s'empêcher de murmurer Ukitake.

- « N'allez surtout pas croire qu'il est fou, Jûshiro Ukitake », regimbe Iba. « En faisant cela, ce serait lui donner une excuse. Non, il est sain d'esprit et vil. Cet homme est un monstre, pas un aliéné. »

La véhémence des propos fait se tarir les langues, enfonçant certains dans une déprime et poussant les autres dans une remise en cause profonde. Si tout est avéré, et rien ne permet d'en douter, cela risque de provoquer des dissensions dans le Clan, pour ne pas dire son implosion.

- « Bien entendu, vous êtes en possession de ce carnet ? » Un hochement de tête vient répondre à la question. « Je suppose que vous allez refuser de nous montrer ce carnet ? »

- « Vous supposez bien. »

- « COMMENT ÇA ? C'est bien beau de lancer des accusations, mais j'EXIGE de voir ce foutu carnet ! Retsu est morte à cause de ça ! »

- « Non, Shunsui », le coupe Jûshiro d'une voix atone. « Retsu est morte parce qu'elle savait que c'est ce qu'il fallait faire, c'est bien ça ? »

- « Vous souhaitez continuer à parler en présence d'autres personnes, je présume ? », recommence Stark. « Bien, puisqu'il y a urgence, chez qui devons-nous nous rendre ? »

- « Manoir Zaraki, puis direction finale le manoir d'Aizen. »

- « Shunsui, peux-tu convoquer Zaraki ? »

- « N'oubliez pas de lui demander de venir avec Urahara », ajoute Iba, ce qui fait déduire Jûshiro sur l'identité de l'une des cibles de Yamamoto.

- « Kisuke est donc une future victime », lâche-t-il sur un ton peiné.

Un raclement de gorge et les quatre hommes se tournent vers Lisa Yadômaru.

- « Oui, Lisa ? »

- « Ne faut-il pas convier également le clan Shiba ? Je veux dire Kûkaku et Shinji. »

- « Oui, c'est évident. Je vais m'en charger. Il faut que Kensei soit présent car j'ai dans l'idée qu'il sait quelque chose. »

Stark se lève imité par les trois autres.

- « Tetsuzaemon, je comprends vos réticences à partager vos soupçons. Peut-être que si j'avais été dans la même position que vous, j'aurais agi de la même façon. Sachez cependant que moi, je vous aurais écouté. »


Dans le bureau de Shunsui, Jûshiro est en train de fixer son ami. Assis derrière son bureau, les coudes posés sur le plateau, le brun excentrique est en pleine réflexion. Les deux hommes sont rentrés un peu plus tôt. Iba est reparti avec Stark pour mettre en sureté le fameux carnet. Stark s'est engagé à amener Byakuya Kuchiki au lieu de rendez-vous qui n'est pas encore défini. Il compte d'ailleurs sur son épouse pour réussir cette mission. Quand il s'agit de l'héritier des Kuchiki, Yoruichi se révèle une précieuse alliée, pour ne pas dire une véritable arme.

- « Tu vas commencer par qui ? Shinji, Sosûke ou Kenpachi ?»

- « Je n'ai absolument aucune intention de prévenir Zaraki. Il est trop ingérable. Non, le mieux, c'est de le mettre devant le fait accompli et j'ai ma petite idée. C'est Sosûke qui va s'en charger. »

Il décroche son téléphone et écoute les sonneries.

- « Shunsui Kyôraku à l'appareil. J'aimerais parler à Sosûke Aizen, je vous prie. »

- […]

- « Bonjour, Sosûke. Toujours aussi direct. Très bien, j'aime ça. Tu as quelque chose de prévu ce soir ? »

- […]

- « Quels enfants ? Tu parles des petits ou des plus grands ? »

A cet instant, Jûshiro lève les yeux au plafond. Est-ce trop demander à cet imbécile qui lui sert d'ami de rester sérieux plus de cinq minutes. La situation est grave et lui s'amuse à taquiner le petit-fils de Yamamoto !

- […]

- « Mais je le sais bien qu'il est ton compagnon, pas la peine de monter sur tes grands chevaux ! Tu devrais vraiment te calmer, Sosûke »

- […]

- « Bon, trêve de plaisanterie, je dois te parler et autant dire que c'est important et ne peut être repoussé plus longtemps. Je te propose de nous retrouver ce soir. »

- […]

- « Non, car les enfants d'Isshin doivent entendre ce que j'ai à te dire. »

- […]

- « D'accord. On ira alors directement chez Shinji, car il est primordial que Kûkaku et lui assistent aussi à cette réunion. »

- […]

- « Je ne peux pas te répondre au téléphone. »

- […]

- « Tu vas devoir me faire confiance, Sosûke. Les révélations dont il s'agit sont trop sensibles. »

- […]

- « Comme je te l'ai dit, je ne peux te donner aucun détail. »

- […]

- « Disons que tu as tout à gagner à connaître ces révélations. Et à propos, comme tu es au bureau et que je suppose que ton âme damnée au sourire de renard est présente, passe-lui l'invitation. Il est aussi concerné, ainsi que Grimmjow. »

- […]

- « Sosûke, je suis conscient de te demander beaucoup. Mais encore une fois, fais-moi ou plutôt fais-nous confiance à Stark et moi. Ce que nous allons vous apprendre va chambouler vos vies. Et encore, lui et moi, on ne sait pas tout. On se retrouve à dix-huit heures chez Shinji, d'accord ? Oh comme tu passes chez Zaraki, tu embarques par la même occasion Urahara. Je m'arrange pour faire venir Zaraki. »

- […]

- « Grands dieux non, Sosûke. Loin de moi l'idée de vouloir te faire passer de vie à trépas ! »

- […]

- « Tout de suite les grands mots ! »

- […]

- « Tu peux compter là-dessus. »

- […]

- « A ce soir, Sosûke. »

Les lèvres de Shunsui s'étirent d'un malicieux sourire. Il n'est pas peu fier d'avoir aussi bien manœuvré le grand Aizen. Il en oublierait presque la gravité des évènements qui l'ont conduit à passer ce coup de fil.

- « Tu es vraiment incorrigible », le sermonne son bras-droit en secouant la tête.

- « Oh, il n'y a pas mort d'homme, Jûshiro. »

- « Non, je l'espère. Parce que quand Zaraki va savoir que tu as autorisé Sosûke à embarquer sa chasse gardée, tu vas subir ses foudres. »

- « Oh, mais je n'ai nullement l'intention de prévenir Zaraki. Enfin, pas directement. »

- « Shunsui, qu'est-ce que tu as encore fomenté dans ton esprit tordu ? »

- « Je lui ferai laisser un message par l'un de ses domestiques. »


Un instant plus tôt, la sonnerie du téléphone retentit dans le bureau.

- « J'ai demandé à ne pas être dérangé », assène la voix d'Aizen.

Depuis la table de conférence où il travaille à analyser les bilans comptables d'une société de transport que le clan Aizen souhaite racheter, Gin lève la tête, un sourire d'abruti scotché aux lèvres. Il aime bien entendre son boss parler comme un noble coincé du cul qu'il ne nommera pas.

- « Très bien, passez-le-moi », accepte le brun à contrecœur.

- « Shunsui ? Que puis-je faire pour toi ? »

- […]

- « Ce soir ? Je rejoins ma mère et les enfants chez Zaraki, pourquoi ? »

- […]

- « Comment ça quels enfants ? Shûhei est mon compagnon, pas un enfant ! »

Retournant à son analyse, Gin secoue la tête, toujours avec un sourire de banane. Il trouve Sosûke vraiment impayable avec 'mon compagnon par-ci, mon compagnon par-là.'

- « Je suis très calme. »

- […]

Un « Qu'est-ce qui faut pas entendre ! » s'échappe des lèvres de l'argenté pendant que Sosûke fronce les sourcils. Pas de contrariété, mais plutôt par curiosité.

- « Ne peux-tu pas venir au bureau ? »

- […]

- « Ça tombe bien, ils seront tous les trois présents. Il est prévu que l'on se retrouve tous chez Kenpachi. Une lubie de ma mère. »

- « Ah bah, je comprends mieux pourquoi il est de mauvais poil, mon petit Sosûke », murmure en ricanant Ichimaru.

- « Tous les Shiba ? Mais enfin pourquoi ? Déjà aller chez Zaraki ne m'enchante pas mais par-dessus le marché, tu veux que je subisse Shinji et Kûkaku ? »

- […]

- « De quoi parlons-nous exactement Shunsui ? »

- […]

- « Si tu ne m'en dis pas plus, je ne bougerai pas. »

Intrigué, Gin a relevé la tête.

- « Quel genre de révélations ? »

- […]

- « Mais enfin, Shunsui, qu'est-ce que tu peux me dire au juste ? »

- […]

- « Gin aussi doit être présent ? »

- […]

- « Bien, Shunsui. Nous y serons, dix-huit heures chez Shinji. On se retrouve là-bas. »

- […]

- « Bon sang, Shunsui, tu veux ma mort ? »

- […]

- « Je ne crois pas, non. Tu me demandes ni plus, ni moins de kidnapper le copain de mon cher oncle ! »

- […]

- « D'accord, mais tes révélations ont intérêt à valoir le coup que je me coltine tout ce petit monde. »

- […]

- « Bien, à ce soir. »

Lorsqu'il raccroche, Aizen est soucieux. Mais ce n'est rien en comparaison avec Gin qui n'a entendu que la moitié de la conversation et qui se pose tout un tas de questions.

- « Pourquoi je dois venir chez les Shiba ? Et c'est quoi ces révélations ? »

- « Je ne sais pas et c'est bien ce qui m'inquiète, Gin. »

- « Y'aura qui d'autres ? »

- « Kuchiki est également convié. Ce qui m'étonne, c'est qu'ils exigent la présence de Muguruma et d'Urahara. »

- « Qui ça ils ? »

- « Cette petite réunion informelle est organisée par Kyôraku et par Stark. Tu penses bien que s'il ne s'était agi que de Shunsui, je n'aurais pas été aussi facilement convaincu. »


Pendant ce temps, dans la demeure ancestrale des Shiôhin, Stark vient de lâcher tout ce qu'il sait à son épouse. Il sait que le caractère fougueux de Yoruichi n'est pas un avantage dans cette affaire, mais il aurait été encore plus dangereux de lui taire ce qui l'a appris. Surtout à voir sa douce s'emporter de la sorte.

- « Quelle ordure ! Se débarrasser des gens comme de vulgaires parasites ! »

- « Calme-toi, Yoruichi ! »

- « Comment tu peux me demander de me calmer ? », elle riposte avec acharnement.

- « Parce que si tu ne le fais pas, ce soir, tu ne seras pas à la petite réunion que nous organisons. Iba nous a expressément demandé de convoquer un certain nombre de personnes. Et c'est là que j'ai besoin de tes capacités, ma grande. »

Préférant endormir pour le moment sa colère, la métisse croise les bras sur sa généreuse poitrine pour fixer son trop sage mari.

- « Qui veux-tu que j'embobine ? »

- « Byakuya Kuchiki. Arrange-toi pour que la sœur ne soit pas de la partie. »

- « En quoi Bya-bo serait concerné par les assassinats de l'autre psychopathe ? Tu ne penses quand même pas que… »

- « Je n'en sais rien, ma chérie. » Le brun s'approche d'elle et l'enlace. « Et je veux absolument tout savoir. Et si c'est aussi ton cas, eh bien tu vas devoir te surpasser. Je compte sur toi et surtout sur ta discrétion. Le vieux ne doit se douter de rien, tu m'entends Yoruichi ? Qui sait s'il n'a pas des espions. »

- « T'inquiète, je m'en charge. »

Après avoir échangé un long baiser avec son époux, Yoruichi sort en trombe du bureau et saute dans sa Porsche. Elle démarre sur les chapeaux de roues, direction l'immeuble où Byakuya doit vaquer à ses occupations. Arrivée à destination, elle se présente devant le secrétariat.

- « Je veux voir Byakuya Kuchiki. »

- « Je vais voir s'il peut vous recevoir, madame Stark. »

A peine a-t-elle eu le temps de tapoter de ses ongles manucurés le comptoir de l'accueil qu'Ashido Cano la rejoint. En bonne chasseresse, elle ne lui laisse pas le temps d'en placer une.

- « Salut Ashido, il est important que je vois Bya-bo. »

- « Important pour qui, madame Stark ? », contre le lieutenant.

- « Oh mais arrête avec tes 'madame'. Je t'ai connu en culottes courtes ! Mais comme je suis de bonne composition, je vais te répondre : important pour lui », répond la belle brune en tapant le torse de l'homme pour marquer chaque syllabe.

- « Je vais voir s'il accepte…. »

- « Non, non, non. La gentille dame ici présente m'a déjà jouée cette scène, alors je te suis. »

Cano sait qu'il quasiment impossible de cadrer cette femme exaspérante, alors il la dépasse et ouvre le chemin. Il a juste le temps de lever les yeux au plafond pour signifier à son patron que l'ouragan va déferler. Et le dit patron reçoit le message cinq sur cinq. Tellement qu'il ouvre le feu des hostilités verbales.

- « Bonjour, Yoruichi. Quel mauvais vent t'amène ? »

- « N'insiste pas avec l'humour, Bya-bo. Tu n'as pas le truc. »

- « Il est vrai que toi, tu possèdes celui des bonnes manières. »

- « Que veux-tu, tout le monde n'a pas les capacités pour devenir une bonne embourgeoisée comme ta charmante sœur. »

L'inconséquence des deux rivaux continue sur cette lancée, amusant Ashido mais terrassant le pauvre Hanatarô qui se sent gêné d'assister à tel spectacle. Bien qu'il lui soit difficile de faire comme s'il n'entendait rien, il essaye en revanche de se faire le plus petit possible. Une réussite évidente avec une corpulence comme la sienne.

- « Je crois qu'il serait judicieux de cesser le feu. J'ai bien d'autres choses à faire que d'échanger des banalités avec toi, Yoruichi. »

- « Ouais, ce d'autant que le petit ver de terre ne sait plus où se mettre. Pas vrai, Yamada ? »

- « Euh…oui, madame Stark. »

- « Fiche-lui la paix, Yoruichi ! Dis ce que tu as à dire et fais-en de même avec moi. »

- « Bien, puisque je ne suis pas la bienvenue, sache que toi en revanche, tu l'es ce soir à dix-huit heures chez Shinji. Réunion secrète. Au fait, Yamada, faudra pas moufeter, hein ? »

- « De quoi parles-tu ? »

- « Je ne suis que la messagère, Bya-bo. Tu rappliques et c'est tout. Et avant que tu ne me fasses la grande scène, c'est dans ton intérêt de venir. Des choses vont être révélées et certaines te concernent, ainsi que ta fiancée qui sera présente, Sosûke l'a déjà confirmé. »

Le brune savait qu'en impliquant Orihime, elle portait un avantage certain.

- « Réunion secrète ? Et tu dis que Sosûke aurait donné son accord ? » Le brun se munit du combiné du téléphone et appuie sur une touche préenregistrée. « Allô Sosûke ? »

Yoruichi se tend imperceptiblement. Elle n'avait pas prévu qu'il soit aussi méfiant. Et dire que son Coyote chéri lui a demandé la plus grande discrétion. Si l'une des deux autres personnes dans la pièce est à la solde du vieux barbu, elle est mal. Quoiqu'à bien y réfléchir, l'idée est complètement absurde. Ashido est le meilleur ami de Byakuya, jamais il ne lui nuirait. Quant au mollusque, elle ne le voit pas être un espion. Byakuya lui a offert une chance que personne d'autre ne lui aurait donnée, il n'irait pas la gâcher aussi bêtement. En plus, il est du genre loyal comme les petits chiens.

Lorsque le brun raccroche avec un air déçu, elle sait qu'elle a gagné. Elle peut afficher ce sourire qui horripile le noble parce qu'il veut dire 'je te l'avais bien dit'.

- « Bon, on dirait que l'on va se voir ce soir, chez Shinji. A plus Bya-bo. Ashido, c'est toujours un plaisir. Eh Yamada, motus et bouche cousue, sinon », elle passe son pouce au niveau de sa carotide, faisant déglutir le pauvre Yamada.

- « Ashido, fais-la sortir, ou mieux jette-la dehors, femme de chef de clan ou pas. Hanatarô, plus tu la regardes, plus elle fait son intéressante. »

Sur une langue tirée du meilleur goût, la femme s'éclipse dans un grand rire.


Anemone33 : les relations entre Ichigo et Grimmjow conduisaient forcément à une conclusion heureuse. Il est tellement amoureux le petit rouquin !

JadeK136 : 24 chapitres pour Ichigo, les paris sont ouverts : combien de chapitres de plus avant de voir Shûhei céder face aux assauts de Sosûke ? Quand tu envisages que la langue d'Uryû ne fourche, je me demande dans quel contexte. Il est vrai que le sommelier du Quincy a tendance à perdre ses moyens face à Gin. Quant à la relation étrange entre Shinji et Kensei, tu n'es pas au bout de tes surprises...