... oui. On est fin octobre. Je sais. J'ai eu un gros vide au niveau de l'inspiration et je vais donc terminer, enfin, ce recueil. Désolée pour le retard.
Et une petite précision : les drabbles de ce recueil ne sont pas forcément reliés entre eux ni dans l'ordre chronologique. :) Certains sont juste des idées que j'ai envie d'explorer.
'Cause they took your loved ones
But returned them in exchange for you
But would you have it any other way?
Would you have it any other way?
You couldn't have it any other way
'Cause she's a cruel mistress
And a bargain must be made
But oh, my love, don't forget me
I let the water take me
Lay me down
Let the only sound
Be the over flow
Pockets full of stones
[What the Water Gave Me - Florence + The Machine]
C'était au beau milieu de la nuit que de vieilles peurs, de vieux souvenirs venaient hanter à nouveau Yoruichi. Tout était enfin parfait et pourtant, rien n'arrivait à calmer ces restes anciens qui la chassaient parfois jusque dans son sommeil. Elle pouvait se moquer autant qu'elle le voulait de Kisuke, elle savait qu'elle n'était pas mieux. Ses démons étaient différents des siens, leurs crocs s'étant aiguisé sur des yeux trop plein de larmes, sur une fêlure qu'elle n'était pas sûre de pouvoir un jour colmater. Des cris de rage et de douleur. Un trop plein de sentiments. Des regrets qu'elle aurait cru pouvoir abandonner le long du chemin.
Une main se perdit dans la chevelure noire alors qu'elle regardait le corps fin de Soi Fon lové contre elle. C'était une réponse et une question tout à la fois, cette silhouette contre la sienne, le contraste de leurs peaux. Elle l'avait vu s'écrouler et se reconstruire. Est-ce que la capitaine de la Deuxième avait vu ce qui s'était passé dans son coeur ? Soi Fon avait-elle vu à quel point ses certitudes, ces mensonges que la princesse déchue s'était si délicatement sculpté pour pouvoir supporter ses propres décisions, s'étaient fracassés en silence quand la vérité s'était exposé à nu devant elle ?
- Yoruichi-sama...
La voix endormie de sa partenaire la fit tressauter. Un petit sourire tremblant se dessina sur ses lères et elle l'embrassa avec tendresse. C'était une fragilité qu'elle refusait de montrer. Elle ne devait pas être faible. Elle avait toujours été forte.
- Il y a un souci...?
- Non, non. Bien entendu que non.
- Tu sais que tu peux me le dire.
Le ton s'était un peu affirmé et Soi Fon ouvrit les yeux, lui jetant un regard intrigué, serrant ses bras autour de son corps. Le sourire de Yoruichi s'agrandit. Elle était aussi stupide que Kisuke, oui. Vouloir cacher ce qui n'était pas possible de cacher... Ce trop-plein de sentiments qui lui sautait à la gorge...
- C'est simplement... de vieux souvenirs. Des regrets. Rien...
- C'est important, la coupa aussitôt la plus jeune. Je... sais ce que c'est. Je...
Un petit soupir tremblotant. Contre son corps, les mains remontèrent le long de son dos, effleurant la peau avec légereté. C'était des mots qu'elle n'arrivait pas à prononcer. Des sentiments débordants qui n'avaient pas de mots. De la peur. De la colère. La trahison de celle qui avait été son univers. Et de l'amour, un amour qui s'était nourri de rage et d'admiration, qui avait fleuri sur le terreau d'une divinité brisée qui était devenue une femme exilée.
- Maintenant nous sommes... là. Ce... c'est le plus important, non ?
Le sourire franc qui se dessina sur les lèvres de Yoruichi fut la seule réponse nécessaire.
