Bonsoir à tous.
Je n'ai pas pu poster le chapitre hier soir, en raison d'une charge de travail de plus en plus pesante. Je vous livre la suite, en espérant qu'elle vous plaise.
Je vous remercie tous pour vos reviews, même si je n'ai pas pu toutes y répondre, en raison d'un manque de temps.
Bonne lecture à tous et merci de votre soutien.
Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling
Chapitre 25 : Cupidité
Harmonie détestait beaucoup de choses, c'est un fait que peu de gens ignorent.
Cependant, elle détestait le fait de devoir être obligée d'attendre sept semaines au minimum avant de pouvoir quitter son foyer d'accueil. Elle avait la possibilité d'y rester jusqu'à la veille du départ pour Poudlard, mais il fallait être totalement idiot pour songer qu'elle accepterait d'être coupée du monde magique plus longtemps que la loi moldue l'y obligeait.
Elle avait bien essayé de trouver un moyen de contourner ces dispositions, mais les textes étaient clairs et les autorités sorcières ne lui accorderaient pas de dérogation, puisqu'elle ne répondait pas aux critères nécessaires pour obtenir une émancipation.
Les jours se succédèrent donc lentement et Harmonie attendait avec une impatience mal contenue la date où elle pourrait enfin partir à Londres et prendre une chambre sur le chemin de Traverse.
Le jour où elle put enfin quitter cet endroit de miséreux, elle le fit sans regret. Valise à la main, elle se dépêcha de quitter sa chambre, sans adresser un mot au directeur qui vieillissait davantage à chaque fois qu'elle le voyait. Elle ne put cependant s'empêcher d'adresser quelques dernières recommandations à quelques unes de ses camarades récemment recrutées, en particulier à la plus âgée du trio.
Une course dans l'un des célèbres taxis noir plus tard, elle se retrouva face au vieux bar qui dissimulait l'entrée du monde magique. Dédaignant l'endroit toujours aussi sale que la dernière fois, elle se précipita vers l'arrière cour, jonchée de vieux sacs poubelles troués par les rats et qui laissaient pourrir leur contenu au soleil.
Une fois sur la grande artère du monde sorcier, Harmonie regarda distraitement les vieilles façades des boutiques, ne notant presque aucune modification depuis sa dernière visite. Elle ne s'attarda pas à s'immerger dans son monde, puisqu'elle avait fort à faire, notamment trouver une chambre. Il lui restait pas mal d'or sorcier et sa première destination fut l'hôtel luxueux que l'on trouvait près du beau quartier. C'était un bâtiment à la façade immaculée, percée de fenêtres rehaussées de dorures et aux volets repeints en des tons azurés, le tout étant mitoyen à la banque de Gringotts. Le choix de ce lieu était évident. Pour elle, il était hors de question de finir chez les miséreux du Chaudron Baveur, elle tenait à un minimum de standing. Elle préférait la froide et artificielle perfection à la chaleureuse et étroite ambiance des chambres du vieux pub.
Grâc à son or et à son nom, elle obtint une suite fort appréciable, magiquement agrandie et qui était plus vaste que le pavillon de ses défunts tuteurs, immolés dans le feu de la vengeance et de la haine. Lorsqu'elle eut enfin rangé ses affaires dans sa nouvelle chambre, la brune se dirigea vers Gringotts, afin de retirer un peu d'argent pour renflouer son sac, mais surtout pour négocier avec certaines personnes.
Lorsqu'elle pénétrait dans l'imposant hall de l'établissement, franchissant les lourdes portes de bronze, elle admirait toujours le luxueux plancher de marbre vert, ainsi que les lustres composés d'un assemblage de milliers de cristaux, avant de scruter les bougeoirs muraux d'airain finement ciselés en des formes animales, qui éblouissaient les visiteurs avec ce luxe tapageur.
Son regard perçant scruta l'ensemble des personnes présentes dans le grand hall, repérant les têtes connues dans la masse. Heureusement, l'heure était encore matinale et peu de gens étaient présents, contrairement à la cohue qui se bousculerait dans quelques heures.
Soupirant intérieurement à l'imbécillité de ceux qui s'y prenaient à la dernière minute et qui mettaient les autres en retard, elle repéra finalement la personne qu'elle recherchait. Les traits tirés et ridés du gobelin n'avaient pas beaucoup changé depuis son dernier passage et elle le reconnut facilement.
Approchant du bureau, elle s'avança en s'inclinant légèrement en avant. Elle détestait toutes ces flagorneries, car elle préférait les franches discussions qui dissimulaient menaces voilées et semblants de promesses, mais elle savait qu'elle devait composer avec les règles du jeu, tant qu'elle n'avait pas toutes les cartes en main.
- Conseiller Gripsec, appela t-elle poliment en le saluant formellement, je souhaiterais discuter de mes affaires, si votre temps est libre.
Le gobelin écarquilla brièvement les yeux, étonné à l'idée qu'un sorcier se soit souvenu de son nom, puis son coté banquier refit surface. Le temps c'était de l'argent, alors inutile de faire patienter cette cliente trop longtemps.
La créature à la peau olivâtre sourit intérieurement, guidant sa cliente vers un bureau privé. Elle avait déjà marqué un point par rapport aux autres sorciers, mais il n'aurait aucun scrupule à la piéger avec des contrats menant à un surendettement, voire à un asservissement, s'il en avait l'occasion. Malgré la célébrité de sa cliente, il était un serviteur du roi Ragnok et sa fidélité allait d'abord à son souverain et à la banque.
Cependant, le gobelin savait qu'elle avait du mordant. Dès que la brune posa ses fesses dans le fauteuil aux coussins pourpres, elle alla droit au but, .
- Conseiller, je suis au courant que je ne pourrais accéder au coffre des Potter avant ma majorité. Même si je ne peux les utiliser de moi même, je ne voudrais pas renoncer à ce que ça me rapporte. Après étude attentive des lois, j'ai trouvé un moyen de pouvoir utiliser ces fonds. Je veux faire appel à vos services pour que vous gériez ces fonds en mon nom.
- Donc, ajouta la créature aux dents acérées dont les yeux luisaient d'avidité, vous souhaiteriez que je sois un gérant temporaire. Les sorciers font rarement appel à nous, pourrais-je savoir ce qui motive votre choix ?
La brune répliqua que ses actifs avaient été en parfaite sécurité et qu'elle n'avait aucune raison de ne pas se fier à Gringotts. Bien sûr, le fait qu'elle ne mentionna pas sa méfiance lors de sa première visite, ne passa pas inaperçue, tout comme le fait qu'elle ait insisté sur le fait que ses actifs aient été en sécurité pour l'instant. Le gobelin savait repérer les menaces sous-jacentes, il n'était pas arrivé à une haute position sociale en lançant des fleurs à ses concurrents.
- Cependant, poursuivit-elle en se penchant davantage, je ne suis pas une demeurée. Si j'accepte que vous récupériez une part des bénéfices, je veux qu'en cas de déficit, cette même part me soit remboursée par votre établissement.
Le gobelin négocia âprement, réussissant à diminuer cette part négative, sans toucher à son bénéfice net, à condition qu'elle ait son mot à dire dans les investissements réalisés par les gobelins. Toute transaction devrait alors être validée par sa signature personnelle, il n'y aurait pas de mandataire.
- J'aimerais que mes investissements se fassent en majorité dans le monde moldu, expliqua t-elle en donnant une liste de compagnies prometteuses, ainsi que d'autres victimes d'OPA récentes. Les transferts devront être faits via mon compte situé chez Standard Chartered, ainsi qu'un autre que j'aimerais voir rapidement ouvert chez le Credit Suisse Group.
Le gobelin hocha la tête. Gringotts ayant des succursales en Suisse et ayant un lien avec certaines banques moldues, il était aisé de profiter des avancées techniques des non sorciers. Ils ne comprenaient pas tout du fonctionnement électronique des transactions, mais au final, peu lui importait. Tant que l'argent circulait et rapportait, il ne se souciait pas du fonctionnement des transactions, ce que la brune savait parfaitement. Alors qu'il notifiait tout, il se saisit d'une liste manuscrite que la brune lui donna, avant de sourire en la parcourant du regard.
La créature finalisa les dossiers, avant de lui proposer de repasser dans l'après-midi, lorsque tous les documents seraient finalement prêts et qu'elle pourrait tout signer pour démarrer ses investissements.
Harmonie repassa effectivement à l'heure prévue, saluant tout aussi poliment son conseiller que lors de sa première visite. Elle resta cinq heures dans l'un des salons privés de l'établissement, le temps de relire attentivement chaque document, jusqu'à la plus petite ligne. Les parchemins rugueux contrastaient avec les papiers blanchis au chlore des établissements moldus, mais qu'importait. Tout était parfait pour le moment, alors qu'elle lançait l'opération Cheval de troie, première partie d'un plan plus ambitieux qu'elle nommait Jus de betterave verte.
- Vous savez, rappela Gripsec lorsqu'il récupéra les originaux des documents qu'elle venait de lui restiter, que vous devrez payer des impôts au ministère au sujet de vos bénéfices éventuels. En toute amitié, dit-il avec un rictus, je vous rappèle qu'il est d'usage fréquent d'éviter ces malheureuses formalités en offrant des cadeaux aux agents comptables des services du bureau de finance du Ministère. N'appelons pas ça des pots de vin, ce serait tellement grossier, mais je vous avertis que ces cadeaux sont parfois onéreux.
Harmonie réagit, mais pas de la façon imaginée par Gripsec. Elle ne fronça pas les sourcils, elle ne frappa pas du poing, elle ne serra pas l'accoudoir en y enfonçant ses ongles. Au contraire, son visage s'illumina et perdit toute trace de contrariété. Elle éclata de rire, mais ce son clair laissait percevoir une ambition dévorante, qui s'entendait mieux dans les derniers accords.
- Le Ministère n'a aucun moyen de le savoir, affirma t-elle. Les transactions dans le monde moldu sont du ressort du Ministère des Finances de la couronne, pas des scribouillards de Fudge. En ce qui concerne les impôts moldus sur les bénéfices dus aux transactions boursières, je remercie Margaret Thatcher pour la dérégulation financière, qui ne me couteront pas un penny ! Ensuite, ce qui se passe entre SC et le CSG ne regarde pas non plus le Ministère de la Magie. Pour finir, le seul moyen pour qu'ils comprennent que je les double, ce serait qu'ils aient connaissance des échanges entre Gringotts et mes comptes moldus. Au passage, j'ose espérer que ces transactions ne regardent que votre banque. Je crois savoir que vous êtes fiers de votre secret bancaire et j'estime que vous ferez honneur à votre réputation. Ce point ne devrait même pas se discuter, dit-elle avec force, vous avez un monopole que ces imbéciles vous ont donné il y a des siècles. Pour une fois que je peux bénéficier de leurs erreurs, je ne m'en priverais pas. Donc, personne ne saura rien. Dans le pire des cas, je risque une amende qui sera infime en comparaison du total, ainsi qu'une perte de confiance totale dans l'établissement responsable de la fuite.
Le gobelin sourit. Elle avait du cran et du répondant, il aimait ça. Très bien, ce contrat lui convenait, surtout qu'il pourrait faire également un beau bénéfice.
Les deux êtres, si différents d'aspect, mais si proches en raison de leur cupidité, se serrèrent la main. Si Harmonie grimaça intérieurement en sentant les griffes de l'humanoïde pénétrer sa paume, Gripsec eut la désagréable sensation de serrer la serre d'un cruel rapace,au cœur plus froid que le métal.
Harmonie le laissa gérer l'ensemble des documents, afin que son évasion fiscale soit prête rapidement. Elle avait d'autres choses à accomplir aujourd'hui.
La créature verrouilla alors son bureau et sourit avec délectation. C'était rare de voir un plan aussi bien préparé par un sorcier. Peut être que ces idiots qui s'estimaient tellement supérieurs aux moldus se trompaient sur le compte de leurs homologues qui les avaient dépassés depuis longtemps. Enfin, il n'avait pas à se plaindre. Il en profiterait plus qu'elle ne le pensait. Grâce aux résultats qu'il obtiendrait, il serait le seul à connaître le mécanisme dans ses moindres détails et il pourrait négocier une promotion interne dans l'établissement.
La brune se retira finalement dans sa chambre d'hôtel, après avoir retiré sa commande chez Tissard et Brodette, le couturier le plus cher, spécialisé dans les tissus rares et hors de prix.
Rangeant ses vêtements d'un coup de sa seconde baguette magique, celle qui n'avait pas la trace, elle se pencha sur ses nouveaux documents. Elle avait beaucoup de choses à faire et cette semaine ne serait pas de trop. Heureusement, elle avait déjà fait l'acquisition de tous ses livres, y compris ceux de Lockhart.
Elle les avait rapidement feuilletés et ils étaient rempli d'erreurs et de détails chronologiques qui ne concordaient pas. Les méthodes utilisées étaient les bonnes, mais il semblerait qu'il ait modifié la chronologie des faits. Un texte faisait référence à une pleine lune, mais après consultation, ce jour-là était une demi-lune. Un autre traitait d'une goule de type iridescente, alors que ces êtres ne sortaient pas de terre en hiver. Ainsi, ayant constaté ces manipulations qu'elle n'arrivait pas à expliquer, elle avait au moins une certitude. Elle n'avait pas l'intention d'emporter ces ramassis mensongers avec elle. La paresseuse dissimulée en elle savait parfaitement que Hermione et Drago auraient bien un livre pour deux.
La dernière semaine de Harmonie avait été très occupée. Tandis que des Gryffondor, les mêmes idiots que l'an dernier, s'agglutinaient désormais autour d'une vitrine abritant un Nimbus 2001, elle se faufila discrètement vers l'allée des Embrumes. L'accès, surveillé discrètement par des Aurors en civil dissimulés derrière l'exemplaire de la gazette du jour, conduisait vers le quartier le plus mal famé. On trouvait de tout, à condition d'y mettre le prix ou de connaître les bons mots de passe qui permettaient de reconnaître les bons clients au milieu des agents sous couverture. Une cape d'invisibilité facilitait également grandement les choses, elle devait le reconnaître, même si elle ne l'abritait pas des sorts de détection.
On pouvait même rencontrer des gens fort intéressants y faire des trafics divers dont elle notait les échanges, histoire qu'il y ait quelque chose d'intéressant à obtenir.
Même si l'on ne pouvait faire chanter les gens, ou du moins pas sans prendre le risque de toucher à un trop gros poisson, on pouvait toujours se fournir discrètement. C'est fou comme une cape dissimulant votre visage, tandis qu'un serpent dans votre manche et quelques mots en Fourchelang étaient efficaces, ravivant de mauvais - ou de bons - souvenirs chez certains.
La jeune fille évitait cependant de rester trop longtemps dans l'allée des Embrumes, notamment en raison de la nature des personnes fréquentant les lieux. Tous ces types louches, ces assassins discrets qu'on pouvait louer facilement, insinuaient en elle un sentiment de danger qui s'amplifiait lorsqu'elle approchait de certaines ruelles sombres. Cela ne lui plaisait pas du tout de rester trop longtemps dans ce coupe-gorge. A force de fréquenter les lieux, elle pourrait attirer l'attention de gens peu recommandables. Elle pouvait servir de cible facile et elle ne tenait pas à finir comme ces junkies, accrocs à la poussière de fée, travaillant dans des bordels pour se payer leurs doses.
Elle n'avait quasiment rien acheté dans l'allée, surtout pas de choses compromettantes. Elle avait surtout observé et écouté. Pour l'heure, elle attendait de pouvoir croiser Drago et son père. Elle voulait les accueillir dans sa chambre d'hôtel, là ou les suites de luxe convenaient parfaitement à un aristocrate.
Tout respirait la richesse et exhalait le pouvoir, puisqu'elle avait réaménagé la pièce, de façon à ce que quelque soit l'endroit ou il regarde, Lucius se trouve face à un portrait de la brune.
Après avoir reçu une invitation formelle et respectueuse, il avait du venir jusque dans le bureau provisoire de Harmonie, avançant sous son regard inquisiteur, mis d'office en position d'infériorité.
Intérieurement, il fulminait, mais il admirait également la subtile manipulation. Potter semblait prendre ses marques dans la société ou elle s'intégrerait finalement. Cependant, il restait un lord, sans parler d'être un Malefoy, et on ne l'impressionnait pas si aisément.
Drago resta hors de la pièce durant deux longues heures et ses tentatives d'écoute à la serrure ne donnèrent rien. Des charmes avaient été discrètement placés par la seconde baguette de la brune, le laissant profondément frustré.
Quand Lucius Malefoy ressortit de la pièce luxueuse, son visage affichait une expression indéchiffrable.
Drago sut qu'il ne tirerait aucune information, les rares fois ou il avait vu son père ainsi s'étaient soldées par des contrats si secrets, qu'il n'en avait jamais rien su. Même en tant que héritier de la noble et ancienne maison, son père cachait quelques éléments au futur lord. Former son successeur passait également par l'apprentissage de vérités dissimulées et Drago devrait obtenir l'information par lui même.
Lorsque Lucius fut certain de ne plus être vu de la brune, il s'autorisa un sourire satisfait, vite remplacé par son air impassible.
Il devait encore se débarrasser de cet encombrant journal et qui de mieux que la fille de son vieil ennemi pour servir de bouc émissaire ?
Lucius ignorait encore une chose.
Le moindre de ses faits et gestes avait été discrètement épié par la brune dissimulée sous sa cape. S'il y a bien une chose qui intéresse Harmonie au plus haut point, c'est bien la découverte de nouvelles formes de magie.
On ne lui ferait pas croire que ce livre noir, dégageant une imperceptible vapeur sombre, était un simple cahier d'écolier.
"Quel que soit le camp qui gagnera cette guerre, je suis sûr d'une seule chose. On a choisi le mauvais camp, car les véritables vainqueurs sont ceux qui restent en vie. Je crois bien que c'est la fin. Ravi de t'avoir connu."
Un Auror à Azkaban, quelques instants après l'arrivée de Voldemort sur l'île, 20 février 1996.
