Coucouc tout le monde ! Comment, on est jeudi ?... Bah, de toute façon c'est pas comme si j'arrivais à respecter mes dates alors osef x) Je suis pas sûre de pouvoir publier samedi prochain alors je le fait maintenant. Bref, pour ce chapitre on retrouve nos vieux amis :)
Je vous laisse, bonne lecture !
THE LAST OF US : BELIEVE IN
Chapitre XXIV: Dernière ligne droite
Les couloirs étaient encore et toujours sombres. Il n'y avait que ces rectangles dans le mur qui laissaient entrer la lumière jaune du crépuscule. Et toujours cette même atmosphère grave et solennelle, cet air qui s'alourdissait à mesure qu'on s'enfonçait entre ces murs.
«Aaron !» résonna dans le corridor.
La blonde releva un regard terne et fatigué devant elle, voyant se profiler les bottes usées, puis le pantalon et le reste du coup de sa partenaire.
«Je croyais que tu étais encore en mission ?» reprit l'autre.
Puis elle avisa la béquille et la démarche clodiquante de la blonde. Son regard s'assombrit.
«Ils m'ont rapatriée. Blessée, je suis plus un fardeau qu'autre chose.» dit amèrement la militaire.
«Ne dis pas ça. Ils pensent juste à ta sécurité !» répliqua l'autre pour la rassurer.
«N'essaie pas de me mentir, Célia. Je suis juste un soldat cassé parmi d'autre.»
Célia ne sut pas quoi répondre. Quelque chose avait changé dans le regard d'Aaron. Il n'y avait pas que sa jambe de blessée. La brune s'approcha de son amie pour la regarder dans les yeux, ignorant son léger recul.
«Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu n'imagines pas le sang d'encre que je me suis fait quand on m'a dit que la patrouille 3 avait disparu.»
La blonde haussa les épaules. La mission de base, celle pour laquelle on lui avait confié une équipe, elle s'en était détournée sans le dire à quiconque. Alors que les Lucioles semaient le chaos du côté du Building Brisé, et qu'on apprenait l'escapade de Jude Sharp et Caleb Stonewall, on l'envoyait en mission à Pittsburgh. Alors que Célia, elle, était envoyée à la recherche des chasseurs. En général, Aaron et Célia partaient toujours ensembles, alors pourquoi le Général Ellis l'avait-elle éloignée de cette mission ? Elle avait cru que sa mère ne la pensait pas capable de ramener les deux chefs, et elle avait voulu lui prouver le contraire. En tant que chef de patrouille, elle avait demandé à ce qu'on fasse un détour par Lincoln. Elle avait le sentiment que l'équipe de Célia faisait erreur en se dirigeant vers le sud. Voilà comment sa voiture s'était retrouvée encastrée dans le mur du gymnase.
«J'ai mené mon équipe à Lincoln.» expliqua-t-elle. «Je pensais faire un petit détour pour vérifier que le Stonewall et ton frère ne s'y cachait pas. Puisque toi et tes gars aviez pris le chemin sud, je me suis dit que je devais m'assurer que vous ne faisiez pas fausse route.»
Elle croisa le regard surpris de sa partenaire et soupira. Elle n lui avait jamais parlé de cette impression qui lui rongeait les os, ce sentiment d'infériorité par rapport aux Sharp et accessoirement, Stonewall. La brune devait se demander ce qui lui avait pris de partir à la recherche de son frère.
«On s'est fait attaqués par des infectés, à Lincoln, il y avait même un colosse. Notre pick-up s'est encastré dans un gymnase désaffecté.»
«Tu as perdu des hommes ?»
«Nous étions moins d'une dizaine. Quelques-uns ont été tués dans l'accident, d'autres ont été mordus et ont été tués pour respecter le protocole de sécurité...»
La blonde se tut un instant mais reprit bien vite:
«Il n'en restait plus que deux avec moi. On a réussi à se réfugier dans un quartier résidentiel, où les maisons avaient été désertées. Mais l'un deux avait eu peur de dire qu'il avait été infecté, et le lendemain, il a attaqué et bouffé mon dernier homme. Je l'ai tué.»
«Et Jude... Il était là-bas ?»
«... Il est arrivé dans ma cachette au bout d'une dizaine de jours. J'avais remis une voiture en état, il l'a réquisitionnée.
Je lui ai caché que j'étais à sa recherche, et comme il refusait de me déposer à Boston avant, j'ai décidé de le suivre jusqu'à Jackson.»
«Mais comment tu t'es retrouvé à Pittsburgh ?» s'enquit la jeune militaire en face d'elle.
«L'interstate 76 est impraticable. Il a fallu faire un détour, j'ai eu de la chance de me trouver à 3km de Pittsburgh.»
La blonde continua d'avancer vers le fond du couloir, boittant, Célia marcha à son rythme près d'elle. Son regard attentionné dans sa nuque l'énervait presque, Aaron se sentait pitoyable. Elle se souvint que Jude Sharp avait eu le même regard parfois, lorsqu'il l'avait retiré de la voiture pour la soigner, ou lorsqu'il l'avait sauvée des texans qui avaient investi l'appartement vide à Pittsburgh. Et surtout, il n'avait jamais cessé de s'inquiéter pour son partenaire, ça brillait dans ses yeux à chaque fois qu'il le regardait. Remarque, le brun le lui avait bien rendu. Aaron releva la tête vers la porte du bureau du Général de la base. Elle avait été convoquée par sa mère, et se ferait sans doute lourdement sanctionner pour avoir perdu son escouade. Elle déglutit.
«Ta mère est en entretien avec un colonel de l'unité 7. On devrait s'asseoir en attendant qu'elle finisse.» fit Célia en désignant des sièges sur le côté.
Aaron acquiesça et attendit que sa partenaire s'asseoit pour en faire autant. Quelque part, elle savait que c'était pour la préserver que la brune le lui avait proposé -pour éviter de se fatiguer sur sa jambe cassée.
«Comment tu t'es blessée ?» demanda justement la jeune colonel.
«Accident de voiture.» marmonna la concernée.
Elle ne voulait pas parler de ça. Elle ne voulait ni en parler, ni en entendre parler, elle voulait juste qu'on la laisse enterrer cet échec au plus profond de sa mémoire. Parce que c'était un échec sur tous les plans; elle n'avait pas su protéger son équipe, ni garantir la capture des chasseurs. Et elle avait aussi échoué dans l'objectif de faire payer les deux hommes pour le mal qu'ils lui avaient fait sans le savoir. Sa vengeance dans la voiture, avec la chanson, lui semblait désormais maigre et futile, et même le fait de raconter sa vraie histoire à Sharp ne l'avait pas fait flancher. Tout ce qu'elle voulait, c'est que le Gardien et le Titan la détestent pour le piège qu'elle leur avait tendu, la haïsse pour avoir fouillé les choses entre eux. Mais ils restaient de marbre, continuant de l'ignorer, à moins qu'ils ne la considèrent en lui pardonnant. Ni l'un ni l'autre ne plaisait à Aaron. Elle savait qu'elle aurait eu moins de remords à s'en prendre à ces types s'ils avaient été des crapules.
Le problème maintenant, c'est qu'elle s'était rendue compte elle-même à quel point ces gars étaient des types biens, à quel point ce qu'on lui avait dit à leur sujet était vrai. La militaire aurait préféré avoir à faire à des salauds, des vrais salauds. Pas des types comme Caleb Stonewall qui crachait à la face des gens, mais qui lorsqu'ils s'endormaient, venait les couvrir d'une couverture.
«Aaron...» murmura la jolie Sharp. «Tu détestes mon frère ?»
La blonde ne fut qu'à moitié surprise de la question.
«Et toi ?» répliqua-t-elle.
«Moi ?.. Je l'aime bien sûr, c'est mon frère. Mais...»
La brune sembla chercher ses mots.
«Je ne sais pas ce que je ferai si je devais me battre contre lui. Je ne sais même pas si j'ai vraiment envie que l'armée mette la main sur lui et Stonewall... Parce qu'elle l'exécuterait. Pourtant, je sais qu'il doit payer pour ses crimes.»
Les Gardiens avaient tué beaucoup de militaires, et si leurs vies ne pouvaient pas ramener celles qu'ils avaient détruites, elles pouvaient payer leur dette. C'était ça la justice, il devait y avoir un équilibre, une entité pour veiller à la survie des bonnes personnes, celles qui ne mettent pas les autres en danger. Alors oui, on pouvait dire "quel droit ont-ils, ces soldats, de régir le pays" ? Si c'est l'armée qui maintenait l'ordre à ce jour, c'est parce qu'elle était impartiale. Contrairement aux chasseurs, qui pouvaient être ennemis ou alliés entre eux. Elle savait juste qui troublait l'ordre, qui il fallait abattre pour rétablir la sécurité des survivants de la pandémie. C'est les chasseurs qui faisaient n'importe quoi, et elle ne comprenait pas pourquoi son frère les avait rejoints.
«Tout serait plus simple s'il était resté militaire.»
Mais elle se reprit, plongeant ses yeux dans ceux de son amie.
«Mais tu ne m'as pas répondu. Tu détestes mon frère ?»
«Je ne peux pas le détester. C'est ton frère.»
Aaron se tut un court instant, hésitant à poursuivre.
«J'ai pas passé beaucoup de temps avec lui. Mais je sais que c'est quelqu'un de bien. Et Stonewall, a je pense... Un fond de gentillesse.»
«Je ne sais pas quoi penser de ce type.» dit pourtant la brune. «J'ai l'impression que tout est de sa faute. Si mon frère a rejoint les Gardiens, s'il s'est enfuit avec lui... D'ailleurs, est-ce que tu sais pourquoi ils ont fui Boston ?»
C'est vrai, c'était une grande énigme. Personne ne savait ce qui avait poussé les meneurs de deux clans ennemis à prendre la fuite ensemble. Surtout que leurs clans ne semblaient pas perdus, comme si ça avait été planifié.
«Peut-être qu'ils veulent vivre ensemble ?»
L'expression entre le choc et la surprise que lui lança Célia lui fit prendre conscience de sa gaffe. Elle devait ne pas savoir que son frère et Stonewall...
«Aurevoir colonel.»
La blonde se tourna brusquement vers la porte du bureau. Le général Ellis venait d'ouvrir, et souhaitait bon retour au militaire. L'homme s'inclina respectueusement et s'éloigna, alors qu'Ellis fixait sa fille de son air sévère. La blonde déglutit et se mit debout, tentant de se redresser correctement malgré sa blessure. Elle sentit son amie se lever elle aussi. La gradée leur fit signe d'entrer et ferma la porte.
«Alors..» fit-elle s'assurant que la porte était close.
Elle passa sa main dans ses cheveux, épuisée. Puis elle releva ses yeux émeraude perçants vers les deux cadettes.
«De quoi parliez-vous toutes les deux? »
«De Jude et de Stonewall.» répondit fermement la brune.
«Ah ?»
La fille Ellis déglutit.
«Est-ce que...» commença Célia. «Vous savez quelque chose à propos de leur relation ?»
La femme sembla surprise de la question, elle jeta un rapide coup d'œil vers sa fille, qui baissa les yeux. Quelle idiote. Elle allait s'attirer des ennuis si sa mère apprenait ce qu'elle avait dit. On ne disait pas de choses dans le dos de l'ex héritier des Sharps, surtout pas qu'il se tapait Stonewall, ce salaud.
«Eh bien...»
Le général semblait embarrassée.
«Je sais qu'ils se tournent autour depuis... L'exécution de Percival Travis.» dit-elle juste.
«Depuis tout ce temps ?!» s'exclama la brune. «Alors c'est vraiment ce sale...»
Elle inspira pour se calmer.
«Alors c'est vraiment Stonewall qui l'a incité à quitter l'armée ?»
«Incité je ne sais pas. Mais il a certainement... Joué un rôle dans ce choix.»
Célia ne semblait pas capable de digérer la nouvelle. Aaron se faisait toute petite, attendant dans son coin que sa mère apprenne que l'info venait d'elle.
«Tu sais, ça arrive.» dit Ellis mère en raisonnant la brune. «Ce n'est pas forcément bizarre ou-»
«Non, je n'ai pas dit ça. Mais... Il ne m'en a jamais parlé.»
Aaron releva vers son amie un regard intrigué.
«Tout comme il n'a jamais rien dit à propos de l'histoire de nos parents, tout comme il ne m'a jamais dit que Stonewall était un titan, et pourtant il devait le savoir depuis longtemps !»
«Il essaie de te protéger.» tenta la femme.
«Non, simplement, il me sous-estime.»
Célia soupira et un ange passa dans la pièce. Ellis se dirigea vers son bureau pour s'asseoir.
«Nous allons parler franchement. Célia, Aaron, asseyez-vous.»
La blonde obéit, suivie par sa partenaire, qui s'assit sur la deuxième chaise, et la gradée reprit:
«Il est temps que je raconte ce qui a conduit à notre situation.»
Le silence régnait dans la salle. Nathan serra les poings alors qu'il forçait ses yeux à se rouvrir. Il eut d'abord du mal à comprendre où il était et ce qui lui était arrivé. Il comprit qu'il était dans une sorte de chambre sombre, où la seule source de lumière se situait un peu plus loin sur sa droite. Il pencha sa tête pour essayer de mieux voir; quelqu'un semblait assis à un bureau, à travailler à la lumière vacillante de quelques bougies. Nathan cilla et tenta de se redresser, comprenant qu'il était relié à une perfusion, doucement. Aucune fenêtre ne lui permettait de se situer dans le temps, il était enfermé dans ce qui ressemblait à une énorme caisse en métal.
«E... Excusez-moi ?...» fit-il, la voix rauque.
La personne au bureau se retourna, surprise. Nathan ne pouvait que voir sa silhouette dans la lueur de la bougie, la personne semblait avoir des cheveux longs, comme lui.
«Tiens, quelle surprise.»
Sa voix était grave et posée, masculine. L'inconnu prit une de ses bougies et s'approcha du lit où le bleu tentait de se relever.
«Je ne pensais pas que tu te réveillerais un jour.»
«Où suis-je ?»
«Dans la salle des soins.»
La salle des soins ?
«Où exactement ? Et qui m'a emmené ici ?»
«Tu ne te souviens de rien ?»
Le bleu fit non de la tête. L'autre soupira.
«Lève-toi. David va t'expliquer ce que tu dois savoir. Moi je ne sais rien.»
Le blessé obéit, grimaçant de douleur. Il porta son regard sur le bandage qui entourait son flanc gauche et se leva. Il tituba un instant, soutenu par l'autre homme, et fut guidé vers la sortie. On ouvrit la porte et il ferma les yeux, trop habitué au noir derrière ses paupières. Il put enfin plisser les yeux pour voir ce qui l'entourait. Il vit d'abord un ciel de fin d'après-midi et des hommes, des dizaines et des dizaines, qui commençaient à se tourner vers lui. Il ne reconnaissait aucun visage.
«Nathan Swift ?»
L'interpelé leva la tête vers celui qui avait parlé. Il avait des cheveux mi-longs très clairs et un seul oeil ambre perçant. Un cache dissimulait le second.
«Tu as l'air encore mal en point.» commenta-t-il en s'approchant du blessé.
«Au moins je marche.»
Et après un regard vers l'homme qui le soutenait, la Luciole ajouta:
«Enfin presque.»
Le blanc sourit et fit signe aux deux de le suivre pour s'asseoir. Ils s'approchèrent d'un bidon de braise et tous les trois purent se poser sur le banc qui l'environnait.
«Je suis David Samford, lieutenant des Gardiens. Et lui c'est Byron Love, notre médecin. Sans lui tu n'aurais pas survécu.»
Ce dernier baissa les yeux, gêné alors que la Luciole lui adressait un regard gratifiant.
«Où sont mes hommes ? Je ne me souviens pas bien de ce qu'il s'est passé... Ni de ce que je fais ici.»
«Nathan,» commença le blond. «Tes hommes sont tous morts lors de l'attaque de l'armée. Tu te souviens ?»
Le bleu resta quelques instants à réfléchir et Hoxha finalement la tête.
«Tu connais Jude Sharp ?» demanda alors David.
«Oui, c'est bien le chef... Des...»
«Gardiens. Le chef des Gardiens, notre chef.»
«Comment m'avez-vous trouvé ?»
«C'est long et compliqué.»
Nathan hocha la tête. Oui, ce n'était peut-être pas le moment. Il était épuisé et tous ses souvenirs lui revenaient de plein fouet. Ses compagnons, le combat, les cris et le sang.
«Je vous remercie pour les soins... Mais il faut que je me renseigne sur mes ordres à présent.»
«Tu iras chercher tes ordres plus tard. Les Lucioles ne sont pas à ça près et tu n'es pas guéri.»
Nathan ne répondit pas. Il passa sa main sur son visage, épuisé.
«Notre patrouille a été envoyée par le représentant des Lucioles du Massachussetts. Nous avons l'ordre d'anéantir les
Titans et d'exécuter Stonewall.»
David releva les yeux vers Byron, et se contenta d'écouter la suite.
«Vous êtes bien alliés aux Lucioles non ? Aidez-moi à les avoir.»
«Ah... Ce n'est pas moi qui dirais non au massacre des Titans... Mais ce n'est pas moi qui décide.»
«Alors laissez-moi parler à Jude. C'est un ordre des Lucioles.»
«Jude n'est pas à Boston.» intervint Joe.
Le jeune chasseur s'approcha d'eux; il n'avait rien perdu de leur conversation.
«Alors vous devez répondre aux ordres des Lucioles.»
«Nous n'obéissons qu'à notre chef.» déclara Joe.
«Votre chez reçoit ses ordres des Lucioles.»
Byron se gratta la gorge, embêté, alors que le second semblait saisir les tenants et les aboutissants de l'histoire.
«Joe,» commença le blanc. «Si c'est un ordre des Lucioles...»
«Nous sommes en trêve avec les Titans tant que Jude est en cavale avec Stonewall.» répliqua juste ce dernier.
«Quoi ? Jude et Stonewall ont quitté Boston ensemble ?» intervint le bleu, surpris.
«Réfléchis, Joe, sans Stonewall, les Gardiens ne font qu'une bouchée des Titans. Et puis, on suit les ordres.»
Le roux resta interdit, n'osant pas penser à ce qu'essayait de faire son ami.
«Ecoute-moi, Nathan Swift. Tu as été envoyé avec ta propre escouade, que tu as perdue. Si les Lucioles veulent s'en prendre aux Titans, qu'elles agissent. Mais les Gardiens et les Titans sont en trêve. On ne suivra pas.» dit Joseph d'un ton ferme.
«Je pense qu'il vaut mieux attendre quelques mois ton rétablissement. Après, tu iras prendre connaissance de tes nouveaux ordres.» proposa le blond.
«Si les Lucioles doivent frapper, c'est maintenant. Vous le savez aussi bien que moi, sans leur chef, les Titans ne sont que des brutes sans cervelles, ils seront facilement terrassés. Vous ne perdrez pas vos hommes dans une telle bataille et lorsque Jude et Stonewall reviendront, il sera aisé de le capturer.»
«Tu n'as pas compris on dirait.» maugréa Joe en fixant Nathan.
«Si. Il a compris. On a tous compris. Et en l'absence de Jude, c'est moi qui décide.» intervint le lieutenant.
Le blond et l'autre Gardien semblèrent incrédules.
«David, tu... Tu n'y penses pas..?» s'enquit le médecin des Gardiens.
«Tu ne peux pas prendre une décision qui va à l'encontre de ce qu'a dit notre chef !» ajouta le rouquin menaçant.
«J'agirai pour le bien des Gardiens, Joe ! L'ordre du boss, dis-moi quelle cause elle sert ? À part la sienne, à part celle de Stonewall, je ne vois pas !» rétorqua le second.
«C'est ta rancœur qui parle, David. Jude a instauré cette paix avec les Titans pour que nous soyons en sécurité jusqu'à son retour. Et s'il est parti, c'est pour s'assurer que Stonewall sauve le monde ! Le chef nous a donné des ordres, c'est pour notre bien à tous.»
Puis il lança un regard à la Luciole et ajouta:
«Je n'obéis qu'à Jude. Pas aux Lucioles, même si ce sont nos alliés, ni à toi, même si tu es son second.»
David resta figé, interdit. Son regard passa de Joe à Nathan, indécis, troublé.
«C'est bon.» soupira-t-il. «Byron, montre à Nathan où il peut dormir. J'ai besoin de réfléchir.»
Le blond hocha la tête et obéit, conduisant une Luciole silencieuse. Joe resta à fixer son ami qui soupirait, et s'assit à ses côtés.
«J'ai pourtant l'impression que c'est légitime. Je suis tellement aveuglé par ma rage que j'en perds la notion de la raison.» pesta le lieutenant lorsque les autres furent assez loin.
«C'est bien de le reconnaître.» fit son camarade.
David se massa la tempe et expirant bruyamment.
«Je veux tellement de mal à Stonewall... Est-ce que je suis fou ?»
«Tu as le droit de le haïr. Je ne l'aime pas non plus. Mais je fais passer mon amour pour Jude et le clan avant ma haine pour Stonewall.»
David leva les yeux vers le ciel, imprimant en lui les paroles de son ami. Il espérait que les sages conseils de Joseph l'aideraient à raisonner, à prendre les décisions que Jude voulait qu'il prenne en son absence.
«C'est toi qui aurais dû être lieutenant. Je n'ai pas assez de recul pour prendre les bonnes décisions, pour le bien des Gardiens. C'est pourtant à ça que servent les bras droits.»
«Si je ne le suis pas c'est que je ne pouvais pas l'être. Un second, c'est le meilleur ami d'un chef. Et le meilleur ami du bras droit l'aide à son tour. C'est à ça que servent les amis.»
«Tu es un peu le bras gauche alors.» rigola David.
«On peut dire ça.»
Le lieutenant lâcha un rire amusé, sous le regard sage de son bras-gauche. Avec Joe, il saurait être le meneur qu'il
devait être.
«Salt Lake City ?»
«C'est un labo des Lucioles. Nelly dirige les recherches de vaccin là-bas depuis la mort de son père, le précédent chef.»
«Est-ce que c'est un labo bien équipé ?»
«C'est le principal labo de recherche de la milice.»
Jude hocha la tête et lança un regard à Caleb qui se tenait près des chevaux. Ce matin à l'aube, ils s'étaient préparés à reprendre la route. Mark leur avait donné gracieusement quelques vivres et des munitions pour le reste du voyage, et leur prêtait aussi deux chevaux jusqu'à Salt Lake City, dans l'Utah.
«On a reçu un signalement pour le bébé que vous aviez trouvé. Ses parents étaient recensés dans la ZQ de Manory City, dans le Colorado. Ils voulaient entrer clandestinement dans une autre ZQ, probablement celle de Boston. La petite a encore de la famille, un membre de l'équipe de recherche du labo de Salt Lake qui s'appelle Xavier Foster. Nelly est partie en pick-up dans la nuit avec une équipe jusqu'au labo.» expliqua Mark en souriant.
«Elle n'a pas pensé que c'était judicieux de nous prendre avec elle ? Plus vite on arrivera à Salt Lake City, plus vite nous aurons un vaccin.» maugréa le châtain.
«Je le lui ai dit... Mais Nelly a dit qu'elle devait mettre des choses en place avant votre arrivée. Et tu sais, une voiture n'est pas forcément plus rapide. Toutes les routes ne sont pas praticables, s'ils font des détours, ils arriveront peut-être un ou deux jours avant vous.»
Jude hocha à nouveau la tête. L'Utah, c'était loin du Wyoming. Il leur faudrait sans doute plusieurs mois à Caleb et lui pour y parvenir, même avec des chevaux. Mais c'était toujours mieux qu'une moitié d'année.
«Merci pour les chevaux, Mark.»
«Y a pas de quoi vieux frère.»
Poignée de main chaleureuse et embrassades viriles.
«Et Axel ? Il ne vient pas nous dire adieu ?»
«Vous reverrez Axel à Salt Lake City, il est parti cette nuit avec Nelly.»
«Il est chercheur lui aussi ?»
«Non. Mais je suppose qu'il avait ses raisons.»
Jude haussa les sourcils. Qu'est-ce que le blond allait faire à Salt Lake City avec pour compagne de route la femme de son amant ?
«Bon courage alors.»
«Ahah, merci mec.» rigola celui au bandeau. «Fais bonne route et...»
Il désigna le brun du regard.
«Profite bien.»
Le gardien sourit sincèrement. Il laissa le chef des Lucioles et se dirigea vers son compagnon.
«Prêt à partir ?»
«Je sais pas monter à cheval.» dit juste le titan, ignorant le sourire attendri de l'autre.
«Je t'apprendrai en chemin.»
Il posa ses lèvres sur celles de son compagnon, plongeant dans ses prunelles azurées.
«C'est la dernière ligne droite, Caleb. Avant le salut de l'humanité.»
Le concerné sourit franchement.
«Qu'est-ce qu'on attend alors ?»
Du coup, qu'est-ce que vous en pensez ?
J'espère que vous aurez aimé ! Je vous relaisse alors :)
