Qu'entends-je? Quelqu'un s'impatiente? Voilà! Voilà! ça vient! ^^ Merci à tous, je suis ravie que cette histoire vous plaise autant!
Chapitre vingt-cinq
Les larmes aux yeux à cause de la douleur et incapable de parler, Rogan hocha la tête en signe d'accord.
Rick relâcha sa prise et s'écarta très légèrement pour le laisser parler. Il lui laissa le temps de se remettre un peu, il n'y était pas allé de main morte après tout.
- D'accord, je vais tout te dire... Bredouilla Rogan.
Rick écouta Rogan lui déballer toute l'histoire. Les photos, son plan pour le faire chanter dont il s'était finalement servi pour la faire chanter elle, la montre qu'elle avait dû aller récupérer chez les dealers et finalement l'arrivée de ces derniers, alors qu'elle n'était pas encore sortie de leur planque. Au fur et à mesure de son récit, Rick sentit son cœur se serrer, ému par tout ce que Kate avait fait pour lui.
- Et j'ai appelé les flics pour la sortir de là, termina Rogan. Tu vois? Quand je te disais que tout était de ta fauttttttAAAAAAHHHHH! Non, mais t'es un grand malade! Ça fait hyper mal!
- C'était pour l'avoir envoyée là-dedans toute seule! Gronda Rick.
- Tu rigoles? Elle est plus forte que mouaaaaaaahhhhrrrrgggg!
- Maintenant, tu vas arrêter de faire l'imbécile et tu vas réparer tes conneries.
- Réparer?
- Par ta faute, Kate risque d'avoir un casier judiciaire, ce qui ruinerait ses espoirs de devenir juge à la cour suprême, alors, tu vas aller voir les flics et endosser tes responsabilités. Si elle a fait tout ça, c'est parce que tu l'as fait chanter!
- Rêve pas, vieux. Tu peux continuer à me bousiller les côtes, si tu veux, je n'irais pas voir les flics...
- Ouais... Je m'attendais à ce genre de réaction de ta part, c'est pourquoi j'ai pris la liberté d'enregistrer ton récit, dit Rick en sortant un dictaphone de sa poche.
- Quoi?! Hey! C'est pas légal ton truc! Protesta Rogan.
- Je connais une avocate, qui t'affirmera le contraire, sourit l'écrivain. D'ailleurs, je m'en vais de ce pas lui apporter l'enregistrement!
- C'est ça, vas-y. J'en profiterai pour me faire la malle! Grommela Rogan.
- Ça aussi, je l'ai prévu, dit Rick en ouvrant la porte à un policier en uniforme. Laisse-moi te présenter l'officier Portman, qui va se faire un devoir de te garder à l'œil, jusqu'à ce qu'on vienne officiellement t'arrêter.
- Sale petit... Marmonna Rogan.
- Oh! Une dernière chose, ajouta Rick en lui adressant un regard si noir que Rogan eut l'impression qu'il allait se prendre un direct en pleine figure, si tu t'approches encore une fois d'elle, je te le ferai amèrement regretter!
- Les photos vont être envoyées à la presse...
- Tu fais ce que tu veux, je m'en moque totalement!
- Tu vas perdre ton boulot!
- Ça aussi, je m'en moque totalement… D'ailleurs, j'ai déjà démissionné! Rétorqua Castle avant de partir en claquant la porte derrière lui.
Rogan soupira, soulagé qu'il soit parti. L'officier Portman s'était installé sur le fauteuil en face de son lit.
- Hey vieux ! Portman, c'est ça ? Lança Rogan en prenant un air sûr de lui.
- …
- Si tu me laisses filer, je te donne cent dollars ! Dit Rogan d'un air complice.
- Monsieur ! Vous insultez mon intégrité ! S'offusqua Portman.
- D'accord, je veux bien aller jusqu'à cinq cents dollars, sourit Rogan. Ça arrondirait pas mal ta fin de mois !
- Essayez encore une fois de m'acheter et je demande à monsieur Castle le numéro de téléphone de cette avocate, répondit Froidement l'officier.
- PFFFFFFF!
Carly ouvrit la porte de sa chambre à ses deux amies.
- Eh bien ! Vous êtes matinales aujourd'hui ! Constata-t-elle.
- Des nouvelles de Kate ? Demanda Ann en entrant dans la chambre sans se préoccuper de la réaction de Carly.
- Mais je vous en prie les filles, entrez ! Dit Carly faussement outrée.
- Rohhh ! Ça va ! Dit Lizzie. Alors ? Madame Beckett a réussi à la sortir de là ?
- Elle vient d'appeler justement, répondit Carly renonçant à torturer ses amies plus longtemps.
- Et ? Demandèrent ses amies de concert.
- Elle n'est plus en prison…
- Cool ! s'écrièrent-elles soulagées.
- … Elle est à l'hôpital ! Compléta Carly.
- Quoi ?! Coassèrent Lizzie et Ann.
- Vous devriez faire un duo comique, dit Carly. Vous auriez votre petit succès.
- Ne te moque pas de nous! Répliqua Lizzie. Qu'est-ce que Beck fait à l'hôpital?
- C'est grave? S'inquiéta Ann.
- Suffisamment pour qu'ils la gardent dix jours, expliqua Carly. Mais Johanna a dit qu'avec du repos elle devrait se rétablir sans souci.
- Tant mieux, soupira Ann.
- On peut aller la voir? Demanda Lizzie.
- Oui, mais pas avant ce soir. Elle doit se reposer.
- Vous croyez que ce sont les flics qui lui ont fait ça?
- Si c'est le cas, ils peuvent déjà aller pointer au chômage! Maman Beckett va les détruire! Dit Carly.
- Ils peuvent plutôt prier pour que l'orange leur aille au teint ! Corrigea Lizzie. Ils vont prendre plusieurs années !
- Et Beck aussi, rigola Ann.
- Oui, au couvent! Approuvèrent les deux autres mortes de rire.
Kate, assommée par ses blessures et par les antidouleurs s'était rendormie. Jim était arrivé dans la chambre pour prendre le relais dans le rôle du garde-malade et Johanna partait pour le commissariat après avoir pris une bonne douche réparatrice.
En quittant la chambre de sa fille, elle avait croisé Rick, qui revenait de son entrevue avec Rogan O'Leary.
- Vous vous rendez au commissariat? Demanda-t-il.
- Oui, Katie m'a tout raconté, il est temps d'aller régler cette affaire. Même si ce ne sera pas facile sans preuve.
- Ne vous en faites pas pour ça, sourit-il en sortant le petit dictaphone de sa poche.
- Qu'est-ce que c'est?
- La preuve qu'il vous manque!
Elle fronça les sourcils, pas sûre de comprendre.
- Il se trouve que le type, que j'ai accompagné ici, est celui qui a poussé votre fille à agir comme elle l'a fait. Il a tout avoué et j'ai ses aveux là-dessus! Répondit-il avec un air triomphal.
- C'est pas vrai?! S'écria Johanna estomaquée.
- Pourquoi mentirais-je?
- Oh! Richard vous êtes un amour! S'écria-t-elle en se jetant à son cou.
- ...
- Oui... Euh... Excusez-moi, bafouilla-t-elle en lâchant son cou, je m'emporte...
- Attendez d'avoir écouté cet enregistrement, au moins... répondit-il. Je ne suis pas sûr que ce soit suffisant.
- Vous avez raison...Euh... Katie s'est rendormie. Vous voulez m'accompagner? Proposa-t-elle ravie à l'idée de faire un peu plus ample connaissance avec son auteur favori.
- Je ne peux rien refuser à la maman de Kate, répondit-il charmeur.
- Il faudra qu'on parle de ça aussi! Annonça Johanna en lui prenant le bras pour l'entraîner sur le chemin de la sortie.
- ... De quoi? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- De vous et Katie!
- ... Kate et moi?... Mais... Euh... Bafouilla-t-il en déglutissant difficilement, se sentant soudain dans la peau d'un collégien.
- Voyons Richard! Katie est peut-être spontanée et du genre à foncer tête baissée dans les problèmes, mais elle n'est pas stupide. Si elle a fait ça, c'est par amour!
- ... Par amour? Répéta-t-il un sourire idiot fleurissant sur son visage.
- Oui, et je dois vous avertir! En tant que maman, je vais avoir deux ou trois petites choses à mettre au clair avec vous!
Rick avala sa salive gêné, cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas eu à affronter ce genre de situation, qu'il ne savait pas s'il serait à la hauteur. Johanna éclata de rire devant la mine décomposée qu'il affichait.
- Rassurez-vous, affronter Jim sera bien pire que notre petite discussion!
- Ça y est, je vais me sentir mal...
Le rire de Johanna redoubla d'intensité. Un rire aussi pur et cristallin que celui de Kate. Décidément, la mère et la fille se ressemblaient énormément.
Jim regardait sa fille partagé entre son inquiétude de père et un sentiment de colère. Sa petite fille allongée là, sur ce lit, blessée et menottée... Cette vision lui était insupportable.
Comment avait-elle pu être assez stupide pour approcher ce genre de voyous?! Il croyait pourtant avoir élevé quelqu'un de raisonnable et qui avait plus qu'un pois chiche à la place du cerveau!
Cela faisait plus d'une heure maintenant qu'il attendait son réveil pour pouvoir la confronter, mais elle s'entêtait à garder les yeux fermés. Johanna lui avait fait promettre avant de partir de ne pas la réveiller pour l'accabler de reproches. Il avait d'abord protesté, affirmant qu'elle avait bien mérité les reproches qu'il allait lui faire, mais Johanna lui avait expliqué à quel point elle regrettait d'avoir été aussi dure avec leur fille alors qu'elle souffrait énormément de ses blessures. Elle ne voulait pas qu'il se sente lui aussi coupable. Katie se ferait bien remonter les bretelles, mais seulement quand elle aurait suffisamment récupéré!
Il soupira, Jo avait raison, comme toujours.
Kate dormant à poings fermés, il s'autorisa à quitter sa chambre pour se rendre à la machine à café. Il s'était dépêché de quitter l'hôtel ce matin-là et n'avait pas pris le temps de prendre un petit déjeuner digne de ce nom. Il n'en aurait que pour dix minutes tout au plus, que pourrait-il se passer en aussi peu de temps?
Il prit quelques pièces dans son portefeuille et quitta la chambre.
Il avait à peine refermé la porte derrière lui, que Kate ouvrait les yeux et se redressait dans son lit. Ce n'était pas trop tôt! Elle commençait à se demander si elle allait pouvoir mettre son plan à exécution! Elle attrapa une des pinces à cheveux de sa mère, qu'elle avait repérée sur la table près de son lit.
Elle examina la paire de menottes qui l'entravait, il s'agissait d'un vieux modèle. Elle remercia secrètement la mairie de Palo Alto de ne pas avoir investi dans du matériel dernier cri pour équiper ses policiers et entreprit de se libérer de ses chaînes. Il fallait qu'elle fasse vite, son père ne tarderait pas à revenir et les membres de l'équipe médicale passaient régulièrement vérifier ses constantes.
Une fois libérée, elle débrancha sa perfusion, puis fouilla le sac de vêtements de sa mère et en sortit un pantalon léger et une tunique. Ne trouvant pas de chaussures, elle sortit de sa chambre à pieds nus.
Lorsqu'il revint un quart d'heure plus tard, Jim en lâcha sa tasse de café, dont le contenu se rependit sur le sol, éclaboussant au passage le bas de son pantalon et ses chaussures. Reprenant ses esprits, il jeta un œil dans la salle de bains, espérant que ce ne soit qu'une envie pressante, qui ait tiré sa fille du lit, mais non. Il fut obligé de se rendre à l'évidence: l'oiseau s'était envolé.
- KATHERINE HOUGHTON BECKETT TU VAS ME RENDRE CHÈVRE! Grommela-t-il exaspéré.
