Vente de pâté de Fouine et Belette en ligne par Rose Eliade !
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(Désolé, j'ai pas pu résister, vos dernières reviews m'ont bien amusée XD)
Chapitre 25 : Sombre 31
Lorsque Jane et Francis furent sur le pas de la porte, Scorpius reprit petit à petit ses esprits. Le jeune homme avait du mal à comprendre ce qu'il se passait autour de lui. Il avait l'impression d'être dans une bulle, d'avoir la tête dans un bocal, l'empêchant d'être réellement conscient du monde qui l'entourait.
En ce moment même, le père de Jane et elle étaient en train de se...disputer ? sur le seuil et Scorpius avait beau se creuser les méninges, il ne voyait pas ce qu'elle avait fait de si horrible pour que son père la morigène aussi vigoureusement.
- Ca suffit Jane ! C'était prévu comme ça, cesse d'envouter ce garçon ! Disait-il avec fermeté.
Quel garçon? Pensa Scorpius en regardant de droite à gauche s'il voyait ce personnage.
Pendant ce temps, la jeune femme se tourna vers son père puis lui dit d'une lente voix sifflante et d'un ton catégorique qui lui donnait l'air d'une sirène Homérique :
- Il me plait.
Francis poussa un long soupir.
- Je sais qu'il est très beau… Brailla-t-il en gesticulant.
Il jeta un regard en coin au jeune blond qui ne comprenait toujours pas leur sujet de désaccord.
-... Mais tu dois arrêter ce petit jeu tout de suite Jane ! Ca ne pourra pas durer éternellement et tu le sais ! Rend donc son libre arbitre à ce garçon ! Continua Francis.
Jane poussa un sifflement puis, petit à petit, Scorpius eut l'impression d'être libéré d'un poids alors qu'il ne s'était pas sentit différent de d'habitude auparavant.
Il battit des paupières et il était facile de voir à son expression d'incompréhension qu'il réalisait petit à petit ce qu'il s'était passé au cours des dernières heures.
Lorsque la vélane cessa d'user de ses charmes sur lui, Drago et Francis se dépêchèrent de se séparer. Le premier, pas mécontent que l'autre s'en aille avec sa vélane de fille. S'il venait de briser le couple de son fils et d'une Weasley, ce n'était pas pour que Scorp se mette avec cette créature !
Une fois qu'ils se furent salués, Drago referma la porte d'entrée et se tourna vers sa descendance. Scorpius, toujours hébété, lui demanda doucement en battant des paupières :
- Qu'est ce que… Qu'est ce qui s'est passé ?
- Tu ne te souviens pas ? S'étonna Drago, sincèrement surpris.
- Je… Bégaya Scorpius.
En vérité, une foule d'images lui revenaient en tête mais… elles ne pouvaient venir que de son imagination, pas vrai ? Il ne pouvait pas avoir embrassé cette fille blonde au milieu du salon, Rose n'était pas partie en claquant la porte du Manoir… Et d'ailleurs, où était-elle ?
Ce n'était pas normal cette situation…
- Viens, mon chéri, allons nous asseoir. Proposa l'adulte, sur ses gardes.
Il était loin d'être serein. En fait, Drago Malefoy était mort de trouille que son fils apprenne la vérité. S'il venait à savoir que c'était lui qui avait prémédité la chute de son couple avec Rose, il réagirait certainement très mal.
Drago ne voulait pas se brouiller avec son fils adoré, il ne supporterait pas que son rejeton refuse de lui parler… Seulement maintenant, l'ancien Mangemort se disait que c'était un peu tard pour y penser…
Il fit asseoir Scorpius sur le canapé et s'installa en face de lui, le regardant avec prudence, puis il croisa les mains et commença doucement :
- Rose et son père devaient venir boire le thé, tu t'en souviens.
- Oui. Marmonna son fils.
- Et tu es allé ouvrir la porte mais ce n'était pas eux. Nous avons eu la visite de Francis, un vieil ami que tu ne connaissais pas et sa fille, Jane.
Il remarqua que Scorpius faisait une drôle de tête.
- Ja...Jane ? La…la fille ? Bafouilla-t-il.
- Oui.
- Mais Rose ? Qu'est ce qui s'est passé ? Demanda Scorpius qui se moquait royalement de l'autre.
- Et bien, je ne sais pas trop Scorp. J'étais dans le jardin, avec Weasley et Francis quand Rose est arrivée en disant qu'elle rentrait… elle n'avait pas l'air bien. Déclara Drago.
Non, il n'avait pas mentit.
Il avait juste omis quelques détails importants… Il ne savait VRAIMENT pas ce qu'il s'était passé, bien qu'il en ait une petite idée… puisqu'il avait tout orchestré avec Weasley…
Scorpius resta un instant immobile, le regard dans le vague, puis un hoquet de désespoir lui échappa.
Drago eut un énorme pincement au cœur quand il remarqua que les yeux de son fils se remplissaient de larmes.
- Je… Papa… J'ai… Oh Merlin pas ça ! Murmura Scorpius avec difficulté avant d'éclater en sanglots.
Il se laissa choir sur le canapé, s'appuyant grossièrement contre le dossier et prenant sa tête entre ses mains.
Drago bondit de son siège pour venir le réconforter. Il passa un bras autour de ses épaules et l'attira à lui, comme quand il était petit. Scorpius se laissa blottir contre le torse de son père, baignant son vêtement de larmes.
- Papa… J'ai… j'ai embrassé Jane. Devant Rose. Avoua le jeune homme, bouleversé. C'est pour ça qu'elle est partie… C'est pour ça…
Drago resserra son étreinte. Il était horriblement conscient qu'il était pour quelque chose dans les malheurs de son fils. Il était, entièrement – totalement – responsable et un noeud lui tordit l'estomac.
- Est-ce que … elle…elle a dit quelque chose ? Demanda le jeune homme.
- Non. Elle est juste partie. Expliqua son père, comprenant que ce « Elle » signifiait « Rose ».
Le jeune Serpentard ne rajouta rien mais continua à pleurer. Drago ne s'était pas attendu à cela, vraiment pas. Depuis quand Scorpius pleurait pour une fille ? Depuis quand pleurait-il tout court d'ailleurs?
Mr Malefoy commençait à regretter son « pacte » avec Weasley... Est-ce que sa fille était dans le même état que Scorpius ? Certainement…
L'ancien Mangemort, se sentant très coupable, se contenta d'embrasser les cheveux de son fils et de le calmer autant que possible. La dernière fois qu'il l'avait vu ainsi, c'était en troisième année alors qu'il ne voulait pas retourner à l'école parce que plusieurs abrutis lui avaient fait une mauvaise blague.
Le cœur serré, Drago l'observa soudain se lever et courir dans sa chambre avec empressement.
- Scorp ! Marmonna-t-il en le suivant, craignant le pire.
Pas question de laisser son bébé dans cet état !
Il le suivit dans sa chambre et remarqua que ses larmes avaient séchés miraculeusement.
- Qu'est ce que tu fais ? Demanda-t-il en regardant son fils prendre un morceau de parchemin et une plume.
- J'écris à Rose !
- Tu… Bafouilla Drago. Ah oui…oui bien sûr. Bon, et bien je ferais mieux de te laisser alors.
- Et sur ce, il s'effaça en sortant de la chambre de Scorpius.
A quoi bon chercher à faire de grands discours pour pardonner un acte détestable? Rose n'était pas idiote. Pour résoudre cette histoire, il fallait qu'il la voie; une courte mais convainquante lettre vallait mieux que de grandes déclarations. Scorpius ne réfléchit pas longtemps avant d'écrire ce mot:
Rose,
Ce n'est pas ce que tu crois.
Cette fille, ce n'était rien ! Je ne la connaissais même pas ! Je n'en ai rien à foutre d'elle !
C'est toi que j'aime.
Il faut qu'on se voie. Je t'expliquerai tout je te le jure.
Je t'aime.
Scorpius
En vérité, le blond ne voyait pas vraiment ce qu'il y avait à "expliquer". Comment raconterait-il à Rose qu'il avait embrassé une fille sans savoir pourquoi?
Pour le moment, il préférait ne pas y penser et attendre la réponse de Rose. De toute façon quand elle serait en face de lui, il se retrouverait inévitalement à bégayer comme un idiot pour se justifier, inutile de préparer un discours à l'avance.
Le Serpentard, après avoir confié sa lettre à son hibou, regarda celui-ci s'éloigner avec appréhension. Il poussa un soupir et essuya les vestiges d'une larme sur sa joue avant de se laisser tomber sur son lit, sur le dos, les yeux clos. Scorpius avait le cafard. Il se sentait mal et savait pertinement qu'il était le seul responsable de cette situation bien qu'en son fort intérieur, il restait persuadé qu'il n'était pas lui même quand il avait embrassé Jane. Maintenant le tout était d'en convaincre Rose et cela ne serait peut-être pas une mince affaire.
Scorpius passa le reste de l'après-midi à attendre une réponse qui ne vint pas.
Le garçon avait tout essayé pour se calmer, de lire, de caresser le chat (qui dormait honteusement sur le canapé, comme si rien de grave ne s'était passé!)...
Finalement, n'y parvenant pas, il attrapa son balai et se mit à voler, voler et encore voler. Toujours plus vite, plus haut, plus loin. Il songea même à aller voir Rose. Après tout, la dernière fois, il l'avait bien insultée et était allé chez elle pour lui apporter son journal. Quand il y repensait…
Seulement là, c'était différent. Il avait trahi Rose, on était loin de quelques paroles lancées en l'air sous le coup de la colère. Il allait devoir répondre de ses actes. Mais il avait beau y réfléchir, Scorpius ne comprenait toujours pas pourquoi il avait trouvée Jane si belle, sur le coup. En y repensant maintenant, il la trouvait mignonne, mais sans plus. Et surtout, pas aussi mignonne que sa Rosie, avec sa jolie frimousse, ses yeux pétillants et ses longs cheveux, sa bouche au goût de menthe vanillée…
Même en se concentrant, le jeune homme ne se rappelait pas avoir parlé à Rose lors de ce thé; alors qu'il avait prévu de lui demander comment s'était passé son repas de famille avec le loup-garou. Et puis, il voulait aussi savoir ce que Potter et son frère avaient bien pu dire sur lui, s'ils l'avaient critiqués ou non...
Il avait du se rendre à l'évidence: soit il n'avait pas parlé à Rose, soit il ne s'en rappelait plus ce qui revenait à la même chose.
Peut-être l'autre fille m'a jeté un sort… Imagina Scorpius en fin d'après-midi.
Lorsque le soir arriva, le blond n'avait toujours rien reçu et ce manque de réponse l'inquiétait. Cela signifiait que non seulement, Rose refusait un rendez-vous mais aussi qu'elle ne voulait pas lui parler.
Scorpius se coucha tôt, tournant et retournant dans sa tête ses nombreuses idées.
Si ça se trouve elle n'a pas reçu ma lettre… Eschyle s'est perdu… Mais non, ce n'est pas possible, il connaît le chemin… Peut-être que je devrais y aller… Non. J'ai embrassé cette fille, son père me réduirait en miettes… Et il aurait raison...
C'est finalement désespéré qu'il s'endormit, le cœur lourd.
Lorsqu'il ouvrit les yeux le lendemain matin, il remarqua tout de suite son hibou qui attendait patiemment sur le rebord de sa fenêtre.
Scorpius bondit hors de ses draps et, avec anxiété, ouvrit à Eschyle, à la fois pressé de voir la réponse de Rose et angoissé à l'idée de découvrir ce qu'elle avait pu lui écrire.
Le volatile entra dans la pièce en battant des ailes. Quand Scorpius le vit lui lancer un regard presque larmoyant – si tant est que les hiboux grand duc puissent pleurer – force lui fut de constater qu'aucune lettre n'avait été attachée à la patte d'Eschyle. Le garçon poussa un soupir à fendre l'âme et se dirigea vers la douche comme un automate, incapable d'avoir une seule pensée cohérente.
- Voyons mon chéri. Tout va s'arranger, tu verras. Dit doucement Astoria lors du repas en posant une assiette pleine de purée sous le nez de son fils.
Elle passa tendrement une main dans ses cheveux blonds et soyeux et alla s'asseoir en bout de table.
Scorpius se contenta de hocher tristement la tête et tendit le bras pour attraper le sel. Il ne sentit pas le regard désespéré de son père sur lui.
Drago ne savait plus quoi faire. Toute la matinée, Scorpius avait erré auprès des fenêtres comme un légume ! Il avait l'impression que son fils s'était transformé en plante verte !
Le comportement de son garçon l'effrayait, Scorpius ne semblait prendre goût à rien. A peine deux jours sans la fille Weasley et son fils n'était plus que l'ombre de lui-même.
Et Drago se détestait pour ça.
Il ne cessait de fixer son fils, analysant toutes ses réactions. Scorpius, ratatiné sur sa chaise, tripotait sa fourchette d'un air absent, les yeux dans le vague…
Ce matin, son père avait essayé de lui parler, de le distraire, mais le jeune homme était resté dans le canapé à fixer la fenêtre, inerte.
Le blond se sentait incroyablement coupable, il avait du mal à croire qu'il était à l'origine de la souffrance de son fils. Pour se rassurer, il tentait de se dire qu'il avait agit pour son bien, mais en voyant Scorpius les yeux embués de larmes au dessus de sa purée, il avait de plus en plus de mal à s'en convaincre…
- Tu ne devais pas aller chez John Zabini ce matin ? Demanda Astoria à son fils avec la même douceur que quelques minutes plus tôt.
- Si. Marmonna Scorpius en repoussant son assiette à moitié pleine vers le milieu de la table, une habitude qu'il avait prise quand il était petit et qu'il ne voulait plus de quelque chose.
- Alors que fais-tu là ? Continua la seule femme de la maison.
- Je n'avais pas envie d'y aller. Répondit le blond, atone.
- Quoi ? S'étonna son père. Mais tu n'avais pas envie d'aller voir ton ami ?
- Non. Répéta sourdement Scorpius.
Drago tourna la tête vers sa femme, alarmé. Ce n'était pas dans les habitudes de son fils de rater un 31.
- Scorpius. Souffla sa mère. Mon coeur… Ca te changerait les idées.
- Je n'ai pas envie de me changer les idées ! Grogna le jeune homme aussi têtu que son père, agacé par l'usage de ce surnom dégoulinant l'affection.
- Alors tu ne vas pas aller réveillonner ce soir ? S'enquit Astoria, stupéfaite.
D'habitude, Scorpius organisait toujours le réveillon avec ses amis. Qu'ils le fassent chez les uns ou les autres, le jeune homme passait toujours la moitié des vacances à dresser la liste des invités, choisir les musiques qu'ils allaient passer, et surtout, il allait dès le matin chez ses amis pour « profiter du réveillon ».
- J'ai envoyé une lettre à John pour lui dire que j'étais malade. Déclara Scorpius en se levant, souhaitant quitter la table.
Là ça devenait vraiment inquiétant.
- Mais… Scorpius ! Tu ne vas pas rester tout seul ici ! Ton père et moi sommes invités chez les Nott !
- Je serai aussi bien ici. Répondit Scorpius.
- Il n'est pas question que tu restes tout seul un soir du réveillon ! S'écria fermement Astoria.
- Je vais appeler Théo, tu viendras avec nous chez eux. Ajouta Drago, le cœur fortement comprimé.
- Quoi ? Non ! S'insurgea leur fils.
- Tu choisis Scorpius, soit tu vas chez tes amis soit chez les nôtres !
- Mais Maman…
- Je jetterai un sort sur la maison pour m'assurer que tu ne reviens pas avant minuit. Continua-t-elle.
- Très bien. Grogna Scorpius en sortant de la cuisine. J'irai chez Zabini ce soir.
Il laissa ses parents seuls dans la pièce, s'éloignant d'un pas décidé.
Drago poussa un soupir désespéré et attrapa l'assiette de purée de Scorpius pour la finir. Il sentit alors le regard lourd d'Astoria et préféra changer de sujet pour sa santé physique et mentale – il ne savait pas ce que sa femme était capable de faire si elle découvrait la vérité.
Après avoir débarrassé la table d'un coup de baguette, le blond s'éclipsa discrètement dans son bureau, attrapa plume et parchemin et griffonna rapidement un mot pour une personne à laquelle jamais il n'aurait pensé envoyer de lettre un jour.
Voilà comment Scorpius s'était retrouvé devant la maison de Zab en cette soirée du 31 décembre. Il avait préféré affronter la bonne humeur de ses amis plutôt que les œillades tristes et compatissantes des adultes.
Nul doute que sa mère aurait raconté sa vie aux parents de Nott et ceux-ci l'auraient regardé avec pitié… Non merci.
Scorpius préférait faire comme si tout allait bien devant les autres, mais il devait avouer que jamais contenir ses larmes ne lui avait parut aussi difficile. Il avait du mal à masquer ses soupirs mélancoliques et à cacher son angoisse.
Il ne savait plus quoi penser. Rose ne lui avait toujours rien envoyé et cette absence de réponse lui faisait de plus en plus mal au cœur.
Il n'osait pas aller la voir. Il ne savait pas comment se justifier. Bref, il se trouvait dans une merde noire.
Il leva les yeux et observa la grande porte de la villa Zabini en poussant un soupir. C'était une grande bâtisse située en bord de mer. La fête semblait déjà battre son plein alors qu'il n'était que 20h00. Scorpius marcha avec lenteur en direction de l'entrée. Il monta les marches et frappa à la porte qui avait, comme tous les ans, été trafiquée par magie, ainsi, le maître des lieux entendait un invité arriver et ce, malgré le brouhaha régnant dans la maison. Le jeune Malefoy n'eut donc pas à attendre longtemps avant que son ami Zabini ne lui ouvre la porte.
- Scorpius ! S'écria ce dernier, très surprit de le voir ici.
- Salut. Marmonna le blond en lui tendant une main.
- Je croyais que tu ne viendrais pas. Dit Zab en le saluant d'une poigne vigoureuse. Tu n'es plus malade ?
- Non. Guéri. Ronchonna Scorpius en passant par l'interstice entre son ami et la porte.
John Zabini, étonné, ferma la porte et le suivit. Scorpius avait l'air d'un inferi. Sa peau semblait encore plus blanche que d'habitude, ses yeux paraissaient gonflés et il ne formulait même plus des phrases grammaticalement correctes. Bien sur il fallait avoir l'oeil pour remarquer ces détails, car le blond s'appliquait à cacher ses défauts, mais le dernier des Zabini était plus que futé.
Ainsi, il suivit son ami à travers la maison pleine d'invités en pensant que soit Scorpius lui avait menti et n'était pas guéri, soit il y avait autre chose. John ouvrit la bouche pour demander à Scorpius si tout se passait bien avec Weasley – d'ailleurs, celle-ci ne devait-elle pas venir ? Pourquoi n'est-elle pas avec Scorp ? Peut-être qu'elle le rejoindra plus tard dans la soirée… - mais il se ravisa en voyant Kate Kosten foncer sur le blond en s'écriant comme une furie :
- Scorrrpiiiuss !
Elle s'approcha du blond en tendant les bras et déposa un énorme baiser sur sa joue. John sourit en voyant Scorpius, quelques secondes après l'embrassade, passer discrètement sa manche sur l'endroit touché, pour se nettoyer.
- John m'avait dit que tu ne viendrais pas ! S'écria Kate avec un grand sourire. Tu étais malade ?
- Oui. Grosse grippe. Mentit Scorpius en espérant que l'impudente le laisserait en paix.
Mais ce n'était pas du tout l'intention de la jeune femme.
- Oh mon paauuvvre. Murmura-t-elle en lui caressant la joue.
Scorpius recula, comme s'il avait été piqué. Il ne supportait pas que cette fille le touche. En fait, il s'aperçu qu'il ne supportait plus qu'une autre fille que Rose le touche.
Kate ne sembla pas le remarquer ou mit cela sur le compte de la récente maladie de Scorpius.
Elle attrapa le garçon par le bras et fit quelques pas en lui posant tout un tas de questions :
- Alors comment se sont passées tes vacances ? Tu devais être bien dans ton Manoir… Et tu as eu le dernier balai ? Combien vaut-il déjà ?
Le blond, agacé, cherchait mentalement à s'en sortir lorsqu'elle s'arrêta au milieu de la pièce, le tenant toujours fermement par le bras.
- Oh, tu as vu ? Demanda-t-elle, ses joues se coloriant de rouge.
- Quoi ? S'étonna Scorpius en se retournant des deux cotés.
Comme il ne vit que ses camarades en train de danser, ou discuter un verre à la main, il se retourna une nouvelle fois vers Kate sans comprendre ce qu'elle avait vu. La brune leva alors explicitement la tête et Scorpius se maudit d'avoir été aussi stupide quand il reconnu les brins de gui, juste au dessus de Kate et lui.
Elle fit un pas vers lui mais le jeune homme, peu amène et perdant patience, se recula vivement et tendit un bras entre Kate et lui pour se protéger de cette sangsue.
- La, ça va pas être possible. Déclara-t-il froidement avant de s'échapper pour rejoindre John.
Kate lui jeta un regard suppliant qu'il ne vit même pas.
Il traversa la villa Zabini en serrant des mains ça et là et alla rejoindre John, qui bavardait tranquillement avec Ulrich Flint et Théophile Nott. Quand ces derniers virent Scorpius arriver d'une démarche rapide, ils lui serrèrent la main avec enthousiasme mais remarquèrent rapidement que leur ami paraissait étrangement… comment dire… peu joyeux. D'habitude, au 31, il était toujours à mettre l'ambiance, chanter, boire, danser, embrasser des filles et trinquer avec eux à "l'amitié serpentarde".
Ce soir, Scorpius s'était contenté de leur serrer la main presque "froidement" en jetant des regards frénétiques en direction de la porte, preuve que son masque Malfoyen ce soir, comportait quelques failles. Il ne parlait pas, restait planté, ses yeux hagards semblaient parcourir la pièce, comme s'il cherchait quelque chose.
Ou quelqu'un. Pensa John Zabini en tendant une Bierraubeurre à Scorpius.
- Alors, Scorp, Kate s'est jetée à l'eau on dirait. Ricana Ulrich Flint.
- Mmm. Marmonna l'intéressé en buvant à sa bouteille.
- Je ne pensais pas que tu l'aurais repoussée. Confia calmement Ulrich dont la blondeur des cheveux n'atteignait pas celle de Scorpius.
- Elle me gonfle. Et elle est laide. Déclara-t-il simplement.
- Franchement tu exagères Scorpius. Elle est mign…
- Tu n'es toujours pas au courant ? Scor' n'a d'yeux que pour Weasley. Le coupa Théophile avec un sourire en coin.
- Merci ça fait un moment que je suis au courant… Ronchonna Flint. Depuis le temps qu'il la fixe en histoire de la magie…
Il jeta un coup d'œil à Scorpius et remarqua que celui-ci abordait un air sombre, prenant cela pour son habituel masque en public, il lança avec enthousiasme :
- Pourquoi y'a du changement à ce niveau là ?
- Non. Dit fortement Scorpius avant de finir sa Bierraubeurre d'un trait.
Ses amis se jetèrent un regard en coin.
- Bon, c'est pas le tout les mecs, mais si on trouvait un endroit pour s'asseoir pour discuter un peu. Le moins que l'on puisse dire, c'est que tu ne nous a pas inondé de lettres pendant les vacances Scorp. Dit Ulrich en leur passant devant pour marcher en direction de fauteuils libres.
Ils s'assirent tous ensemble sur les confortables canapés des Zabini et tentèrent de profiter de leurs retrouvailles et de la soirée. Cependant, alors que ses trois amis discutaient de tout et de rien, riant aux éclats et saluant chaque nouvel invité Serpentard – car tous les invités étaient de la glorieuse maison de Salazar – Scorpius ne parvenait pas à se mêler à l'ambiance générale. Il avait beau enchaîner les bouteilles de Bierraubeurre, cela n'avait absolument pas d'effet sur lui et il ne se sentait pas plus joyeux que d'habitude. Au contraire.
Il laissait ses yeux trainer en direction de la porte d'entrée qu'il apercevait s'ouvrir au gré des nouveaux arrivants. Arrivants parmi lesquels il espérait toujours voir Rose.
Après tout, ne lui avait-elle pas dit qu'elle viendrait ? Si elle n'avait pas répondu à sa lettre, c'était peut-être pour le faire enrager… Peut-être qu'elle se montrerait à la fête finalement, pour lui parler et mettre les choses au clair.
Mais plus le temps passait, plus il devait se rendre à l'évidence.
Rose ne viendrait pas.
Elle ne voulait pas le voir.
Suite à cette constatation, Scorpius baissa les yeux de la pendule des Zabini qui affichait 23h24 avec une énorme boule dans la gorge.
Le garçon ne s'était jamais autant ennuyé à une soirée. Il écoutait simplement ses amis parler entre eux et faisait des sourires pour leur faire croire que tout allait bien alors que c'était totalement faux. Il avait l'estomac noué depuis le début de la soirée. Depuis plusieurs jours en fait.
Depuis que Rose m'a quitté.
Quitté ?
Le temps s'écoulait avec une terrible lenteur. Scorpius avait de plus en plus de mal à faire comme si tout allait bien. Cela le mettait d'ailleurs hors de lui parce qu'habituellement, il se félicitait de parvenir à berner tout le monde en ce qui concernait son humeur. Mais là, il ne parvenait plus à jouer le jeu, il voyait bien qu'Ulrich n'était pas dupe et le surveillait des yeux.
Il regardait quelques couples danser et s'enlacer en songeant que ça aurait du être Rose et lui. La rousse lui avait dit qu'elle viendrait en plus. Salazar seul devait savoir ce qu'elle faisait en ce moment, et où elle était.
Si ça se trouve son imbécile de cousin l'a invitée à une Gryffondor-party !
Scorpius réprima son accès de rage en buvant une gorgée de son verre nouvellement rempli de Whisky Pur Feu.
Ayant salué toutes ces connaissances, il pensait avoir enfin un peu de tranquillité lorsque Samantha Girnath s'assit à coté de lui et posa une main sur sa cuisse en gloussant :
- Saaaalut Scorpius !
Le blond la regarda, outré.
- Dégage de là toi. Siffla-t-il en lui lançant un regard meurtrier qui convainc la jeune femme tout de suite.
Elle se leva et parti dans la direction opposée d'une démarche rapide sous les rires des trois Serpentards qui avaient assisté à la scène. Scorpius lui, se contenta de lui fixer le dos d'un air sombre, tout de même satisfait qu'elle le laisse seul.
Le blond espérait tellement que Rose vienne… Au lieu de ça toutes les greluches de Serpentard semblaient s'être donné le mot pour lui coller aux basques ce soir. Sans compter les autres Serpentards qui venaient échanger quelques mots avec lui ou le saluer. Scorpius avait toujours été heureux d'être la coqueluche des Verts et Argents, d'être admiré par eux, mais ce soir, cela l'énervait plus qu'autre chose. Il en avait assez d'être harcelé. C'était la dixième fois qu'on le prenait en photo avec des filles. Jenny Parkinson passait encore puisque c'était une bonne amie à lui, mais il se serait bien passé de se retrouver en photo avec des groupies dont – pour certaines - il ne connaissait même pas le nom. Merci John d'avoir encore invité les septièmes, sixièmes et cinquièmes années !
Alors que ses amis se levaient pour danser, il préféra rester dans son canapé et fermer douloureusement les yeux. L'image de Rose s'imposa devant ses paupières. Il poussa un soupir et regarda le fond de son verre avant d'agiter le poignet de façon à provoquer un tourbillon à l'intérieur de l'objet.
Soudain l'horloge de la maison des Zabini se mit à sonner les douze coups de minuit et un joyeux brouhaha s'éleva parmi les invités. Au lieu de se joindre aux autres, Scorpius poussa un soupir désespéré. C'est tout juste s'il remarqua son meilleur ami s'asseoir à coté de lui. Zab l'attrapa brusquement par les épaules et se balança de gauche à droite, un verre à la main, entrainant Scorpius avec lui. Ce dernier, manqua de renverser le peu de Whisky qui se trouvait dans son verre. Il grimaça clairement en entendant le brun hurler dans ses oreilles au rythme de ses mouvements :
- Cinq…Quatre…Trois…Deux…Un…BONNE ANNEE !
- Bonne année… Marmonna sombrement Scorpius si bas que personne ne l'entendit.
- Bonne Année mon Scorpius ! S'écria John avant de l'embrasser sur la joue.
Il lui ébouriffa les cheveux pendant que Scorpius lui souhaitait une bonne année en se demandant quelle bonne résolution il devait prendre pour récupérer Rose.
Si elle n'acceptait pas de lui parler, ça allait être difficile pour lui. Le blond se leva de mauvaise grâce et alla souhaiter une bonne année à Ulrich et Théo qui avaient à leur bras de charmantes demoiselles.
Lorsque ce fut fait, il fut de nouveau assaillit par de nombreuses connaissances plus ou moins appréciées auxquelles il répondit du mieux qu'il put. Après avoir fait de nombreuses bises et serré tout autant de poignées de main, il alla se rasseoir sur son canapé préféré, seul.
Il ne resta pas longtemps ainsi, à peine quelques minutes plus tard, Vivien Smarts et Ioan Rood virent le presser de questions sur ses vacances et s'installèrent à coté de lui en braillant avec allégresse et trinquant toutes les deux minutes. Si Scorpius les appréciait, il n'avait pas vraiment le cœur à se forcer à parler avec eux.
Ils le laissèrent en paix trois quart d'heure plus tard mais furent vite remplacés par John, qui semblait de plus en plus joyeux, ainsi que Théophile et Ulrich pendant que Ralf McQueen s'installait avec un Serpentard que Scorpius ne connaissait pas sur un canapé près d'eux.
- Mais qu'est ce qui se passe Scorp ? Tu es trop bizarre ! Crièrent John et Ulrich dans les oreilles du blond.
- T'as pas dansé de la soirée !
- Tu nous inquiète !
- Qu'est ce qui t'arrive ?
- Rien. Leur répondit Scorpius entre ses dents.
- Mais t'as l'air…
- ...soir…Weasley… répondu… Entendit soudain le blond.
Aux aguets, Scorpius tourna la tête en direction de McQueen, dont il avait reconnu la voix.
Parlait-il de Rose ou d'un autre Weasley ? Et que disait-il ? Est-ce qu'il connaissait Rose ? Pourtant Scorpius ne les avaient jamais vus ensemble. Sauf… Si une fois ils discutaient en cours. Et à la sortie de ce match de quidditch… Mais rien de bien méchant. Scorpius n'avait jamais considéré McQueen comme une menace mais il faudrait peut-être qu'il reconsidère les choses.
Par chance, l'ami de McQueen lui fit répéter ce qu'il venait de dire :
- Ce soir, avant de venir, j'ai envoyé une lettre à Weasley et elle m'a répondu ! Cria Ralf à coté de l'oreille du Serpentard.
Le sang de Scorpius ne fit qu'un tour. Il avait tout entendu. Il n'écoutait plus ses propres amis qui le harcelaient de questions. Ses yeux étaient rivés sur McQueen, ce gros abruti qui avait eu l'audace d'envoyer une lettre à Rose.
Est-ce qu'il fréquentait Rose ?
Est-ce qu'il draguait sa copine ?
Vert de rage, Scorpius bondit de son canapé et s'avança jusqu'à ce que ses tibias buttent contre la table basse qui séparait son canapé de celui de l'imbécile.
- T'as envoyé une lettre à Rose Weasley ? Demanda-t-il avec un peu plus d'agressivité qu'il ne l'aurait voulu.
- Ouai. Confirma l'autre sans se rendre compte que Scorpius bouillonnait de l'intérieur.
Jusqu'à la dernière minute, il avait espéré qu'il parlerait de quelqu'un d'autre, de Victoire Weasley par exemple, ou Dominique… mais non, il fallait qu'il parle de Rose. De SA Rose.
- Pourquoi ? Grogna-t-il, lui sommant de lui répondre.
- Pour lui souhaiter la bonne année, tout ça… Ricana Ralf avant de vider sa coupe de champagne.
- Ok McQueen. Répliqua sèchement Scorpius et de la manière la plus effrayante possible tout en tripotant sa baguette avec la furieuse envie de lui jeter un sort. Tu ne touches pas à Weasley, c'est clair ?
L'autre jeta un regard étonné à son ami Serpentard. Derrière lui, Scorpius ne vit pas Ulrich et Théophile faire de même entre eux, John se contentant de le regarder d'un air soucieux en plissant les paupières.
Il savait depuis longtemps que Scorpius en pinçait fortement pour Weasley et qu'il sortait avec elle. Qu'il s'énerve n'était donc pas une surprise, la question était plutôt : pourquoi Rose n'était pas là ?
Passé ce moment d'incompréhension, McQueen se leva et fit face à Scorpius, contournant la table basse.
- Et pourquoi ça ? Demanda-t-il en s'avançant dangereusement vers le blond.
- Je sors avec elle. Lâcha Scorpius en faisant un pas, collant son torse contre celui de l'autre de façon menaçante.
- Il sort avec Rose Weasley ? Entendit-il Théophile couiner derrière lui.
A coté de ce dernier, Ulrich n'émit aucune réponse, incapable de parvenir à refermer sa mâchoire. John quant à lui, se prit à sourire démesurément.
- Tu sors avec Rose ? Répéta bêtement McQueen.
L'usage de son prénom énerva encore plus le blond. Ce misérable ver de terre avait l'audace de se permettre d'être aussi familier avec Rose! De l'appeler par son prénom. Pour couronner le tout, il avait fallu que cet idiot se manifeste pile au moment où Rose et Scorpius étaient en mauvais termes. C'était un vrai cauchemar.
- Oui, c'est ma copine. Répéta-t-il. Alors je te déconseille de l'approcher de trop près. Ajouta-t-il avec agressivité.
Contrairement à ce qu'il pensait, il vit McQueen sourire et il comprit pourquoi quand il l'entendit dire :
- Ah oui ? Ta "copine". Alors pourquoi elle n'est pas là, avec toi ? Je suppose que John a du l'inviter non ?
- Elle avait autre chose de prévu. Répondit sèchement Scorpius, déterminé à ne pas laisser McQueen empietter sur ses plates bandes.
- Weasley ne sort jamais la tête de ses bouquins, ça m'étonnerait qu'elle fasse quelque chose pour le 31 ! Alors quoi, elle t'a jeté ? Demanda-t-il une légèreté qui insupporta Scorpius.
- Elle passe la soirée avec ses amis Gryffondors. Gronda le blond, démangé par sa baguette. Et non, elle ne m'a pas jeté. On est toujours ensemble.
- Et bien, vous devez vraiment avoir un problème de communication tous les deux, ou alors tu as quelques soucis de compréhension Malefoy. Rose m'a confirmé dans sa lettre qu'elle sortait avec… McQueen se passa une main sur le menton en faisant mine de réfléchir... personne. Acheva-t-il finalement avec un sourire satisfait.
Scorpius avait envie de hurler mais il se contenta d'attraper violemment son condisciple par le col et menaça :
- Tu as mal lu. Rose est avec moi. Rose est à moi. T'as intérêt à le retenir : tu ne lui écris pas. Tu ne lui parles pas. Et tu ne la regardes pas si tu veux éviter que je te démolisse le portrait.
McQueen le regarda un instant en plissant les paupières, visiblement très contrarié.
- J'en ai rien à foute de tes états d'âme Malefoy. Répliqua-t-il alors. Rose Weasley est célibataire, et parfaitement comestible. Personnellement j'adore son petit air de sainte-nitouche et si je peux la mettre dans mon lit je ne viendrai pas te demander ton av…
Il fut interrompu par le poing que Scorpius alla écraser contre sa joue.
Sous le choc, McQueen bascula et tomba au sol, manquant de se fracasser le crâne sur la table basse. Il se releva et Scorpius leva sa baguette, près à lui lancer un sort pour le défigurer assez longtemps afin qu'il ne puisse pas séduire Rose, mais une main attrapa fermement son bras et le tira en arrière pendant que d'autres faisaient de même pour McQueen. Ce dernier disparut du champ de vision de Scorpius pour être remplacé par le visage de John dont les traits semblaient tirés par l'inquiétude.
- Calme-toi ! Ordonna-t-il à Scorpius. Puis il ajouta à l'attention de l'adversaire du blond : Tout le monde se calme, ok ? C'est le 31, on a un peu bu, on est tous des potes, tous des héritiers de Salazar… Tout est OK…
Il attendit une minute pour voir s'il y avait des réclamations et comme personne ne broncha, il se retourna vers Scorpius et lui dit catégoriquement :
- Scorp. Tu me suis.
Et sans attendre de réponse, il tira son ami en direction de l'escalier, à travers les couloirs de la villa Zabini et le força à rentrer dans sa chambre en le poussant dans le dos.
Scorpius, encore très énervé par l'autre trou du cul ! resta debout, les bras croisés, s'attendant à un sermon de la part de John sur la nécessité de rester calme pour ne pas ruiner sa soirée. Mais l'intention de son ami n'était pas de lui faire la morale, loin de là.
John passa à coté de Scorpius et s'assit sur son lit.
- Ok alors dis-moi. Qu'est ce qui se passe avec Rose ?
- Rien. Se renfrogna Scorpius.
Son visage se ferma et il s'assit à coté de John, songeant qu'il valait mieux qu'il reste là pour ne pas réduire McQueen en charpie avant la fin de la soirée.
- Rien ? S'écria John. Ne me fais pas rire. Tu m'envoies une lettre, pour dire que tu ne viens ni aujourd'hui, ni ce soir. Tu débarques finalement à 8h00 pour rester visé à mon canapé. Weasley n'est pas là et toi, tu m'as fais croire que tu étais malade – ne me regarde pas comme ça, je sais que j'ai raison – tu m'as fais croire que tu étais malade alors que, de toute évidence, c'était faux. Tu as l'air d'un dépressif, tu ne parles pas, tu ne danses pas… et on est le 31 ! Il y a bien une raison à tout ça et cette raison n'est pas là. Alors ? Où est Weasley ?
Scorpius le regarda un instant sans rien dire et laissa tomber sa tête en arrière, sur le dossier du siège en soupirant :
- Si seulement je le savais…
Voyant son ami plus disposé à se confier, John s'assit à coté de lui et demanda doucement :
- Qu'est ce qui s'est passé ?
Le blond se passa une main lasse sur le visage et commença à lui raconter les évènements de la semaine dernière. Sa rencontre hasardeuse avec Rose dans son jardin suite à un transplanage incontrôlé, les débuts de leur histoire, ses quelques jours passés chez les Weasley et enfin le dernier événement fatidique de son baiser avec Jane sous le regard de Rose.
- Je n'avais pas conscience que ce que je faisais étais mal. Expliqua Scorpius, la tête dans les mains. Je ne pouvais rien faire d'autre que d'embrasser cette fille. Elle m'attirait comme un aimant ! C'est… c'est comme si mon esprit et mon corps n'étaient plus connectés.
Le garçon se redressa et marqua une pause. Il appuya son dos contre le dossier du canapé et ramena ses jambes contre lui, posant ses coudes dessus, les doits de ses deux mains se croisant avec une certaine frénésie.
- Quand elle est partie de chez moi, j'ai clairement sentit que quelque chose de bizarre s'était passé…je me sentais mal, j'étais barbouillé, brassé, nauséeux… Cette fille n'est pas nette… Poursuivit-il. Et le résultat c'est que Rose ne veut plus me parler, j'ai essayé de lui envoyer une lettre, rien à faire. J'ai été stupide de croire que peut-être, elle viendrait ici ce soir pour qu'on discute tous les deux. La vérité, c'est qu'elle ne veut plus avoir affaire à moi… Acheva-t-il, désespéré.
John qui avait écouté attentivement son monologue, se frotta le menton en réfléchissant à toute vitesse.
- Elle t'attirait tu dis ? La fille…
- Hum…
- Comme la flamme attire l'insecte ?
- Hum..
- Comme le rouge attire le taureau ?
- Hum.
- Comme la merde attire les mouches à merde…
- Charmante comparaison. Ronchonna Scorpius en songeant qu'il n'était qu'un misérable imbécile pour s'être fait aguicher par Jane aussi facilement.
Zabini retint son souffle un bref instant, ses neurones fonctionnant à merveille en cette soirée pourtant fort arrosée.
- Tu n'avais pas conscience de ce que tu faisais ?
- Non. Répéta Scorpius. Je ne me souvenais même pas l'avoir embrassée, c'est une fois qu'elle est partie que tout est revenu.
Un éclair de compréhension illumina le visage de John qui se leva de façon à être face à son ami.
- Et bien ne cherche pas plus longtemps Scorp'. Tu t'es simplement fait avoir par une vélane !
- Une vélane ? Répéta Scorpius, hébété.
Il n'y avait pas pensé mais pourtant, cette solution était pleine de bon sens.
Tout s'expliquait.
L'inconscience de Scorpius, son attirance pour cette fille qui ne sortait de nulle part Rose, qu'il avait délaissée alors que jamais il n'aurait agit de la sorte en temps normal.
Finalement la seule chose étrange dans cette histoire, c'était pourquoi son père ne lui avait pas mentionné l'existence de cette vélane. Il devait bien savoir que Jane en était une puisqu'il connaissait son père...
Le blond se passa une main dans les cheveux, l'estomac noué par cette révélation écrasante. S'il comprenait maintenant son propre geste, cela ne résolvait rien.
Rose était toujours fâchée contre lui. Elle n'allait pas lui parler avant la rentrée, ce qui laissait encore le temps à McQueen de poursuivre son approche épistolaire.
Scorpius n'avait plus le choix. Il devait tout expliquer à Rose. Mais encore fallait-il qu'elle le croie car, conditionnée par son frère et son cousin, elle pourrait tout aussi bien penser que Scorpius inventait une excuse pour se faire pardonner… d'autant plus que les antécédents du blond en matière de petites amies ne jouaient pas en sa faveur…
Tant pis, il la harcèlerait de lettres mais il fallait qu'elle comprenne que pour une fois, ce n'était pas de sa faute. Il s'était fait piéger.
N'ayant plus du tout envie de s'amuser et las de faire semblant, Scorpius écourta sa soirée et annonça à son ami qu'il rentrait chez lui, il était alors 1h45.
