- Maria : Merci beaucoup pour ta review ! je suis contente que tu aimes le caractère de Harry. Je ne le voulais pas trop soumis.

- Ivy : snif, snif… je croyais que tu ne m'aimais plus ! ;-). Non pas de soucis, tu n'as aucune obligation. Merci beaucoup pour ta dernière review. Je suis contente que tu ais aimé les répliques. Cela veut dire que j'ai réussi à bien faire passer les sentiments.

- ClairObscure : je peux te dire que tu ais loin d'avoir tort dans ta façon d'imaginer les choses ( ;-)) merci beaucoup pour ta review !

Un nouveau petit chapitre que vous m'avez fortement inspiré par vos reviews.

Un grand merci à mon adorable béta, hyper réactive !

Louvy et moi vous souhaitons, avec un peu d'avance de joyeuses fêtes de noël. Amusez-vous bien sans trop d'excès ! Et pour cela on vous sert, en apéritif un chapitre assez complet et avec plein d'émotions.

Bonne lecture et souvenez-vous : noël est une période d'amour et de pardon


La pluie tombait sur le paysage gris. Il était étonnant de voir que même le temps semblait se mettre au diapason avec l'ambiance générale. Harry regarda tout autour de lui. Il était étonné de voir autant de monde. Depuis que Tom était entré dans sa vie, il s'était posé beaucoup de questions sur les vampires : qu'est-ce qu'ils pouvaient manger ou boire ? Est-ce qu'ils dormaient ? Est-ce qu'ils avaient des problèmes avec le soleil ? Est-ce qu'ils étaient allergiques à l'ail ? Mais s'il y avait bien un sujet sur lequel il ne s'était pas interrogé, c'était sur les croyances des vampires. D'après ce qu'on lui avait enseigné, c'étaient des créatures maléfiques ; ils ne pouvaient donc croire en aucune divinité.

C'est pourquoi, lorsqu'il assista à ce premier enterrement, il s'étonna que celui-ci se déroule comme n'importe quelle cérémonie humaine. Debout au milieu de ce cimetière, Harry culpabilisa soudain de penser à ce genre de choses alors que tout le monde avait l'air si malheureux autour de lui. Il regarda à sa droite et ne fut pas étonné d'y voir Tom Riddle, majestueux dans son rôle de chef de clan. Il gardait son air impassible, mais Harry avait l'impression de sentir de la tristesse émaner de lui. Est-ce que Lord Voldemort était finalement plus attaché à ses hommes qu'il ne le laissait penser ? Harry ressentit un poids sur son cœur, en même temps qu'un nouvel élan de culpabilité. Si seulement il avait agi plus vite… Peut-être que cela aurait pu faire la différence pour le père de son ami.

Harry se retourna vers Draco. Le jeune homme avait perdu son habituelle attitude impassible et laissait des larmes s'écouler sur ses joues. Et la culpabilité du brun atteignit des sommets lorsqu'il croisa son regard et que celui-ci le fusilla littéralement. La belle Narcissa laissait, elle, complètement éclater sa peine, soutenue par Severus Rogue pendant qu'un prêtre officiait et vantait les mérites de Lucius Malfoy. Le brun ne savait pas que le blond avait fait tant de choses de son vivant, ni qu'il comptait tant d'amis… Quel gâchis !

Une main se posa sur son épaule et Harry se retourna vers son propriétaire. Tom lui offrit un sourire froid avant de se pencher vers lui :

- Alors, Harry, tu vois où tes enfantillages nous ont menés ? Si tu nous avais donné accès aux livrets plus vite, nous aurions certainement pu sauver ce cher Lucius.

Harry ressentit un nouveau coup au cœur et retint avec difficulté ses larmes. Tom avait raison. Tout était de sa faute. Il avait détruit la famille de Draco… Il n'apportait que le malheur autour de lui : ses parents, Sirius, Lucius… Il avait envie de fuir et…

Harry se releva brusquement et regarda autour de lui. Il faisait nuit et il était dans sa chambre. Un cauchemar… Ce n'était rien qu'un stupide cauchemar… Il en aurait presque ri s'il ne ressentait pas encore cet étrange malaise en lui. Comme un mauvais pressentiment…

Il se laissa retomber sur son oreiller et soupira. Il allait lui falloir des heures pour retrouver le sommeil. Pourquoi ses songes ne pouvaient-ils pas le laisser en paix ?…


- Pitié, Potter…

- Non.

- Je ferai tout ce que tu voudras… gémit le jeune homme.

- Tu fais déjà tout ce que je veux.

- Raaaah, je te déteste ! hurla Draco Malfoy en se relevant et en jetant un coup de pied dans une vieille pierre… Pierre qui s'avéra scellée au sol et qui lui amena une violente douleur dans le pied.

- Ah, bordel de merde ! Même cette stupide maison me déteste !

- Voyons, Dray, cette façon de parler n'est pas digne d'un Malfoy, se moqua Harry en se redressant à son tour.

Il posa son outil et se saisit d'une serviette pour la passer sur son front. Il était couvert de terre et de sueur, mais il se sentait merveilleusement bien.

- Comment peux-tu trouver amusant de creuser pendant des heures et de retourner de vieilles pierres ?

- Et toi, comment peux-tu ne pas voir la beauté de ces lieux ? Tous ces trésors enfouis, qui ne demandent qu'à être restaurés et…

- Des trésors ?! Mon Dieu, Potty, tu as quel âge ? Tu devrais avoir passé ta période de « Je joue dans le bac à sable » ! Tu veux voir de vrais trésors ? Viens faire les boutiques avec moi, et je te montrerai de réelles merveilles.

- Bien essayé, Malfoy, mais je reste ici, répondit le brun en se penchant pour récupérer une petite pioche. Et de toute façon, je n'ai pas le droit de sortir d'ici.

- Tu n'es vraiment pas drôle, grommela le blond.

- Allez, si tu es un gentil garçon et que tu arrêtes de râler, je rentrerai vite dans ma cage pour que tu puisses aller te promener où bon te semble.

Le blond se raidit et se releva brusquement pour s'approcher de Harry. Il posa sa main sur son bras pour stopper ses mouvements et ainsi lui faire relever la tête.

- Je plaisantais, Harry. Tu sais que je suis heureux de passer du temps avec toi. Et si je le pouvais, je préfèrerai que tu restes tout le temps avec moi, mais…

- Je sais, Dray, sourit le brun. Et ne t'inquiète pas pour moi. Tom et moi avons trouvé un certain terrain d'entente, et notre cohabitation se passe plutôt bien.

Draco hésita un instant, ce qui était assez rare.

- Tu sais, ma mère s'inquiète beaucoup pour toi. Elle a peur que le maître n'abuse de sa position pour te demander des choses… inconvenantes.

Quelques mois auparavant, parler de sexe aurait fait rougir Harry. Mais après avoir dû endurer le harcèlement de Tom Riddle, il était maintenant presque amusé de la gêne de son ami.

- Je te l'ai dit, Draco, ne t'inquiète pas pour moi. Tom est un véritable gentleman. Rassure Narcissa s'il-te-plait.

Le blond sourit et se rassit. Ce genre de scène n'était vraiment pas pour lui, mais Harry avait un drôle d'effet sur sa personne… comme sur tout son entourage. Cela faisait maintenant près de deux semaines que le brun avait retrouvé sa « liberté » et déambulait dans tout le manoir et dans ses alentours. Tom, malgré ses demandes répétées, refusait de le laisser sortir des limites qu'il avait imposées.

Le jeune homme s'était très vite ennuyé et avait tenté de s'occuper par tous les moyens, en commençant par harceler le personnel de maison pour les aider. Les domestiques avaient d'abord été effrayés par sa demande, puis s'étaient amusés par sa ténacité. Plusieurs s'étaient laissés convaincre et avaient vite appris à apprécier sa présence et son aide. Mais plus que tout, c'était sa gentillesse, sa joie de vivre et sa simplicité qui avaient étonné tout le monde. Il était comme une bouffée d'air frais dans la vieille demeure, qui avait l'air d'avoir retrouvé un second souffle. Tout le monde semblait avoir réappris à sourire.

Le seul point d'achoppement restait lorsque les serviteurs s'adressaient à Harry. Ce dernier s'était figé la première fois qu'il avait entendu l'un d'entre eux l'appeler « jeune maître ». Il s'était aussitôt emporté et avait exigé qu'on utilise son prénom.

Mais les serviteurs avaient beau prendre quelques libertés, Harry restait le compagnon de leur maître, et celui-ci n'était pas du genre à être laxiste sur ce qu'il considérait être des marques de respect. Aussi faisaient-ils tous attention à ne jamais faire preuve de familiarité avec le brun lorsque le lord était là, même s'ils devaient alors subir les regards noirs du brun. Il ne supportait absolument pas cette appellation, et encore moins l'explication qui avait suivi : non, il n'avait aucun lien « personnel » avec Lord Voldemort. Non, il n'était pas son compagnon d'âme, ni son compagnon tout court. Non, il ne serait jamais le maître de qui que ce soit.

Draco s'était vraiment amusé de le voir se démener pour faire entendre raison à tous ces gens, habitués à suivre leur maître aveuglément en lui vouant un culte quasi religieux. Et il avait beau râler, il avait été heureux de savoir que la sécurité de son ami lui était confiée — il pourrait ainsi le voir et s'assurer qu'il allait bien. Sa mère lui avait expliqué le contexte, et Draco en était resté scotché un bon moment. Certes, il n'était pas aveugle et avait vite deviné l'attirance entre Harry et son maître, mais de là à imaginer qu'il était son compagnon de vie, celui que bon nombre de vampires attendaient pour les libérer de ce qu'ils considéraient comme une malédiction. Le blond ne partageait pas leur avis sur l'état vampirique, mais voir sa mère si fébrile et son père si plein d'espoir lui avait fait suivre les conseils de sa mère.

D'ailleurs, en parlant de son père, celui-ci était bien trop absent ces derniers temps. Il devait encore être parti faire une mission top secrète pour Lord Voldemort. Draco soupira. Il en avait marre qu'il le prenne pour un gamin immature. Il avait tout fait pour que Lucius ait enfin confiance en lui, mais a priori, ses efforts avaient été vains puisqu'il lui cachait tout. Il ne savait plus quoi faire pour obtenir un minimum de reconnaissance…

Un grand bruit au-dessus de lui fit sursauter Draco, le sortant de ses sombres pensées. Il leva la tête vers le plafond, même s'il savait que cela ne lui apprendrait rien.

- Bordel, qu'est-ce qu'il se passe là-haut ? demanda Harry en reposant sa pioche.

Draco tourna son regard vers son ami et haussa les épaules.

- Je ne sais pas exactement, mais j'ai vu que Grindelwald était de retour, alors c'est certainement encore une de ses formidables idées. J'aime encore mieux rester planqué ici que de le croiser, répondit le blond.

- Il me fait vraiment flipper ce type. Pourquoi est-ce que Tom le tolère ici ? C'est un psychopathe !

- Peut-être parce que ton « Tom chéri » est aussi un psychopathe ?

- Ce n'est pas mon « Tom chéri », grogna le brun.

- Ah, je vois que tu ne contestes pas le côté psychopathe, se moqua Draco.

- Il n'est quand même pas comme Grindelwald ! Il est un peu dur, mais il n'aime pas la violence gratuite ni torturer les gens sans raison.

- Mais oui, mais oui, c'est bien connu : le grand Lord Voldemort est la douceur même ! Tu vois que tu ne peux pas t'empêcher de le défendre.

Harry le foudroya d'abord des yeux, puis sembla se raviser. Le petit sourire en coin qui se forma alors sur ses lèvres effraya plus Draco que tous ses regards noirs.

- Tu sais, Draco, je me disais que ce n'était pas une si bonne idée que cela de te faire autant travailler. Je pense aller faire un petit tour au hammam. Je suis sûr que mon « Tom chéri » sera vraiment enchanté de savoir que tu m'y as accompagné… surtout que nous n'avons aucun maillot de bain, lança Harry sur un ton anodin.

Le blond se figea et lança un regard scandalisé à son pseudo ami.

- Tu veux ma mort, Potter ?! Tu n'oserais pas me faire un coup pareil ?!

- …

- Tu oserais ?! Tu es devenu un monstre !

- Mais tu m'as tout appris, mon cher, sourit le brun. Bon, on va voir ce qu'il se passe là-haut, ou je mets ma menace à exécution ? demanda le jeune homme.

- Vos désirs sont des ordres, jeune maître, répondit le blond en s'inclinant avec un sourire narquois.

Harry grogna devant le surnom mais ne répondit pas. Après tout, c'est lui qui avait commencé à provoquer son ami. Au moins maintenant pouvaient-ils rire de la jalousie maladive de Lord Voldemort. Cela avait pourtant failli avoir des conséquences désastreuses.

Au début de leur cohabitation et de sa pseudo liberté, Tom les avait surpris dans sa chambre alors que Harry se changeait. Tout cela était on ne peut plus innocent, mais lorsque le lord l'avait vu à moitié dévêtu avec le blond assis sur le lit, son regard s'était aussitôt embrasé. Il avait alors fondu sur l'héritier de Lucius.

Harry s'était retrouvé sur sa trajectoire sans même comprendre comment il avait pu se déplacer aussi vite, et encore moins pourquoi il était en train de se coller à Tom tout en lui tendant son cou. Mais ce geste eut le mérite d'apaiser le vampire, qui se contenta de humer une odeur qui sembla lui convenir avant de se reculer. Ses yeux, redevenus bleus, se posèrent alors sur le plus jeune. Ils semblaient contenir tellement de questions, de non-dits, mais aussi une pointe de compréhension, comme si le lord venait de voir une réalité dévoilée.

Il s'en était suivi une petite conversation plutôt dynamique, au cours de laquelle Riddle indiqua son refus catégorique à ce que ce genre de situation se reproduise. Ce à quoi Harry avait répondu qu'il en avait marre de ses crises existentielles, et que s'il s'avisait de menacer encore son ami, il ne lui adresserait plus du tout la parole.

Tom avait été étonnamment calme et compréhensif, et il avait accepté de laisser Draco jouer encore au garde du corps, à condition que Harry promette qu'il ne se passerait jamais rien entre eux. Le brun avait soupiré devant tant de bêtises mais avait fait la promesse que le lord espérait, tout en le traitant d'imbécile.

Le lord était alors sorti de la pièce, sans oublier de préciser que si un nouvel incident se passait, il raserait la tête du blond pour s'assurer que son physique soit un peu moins attrayant pendant quelques temps. Harry avait éclaté de rire devant la menace et devant l'air outré de son ami. Finalement, Tom pouvait avoir un peu d'humour. Et le brun ne s'était pas gêné pour utiliser cette menace pour faire faire ses quatre volontés à Draco.

- Alors ? Tu viens ? demanda Harry en se dirigeant vers les escaliers qui menaient aux étages. Je suis curieux de voir ce que Grindelwald a inventé.

Le blond acquiesça et suivit son ami d'un air boudeur.


- Ron ! Dépêche-toi !

- Je fais ce que je peux, 'Mione ! Mais je n'ai jamais fait cela, moi !

- Je croyais qu'en tant que « chasseur », vous aviez des talents particuliers. Ou au moins un entraînement de professionnel.

La jeune fille avait mis une note plutôt flagrante de sarcasme dans le terme « chasseur ». Le rouquin termina dans un petit soupir son périlleux exercice, à savoir se hisser sur le rebord d'une fenêtre qui devait bien se trouver à un mètre cinquante du sol. Le jeune homme se pencha puis se recula vivement.

- C'est bon, il n'y a personne en vue. Rejoins-moi ! ordonna-t-il en tendant la main à sa petite amie.

Ils se serrèrent un moment sur le rebord étroit pour vérifier une dernière fois que la route était dégagée. Puis Ron se pencha pour sauter à l'intérieur de la vaste entrée. La brunette le retint au dernier moment.

- Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Je trouve cela bien trop… facile.

- Ne t'inquiète pas comme ça, 'Mione. Nous avons été très discrets ; personne n'a pu nous remarquer. Allez, suis-moi.

Puis, sans attendre la réponse de sa petite amie, Ronald sauta dans la pièce. Hermione retint un petit juron et se décida à suivre l'exemple du rouquin, non sans jeter des regards inquiets aux alentours.

- N'empêche que je trouve cela bizarre, qu'ils laissent une fenêtre ouverte sans que personne ne soit là pour monter la garde. C'est un peu leur quartier général quand même.

- Ils sont justes trop sur d'eux, répondit Ron.

- Ou alors c'est un piège, commenta la brunette.

- Et bien, qu'avons-nous là ? retentit une voix chantante. Un jeune idiot qui aurait mieux fait d'écouter les conseils de la demoiselle.

Ron et Hermione sursautèrent avant de se retourner vers la personne qui venait de parler. Ils se retrouvèrent devant un homme, un blond plutôt grand dégageant une impression de puissance. Ajoutée à son beau visage, cette aura aurait pu le rendre attirant si son sourire mauvais n'était pas venu gâcher le tableau. Le rouquin déglutit — finalement, il aurait peut-être dû écouter Hermione.

Il se saisit de la main de sa petite amie et la tira dans la direction opposée. Il savait que cela était vain, puisque le vampire serait sûrement bien plus rapide qu'eux. Mais il se devait d'essayer de mettre Hermione en lieu sûr, même s'il devait être pris lui-même !

À peine eurent-ils fait trois pas qu'ils se retrouvèrent bloqués par un autre vampire. Ils se retournèrent alors vers le premier, attendant de voir la suite du programme puisque fuir n'était plus une option.

- C'est bon, Grégorini, tu peux t'en aller. Je m'occupe d'eux, ordonna le vampire blond.

Le second sembla hésiter.

- Je dois prévenir le maître.

- Tom n'a pas besoin d'être dérangé pour si peu, répliqua froidement l'autre.

Il se rapprocha des deux jeunes gens qui n'en menaient pas large. Hermione était en train d'essayer de décider ce qui était préférable : essayer de négocier avec ce vampire étrange qui semblait jouir d'une certaine position ici, ou se retrouver face au terrible Lord Voldemort.

Lorsque le vampire agrippa son bras ainsi que celui de Ron pour les tirer à lui, la brunette se dit que ce ne serait finalement pas elle qui aurait à faire le choix — la poigne puissante lui semblait impossible à briser.

- Lord Grindelwald, intervint à nouveau l'autre vampire, je ne pense vraiment pas que le maître apprécierait que vous fassiez du mal à un humain sous son toit.

Le jeune vampire ne semblait pas rassuré mais tenait malgré tout tête au blond. À l'entente de ces propos, Ron se réveilla et commença à se débattre. Si le vampire s'inquiétait, c'est que le blond avait sûrement de mauvaises intentions et il devait donc tout faire pour ne pas se laisser enfermer par lui. Qui sait ce qu'il ferait alors d'eux.

- Tom m'a donné la permission de m'amuser avec les criminels. Ces deux voyous sont rentrés par effraction ici. Je suis sûr que le maître ne voudrait pas laisser ce crime impuni.

Le dénommé Grégorini hésita, ouvrit la bouche… puis la referma, faute de savoir comment argumenter. Hermione et Ron se débattirent avec plus de force quand ils le sentirent abandonner, faisant disparaître leur dernier petit espoir d'échapper au terrifiant vampire.

- Calmez-vous, les jeunes. On va passer du bon temps tous les trois… murmura le blond d'une voix suave.

Les deux étudiants échangèrent un regard effrayé.

- Gellert, lâche-les.

La voix froide eut l'effet de faire perdre son sourire mauvais au blond, qui ne relâcha pourtant pas sa prise sur le bras de ses proies.

- Je respecte tes règles ! Tu n'as pas le droit de me les reprendre !

- Il va falloir que nous revoyions ces règles, Gellert. Ou alors c'est que tu vieillis, si tu considères ces gamins comme des criminels.

- Ils se sont introduits ici.

- Uniquement parce que je les y ai autorisés.

- Tu les y as autorisés ?

À cet instant, Gellert relâcha sa prise, et Ron et Hermione s'empressèrent de s'écarter de celui qui semblait le plus dangereux pour eux. Ils se rapprochèrent ainsi du maître des vampires comme s'il était la solution pour leur salut, même s'ils ne comprenaient pas son mensonge.

- Bien entendu, les amis de Harry sont forcément les bienvenus.

À ce moment de la conversation, trois têtes étonnées se tournèrent vers Voldemort.

- Tu laisses ce gamin faire la loi ici ?

- Je t'ai déjà demandé de faire preuve de davantage de respect envers mon invité.

- Ce n'est pas parce que tu le baises que tu dois laisser passer tous ses caprices !

À peine sa phrase terminée, le vampire blond se retrouva collé contre le mur à plusieurs centimètres du sol, fermement maintenu par le cou. Tom se pencha alors vers lui et lui murmura à l'oreille.

- Et tes caprices, Gellert ? Pendant combien de temps penses-tu que je vais avoir envie de te les passer ?

Grindelwald lui jeta un regard effrayé. Il tenait à la vie et sentait qu'il n'avait jamais été aussi prêt de la perdre que ce soir. Il se força à se détendre avant de baisser la tête.

- Excusez-moi, maître.

Voldemort afficha un petit sourire satisfait avant de relâcher sa prise.

- Bien, je vois que nous sommes d'accord. Tu laisses ces jeunes gens tranquilles, et je pense que tu as certainement des choses à faire. Dans une autre ville, ou même un autre État, n'est-ce pas ?

Gellert comprit l'ordre à peine dissimulé et s'inclina avant de sortir.

Dès qu'il fut hors de vue, il serra les poings. Il venait de se faire humilier devant de misérables humains par le maître. Et cela, il savait parfaitement à qui il le devait : au mignon du lord ! Mais Grindelwald était patient ; il attendrait que cet Harry soit sorti du lit et de la vie de Tom pour s'en occuper. Et à ce moment, il lui ferait ressentir ce qu'était l'humiliation, au centuple.

Une fois son homme de main sorti, Lord Voldemort se tourna vers Ron et Hermione, qui tentaient de se faire oublier.

- Puisque vous avez eu la gentillesse de nous rendre une visite de courtoisie, restez donc diner avec nous, proposa le vampire d'une voix froide.

Son visage ne laissait transparaître aucune émotion, et il était difficile pour les deux jeunes gens de deviner ses intentions. Pourquoi les accueillerait-il aussi gentiment alors qu'il retenait Harry prisonnier ? D'un autre côté, s'il avait voulu les faire disparaître, il les aurait laissés avec cet autre vampire.

Hermione en était là de ses observations lorsqu'un grand bruit se fit entendre. Tout le monde tourna alors la tête, pour voir une petite porte s'entrouvrir dans l'angle le plus éloigné de l'entrée et un Harry s'affaler misérablement sur le sol. Draco sortit à sa suite, l'enjambant comme s'il n'était qu'un vulgaire tas de poussière.

- Décidemment, Potty, tes entrées sont toujours aussi minables.

- Si tu n'avais pas « emprunté » mes lunettes, je ne serais pas tombé dans ces foutus escaliers ! grommela le brun en tentant de se redresser.

Mais il se laissa retomber sur le sol et se saisit la cheville en gémissant. Le blond perdit son sourire narquois, se précipitant vers son ami.

- Harry ? Ça va ? demanda-t-il en se penchant sur lui.

Une main se glissa alors sur son bras et profita de sa position déséquilibrée pour le faire tomber à son tour. Il atterrit en partie sur le brun, qui éclata de rire devant son visage stupéfait.

- Alors ? Qui a l'air d'un idiot maintenant ? demanda Harry, les yeux brillants.

- Tu es totalement immature ! Et je ne crois pas que « Tom chéri » apprécierait de te voir dans cette position avec moi.

- Je vous le confirme, Mr Malfoy.

Draco se figea, perdant le peu de couleurs qu'il avait sur le visage en apercevant le lord. Si la voix de lord Voldemort avait paru froide auparavant, Hermione l'avait cette fois trouvée glaciale. Et le regard rouge ne laissait à ce moment aucun doute sur la nature de la créature qui était là. Tom Riddle ressemblait davantage à une bête prête à sauter sur sa proie qu'à un être humain. Et son regard restait obstinément fixé sur le blond.

Il fit soudainement un pas vers les deux jeunes garçons, tendu comme s'il allait attaquer. Harry se leva alors d'un bond pour se rapprocher de lui. Semblant revenir légèrement à lui, Tom posa ses yeux sur le brun. Ils s'observèrent un instant, puis Harry baissa la tête et posa une main sur le torse du vampire. La tension palpable dans la pièce disparut aussitôt, tout comme la lueur rougeoyante dans le regard du maître des vampires.

Draco n'avait pas bougé d'un pouce, mais il semblait enfin se permettre de reprendre sa respiration. Il se laissa tomber au sol, s'agenouillant devant Lord Voldemort.

- Maître, je suis désolé de vous avoir manqué de respect et…

- Tu connaissais les règles, Draco.

Le blond paniqua et se tourna vers Harry, le suppliant du regard. Le brun sembla hésiter puis reprit la parole

- S'il-vous-plait, ne punissez pas Draco. Ce n'était qu'un accident et…

- Qu'est-ce que tu me donnes en échange ? demanda brusquement le vampire.

Harry hésita, surpris par cette question qui avait à un moment rythmé leur relation. Il était soudain nostalgique de cette période où leurs rapports étaient finalement plus simples, où ils apprenaient à se connaître et à s'apprécier…

Mais le brun s'était promis de ne plus se laisser séduire par le vampire. Il ne devait donc pas rentrer dans son jeu.

- Je ne joue plus à cela, Tom. Je vous demande seulement de ne pas punir mon ami pour un simple jeu innocent.

Tom Riddle resta impassible puis recula.

- Soit, mais c'est la dernière fois.

- Oui, maître. Je vous le promets, cela n'arrivera plus.

Si la situation n'était pas aussi compliquée, Harry ne se serait pas privé de se moquer du blond pour les courbettes qu'il réalisait.

- Merci Tom, murmura-t-il.

Le vampire se pencha sur lui.

- Mais toi, tu peux continuer à m'appeler « Tom chéri »… lui susurra-t-il à l'oreille.

Le brun lui jeta un regard noir, qui se figea quand il aperçut les silhouettes derrière lui.

- Hermione ? Ron ? Qu'est-ce que vous faites ici ? On vous a faits du mal ?

Puis, se tournant vers Lord Voldemort, il reprit d'un ton accusateur :

- Qu'est-ce que vous avez encore imaginé ? Je vous interdis de leur faire du mal !

Harry courut vers eux et les prit tour à tour dans ses bras.

- Vous n'avez rien ?

- Salut Harry. Non, tout va bien… répondit Ron.

- Ton manque de confiance en moi me peine énormément, Harry, répliqua le vampire sur un ton mélodramatique montrant clairement qu'il n'était pas vexé, mais juste amusé. Miss Granger et Mr Weasley sont gentiment venus te rendre visite, et j'allais les conduire à toi. Je les ai même invités à rester diner.

- C'est ça, fous-toi de moi, grommela le brun, plus que méfiant.

- Harry ?

Le brun se tourna vers Hermione.

- Mr Riddle a raison, reprit son amie. Ron et moi avons décidé de venir de nous-mêmes. Et il nous a même aidés à nous tirer d'un mauvais pas, admit la jeune fille.

Harry jeta un regard dubitatif allant de ses amis au vampire, qui avait à ce moment un sourire railleur signifiant clairement : « Je te l'avais bien dit ».

Le brun soupira puis leva les yeux au ciel.

- Très bien. Je vous remercie donc d'avoir eu l'extrême gentillesse de venir en aide à mes amis et de les laisser me rendre visite. Si vous le permettez, nous allons nous retirer pour discuter.

Il saisit le bras de Ron pour le tirer vers un petit salon, certain que celui-ci ne lâcherait pas la main de sa petite amie. Le rouquin se pencha vers son ami et lui demanda, au creux de l'oreille :

- Il est flippant ! Comment nous a-t-il reconnus ? Il a fait une enquête sur tout le monde ?

- Difficile d'oublier certaines odeurs, répondit la voix moqueuse du vampire qui avait entendu la question. D'ailleurs, Harry, si tu pouvais éviter de te…

- JE NE ME SUIS PAS VAUTRÉ ! s'emporta le brun en tirant plus vivement sur le bras de son ami.

Ils se retrouvèrent rapidement dans un petit salon que Harry affectionnait particulièrement, parce qu'il était lumineux tout en étant suffisamment petit pour rester intime. Il ne se voyait pas conduire ses amis dans sa « chambre », qui se trouvait avoir pour unique sortie les appartements de Voldemort, et qui ressemblait plus au donjon d'une princesse de contes de fée qu'autre chose.

À peine arrivés, Hermione prit son ami dans les bras et l'inspecta sous toutes les coutures.

- Oh, Harry, tu vas bien ! Nous étions tellement inquiets !

- Vous n'auriez pas dû vous inquiéter, je vais bien. Je vous l'avais pourtant écrit : je ne suis pas libre de mes mouvements, mais je ne courre aucun risque ici.

- Toi, non, grommela Draco, qui les avait suivis.

- Qu'est-ce qu'il fait là, celui-là ? demanda Ron en le montrant du doigt.

- Celui-là, il t'emmerde, rétorqua le blond.

- Draco, Ron, calmez-vous, ordonna Harry. Grâce à Dray, je peux me déplacer à ma guise. Seulement dans la limite du manoir et de son jardin, mais c'est déjà un gros progrès. C'est aussi lui qui accepte de poster des lettres en douce. Je lui dois beaucoup.

Hermione se retourna et offrit un sourire sincère au blond.

- Merci de t'occuper de Harry, Draco.

- Mais c'est un plaisir, railla le jeune Malfoy.

- Il faut qu'on te sorte de là, reprit Ron. Harry, on est ici pour t'aider à t'enfuir ! Remus et Sirius nous donneront certainement un coup de main et…

- Ne faites rien d'idiot, le coupa aussitôt le brun. Je ne courre aucun risque ici.

- Aucun risque ?! Même si je me fiche de Malfoy, il a quand même failli se faire tuer sans aucune raison i peine cinq minutes !

Harry regarda le blond et ne put retenir son rire.

- C'est vrai que tu me dois un sacré service sur ce coup, Dray.

- Je ne te dois rien du tout ! Si tu ne m'avais pas bousculé, rien ne se serait passé !

- Tu es d'une mauvaise foi incroyable ! La prochaine fois, je le laisse faire ce qu'il veut de toi !

- Tu n'oserais pas !

- On parie ?

- Harry ! Comment peux-tu plaisanter dans une telle situation ? s'énerva Ron. Tu es en danger, et cette espèce de fouine peroxydée aussi !

- Ah ! Tu vois ! Même Weasmoche est de mon côté ! s'exclama le blond.

- Mais moi, ça m'amuserait, maintint Harry.

- Harry !

Hermione était restée en-dehors de la conversation jusque-là, observant son ami. Elle ne comprenait rien à la situation. Ron et elle étaient venus essayer de le sauver des griffes du terrible Lord Voldemort, et elle le retrouvait en parfaite santé et plus épanoui que jamais.

Cette première constatation l'avait laissée perplexe. Mais maintenant qu'elle le voyait prêt à laisser Draco se faire torturer ou tuer, elle s'inquiétait. Est-ce que le maître des vampires l'aurait envoûté ? Ou transformé d'une manière ou d'une autre ? La brunette avait lu beaucoup de livres et de chroniques des chasseurs qu'elle avait pus récupérer. Et certaines de ses découvertes l'avaient inquiétée davantage sur le sort de son ami.

- Mais enfin quoi ? Je pensais que vous apprécieriez aussi de voir Malfoy rasé !

- …Rasé ?

- Ah oui, je ne vous ai pas expliqués, reprit le brun avec un grand sourire en s'asseyant sur un canapé, invitant ses amis à faire de même.

Le blond lui jeta un regard noir avant d'aller se poster devant une fenêtre. Il se mit à fixer obstinément le jardin, marquant ainsi son inintérêt pour les propos qui allaient suivre.

- Après quelques confrontations, Tom a promis de ne plus menacer la vie de Draco. Mais il a fallu faire quelques concessions et déterminer les « punitions » acceptables.

- Tu appelles cela « acceptable » ?! se renfrogna le blond.

- Allez, Dray, admets que j'ai fait de mon mieux ! ricana le brun.

- Mouais, je n'en suis pas si sûr…

- Et donc ? les coupa Hermione.

- Et donc, continua Harry, si Draco commet une erreur, Tom lui fera raser la tête.

Harry éclata de rire en même temps que Ron, pendant que Draco leur jetait un regard noir qui ne faisait qu'augmenter le fou rire des deux amis. Hermione observait la scène d'un air intrigué. Une fois calmé, Ronald reprit la parole.

- C'est plutôt marrant d'imaginer la fouine sans cheveux, mais il faut trouver une solution pour te sortir d'ici.

- Je te l'ai dit, je ne courre aucun risque. Et puis Tom risquerait de s'en prendre à Draco si je m'enfuis. C'est lui qui est chargé de me servir de chaperon.

- Oh, ses cheveux repousseront !

Harry et Draco échangèrent un regard moins amusé.

- Je ne pense pas que le maître sera aussi clément si Harry disparait. Disons que notre cher petit prince a un don certain pour le calmer.

Le brun rougit à l'insinuation et devant le surnom qui ne manqua pas de surprendre ses amis. C'est vrai qu'il ne comprenait pas ce qu'il se passait mais Tom semblait de plus en plus calme. S'il s'emportait, Harry arrivait à chaque fois à le calmer par un simple geste ou regard. Et ces moments semblaient à chaque fois si intimes que cela le troublait énormément. Tom et lui avaient trouvé une certaine harmonie, et le vampire semblait suffisamment le respecter pour ne plus rien avoir tenté auprès de lui depuis leur dernier baiser. Et non, Harry n'en éprouvait aucune déception. Absolument aucune !…

C'est Hermione qui le tira de ses pensées.

- Il semblerait que nous ne soyons pas en danger. Et si tu en profitais pour visiter le repère du roi des vampires, Ron ? C'est une occasion qui ne se représentera plus, tu ne crois pas ? demanda Hermione à son petit ami.

- Tu crois ? Mais…

- Je suis sûre que Draco se fera une joie de t'accompagner, compléta la jeune fille en fixant intensément Harry.

Le blond fit de même. Et lorsqu'il perçut l'acquiescement silencieux, il se tourna vers le rouquin.

- Allez viens, Weasmoche, je peux même te montrer notre salle d'entraînement… pour ce que ça vous servira, de toute façon. Et on peut même finir par le donjon, et peut-être que je t'y enfermerai sans faire attention.

- Ne l'écoute pas, Ron. Draco va prendre bien soin de toi et te ramènera ici d'ici vingt minutes. Sans quoi, je ferai préparer une jolie paire de ciseaux.

Le blond se détourna sans répondre, rapidement suivi d'un Ron surexcité.

- Bon, à tout à l'heure alors ! Vous ne bougez pas de là surtout !

Une fois les deux autres sortis, Harry se retourna vers son amie et attendit l'inévitable sermon.

- Tu es sûr que tout va bien, Harry ?

- Oui, bien sûr. Pourquoi ?

- Tu es étrange. J'ai l'impression que tu n'as pas vraiment envie de partir d'ici…

- Si ! Bien sûr que si ! Mais Draco serait en danger si…

- Tu es sûr que c'est la seule raison ? demanda doucement la brunette.

Harry réfléchit un instant. Maintenant qu'il y pensait, il est vrai que sa vie ici n'était pas si désagréable que cela. Grâce à la menace de Tom, il n'avait pas à se poser de questions ; il n'avait pas de choix à faire, et pouvait rester ici où il se sentait, pour la première depuis longtemps, à sa place. Tout le monde le traitait bien, même avec trop de précautions pour certains. Il pouvait faire ce qui lui plaisait et n'avait plus aucune responsabilité. Oui, pour la première fois depuis longtemps, il était heureux. Il avait pris la vie comme elle venait sans se préoccuper de quoique ce soit.

Mais c'était un bonheur éphémère. Il avait envoyé quelques lettres pour rassurer sa famille et ses amis, mais il aurait dû savoir qu'ils continueraient à s'inquiéter. Et puis il ne pouvait pas vivre ainsi pour toujours. Il était vraiment idiot de s'être voilé la face ainsi. Et il…

- Harry ! Stop !

Le brun se secoua et fixa son amie.

- Je ne te juge pas ! Tu as l'air heureux — enfin, jusqu'à il y a encore cinq minutes — et c'est une très bonne chose ! Tu le mérites. Je veux juste être certaine que tout ce que tu éprouves est bien réel, et que tu sais dans quoi tu t'embarques.

- De quoi parles-tu, Hermione ?

- Et bien, j'ai fait pas mal de recherches…

Harry sourit. Connaissant Hermione, elle avait dû lire des montagnes de livres.

- Oui, bon, énormément de recherches. Sur les vampires et les personnes qui se lient à elles. Certains d'entre eux semblent pouvoir disposer de pouvoirs mentaux impressionnants, pouvant ainsi manipuler les humains ou les charmer.

- Alors là, je t'arrête. Ces pouvoirs ne marchent pas sur moi.

- Comment peux-tu en être sûr ?

- Parce que cela a assez agacé Tom au début, répondit le brun avec un petit sourire.

- Oh. C'est une bonne chose alors. Et dis-moi, Riddle ne t'a pas demandé de faire des choses… euh… « étranges » ?

La jeune fille semblait mal à l'aise.

Harry rougit, et des flashs de leur week-end envahirent son esprit : lui attaché pendant que Tom le nourrissait… lui allongé sur un lit pendant que la bouche de Tom s'activait sur son bas-ventre… Est-ce que se faire attacher puis torturer de la plus plaisante des manières, jusqu'à s'évanouir devant la puissance de l'orgasme, rentrait dans la catégorie des choses étranges ?

- Euh… Tu peux être plus précise, 'Mione ? Parce que la majorité des actions de Tom peuvent être classées dans la catégorie des choses étranges.

La jeune fille soupira, puis hésita avant de se décider.

- Je sais que c'est une idée idiote, mais depuis le début, Riddle et toi n'arrêtez pas de vous rencontrer et retrouver comme si vous étiez destinés à le faire. Je vois bien que tu es attiré par lui, et inversement.

- Tom est attiré par à peu près tout ce qui bouge.

- C'est vrai, mais il ne garde jamais ses partenaires plus de quelques jours. Alors que toi, il ne semble pas prêt à te voir t'éloigner de lui.

- Nous ne sommes pas « partenaires »… grommela Harry.

- Ce n'est pourtant pas l'impression que vous donnez. Il s'énerve dès que quelqu'un t'approche. Et son regard sur toi, c'est juste… torride.

La jeune fille frissonna au souvenir des deux prunelles flamboyantes.

- Il n'aime pas qu'on touche à quelque chose lui ayant appartenu, c'est tout. Il a été bien clair sur le sujet.

- Pourtant, tu sembles heureux.

- Oui, mais je ne saurai pas te dire pourquoi. Je suis apaisé, et comme si j'étais à ma place…

- Tu sais, il existe un rituel qui permet de lier un vampire à un humain.

- Lier ?

- L'humain devient un calice et produit suffisamment de sang pour nourrir son vampire. En échange, ce dernier ressent un grand besoin de protection envers son compagnon. Généralement, les deux sont plutôt dépendants l'un de l'autre.

- Et tu penses que Tom et moi sommes liés ? C'est absurde ! Il ne boit pas mon sang… Enfin, quelques fois, mais pas régulièrement, rectifia le brun. Et puis je m'en serais aperçu si on avait créé ce lien, non ? En quoi consiste-t-il ?

- J'ai lu beaucoup de choses différentes, reprit Hermione. Il est difficile de démêler le vrai du faux, mais il semblerait qu'il y ait quelques constantes.

Le brun invita silencieusement son amie à poursuivre. Il ne comprenait pas exactement où elle voulait en venir, mais il avait un mauvais pressentiment.

- Tous les rituels font références à deux niveaux qui doivent être accomplies pour que le lien soit complet. Le premier correspond à un échange de sang entre le vampire et son calice…

- Alors là, je suis sûr de ne jamais avoir bu de sang, et surtout pas le sien !

Harry se figea, un affreux doute s'emparant de lui.

- Tu crois que Tom aurait pu m'en faire boire en douce ? s'inquiéta-t-il.

- Je ne pense pas, répondit la jeune fille après un instant de réflexion. Le lien repose sur l'acceptation des deux liés. Je ne crois pas que le rituel accepterait une telle tromperie.

- Et la seconde partie du rituel ?

- C'est en principe la suite du rituel du sang. La relation charnelle permet de le compléter.

- Oh…

- « Oh » ?! Je croyais que Riddle et toi, vous n'étiez pas ensemble !

- C'est le cas, mais nous avons déjà… enfin, tu vois…

- Je t'avoue que je préfère ne pas essayer d'imaginer. Mais… il ne t'a pas… forcé, au moins ?

- Non ! Non, pas du tout ! Il a été absolument parfait. Hermione, c'était juste l'expérience la plus merveilleuse que je n'ai jamais vécue !

La jeune fille lui offrit un sourire moqueur.

- Et bien, je vais finir par être jalouse. Je vois que la réputation de ce monsieur n'est pas usurpée.

- Tu crois qu'il a fait cela juste pour me manipuler ? Pour créer une partie de ce lien ? Mais à quoi cela lui servirait-il ?

Peut-être à te manipuler alors que c'est toi qu'une prophétie prédispose à le faire disparaitre ? susurra une petite voix dans sa tête. À cette idée, un poids lui tomba sur la poitrine. Est-ce que tout ce qu'il avait ressenti — et ressentait encore — n'était qu'une illusion ?

- Ce lien ne peut être créé que s'il y a déjà une attirance ou des sentiments.

- Et cela veut dire quoi ? Que je vais devoir rester ici avec ce crétin qui me prend pour un jouet qu'il peut prendre ou jeter quand il le souhaite ?! s'emporta Harry.

- Non, cela veut dire que tu as la chance de pouvoir vivre une relation plus intense et plus solide que tout le monde. Mais que tu dois être conscient que ce sera un choix sans retour en arrière. Je voulais être sûre que tu comprennes bien dans quoi tu t'embarques et que tu choisisses en conséquence : de finaliser ce lien ou de t'enfuir.

- Je ne sais pas quoi penser de tout cela, mais de toute façon, la question ne se posera jamais. Tom m'a clairement fait comprendre où était ma place : peut-être dans son lit, voir comme garde-manger, mais certainement pas comme unique compagnon. Et je refuse de n'être qu'un objet qu'on utilise. Je l'ai déjà vécu et je refuse de le vivre à nouveau. Puisque le lien n'est pas complet, je suis encore libre, n'est-ce pas ?

- Je pense que oui, mais je vais faire d'autres recherches si tu veux et…

- Oh non, pitié… Pas encore de nouvelles recherches !

Harry et Hermione se retournèrent vers l'entrée pour voir Ron et Draco debout dans l'embrasure. La brunette pressa le bras de son ami, espérant lui faire passer son soutien et son affection par ce simple geste. Le sourire du brun fut une réponse suffisante. Il se leva pour rejoindre les deux garçons.

- Alors ? Vous vous êtes bien amusés ?

- Je dois admettre que cette bicoque n'est pas trop mal… surtout depuis qu'elle ne ressemble plus à un vieux manoir hanté !

- Bicoque ? Tu oses appeler ce magnifique manoir restauré avec goût une bicoque ? Décidemment, les pauvres n'ont aucun goût.

- En tout cas, ce n'est pas le pauvre qui va finir par se promener avec le crâne rasé.

- Et bien, je vois que vous entendez de mieux en mieux, intervint Harry en passant ses bras autour des épaules des deux jeunes hommes.

Draco se débattit pour faire rompre tout contact.

- Je préfère limiter les risques, Potty. Et tu es une énorme zone de risque pour moi ! Et effectivement, tes amis ne sont peut-être pas aussi inintéressants qu'ils le paraissent, grommela le blond en regardant ailleurs.

Harry sourit affectueusement à son ami pour le remercier de ses efforts. Il ne savait pas comment les choses allaient évoluer, mais il serait heureux de pouvoir continuer à voir Draco par la suite. Et ce serait plus simple s'il s'entendait avec Hermione et Ron.

Le brun se tourna vers le rouquin, attendant qu'il saisisse à son tour la perche.

- Bon, ok la foui… euh, Draco. J'ai passé un bon moment, et tu n'es peut-être pas aussi désagréable et hautain que tu le laisses paraître.

Bon, ce n'était pas encore de la franche camaraderie, mais c'était déjà un bon début.

- Et je suis vraiment désolé pour ton père, continua Ron sur sa lancée. Les membres de l'Ordre n'étaient pas au courant, et certaines désapprouvent vraiment une telle…

- Pourquoi tu parles de mon père ? le coupa le blond.

- Et bien, tu sais… Pour le fait qu'il ait été contaminé quand il s'est rendu à square Grimmaurd.

Le blond tourna un visage interrogateur vers le brun, qui haussa les épaules pour manifester son ignorance. Devant leur air, Hermione et Ron perdirent leur sourire.

- Vous n'êtes vraiment pas au courant ? interrogea Hermione.

- Bon sang, vous allez vous décider à être clairs ?! s'agaça le blond, un mauvais pressentiment lui empoignant la poitrine.

- Il y a dix jours, il y a eu une attaque contre le quartier général de l'Ordre du Phœnix, expliqua Hermione. Il n'y a pas eu de blessés ; le but était surtout de saccager l'endroit. Ce que les intrus ne savaient pas, c'est que l'immeuble était piégé, et tous ceux qui y étaient ont été infectés.

- J'ai entendu mes parents en parler, poursuivit Ronald. Il semblerait que ce soit un virus puissant et rapide, plus que l'ancien. Ils ont un espion chez les vampires, et a priori, il n'y aurait plus qu'un seul survivant mais… c'était une question d'heures alors…

- Ce n'est pas possible, mon père est en mission. Je l'aurais su s'il lui était arrivé quelque chose. Ma mère me l'aurait dit, ou Severus…

Le blond se tourna vers Harry, qui était resté figé, revivant son cauchemar.

- Severus ! Si quelqu'un peut trouver un antidote, c'est lui ! Et il est mystérieusement absent depuis une semaine. Je suis sûr qu'il sait où est mon père ! Il pourra me confirmer que tout va bien.

Personne ne répondit. Ils ne connaissaient pas le virus en question, mais Harry avait lu les carnets de sa mère et savait que les vampires — et Severus en particulier — cherchaient un antidote depuis près de vingt ans. Alors quelles étaient les chances pour qu'il le trouve si rapidement ?

Draco continua :

- Si mon père était… malade, il serait enfermé en bas, près du laboratoire de Severus. Il faut que j'y aille.

- Et on va t'aider, Dray. Dis-moi ce qu'il faut qu'on fasse ?

- L'endroit est gardé, et s'ils n'ont pas voulu me mettre au courant, je ne pense pas qu'ils me laisseront passer. Il faut faire une diversion pour écarter le vampire qui garde l'entrée.

- Ron et moi, nous nous en chargeons, intervint Hermione.

Le blond leva un regard étonné vers la jeune fille. Ils ne se connaissaient presque pas, et elle prenait des risques pour lui. Est-ce que ses camarades en auraient fait autant ?

- Très bien, mais soyez prudents. Je connais suffisamment le maître pour savoir qu'il n'appréciera certainement pas qu'on se mêle de ce qu'il considère « ne pas être nos affaires ».

- C'est un peu notre faute… C'est le moins que l'on puisse faire.

- Ne t'inquiète pas, Weasmoche, je suis sûr que c'est un malentendu. Mon père n'est pas dans ces cachots. Il n'est pas infecté, répondit froidement le blond avec détermination.


Le brouhaha se calma lorsque la porte claqua derrière le garde. Draco devait reconnaître que ces deux-là pouvaient être plus malins qu'il ne l'aurait pensé. Leur ruse était peut-être grossière et bruyante, mais cela avait été efficace ; l'accès vers le laboratoire de Severus était maintenant libre. Mais avec le boucan qu'ils avaient créé, ils avaient intérêt à se dépêcher, avant que cela ne rameute la moitié du manoir par ici — et surtout le lord.

Les deux jeunes hommes se faufilèrent vers la porte maintenant accessible. Draco l'entrouvrit et passa doucement sa tête pour vérifier qu'il n'y avait personne. Le long escalier semblait descendre indéfiniment et n'était éclairé que par quelques lampes, comme si un décorateur vicieux avait voulu rendre l'endroit encore plus lugubre.

Le blond fit un petit geste pour inviter son ami à le suivre. Le brun aurait été heureux d'avoir encore le talisman de son père avec lui. Déjà d'habitude, il avait l'impression d'être un vrai appât à vampires, avec tout ce qu'il entendait sur l'odeur de son sang. Mais en plus, à ce moment précis, il était certain que tout le monde pouvait entendre les battements de son cœur à des kilomètres. Ce n'était pas la peur d'être découvert qui l'inquiétait — au pire, ils auraient droit à un bon sermon ou une petite privation de liberté. Comme il l'avait dit à ses amis, il savait qu'il était en sécurité. Ce dont il avait peur, c'était de découvrir que le père de Draco était effectivement contaminé… ou pire.

Ils débouchèrent sur un couloir sans fenêtre. Draco avança un peu, puis se plaqua contre le mur. Il regarda le sol du couloir et put voir un trait de lumière qui indiquait qu'une seule pièce était occupée. Au moins, leur recherche serait rapide.

Le blond indiqua à Harry une autre porte, sans lumière.

- C'est le laboratoire de mon parrain. A priori, il n'est pas là pour le moment.

Et heureusement, pensa Harry. Sinon, il aurait déjà détecté leur présence. Ils s'arrêtèrent devant la porte de la cellule occupée. Les lourds verrous pouvaient être actionnés de l'extérieur. Une fenêtre, sécurisée par d'épais barreaux, permettait de voir le pensionnaire, et certainement de lui passer ses repas ou autre.

- Tu veux que je regarde ? proposa Harry en voyant l'hésitation du blond.

- Bien sûr que non ! rétorqua Draco. Je suis sûr que ce n'est pas mon père !… Mais merci quand même… murmura-t-il doucement.

Il s'avança doucement et se hissa sur la pointe des pieds pour avoir une meilleure vue sur la pièce. Celle-ci était peu éclairée, et il ne pouvait qu'apercevoir la silhouette allongée sur le lit. Mais la longue chevelure d'un blond presque blanc ne laissait aucun doute sur l'identité de son propriétaire.

- Oh mon Dieu… murmura le blond en se reculant brusquement.

- Dray ?

- C'est… c'est mon père ! Harry, je dois lui parler !

- Tu ne peux pas entrer ! C'est trop dangereux !

- C'est mon père, il ne me fera jamais de mal ! S'il-te-plaît Harry…

Le brun hésita un instant. Si les situations avaient été inversées, lui aussi aurait certainement voulu un dernier moment avec son père.

- Ok, mais juste cinq minutes. Et au moindre signe de danger, tu sors.

Draco hocha vigoureusement la tête, pressé de pénétrer dans la cellule. Il s'était peut-être trompé, ce n'était pas son père… Ou si c'était lui, il était peut-être là pour une toute autre raison. Le blond ouvrit la porte et se dépêcha de la refermer derrière lui. Il s'avança au milieu de la pièce puis se figea.

- Père… appela-t-il doucement.

Un grognement lui répondit, et la forme allongée se souleva légèrement.

- C'est moi, Draco. Je viens pour t'aider.

La créature se redressa, mais elle se trouvait toujours dos au jeune homme. De son côté, Harry sautillait presque sur place. Il sentait que les choses n'allaient pas bien se passer mais ne savait pas quoi faire pour aider Draco. Il devait se faire violence pour ne pas pénétrer à son tour dans la pièce.

Lorsque la créature se tourna lentement vers le blond, les deux jeunes gens jurèrent simultanément. L'identité du vampire était confirmée ; et pourtant, il était difficile d'admettre que c'était le beau visage de Lucius Malfoy qui se retrouvait devant eux, les canines du vampire clairement apparentes. Ce qui était le plus choquant, c'était l'air bestial qu'affichait l'aristocrate. La bave qui s'écoulait sur son menton et les yeux rougeoyants et vides de toute intelligence défiguraient complètement le bel homme.

Lucius se mit debout et s'avança vers son fils, un rictus mauvais aux lèvres. Draco resta figé sur place, laissant son père s'approcher dangereusement de lui. Le vampire avait les mains levées pour se saisir de lui dès que possible. C'est à ce moment que Harry sortit de sa transe. S'il ne faisait rien, son ami allait y passer !

Il ouvrit violemment la porte, détournant pour un court instant l'attention du monstre.

- Draco ! Bouge ! cria-t-il.

Le blond sembla reprendre ses esprits et se recula pour être hors d'atteinte des griffes de son père. Il poursuivit sa marche à reculons jusqu'à la porte, essayant de ne pas perdre des yeux le vampire, comme si cela l'empêchait de lui sauter dessus. Harry tendit la main pour agripper son ami et le tirer rapidement hors de la pièce.

Il se pencha alors pour fermer totalement la porte, mais un pied se glissa vicieusement dans l'interstice. Une main dotée de longues griffes passa à son tour, le griffant au passage. Le brun essaya de maintenir la porte fermée, mais ses efforts furent vains. Il fut projeté en arrière lorsque celle-ci fut ouverte en grand.

- Et merde ! cria-t-il. Dray, cours !

Il se releva pour suivre son propre conseil, mais n'eut pas le temps d'aller bien loin avant d'être rattrapé. Il leva la tête pour rencontrer le regard bestial et clairement affamé de Lucius Malfoy. Où était Tom quand il avait besoin d'aide ? Ce fut la dernière pensée cohérente du brun avant que sa gorge ne soit violemment perforée et qu'il ne perde connaissance.

Du moins, c'est l'impression qu'il eut tout d'abord. Mais il garda en réalité toute sa conscience. L'élément le plus étrange, c'est qu'il avait l'impression de flotter dans son propre corps. La douleur était horrible et il avait beau se débattre, rien n'y faisait. Il se faisait l'impression d'être une poupée de chiffon sans aucune force. Et dans cet état d'immobilité consciente, il avait l'impression de sentir le poison passer à travers ce contact trop intime. Il le voyait presque couler dans ses propres veines, comme un fluide noir qui s'écoulait lentement. Et cela lui faisait mal, tellement mal… Il ressentait le besoin de repousser cette intrusion, cette noirceur, de tout son cœur. Mais il sentait son corps perdre de plus en plus de terrain contre le poison, l'abandonnant dans l'obscurité…

Boum boum…

Alors qu'il se sentait partir, une petite lueur dans son esprit sembla l'appeler.

Boum boum…

Il essaya de toucher cette lumière qui paraissait si pure, si tendre. Qui battait comme un cœur plein de vie.

Boum boum…

Harry leva une main virtuelle pour l'atteindre… Et dès qu'il y parvint, il se sentit instantanément enveloppé dans une douce étreinte. Il se sentait léger et sain, et surtout tellement bien. En baissant les yeux, il visualisa le poison qui était doucement repoussé en dehors de son organisme. Sans comprendre ce qu'il faisait, il tendit sa main pour le retenir et l'empêcher de se répandre à nouveau dans le corps du vampire. Sans savoir vraiment comment, Harry parvint à isoler le poison. Il le vit se désagréger petit à petit, disparaissant définitivement entre ses doigts. Le sang teinté de noir reprit sa belle couleur rouge et sembla faire marche arrière pour pénétrer le corps de Lucius.

Boum boum….

Le son restait puissant mais semblait maintenant plus calme. Comme si tout était maintenant apaisé. Harry se sentit alors tout doucement revenir à la réalité. Il battit des paupières mais ferma vite les yeux devant l'agression de la lumière. Et quand il voulut bouger, ce furent les crocs, toujours plantés dans sa gorge engourdie, qui le firent gémir de douleur. Harry était maintenant parfaitement éveillé et sentait son sang quitter lentement son corps… le privant petit à petit de sa source vitale.

- Père, lâche-le… Tu vas le tuer.

Le sanglot de Draco l'atteignit dans sa torpeur et, au même moment, la douleur cessa. Harry n'avait quasiment plus la force de bouger, et il se laissa choir au sol lorsqu'il se sentit enfin libre. Il ouvrit les yeux pour garder pieds avec la réalité. C'est alors qu'il vit la scène comme s'il était en train de regarder un film au cinéma, mais au ralenti.

- Draco… ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Lucius fixait son fils d'un regard à nouveau plein de vie et d'intelligence, mais perdu. Le brun soupira ; le vampire semblait avoir recouvré son esprit. Ils étaient donc sauvés… Ou peut-être pas, pensa-t-il en voyant Tom entrer dans le couloir.

D'un regard, le vampire prit connaissance de la situation. Ses yeux virèrent instantanément au rouge et, chose plus rare, ses canines se firent plus apparentes. Harry ne l'avait jamais vu avec un air aussi féroce. Il allait tuer Lucius Malfoy, cela ne faisait aucun doute. Dans un coin de la scène, Draco Malfoy le regardait, terrorisé, serrant son père dans ses bras comme s'il pouvait être un rempart suffisant contre la colère de Lord Voldemort.

Harry ne sut pas où il trouva la force pour se lever, ni pourquoi il le fit. Mais sans qu'il s'en rende compte, il se retrouva contre Tom et lui offrait son cou, appuyant autant qu'il le pouvait le visage du vampire pour l'inciter à boire son sang. Et le lord accéda à sa demande, plongeant ses dents sans beaucoup de douceur dans la gorge du petit brun. Il passa une main autour de la taille de son protégé, autant pour le soutenir que pour le rapprocher de lui. Harry aurait pu sourire devant les petits soupirs de plaisir du vampire s'il n'avait pas été aussi épuisé.

Lorsqu'il sentit la tension disparaître, le brun appuya doucement sur la joue de son vampire pour lui demander d'arrêter. Tom sembla comprendre le message et se retira, non sans lécher la plaie pour la refermer. Harry plongea son regard émeraude dans celui maintenant bleu du lord. Cependant, si sa rage avait disparu, il était toujours en colère. Le brun se lova contre lui, ne lui laissant d'autre choix que de l'enlacer pour qu'il ne s'écroule pas.

- Je suis fatigué, Tom… Ramène-moi, s'il-te-plaît…

Le brun savait que c'était mal de jouer avec les sentiments, ou plutôt le besoin de protection du vampire, mais il devait aider Draco à protéger son père. Lord Voldemort sembla hésiter, puis se redressa, portant son précieux fardeau contre lui. Il jeta un dernier regard sur les deux blonds enlacés, et Harry passa ses bras autour de son cou pour qu'il reporte son attention sur lui plutôt que sur la famille Malfoy. Tom s'engouffra alors dans les escaliers sans quitter des yeux son protégé.

Dès qu'ils se furent éloignés, Draco relâcha son souffle et sortit son téléphone portable.

- Parrain, j'ai besoin de toi. Viens tout de suite dans la cellule de mon père.

Le blond raccrocha sans répondre aux interrogations de Severus.

- Draco ?

Il baissa la tête et sourit tendrement à son père. Il avait failli le perdre et le retrouvait maintenant guéri sans même comprendre comment ce miracle s'était réalisé.

Mais ils n'étaient pas encore sortis d'affaire. Le lord allait certainement vouloir le tuer pour avoir osé toucher à Harry et avoir failli presque le tuer. Le brun leur donnait un peu de temps, mais il allait falloir sortir d'ici rapidement et se tenir éloigné du lord jusqu'à ce qu'ils trouvent une solution. Ou alors qu'ils fuient le restant de leurs jours, car le maître était particulièrement rancunier.


Juste pour la petite histoire, le premier paragraphe sur le cauchemar n'était pas prévu mais vous avez été tellement nombreux à me parler de Lucius que je n'ai pas pu m'empécher de le rajouter pour faire monter un peu la tension. je savais que l'attention vous plairait ;-)