Ce fut un peu comme si l'eau chaude qui dégoulinait le long de son corps se tranformait subitement en douche froide. Michael la tenait toujours serrée contre lui, et rester là une heure de plus ne l'aurait pas dérangé le moins du monde...Seulement voilà, maintenant qu'elle y avait pensé, il était difficile d'en faire abstraction.

Sara s'arracha à l'étreinte de Michael, s'empara s'une serviette et la passa autour d'elle. Michael la suivit du regard, les sourcils froncés, jusqu'à ce qu'elle sorte de la salle de bain.

Il savait que cette situation ne pouvait pas durer. Ils ne pouvaient plus vivre comme ça, d'hôtel en hôtel, avec la peur constante d'être retrouvé. Il était censé être libre, bon sang, et on aurait dit qu'il retournait à la case départ ...

Michael éteignit le robinet, empoigna la dernière serviette de bain et la passa autour de sa taille.

-Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il en venant se planter devant Sara qui s'était assise sur le lit.

-Rien, rien du tout, lui répondit la jeune femme, la mine soucieuse, observant les gouttes d'eau qui dégoulinaient le long du torse de Michael.

-Si, il y a manifestement quelque chose.

Sara soupira d'agacement alors qu'il s'assit près d'elle.

-Il faut que je téléphone à John, lâcha-t-elle.

Cette seule pensée lui avait fait l'effet d'une gifle. Comme si tout à coup, elle revenait brusquement à la réalité.

Dire qu'il n'appréhendait pas ce moment aurait été mentir. Et ces fichus remords étaient toujours là, l'impression qu'il arrachait Sara de force à sa vie d'avant, et ce malgré la journée qu'ils venaient de passer. Il décida néanmoins d'oublier cette sensation désagréable. Après tout, Sara avait pris sa décision ...

Michael se leva, laissa tomber la serviette à terre, enfila son pantalon complètement froissé, sa chemise qui ne ressemblait plus trop à une chemise et s'empara du téléphone portable posé sur la table de nuit.

-Tiens, dit-il en le tendant à Sara. Je serais à la réception si tu as besoin.

Il se pencha, déposa un baiser sur le front de la jeune femme et se dirigea vers la porte.

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Une sonnerie. Deux sonnerie. Trois. Puis quatre. Après quelques secondes, la messagerie se déclencha. Sara prit une profonde inspiration.

-John ? C'est moi ... Sara. Je ... Ce que j'ai à te dire est assez compliqué et ehm ... Je ne veux pas te le dire par téléphone. Il faut qu'on se voit, mais pas ... pas à Chicago. Je ne peux plus revenir à Chicago, John. Rappelles-moi.

Elle referma le clapet et soupira. Parler à un répondeur n'avait jamais été son fort; expliquer à son fiancé qu'elle le quittait encore moins.

Sara abandonna la serviette de bain, enfila son pantalon, son caraco blanc puis contempla sa chemise d'un air dubitatif. Elle était fichue.

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Quelques minutes plus tard, Michael passa la tête dans l'entrebaîllement de la porte et chercha Sara du regard. Elle se trouvait près de la fenêtre, appuyée contre le mur, les yeux perdus dans le vague.

-Sara? Tout va bien ? commença Michael en entrant dans la pièce.

-Oui je ... j'ai laissé un message à John. Il doit me rappeler. Enfin je ...j'espère.

-Hey, ça va aller, tenta de la réconforter Michael en s'approchant d'elle puis en l'enlaçant. Je sais que je ne suis pas le mieux placé pour parler de ça, et je vais sans doute te paraître horriblement égoïste mais... Je suis heureux que tu aies pris cette décision.

Il ne dit rien d'autre, mais Sara lut sur son visage tout ce qu'il avait tu. Michael n'avait jamais été un grand bavard; et Sara comptait sur le temps pour lui apprendre à percer le mystère Scofield.

-On ne peut pas rester là, reprit-il. Il faut qu'on parte.

Sara opina de la tête, quitta l'étreinte du jeune homme et rassembla le peu d'affaires qu'ils possédaient.

Sans un regard en arrière, ils quittèrent la chambre.