Disclaimer: cf Chapitre 1
...
Bisous à Misty !
...
Réponse sur mon forum, aux commentaires de : -Douceurfamille - Guest - Yzeute - Lion
OoOoOOoO
..
.
Objets De Contrariété 1 / 2
Vendredi 21 Février 1997
Acte 1 : Un Mystère Non Résolu
Ron
Jérémy est heureux et babille sans arrêt depuis que nous sommes allés le chercher à la Tour Gryffondor, pour prendre notre petit déjeuner avec sa sœur et lui-même dans la Grande Salle. Miho aussi est heureuse. Tout comme Oliver, Hannah et Draco, Blaise a été autorisé à sortir officiellement de l'infirmerie et elle ne quitte pas notre pote d'une semelle, le couvant comme une mère poule…
Marrante la gosse..
Adorable, comme toujours…
« Vous tombez bien, vous. Faut que je vous parle. A Draco et Blaise aussi. » déclare discrètement Nev, quand nous nous installons à table.
« Mmmm… Nous avons un petit creux de cinq minutes dans notre emploi du temps après le petit déj, ça te convient ? » demande-je, en me servant généreusement d'œuf et de bacon…
« Non. Rappelle-toi, j'ai cours avec McGo, moi… » répond Nev, avec un clin d'œil…
« Ah ouais, c'est vrai. C'est fou comme on a du temps libre et qu'on oublie vite son ancien emploi du temps scolaire surchargé, quand on quitte les bancs de l'école… » commente-je, yeux plissés et un brin moqueur…
« Pas si ancien, pourtant. A peine une semaine… » fait remarquer Nev, avec le sourire, avant d'enfourner un petit muffin à la confiture
« Exact. Mais ça me semble quand même une éternité… » soupire-je, en récapitulant tout ce que nous avons fait en une semaine…
Nous avons vécu dans le Temps Ralenti pendant… Pfiou ! Grosso modo, je dirais deux ans…
D'ailleurs à ce propos, notre séjour d'entrainement avec les français s'est admirablement bien passé. Il est sympa, le Ministre Clovignac et il a su se constituer un Etat-Major solide. J'ai bien aimé aussi me coltiner avec ses Gardes du Corps, deux balaises qui font la même taille que moi à deux ou trois centimètres près. Du pur bonheur de s'entrainer à main nues avec ces mecs. Enfin un vrai défi pour moi !
« Dans ce cas, les gars et toi, venez déjeuner avec nous chez Hermione ce midi. Nous devrions être libres vers la demie. Treize, au plus tard… ça te va, ça ? » propose-je, en me disant que nous pourrons nous permettre un petit retard, pour rejoindre les jumeaux dans leur boutique du Chemin de Traverse où nous devons leur donner un coup de main.
Andy a fait parvenir un message à King hier soir, annonçant que le dossier de Scotland Yard est clos, concernant Harry, la tante Marge et le cousin Dudley. Les policiers Moldus n'ont plus aucune raison de venir au Square Grimmaurd. Le professeur Dumbledore a donc posé un nouveau Fidelitas sur le QG et mes frangins n'avaient plus besoin de rester là-bas. Ils sont repartis chez eux, pour reconstituer leurs réserves de Gadgets Défensifs, sans faire sursauter toute la maisonnée aux sons des explosions intempestives qu'ils provoquent deux ou trois fois l'heure…
Et le QG de Londres reprendra ses fonctions en fin de matinée, quand Lee aura tout réinstallé là-bas, comme il se doit…
« Pour moi, oui. Mais Blaise et Draco ont cours à 13H30 avec Vector. Ça va faire trop court pour vous exposer la situation et que nous en discutions tous les cinq après… » répond Nev, avec une petite grimace de dépit.
« Chrono Magique et la salle de classe de Vector est à cinq minutes à peine de chez Hermione. Ça nous laissera tout le temps qu'il faut pour t'écouter… » fais-je remarquer, en prenant ma tasse de thé en main.
Nev acquiesce et je bois mon thé tout en jetant un coup d'œil à la ronde, l'arrêtant sur la table des profs. Latton quant à lui détourne la tête tout aussitôt. Mais je suis certain qu'il n'a pas cessé de fixer notre groupe depuis que nous sommes arrivés, Harry, Hermione et moi.
Je déteste ce type. Et j'espère que j'aurai un jour l'occasion de le lui signifier clairement…
Le courrier arrive et un Hibou lâche la Gazette directement dans l'assiette d'Hermione, tandis qu'un autre, lesté d'un lot de journaux Moldus se pose avec peine devant elle, parmi les plats et pots divers. J'allonge le bras et je libère l'animal de sa charge, tandis qu'Hermione lui donne une belle tranche de bacon pour le remercier de son service.
Partout autour de nous, des élèves déploient leur journal. Et l'atmosphère dans la Grande Salle s'allège d'un cran, dès que la Une est survolée…
« C'est comme ça depuis le début de la semaine… » répond Ginny, au sourcil que j'ai haussé vers elle.
Ouais. J'imagine que ça doit être dur, d'attendre les nouvelles chaque matin et je comprends que les souffles se relâchent, quand elles sont rassurantes. Ou tout au moins, quand on n'annonce pas une attaque quelque part…
« Ron, Justin demande si tu peux faire parvenir ça au plus vite à Tonton Sev. C'est de la part de son paternel… » me glisse Seamus, en déposant quelque chose sur ma jambe, à l'abri de tous les regards.
Un coup d'œil rapide m'apprend que c'est une enveloppe Moldue. Je la prends et la fourre dans la manche de ma robe, prenant garde qu'elle ne puisse tomber, en la coinçant sous le fourreau de ma Baguette.
Ça concerne Miho, c'est sûr, autrement, le père de Justin n'aurait aucune raison d'écrire à Tonton… La question maintenant, c'est de savoir quand je vais pouvoir lui donner ça. Merde, pourquoi Justin ne remet-il pas son courrier lui-même ? Il aurait pu aller faire un saut à la Volière pour charger un Hibou de l'école de lui livrer. Ou le glisser dans son prochain devoir ou encore demander à un copain qui a classe aujourd'hui avec Tonton, de le faire pour lui…
Ah, non, c'est vrai que Tonton Sev ne corrige plus ses devoirs lui-même. C'est Salazar Serpentard qui le fait, grâce à un système que Tonton a mis au point. Un mot de passe et hop, un mécanisme ouvre les parchemins et une plume enchantée biffe les mauvaises réponses ou écrit les commentaires dictés par le Fantôme …
Je soupçonne Georges et Fred de l'avoir aidé sur ce coup là…
Bref… Je me demande quelle gueule feraient les Ânes Bâtés, s'ils savaient que c'est le Fondateur de leur maison qui corrige leurs devoirs et les agrémente de mauvaises notes, accompagnées accessoirement de commentaires acides…
Bon d'accord. Certains doivent obtenir de bonnes notes quand même, c'est vrai. Mais ce n'est certainement pas le cas de la plupart d'entre eux…
« Papa demande que je passe à son bureau, avant de partir pour Priest Hole… » m'informe Harry, après avoir lu le parchemin qu'Hedwige vient de lui apporter…
« Ah ! Ben ça tombe bien. J'ai quelque chose pour lui… » réponds-je, tandis que Harry glisse la note qu'il a reçue dans sa poche…
Harry lève un sourcil dans ma direction, une interrogation dans le regard, mais Jérémy attire instamment son attention et mon petit ami n'attend pas ma réponse, avant de se tourner vers lui…
Je laisse passer quelques minutes, puis voyant Tonton se lever et sortir de la Grande Salle après avoir confié son chien aux bons soins de Greg et Vincent, je fais remarquer à Harry que l'heure tourne et qu'il est temps d'y aller nous aussi. Bien sûr, Jérémy est déçu, que nous partions déjà, mais la promesse d'un déjeuner demain dans les appartements d'Hermione lui rend le sourire.
« Que se passe-t-il ? » demande Harry, en entrant dans le bureau de Tonton…
« Rien, rassure-toi. Juste quelques idées que j'ai couchées sur parchemin et que je vous saurais gré de bien vouloir remettre à Georges et Fred quand vous les verrez cet après-midi… » sourit Tonton, en tendant un rouleau de parchemin à Harry…
« Ben décidemment, on dirait bien que c'est le jour où nous allons jouer les Hiboux, Harry et moi. Tiens, de la part du père de Justin… » déclare-je, en sortant l'enveloppe de ma manche, pour la remettre à Tonton.
Il déchire rapidement l'enveloppe, en sort une lettre qu'il lit aussitôt en fronçant les sourcils…
« Qu'est-ce que ça dit ? » demande Harry, avec une curiosité non dissimulée…
« L'Inspecteur Finch-Fletchley a enfin reçu une réponse des autorités japonaises. Aucune Miho Kido n'a été déclarée dans leur pays et aucun Kido n'a épousé une citoyenne anglaise se prénommant Ariane non plus… » répond Tonton, qui relève la tête de sa lettre, pour fixer un point que lui seul voit…
« Le mystère qui entoure Miho s'épaissit donc encore… » déclare Harry, sourcils froncés…
« Pas nécessairement. Je dirais plutôt que le mystère n'est pas encore dévoilé. En fait, je déduis de tout cela, que le père de Miho devait être sorcier. Je vais donc demander à Albus s'il a une connaissance là-bas, qui pourrait aller se renseigner au Ministère de la Magie Japonais. Sinon, Arthur pourra se mettre en rapport avec son homologue… » répond Tonton, qui a quand même l'air contrarié…
Je le comprends. Le Japon, ce n'est pas la porte à côté. L'emploi du temps de Papa ainsi que celui du professeur Dumbledore, ne permettra ni à l'un, ni à l'autre, de faire rapidement le déplacement là-bas, même avec l'aide de Fumseck. Et un Hibou va mettre au moins deux mois pour aller jusqu'au Japon et autant pour en revenir…
Autant dire que Tonton n'est pas près d'en savoir davantage sur Miho et sa famille…
Ouais. Pas près d'être dévoilé, le Mystère Miho…
OoOoOoO
Acte 2 : Le Rendez-Vous De Lucius
Harry
Mondingus est heureux de nous voir arriver. Pas de doute, il piaffait d'impatience, le pauvre. Mais c'est vrai que notre détour par le bureau de Papa nous a mis en retard d'un bon quart d'heure, Ron et moi…
Nous avions promis hier soir, que nous viendrions le remplacer ce matin, afin qu'il puisse aller chercher ses effets personnels et les amener au Terrier. Hermione n'était pas très satisfaite à cette idée, car cela signifie qu'elle doit assumer à elle seule une partie du travail que nous devions faire tous les trois ce matin. Mais Ron lui a appris qu'il s'agissait là d'une importante affaire de cœur et ça l'a amadouée considérablement..
Elle a toujours été attendrie par les histoires d'amour. Et depuis que la sienne a été brisée, elle l'est davantage encore…
Ceci dit, j'espère que nous n'aurons pas à assister encore une fois à des ébats sexuels des uns ou des autres, au travers des Ecrans ou des Micros….
« Lucius a décidé qu'il était guéri ce matin et il est parti prendre une douche dans sa salle de bains privée… » nous apprend Dedalus, tandis que nous prenons place à ses côtés….
Il ne se passe rien de passionnant sur les écrans, alors je jette un coup d'œil sur le registre où sont consignées les notes de chaque tour de garde. Rien d'intéressant non plus dedans…
Cela m'étonne un peu. Je m'attendais à ce qu'il y ait quelque chose, à propos des Parkinson ou de Dolohov. Après tout, ce dernier n'était pas content du tout quand Voldemort lui a « proposé » d'épouser Pansy Parkinson. Il a bien compris qu'il s'agissait davantage d'un ordre que d'une proposition bien sûr et autant dire qu'il n'a pas eu le choix de refuser. Mais il a bruyamment manifesté son mécontentement de devoir épouser « une gamine à demi folle », dès son retour dans sa chambre…
Quant au Pékinois, elle n'était pas très joyeuse non plus, de devoir se marier à un « vieux grigou très laid » selon sa propre expression. Elle s'est gardée cependant de récriminer devant son Seigneur et Maître. En revanche, dès qu'elle a été seule avec son père, cela a été une autre chanson. Jusqu'à ce que son père la somme de se la fermer, lui rappelant par la même occasion, que Dolohov a le même âge que lui et qu'il n'est donc pas si vieux. A peine cinquante-sept ans. Et donc encore jeune et fringant selon les critères Sorciers…
Parkinson père est le seul satisfait du trio. Dolohov représente un excellent parti et sa fille à la chance d'épouser un homme de son rang, a-t-il dit, même s'il aurait bien évidemment, préféré que Lucius Malfoy soit l'élu, maintenant que sa jeune épouse s'est fait la malle à son tour…
Me demande ce que Lucius penserait de ça…
Et surtout ce qu'il ferait, s'il venait à apprendre que Ievguenia est enceinte. Remuerait-il ciel et terre pour la retrouver et l'emprisonner jusqu'à ce qu'elle accouche ?
Il en serait bien capable…
Ah ! Le voilà qui sort de sa chambre, Lucius. Frais comme un Boulu (1). D'avoir retrouvé les bonnes grâces de son Maître l'a totalement remis sur pied dirait-on…
…
« Viens me prévenir dès que Bulstrode arrive… » jette-t-il en passant à Amycus Carrow, qui a charge aujourd'hui, d'accueillir les arrivants au Manoir…
Amycus s'incline avec déférence, avant de reprendre place sur la chaise qu'il occupe auprès de la porte d'entrée et Lucius poursuit son chemin jusqu'au bureau de son Maître. Il frappe à la porte et entre, sous l'œil indifférent du planton, qui lui est obligé de rester debout, dans l'attente des ordres que pourrait lui donner son Maître.
Voldemort relève à peine son nez du journal qu'il épluche attentivement, depuis que nous sommes arrivés, quand Lucius pénètre dans le bureau.…
Il n'y a pourtant pas grande nouvelle dans la Gazette aujourd'hui…
Lucius prend place sur le sofa, avec un livre. Mais il ne lit pas. Il reste immobile, l'air de réfléchir, soupirant de temps à autre…
« Qu'est-ce qui te préoccupe tellement, que tes soupirs dérangent sans cesse ma lecture ? » demande soudainement Voldemort, les lèvres pincées…
Il est agacé, de toute évidence…
« Le manque de nouvelles de mon contact d'Europe du Nord, Monseigneur. Le jour du Conseil des Ministres doit approcher et son silence prolongé me surprend. Ce n'est pas dans ses habitudes de me laisser aussi longtemps sans nouvelles. Et quand ordinairement cela m'indiffère, cette fois, cela m'inquiète. Il ne faudrait pas que cette gourde nous fasse rater une occasion de faire tomber les têtes d'Europe. Je me demandais s'il ne serait pas sage, de me rendre auprès d'elle, bien que cette perspective ne m'enchante guère… » répond Lucius, en se levant pour se rendre auprès de la porte fenêtre…
Il laisse son regard errer dans le parc enneigé, sur un nouveau soupir…
Tout comme lui, Voldemort reste silencieux. Il plisse les yeux sur la réflexion…
« Laissons passer encore un jour. Si tu n'as pas de nouvelles d'ici là, tu partiras Dimanche à la première heure… » décide-t-il, avant de replonger son nez dans son journal…
Et Lucius soupire une nouvelle fois…
« Cesse donc de soupirer ainsi, Lucius ! » s'exclame alors Voldemort, assez durement…
« Pardonnez-moi, Monseigneur. Mais la pensée de vous quitter durant quelques jours m'insupporte. Je ne voudrais pas non plus manquer l'opportunité de me battre à vos côtés, si vous décidiez d'une attaque dans les prochains jours… » répond Lucius, en venant s'agenouiller auprès de Voldemort…
Sa réponse ravit le Ténébreux, à n'en pas douter. Et il émet un petit rire sans joie…
« N'aie crainte, Lucius, je n'ai pas de projet imminent. Il ne devrait pas y avoir d'attaque d'envergure, avant le retour avec des recrues fraîches, de Rabastan et Antonin. En revanche, si tu vas en Europe du Nord, il serait de bon ton que tu actives mes Partisans et que tu les enjoignes à répandre enfin la terreur qu'ils promettent de faire régner en mon nom, en Scandinavie. Stockholm ou Oslo seraient des cibles judicieuses… » déclare Voldemort, en glissant ses doigts sous le menton de Lucius, pour l'inciter à relever les yeux vers lui, tandis que je frissonne…
Nous avons bien fait de bousculer nos emplois du temps afin d'aider Orian et ses amis et j'espère de tout cœur, que l'entrainement que nous leur avons dispensé leur permettra de survivre à l'attaque qui se profile chez eux…
Par ailleurs, je m'interroge. D'après ce que viens de dire Voldemort, il semble fort probable, que l'espionne malgré elle de Lucius soit Scandinave, n'est-ce pas ? Voilà qui rétrécirait le champ des possibilités et faciliterait nos recherches…
« Votre désir sera comblé, Monseigneur… » répond Lucius, le regard allumé d'une flamme cruellement joyeuse
« Oui, ce désir là tout au moins. Il en est d'autres cependant, qui devront attendre ton retour pour être satisfaits. Aussi, ne reste pas trop longtemps absent, Lucius. J'ai déjà été bien trop frustré en ce début de semaine… » déclare Voldemort, sa mâchoire se crispant soudainement de contrariété
« J'en suis profondément désolé, Maître et je vous promets de faire diligence. En attendant, vous plairait-il que j'aille chercher Arcturus ? Après tout, c'est son devoir de satisfaire vos besoins en mon absence… » propose Lucius, en haussant un sourcil vers son Maître
« Oui, tu as raison, Lucius. Les obsèques de son frère ont eu lieu maintenant, il est temps qu'il vienne lui-même se distraire agréablement de cette perte cruelle. Tu iras après ton rendez-vous avec Hadar et nous lui ferons démonstration de notre affection. » répond Voldemort, tandis que j'échange un rapide coup d'œil avec Ron…
Affection, mon cul ! Comme s'il était capable d'en éprouver !
« Avec plaisir, Maître… » acquiesce Lucius, avant de se pencher pour quémander un baiser…
Je grimace de dégoût. Fort heureusement, Bulstrode arrive déjà et nous serons dispensés d'une scène de sexe à la va vite entre les deux affreux…
C'est la première fois que je vois Bulstrode et je suis surpris de ne lui trouver aucune ressemblance avec Milli. Il est chétif, brun avec une petite barbiche et d'une pâleur maladive…
Je comprends que Lucius le tienne à l'écart des combats. Un souffle de vent le renverserait…
Amycus Carrow l'invite à se rendre dans un petit salon, avant de venir prévenir Lucius de son arrivée. Hadar s'installe, ôtant son épaisse cape d'hiver qu'il jette négligemment sur une chaise, puis il ouvre une serviette dont il sort des liasses de parchemin, qu'il étale sur la table de salon.
« Hadar ! Mon vieil ami ! Tu as l'air en pleine santé ! » s'exclame Lucius, en entrant à son tour
Bulstrode l'accueille en s'inclinant avec déférence, avant de s'asseoir à son invitation…
Lucius fait venir du thé et Bulstrode le sert, faisant Léviter la tasse destinée à son vis-à-vis, dans un geste tremblotant de sa Baguette.
Ainsi, il n'est pas seulement chétif et malingre, le père de Milli. Il est également peu puissant, pour être si peu assuré dans la réalisation d'un Sortilège aussi basique que celui-ci…
« As-tu reçu mes ordres ? » demande Lucius, avant de tremper ses lèvres dans son breuvage…
« Oui, mon cher ami. Je les ai répandus aussitôt et à 10 000 Gallions la tête, vous pouvez être assuré que beaucoup vont se mobiliser. Que ce soit l'épouse ou la fille, le père ou les fils, les Weasley ont bien du souci à se faire, où qu'ils soient… » répond Bulstrode, avec un sourire en coin…
Ainsi était-ce l'objet du courrier rédigé hier en fin de matinée par Lucius et qu'il a fait porter par le planton, me dis-je, en jetant un coup d'œil vers Ron.
Un contrat est lancé sur sa tête, comme sur celle de ses parents, ses frères et Ginny. Il ne bronche cependant pas. Et même si son cœur bat la chamade, rien dans son expression ne trahit ce qu'il peut penser…
Et une bouffée d'amour me submerge, devant le courage dont il fait preuve encore une fois…
« Bien. J'ai grand hâte que cette épine nous soit ôtée du pied à notre Seigneur et moi-même. Ce n'est cependant pas pour m'entretenir de cela avec toi, que je t'ai imposé le déplacement jusqu'ici, Hadar. Dis-moi donc où en sont mes finances ? » demande Lucius, en envoyant sa tasse de thé vide sur le plateau, d'un geste de la main…
Le même qu'il effectuerait pour chasser une mouche importune…
« Eh bien, j'ai déjà déduit les primes promises pour les têtes des Weasley, il va sans dire, ainsi que les pots de vins que vous versez encore à quelques-uns de vos contacts du Ministère. Hélas peu nombreux à ce jour. En revanche, les dépenses pour l'entretien des troupes du Seigneur des Ténèbres ont considérablement augmenté, ce qui grève votre budget avec ampleur, mon cher ami. Par ailleurs, les affaires dans lesquelles vous avez dernièrement investi, ne rapportent pas autant que nous étions en droit de l'espérer. Je crains qu'il ne faille attendre encore quelques mois, avant de toucher de substantiels bénéfices de ces placements. Autant dire qu'à ce jour, malgré les fonds apportés par les partisans du continent, vos finances sont au plus bas. Il ne reste guère que 1 153 621 Gallions et quelques Mornilles sur vos comptes, dont 1 000 000 indisponibles dans l'immédiat, sous peine de voir vos espérances de bénéfice s'envoler définitivement. Ce qui constituerait une perte sèche de 125 000 Gallions à ce jour, de 180 000 dans deux mois et 335 000 Gallions dans trois mois etc… » explique Bulstrode, ses petits yeux chafouins courant sur les divers parchemins étalés devant lui, avant de les donner successivement à Lucius…
Ce dernier les examine attentivement et grimace désagréablement. Il est éminemment contrarié, par ce qu'il découvre…
« C'est très fâcheux. Car de nouvelles recrues devraient arriver sous peu. Diables de Gobelins qui ont gelé mes avoirs et ne me laissent plus accès à mon coffre ! » s'exclame-t-il, en pianotant avec nervosité sur son accoudoir…
« Et vous pouvez encore vous estimer heureux de disposer de ces fonds, mon cher ami. D'autres sont bien plus malmenés et sont actuellement sans une noise vaillante devant eux… » glisse Bulstrode, avec un sourire en coin…
« Oui, je sais. Rabastan, Bellatrix et tant d'autres sont ruinés. Pour l'heure. Car il viendra un jour prochain où nos fortunes nous seront de nouveau accessibles. Qu'en est-il pour toi ? » répond Lucius, en prenant un air dégagé…
« Vous savez bien que je n'ai jamais fait confiance aux Gobelins. Mes finances sont donc au très beau fixe, merci bien. Même si je ne puis en disposer à ma guise, certains de mes placements nécessitant quelques années pour fructifier à bénéfices conséquents… » déclare Bulstrode, le sourire totalement épanoui, cette fois…
Et il me fait soudainement penser au chat du Cheshire
« Fort bien… Fort, fort bien… Si cela s'avère nécessaire, tu vas donc pouvoir m'avancer quelques fonds sur gage de ma fortune bloquée par les Gobelins. A moins qu'il ne te plaise de me racheter l'une de mes nombreuses propriétés, dont les Titres sont disponibles, puisque je ne les ai pas déposés comme les autres, dans mon coffre de Gringotts. Il s'agit entre autres, de ma propriété du Comté de Kent qui, si je ne m'abuse te plait agréablement … » commente Lucius, avec le même sourire et d'un ton à peine séducteur…
« Auriez-vous donc projet d'une dépense conséquente, que ne vous permettent actuellement pas vos finances ? » demande en retour Hadar Bulstrode, adoptant un air surpris.
Lucius tique avec discrétion. Il aurait nettement préféré que Bulstrode réponde à son invitation d'acheter sa propriété, sans plus de question…
« Peut-être. Mais réponds plutôt à ma question, Hadar… » répond-il, avec une froideur dissuasive…
Bulstrode incline la tête, comme pour s'excuser de sa curiosité, avant d'accéder à la demande de Lucius…
« Certes, votre propriété du Kent me plaisait fort, j'en conviens, à l'époque où j'avais projet d'en acquérir une, pour l'offrir en dot à Millicent. Mais ma fille ayant fait le choix de se ranger aux côtés de votre fils renégat, je n'en ai plus utilité… » déclare-t-il, au visible mécontentement de Lucius…
« Ne me fais pas insulte, en me rappelant la honteuse trahison de Draco ! » assène-t-il, mâchoires crispées et redressant le dos avec raideur…
« Nulle n'était là mon intention, Lucius. Votre infortune est tout autant la mienne. Ma fille n'est-elle pas elle-même une traitresse ? Elle est perdue pour moi ! Morte !… » se défend avec véhémence Bulstrode, le regard assombri…
« Oui… Oui, bien sûr… » temporise Lucius, radouci, en s'adossant de nouveau à son fauteuil…
Et il se garde bien d'ajouter quoi que ce soit. Sans doute vient-il de se souvenir qu'il a autrefois posé un Bracelet d'Esclave au bras de Millicent, la liant à Draco d'une fidélité indéfectible et qu'elle ne pouvait faire autre choix que de le suivre…
Du moins, aussi longtemps qu'elle portait le Bracelet. Maintenant, Milli a fait son choix en pleine possession de ses moyens et en pleine conscience. Mais ça, il ne le sait sans doute pas….
Sur l'écran, Lucius et Bulstrode restent quelques instants silencieux. Le père de Milli semble affecté, attristé même. Il éprouvait donc de l'affection pour sa fille, me dis-je et il souffre à la pensée qu'elle ait choisi le camp adverse. J'en suis convaincu…
Et je me fais la réflexion que Papa avait raison. Lucius a posé le Bracelet sans son accord…
Qu'en penserait-il, s'il venait à l'apprendre ? Peut-être pourrions-nous exploiter cela ?
Mais aussitôt cette pensée a-t-elle traversé mon esprit, que je me dégoûte moi-même… Je ne vaux pas mieux que Voldemort et Lucius, lorsque je songe à exploiter la faiblesse d'un homme. Car c'est ce que je ferais, si j'utilisais l'affection de Bulstrode pour sa fille, pour le retourner contre Lucius, n'est-ce pas ?
Il faudra que j'en parle à Maman et Papa…
Avec Ron également. Car nul doute, au coup d'œil interrogateur qu'il vient de me jeter, il a senti mes émotions…
« Ne parlons plus de nos enfants. C'est un mal inutile et qui ne les ramènera pas à la raison. Parlez-moi plutôt de cette affaire qui vous préoccupe et pour laquelle vous m'avez convoqué, Lucius… » intervient soudainement Bulstrode, d'un ton un peu forcé
Ouais… Il a mal, lorsqu'il pense à sa fille…
Lucius ne répond pas tout de suite. De toute évidence son entretien avec Bulstrode ne se déroule pas selon ses désirs et il jauge son vis-à-vis avec une prudente réserve. Comme s'il s'agissait d'un redoutable adversaire…
Et sans doute l'est-il, dans le domaine des affaires, me dis-je, en examinant le père de Milli. Certes, il est malingre et maladif. Mais ses petits yeux brillent parfois d'une intelligence vive et il doit être rusé comme un renard, si Lucius lui confie la tâche de mener ses affaires en sous-main…
« La présence bruyante de nos troupes, trouble la tranquillité de notre Maître, Hadar. Je souhaite donc lui offrir un domaine digne de sa personne. Une propriété que tu achèteras en grand secret, en mes lieux et places... » révèle finalement Lucius, son regard toujours fixé sur Hadar Bulstrode…
Le visage de ce dernier se lisse et s'éclaire. Terminées, ses préoccupations concernant Millicent. L'homme d'affaire refait surface avec gaillardise… Et rouerie. C'est indéniable…
« Un achat fort coûteux et qui nécessitera des fonds conséquents dont vous ne disposez pas, effectivement… Cependant, au regard de notre longue et fructueuse alliance en affaires, je suis tout disposé à vous avancer la somme nécessaire, contre une garantie raisonnable, mon cher ami… » répond-il, d'un ton affable…
« Quel gage te plairait-il ? » demande Lucius, du même ton…
Je suis sûr pourtant qu'il sauterait avec plaisir sur Bulstrode pour l'étrangler…
« L'armure qui orne vos appartements privés de sa glorieuse présence… » répond Hadar avec douceur, un sourire engageant aux lèvres, tandis que Lucius plisse à peine les yeux…
« Il s'agit là d'un héritage familial symbolique, que je ne puis te céder, très cher. J'escomptais que tu effectues un choix parmi mes propriétés et que tu fixes un intérêt raisonnable sur la somme globale de l'affaire… » déclare-t-il, avec un dégagement feint…
« Il ne s'agit pas de me céder l'armure, mon cher ami. Guère n'est mon intention de vous délester du symbole incarnant la grandeur de votre famille et peu importe le temps que prendra le remboursement de votre dette à mon égard, elle sera toujours vôtre. Alors plutôt qu'une garantie, disons qu'il s'agirait de la confier à mes soins, de la préserver d'une saisie dont ne se priveraient pas nos ennemis, s'ils parvenaient à percer les défenses du Manoir Malfoy. Bien entendu, je pense fort peu probable qu'ils y parviennent. Mais si vous deviez déserter en toute hâte les lieux, au moins seriez-vous assuré que cette armure ne tombe pas en des mains qui la souilleraient… » insiste Bulstrode, qui joue à merveille le rôle de l'ami servile et désireux de protéger les intérêts de Lucius…
Qu'il ne trompe guère cependant. Il n'y a qu'à voir la façon dont il darde Bulstrode de son regard noir pour en être assuré…
« Tu n'effectueras pas d'autre choix, n'est-ce pas ? » siffle-t-il entre ses dents, sans cacher le moins du monde sa colère…
« Hélas, je ne puis, Lucius. Vos propriétés sont sous scellé, mis à part celle du comté de Kent et deux ou trois autres, dont la vente ne vous permettrait certainement pas d'acquérir un Domaine digne du Seigneur des Ténèbres. Et à part ces propriétés là, vous ne disposez plus d'autre bien que le Manoir Malfoy actuellement, pour la bonne raison que vous l'occupez, je vous le rappelle, en toute illégalité, étant donné votre statut d'évadé et d'ennemi de la Communauté Sorcière. Croyez bien que j'en suis navré, mon cher ami et que je me démène pour restaurer des finances convenables pour un homme de votre rang. Mais cela implique que je paye des prête-noms, que je fasse affaire avec des étrangers et par conséquent que j'effectue des déplacements onéreux, dont je ne vous demande pourtant pas de vous acquitter, par pure amitié. Et je vous l'assure, Lucius, je n'ai nulle intention de m'emparer d'un bien auquel je vous sais fort attaché et c'est avec joie que je vous rendrais l'armure au jour de gloire de notre Maître. Car ce jour vous verra rentrer en possession de votre fortune et je sais que non seulement vous me rembourserez chaque noise que je vous aurais avancée, mais que vous me ferez également la grâce d'une généreuse récompense en sus, pour les services que je vous aurais rendus en ces temps difficiles… » répond Hadar Bulstrode, une expression de sincère conviction animant ses traits…
« Puisque tu es si sûr que je te rembourse un jour prochain et que je te ferais don d'un substantiel intérêt pour te remercier de ta généreuse confiance, pourquoi exiger une telle garantie ? » demande Lucius, en haussant un sourcil vers Bulstrode, l'air quelque peu radouci…
Je suis sûr qu'il se maîtrise à grands peines et qu'il arracherait les yeux de Bulstrode s'il pouvait se le permettre…
« La tradition des affaires, mon ami. N'en feriez-vous pas autant, si les rôles étaient inversés ? » répond du tac au tac son vis-à-vis…
« La tradition… Oui, bien entendu, tout comme toi j'y suis attaché. Mais si les rôles étaient inversés, j'aurais placé ce gage sur la propriété dont tu souhaitais te rendre acquéreur… » réplique Lucius, avec raideur…
« Ce que j'aurais fait, si vous n'aviez pour projet d'offrir ce bien à notre Maître, Lucius. Souffririez-vous qu'une créance pèse sur le domaine dont vous allez lui faire présent, quand bien même cette créance serait symbolique et ne serait jamais réclamée ? » rétorque Bulstrode, en haussant un sourcil interrogatif…
Lucius crispe les mâchoires. Il s'est pris au piège lui-même, en ne mesurant pas suffisamment ses paroles et il doit amèrement le regretter…
A moins qu'il ait à tort escompté, en révélant désirer faire cadeau à Voldemort, de la propriété dont il veut se rendre acquéreur, que Bulstrode lui offre de la payer, sans demander d'autre contrepartie que la reconnaissance de son Maître…
Il y aurait eu de quoi se sentir très important à ses yeux…
Ouais… Je pense que c'est là-dessus, que Lucius comptait. Et c'est là qu'a résidé son erreur…
Bulstrode n'est pas lié à Voldemort par la marque. Il est plus cupide qu'attaché à une place de choix auprès de lui…
« Non, bien évidemment. Je me vois donc contraint de céder, n'est-ce pas ? Mais qu'il soit entendu, Hadar, que j'exige un Serment en retour et un contrat stipulant clairement que l'armure est et restera ma propriété et celle de mes héritiers, quoiqu'il arrive. J'exige également qu'elle me soit restituée, dès le premier versement du remboursement de ma dette, dont nous fixerons les échéances au jour de l'achat de la propriété ! » déclare Lucius, le regard mauvais…
« Votre demande est parfaitement légitime, mon cher ami et j'y agréée avec grâce et plaisir, naturellement. Je vais dès ce jour engager des recherches d'une propriété convenable et je promets par ailleurs, que j'en obtiendrais un prix très avantageux pour vous. Avez-vous des exigences concernant la région ? » répond Bulstrode, qui a le bon goût de ne pas manifester sa satisfaction…
Je suis sûr au fond de moi, qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour rester en possession de la fameuse armure…
Et je me promets d'interroger Draco à son propos…
Serait-ce la fameuse armure d'or de Brian Boru ?
Une question qui me taraude l'esprit, depuis la réaction de Lucius, lorsqu'Hadar Bulstrode l'a réclamée en gage…
« Peu importe la région, du moment que cette propriété soit isolée des milieux Moldus. Je te saurais gré également de ne pas me faire l'insulte de me proposer un domaine qui n'aurait pas été nettoyé de fond en comble des souillures de leur indésirable présence. J'exige que cette propriété soit typiquement Sorcière… » assène Lucius, d'un ton méprisant…
« Cela va sans dire, Lucius. » répond Bulstrode, avant de demander s'il peut faire autre chose pour plaire à Lucius ou à son Maître.
En réponse, il est congédié, avec un peu de brusquerie et il ne demande pas son reste, rassemblant ses parchemins à la hâte, tandis que Lucius le toise de son regard froid…
Il est furieux, Lucius. Et il a de toute évidence besoin d'un peu de solitude pour digérer cette affaire et faire passer les aigreurs d'estomac qu'elle lui cause…
OoOoOoO
Acte 3 : Adolphine
Ron
« Allez-y, les jeunes. Mondingus ne va certainement pas tarder à revenir, maintenant… » déclare avec fermeté Dedalus, dès que Bulstrode a quitté le salon, laissant Lucius seul avec sa contrariété…
« Aller où ? » demande-je, surpris…
« Prévenir ta famille que le contrat sur vos têtes est lancé, pardi ! » s'exclame Dedalus, avec un rien d'impatience…
Il me regarde également comme si j'étais un idiot…
« Vous savez, Dedalus, nous n'avons pas attendu que le contrat soit lancé pour faire preuve de prudence dans nos déplacements. Alors qu'il le soit ne change rien à l'affaire pour nous… » réponds-je, avec calme, malgré mes mains moites et la chamade qui bat dans ma poitrine…
Ça ne me laisse pas si indifférent que ça, cette histoire de contrat. Pas à cause des risques supplémentaires que je cours, mais parce que ça me renvoie à autre chose. Quelque chose qui est tapi dans mon cœur depuis plusieurs mois maintenant…
Et qu'il me faudra régler définitivement, un jour ou l'autre…
« Si, ça change quelque chose ! Maintenant, même la racaille qui n'est pas encore marquée va être après vous. Et il y en a qui vont essayer de vous tendre des pièges. Votre tante Muriel, par exemple, on pourrait l'enlever, pour vous attirer dans un traquenard. La petite vendeuse de la boutique des jumeaux aussi. Toutes les personnes que vous fréquentez et vos amis sont en danger autant que vous. La moindre des choses c'est de les prévenir d'être sur leurs gardes ! » assène Dedalus, en me dardant d'un œil sévère…
« Elles le sont déjà. Mes frangins ont bardé la maison de Verity de Protections et ils l'accompagnent dans tous ses déplacements. Tante Muriel sait également à quoi s'en tenir. Papa lui a proposé de venir vivre au Terrier, mais elle ne veut pour rien au monde, quitter sa maison. Alors Papa a veillé à ce qu'elle ait le temps de s'enfuir si on l'attaque. Tous nos cousins, même les plus éloignés, ont été informés de notre position dans la guerre et celles et ceux qui ne font pas eux-mêmes plus ou moins partie de l'Ordre du Phénix, ont déménagé incognito depuis l'été dernier déjà… Que croyez-vous, Dedalus ? Papa et Maman ont déjà réfléchi à tout ça depuis bien longtemps. Et toutes les dispositions ont été prises par Papa pour protéger nos proches. Et même nos éloignés. Et bien avant que cette histoire de contrat soit d'actualité… » réponds-je, avec un sourire à peine forcé…
Je me souviens parfaitement bien de la gifle retentissante que je me suis prise par mon arrière-petite-cousine Adolphine, quand je suis allée lui dire, à la demande de Maman, qu'elle devait quitter sa maison familiale et devait préparer ses bagages, car Papa l'emmènerait le soir même se mettre à l'abri chez une autre vieille cousine, dans un village de l'île de Jersey…
Dame, la pauvre vieille n'avait aucun désir de quitter tous ses souvenirs et elle était furieuse que je débarque en oiseau de mauvais augure, selon son expression. Après la gifle, elle m'a insulté de tous les noms d'oiseau qu'elle connaissait et m'a fichu à la porte à coups de balai sur la tête…
Ou tout au moins en essayant de me ficher des coups de balais car j'ai bien évidemment pris mes jambes à mon cou, avant qu'elle ait eu le temps de soulever son arme dérisoire…
C'était l'été dernier. Juste avant que nous quittions le Terrier, pour prendre quartiers au QG...
La cousine Adolphine vivait de l'autre côté de la Colline de Tête-A-Fouine et j'y suis allé en flânant sous le soleil d'été, pestant de devoir gâcher cette belle matinée en allant chez cette vieille bique qui n'avait jamais été fichue de retenir mon prénom. Le soir même, quand Papa est allé la chercher, elle était morte dans son fauteuil, sans avoir fait ses bagages…
Elle avait préféré s'éteindre chez elle comme une chandelle usée, durant sa sieste, plutôt que d'abandonner sa maison…
Et j'en ai conçu une indicible tristesse…
Dans le fond, je me sentais responsable de sa mort. J'en avais été le messager…
L'oiseau de mauvais augure, comme elle m'avait appelé…
« Faut quand même les prévenir que c'est fait, Ronald et qu'il faut redoubler de prudence… » insiste Dedalus, en me pressant l'épaule…
Il a senti ma peine du souvenir de la vieille Adolphine, je crois…
Mais peut-il comprendre que je n'ai pas envie d'être de nouveau un oiseau de mauvais augure ?
Non, comment le pourrait-il, puisqu'il ne connait pas l'histoire…
« Je vais prévenir Arthur par Bipper. Il fera passer le mot à tout le monde, Dedalus… » intervient alors Harry, à mon soulagement…
C'est une excellente idée. Cela m'épargnera la peine d'aller chez les vieilles cousines ou les cousins plus que centenaires. Du moins, je l'espère. Après tout, Papa est fichu de me demander de lui rendre ce service, s'il est trop occupé lui-même. Or, il est toujours trop occupé…
Harry rédige le message et je reste focalisé sur les écrans où il n'y a pourtant rien à voir, l'esprit empli par la vieille cousine Adolphine. Elle n'a jamais retenu mon prénom. Pourtant, elle m'a laissé un souvenir d'elle. Impérissable et cher à son cœur comme au mien maintenant…
Elle a tenu, dans son testament, à ce que j'hérite de la vieille montre à gousset de son père.
« Au petit dernier d'Arthur, dont je ne me souviens jamais du prénom impossible dont il a été affublé, je lègue la montre de mon père, parce qu'il a une bonne tête de Weasley et ressemble trait pour trait pour le physique et le caractère, à mon petit frère trop jeune décédé… » a-t-elle écrit, m'a rapporté Papa…
Je m'en suis trouvé plus culpabilisé encore…
Et depuis, la montre ne me quitte jamais.
« Ron, ton père a répondu au message. Qu'est-ce que cela signifie ? » déclare soudainement Harry, en mettant le bipper sous mes yeux…
Merci de dire à Ron qu'il n'y aura pas d'autre Adolphine. Je me charge de tout. Arthur…
Brave Papa. Je n'aurais pas dû douter de lui. Bien sûr je pouvais compter sur lui pour comprendre ce que j'ai ressenti l'été dernier et que cela m'affecte encore aujourd'hui. Comment ai-je pu craindre une seule seconde qu'il m'enverrait voir les vieilles cousines ? Ou les vieux cousins. Même les jeunes, il ne m'enverra pas leur apporter de mauvaises nouvelles dorénavant …
Après tout, c'est Papa…
« Je t'expliquerai plus tard… » souris-je, au regard empli d'incompréhension interrogative de Harry…
Je n'ai pas envie de parler de cela devant Dedalus. C'est trop intime pour moi.
Harry me fait signe qu'il comprend et qu'il attendra pour avoir ses explications. Et je peux m'attendre à ce qu'il les demande dès que nous serons seuls et assurés d'être tranquilles pour parler de tout cela.
Ce soir, donc, quand notre journée sera finie…
OoOoOoO
Acte 4 : Les Basses Tracasseries De Lucius
Harry
Je me demande ce qui affecte Ron ainsi et ce que signifie le message de son père. Mais je le connais assez pour savoir qu'il est inutile d'insister sur le sujet maintenant. Je lui poserai la question ce soir, quand nous serons revenus dans notre petit nid douillet…
« Ah ! On dirait que Lucius a digéré le coup de l'armure… » fait soudainement remarquer Dedalus…
« Ah ! Ça me fait penser qu'il faut aussi prévenir Bill d'activer ses recherches concernant la propriété… » intervient Ron, en prenant le Bipper en main.
Il compose son message, tandis que je suis Lucius des yeux. Il repart vers son Maître, à grandes enjambées…
« Bonnes nouvelles d'Hadar, Lucius ? » demande le Ténébreux, à son entrée dans le bureau
« Mitigées, Monseigneur. La meilleure nouvelle, est que le contrat sur la tête des Weasley est effectif. Hadar a largement répandu qu'une récompense de 10 000 Gallions sera remise contre la preuve incontestable du décès de chacun d'entre eux. Avec un peu de chance, nous aurons une tête ou deux dès ce week-end… » répond Lucius, tandis que le sourire de Voldemort s'épanouit sur sa face hideuse…
« Excellente nouvelle ! » commente-t-il, en s'adossant au dossier du fauteuil de bureau, l'air éminemment satisfait…
« Effectivement, Monseigneur. Hélas, les autres sont nettement moins bonnes. Mes affaires ne sont pas aussi fructueuses que je l'espérais. L'entretien de vos troupes est très onéreux et nos finances sont au plus bas. Je ne puis disposer d'un million de Gallions que je suis contraint de laisser engagé, pour le faire fructifier. Ce qu'il me reste n'est que miettes. A peine de quoi survivre durant deux ou trois mois… Il devient urgent de trouver de nouveaux donateurs ou à défaut des bailleurs de fonds enclins à attendre votre victoire pour revenir dans leurs frais… » soupire Lucius, en prenant place sur le sofa…
Voldemort fait pivoter son fauteuil vers lui. Les propos de Lucius le contrarient et son sourire s'est éteint pour laisser place à un regard flamboyant d'une lueur prometteuse de grandes souffrances…
« Maudit Gobelins ! Nous leur ferons payer très cher, d'avoir bloqué tes comptes et ceux de nos alliés les plus fortunés ! » peste-t-il en sifflant entre ses dents…
« Je serai votre plus farouche combattant quand viendra ce jour, Monseigneur. Je rêve de torturer chacune de ces créatures jusqu'à ce que mort s'en suive… » renchérit Lucius, le ton et le regard mauvais…
« Je t'en offrirai bientôt l'occasion… En attendant, organise un déjeuner, avec ceux de nos partisans qui disposent encore d'importantes liquidités. Demain me semble opportun. Nous pouvons nous permettre de retarder le départ de Rabastan, Antonin et leurs femelles d'une journée, après tout. Antonin sera flatté que son mariage soit dignement célébré et les bourses se délient plus facilement, lorsque le vin coule à flot… » déclare Voldemort, dont le cerveau est tout tourné vers ses préoccupations pécuniaires…
Il semble avoir totalement oublié le projet de Lucius, d'aller chercher Arcturus Brandburgy, pour lui offrir une petite orgie, juste après son rendez-vous avec Hadar Bulstrode…
« Vous avez raison, Monseigneur et je vais charger Rabastan de régler cette question. Il a toujours été doué pour organiser des festivités et sera sans doute ravi d'offrir à Antonin des souvenirs de noces inoubliables… » s'empresse de répondre Lucius, quelque peu narquois…
Voldemort quant à lui acquiesce, quelque peu machinalement d'un signe de tête, le front soucieux…
« Etant donné la situation, je suppose qu'il nous faudra reporter les projets d'achat d'une nouvelle propriété... » dit-il, comme s'il avait été question, qu'il participe avec ses propres deniers, au financement de toutes les dépenses dont il est à l'origine…
« Ne vous préoccupez pas de cette question, Monseigneur. C'est une affaire réglée ou presque. Hadar ne devrait pas tarder à trouver un domaine qui vous convienne… » répond Lucius, d'un ton mielleux…
« Comment est-ce possible, sans fortune ? » demande Voldemort, visiblement surpris par cette affirmation..
« J'avais raison de penser qu'Hadar disposait des fonds nécessaires pour effectuer cet achat, Monseigneur. » répond Lucius, en se levant avec une tranquillité parfaitement feinte, mais qui ne me trompe pas.
Il est en train d'amener Voldemort sur le terrain qu'il espère. …
Et Voldemort plisse les yeux. Lui non plus ne se laisse pas avoir par la fausse sérénité de Lucius, qui fait mine de choisir un livre sur l'étagère de la bibliothèque …
« Je ne pense pas Hadar suffisamment généreux pour mettre à ta disposition une somme aussi conséquente, sans contrepartie avantageuse. Que lui as-tu donc promis en retour, Lucius ? » demande-t-il, en se levant à son tour avec lenteur
« Je ne lui ai rien promis, Monseigneur. Je lui ai accordé une garantie, suffisamment précieuse à ses yeux. Un gage qui me sera rendu, au premier versement du remboursement de ma dette envers lui… » répond Lucius, qui affiche un air faussement dégagé…
« Soit plus précis, Lucius. » insiste Voldemort, d'un ton qui n'admet pas de faux semblant ni de vague réponse…
Il a saisi le bras de Lucius et le serre avec fermeté…
Et Lucius se laisse glisser à genoux, le visage animé de ferveur…
« Il s'agit de mon bien le plus précieux, Monseigneur. Mais c'est avec joie, que je l'ai engagé pour pouvoir vous offrir un domaine paisible et sûr… » répond-il, avant de saisir la main de Voldemort pour y appuyer ses lèvres…
« L'armure d'or conquise par ton lointain Ancêtre, au prix d'un combat acharné contre Brian Boru, c'est cela, n'est-ce pas ?... Lucius, ton dévouement envers moi me comble. Mais il ne saurait être question que ce vermisseau d'Hadar profite de notre situation financière chancelante, pour s'approprier le symbole de la lutte des Malfoy contre les Sorciers protecteurs des Moldus et de leurs religieux infâmes, qui ont pourchassé notre peuple et l'ont réduit à se dissimuler aux regards, quand ils auraient pu être les Maîtres du monde ! » s'exclame Voldemort, si contrarié, que des étincelles s'échappent de sa main, explosant une chaise et faisant trembler les vitres…
Comment peut-il affirmer que Cowan le Sanguinaire a combattu Brian Boru, quand il est de notoriété publique que ce dernier a été lâchement assassiné dans le dos ?
« Il ne s'emparera pas de l'armure d'or, Monseigneur. J'en fais Serment sur la mémoire de mes Ancêtres ! » promet Lucius, toujours à genoux, tandis que Voldemort fulmine…
Il faut croire qu'il considère que l'armure lui appartient autant, si n'est plus, qu'à Lucius…
« Il faut vraiment que ses services soient indispensables, pour que tu ne l'aies pas tué sur le champ, pour avoir osé réclamer un tel gage ! » s'exclame encore Voldemort, le regard flamboyant de colère rageuse
« Ils le sont, Monseigneur. Hadar est notre seul contact fiable avec le Ministère et le monde des affaires avec lequel je ne peux plus traiter directement. Il le sait et il en joue. Mais quand viendra le temps de votre triomphe, Maitre, je lui ferai payer son audace au prix de sa vie… » répond Lucius, tout aussi rageur que son Maître, en serrant les poings, avant d'ajouter, d'un ton plus modéré : « Sa fortune est considérable, Maître et pour l'heure nous avons besoin qu'il la mette à notre disposition. Ce qu'il fera, sans trop discuter, par crainte d'essuyer vos foudres. Il me faut seulement accepter ses lubies capricieuses et ses moqueries à mon égard. Un prix que je suis disposé à payer pour garantir votre confort et qui me coûte peu, au regard de ce qui l'attend quand viendra le moment de venger mon honneur bafoué… »
« Il doit s'y attendre et avoir prévu déjà de se retirer en un lieu secret… » peste Voldemort, dont la contrariété faiblit à peine…
« Irait-il se terrer en Enfer, que je le trouverais !… » s'exclame Lucius, les yeux presque aussi flamboyants que ceux de Voldemort, qui baisse les siens vers lui…
Et il se radoucit aussitôt, son regard est presque tendre, lorsqu'il tend la main vers son serviteur. Lucius s'en saisit et se lève, les yeux fixés dans ceux de son Maître…
« Pourquoi avoir tu les contrariétés inacceptables que te fais subir Hadar, mon ami ? » demande Voldemort, d'un ton doux…
« Votre tranquillité m'importe plus que tout au monde, Monseigneur. Et toutes ces basses tracasseries sont mon fardeau, pas le vôtre… » répond Lucius, en esquissant un sourire fataliste…
Quel comédien ! Il a bien manœuvré pourtant, pour que son Maître l'interroge à propos de ces « basses tracasseries »…
Et quel intérêt espère-t-il retirer de ces manœuvres ? Cela m'échappe…
« Lucius… Mon plus précieux et plus fidèle allié. Mon si dévoué ami… » murmure Voldemort, en caressant la joue de Lucius, d'un long doigt maigre…
J'échange un regard avec Ron sur un soupir…
Merde ! Nous n'échapperons pas aux ébats sexuels de Voldemort et Lucius…
Quelle galère !
Mais qu'est-ce qu'il fiche, Mondingus ? Nous devions juste le remplacer durant une heure. Et ça fait presque une heure et demie qu'il est parti…
Et avec ça, Hermione va pester et nous tomber dessus à bras raccourcis, quand nous la rejoindrons, pour lui avoir laissé tout le boulot que nous devions faire ensemble ce matin…
Zut de zut !
OoOoOoO
Boullu : Sorte de poisson sphérique doté de longues pattes et de pieds palmés. Si vous en apercevez un les jambes nouées, vous saurez que les Êtres de l'eau ne sont pas loin. (Source : E.H.P.)
OoOoOoO
... Votre avis m'intéresse vivement ...
N'hésitez donc pas !
...
..
.
V
