Lundi 8 Janvier 1996
Je me réveillai avec un mal de tête persistant, ma journée d'hier me revint comme une bombe. J'allai à la grand salle bien qu'il fut tôt. Au moins j'y serais seule. Je ne m'y éternisai pas préférant aller dans le parc sur la rive du lac. Je réfléchissais tout en essayant de ne pas regarder la forêt interdite et ses occupants juste en face de moi.
L'eau avait le don de m'apaiser, j'aurais aimé être une petite sirène et nager dans l'eau sans se soucier d'autre chose. Des pas se firent entendre puis une main se posa sur mon épaule. Je ne savais pas qui c'était, aujourd'hui encore cela n'allait pas très fort. Je me retournai pour découvrir que la main appartenait au survivant. Il s'assit à côté de moi et commença à jeter des pierres dans le lac.
-Pourquoi tu t'isoles ?
-Je ne sais pas vraiment, je suppose que les gens me blessent plus que je le pense moi-même. J'ai besoin d'être seule parce que je le suis au fond de mon cœur. Pourquoi est-ce que je me sens comme cela ?
-C'est toujours celui qui est resté qui s'en veut le plus.
-Rémus m'a parlé de Black.
-Oh, il va bien ? Je veux dire que, qu'il a perdu son meilleur ami. Moi j'ai perdu mon parrain et lui son meilleur ami.
-Il va aussi bien que moi. Parfois quand je fais des bêtises, il me raconte celles de Patmol.
-Ginny m'a parlé de Chloé.
-Je ne sais même pas si elle est vivante ou morte ni si je la reverrai un jour, affirmais-je. Et toi pourquoi t'es-tu isolé ?
-Je ne m'isole pas, je me suis porté volontaire pour venir te parler, les autres sont derrière, dit-il en me faisant me retourner pour découvrir Ginny, Ron et Hermione.
Je me levai et les rejoignit bientôt suivie par l'élu.
Lorsqu'on arriva au premier cours de la matinée avec Rogue, celui-ci semblait plus qu'énervé et tous les élèves, à part peut-être moi qui m'en fichais totalement, redoutaient d'être sa cible. Il nous fit entrer dans la classe et sortir nos livres de nos sacs. Sa voix d'outre-tombe semblait glaciale encore plus qu'un iceberg.
-Aronsohn, patronus ! Démonstration ! Ordonna-t-il.
Je donnai un petit coup de baguette sans prononcer le formule et mon aigle royal apparut, fit un tour de la classe en volant et vint se poser sur mon épaule. Rogue n'eut rien à redire mais semblait chercher quelque chose pour me punir qu'il trouva.
-Aronsohn j'avais dit...
Mais il fut coupé par un coup contre la porte.
-...démonstration donc pas de sortilèges informulés. Entrez ! Et dix points de moins pour Gryffondor. Tiens ! Fit-il lorsque la porte s'ouvrit sur Nymphadora.
Celle-ci ignora sa remarque.
-J'aurais besoin de Miss Aronsohn.
Elle me regarda, je la regarda puis le professeur et me levai sans attendre la permission de celui-ci qui annonça tout de suite après que j'avais une retenue pour m'être levée sans permission. Je refermai la porte.
-Tu veux que j'aille lui parler, il va t'enlever cette retenue, proposa-t-elle.
-De toute façon, j'aurais quand même eu droit à une retenue et un savon made in Rémus que tu sois intervenue ou non. Rogue m'en aurais donné une, remarquais-je alors que nous marchions pour nous rendre dans le parc.
Je m'arrêtai devant le lac.
-Alors pourquoi avais-tu besoin de moi ? demandais-je.
-Je voulais te dire que ce que tu as entendu dans le train... commença- t-elle.
-Ce n'est vraiment pas la peine. Je sais que toi tu ne le penses pas et c'est tout ce qui m'importe.
Tu ressembles à ma mère.
-Tu as entendu pour Rémus, remarqua-t-elle.
-Oui c'est vrai depuis la seconde fois que je t'ai vue mais si je te le dis c'est que je le pense. Vu que personne ne sait ce que je pense, je le dis.
Elle ne rajouta rien et je me rendis seule à mon cours de potions. Aujourd'hui le professeur nous fit faire la potion de vérité. Je l'avais à la fin du cours et bizarrement elle était parfaite. Un élève frappa à la porte et me demanda de le suivre dans le bureau du directeur.
Le directeur avait convié à cette réunion surprise mon père et Maugrey l'Auror. Je m'assis après qu'on me l'ait demandé et attendis ma sentence. Le professeur allait commencer à parler lorsque quelqu'un frappa et entra.
-Quelle belle petite réunion, tenez Lupin j'avais l'intention d'envoyer cela par hibou mais puisque vous êtes là, ah et Aronsohn vous avez rendez-vous à la salle des trophées ce soir huit heures, remarqua-t-il narquoisement en donnant un parchemin à mon père.
Je ne dis pas un mot, attendant qu'il s'en aille. Une fois que ce fut fait, mon père ouvrit la lettre.
-Il a marqué comme motif insolence.
-Franchement je préfère cela à 'a utilisé un sortilège informulé alors qu'elle devait faire une démonstration en classe.
Il ne dit rien à son tour et Dumbledore commença à expliquer que bientôt j'aurais dix-sept ans et tout ce que cela impliquait. En fait, je ne m'attendais pas à cela, le directeur devait cacher quelque chose, qu'est-ce que Maugrey faisait là ? Nous partîmes du bureau quelques temps après et je raccompagnai Rémus jusqu'au portail où comme par hasard Nymphadora patrouillait. Il y eut un long silence.
-Avant que tu n'arrives, Maugrey nous a raconté ce que tu as entendu dans le train. Tu n'as pas à t'en faire je ne le crois pas. Je ne crois pas que tu sois une Mangemort. Tu es comme Sirius, tout le monde se méfie de toi par ta famille, par ce que tu es, mais il n'en est rien. En fait, je sais que tu l'as pris, me précisa-t-il, le regard perçant.
-Il faut bien que je t'aide un peu, tu n'aurais jamais osé et cela aurait été très dommage.
Il partit. Nymphadora était seule à quelques mètres de là ou je me trouvais. Je m'approchai d'elle et lui tendis un paquet que je venais de sortir de sous ma cape.
-C'est cela que je voulais te donner dans le train, lui dis-je. Ce n'est pas de ma part.
Elle rougit et je remontai l'allée qui me conduisait au château, lorsque je le vis à travers les arbres. Baguette à la main pas très loin de là ou j'étais quelques instants auparavant. Je me dirigeai vers lui baguette tendue, il ne bougea pas. J'avançai jusqu'à être cachée moi aussi par les arbres, ma baguette pointée son cou commençait à la marquer.
-Tu ne me feras pas de mal Lynn, tu en as incapable, me susurra-t-il dans l'oreille de sa voix si douce.
-Ne t'en prends jamais plus à mon père ! Ni à Nymphadora ! murmurais-je menaçante.
-Alors reste avec moi, je ne t'abandonnerai pas.
Il me désarçonnait, je ne savais que lui répondre.
-Je ne veux tuer personne, toi viens avec moi, je ne veux pas te quitter ! Viens ici à Poudlard.
-Je suis plus vieux que toi, j'ai déjà fini mes études. Je ne peux ni ne veux quitter les Mangemorts.
-Alors c'est fini, nous ne nous reverrons plus, aucun de nous deux n'est prêt à tout sacrifier. Ne me suis plus et je ne te chercherai plus.
