Attention, risque de spoilers 4x18 et 4x19 !
Petit OS inspiré d'une conversation avec Hook972 (merci mate de me redonner l'envie d'écrire ;)), parce qu'elle a tout à fait raison : lorsque Emma sera en voyage à New-York avec Regina, qui s'occupera de Henry pendant leur absence si, comme elle l'a si bien expliqué lors du dernier épisode, elle n'a plus confiance en ses parents ?
« Tout va bien, love ? »
Emma se trouvait aux côtés de son pirate, les yeux grands ouverts et sa main caressant distraitement son torse, perdue dans ses pensées tandis que ce dernier entourait sa taille de son bras valide.
A travers le hublot qui donnait une vue sur l'extérieur – ils se trouvaient à bord du Jolly Roger – l'on pouvait apercevoir le reflet de la lune briller dans l'eau calme du port de Storybrooke, indiquant qu'il était encore tôt dans la matinée.
Depuis quelques jours, la jeune femme avait pris ses quartiers sur le bateau, incapable de rester vivre chez Mary-Margareth et David après ce qu'ils lui avaient avoué sur son passé. Elle avait besoin de temps pour leur pardonner et Killian l'avait gentiment invitée en attendant.
A l'entente de la voix de son compagnon, elle releva ses irises émeraude dans sa direction.
« Je… ce n'est rien, répondit la blonde. Je pensais simplement à notre voyage pour New-York avec Regina.
– Ne t'inquiète pas. Vous allez les retrouver, j'en suis certain. »
La blonde se contenta de se rapprocher davantage de l'homme avec qui elle partageait sa couche et l'embrassa tendrement sur les lèvres. Il avait toujours su trouver les bons mots pour la rassurer, quelque soit la situation à laquelle elle devait faire face.
Cependant, un doute persistait dans son esprit, qui ne concernait ni son ancienne amie Lily, ni Robin Hood ; elle s'inquiétait pour son fils. En effet, après son enlèvement par Cruella peu de temps auparavant, elle ne souhaitait pas que Henry se retrouve seul durant l'absence de ses mères et n'avait plus assez foi en ses parents pour le laisser sous leur surveillance.
Elle avait donc tout naturellement pensé à Killian, puisqu'elle savait que le garçon et lui s'entendaient plutôt bien et qu'il avait déjà prouvé à de nombreuses reprises quel bon beau-père il faisait.
« En fait, il y a bien quelque chose que je voudrais te demander, se reprit Emma après un moment de silence.
– Qu'est-ce donc ? questionna le brun, sa curiosité à présent ébranlée.
– J'aimerais… j'aimerais que tu t'occupes de Henry pendant que nous serons parties, Regina et moi. »
Le pirate resta muet plusieurs secondes avant d'accepter, touché par cette preuve de confiance que lui faisait sa bien-aimée avec cette proposition. Bien entendu, ce n'était pas la première fois qu'il allait passer du temps seul avec l'adolescent (ils avaient fait de nombreuses escapades ensemble depuis le retour de sa mère et lui de New-York) mais il était heureux à chaque fois qu'il pouvait renouveler l'expérience. Il espérait sincèrement que son sentiment soit partagé.
Durant tout le reste de la matinée, jusqu'à ce que le soleil ne se lève enfin, les deux amoureux restèrent couchés dans leur lit à simplement discuter et profiter de leurs derniers moments l'un avec l'autre avant de devoir se quitter pour quelques jours. Puis, lorsque l'heure du départ sonna, ils échangèrent un baiser avant qu'Emma ne le quitte pour rejoindre son amie à l'entrée de la ville comme il avait été convenu la veille.
« Sois prudente, Swan, s'exclama le brun alors qu'elle disparaissait petit à petit du champ de vision de son compagnon.
– Tu n'as pas à te soucier de moi. »
Puis, se retournant pour lui faire face une ultime fois, elle ajouta accompagné d'un clin d'œil entendu :
« Je suis une survivante. N'oublie pas Henry ce soir ! »
Depuis plusieurs minutes, Killian attendait patiemment à l'arrêt de bus de son beau-fils que celui-ci n'arrive, comme le lui avait demandé plus tôt la jeune femme. Il avait passé la journée entière en compagnie de Smee à ranger et nettoyer son navire afin qu'il soit le plus présentable possible pour y accueillir le garçon.
Quand ce dernier descendit du véhicule, son sac à dos porté à bout de bras, il lança d'abord un regard suspicieux au brun avant de s'approcher de lui et le questionner :
« Killian ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Tes mères ne t'ont donc pas prévenu ? parut surpris l'intéressé. C'est moi qui suis en charge de ta garde durant leur absence.
– Il faut croire qu'elles n'ont pas eu le temps, nous nous sommes dit au revoir rapidement ce matin. »
Le plus jeune sourit au pirate puis reprit sa marche en direction du centre-ville.
« Alors… qu'as-tu prévu comme programme pour cette fin de journée ? demanda finalement Henry d'un ton enthousiaste en se retournant vers son beau-père qui se tenait à quelques pas derrière lui.
– Que dirais-tu d'aller mettre en pratique sur le Jolly Roger ce que je t'ai appris la dernière fois que nous sommes partis naviguer ?
– Ton bateau est de retour à Storybrooke ?! C'est génial ! s'exclama l'adolescent à l'entente de cette nouvelle, visiblement ravi.
– Aye. Mais avant cela : goûter chez Granny's, et devoirs. J'ai promis à Emma que je vérifierais que tu travailles bien même lorsqu'elle n'est pas là. »
Le garçon poussa un soupir de mécontentement puis essaya d'imiter le regard de chien battu de Killian pour l'amadouer – celui auquel sa mère ne résistait jamais, d'après ce dont il avait pu se rendre compte au fil des semaines – sans grand succès. Il se résigna alors et prit la direction du petit hôtel-restaurant tout en racontant sa journée au brun, sa bonne humeur à nouveau retrouvée.
Ils partagèrent donuts et chocolats chauds à la cannelle assis à une table tous les deux puis, quand Henry eut finit de réviser ses cours, ils quittèrent les lieux et rejoignirent le port. Ils montèrent sans tarder à bord du navire du pirate. Celui-ci leva l'ancre et le dirigea à travers les eaux afin de s'enfoncer dans les profondeurs de l'océan avant de laisser le plus jeune conduire à son tour.
Il lui fallut quelques minutes pour s'habituer à la vitesse étonnamment rapide du Jolly Roger mais il en prit finalement les commandes plutôt facilement. Il avait visiblement bien retenu les leçons que lui avait donné Killian par le passé. Ils prirent leur repas du soir sur le pont puis rentrèrent à la nuit tombée, fatigués mais enchantés de leur promenade en mer.
« Est-ce qu'on peut rester dormir ici ? demanda innocemment le garçon alors qu'il rendait le gouvernail à l'autre homme.
– Bien sûr, répliqua ce dernier en souriant – il était véritablement ravi de voir que le fils de la femme de sa vie l'avait totalement accepté parmi eux et semblait prendre plaisir à passer du temps en sa compagnie. »
Tous deux descendirent alors dans les quartiers du capitaine afin d'attraper quelques couvertures et oreillers pour qu'ils puissent contempler confortablement les étoiles avant d'aller se coucher.
Quand Henry retira la couette de la couche, il fit par le même temps tomber une chemise qu'il ramassa aussitôt pour la remettre à sa place. Cependant, lorsqu'il l'observa d'un peu plus près, il se rendit compte qu'il tenait entre ses doigts un vêtement de femme, et pas n'importe laquelle : sa mère.
Il se retourna vivement dans la direction du brun pour lui demander une explication. Tout en tendant l'habit devant lui pour accentuer ses paroles, il demanda :
« Ma mère a passé la nuit ici ? »
Les joues de Killian virèrent au rouge lorsqu'il rencontra le regard interrogateur de son beau-fils. Gêné, il se gratta nerveusement le derrière de l'oreille ; il pensait le garçon au courant de ce « détail », même s'il était vrai qu'il avait passé les dernières nuits chez Regina…
Il n'eut cependant pas besoin de répondre quoi que ce soit (de toute façon, son attitude valait plus que le moindre mot) puisque l'adolescent posa une autre question, d'une voix qui paraissait quelque peu inquiète cette fois :
« Est-ce que tu crois qu'elle va leur pardonner un jour ? »
Il n'eut pas besoin de préciser la nature du « ils » dont il faisait référence – le pirate comprit immédiatement qu'il s'agissait de Mary-Margareth et David. Il s'approcha alors du plus jeune et mit sa main valide sur son épaule, voulant ainsi le rassurer du mieux possible. Il semblait vraiment bouleversé par la situation dans laquelle sa famille se trouvait actuellement.
« Il lui faudra du temps, mais elle leur pardonnera, j'en suis certain. »
Ceci sembla rassurer quelque peu le garçon, puisqu'il lança un timide sourire à Killian avant de changer de sujet et lui proposer de monter observer les étoiles, ce qu'ils firent. Ils eurent beaucoup de chance car, en cette soirée de printemps, le ciel sans nuage se prêtait parfaitement à une telle activité.
Alors qu'ils venaient de trouver la constellation du Cygne – c'était toujours celle qu'ils recherchaient en premier –, la tête de chacun d'eux confortablement reposée sur leurs bras croisées et les yeux rivés droit devant eux, Henry lança un furtif regard à son beau-père avant de s'exclamer :
« Tu sais, je ne te l'ai jamais dit, mais je suis content que tu fasses à présent partie de la famille. Je t'ai peut-être affirmé le contraire quand j'étais sous l'emprise du Shattered Sight, mais je t'apprécie vraiment. »
Le pirate crut que son cœur allait exploser de bonheur face à cette déclaration du garçon. Jamais il ne lui avait fait part de tels aveux. Jamais il ne lui avait déclaré qu'il le considérait comme un membre de sa famille. Il était comme sa mère, après tout : il ne faisait pas souvent part de ses sentiments aux autres.
« Moi aussi, je t'apprécie beaucoup, fut-il simplement capable de répliquer. »
Ils restèrent encore un moment dehors, muets, jusqu'à ce que le froid commence à s'emparer de leur corps. Ils décidèrent alors qu'il était temps de rentrer et partirent donc se coucher confortablement dans les quartiers de Killian, lui par terre et son beau-fils bien installé dans son lit.
Quelques jours passèrent et une routine s'installa peu à peu entre les deux garçons, jusqu'au matin où Henry reçut un appel de ses mères pour le prévenir qu'elles reviendraient à Storybrooke dans la journée en compagnie de Lily et Robin, qu'elles avaient finalement retrouvés, non sans peine. Il informa immédiatement Killian de la nouvelle, qui fut réjouit de l'apprendre : sa Swan lui avait terriblement manqué.
Ils étaient un samedi, l'adolescent n'avait donc pas école. C'est pourquoi le pirate et lui passèrent la journée entière à rendre le Jolly Roger à nouveau présentable afin d'accueillir Emma comme il se devait – il faut dire qu'entre leurs nombreuses batailles d'oreillers ainsi que leurs pique-nique sur le pont, ils avaient mis beaucoup de désordre dans le navire.
Ils finirent juste à temps, au moment où Emma leur envoya un message leur expliquant qu'elle venait de franchir la frontière de la ville. Ils quittèrent donc rapidement le port pour rejoindre le centre-ville : ils avaient prévu de se retrouver devant le Granny's pour ensuite partager un repas tous ensemble pour fêter leur retour chez eux.
Quand ils arrivèrent, la coccinelle jaune de la blonde était déjà garée dans l'allée et les trois amis ainsi qu'une brunette – certainement l'amie d'enfance dont le pirate avait si souvent entendu parler – se trouvaient devant celle-ci, perdus dans leur conversation, à tel point qu'ils ne remarquèrent pas immédiatement leur présence.
Ce fut Regina qui les vit la première. Son visage s'illumina à nouveau entièrement dès lors que son regard rencontra celui de son fils. Elle quitta alors le groupe formé autour du véhicule et s'approcha des deux bruns pour prendre Henry dans ses bras.
Killian, lui, rejoignit à son tour Emma, qui se trouvait en pleine conversation avec l'inconnue. Elle se tourna dans sa direction et lui lança un grand sourire avant de se loger confortablement contre lui. Instinctivement, son compagnon entoura tendrement sa taille de son crochet et de sa main valide.
Se sentant soudainement de trop, Lily s'éloigna quelque peu des deux amoureux pour les laisser profiter de leurs retrouvailles. Une fois seuls, ils s'échangèrent un doux baiser puis la blonde laissa sa tête se reposer contre le torse du pirate, exténuée par l'aventure qu'elle venait de vivre à New-York.
« Tout s'est bien passé avec Henry ? demanda-t-elle, les yeux rivés en direction de ceux d'un bleu intense de Killian et arborant un rictus heureux au bord des lèvres.
– Parfaitement. Je crois qu'il a apprécié autant que moi ces quelques jours passés ensemble. »
La jeune femme lança un rapide regard en direction de son fils et ne put que s'apercevoir que son pirate avait raison, voyant l'air épanoui et excité du garçon. Elle n'en avait cependant pas douté une seule seconde.
Ensuite le brun raconta dans le plus de détails possibles ce qu'il s'était passé à Storybrooke durant l'absence d'Emma et Regina, puis ce fut au tour de cette dernière de lui parler de leur voyage qui n'avait pas été de tout repos.
« En tout cas… pas une journée n'est passée sans que je ne pense à toi, tu m'as beaucoup manqué, conclut-elle son récit avec une pointe de malice dans la voix, faisant écho à cette phrase que l'homme qu'elle avait appris à aimer lui avait un jour prononcée avant qu'ils ne se quittent pour ce qu'ils croyaient à l'époque être l'éternité – ce temps lui paraissait si lointain à présent, tant de choses avaient changées entre eux depuis.
– Bien, répondit-il sur le même ton. Tu m'as toi aussi énormément manqué. »
Ils échangèrent un petit rire complice avant de s'embrasser à nouveau, heureux d'avoir retrouvé cette sensation au plus profond d'eux-même qu'ils ressentaient à chaque fois qu'ils se trouvaient l'un avec l'autre et qui les faisaient se sentir plus vivants que jamais.
Henry vint les déranger dans leur calme pour prendre à son tour sa mère dans ses bras, lui aussi visiblement ravi qu'elle soit de retour parmi eux puis, comme il commençait à ressentir la faim tordre son estomac, il proposa aux autres d'entrer dans le Granny's, ce que tout le monde accepta joyeusement, eux aussi affamés.
Ils passèrent la soirée à se raconter chacun leurs histoires, le plus jeune d'entre eux ne cessant d'insister sur le fait qu'il avait passé de merveilleuses journées aux côtés de Killian. Ainsi, tous installés autour d'un bon plat à rire et partager différents anecdotes sur ce qu'ils avaient vécu loin des uns et des autres, ils avaient tout l'air d'une vraie famille.
