Chapitre 24 : Potter's girl
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- Place, place, faites plaaaace pour la divine Lily Evans !
- Je vais te frapper, Dirk, tu le sais, ça ?
Trois jours que ça durait, trois jours !
Tous ceux qui avaient une dette envers James (et vu le nombre de débiteurs, elle aurait bien aimé savoir quel genre de tours il avait proposé de faire pour eux…) la traitaient comme une reine.
C'avait été drôle un moment, puis lassant, puis carrément éreintant.
Dirk Cresswell baissa les yeux.
- Par les tentacules du calmar géant, mais va en cours, soupira-t-elle. Je dirai à James que tu as bien fait ton boulot…
Ce dernier argument sembla convaincre le Poufsouffle, qui s'éloigna, soulagé, vers sa salle de classe (qu'il atteindrait quand même avec du retard, selon ses estimations). Lily se pinça les arêtes du nez et soupira.
- Bonjour, ô belle Evans…
Elle se retourna vivement.
Sirius la regardait, hilare.
- Si tu veux, j'ai trouvé un moyen de te débarrasser de la mission « Belle Lily ».
- Vous vous donnez encore des « missions » à votre âge, sérieusement ?
- C'est la base des Maraudeurs !
- Je rêve… soupira-t-elle. Bon, dis ce que tu as à dire, Black…
- Dis à James que s'il n'arrête pas de t'envoyer tous ces chevaliers servants, je te révèlerai certains secrets sur lui… Mentionnes le nom de Marcus Dermany, il comprendra…
Lily leva un sourcil, puis le regarda d'un air soupçonneux.
- Où est ton intérêt là-dedans?
- Hé, ça compromet mes plans à moi aussi, tout ce cirque… Calypso Varens pense que je m'intéresse plus à toi qu'à elle…
- Pas d'autre intérêt là-dedans, tu es sûr ?
- Foi de Maraudeurs ! dit Sirius dans une parodie de salut scout.
Elle choisit (pour cette fois) de le croire.
- Merci, dit-elle sincèrement.
Elle n'était pas sûre de pouvoir tenir un jour de plus avec tous ces élèves à son service… Autant pour les surprises « romantiques » de James…
- Sincèrement, Sirius, les trois quarts du temps, j'hésite entre l'envie de te mettre des baffes et l'envie de t'embrasser.
- Hum… choix difficile, je te l'accorde… mais étant donné que James va me tuer si tu choisis la deuxième option, je préfère les baffes. Quoique ! Quitte à te concentrer sur une relation purement physique, j'ai plein d'autres options en tête…
Elle choisit la baffe.
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Il apparut par la suite que tous les débuts d'amitié entre Sirius et une fille avaient été placé sous le signe de la gifle… A ce compte-là… si toutes ses ruptures s'étaient soldées par ce genre de démonstration, Sirius devait être ami avec beaucoup de monde… En tous cas, ce fut bizarrement à partir de ce moment-là que Lily et lui commencèrent à mieux s'entendre.
Par exemple, le 6 septembre, ils réussirent à organiser ensemble – sans qu'aucun ne finisse à l'infirmerie ! - la surprise d'anniversaire d'Hildegarde : une bataille de tartes à la crème (purement magique, pour ne pas gâcher de la nourriture) dans le parc. Ils conspirèrent ainsi, tous les deux, à faire du samedi après-midi une super fête, pendant que la plupart des Gryffondors étaient au stade de Quidditch pour suivre les essais. Alice passa à côté d'eux en balai, pour crier à Lily :
- J'ai réussi mon examen de Potions ! 84 / 100 !
- Bravo !
- Mercimercimercimerci pour les cours particuliers… Tu es la meilleure !
- Tu es la meilleure ! Va me décrocher ce poste de Gardien ! cria Lily.
Alice évita une tarte lancée par Sirius, lui tira la langue, et repartit vers le stade.
Une demi-heure plus tard, satisfaite par son poste de remplaçante, elle revint en menant derrière elle tous les Lions de l'école.
- JOYEUX ANNIVERSAIRE HILDEGARDE !
La jeune fille aux longs cheveux bouclés les remercia… et la bataille commença, sous les rires (et la crème). Elle se poursuivit jusqu'à ce que le nouveau concierge descende les enguirlander.
- Mais ça s'enlève, regardez ! dit Peter.
Mais Rusard avait l'air de se ficher comme d'une guigne qu'un coup de baguette magique redonne sa couleur verte à la pelouse.
- Dans mon bur…
- Ho, mon cher Argus, fit la voix de Dumbledore – en pleine promenade digestive, semblait-il. Laissez-les donc s'amuser un peu… je fais confiance aux Préfets pour tout remettre en ordre… ajouta-t-il avec un regard appuyé vers James. Profitez donc de ce beau temps avec moi…
Les bajoues de Rusard tremblotèrent de colère, mais il sut se contrôler assez pour décliner l'invitation et remonter vers le château.
Tous les élèves trouvaient le nouveau concierge bizarre… trop intransigeant, et en particulier, sur les salissures produites par les élèves. Quant aux retenues qu'il donnait… on était habitué à être suspendu par les pieds dans les donjons (la seule punition corporelle encore autorisée, depuis que Dumbledore était directeur), mais on ne comprenait pas son obsession pour le fait de faire récurer aux élèves, sans magie, les parties communes du château. Comme s'il voulait leur faire éprouver le temps que prenait un Moldu à faire ces tâches. Lily (comme les jumelles Figg) pensait que c'était exactement ce qui motivait ses choix de punition… – mais elle n'en dit rien, sachant trop bien ce qu'un Cracmol essuierait comme remarques, si on savait ce qu'il était…
- Lily ?
- Pardon ?
- Tu as de la crème plein ta robe, et Dumbledore veut nous parler… tu ferais mieux de…
- Evanesco, dit-elle négligemment, avant de suivre James.
Le directeur les invita aimablement à marcher un peu avec lui.
- Mes nouveaux préfets… je m'adresse à vous à propos de « cet été »… « nous » allons nous réunir le 25 septembre pour faire un point, d'accord ? Le rendez-vous est dans mon Bureau. Je compte bien sûr sur votre discrétion pour prévenir ceux de vos camarades qui sont concernés… C'est tout ! dit le directeur, tout content. Profitez bien de votre après-midi…
Et il repartit aussi sec. James et Lily retournèrent eux aussi vers le château, main dans la main.
- On aurait dû lui parler du passage, non ? dit Lily.
- Gardons matière à discuter pour le 25… fit remarquer James.
- Le 25… Ca tombe sur une de tes rondes, il faudra que tu échanges avec quelqu'un… un Poufsouffle, je pense…
- Comment peux-tu te souvenir de tout ça ?
- J'ai passé presqu'une semaine de mes vacances à envoyer Aquila dans les quatre coins du pays pour établir ces plannings…
- Délègue, Lily, je te rappelle qu'en théorie, on est deux à faire ce job…
- Je sais, désolée…
Ils étaient arrivés à la grande cage d'escalier.
- Je vais chercher quelques trucs à grignoter pour la fête… je te rejoins…
- Tu me diras un jour où est votre réserve de boustifaille ?
- Derrière le grand miroir du 4ème étage, chuchota-t-il à son oreille, avant de déposer un rapide baiser sur sa joue, et de se dépêcher de rejoindre un des escaliers, avant que celui-ci ne se décide à (encore) changer de trajectoire.
Lily rougit violemment. Surtout après avoir remarqué que quatre des portraits autour d'elle la regardaient en souriant.
Elle n'y pouvait rien si James lui faisait autant d'effet ! Elle avait pensé qu'en passant plus de temps avec lui, elle s'y habituerait, mais pas du tout…
Elle laissa ses pieds la ramener vers la Salle commune, et bientôt, les rires de ses amis résonnèrent autour d'elle et l'entourèrent comme une bonne grosse couverture chaude.
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- Et que la Bièraubeurre coule à flot !
- A la nouvelle équipe de Quidditch ! Gryffondor ne peut que gagner !
En l'occurrence, pour passer les contrôles mis en place aux alentours de l'école, James n'avait pu faire entrer dans l'école que des bouteilles de bière moldus, mais peu de gens trouvèrent des raisons de s'en plaindre. (Helios Bibleton, par exemple, qui était un Sang-pur, fier de sa lignée, défendit haut et fort les mérites de la boisson des sorciers – ce qui ne l'empêcha pas de finir trois bouteilles…).
Lily, qui était assise entre Sirius et Remus, but très peu (il fallait bien qu'il y ait un Préfet-en-chef pour rattraper l'autre...). Remus, qui n'avait pas l'air de s'amuser beaucoup, lui fit gentiment la conversation, et Lily profita du tapage général pour glisser à l'oreille des deux Gryffondors la date de rendez-vous fixée par Dumbledore.
- A ce propos, dit Sirius, regardez ça… Ardet nec consumitur. « Brûle et ne se consume pas »… Ca vaut autant pour une bière que pour une société secrète, non ?
Lily jeta un regard à l'emballage du pack de Gr*mbergen.
- Et ?
- Et Dumbledore a un phénix. C'est cool comme symbole… On devrait s'appeler l'Ordre du Phénix.
Un instant après, Sirius s'endormait sur l'épaule de Remus. Lily et lui échangèrent un regard. Ils aimaient le nom, mais ils surent, d'un accord tacite, que les conditions dans lesquelles il avait été trouvé resteraient apocryphes…
- Sirius a toujours ses meilleures idées sous l'effet de l'alcool…
- Je vois ça, sourit-elle.
- Je vais aller le coucher…
- A tout de suite…
« L'Ordre du Phénix ». Mmmh.
Oui, ça sonnait plutôt bien.
…
Remus releva la tête de son livre de Défense. Déjà trois minutes que Peter mordillait sa plume, sans rien écrire sur le parchemin posé devant lui.
- Tu écris à qui ?
- Personne…
Oho. Queudver sur la défensive. Se pourrait-il que… Se pouvait-il qu'il ait rencontré une fille pendant l'été ?
- Elle s'appelle comment ?
Peter ouvrit des yeux ronds. Mais il comprit que Remus disait ça par pure curiosité, pas pour se moquer de lui. Il savait que Remus ne répéterait rien aux autres, s'il le lui demandait.
- Juliette…Enfin, Elyon. Enfin, c'est compliqué.
Remus ne connaissait aucun de ces prénoms.
- Juliette ? Elle est française ? On la verra peut-être pendant le voyage scolaire alors…
- Non, elle est à Durmstrang.
- Ouh… je ne suis pas sûr que les hiboux de l'école acceptent d'aller jusque-là… Attends le prochain week-end à Pré-au-lard, et va à la grande Poste…
Visiblement soulagé qu'il ne pose pas plus de questions, Peter sourit et acquiesça.
- Remus ? On y va ? fit Alice, depuis l'autre bout de la Salle Commune.
Leur premier cours d'Aptitudes aux Métiers de la Police magique avait été introductif et théorique, mais le professeur Doge avait laissé entendre que ce cours-ci et les suivants seraient d'un autre acabit. Pas moyen qu'ils soient en retard.
Alice remarqua, lorsqu'il marcha avec elle jusqu'au parc, que Remus boitait un petit peu (une crampe, dit-il). Mais quand Doge commença son cours par 10 minutes d'exercices physiques (il était très dynamique, malgré son âge… il aurait pu fonder le Club des Papis Pêchus avec Dumbledore…), elle le vit très nettement grimacer.
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Après le dîner, Alice en parla à Lily.
- Tu crois que ç'a un rapport avec sa lycanthropie ?
Lily hocha la tête.
- Ca ne veut pas dire… qu'il perd le contrôle, hein ?
Alice avait toujours été plus inquiète que Lily, quant au fait de dormir dans la même tour qu'un loup-garou.
- Le contrôle ? dit Lily, étonnée. C'est juste son corps qui réagit à la lune et au début du cycle… mais non, il ne risque pas de se couvrir de poils en plein cours…
Alice sembla un peu rassurée, mais un peu seulement. Lily se félicita de ne pas lui avoir parlé des Animagi ou de la « faille dans le système » (qui avait failli coûter la vie à Severus et James)...
Le soir même, elle décida de replonger son nez dans la section Créatures nocturnes de la Bibliothèque, mais rien de nouveau de ce côté-là. Elle l'avait déjà épluché des dizaines de fois, elle se serait souvenu d'un passage sur les douleurs musculaires au fil du cycle lunaire.
Restait la Réserve.
Mmh.
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- Alice ? Tu peux me faire un massage de dos, s'il-te-plaîîît ? dit Lily, sans ouvrir les yeux (elle se reposait, la tête sur une pile de livres).
- Tu es pire que Remus… entendit-elle son amie répondre.
Les mains qui lui massèrent les épaules n'étaient absolument pas celles d'Alice. Elle ouvrit un œil, puis deux.
- James ?!
- Quoi ! C'est moi qui lui ai tout appris…
Elle soupira, mais décida que peu importait, tant qu'on s'occupait du nœud de muscles qu'elle avait dans la nuque. Avec le temps gris et humide de ce mois de septembre, elle se sentait comme une mémé et ses rhumatismes…
Et puis, bizarrement, avec lui, elle ne craignait pas les mains baladeuses.
James Potter faisait les choses comme il fallait. Elle appréciait le charme désuet de son éducation. Pas de geste déplacé lors de leur premier rendez-vous. La galanterie. Le dîner au restaurant – enfin, à la cuisine de Poudlard, où les elfes de maison leur avaient vraiment sorti le grand numéro…
Il la traitait comme une reine, et ça ne lui déplaisait pas vraiment. Sur le long terme, avoir quelqu'un qui faisait de chaque jour la Sainte Lily était fatigant, mais elle ne se lassait pas d'être au centre de son attention… vu qu'il était au centre de la sienne. C'était bizarre… Elle se sentait un peu mal à l'aise quand James la prenait dans ses bras, et en même temps… elle avait l'impression d'être à sa place naturelle, là où elle aurait toujours dû être.
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Le vendredi de la troisième semaine de septembre, James prouva une fois de plus qu'il était exactement la présence dont elle avait besoin.
Sans raison aucune (pas d'attaque de Mangemorts, pas d'insultes anti-moldus proférées dans les couloirs, …), elle se réveilla en pleine nuit, en pleine crise d'hyperventilation. Elle tenta de se calmer, sans succès. Au bout de dix minutes, elle embarqua sa couette et son oreiller, et alla s'asseoir dans les escaliers pour ne pas réveiller ses camarades de dortoirs. Son poignet la picotait, mais sur le moment, elle n'y prêta pas attention. Elle enfouit sa tête dans le duvet pour étouffer sa respiration irrégulière, et sentit presqu'aussitôt une main chaude serrer la sienne. James était accroupi à côté d'elle.
- Comment tu as fait pour monter ?
- Levicorpus…
Elle le laissa l'attirer contre lui. Le Levicorpus les envoya un peu valser dans les murs, mais ça eut le mérite de la faire sourire.
Ils s'installèrent dans la Salle Commune, comme la première fois, et papotèrent de tout et de rien. Il fallut tout de même une demi-heure pour que Lily se dise que, vraiment, il n'était pas normal que James ait fait une insomnie pile la même nuit qu'elle. Et son air coupable, quand elle en fit la remarquer, ne fit que confirmer cette impression.
- Ton bracelet…
- Oui ?
- J'ai installé un charme de Concordia dessus, quand on était dans le Poudlard Express… tu as dit que tu avais encore fait une nuit blanche, avant la rentrée, alors …
Il lui montra un lien en cuir qu'il portait autour de son propre poignet.
Lily mit quelques secondes à comprendre.
- Tu as réglé ton pouls sur le mien ! Mais c'est hyper dangereux ! James !
- J'ai un peu modifié le sort… mon cœur ne suit pas vraiment le tien, mais je peux savoir si tu as peur ou si…
… Mon cœur s'arrête, pensa-t-elle.
- Tu es fou.
- Le monde n'est pas hyper sage, tu sais…
Elle soupira. Puis décida que c'était vraiment mignon de sa part.
- Et puis zut, je t'aime bien comme ça…
Se faire chouchouter par James était vraiment sympa. Et en plus, il la laissait s'amuser avec ses épis de cheveux (épis qui devaient être comme les chouettes, et se réveiller la nuit ...). Au bout d'un moment, Lily fut complètement calmée. James décida d'agrandir, d'un coup de baguette, un des canapés et la couette de Lily, pour qu'ils y logent tous les deux. Il s'allongea à côté d'elle.
Lily lui lança un regard perçant.
- Je ne veux vraiment que dormir.
Il cilla.
- J'avais compris. Ne le prend pas mal, mais tu as beau être tout à fait sexy, il n'y a rien de plus tue-l'amour que la Salle Commune et les pyjamas en pilou.
Il sentit le canapé rebondir un peu, signe qu'elle riait. Deux heures sonnèrent à la grande horloge, à l'autre bout du château.
- Allez, on dort, maintenant ! dit-il en se tournant dos à elle pour dormir.
Cette fille allait le rendre fou.
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Le lendemain, James fut réveillé par des rires. Son cerveau pensa « Par Charybde et Scylla, mon réveil est resté dans le dortoir !»
James ouvrit un œil, curieux de voir jusqu'à quelle heure il avait pu dormir. Le soleil était levé, mais loin d'avoir atteint son zénith.
Deux élèves de première année passèrent devant lui en riant, visiblement en route pour la Grande Salle.
James referma son œil. Puis le rouvrit.
- Lily ! On est en retard ! Ohé !
Mais Lily ne répondit pas. Elle n'était même plus sur le canapé.
- Accio affaires ! fit-il en désespoir de cause.
Il ne s'était pas attendu à ce que tout le contenu de sa valise se déverse depuis le haut des escaliers, visiblement désespéré d'arriver jusqu'à lui. C'est tout juste s'il ne se fit pas assommer par son propre chaudron.
Il attrapa de quoi s'habiller, et un Locomotor Barda s'occupa du reste.
Remus apparut en bas des escaliers, après avoir visiblement évité toute la garde-robe Potter qui remontait les marches. Une chaussette de James était restée perchée sur la tête de son ami.
- Qu'est-ce que tu fous ? Peter a failli se faire attaquer par ton armoire, et maintenant il est enseveli sous tes fringues ! C'est un règlement de compte ?
- Oui ! mentit-il, pour éviter que Remus ne réalise qu'il était tout simplement incompétent. Hé ! Tu n'es pas en cours ?
- On est samedi, dit Remus en le regardant bizarrement.
Samedi. Bien sûr.
- Tu es sûr que tout va bien ?
- Tu sais où est Lily ?
- Heu… Comme tous les samedis ? Elle court ?
- Ah, oui… dis comme ça…
Même Remus connaissait mieux Lily que lui.
- Je suis vraiment nul comme petit-ami, non ?
- Question de point de vue… Tu connais beaucoup de garçons de notre âge qui passeraient leur nuit avec leur copine uniquement pour s'assurer qu'elle dort bien ?
James s'immobilisa, puis sourit. Remus les connaissait vraiment trop bien.
- Petit-déj' ?
- Allez…
Mais c'était sans compter sur McGonagall. Qui se dirigea droit sur lui, dès qu'il eût franchi le portrait de la Grosse Dame. C'était tout juste si elle ne crachait pas de la fumée par les narines…Pourtant, James était (presque) sûr que cette fois, il n'avait rien fait.
- Mr Potter !
- C'était pas moi ! dit-il, un peu bêtement.
La sous-directrice soupira.
- Attendez au moins la suite… On vient de me rapporter certains… évènements, qui seraient arrivés sur un canapé ! La Salle Commune n'est pas un lieu de débauche !
C'était donc ça…
- Ouhla ! Professeur, je vous jure qu'il ne s'est rien passé de… « débauché » dans cette Salle !
- Où était Miss Evans la nuit dernière ?
- Dans la Salle Commune, mais...
- Où étiez-vous la nuit dernière ?
- Dans la Salle Commune, mais...
- Comprenez-vous ce que je peux en conclure ?
- Que j'ai dormi à côté d'elle parce qu'elle avait encore fait une crise de panique ? En tout bien tout honneur ?
McGonagall le fixa. Le problème était qu'elle savait que Potter avait passé six ans à perfectionner ses regards innocents… elle avait à présent du mal à démêler le vrai du faux …
- Miss Evans ?
Lily venait d'apparaître au bout du couloir, en jogging, baskets et T-Shirt. Ses yeux firent immédiatement le lien entre McGonagall, Remus et James.
- Professeur ?
- Lily, dis-lui que la Salle commune est le lieu le plus an-érotique de Poudlard !
Lily eut une expression horrifiée.
- Miss Evans ?
- La Salle commune est le lieu le plus an-érotique de Poudlard, confirma-t-elle.
Combien de fois avait-elle vu Sirius peloter une fille sur un de ces fauteuils, et des élèves y être malades après les fêtes… Bien sûr, elle avait lancé un discret Recurvite sur le canapé où ils avaient dormis.
- Quoi que ça puisse faire à la réputation de tombeur de James, Professeur, il ne s'est vraiment rien passé hier soir. J'ai fait un cauchemar, et il m'a tenu compagnie, point.
Il fallut le regard sincère de Lily pour convaincre leur directrice de Maison – qui, toute confuse d'avoir lancé le sujet de conversation, se sentit obligée de se justifier avec un « Vous comprenez, je dois m'assurer que les rumeurs… »
Lorsqu'elle se fut éloignée, Lily eut un petit rire gêné.
- J'ai raté un truc ? dit Sirius, qui venait d'enjamber le portrait.
- Eh bien, visiblement, McGo' trouve les pyjamas en pilou sexy.
Remus et lui pouffèrent. Sirius leur lança un regard étrange.
- Vous êtes sûrs que ça va, tous les deux ? D'habitude, c'est moi qui fais ce genre de blague …
- On sait, Sirius, on sait…
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Se chercher des noises (au sens figuré, comme au sens propre - par paris interposés) semblait être le moyen le plus pacifique que Sirius et Lily avaient trouvé pour communiquer entre eux. Elle le soupçonnait fortement d'être jaloux du temps que James passait avec elle…
- James a des pouvoirs magiques, on l'a tous remarqué… dit Sirius à un moment.
- C'est un sorcier, Sirius, j'espère bien que tu as remarqué ça avant cette année, où tu es vraiment plus aveugle que je le croyais…
- Il a eu le pouvoir, insista-t-il sans l'écouter. De te rendre presque timide et délicate…
- Si tu continues cette phrase par « on pourrait presque penser que tu es une fille », je crie au sexisme, et je te frappe…
- Il a su faire ressortir la femme en toi, celle qui avait été occultée pendant des années, continua Sirius sur un ton dramatique.
- Tu veux vraiment mourir, Black !
- Hé, Patmol, c'est de ma copine que tu parles !
C'était le samedi après-midi, et la plupart des élèves étaient sortis dehors pour profiter du soleil (qui se faisait rare, cette année).
Les Serpentards s'entraînaient sur le stade de Quidditch, et Remus et James n'avaient vraiment pas envie de gâcher le calme du parc par une nouvelle dispute entre Sirius et Lily... qui ne manqua pas d'arriver.
Sirius lui dit quelque chose que James n'entendit pas, mais une énorme vague s'éleva du lac calme pour le tremper de la tête aux pieds, et Lily s'éloigna à grandes enjambées vers l'arbre où Mary et Claire McDonald discutaient.
- Y a encore du boulot à faire sur sa féminité, Cornedrue…
Deuxième vague.
Que Lily n'avait pas pu lancer.
- Lunard ! protesta Sirius en crachotant de l'eau.
- Tu me casses les oreilles...
- Et quoi que tu aies dit, Patmol, je suis sûr que tu le méritais… ajouta James. Tu ne peux pas la laisser tranquille deux minutes ?
- Tu es en train de dire que je suis agressif ?
- Oui ! Lily… c'est comme un petit animal apeuré qui fait Grrrr quand tu approches ta main de lui. Mais si tu la caresses dans le sens du poil, tu te rendras compte qu'elle est tout à fait vivable.
Les Maraudeurs le fixèrent en silence.
- Hy-per bizarre, ta métaphore, Cornedrue…
- Désolé, je m'en suis rendu compte en la disant… En tous cas, tu m'as compris ! Garde tes commentaires pour Calypso Varens … Comment les filles peuvent t'apprécier, si tu leur balances ce genre de critique ?
Sirius se calma un peu, maintenant qu'ils étaient entre garçons.
- En vrai, je l'aime bien, Lily… je ne me fais juste pas à l'idée de céder mon meilleur ami à une préfète. Et puis c'est la première fois qu'une fille s'invite à nos réunions… Je n'ai jamais invité une de mes copines à venir avec nous…
James lui lança un regard en coin. Ils savaient tous les quatre que si Lily était aussi bien intégrée à leur groupe, c'était parce que James avait tacitement établi (et depuis longtemps) qu'elle ne serait pas seulement de passage dans sa vie. Sirius le tombeur ne pouvait pas en dire autant.
- Bah, qu'est-ce que tu attends ? dit Sirius. Fais semblant de te disputer avec moi, va la consoler, lui dire que je suis un pauvre idiot et que tu te fiches de ce que j'ai dit…
James lança un regard à Lily. Elle les regardait de loin, sourcils froncés. Lorsqu'il croisa son regard, il sentit dans son bracelet le pouls de Lily accélérer, et sourit. Il n'avait plus besoin de ce genre de ruses de Maraudeurs pour savoir qu'ils se comprenaient parfaitement.
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Pour la Grimb*rgen, c'est un placement de produit tout à fait accidentel, je n'invite personne à boire ^^
+ Suite à une question de Clem, à laquelle j'avais prévu de répondre depuis longtemps, j'annonce que cette fanfiction ira jusqu'à la mort des Potters… pas possible de lâcher ces personnages à mi-parcours (j'espère que vous ne vous lasserez pas…)
+ Je promets d'arrêter un peu les scènes de cauchemars de Lily – c'est dur de trouver des occasions d'attirer le petit couple hors de sa vie d'étudiants ou de son groupe d'amis… En fait, la justification première de ces scènes était de montrer qu'Harry tient de Lily pour son sommeil agité (héritage empoisonné qui se serait mixé à sa liaison psychique avec Voldy …)
Dans le prochain chapitre, on parlera d'un de mes personnages préférés (devinez lequel) ^^
