Saving Edward


Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Stephenie Meyer, et l'histoire provient de l'imagination de twiXlite, je ne fais que traduire sa magnifique histoire…

Voilà la suite ! Ce POV Alice était apparemment très demandé par nos confrères anglophones… Personnellement, je le trouve assez intéressant, et plutôt bien réussi, étant donné que j'ai plutôt tendance à redouter les POV autre que Bella ou Edward, dans les fics. Mais celui-ci est bien, à mon goût. On en apprend plus sur Edward… Et j'ai beaucoup aimé le traduire, certaines remarques d'Alice sont très… vraiment adorables. On sent qu'elle aime son frère… Et puis, on ressent également un peu de culpabilité, et je le trouve plutôt émouvant... Bref, je vais peut-être éviter de tout vous dévoiler…

Bien évidemment, ce chapitre ne vient pas sans les remerciements aux reviewers… Je n'ai pas répondu à tous, mais comme toujours, ça ne saurait tarder… En attendant, un grand merci. J'ai conscience que c'est bien faible par rapport à la gratitude que je ressens mais bon… les mots ont leur limite, je suppose^^. Un grand merci en tout cas.

Pour la suite, j'avais prévu de la poster demain soir, mais mon copain m'a proposé une sortie en ville (s'il ne pleut pas…) donc, je crains qu'ils ne vous faillent attendre jusqu'à dimanche soir ! Et il me semble que le prochain chapitre est un POV Bella, si mes souvenirs sont exacts…

Bon, et bien, je crois que j'ai tout dit… Encore un grand merci à tous, et bonne lecture !


Chapitre 25 : Remembering


Alice POV

Laisser Edward dans cet endroit fut la chose la plus difficile que j'aie jamais eu à faire. Et je pouvais dire que ce n'était pas quelque chose dont mes parents se réjouissaient. J'avais vu la douleur et l'affliction dans les yeux de mon père, lorsqu'il avait pris la décision de faire interner Edward. Tout ce que nous puissions faire à présent, c'était espérer que c'était ce dont Edward avait besoin pour aller mieux, et qu'il redeviendrait l'Edward dont je me souvenais, de quand j'étais petite.

Sortant de la clinique, j'observai les alentours. Même si l'endroit paraissait chaleureux et accueillant, je détestai qu'aucun de nous n'ait une véritable idée de ce qui s'y passait. Je regardai Emmett, Jasper et Rosalie, et je devinai qu'ils pensaient la même chose que moi. A savoir : Est-ce qu'Edward irait bien ? Aucun de nous ne connaissait la réponse à cette question. Même lorsque Maman et Papa l'ont adopté, Edward était un peu distant, mais nous avions tous mis cela sur le fait qu'il venait tout juste de perdre sa seule famille, et qu'il était ensuite propulsé dans une autre. Il était seul, et effrayé.

Nous attendîmes que maman et papa sortent. Nous savions qu'ils essayaient d'obtenir un droit de visite pour Bella. Etant donné qu'elle n'était pas un membre de la famille, elle n'aurait normalement pas le droit, mais je pense que papa essayait d'expliquer que sans elle, Edward ne ferait aucun progrès. C'était difficile à admettre qu'une fille qu'Edward connaissait seulement depuis un mois soit capable de l'aider, comme nous, sa famille, ne le pouvions pas. C'était dur à admettre pour nous tous, mais c'était la vérité. Sans Bella, Edward n'irait pas mieux.

Alors que nous fixions le bâtiment, Bella et maman en sortirent, une expression sombre sur le visage. Papa était apparemment encore à l'intérieur, entretenant de choses ou d'autres le médecin qui avait admis Edward.

- Nous ne pouvons pas voir Edward avant la semaine prochaine, nous apprit maman, lorsqu'elle et Bella furent à portée d'oreilles.

Les yeux de Bella se remplirent se larmes. Je savais que mes parents et elle avaient prévu de passer la nuit à l'hôtel, et voir Edward demain. Je voyais bien que ça blessait Bella, d'avoir à admettre qu'elle ne pourrait pas le voir pendant une semaine. Je réalisais soudainement combien Edward comptait pour Bella. Il semblait qu'il avait affecté sa vie autant qu'elle avait affecté la sienne.

- Comment ça se fait ? demanda Emmett, inquiet.

Ce sont les règles de la clinique, répondit Bella d'une voix douce. Ils ont dit que pour donner le temps aux patients de s'installer, ils n'autorisaient pas les visites une semaine après leur admission. Ça les aide à s'adapter au quotidien, ou quelque chose comme ça, tu vois.

- C'est stupide, cracha Rosalie.

- Je sais que c'est difficile, mon cœur, dit maman, s'approchant pour étreindre sa fille. Mais ce sont les règles de la clinique. Et si ça peut aider Edward, alors, et bien, c'est pour le mieux. Nous pouvons toujours lui parler au téléphone, alors ce n'est pas comme si nous étions complètement coupé de lui.

- Ce n'est pas la même chose.

Rosalie pleurait, à présent. Elle ne l'avait pas montré, mais ça l'affectait autant que nous.

- Pourquoi est-ce qu'on peut pas juste le ramener à la maison ?

Elle commença à sangloter sur l'épaule de maman.

- Chut, mon cœur, murmura maman, glissant une main dans les cheveux de Rosalie. Je sais, je sais. Je désire plus que tout le ramener à la maison, moi aussi, mais on ne peut pas. Il a besoin de plus d'aide que nous ne pouvons lui en donner. Chut…

Elle étreignit étroitement Rosalie.

- Ça va aller. Il va aller bien. Il sera de retour à la maison avant qu'on ne s'en rende compte.

Quelque part, je doutais des paroles de ma mère. Au plus profond de mon cœur, je savais qu'Edward n'allait pas accepter l'aide qu'ils lui offriraient. C'était simplement lui. Il n'avait jamais aimé accepter de l'aide, même pour les choses les plus banales. Je me surpris à me rappeler lorsque Edward avait huit ans. Il s'était donné comme objectif de faire un puzzle de mille pièces. Il l'avait presque terminé, mais il y avait un morceau avec lequel il avait des problèmes. Tout le monde lui a proposé de l'aider, même Emmett, qui était complètement nul avec les puzzles, mais il avait refusé. Ça lui prit trois jours pour terminer ce morceau, mais il l'avait fait. Il l'avait terminé tout seul. Il était si fier d'avoir réussi sans aide. Maman et papa étaient aussi fiers de lui. Si fiers qu'ils l'avaient encadré. Il était maintenant accroché au mur dans les escaliers. Je n'avais jamais vu Edward sourire comme ça lorsqu'il l'avait vu accroché là. Je rêvais de voir de nouveau ce sourire.

- Qu'est-ce qu'y a ? me demanda Emmett.

J'avais été si plongée dans ma mémoire que je n'avais pas réalisé qu'ils me regardaient tous.

- Oh, dis-je, sentant les rougeurs envahir mes joues. Je me rappelais juste quand Edward avait huit ans. Vous savez, le puzzle ?

Je souris encore, comme tous, mis à part Bella, qui paraissait confuse.

- Oh oui, s'esclaffa Emmett. Il ne voulait laisser personne l'aider, hein ? Il était si têtu.

Il rit de nouveau, se souvenant visiblement de l'expression de concentration d'Edward alors qu'il bataillait avec ce puzzle.

- Il était si fier lorsqu'il l'a terminé, soupira maman. Votre père et moi l'étions aussi. Il s'était promis de le terminer tout seul et il l'a fait. Emmett a raison, dit-elle en souriant, il était têtu.

A ce moment-là, notre père sortit de l'hôpital. Il paraissait grave, mais résigné en même temps. Il nous regarda tous sourire, et parut perplexe.

- On se rappelait juste Edward, avec le puzzle, indiqua doucement Jasper, de derrière moi.

Je me tournai vers lui. Il était appuyé contre le capot de la Volvo, un petit sourire sur les lèvres, alors qu'il se rappelait la frustration et la détermination d'Edward. Un sourire fendit les lèvres de papa, au souvenir.

- Qu'est-ce qu'ils ont dit, chéri ? s'enquit Esmé, s'approchant, côte à côte avec Rosalie, gardant un bras sur ses épaules.

- Je leur ai expliqué l'importance qu'avait pris Bella dans la vie d'Edward, ces derniers temps, répondit-il en adressant un regard paternel à Bella. Je leur ai également dit combien Edward avait changé depuis que Bella est entrée dans sa vie, combien il semblait heureux, même si ce n'était pas un très grand progrès, c'était toujours quelque chose. Et aussi, je les ai averti que s'ils empêchaient Bella de voir Edward, il y avait de fortes chances pour qu'il ne soit pas coopératif, soupira-t-il. Ça a pris du temps, j'ai du tout lui expliquer, mais ils ont autorisé Bella à avoir les mêmes droits de visite que nous.

Je vis Bella se relaxer. Quelque chose me disait que ses sentiments pour lui n'avaient pas évolué, qu'ils n'étaient pas plus profonds qu'une simple amitié. Je ne serais pas surprise si c'était le cas. En fait, je serais aux anges. Edward méritait quelqu'un qui pouvait s'occuper de lui, quelqu'un comme Bella, qui, je le savais, prendrait soin de lui quoi qu'il arrive. Surtout après tout ce qu'il avait traversé. Bella croisa mon regard et ses joues s'empourprèrent. Elle baissa la tête si rapidement que je ne croyais pas que quiconque d'autre l'ait remarqué. Elle aime Edward, plus qu'un ami, songeai-je triomphalement. Et elle savait que je l'avais découvert. Elle me regarda de nouveau, rougissant d'autant plus. Je lui lançai un regard qui signifiait « Raconte-moi tout ». Elle jeta un coup d'oeil aux autres, qui discutaient à présent calmement entre eux. « Plus tard », répondit-elle, bougeant silencieusement les lèvres, et j'acquiesçai, sachant que j'obtiendrai toutes les informations que je voulais.

- Bien, dit Carlisle, reportant ainsi notre attention sur lui. Je pense que nous ferions mieux de partir. Je sais que c'est dur, ajouta-t-il, voyant que nous regardions tous le bâtiment en face de nous, espérant pouvoir ramener notre frère à la maison. Mais on ne peut pas rester ici toute la journée. Nous devons partir.

Nous montâmes donc tous dans les voitures. Bella alla avec maman et papa dans la Mercedes, alors que nous autres grimpâmes dans la Volvo. Jasper et Rosalie s'installèrent à l'avant, alors qu'Emmett et moi montions à l'arrière. Je ne pus m'empêcher de jeter un dernier coup d'œil à travers la vitre alors que nous dépassions le portail, du grand bâtiment qu'Edward appellerait maison durant un avenir proche.

- Au revoir, Edward, murmurai-je, alors que le portail se fermait.

Je me détournai, et vis qu'Emmett m'observait. Je lui adressai un léger sourire, et il tendit les bras, m'invitant dans une étreinte. Je défis ma ceinture et me déplaçai sur le siège du milieu, me rattachant et je me blottis contre mon grand frère.

- Ça va ? murmura-t-il à mon oreille.

J'acquiesçai légèrement et soupirai. Je n'allais pas bien, et il le savait, mais Emmett n'était pas très doué avec les mots. Il me serra simplement encore plus contre lui.

Faire mes adieux à Edward, même si c'était seulement temporaire, me fit penser au jour il est arrivé chez nous.

Je me souvins que papa nous avait appelé dans le salon, ce qui avait énervé Rosalie, parce qu'elle regardait son émission préférée à la télé. Je n'arrivais pas à me rappeler duquel il s'agissait, pour être franche, les émissions préférées de Rosalie changeaient toutes les semaines, alors aucun de nous ne le savait réellement. Je me souvenais du remue-ménage qu'elle avait fait lorsque papa avait éteint la télé.

- Maintenant, les enfants, dit-il après que nous nous soyons tous assis.

Nous nous étions fait méfiants à son ton, parce que c'était celui qu'il utilisait généralement lorsqu'il se préparait à nous réprimander. Nous nous étions tous tournés vers Emmett, comme pour dire « Qu'est-ce que tu as encore fait ? », et il s'esclaffa.

- Inutile de vous inquiéter, je n'ai rien à vous reprocher, dit-il, lorsqu'il réalisa que c'était ce que nous pensions tous. A présent, votre mère et moi avons quelque chose à vous annoncer.

Il entoura la taille de maman de son bras, et elle souriait.

- Tous les quatre, vous allez avoir un nouveau frère…

- Tu vas avoir un bébé ? s'écria Rosalie.

Même si elle n'avait que sept ans, elle avait une sorte de fixation étrange sur les bébés. S'il y allait y en avoir un à la maison, elle allait devenir intenable. Elle se mit à taper frénétiquement des mains. Nous regardions tous nos parents, attendant qu'ils nous confirment les cris aigus de Rosalie.

- Non, Rosalie, dit papa, et elle s'arrêta immédiatement, son visage s'assombrissant.

J'étais troublé. Comment allions-nous avoir un frère si maman et papa n'allaient pas avoir un bébé ? C'était un peu trop compliqué pour mon cerveau de petite fille de six ans.

- Nous avons adopté un petit garçon qui avait besoin d'une maison. Vous voyez…

Il s'arrêta, se demandant s'il devait poursuivre ou non. Il se tourna vers maman, lui demandant silencieusement s'il devait continuer ou pas. Elle acquiesça, un sourire triste sur le visage. Je n'avais peut-être que six ans, mais j'avais compris que quelque soit les circonstances qui amenaient ce garçon, elles n'étaient pas agréables.

- Le petit garçon que nous avons adopté, vient juste de perdre ses parents. Il avait besoin d'une maison, et votre mère et moi voulions la lui offrir. Il s'appelle Edward, et nous allons le chercher demain. Je veux que vous quatre, vous soyez gentils, d'accord ?

Il lança un regard à Emmett qui, sans aucun doute, avait déjà imaginé quelques farces qu'il pourrait faire à notre nouveau frère. Son visage s'affaissa lorsque papa dit cela, nous faisant rire, Rosalie et moi. Jasper nous regarda comme si nous étions folles. A sept ans, il était le plus mature d'entre nous, même plus qu'Emmett qui en avait huit. Jasper était le médiateur des bagarres qui avaient tendance à s'intensifier entre Emmett et Rosalie. Même s'ils étaient jumeaux, Jasper et Rosalie étaient complètement opposés. Jasper était calme, prêt à faire face à tout avec un esprit ouvert, Rosalie était très encrée dans ses habitudes, et très très irascible, et emportée. Il était parfois difficile de s'imaginer qu'ils étaient frère et sœur, d'autant plus des jumeaux.

Le reste de la journée fut consacrée à tout préparer pour le garçon, qui, demain, rejoindrait notre famille. Nous avions nettoyé la chambre d'amis, nous avions monté tout le bric-à-brac inutile au grenier. Esmé avait acheté une nouvelle couette et des oreillers, et aussi des nouveaux draps. Je l'avais aidée à ranger la chambre alors que les autres s'occupaient d'emmener les affaires au grenier. Lorsque nous eûmes finis, la chambre semblait plutôt pas mal. On n'aurait pas été capables de dire cela avant que nous ne l'arrangions.

Je me souvenais très bien de la première fois que j'avais vu Edward. Mon père était parti le chercher. Je me rappelais de regarder sans arrêt l'horloge, me demandant combien de temps papa allait mettre. Je voulais le rencontrer. J'étais très excitée à l'idée d'avoir un autre frère.

- Quel âge il a, maman ? demandai-je.

J'étais assise dans la cuisine, observant maman faire des cookies. J'adorais l'odeur des cookies cuisant dans le four, surtout sachant le goût qu'ils avaient lorsqu'ils étaient prêts.

- Il a sept ans. Le même âge que Rosalie et Jasper.

Je réfléchissais à ça. Alors, j'allais avoir un autre grand frère. Je n'aurais pas de petit frère, j'étais un peu fatiguée d'être la plus petite, mais j'étais trop excitée au sujet du nouvel arrivant que je ne prêtais pas beaucoup d'attention à son âge.

- Quand est-ce qu'il arrive !?

Emmett avait bondi dans la cuisine, ayant évidemment senti l'odeur des cookies, et avait agrippé le dos d'une chaise, sautillant sur place.

- Quand est-ce qu'il arrive !?

- Calme-toi, Emmett.

Emmett commença à bouder. Il n'aimait pas être réprimander, surtout par notre mère.

- Il va être là bientôt. Maintenant, calme toi, ou tu vas l'effrayer.

Même si Emmett avait seulement huit ans, il était grand. Il faisait pratiquement deux fois ma taille, et dépassait tout le monde dans sa classe. Les gens pensaient souvent qu'il était plus âgé, ce que je trouvais amusant, considérant son attitude.

A ce moment-là, nous entendîmes le bruit de la serrure, et papa était entré, un sac à la main. Jetant un œil de la cuisine, je vis un jeune garçon, à peu près de la même taille que Jasper, qui le suivait, semblant extrêmement nerveux. J'entendis papa lui parler de nous. Qu'il ne devait pas avoir peur, parce que nous étions tous très excités qu'il arrive. D'où j'étais, je pouvais le voir regarder alentour, intimidé par la taille de la maison. Je n'avais jamais songé à combien notre maison pouvait être grande, mais cela devait être plus grand que ce à quoi il était habitué.

La première chose que je remarquai chez le garçon, ce fut ses cheveux. Ils étaient d'une étrange couleur. Même à six ans, je savais que leur couleur n'était pas habituelle. Ils étaient d'une couleur bronze peu commune, et pointaient dans tous les sens. Je devinai que peu importait ce qu'on pourrait essayer d'y faire, ses cheveux resteraient toujours comme ça. Je trouvais ça très mignon et je me souris à moi-même.

- Alice, m'appela mon père. Je t'ai vu, Alice. Sors de là.

Je sortais nerveusement de ma cachette d'où je l'espionnai. Même si j'étais excitée d'avoir un nouveau frère, j'étais aussi un peu angoissée, au cas où il penserait que j'étais, comme on me l'avait déjà dit, surexcitée.

- Viens par ici.

Papa me tendit une main et je m'approchai pour la prendre, souriant au garçon. Il me rendit un petit sourire, comme si, d'une certaine façon, il était soulagé que je ne lui aie pas sauté dessus, comme il se l'était apparemment entendu dire.

- Alice, voici Edward. Edward, voici Alice, la plus jeune de la maison.

J'agitai ma main, et souris encore.

Maintenant que j'étais plus près, je pouvais voir la couleur de ses yeux. Ils étaient de la plus belle nuance de vert que j'avais jamais vu. Même dix ans après, je n'avais jamais rencontré quelqu'un avec d'aussi beaux yeux que ceux d'Edward. C'était encore une autre chose qui le rendait unique.

- Les enfants, appela Carlisle.

J'entendis la télé s'éteindre, et Rosalie et Jasper apparurent. Emmett bondit de la cuisine, un immense sourire sur le visage. Je remarquai qu'Edward avait un peu reculé à la vue de la taille d'Emmett. Emmett avait généralement cet effet sur les gens, particulièrement les enfants. Sa taille signifiait également qu'il pouvait nous protéger lorsqu'on nous embêtait, mais je n'avais jamais vraiment pensé à l'allure qu'il avait pour les autres, à l'extérieur de la famille.

- Voici Rosalie, Jasper et Emmett, dit mon père, en indiquant chacun de mes frères et sœurs. Les enfants, voici Edward. Ne lui saute pas dessus Emmett.

Il savait ce qui plaisait à Emmett, et l'avertissait. Emmett bouda encore, mais ça ne dura pas. Il était trop excité d'avoir un nouveau petit frère. Edward avait levé le regard peu rassuré vers papa.

- Ne t'inquiète pas. Il est juste un peu trop excité parfois.

Edward se relaxa légèrement, mais pas de beaucoup.

- Alice, peux-tu montrer sa chambre à Edward, s'il te plait ?

J'acquiesçai, et Edward prit le sac que mon père avait posé à l'intérieur.

- Suis-moi, lui dis-je, en souriant, et je le conduisis à l'étage.

Il était resté silencieux alors qu'il me suivait, probablement accablé par ce qu'il se passait. Même si je voulais lui poser un millier de questions, mon père nous avait dit de les garder pour nous. Il m'avait dit qu'Edward avait vécu des choses difficiles, récemment, et qu'il valait mieux le laisser tranquille pendant un moment. Ouvrant la porte de sa chambre, je lui indiquai d'entrer. Je le vis en rester bouche bée.

- Quoi ? Tu ne l'aimes pas ?

J'en étais inquiète.

- Hum, si, si, dit-il, honteux, ses joues rosissant légèrement.

Sa voix était douce, mélodieuse, et feutrée.

- C'est juste que, je n'aie jamais eu une chambre de cette taille.

Il regarda autour de lui. J'eus un sourire intérieur. Il l'aimait bien.

- Hum, le dîner est généralement vers sept heures, indiquai-je, souriant.

Il se tourna vers moi, avec un regard de crainte mêlée d'admiration.

- Je viendrais te chercher quand ça sera prêt, d'accord ? Papa pensait que tu voudrais avoir un peu de temps pour ranger tes affaires.

- D-d'accord.

Il me sourit de nouveau, reconnaissant.

Je le laissai après ça, fermant la porte. Maman me dit de monter et d'aller le chercher pour le dîner mais quand j'y allais, je le trouvai endormi. Je le laissai, expliquant à mes parents qu'il dormait, et que j'avais pensé que c'était mieux de le laisser. Ils me regardèrent fièrement, chacun me remerciant silencieusement de ne pas l'avoir réveillé, aujourd'hui ayant évidemment été une journée épuisante et stressante pour lui.

Emmett me donna un léger coup de coude, me ramenant brusquement à la réalité. Nous bougions toujours.

- Ça va, Ali ? demanda-t-il, et j'acquiesçai.

Je ne l'avais pas réalisé, mais je pleurais. Il me serra plus fort contre lui, endossant parfaitement le rôle de grand frère. Emmett pouvait sembler intimidant et effrayant pour les autres, mais pour nous, sa famille, il était juste notre grand frère, notre grand nounours. Je m'affalai contre lui, et fermai les yeux. Je me sentais me soulever et me rabaisser au rythme de la respiration d'Emmett. C'était apaisant, et réconfortant de savoir que mon grand frère était là.

Je sombrais dans le sommeil, les mouvements continus d'Emmett devenus hypnotiques. Je ne savais pas combien de temps je restai endormie, puisque je n'avais pas prêté attention à l'heure qui tournait alors que je m'étais égarée dans le passé, mais le soleil avait parcouru un bon chemin dans le ciel, et avait commencé à disparaître derrière les arbres entourant notre maison, lorsque Emmett me secoua gentiment.

- Ali ? dit-il doucement. Ali, on est à la maison.

Je m'assis, et me détachai. Il fit de même, mais ne sortit pas de la voiture.

- Tu es sûre que ça va, Alice ?

J'acquiesçai.

- C'est juste…

Je ne savais pas quoi dire.

- C'était juste une journée horrible, je suppose, soupirai-je.

Il me serra dans une autre étreinte, et nous sortîmes de la voiture. Je remarquai que Carlisle et Esmé n'avaient pas encore ramené Bella chez elle. Je savais que Charlie, son père, ne s'inquièterait pas, puisque Carlisle lui avait dit qu'elle passerait la nuit à Seattle avec mes parents. Je m'approchai de Bella et l'étreignis.

- Tu rentres chez toi ? demandai-je, et elle se tourna vers Carlisle.

- Hum…

Elle s'interrompit, ne sachant visiblement pas comment formuler ce qu'elle voulait dire.

- Est-ce que je pourrais rester ici, cette nuit ?

Elle rougit, embarrassée par sa question.

- C'est juste que… je n'ai pas très envie d'être toute seule cette nuit. Je veux dire, je sais que je ne serais pas vraiment toute seule, mon père sera là, mais je le serais parce que personne à par vous ne savait ce qui s'est passé et j'ai juste, je…

Carlisle la coupa, levant la main.

- Bien sûr que tu peux, Bella.

Carlisle s'approcha d'elle, et prit ses deux mains dans la sienne.

- Maintenant, rentrons à l'intérieur.

Nous le suivîmes tous, nous asseyant dans le son, aucun ne sachant réellement quoi dire.

- Merci, dit doucement Bella, brisant le silence. De me laisser rester ici.

- Bells…

Emmett se tourna vers elle, stupéfait.

- Tu as fait bien plus que nous. Si tu n'étais pas là, Edward en aurait probablement fini…

- Emmett ! s'exclama maman. Ne dis pas ça !

- Quoi !? C'est vrai. Si Bella n'était pas là, Edward ne serait probablement pas à la clinique en ce moment. Il serait sûrement à la morgue ou six pieds sous terre. Je veux dire, pensez à ça. Nous avons tous vus comment Edward a change lorsqu'il a rencontré Bella. Il était quelque part… un peu plus heureux. Je veux dire, je sais que ce n'est pas beaucoup, mais un peu plus longtemps, et je pense qu'elle aurait vraiment pu l'aider !

Il fixait Bella à présent, une expression insondable sur le visage. Je n'avais jamais vu Emmett comme ça auparavant.

- Et si elle n'avait pas été là la matin où il…

Il s'interrompit, incapable de dire à voix haute ce qu'il était arrivé à Edward.

- Si elle n'avait pas été là, alors où est-ce qu'il serait maintenant !? A la morgue ! Alors bien sûr qu'on va te laisser rester ici, Bells ! Comment on ne pourrait pas ?

Elle lui sourit, reconnaissante.

- Après un moment, chacun prit son chemin, montant tous avec réticence chacun dans nos chambres. J'entendis Bella demander à Carlisle si elle pouvait dormir dans celle d'Edward, plutôt que dans la chambre d'ami. Je me rappelai de lui demander ce qui se passait entre elle et Edward.

- Bella ? m'enquis-je, expectative.

Elle leva le regard vers moi, et je lui indiquai de me suivre. Je montai à l'étage, et je devinai qu'elle était troublée lorsque je ne m'arrêtai pas à ma chambre. Je voulais m'asseoir dans la chambre d'Edward un moment, simplement pour être entourée par ses affaires. Lorsqu'il était à l'hôpital, j'allai dans sa chambre, et ça donnait l'impression qu'il était toujours là. Comme si rien n'allait pas avec lui. Je m'assis sur la chaise qu'il y avait dans sa chambre, alors que Bella s'asseyait sur son lit, regardant tristement alentour.

- Imagine qu'il est juste sorti un moment. Ça aide.

Elle me sourit.

- Alors, qu'est-ce qui se passe entre Edward et toi ? Je veux dire, j'ai vu ta réaction quand Carlisle nous a dit que tu pourrais le voir, et je me demandai s'il n'y avait pas quelque chose.

Je la regardai, et sourit. Elle rougit, et détourna les yeux.

- Y a bien un truc, hein ?

Elle acquiesça légèrement.

- Ouais, ouais, y a un truc, dit-elle, d'une voix à peine audible.

- Oh Bella !

Je m'empêchai difficilement de crier et de sautiller de partout, totalement excitée. Ce fut seulement son regard qui m'arrêta.

- Alors, dis-moi. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Pas grand-chose.

Elle sourit timidement.

- Je veux dire, c'était juste durant les deux dernières semaines que j'ai réalisé ce que je ressentais pour lui. Et alors, hier, je lui ai dit, et il m'a dit qu'il ressentait la même chose, et je…

Elle s'interrompit, son visage tournant au rouge tomate.

- Tu ? demandai-je impatiemment. Allez, Bella, tu quoi ?

- Je l'ai embrassé, admit-elle.

Je tapai des mains comme une gamine et elle m'envoya un regard d'avertissement.

- S'il te plaît, ne le dis à personne. Je ne veux pas qu'ils sachent. Je veux dire, je ne sais pas s'il veut vraiment que les autres soient au courant. Je pense que c'est mieux d'attendre jusqu'à ce qu'il sorte de l'hôpital, tu vois ?

J'acquiesçai, réfléchissant à ce qu'elle venait de dire. Evidemment, je ne dirais rien, mais c'était géant ! J'allais devoir me retenir pour garder ça pour moi. Je souris à Bella, lui faisant savoir que son secret était en sécurité avec moi.

Je laissai Bella dans la chambre d'Edward. Je savais que je devais aller dormir. Notre père avait insisté pour que nous retournions au lycée demain, Bella incluse. Il ne voulait pas que nous ne prenions plus de retard. Je ne voulais pas penser aux cours, demain. Je savais que les gens se demanderaient où est-ce que nous étions partis. Avec un endroit de cette taille, chacun irait de sa propre petite théorie. Nous avions décidé de raconter qu'Edward était sorti de l'hôpital, mais que notre père pensait que ça n'était pas une bonne idée qu'il retourne déjà au lycée. Pas même les profs ne savaient la vérité. Tout ce que les gens sauraient, c'était qu'Edward était sorti de l'hôpital, et qu'il avait un professeur particulier qui lui ferait les cours à la maison, au lieu d'aller au lycée. Avec le tas d'argent que possédait ma famille, l'idée était crédible.

Avec cette pensée en tête, je m'allongeai dans mon lit, et me préparais à ce qui allait survenir demain, espérant qu'Edward allait bien, et me demandant ce qu'il ressentait.

En songeant à mon frère, je sombrai dans un sommeil agité, espérant que demain ne viendrait jamais.


review...?