Je suis désolée de la fausse joie que vous avez pu avoir hier en ayant reçu une alerte et qu'il n'y avait pas de nouveau chapitre... J'ai seulement fait des modifications sur le chapitre 1 quand je l'ai posté ça vous a envoyer un mail... Je m'excuse... Voila donc le chapitre 24 qui marque le retour au livre de Stefenie Meyer, je dois d'ailleurs rappeler que les personnages ne m'appartiennent pas, sauf Fanely, Léo et les triplés^^ Je ne fait que broder autour de cette série =)
Merci pour vos review, ça me fais toujours autant plaisir de voir que vous aimez et que vous me soutenez dans cette aventure. J'ai dépassé les 100 000 mots, alors que je pensais pas écrire plus de 5 chapitres. MERCI!
Bonne lecture^^
Volterra… La ville n'avait pas changé pendant nos dix ans d'absence. Toujours perchée sur une colline à l'abri des vieux remparts, avec le vieux cloché de la Piazza Del Priori qui se détachait du reste des toits de la cité. Malgré l'harmonie architecturale et le paysage magnifique, l'idée de revivre ici me répugnait. Assise à l'arrière de la voiture, la mort dans l'âme, je gardai les yeux fixés sur mes genoux. La peur me rongeait l'esprit, et je me demandai à présent comment j'avais bien pu accepter de revenir ici…
Je sentis la voiture s'immobiliser puis le moteur s'éteindre, nous étions arrivés. Démétri et Marcus sortirent de l'habitacle, mais moi, j'étais bien incapable de bouger. Je restai cloîtrée dans ma terreur, fermant les yeux et serrant mes bras sur mon ventre. Les deux vampires échangèrent quelques mots mais je n'en compris pas une seule bribe, trop perturbée par mon appréhension d'être de retour au palais des Volturi. La portière sur ma gauche s'ouvrit et Démétri s'installa, assit, à coté de moi. D'un geste tendre de sa main sous mon menton, il me fit relever la tête et retira la capuche qui me couvrait la tête. Ses yeux cherchèrent les miens et s'y fixèrent pendant que ses mains saisissaient les miennes.
- Il n'est pas trop tard Nelly, tu peux encore choisir la liberté…
Il y avait une grande tristesse dans sa voix et je compris rapidement que si je prenais la décision de partir maintenant, il en aurait le cœur brisé. Me rapprochant de lui, je déposai mon front contre le sien et fermai à nouveau les yeux. En sa présence, je me sentais en sécurité, dans un cocon impénétrable, à l'abri de tout danger. Cette proximité me redonna un peu de courage et d'espoir.
- Que ferai-je de cette liberté ? Où pourrai-je bien aller ? Tu as toujours été à mes cotés Démétri, je ne suis pas grand-chose sans toi…
- Tu te trompes Nelly, tu es bien plus forte que tu ne le penses… Mais ce n'est pas le meilleur moment pour en débattre, Marcus nous attend. Ca va aller ?
- Si tu restes près de moi, je devrais pouvoir m'en sortir. Lui dis-je souriante.
- Allons-y alors, les autres nous attendent. Me dit-il, alors que nous sortions tous les deux de la voiture.
- Les autres ? Demandai-je.
Soudain gêné, Démétri se retourna vers moi, le visage tendu.
- Oui, tous les autres… Ils attendent notre retour dans la salle du trône.
Cette nouvelle me figea sur place, si je me sentais presque prête à entrer de nouveau dans le palais, je n'étais absolument pas préparée à affronter la présence de mes bourreaux. Marcus s'approcha de moi et rajusta la capuche de ma cape sur ma tête, puis déposant sa main crayeuse sur mon épaule, il me rassura.
- Nelly, tu fais partie de ma garde à présent. Tu n'as plus à craindre personne. Jane et Alec ne pourront plus rien contre toi, et avec l'entraînement que tu as reçu, tu es parfaitement capable de leur tenir tête. Utilise même ton pouvoir s'il le faut, eux ne se poseront même pas la question. Soit plus maligne qu'eux, je sais que tu peux le faire.
Ses quelques paroles me rassurèrent, je savais que Marcus ne me laisserait jamais redevenir une victime et il avait parfaitement raison, cette fois je pourrai me défendre. Alors que nous marchions, Démétri et moi, derrière mon créateur qui nous guidait dans le labyrinthe de couloir, je sentis la peur faire place à l'envie de vengeance. Même si j'avais étanché ma soif avant de pénétrer dans la ville, le venin s'immisça le long de mes dents et imbiba ma langue. Jane, Alec et Aro allaient regretter de m'avoir torturée pendant quatre ans, même si je devais patienter plusieurs siècles pour obtenir satisfaction. Ils paieraient pour ce qu'ils m'avaient fait, tôt ou tard !
Marcus nous fit entrer dans une vaste pièce circulaire, qui devait être une ancienne tour de château. Le plafond se trouvait à plus de vingt mètres au dessus de nos têtes et d'anciennes meurtrières vitrées, laissaient rentrer la lueur naissante du jour, dessinant au sol des rectangles lumineux. Les seuls meubles de cette salle, se composaient de trois trônes en bois, installés sur une estrade au centre, et de bancs répartis le long des murs. Une quinzaine de vampires y étaient installés, et les murmures des conversations stoppèrent dès notre arrivée.
Baissant la tête, protégée par ma capuche, j'évitai de croiser le regard de ses immortels qui nous toisaient. Je sentis la présence de Démétri à mes cotés et j'aurai voulu me réfugier contre lui, l'entendre me dire que je ne risquais rien et qu'il me protégerait contre tous ces monstres. Mais je devais me débrouiller seule, il était temps que je fasse mes preuves aux yeux de mes bourreaux et il fallait que je m'y attelle dés maintenant. Je me redressai donc, prenant bien soin de ne pas révéler mes yeux à l'assistance.
- Marcus, mon frère, te voila enfin de retour. Dit une voix mielleuse, qui ne pouvait être que celle d'Aro.
- Comme tu me l'as demandé mon frère, mon exil n'aura duré que dix années.
- En effet, et je te remercie de ta ponctualité, bien que tu n'étais pas à un jour près. Je sais à quel point ma sœur te manque et que cela a dû être dur pour toi de quitter sa sépulture. Mais tu es chez toi à Volterra, avec ta famille. C'est ici qu'est ta place mon frère.
Il s'était avancé vers nous, suivit de très prêt par Jane, Alec et une autre vampire dont je ne connaissais pas le nom. Un frisson de dégoût me parcourut le corps, provoqué par la simple présence de ces monstres.
- A régner et faire respecter nos lois à vos cotés mes frères. Je le sais et je suis prêt à le faire à nouveau.
Les deux frères s'enlacèrent chaleureusement une seconde avant de se séparer et qu'Aro se tourne dans notre direction.
- Démétri, quel plaisir de te revoir.
- Bonjour Aro ! Je suis moi-même très heureux d'être de retour parmi vous.
Sous le choc de ses paroles, je restai bouché bée. Démétri, heureux de rentrer ? Lui qui avait traîné pendant plus de deux heures pour faire ses adieux à Erwan et Eogan, lui qui avait roulé à la vitesse d'un escargot pour rejoindre l'aérodrome, ce Démétri là voulait rentrer à Volterra ? Je ne pouvais croire le spectacle théâtral qui se jouait devant mes yeux.
- Et qui est ce vampire Marcus ? Demanda Aro en me détaillant de la tête aux pieds. Que tu as fait membre de notre garde royale de plus. Mais pourquoi sa cape est-elle différente des autres?
- De MA garde, Aro, ce vampire est à mon service et pas au tien.
Le vieux vampire détourna aussitôt ses yeux perçants de moi pour retourner toute son attention sur Marcus. Le petit sourire angélique qu'il affichait jusqu'alors avait disparu de ses lèvres remplacé par une grimace de contrariété.
- Ta garde personnelle ?
- Tu as parfaitement entendu mon frère, ne m'oblige pas à te le répéter.
- Mais depuis quand y a-t-il des distinctions entre les membres de la garde royale ? C'est insensé.
- Ne me prends pas pour un imbécile s'il te plaît Aro. Tu sais aussi bien que moi que Jane, Alec et cette jeune personne à tes cotés te sont totalement dévoués. Ma vie n'a guère d'importance à leurs yeux, et je ne les en blâme pas pour autant.
- Ta vie t'importe donc à présent ? Je suis heureux de constater que ce séjour en Irlande a eu le bénéfice de te remettre la tête sur les épaules.
- Non, rien n'est différent, seule ma peine a été allégée.
La voix de mon créateur était glaciale, comme lorsqu'il m'avait sauvée et acceptée de perdre quarante années à Culdaff. Mes deux amis étaient redevenus ceux qu'ils étaient avant notre départ pour l'Irlande et jouaient un double rôle. Où était la vérité dans tout ça ? Une profonde tristesse m'envahie, la vie allait être nettement moins plaisante et je regrettais déjà la petite maison en pierre du bord de mer que nous avions quitté il y a seulement quelques heures.
- Ho… Hé bien, je ne peux m'y opposer. J'ai moi-même Renata à ma protection rapprochée, je ne vois pas d'inconvénient à ce que tu aies ton propre garde du corps.
- Que les choses soient bien claires mon frère, ce vampire est à mon service. Sa présence auprès de moi est à cette condition et je n'apprécierai pas le voir s'éloigner de moi parce que tu lui as forcé la main. S'il devait quitter Volterra par ta faute, sache que je le suivrai. Sa présence, sa bonté et son attention, sont pour moi une aide précieuse pour soigner mes blessures encore à vif, je ne supporterai pas de le perdre. Donc si tu tiens à ce que je reste auprès de toi, ne fais de bêtises.
Aro le regarda alors plus que surpris, ses yeux brillants d'une flamme de colère et les lèvres pincées, se retenant de dire quelque chose.
- Je vois déjà un net changement Marcus, ta langue s'est enfin déliée. Je ne t'avais pas vu parler ainsi depuis de nombreuses années.
- Uniquement pour t'expliquer les choses mon frère. Je n'ai pas changé…
- J'ai compris, je resterai à distance de ton protégé. Mais présente nous maintenant!
Marcus se retourna alors vers moi et en s'approchant glissa à mon oreille aussi bas que possible, pour que je sois la seule à entendre.
- Montres-lui de quoi tu es capable, tu peux le faire et ainsi gagner le respect de tous.
Puis en reprenant une voix normale, il s'adressa à toute l'assistance.
- Il y a dix ans, vous m'avez laissé partir avec un nouveau né, totalement perdu et anéanti par quatre années d'intense souffrance. Ce vampire est mort…
Je vis Aro sourire à l'annonce de cette nouvelle.
- Je savais mon frère qu'elle était incapable de donner quoi que ce soit de bon et que tu serais obligé de la tuer… Comment s'appelait-elle déjà ?
- Laisse-moi finir Aro. Avec du temps, de la patience et de l'amour, j'ai découvert à la place un tout autre vampire, et il est là devant vos yeux.
Marcus tendit le bras devant lui pour me faire signe d'avancer. Sans peur, mais la rage au ventre, j'avançai d'un pas. Ainsi dont il ne se rappelait plus de mon nom, et bien il allait s'en souvenir à présent ! Lui à qui j'avais toujours caché mon pouvoir, alors que j'avais tout fait pour le dévoiler au plus vite à Marcus. Tendant la main devant moi, je la fis disparaître ainsi que tout mon avant bras, provoquant un murmure sourd dans la salle.
- Mon frère je te présente Nelly. Tu te trompais lourdement en pensant qu'elle ne valait rien. Mais aujourd'hui elle est à moi, ne l'oublie pas.
Aro me regardait fixement, ses lèvres se serraient dans une grimace de colère et ses yeux brillaient d'une couleur pourpre presque noir. Pourtant, alors que tous les autres restaient silencieux devant ma petite présentation, un rire aigu s'éleva dans l'air.
- Tiens, tiens, tiens… Nelly est parmi nous! Et vous trouvez cette démonstration impressionnante ? C'est d'un ridicule. S'il a fallu dix années d'entraînement pour arriver à ce résultat, nous avons bien fait de ne plus nous en occuper.
- Toujours aussi détestable ma chère Jane. Grogna Démétri.
- Merci ! Répondit-elle tout sourire.
- Nelly, montre-lui donc ce que je t'ai enseigné pendant ces dix années sans résultat. Continua mon ami.
La petite Nelly terrorisée et calme n'était plus à cet instant. La haine me consumait, et je n'avais qu'une envie la combattre pour lui faire ravaler son impertinence.
- Un duel serait en effet divertissant. Dit Marcus. Qu'en pensez-vous mes frères ?
Caius fit un signe positif de la tête sans doute ravie à l'idée de me voir ridiculisée et anéantie dans les griffes de Jane.
- Je suis aussi de cet avis Marcus, à condition que Jane accepte, bien entendu. Dit Aro qui avait retrouvé sa mine séductrice.
- Mais certainement Maître, je n'ai absolument rien à craindre, elle est tellement insignifiante. Dit-elle en regardant son frère qui souriait, complice.
Les vampires se reculèrent, nous laissant seules, Jane et moi, au centre la pièce. Marcus prit place sur le troisième et dernier trône disponible, pendant que Démétri s'installait à coté d'un géant aux cheveux rasés, après m'avoir lancé un clin d'œil amical. J'ignorais toutes les règles d'un duel entre vampires, mais cela n'avait absolument aucune importance.
Jane me regarda, parfaitement calme, mais elle ne devait pas voir grand-chose, seulement une silhouette encapuchonnée. Malheureusement, elle fut plus rapide que moi et déclencha son pouvoir en premier, me plongeant alors dans une atroce souffrance, m'obligeant même à m'allonger sur le sol froid de la tour. La douleur était aussi insupportable et horrible que dans mes souvenirs. Cela ne dura que deux secondes, puis elle se mit à rire à gorge déployée.
- Tu as toujours été une perdante et cela n'a pas changé. Inutile de poursuivre ce duel, j'ai gagné d'avance.
Je me relevai péniblement, mais ne m'avouai pas pour autant vaincue.
- C'est tout ce dont tu es capable ? Dans mes souvenirs, tu étais bien plus cruelle.
Et alors qu'elle s'apprêtait à me lancer une nouvelle déferlante de douleur, j'utilisai mon pouvoir et disparus complètement, sous un nouveau murmure de l'assistance. Privée de contact visuel, elle ne pouvait plus rien contre moi. Je la vis, tournant la tête dans tous les sens dans l'espoir de m'apercevoir, mais ses yeux ne rencontrèrent que le vide et rien ne pouvait lui indiquer ma présence, même pas mon odeur puisque je ne bougeai pas d'un centimètre. J'allai enfin pouvoir savourer la première de mes nombreuses vengeances.
Aussi rapidement que je le pouvais, je courus vers elle et lui soufflai dans l'oreille droite, ce qui la fit sursauter et crier. Elle gesticulait comme si elle chassait une abeille, ce qui lui donnait un air totalement ridicule. Comme elle se calmait enfin, je réapparu dans son dos.
- Jane…
Et sans qu'elle n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, je lui assommai un vif coup de pied dans le bas du dos, l'envoyant dix mètres plus loin, s'effondrer dans les bancs. Je la vis se relever péniblement, les cheveux en bataille et la cape de travers.
- Ce combat est parfaitement inégale Marcus ! Cria-t-elle.
- Je ne trouve pas Jane, tu as utilisé ton pouvoir et Nelly le sien… Où est l'inégalité ?
- Maître s'il vous plaît ! Gémit-elle comme une enfant capricieuse à l'intention d'Aro.
- Je dois avouer que c'est vraiment impressionnant… Continuez ce combat, mais aucune de vous deux n'a l'autorisation d'utiliser son pouvoir. Annonça-t-il à regret.
A peine avait-il terminé sa phrase, qu'elle se jeta sur moi comme une furie, mais je l'attendais, déjà en position, prête à parer ses attaques. Pleine de rage, ses gestes étaient mal assurés, je n'eus donc aucun mal à utiliser l'enseignement de Démétri. Malgré la vitesse qu'elle mettait dans ses coups de poing ou de pied, je les bloquai et les esquivai sans aucunes difficultés. Je ne faisais que me défendre, la laissant s'épuiser dans des attaques inutiles, attendant le moment propice pour lui envoyer un coup qu'elle ne pourrait pas éviter. Et au moment où elle baissa sa garde, je bondis et en pivotant sur moi-même, lui envoyai mon pied dans la figure. Déstabilisée, Jane tomba face contre terre. Sans perdre une seconde, je m'approchai d'elle et fis une roue, positionnant mes mains sur son dos et en saisissant ses vêtements. Dès l'instant ou mes pieds retrouvèrent le sol, je profitai de mon élan pour la soulever et l'envoyer contre le mur le plus proche, avec toute la force dont j'étais capable. Les murs tremblèrent sous la violence du choc, mais les pierres ne bougèrent pas d'un centimètre et rien ne s'écroula.
Comme elle se relevait, je pus voir dans ses yeux comme une lueur de peur. Pourtant nous continuâmes de combattre. Trois fois encore elle essaya de m'attaquer, jouant de sa vitesse, de sa force ou même de la ruse, rien n'y fit, elle se retrouvait à chaque fois par terre. Son niveau de combat était nettement inférieur au mien et j'avais beaucoup de mal à croire que j'étais capable d'une telle habileté, mais le résultat se trouvait devant mes yeux, Jane était vaincue.
Les frères décidèrent de stopper le combat d'un commun accord et me déclarèrent vainqueur de ce duel. Aro me regardait d'un œil mauvais tandis que Caius semblait tout d'un coup intéressé par mes talents. Quand à Marcus, je ne l'avais jamais vu sourire autant. Démétri aussi rayonnait de plaisir, fier de son élève.
- Mais, ses yeux sont ambres ! Hurla Aro.
Je constatai alors que ma capuche avait légèrement glissé en arrière dévoilant mon visage en entier. Vivement, je la rabattis devant mes yeux, mais il était trop tard, le mal était fait.
- Oui, elle ne supportait pas de tuer des humains. Je lui ai donc parlé du régime de Carlisle et elle s'y tient depuis dix ans. S'empressa de me défendre Marcus.
- Tu as vraiment changé mon frère… Tu reviens avec un vampire à ton service et végétarien qui plus est ! J'espère retrouver rapidement le Marcus que tu étais avant cet exil, car celui qui se trouve devant moi est totalement différent et cela ne me plaît guère.
- Je n'ai pas changé Aro, je suis redevenu celui que j'étais quand Didyme vivait encore… A présent, je vais me retirer. Merci pour ce divertissement mes demoiselles.
Sans un mot de plus, il quitta la tour, me faisant signe de le suivre…
Après avoir sillonné une minute dans les luxueux couloirs du palais, Marcus me fit entrer dans ce qu'il appelait « ses appartements », mais c'était bien plus que ça ! Une vraie suite royale…
- Nous pouvons parler sans craintes ici Nelly, les pièces sont insonorisées.
Je n'écoutai que vaguement, captivée par la beauté des lieux. Après avoir abaissé ma capuche, je me mis à observer la pièce. Nous nous trouvions dans un immense hall, carrelé par des tomettes en marbre blanc et gris sombre, et dont les murs étaient ornés de bas relief représentant des scènes de l'odyssée. De chaque coté de la porte que nous venions de passer, d'énormes vases, installés sur des colonnes dorées, étaient remplis de branches de monnaie du pape. Sur la droite, un escalier lui aussi en marbre, longé dans toute sa longueur par une rambarde en fer forgée noire et dont les marches étaient recouvertes par un tapis noir aux motifs rouges, menait à l'étage supérieur. La seule lumière qui éclairait le hall venait d'ailleurs d'en haut. Curieuse, je passai ma main derrière les grands rideaux ivoire qui bordaient le mur gauche, pour voir ce qu'ils dissimulaient, mais la retirai aussitôt quand je la vis se mettre à scintiller.
- Attention Nelly ! Les fenêtres donnent directement sur la grande place, et nous ne sommes plus en Irlande, le soleil est quasiment permanent ici.
-Ho… Je crois que je vais attendre la nuit pour satisfaire ma curiosité alors.
- Cela serait préférable, me dit il en souriant. Je peux te protéger de bien des choses, mais Aro ne pardonnerait pas cette erreur. Viens je vais de faire visiter.
Alors que je pensais que Marcus allait me conduire à l'étage, il longea l'escalier et ouvrit une porte que je n'avais pas pu voir puisqu'elle était dissimulée par une tapisserie.
- Cette pièce était le boudoir de Didyme, c'est ici que tu me trouveras le plus souvent.
La pièce était de petite taille et décorée à la mode du XVIIIème siècle. Une douce lumière tamisait le lieu grâce à une petite lampe de chevet. Je compris dès le premier regard que tout était resté en état depuis la mort de Didyme. Une coiffeuse était encombrée par des corbeilles, des miroirs, des peignes, des bouteilles de parfum… Et devant, posée sur la chaise en acajou, reposait un déshabillé rose. Une garde robe se trouvait tout à coté, les portes en étaient closes, mais une fois de plus la curiosité me dévorait. Marcus dû s'en apercevoir, car comme s'il avait entendu mes pensées, il passa devant moi et l'ouvrit. Je ne pus retenir un murmure de stupeur et de joie. Les étagères étaient encore remplies de boites rondes débordant de tissus de toutes sortes, des chaussures, magnifiques œuvres d'arts, reposaient sur des coussins aux couleurs pastel et des sacs plus beaux les uns que les autres contenaient des corsets et de magnifiques robes. A contre cœur, je refermai cette caverne d'Ali Baba et me tournai à présent vers un secrétaire dont les tiroirs explosaient sous la quantité de papier entreposés. Des livres étaient encore ouverts à la page où elle les avait posés, et également une lettre sur laquelle je distinguai une grosse tache d'encre, laissée par une plume abandonnée à même le papier. Didyme avait-elle été surprise pendant sa rédaction ?
J'allai me retourner vers mon créateur et le remercier de m'avoir fait entrer dans ce sanctuaire, quand mes yeux s'arrêtèrent sur un tableau pendu au mur.
- C'est elle ? Demandai-je.
- Oui, c'est Didyme.
Une femme d'une exceptionnelle beauté, posait de trois quart, occupée à natter ses longs cheveux brun corbeau, auprès d'une fenêtre, dans la lumière du soleil. Les traits de son visage étaient fins et délicats, reflétant une gentillesse d'ange. Elle portait un superbe ensemble, composé d'un corset noir aux liens rouge qui se croisaient harmonieusement dans son dos, retenant une poitrine généreuse, et laissant apparaître une peau pâle, et d'une jupe d'un même carmin brillant au discret motif florale noir qui moulait parfaitement la cambrure de ses reins.
- C'est étrange, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu…
- Tu reconnais sans doute les habitudes du peintre. Vermeer a peint une série de tableaux semblables, mais celui-ci est le plus osé qu'il ait jamais réalisé, à ma demande d'ailleurs.
- Vermeer ? Vous plaisantez ?
- Pas du tout ! Me répondit il moqueur. J'ai dû négocier pendant des semaines et payer une fortune pour qu'il accepte, mais Didyme ne voulait que lui.
- J'imagine. D'après ce que je sais de lui, il avait un caractère plutôt sanguin… Mais, vous lui avez révélé l'existence des vampires ?
- Non, par chance, il a peint Didyme une semaine de mauvais temps, il n'a fait qu'imaginer la couleur de sa peau au soleil. Je l'entends encore pester contre la grisaille…
Marcus avait encore bien des secrets à me révéler et je n'aurai sans doute pas assez d'une éternité pour qu'il me les dévoile tous. Quittant le boudoir, il me conduisit ensuite à l'étage et j'allai de surprise en surprise. En haut de l'escalier je découvris un salon illuminé par le soleil qui pénétrait par une coupole vitrée au plafond, faisant briller instantanément la peau de mon visage et de mes mains. Le mobilier ici aussi datait du XVIIIeme siècle, deux canapés entouraient une table basse posée sur un tapis moelleux. Des chandeliers dorés et une boite à bijoux reposaient sur une cheminée au fond de la pièce. La porte à droite s'ouvrait sur une gigantesque bibliothèque, dont le parquet représentait le soleil et ses rayons, par une alternance les lattes claires et sombres. La lumière était douce, filtrée par les vitraux de couleurs vives de la façade. En m'approchant davantage, je constatai qu'ils représentaient Marcus et Didyme.
- N'y vois rien de narcissique. Nous sommes simplement dans ce qui est, aux yeux des humains, la chapelle du palais. Il fallait donc des vitraux, et je ne voulais pas de Saints ou de Saintes dans ma bibliothèque. Et après tout, je suis le sauveur de Volterra !
Cette réflexion me fit sourire. J'imaginais difficilement un vampire originaire d'Irlande, bercé dans la magie et les comptes gaélique, croire en n'importe quel dieu. Il me fit visiter ensuite ce qui allait être « mon domaine », composé d'un salon particulier et d'une salle de bain d'un luxe auquel je n'étais pas habituée.
- Merci Marcus, je n'en espérai pas autant.
- Ne me remercie pas, c'est tout à fait normal. Ce que je disais à Aro toute à l'heure, je le pensais réellement. Même si tu ne t'en es pas rendu compte, puisque tu ne me connaissais pas avant, mais ta présence depuis dix ans à allégé la peine que j'avais au fond de mon cœur, même si elle est encore bien présente et ne pourra jamais disparaître. Je te dois beaucoup.
Je baissai la tête, gênée par ces paroles. Heureusement, il ne me fixa pas longtemps et poursuivit.
- La porte voisine donne sur la partie de Démétri et la suivante sur la mienne. Nous allons vivre les uns sur les autres, cela te conviens t-il ?
- Je devrais pouvoir m'y faire ! Lui dis-je en riant. Je vous ai supporté à Culdaff, je devrai pouvoir continuer ici…
- Parfait ! Je te laisse donc à tes occupations, tu peux aller et venir comme tu le désires et dans tout le palais. Je pense qu'à présent, après la petite présentation que tu as faite tout à l'heure, tu seras tranquille pour un long moment.
Il se retourna et prit la direction du boudoir de Didyme.
- Ho j'allai oublier, je t'ai laissé un petit cadeau de bienvenue dans ton petit salon. A plus tard Nelly !
S'éclipsant ensuite, il me laissa seule. Je me précipitai alors jusque dans ma chambre et découvris une petite boite déposée sur la table basse, accompagnée d'un petit mot: J'ai le souvenir d'un superbe dérapage avec ma voiture dans les graviers de Culdaff, amuse-toi avec la tienne à présent…Et un petit bijou de technologie pour nous joindre à tous moment Démétri et moi. Marcus.
J'ouvris la boîte, qui contenait un trousseau de clé et un téléphone portable. Une voiture ? Marcus m'offrait une voiture ! J'aurai voulu courir et lui sauter au cou, mais mon créateur rêvait sans doute d'un peu de tranquillité. Saisissant un papier et un crayon, j'y notai « Mille merci » et le glissai sous la porte du boudoir et filai ensuite chercher Démétri.
L'angoisse de rencontrer quelqu'un me tenait au ventre, mais abritée par ma capuche je savais que je ne risquais rien. Inspirant profondément, j'essayai de retrouver la trace de mon ami, ou petit ami ? Je ne savais pas trop ce que nous étions… Son odeur se fit plus forte dans mes narines et je me mis à courir, impatiente de le rejoindre. Je n'étais plus loin, je le sentais tout proche, il devait encore être près des trônes, dans la tour.
- Démétri, je…
Non !!!! Il était bien là, enlaçant une charmante vampire. Comment avais-je pu me laisser berner de la sorte ? Mes sentiments m'avaient aveuglée, comment avais-je pu croire qu'il m'aimait ? Mais que j'avais été stupide. Je fis aussitôt demi tour, laissant tomber les clés au sol, mais au lieu de retourner dans les appartements de Marcus, mes pas me conduisirent dans mon ancienne chambre, celle du temps de ma torture. Peut être parce que mon cœur retrouvait la même sensation d'abandon… Rien n'avait changé, le lit, le bureau et même le stylo, tout était toujours à la même place que le jour de mon départ. Aro n'avait sans doute pas trouvé de nouvelle victime pour jouer. Je m'effondrai donc sur le matelas, soulevant au passage un nuage de poussière et me mis à sangloter.
A peine une minute plus tard j'entendis la porte se refermer et Démétri s'allongea à coté de moi.
- Hey Nelly, que ce passe t-il ?
Je ne lui en voulais pas, pas à lui, mais à moi. Ma stupidité me désolait.
- Je suis une idiote c'est tout ! Arrivai-je à articuler.
- Mais pourquoi dis-tu ça ? Je ne comprends pas.
- Je pensai que… Mais je me suis trompée.
Ses mains se posèrent sur mes poignets et avec ses pouces, il traça des cercles rapides sur ma peau blême. Il ne me répondit pas, je relevai donc la tête et croisai aussitôt ses yeux, comme s'il m'attendait. Sa main droite lâcha alors la mienne et vint essuyer une larme invisible sur ma joue.
- Tu m'as vu dans les bras de Chelsea c'est bien ça ?
D'un mouvement de tête, je répondis positivement à sa question. Un petit rire cristallin s'éleva alors de sa gorge.
- Serais-tu jalouse Nelly Volturi ?
Je détestais quand il m'appelait ainsi, c'était pourtant le nom que donnaient à présent mes papiers d'identité, mais Démétri ne l'utilisait que pour me faire enrager. Ma langue se délia aussitôt, mais mon corps était encore soulevé par les spasmes d'une invisible crise de larmes.
- C'est vrai, c'est de la jalousie. Je t'ai eu pour moi toute seule pendant dix ans, te partager va être difficile. Et puis, j'ai cru que nous étions devenus plus que des amis… La peur de ce retour m'a fait voir n'importe quoi.
- Chelsea n'est qu'une amie, mais toi, tu es plus que ça à mes yeux. D'ailleurs, je n'embrasse aucune de mes amies ainsi!
Ses lèvres se déposèrent alors sur les miennes, et ses bras se refermèrent autour de ma taille pour mon plus grand plaisir. Plus encore que la veille, le goût du sang humain qui émanait de sa bouche réveilla des envies enfouies au fond de ma gorge.
- Tu viens de chasser ?
- Chasser est un grand mot… Mais en effet, après votre départ précipité avec Marcus, Heidi a rapporté une vingtaine de touristes appétissants. Je n'ai pas pu résister.
Sans écouter vraiment sa réponse, je me mis à l'embrasser fougueusement, perdue par l'attraction de ce délicieux nectar encore présent sur chaque cellules de sa bouche. Incapable de me contrôler davantage, je mordis doucement sa lèvre sans même m'en rendre compte.
-Elly, chi chavais voulu chun perching, che te ch'aurais chemander chavant.
Se charabia me tira de mon état second et je relâchai aussitôt ma prise. Démétri se mit à alors à masser l'endroit de ma morsure, mais il souriait toujours. Moi, j'étais remplie de honte.
- Ne t'inquiète pas, je ne ressens aucune douleur, ton venin est particulièrement anesthésiant. J'en redemanderais presque… Mais, il y a plus important à faire pour le moment. Tu as perdu ça tout à l'heure !
Il tenait dans ses mains les clés que j'avais laissé tomber en le voyant avec Chelsea.
- Tu n'es pas pressée de voir ce à quoi elle ressemble.
- Si bien sur, tu m'accompagnes ?
- Hé comment ! Je ne manquerai ça pour rien au monde, où alors si… Pour un autre de ces baisers dont tu as le secret.
D'un geste sec, je m'emparai du trousseau de clé pour mettre un terme à sa sottise.
- Comme tu voudras ! Ria-t-il.
Quatre secondes plus tard, je fermai pour la dernière fois la porte de la chambre, souvenir de ma vie de torture, pour la dernière fois.
Quatre minutes plus tard, je me trouvai devant une magnifique Porsche bleu turquoise. J'en sautillai de plaisir comme une enfant devant le cadeau de mon créateur. Elle était tellement belle, la carrosserie brillait et l'intérieur sentait le neuf.
Quatre heures plus tard, je roulai sur les routes italiennes à pleine vitesse, accompagné par le vampire le plus sympathique du monde. Riant aux éclats tous les deux, insouciants, bien loin des soucis de l'avenir.
Quatre mois plus tard, nous mettions fin à notre relation amoureuse Démétri et moi. Sans dispute, sans pleurs, et presque sans peine. Même si je m'éloignai de mon passé, mon amour pour Léo me hantait toujours. J'aurai voulu lui dire, trouver les mots pour lui expliquer ce que je ressentais au fond de mon âme mais Démétri me connaissait par cœur et compris parfaitement ce que je traversais.
- Je ne pourrais jamais le remplacer Nelly, tu l'aimes encore et même si tu as des sentiments pour moi, je sais que tu as l'impression de le tromper quand tu es dans mes bras.
- C'est vrai, mais laisse-moi l'oublier et je pourrais ensuite mieux tout te donner.
-Sois réaliste, tu ne pourras jamais l'oublier. Regarde Marcus, cela fait deux cent ans et sa peine et toujours la même. Vous vous ressemblez énormément sur ce point.
- Je suis désolée Démétri, si j'avais su que le temps ne m'aiderait pas à refermer mes blessures, jamais je ne t'aurais avoué mes sentiments sur la plage, à Culdaff. Tu n'aurais pas eu à souffrir de tout ça.
- Je n'en souffre pas Nelly ! Même si bien sur j'aurais préféré que Léo disparaisse de ta tête mais si je peux te garder comme amie fidèle, la plus proche de toute, alors je ne t'aurais pas tout à fait perdue.
Poussé par un sentiment de gratitude et par habitude, je me jetai dans ses bras.
- Je t'aime Démétri.
- Moi aussi je t'aime… Petite sœur!
Sans ambiguïté, nous étions redevenus des amis, du moins dans l'intimité des appartements de Marcus et à l'extérieur du palais, jamais devant les autres vampires de Volterra. Pour eux Démétri était resté le vampire obéissant qu'il avait toujours été, froid et cruel, totalement dénué de sentiments
Quatre ans plus tard… Je vivais toujours à Volterra, mais désespérément seule. Marcus avait repris son rôle de souverain au coté de ses frères, et le peu de temps qu'il lui restait il le passait pour moitié dans le boudoir de Didyme et le restant avec moi. Ce qui au final n'était pas énorme, trop peu à mon goût. Mais ces moments étaient toujours mes préférés. Il continuait de m'enseigner ses connaissances en art et j'adorais l'écouter me conter sa vie et ses expériences. Démétri, lui, était souvent en mission, pour le service d'Aro, mais pendant les rares instants que nous passions ensemble, je retrouvais mon ami, mon frère, mon confident. Il aimait dire que j'étais toujours avec lui, puisque je le harcelais au téléphone plusieurs fois par jour, pour avoir de ses nouvelles, quand il était dans un pays lointain, à la recherche de je ne sais quel vampire récalcitrant aux règles des frères Volturi. Pour tous les autres, je n'existais pas ou bien ils oubliaient que j'existais, tel un fantôme dans le palais, je ne sortais que rarement des appartements de mon créateur et si je le faisais, j'utilisais toujours mon don pour éviter les regards haineux des vampires volterriens.
Pour Marcus, j'avais repoussé au fond de ma tête mes idées de vengeance, pour me concentrer sur la traque du meurtrier de Didyme. Mais mes recherches étaient restées infructueuses jusqu'à présent. Les seuls indices que j'avais pu trouvé dans le boudoir ne menaient à rien de sérieux. Il nous faudrait user d'une autre tactique pour découvrir la vérité…
Depuis une semaine j'avais quitté le palais pour aller chasser en Norvège. Des proies plus grosses calmaient ma soif plus facilement que le petit gibier que je trouvais aux alentours de Volterra. De plus Démétri était parti lui aussi en mission, rien ne me retenait donc là-bas, sauf Marcus. Mais il m'avait lui-même poussé à m'éloigner quelques jours pour rompre avec la monotonie de ma vie.
Assise au bord d'un magnifique fjord, je regardai le soleil se coucher sur cette magnifique journée d'Avril. Je ne risquai pas de me faire voir, perdue ainsi au milieu de la forêt à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche, je me sentais donc particulièrement zen. Etre ainsi au milieu de la nature me ressourçai, me faisant presque oublié que j'étais morte il y dix huit ans. Au loin, je vis un gros lynx, m'apprêtant à le chasser pour en faire mon repas du soir, je stoppai aussitôt mon geste quand je vis apparaître un bébé quelques mètres derrière. J'utilisai même mon pouvoir pour m'approcher et les regardai passer devant moi. Une fois qu'ils quittèrent mon champ de vision, je me mis en quête d'un élan ou d'un ours pour satisfaire ma soif…
Une fois ma chasse terminée, je rentrai en courant jusqu'à la ville où j'avais loué une petite chambre. Le vent frais et humide sur mon visage me rappela une nuit en Irlande, lorsque Démétri m'avait donné ma première leçon. J'en gardais un merveilleux souvenir. Je regrettais le temps de nos années à Culdaff, sereines et tranquilles, loin des manipulations qu'il pouvait y avoir à Volterra. J'envisageais même de demander à Marcus de me donner l'autorisation de retourner là bas pour quelques années, mais je voulais d'abord identifier l'assassin de Didyme.
Une lumière clignotante sur mon téléphone attira mon attention et m'inquiéta aussitôt. Seuls, Marcus et Démétri avaient mon numéro et jamais ils ne m'appelaient, j'étais toujours à l'origine de nos conversations téléphoniques. Je composai rapidement le numéro de la messagerie et entendis Marcus me demander de rentrer immédiatement à Volterra, mais il ne me précisait pas pourquoi. Je le rappelai et sans prendre le temps des présentations d'usage je lui demandai :
- Marcus que se passe-t-il, je viens d'avoir votre message et…
- Prends la route tout de suite Nelly !
- Mais pourquoi ? Demandai-je affolée.
- Je ne te dirais rien par téléphone ! Presse-toi, je t'en conjure.
- Démétri va bien ?
- Ce n'est pas Démétri, rassure-toi. C'est tout autre chose.
- Je pars tout de suite, je devrai être à Volterra demain avant midi.
Dans une explosion sourde, je démarrai la Porsch et filai en direction de l'Italie, ne m'arrêtant que pour faire le plein avant de repartir de plus belles sur les routes. Je me posai milles questions sur ce qu'il pouvait se passer pour que mon créateur me rappelle ainsi, il ne l'avait jamais fait. Quand le soleil se leva, je repassai ma cape et rabattis la capuche sur ma tête, ne prenant pas le risque de me mettre à briller. J'arrivai à Volterra, enfin, il était presque midi. Une foule impressionnante était réunie pour célébrer la fête de la saint Marcus et circuler dans les petites ruelles de la ville était presque impossible. J'essayai de garder mon calme, mais je n'avais qu'une envie, tous les dévorer pour arriver plus vite auprès de mon maître. A grand coup de klaxon je réussis à remonter les rues jusqu'à un barrage.
- Impossible d'aller plus loin mademoiselle, les rues sont bloquées le temps des festivités.
Fouillant rapidement dans mon sac, j'en sortis mes papiers d'identité qui indiquait mon lieu de résidence, fictif bien entendu, mais dans une rue voisine du palais. La population ignorait qui habitait sous le cloché de la Piazza Del Priori et elle ne devait pas le découvrir.
- Je ne suis pas une touriste, alors laissez moi passer. Lui ordonnai-je.
Ne souhaitant pas m'importuner davantage, il me laissa passer sans un mot de plus. Doublant une Porsch jaune canari, je m'engouffrai dans les rues bondées jusqu'au garage des Volturi, situé dans une impasse, toujours aussi bien dissimulé aux yeux des passants. Sans attendre, je me précipitai dans les appartements de Marcus, en empruntant les couloirs les moins fréquentés pour ne croiser personne. Je trouvai mon maître dans le boudoir de Didyme, la mine pâle et tiré par l'angoisse.
- Nelly enfin tu es là !
Il me serra dans ses bras, chose qu'il ne faisait que rarement. Il devait s'être passé quelque chose de vraiment grave.
- Marcus, dites-moi ce qu'il se passe. S'il vous plaît, l'attente me rend folle.
- C'est Bella !
Trois grands coups frappés à la porte le stoppèrent dans ses explications, mais il n'en fallut pas plus pour comprendre. Bella… Ma fille, il était arrivé quelque chose à ma petite fille. Prise d'une colère noire, j'allais ouvrir la porte pour renvoyer immédiatement ce dérangeur. C'était Félix.
- Aro demande Marcus auprès de lui.
- Et bien tu peux dire à Aro que son frère n'est pas disponible pour le moment.
- Nelly, Félix n'y est pour rien. Je dois y aller ! Viens avec moi, je te raconterais en chemin. Va Félix, je vous retrouve dans la salle du trône dans quelques minutes.
Sans un mot de plus, ce dernier retourna sur ses pas et prit la direction des appartements de Caius.
- Expliquez-moi Marcus, je vous en prie, qu'est-il arrivé à Bella ?
Mon maître déposa alors ses mains sur mes épaules et fixa son regard dans le mien.
- Elle est morte Nelly.
- Quoi ?...Non, non vous devez vous trompez, c'est impossible. Démétri, où est Démétri ?
- Calme-toi, calme-toi. N'oublie pas la mère de cette jeune femme est morte elle aussi, ce sont tes propres mots.
- COMMENT POUVEZ-VOUS ME DIRE CA ? Hurlai-je.
Alors que ne m'y attendais absolument pas, Marcus me gifla. Honteuse du comportement que j'avais eu envers lui je me mis à disparaître lentement.
- Nelly ça suffit ! Tu vas m'accompagner auprès d'Aro, je refuse de te laisser seule dans cet état. Nous verrons après ce que nous pouvons faire pour que tu puisses lui rendre un dernier hommage.
Se tournant alors vers la porte, il me prit par la main, encore légèrement visible et m'entraîna avec lui.
- Inutile de me ternir Marcus je vous suis…
Ce que je fis sans broncher. Je ne réalisais pas encore ce que cela voulait dire… « Elle est morte »… ces mots résonnaient dans ma tête sans que mon cerveau ne les assimile. Sagement je suivis Marcus, invisible aux yeux des autres et c'était bien mieux ainsi. Caius nous rejoignit, et ensemble nous entrâmes dans la salle de trône. Perdue dans mes pensées, je ne jetai qu'un regard distrait sur les trois personnes qui nous tournaient le dos alors que nous entrions.
- Marcus ! Caius ! Regardez ! Bella est vivante, finalement, et Alice l'a accompagnée ! N'est pas fantastique ?
Vivante ? Bella était vivante ! Relevant alors la tête, je dépassai les trois jeunes gens et je là vis… Ma fille…
