Je sais combien il est frustrant pour un lecteur d'attendre un nouveau chapitre (surtout sur une histoire où les choses avancent aussi lentement qu'ici). Mais les temps sont pas mal compliqués pour moi actuellement, ne me laissant pas une minute pour m'atteler à mes fanfics. Et malheureusement, cela ne va pas s'arranger avant la mi-février. -_-
En attendant, c'est non sans émotion pour moi que je réalise que ce 15-janv, cela aura fait un an très exactement, que je me suis levée un matin d'hiver pour écrire non-stop jusqu'au soir la 100ène de pages composant le noyau de cette histoire après l'avoir en quelque sorte « visionnée » ma nuit entière. ^-^''
Vous excuserez aussi le titre de ce chapitre, clin d'œil appuyé à l'annonce de la reprise de GOT et à son trailer vu ce matin, qui m'a poussé à le changer à la dernière minute. lol
Enfin, comme toujours un TRÈS GROS MERCI à tous les lecteurs, pour votre patience !
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UNE AUTRE ÉPOQUE
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L'hiver vient
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En ce petit matin, il était une évidence que le solstice d'hiver approchait à grands pas. Cela impliquait des journées de plus en plus privées de lumière et des matinées sombres comme la nuit. Pour autant, la vie au sein du château se réveillait, imperturbable, rythmée aux sons des carillons.
Pour le couple nouvellement rapproché, le réveil n'en resta pas moins plus difficile que les précédents. La chaleur partagée dans le cocon fait de leur corps mêlé ne les encourageait guère à se lever.
Pour Felicity, plus qu'à l'habitude, c'est une lassitude extrême qui emprisonnait son corps. Elle était encore si épuisée, malgré la nuit paisible dont ils avaient profité peu après leur dîner privé. Peu disposée à se lever, la gorge étonnamment râpeuse et le nez piquant, c'est finalement inconsciemment qu'elle se blottit un peu plus encore contre le torse ferme contre lequel il était si bon de se reposer. Rien qui ne soit vraiment nouveau, pouvait-elle admettre. Ayant eu ce réflexe de chercher la chaleur de son compagnon de nuit depuis leur arrivée en ces lieux.
Ce qui était moins habituel était le bras pressant sa taille pour mieux affirmer ce rapprochement, et la main caressant le bas de ses reins. Le soupire commun accompagnant ce maigre mouvement traduisit toute leur satisfaction à avoir brisé cette barrière invisible qu'ils s'imposaient jusqu'alors. Malgré les souvenirs de ce qu'ils avaient fait la veille, Felicity n'en rougit pas moins à cette nouvelle appétence assumée d'Oliver pour les câlins... aussi prude fût-il, à cet instant.
- Ce matin, c'est moi qui n'ai aucune envie de me lever. lui avoua-t-il alors, dans un murmure, tandis qu'il déposait un baiser amoureux au creux de son cou en guise de salutation.
- Il y a encore tant à faire.
- Hélas. Oui.
Se forçant bien malgré lui à bouger, Oliver s'habilla tout aussitôt. L'air frais ayant rempli la pièce, il n'était guère appréciable de trop traîner en tenue de nuit. Avec le soleil manquant, ils ne pouvaient plus compter sur ses rayons pour les réchauffer au petit matin. Ne faisant pas attention au fait que Felicity s'était, pour sa part, à peine extraite de la chaleur de leurs draps, couvrant aussitôt la chemise de nuit portée de son vieux châle. C'est avec impatience qu'il extirpa de son coffre nombre de paquets qu'il posa sur le lit.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda finalement Felicity.
- Juste quelques petites choses qui pourraient t'être prochainement utiles. Je voulais te les donner hier soir, les ayant réceptionnées dans l'après-midi. Mais des évènements imprévus m'ont quelque peu fait oublier leur existence.
Pour marquer ses paroles, Oliver l'embrassa naturellement sur les lèvres, avant de lui offrir un grand sourire complice. Il était encore amusant de voir combien elle rougissait au simple rappel du flirt partagé la veille.
- Ouvre ! l'invita-t-il, impatient qu'elle découvre ses présents.
Réalisant pour sa part qu'il s'agissait de paquets renfermant des vêtements et chaussures, Felicity le lui reprocha gentiment.
- Ne devais-je pas m'occuper des quelques pièces manquant à ma garde-robe ?
- Oh, mais le tailleur attend toujours tes souhaits. Il s'agit là de ma commande à moi pour toi.
- Oliver...
- J'ose croire bien te connaître, à présent. Et je sais sans l'ombre d'un doute que si je ne l'avais pas fait, il nous faudrait attendre l'hiver prochain pour que tu penses à te procurer une pelisse digne de ce nom.
- Bien sûr que non. répondit-elle d'un ton outré, bien trop poussé pour être crédible.
Au regard insistant d'Oliver, Felicity eut du mal à lui tenir tête. Il avait tellement raison quand il disait qu'elle n'avait pas ce type de priorité en tête.
- Sauf que comme déjà dit, l'hiver est assez vif dans nos contrées. On sera bientôt couvert de neige. Et crois-moi. Ces petites bottines que j'ai pu te dégoter, il y a quelques mois, ne te permettront pas de sortir dehors. Alors, à moins que tu ne veuilles rester coincée à l'intérieur toute la prochaine saison...
Au regard d'horreur offert pour réponse, Oliver n'eut aucun doute quant à ses actions.
- Quoi qu'il en soit, attends déjà de voir de quoi il s'agit avant tout jugement.
- Bien.
Ouvrant d'abord le plus épais des paquets, détachant pour cela la corde liant une petite toile de lin, elle découvrit un magnifique manteau à capuche d'un rouge soutenu, légèrement cintré à la taille. En croûte de cuir teinté à l'extérieur, son intérieur était entièrement doublé d'une fourrure de martre. Tandis que les extrémités de ses manches et du col étaient bordées d'une fourrure plus épaisse, sans doute de renard. [1]
- C'est réversible, si tu préfères la fourrure à l'extérieur. lui précisa Oliver
La douceur qui s'en dégageait était exceptionnelle, au point que Felicity ne puisse se retenir de passer en une caresse un pan du vêtement sur sa joue. À n'en pas douter, le porter serait réconfortant et chaud. Comme elle devinait sa résistance à la pluie et aux vents glacés. Nul doute qu'elle aurait apprécié pareil atout dans les montagnes des Lance. Malgré l'aspect pratique avec ses grandes poches et sa vaste capuche, la coupe n'en était pas moins féminine et les coutures invisibles. Un travail d'orfèvre. Pour autant, il était difficile de ne pas avoir le cœur serré à l'idée de tous ces animaux écorchés ayant permis de produire pareil ouvrage.
Ne doutant guère de ses pensées, aux yeux bleus jusqu'alors animés par la joie, venant de glisser dans la mélancolie. Oliver crut bon de préciser l'évidence.
- Tu sais qu'ils sont avant tous chassés pour leur viande. C'est respecter leur valeur que de s'assurer que tout est exploité.
- Je sais.
Lui offrant un sourire mesuré, Felicity le lui confirma un peu plus. Oliver avait raison. À quoi bon tuer des animaux dont ils se nourrissaient et ne pas exploiter par ailleurs tout ce qu'ils offraient. Elle savait qu'en plus des peaux, leurs os permettaient de concevoir du savon et leur graisse du combustible, quand les tendons des mammifères les plus grands offraient eux des liens résistants aussi très utiles...
- Merci pour ce bien précieux.
S'attelant avec un peu plus d'empressement au second paquet, elle y découvrit une élégante cape d'un bleu foncé. Façonnée dans une feutrine de laine cardée, elle serait tout aussi résistante à la pluie et au vent que le manteau en cuir, l'imposante chaleur en moins. De quoi remplacer agréablement son maigre châle, qui depuis son expédition en montagne montrait de sérieux signes de fatigue avec ses nombreuses anicroches.
Poursuivant son déballage, elle découvrit des bottes de cuir hautes dédiées à l'équitation. Mais aussi des bottines, qui à l'image du manteau, étaient doublées de fourrure jusqu'à leur pointe. Ainsi que des chaussures d'intérieur dénuées de talon et deux paires de souliers en cuir ciré rouge et vert pouvant parfaitement se conjuguer avec ces deux plus belles toilettes. L'homme avait fait des folies.
- Oliver ! C'est beaucoup trop !
- À peine le minimum nécessaire pour crapahuter ici. Car crois-moi, tout cela te sera indispensable très bientôt. Si tu penses qu'il a fait froid cet automne, attend de voir dans quelques jours et au cœur de l'hiver ce qu'il en sera.
- Ces souliers de fantaisie ne sont clairement pas vitaux à la survie hivernale de mes pieds !
- Qu'en sais-tu ? Tu n'as encore jamais partagé une soirée dansante avec toutes les harpies du comté !
- Quand bien même... Tu n'aurais jamais du.
- Prend donc cela comme quelques cadeaux complémentaires pour ton anniversaire passé.
- Comme si tu ne m'avais pas déjà couverte de présents.
En l'occurrence, Oliver estimait qu'il n'en était rien. Il avait juste suivi le conseil de leurs amis communs en ne faisant pas état de cet évènement auprès du reste de sa famille, quand cela avait eu lieu quelques semaines plus tôt. [2] Pour autant, il avait tenu à marquer ce jour. Aussi, à défaut de bijoux ou tout autre objet trop « personnel » et « intime » qu'il craignait inadapté, alors que leur rapport n'était pas encore clairement défini. Il avait plutôt fourni à la jeune femme tout le matériel nécessaire à sa fonction officielle. Un point qu'elle prenait très au sérieux depuis leur retour en ses Terres.
Si par manque de temps, en raison des travaux d'ampleur, elle s'était jusqu'alors limitée à venir en aide aux quelques blessés que ce type d'activité de masse générait toujours. Il était convenu que cet hiver elle rencontrerait chaque personne vivant au domaine, qu'il s'agisse du personnel ou des membres de leur famille, pour faire un état des lieux de leur santé et ouvrir pour chacun un dossier de suivi.
Sauf que sa jeunesse et inexpérience l'inquiétait. Raison pour laquelle, Oliver lui avait très officiellement offert l'ensemble des ouvrages auparavant utilisés par leur médecin, depuis partit rejoindre ses petits enfants dans une ville voisine plus proche de la côte et aux hivers moins rudes.
À cela, s'était ajoutée une besace en cuir remplie d'un matériel neuf dédié à sa fonction. Des aiguilles, pinces et autres scalpels qu'il avait fait faire à son intention par un forgeron coutelier de précision ayant son atelier en ville. Il avait aussi commandé au couvent même où Felicity avait été cloîtrée cinq ans durant, de nouveaux ouvrages qu'il espérait recevoir d'ici à l'été.
Dans l'attente, quand l'hiver s'abattrait sur le domaine alors même que les travaux du château commenceraient par son toit. Il était convenu que ces derniers se poursuivraient, aile par aile et surtout étage par étage. Ainsi le reste du château resterait-il fonctionnel, pour loger tout à chacun et permettre à tous de vaquer à leurs occupations. Oliver avait dans cette idée, temporairement aménagé une chambre au premier étage de l'aile nord, à destination de la jeune femme pour qu'elle y reçoive ses patients. Ce qu'il ne lui avait pas encore dit. C'est qu'il était surtout bien décidé à confier au personnel en ayant les capacités, rejoint au besoin par quelques ouvriers vivant en ville, la mission de construire une petite bâtisse non loin de leur nouvelle caserne. De quoi offrir à Felicity son propre espace. Suffisamment reculé pour permettre à ses futurs patients de la visiter en toute discrétion, pour les plus timides. Tout en restant assez proche de la Garde pour qu'on puisse venir à son aide au moindre cri. Il comptait adjoindre au nouveau lieu, un étage conséquent pour créer des chambres de rétablissement, en complément d'une vaste salle au rez-de-chaussée permettant de réunir plusieurs dizaines de personnes en une sorte de camp de fortune. L'homme n'était pas dupe que ce lieu pourrait tout autant devenir un site plus viable que le réfectoire pour ses classes clandestines.
Revenant à leur échange, Oliver observa la jeune femme ranger avec soin ses nouvelles possessions dans la malle posée de son côté de leur chambre. La même qui contenait les vêtements offerts jadis chez les Merlyn.
L'observant revenir s'asseoir au pied du lit, Oliver comprit qu'il y avait là signe d'inquiétude dans sa posture tendue. S'asseyant à ses côtés, il la bouscula à peine pour attirer son attention.
- Hé... Dis-moi.
- Ce n'est rien.
- Laisse-m'en seul juge.
- Peux-tu... cesser de me faire ainsi de si beaux cadeaux ?
- Pourquoi ? N'est-ce pas mon rôle en qualité d'époux ?
- Sans doute. Je ne sais pas. C'est juste...
- Que tu estimes ne pas les mériter ?
Au soulèvement d'épaules obtenu pour réponse, Oliver savait avoir fait mouche.
- C'est juste que je voudrais que mes biens soient le fruit de mon travail et non des impôts payés par plus pauvres que moi.
- Je tâcherais de prendre ce point en compte à l'avenir. Mais concernant tes frais courants...
- Je trouverais un moyen de me faire un peu d'argent pour cela. l'interrompit-elle. Ne t'en préoccupe pas.
- Oh, mais je sais que tu trouveras sans mal cet argent.
Surprise d'une telle preuve de confiance, Felicity se redressa un peu plus quand la conclusion d'Oliver la prit par surprise.
- Puisque dès la semaine prochaine, et ta prise de fonction officielle comme guérisseuse de notre domaine, tu recevras ta propre solde.
- Quoi ? Oliver, non... Nous avions acté que nous ne ferions pas payer le personnel.
- Personne ne rétribue le capitaine ou les membres de la garde, alors que tous profitent de leur protection. À l'identique, personne ne vient plus payer sa pitance aux cuisinières. Mais ces dernières ne travaillent pas pour autant par charité. C'est le domaine et donc moi-même qui en assume l'appointement. Comme il en sera de même pour toi !
- Mais le précédent médecin était payé par ses patients.
- Habitudes que nous avons changées, à ta demande, pour le bien de tous.
- Mais je ne l'ai pas demandé pour ça.
- Je sais.
Embrassant le bout de son nez, Oliver était particulièrement fier de cette décision. Même s'il devait avouer avoir eu besoin de plusieurs mois et là encore, d'un coup de pouce de Diggle, pour réaliser qu'il payait tout le monde pour son travail, sa femme mise à part. Or contrairement à sa mère, qui usait d'une pension et de ses propres biens, dont l'imposant domaine des Dearden chaque année créditeur grâce à ses nombreux troupeaux de moutons producteurs d'une laine de qualité. Où à sa sœur Théa, qui vivait allégrement à ses frais sans se soucier d'où provenait l'argent. Felicity n'avait, elle, toujours rien dépensé depuis son arrivée. Que ce soit à ses frais, faute de moyens propres, ou sur son compte à lui, s'y refusant à l'évidence. Une fois ce constat fait, il n'était dès lors plus très difficile de comprendre pourquoi elle tardait tant à répondre aux attentes impatientes de leur tailleur. Oliver espérait qu'en la laissant gérer son propre budget, il arriverait enfin à la libérer progressivement de ces contraintes qu'elle s'auto-infligeait depuis cette consigne imposée par Merlyn.
- Dis-toi que si je ne te payais pas pour ta fonction, tout le monde ici douterait de ton sérieux. Aucun médecin ou guérisseur digne de ce nom n'accepterait de travailler pour rien, sauf à vouloir empoissonner son prochain.
- Tu crois ?
- Une certitude !
- Oh.
- Tu pourras ainsi enfin te commander de nouveaux vêtements, sans plus avoir de scrupules à ma destination, ou le sentiment de spolier le bon peuple des Terres Queen. Tu pourrais même soudoyer les gamins du domaine pour qu'ils aillent récolter pour toi, une partie de ces plantes dont tu as si souvent besoin. Si c'est faisable, bien sûr. Tu leur permettrais ainsi de gagner quelques sous.
- C'est effectivement une bonne idée. Tout le monde d'un peu dégourdi peut collecter de l'écorce de saule ou des racines de valériane.
Oliver savait que lui intimer l'idée de reverser une infime partie de sa rétribution à destination des enfants saurait définitivement la convaincre d'accepter cette rémunération. Les travaux terminés, il était d'ailleurs question d'augmenter la solde des membres les plus importants de son entourage. Au risque d'être accusé de favoritisme, il était bien décidé à ce que le capitaine de la garde et leur guérisseuse en profite en priorité, de par l'importance de leur rôle bien sûr.
Sentant un poids contre son épaule, Oliver fut surpris de voir Felicity s'affaler de la sorte sur lui. C'était si loin de toutes ses habitudes, une fois qu'ils sortaient du lit. Apposant par réflexe ses lèvres à son front, ce qu'il découvrit l'ennuya quelque peu. S'éloignant à peine, il apposa alors le dos de sa main pour obtenir le même résultat. Elle semblait supporter un coup de chaleur quand par ailleurs, le feu était mort durant la nuit. Et le sujet du moment n'incitait aucun nouveau rougissement, pourtant toujours bien présent sur ses joues.
- Tout va bien ?
- hum hum...
- Sûre ?
- Juste un peu fatiguée, peut-être.
Soupirant, Oliver pouvait facilement le lui accorder.
- À force de traîner aussi mal couverte, il fallait s'y attendre. Juste surpris que ce ne soit pas arrivé plus tôt.
- De quoi tu parles ?
- Il n'y a pas un serment qui veut que les guérisseurs prennent soin d'eux ?
- Je ne suis pas malade.
- Quand vas-tu cesser de me mentir si éhontément ? Ne t'ai-je pas déjà dit que cela se voit trop facilement sur ton visage ?
- Je n'ai rien qui ne puisse passer en un jour ou deux avec quelques tisanes.
- Fais-moi quand même la faveur de te reposer un peu, aujourd'hui.
- Je ne peux pas. Nous avons encore les écuries à rafraîchir et je dois commencer à voir mes patients.
- Rien qui ne puisse attendre quelques jours.
- Mais...
- Mais les écuries et tes patients en parfaite santé - eux - seront toujours là, demain. Regarde-toi ! Tu es épuisée de bon matin. Pourquoi t'imposer un tel rythme ?
- Les autres y arrivent bien.
- Les autres n'ont pas supporté des coups d'une violence rare et une coupure paralysant leur bras une semaine avant de traverser des montagnes glaciales, mal chaussés, pour terminer leur long voyage en s'épuisant nerveusement face à son nouvel entourage. Si tu ajoutes à cela, deux mois de travaux physiquement éprouvants... sur une constitution déjà fragile...
- Je ne suis pas faible. J'ai toujours travaillé durement.
- Je ne doute pas que tu te sois épuisé les yeux et les poignets à force d'écriture au couvent. Comme je sais combien tu t'es investi chaque jour durant, à la caserne. Mais réalises-tu à quel point tu t'es dépensé depuis notre arrivée ici, au regard de ta condition physique ? Tu sembles toujours si frêle.
- Pas faute de manger plus souvent qu'il ne m'ait été donné de le faire depuis toujours.
- Si tu voyais ce que nous ingurgitions sur le front quand nous en avions l'occasion. Il faut prendre des forces pour en retourner. Te concernant, il est évident que tu as trop tiré sur la corde. Il était donc inévitable que cela finisse par arriver.
- Je ne veux pas qu'on me juge faible.
- Crois-moi. Personne ne te jugera faible si tu prends une journée de repos, alors même que tu tombes clairement malade.
- Mais...
- Fais-moi plaisir. Juste un jour.
Si Felicity voulut le lui refuser, le fait qu'elle se mit subitement à tousser coupa court à toute nouvelle rébellion. Comment avait-elle pu se faire avoir de la sorte ? Elle qui se vantait de ne jamais tomber malade. Bien que rechignant, elle laissa Oliver la guider jusqu'à son côté du lit pour qu'elle s'y recouche.
Le nez encombré, les pommettes rougies... Oliver réalisa pour sa part qu'il devait être bien affecté lui-même, pour trouver cela charmant et attendrissant sur sa jeune femme.
- Je vais demander à Sin de passer te voir pour t'apporter ce dont tu as besoin et venir raviver le feu.
- Non. Pas Sin !
- Que s'est-il donc passé avec elle, hier ?
- Elle nous a traités de chiot et chaton en mal d'amour. avoua-t-elle sous une grimace de dépit.
Riant aux éclats, tant pour le ton désolé et affligé employé que pour les propos, Oliver ne douta plus de son état maladif.
- Crois-moi, si je pouvais avoir des doutes, tu viens de les éliminer et me prouver que tu n'allais vraiment pas bien pour m'avouer ça !
La voyant déconfite face à son amusement, Oliver cessa de la taquiner.
- En quoi est-ce donc un problème ?
- Elle se moque de moi et de ma timidité quant à t'avouer ce que j'ai dit hier.
- Je crois qu'à sa façon, elle tente simplement de te dévergonder un peu. Tu es toujours si sérieuse et travailleuse. Elle essaie juste de te faire voir les bons côtés de la vie... à sa façon peut-être malhabile. Mais je suis sûr qu'en aucune façon, elle n'agit de la sorte dans le but de te rabaisser ou de se moquer de toi.
- hum...
- Maintenant, si tu veux gentiment te venger de son insistance à vouloir que tu fasses le premier pas. Il te suffit de lui dire que tu m'as finalement embrassé de toi-même, grâce aux bons conseils de Roy ! Ainsi elle ne gagnera pas leur pari. [3] Sur ce, repose-toi bien. Je repasserais tout à l'heure.
Se disant, Oliver l'embrassa une dernière fois avant de la quitter d'un pas assuré.
- ...un pari ? Quel pari !?
Si elle eut besoin de quelques secondes pour réaliser la nature de ses paroles, Felicity venait de se redresser comme un ressort dans leur lit à cette annonce. Comment avaient-ils osé se jouer d'eux ? Certaines personnes allaient l'entendre !
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À suivre.
[1] Si de nos jours je suis de celles qui sont contre toutes les fourrures animales dans la mode. Il n'en reste pas moins qu'à une époque comme celle décrite ici, c'était une utilisation évidente et « normale » que d'exploiter en entier les animaux chassés avant tout pour se nourrir. Donc, n'y voyez rien de plus ^-^''
[2] Sachez que j'ai un temps hésité à écrire ce passage. Mais comme je ne comptais pas y ajouter de bisou, je pense que je vous aurais encore plus frustré pour rien lol
[3] Il faut croire qu'Oliver n'était pas toujours si aveugle face au comportement conspirateur de leurs trois amis communs ^_-
Pour info, encore une poignée de chapitres alternant « avancement des relations entre chacun » et « mise en place des nouveaux lieux de vie ». Et les « affaires » reprendront, avec je pense un peu plus d'intérêt pour vous.
Sinon, la suite sans doute dans une 10ène de jour, au mieux, je le crains. u_u
mimi yuy
