Hi there !
Bon tout d'abord : WOW et merci !
Je ne crois pas avoir déjà reçu autant de reviews en un chapitre, qui plus est de reviews aussi positives, encourageantes et motivantes !
Je tiens à dire que je n'ai pas posté mon "coup de gueule" la semaine dernière pour faire pitié ou avoir un max de reviews. Mais je tiens à vous dire un grand merci car après ce temps de doute, est venu celui de la confirmation et de la motivation. Bon c'est pas bon pour mon égo, mais ça m'a quand même fait du bien de lire autant d'appréciation de mon travail et de mes écrits !
(Tellement motivée que j'ai déjà en tête la prochaine fic qui sera aussi un AU ! XD)
En tout cas, voilà, je voulais vous dire un énormissime MERCI du fond du coeur !
Bien, passons à la débacle du dernier chapitre : la trahison de Regina n'en était pas vraiment une et le départ d'Emma, par contre, en était vraiment un. Je vous ais dis la semaine dernière que ma fic se composait de 2 parties. Voici donc le début de la seconde, prenant un axe relativement différent, vous le comprendrez très vite.
ENJOY !
Les temps changent
Elle n'était pas très à l'aise dans ce genre de fête : trop de monde, musique trop forte, trop d'alcool qu'elle ne buvait pas… Bref, une fête « trop » où elle n'avait accepté d'aller que parce que Kiara, sa meilleure amie, l'avait supplié, ne voulant pas s'y rendre toute seule.
Pourtant, ce n'était pas son genre, elle qui était plus rate de bibliothèque qu'autre chose. Alors, dès qu'elles avaient franchi la porte de la maison accueillant la fiesta, Kiara l'avait laissé tomber pour se coller à Jeffrey Coles, la star du basket du lycée.
Elle s'était alors retrouvée à faire le piquet sur les escaliers, assise à la troisième marche. Plusieurs garçons avaient tenté leur chance en lui proposant un verre ou une danse, ce qu'elle refusa à chaque fois : elle n'était pas là pour ça. Elle était juste venue accompagnée son amie qui, visiblement, s'en sortait très bien toute seule.
Qu'est ce qui l'empêchait alors de repartir et de la laisser se débrouiller ? Pour la simple et bonne raison qu'elles étaient venues avec la voiture de Kiara et que la fête était à plus de 10km de chez elle. Elle n'imaginait pas rentrer seule.
Alors elle resta là, assise sur sa marche, fixant parfois son regard sur les dessins des nœuds de la marche en bois, parfois s'amusant du balai incessant des ados dans la pièce : entre ceux qui buvaient jusqu'à ne plus se rappeler de cette soirée, ceux qui parlaient de tout et de rien et qui refaisaient le monde, ceux qui dansaient plus ou moins bien attirant les demoiselles dans leurs filets, ceux qui, comme elles, étaient de simples accompagnateurs noyés dans la masse de lycéens déchainés, fêtant dignement le début des vacances de Noel.
« Hey salut ! Tu serais pas Evelyn par hasard ? »
La jeune fille leva les yeux, lasse par avance de la drague lourdingue dont elle allait être victime « Pourquoi ? »
« Ta copine m'a dit de venir te distraire. Tu sembles t'ennuyer dans une fête qui est cool. Je suis Thomas. »
« … »
« Tu veux un verre ? »
« Désolée, je ne bois pas d'alcool. »
« Y'a pas que de l'alcool ici. Un jus de fruit ? »
« Ecoute, c'est très gentil de perdre ton temps à essayer de me distraire mais c'est peine perdu. Tu es loin d'être mon style. »
« Je cherche pas à te draguer … Je sais qui tu es. » dit-il dans un sourire
« Ah oui ? Et je suis qui ? »
« La Glaciale. »
Elle hoqueta « Ca fait bien longtemps que quelqu'un ne m'a plus appelé comme ça. Depuis … »
« La fin du collège si je me souviens bien. Mais depuis, tu n'as pas été des plus avenantes, la preuve en est ce soir : tout le monde s'amuse, tu es certainement la seule à rester ici seule. »
Elle le fixa alors avant de soupirer « Si tu me fous un truc dans mon verre, sache que j'ai de très bon avocats. » Il sourit alors « Jus de fruit s'il te plait. »
Satisfait, il partit en direction du bar, fendant la foule des lycéens sous le regard perplexe et blasé de la jeune fille. Elle détestait ce genre de fêtes, elle détestait se faire lourdement draguer par un mec qui se trouvait irrésistible et, pas de chance pour elle, cette soirée semblait loin d'être finie.
Quand le jeune homme revint avec 2 verres dont un qu'il lui tendit, elle accepta sans plus de joie « Merci. »
« Alors … Tu es à Lehman non ? »
« Exact, et toi ? »
« St Francis. »
« Un collège catholique ? Et tu bois de l'alcool à 16 ans ? »
« 17, bientôt 18. Et j'y suis que parce que mon père y enseigne. Tu entames des études de quoi ? »
Et alors qu'Evelyn allait répondre, une silhouette l'interpela : elle se figea alors et, parmi la foule, essaya de discerner la silhouette familière.
« Hey, ça va ? Tu verrais ta tête, on dirait que tu as vu un fantôme. » rigola-t-il
« C'est … Tout comme… »
La silhouette masculine disparut dans la foule des étudiants en un clignement de paupières et pendant quelques secondes, Evelyn pensait avoir rêvé mais soudain un rire bien caractéristique retentit, un rire qui s'accompagna d'un visage qui fit surgir en Evelyn une colère noire « Tu veux bien m'excusez ! » dit-elle en lui claquant le verre à peine touché dans les mains.
Elle fendit la foule, bousculant certains sans la moindre peine, pour se stopper devant un garçon de son âge à la coupe de cheveux hirsute « Arthur ! »
Le garçon se tourna alors et perdit son joyeux sourire « Ev …Evelyn … Mais qu'est-ce que tu fais là ? » son regard vaqua alors nerveusement dans la pièce « Je pensais pas que tu étais du genre à venir dans ce genre de soirées … »
« Il est là n'est-ce pas ?! »
« De quoi tu parl… »
« Tu sais de quoi je parle ! » argua Evelyn, fébrile « Tu le vois depuis combien de temps ? Des semaines ? Des mois ? Ou peut-être que tu as toujours été en contact avec lui. »
« Evelyn, c'est pas ce que tu crois … »
« Depuis quand alors ? »
Arthur la fixa un moment avant de lâcher prise et de soupirer « Ok, ok … Ca fait 3 mois maintenant … Je suis sorti avec une nana qui m'a invité à une de ses fêtes. On s'y est revu. »
« Et tu m'as rien dis ! On s'est soutenu quand il a disparu sans un mot, on est même sorti un moment, et dieu sait que j'étais désespérée ! »
« Il a pas voulu que je te le dise… Et puis, hey ! C'était pas si mal nous deux. »
« Pour la semaine que ça a duré ! Tu mériterais que je te foute des baffes ! Il est où ? »
« … »
« Arthur, je t'aime bien mais je te jure que si tu ne me réponds pas, je te broie ce qui te sert d'appareil reproducteur ! »
« Ok, ok … Il est parti vers la véranda. »
« J'te dis pas merci ! » lança-t-elle hargneusement avant de trouver les portes vitrées donnant sur la dite véranda.
Quand elle les ouvrit, l'air frais de l'hiver de la pièce la fit frissonner. Elle vaqua son regard dans la pièce et s'arrêta sur une silhouette de dos familière. Fébrilement, elle s'approcha et, à deux mètres de lui, sa voix trembla « Hen… Henry ? »
Le jeune homme se retourna et leur regard se croisa, chacun retenant son souffle. Quelques secondes de silence planèrent entre eux avant que le jeune homme ne lâche enfin un pénible et discret « Evelyn ? »
Soudain, elle frissonna et sans vraiment réfléchir, elle sauta au cou d'Henry et le serra aussi fort qu'elle pu. Henry, encore stupéfait de cette présence, resta immobile avant de lentement lever ses bras et d'entourer la jeune fille, la pressant contre lui.
Quelques instants plus tard, elle se dégagea et lui tapa violemment sur l'épaule « Hey ! Ca va pas non ?! »
« Ca c'est pour avoir disparu du jour au lendemain sans rien dire ! »
« … »
« Tu vas finir par me dire ce qu'il s'est passé oui ou non ? »
« Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Attends … Qu'est-ce que je fais ici ? C'est moi qui devrais m'étonner de ta présence ! C'est tout ce que ça t'inspire ! »
« Désolé … Je sais pas quoi dire d'autre. »
« Trois ans Henry … Trois ans … Si tu savais comme j'étais en colère après ton départ : pas un seul mot, pas un appel … Rien ! » Henry baissa le regard alors, penaud. La colère d'Evelyn s'évanouit un peu en regardant la carrure de l'ado, qui avait définitivement changé : beaucoup plus grand et plus carré, il avait un vrai physique d'athlète « Tu … Tu as changé … Muscu ? »
Henry sourit et leva son regard « Natation. Equipe du lycée Stanley Boston. »
« Boston ? C'est là que vous vivez ? »
« … »
« Tu vas éluder toutes mes questions ? »
« Désolé, habitude. Comment tu m'as trouvé ? »
« J'ai cru te reconnaitre dans la foule. Mes doutes se sont confirmés quand j'ai vu Arthur. C'était ton meilleur ami … Je vois que ça n'a pas changé. »
« Il ne savait pas où j'étais. On s'est revu par la force du hasard lors d'une soirée. Je lui ais fais promettre de ne rien te dire. »
« T'es nul ! Si tu savais comme j'étais en colère ! Le téléphone ça existe ! »
« Ma mère m'avait pris mon portable. Et je connaissais pas ton numéro de tête … »
« Y'a toujours un moyen ! »
« Fallait que je soutienne ma mère ! » argua le jeune garçon, passablement énervé « Après tout, si tu dois en vouloir à quelqu'un, tu devrais te plaindre auprès de ta mère ! »
Evelyn se figea alors et soupira « Ok, je crois qu'on a plein de choses à se dire. On sort ? »
Henry opina alors et c'est ensemble qu'ils prirent leur manteau et quittèrent la maison, sans même se soucier d'Arthur ou Kiara.
Ils marchèrent un long moment dans la neige avant qu'Evelyn n'engage la conversation « Ca fait combien de temps que tu viens à New York pour des fêtes ? »
« C'est la première. Depuis qu'on s'est recroisé avec Arthur, on ne s'est revu qu'au bahut. »
« Je vois … »
« Il m'avait assuré que tu n'étais pas du genre à faire ce genre de soirée … »
« Il a raison … Normalement. Mais là, j'ai été trainée de force … Finalement, j'ai bien fait. »
« … »
« Alors comme ça, tu habites Boston ? »
« Yep. »
« Et tu fais de la natation. »
« Fallait bien que je me trouve un sport … »
« Je me souviens que tu n'étais pas très flatteur concernant les sportifs du collège. »
« Y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Faire de la natation m'a permis aussi de m'évader, de trouver une activité pour ne pas penser à New York et à tout ce que j'y avais laissé. »
« Je vois … »
Un silence s'installa de nouveau entre eux avant qu'ils n'arrivent à un petit kiosque abritant des bancs de la neige. Ils s'y assirent alors et Henry, sous la lumière de l'unique lampadaire dont la lumière jaune ocre donnait un aspect sépia au paysage, détailla Evelyn : ses cheveux étaient toujours aussi longs, bruns avec de grosses boucles plus ou moins naturelles. Elle était bien plus grande et il fallait bien reconnaitre qu'elle n'avait plus le physique d'une pré-ado de 13 ans.
« Je rêve ou tu es en train de mater ma poitrine ? » s'amusa Evelyn
« Oh euh … Non, non… Je … T'as bien changé toi aussi … »
Evelyn regarda alors droit devant elle avant de soupirer « Comment va Emma ? »
« Elle va. »
« C'est pas vraiment la réponse que j'attendais. »
« Tu attendais quoi ? »
« Plus de détails : qu'est-ce qu'elle fait à présent ? Pourquoi Boston ? »
« Elle est flic. »
« Ella réussi son concours ?! » s'exclama Evelyn
« Ouaip. Elle est dans la police de Boston, elle monte doucement les échelons. Elle aimerait finir dans le département de l'enfance. »
« C'est bien. » Henry resta silencieux alors avant de souffler de l'air chaud dans ses mains « Tu me demandes pas des nouvelles de ma mère ? »
« Non. »
Evelyn fut surprise du ton autant détaché que neutre, voire indifférent « Ah… »
« J'en vois pas l'intérêt … Etant donné que c'est par sa faute si on est parti. »
Evelyn le fusilla du regard alors « Elle ne vous a pas mis aux portes de la ville. New York est une ville assez vaste pour ne pas se croiser … »
« Pas assez vaste semble-t-il … »
Evelyn se rendit compte alors que malgré les 3 années passées, il semblait que dans la famille Swan subsistait une certaine rancœur, ce qu'elle pouvait comprendre.
« Ok, je comprends … Tu m'en veux aussi ? »
« Non, pas vraiment … »
« Ta mère t'as dis alors toute la vérité ? »
« Oui. Il fallait bien qu'elle m'explique notre subite fuite. Elle m'a dit que ta mère l'avait trompé avec son ex. T'as pas idée de la souffrance et la douleur qu'elle a ressentie. Durant une semaine entière elle s'est cloitrée à la maison, se portant pâle au boulot. Et finalement, c'est quand elle a vu une immense publicité de nouveau en face de l'appart qu'elle a dit qu'elle pouvait plus vivre ici, qu'elle avait l'impression d'étouffer. Du jour au lendemain, elle a fait nos valises et on est parti. »
« Tu savais ? »
« Quoi ? »
« Quand tu m'as proposé un bowling ce jour-là, tu savais que tu ne serais plus là le lendemain ? »
« Comme je te l'ai dis, ça lui a pris d'un coup : je suis rentré des cours le jeudi soir, elle avait fait sa valise et m'a demandé de faire la mienne, qu'elle avait appelé le proprio et réglé les derniers papiers. Je pensais qu'elle rigolait, qu'elle était encore sous le coup de l'émotion … Puis elle m'a sommé de lui donner mon portable. Je savais pas ce qu'elle allait faire. Et puis elle m'a ordonné de paqueter mes affaires. Et on est parti le soir même, il devait être 22h. »
« … »
« J'avais vu ma mère mal durant une semaine … Quand elle m'a expliqué pourquoi, j'étais furieux. Je pensais que tu savais ce qu'il s'était passé et que tu ne m'avais rien dit. »
« Je ne savais rien. En tout cas jusqu'à ce qu'on vienne à votre appartement. On a trouvé porte close et la voisine nous a dit que vous étiez partis. Ma mère s'est effondrée en découvrant qu'elle lui avait seulement laissé la bague qu'elle lui avait offerte pour la St Valentin. »
« … »
« Tu as vraiment cru que je savais et que je n'avais rien dit ? »
« J'en sais rien … J'étais paumé … Je voyais ma mère en colère et dépitée. Quand elle m'a annoncé qu'on partait, j'avais pas d'autre choix. Et au fur et à mesure des kilomètres qui nous séparaient de vous, je sentais ma mère se détendre … Et quand on a passé le panneau « vous quittez New York » elle a soupiré d'aise, et j'ai compris que c'était peut-être la meilleure chose à faire. »
« Je t'ai pas manqué ? »
« Au début si bien sur … Je demandais sans cesse à ma mère l'autorisation pour te contacter, au moins te dire qu'on allait bien mais elle refusait à chaque fois … Les jours ont passé et on est arrivé à Boston, où on a finalement posé nos bagages. »
« Ma mère vous a cherché jusqu'à Storybrooke … »
« Ouais, c'était son idée première d'aller là-bas, mais ensuite elle s'est dit que vous iriez chercher là-bas en premier. »
« Ma mère a espéré durant des mois … »
« La mienne s'est jetée à corps perdu dans le travail … Elle voulait changer de vie et il n'était pas question qu'elle redevienne serveuse. Alors jusqu'à ce qu'elle obtienne son diplôme, on a vécu sur nos généreuses économies. Elle m'a scolarisé et en un clin d'œil notre vie était déjà installée. J'étais certain que tu étais au courant de l'histoire. »
« Ma mère ne m'en a parlé qu'après votre départ. Je trouvais cette réaction bien trop importante pour une simple dispute jusqu'à ce qu'elle me dise la vérité et que je tombe des nues aussi. Je lui en ais voulu un moment avant de la soutenir en voyant qu'elle ne remontait pas la pente. »
« Ma mère a essayé de remonter la sienne … Elle l'a fait à sa manière … »
« C'est-à-dire ? Elle a refait sa vie ? »
« Pas vraiment. Au début elle restait à la maison, ensuite elle a commencé à enchainer les sorties. Parfois elle rentrait, parfois pas. Parfois elle ramenait ses conquêtes passagères, homme ou femme. Je sais pas si elle cherchait à oublier Regina dans leurs bras ou si elle essayait de la retrouver dans toutes ces personnes … Et puis, elle a réussi son concours et elle a stoppé tout ça. Elle s'est enfouie dans son travail et moi dans mes études. Je suis entré au lycée avec un an d'avance. »
« Vantard … » soupira-t-elle un sourire aux lèvres
« Ouais je sais. Et toi alors ? »
« Rien de bien glorieux : j'ai supporté ma mère et sa dépression … Ca a duré plusieurs mois avant qu'elle ne fasse surface et ne reprenne le travail, aidée par Mallie. Mais c'est plus pareil … Elle est différente, moins enjouée. Elle a quasi repris ses mauvaises habitudes d'avant votre rencontre : plongée dans le travail, elle rentre tard et part tôt, passe ses week-end à bosser … »
« Je suis désolé pour toi… »
Ils restèrent encore quelques secondes dans le silence le plus absolu, la neige commençant à descendre en fins flocons.
« Elles auraient pu être heureuses tu sais … » soupira Evelyn « Elles étaient faites l'une pour l'autre … Quel gâchis. »
« Ouaip … Ca aurait pu … Si ta mère avait pas tout gâché. »
Evelyn baissa le regard alors « Si on pouvait revenir 3 ans plus tôt … »
« Mais on peut pas … Trop de choses sont passées, trop de temps. »
« Tu crois qu'il se passerait quoi si elles se revoyaient aujourd'hui ? Après tout ce temps et toutes les choses qu'elles ne se sont pas dites ? »
« J'en sais rien … Elles sont passées à autre chose alors je suppose qu'elles ne s'aiment plus. »
« Tu crois que c'est aussi simple ? »
« Ne dit-on pas loin des yeux, loin du cœur ? »
« C'est pas vrai pour tout le monde. Y'a pas une semaine en 3 ans où j'ai pas pensé à toi. » Henry se sentit mal à l'aise alors « Mais je peux comprendre que ça ne soit pas le cas pour toi. »
« C'est pas ça … J'ai toujours cru que tu étais au courant et que tu t'étais foutu de moi … Du coup, j'ai eu moins de remords à partir et à passer à autre chose … »
« C'est ta mère qui t'a dit que je devais être au courant ? »
« Même pas. Je l'ai déduis quand elle m'a dit que ta mère l'avait trompé. J'imaginais que comme vous étiez de nouveau très proche, elle te l'avait dit et que tu avais gardé ça pour toi. »
« Je suis … déçue. Je pensais vraiment que tu me connaissais mieux que ça. »
« … »
« On a quand même fait une alliance ensemble pour les réunir. On a passé un Noel ensemble. On était presque une famille durant 3 mois … »
« … »
« Mais je comprends … Après tout, chacun sa vie. Tu vas reprendre la tienne et je vais faire de même. Si ça peut te rassurer, je ne dirais rien à ma mère sur cette soirée. »
« … »
« Tu vas rester silencieux encore longtemps ? »
« Désolé, je sais juste pas quoi dire cette situation parait tellement … irréelle. C'est la première fois que je reviens à New-York et je t'y croise … Pour un hasard. »
« C'est peut-être le destin … Ta mère sait que tu es ici ? »
« Non. Elle serait contre, même si elle est passée à autre chose, cette ville c'est son triangle des Bermudes. »
« Je vois … Tu … Tu crois qu'on peut garder contact ou c'est vraiment trop bizarre pour toi ? »
« Comme tu le sens. »
« Mouais, t'as pas l'air convaincu. »
« Ecoute … Je pense surtout à ma mère. Elle a énormément souffert de toute cette histoire. Je veux pas la trahir ou qu'elle se sente trahie si elle apprend que j'ai de nouveau contact avec toi. C'est comme si je revoyais une ex après des années, ça me viendrait pas à l'idée de revenir dans sa vie … »
« … Sauf si tu l'aimes encore … »
Henry le fixa alors, étonné « Ta mère aime toujours la mienne ? »
« Elle me l'a jamais réellement dit, mais je le sens, ça se voit. Je suis certaine que si ta mère revoyait la mienne, ça serait de nouveau le coup de foudre. »
« Tu fais un pari risqué … »
« Evidemment, faudrait qu'elles règlent leurs contentieux avant mais … Tu ne penses pas qu'elles sont faites l'une pour l'autre ? Je veux dire, trois ans sont passées et aucune n'a refait sa vie, c'est peut-être un signe. »
« Ou ça veut dire qu'elles sont trop égratignées par cette rupture, ce qui ne présagerait rien de bon si elles se revoyaient un jour. »
« On pourrait essayer. »
« Oh oh je connais ce ton miss Mills. »
« Quoi ? C'est vrai ! Je suis persuadée qu'elles sont faites pour être ensemble. »
« Et c'est le fait que ta mère ait trompé la mienne qui te fait dire ça ? » dit-il ironiquement
« Y'a pas un jour où ma mère regrette cette nuit-là. Et crois-moi, je suis certaine que si elle pouvait revenir en arrière, elle le ferait. Je n'excuse pas ce qu'elle a fait : elle a trompé Emma. Mais votre départ l'a achevé. »
« Et ne penses-tu pas que ça risque d'aggraver la chose si ma mère la repousse une nouvelle fois ? »
« Es-tu au moins sûr et certain qu'elle va la repousser ? »
« Il est clair en tout cas qu'elle va pas l'accueillir à bras ouverts. » s'amusa Henry
« Es-tu prêt à relever le défi ? » lança sur un ton provocateur la jeune fille
Henry grimaça alors et leva son nez comme pour sentir la neige tombée doucement « J'en sais rien. Je suis plus ce gamin de 13 ans qui montait des coups pour que sa mère se case. On a passé l'âge de tous ces trucs … »
« Moi je pense au bonheur de ma mère … »
« Je pense aussi au bonheur de la mienne, et c'est pour ça que je suis pas sûr que ça soit une bonne idée de les faire se revoir. »
Les 2 ados restèrent un moment cote à cote, regardant la neige tomber mollement au sol. Le froid commençait à se faire ressentir, alors Evelyn se leva, épousseta son manteau « Je crois que je vais rentrer. »
Henry l'imita alors, en silence, et c'est ensemble qu'ils regagnèrent la fête durant laquelle personne n'avait remarqué leur absence. Avant d'entrer de nouveau dans la villa, Henry posa sa main sur l'épaule de la jeune fille « Avant qu'on se quitte, donne moi ton numéro, je tiens vraiment à ce qu'on garde le contact. »
Evelyn lui sourit avant de lui dicter son numéro « Ca reste entre nous évidemment. »
« Evidemment. » confirma le jeune homme
Et tandis qu'ils échangèrent un sourire, une voix féminine s'éleva « Evie ! »
Les 2 jeunes sursautèrent alors en voyant Kiara débouler, le visage rougi de colère et les yeux au bord des larmes, et foncer sur eux « Kiara ça va ? »
Sans un mot la jeune fille attrapa la main de son amie avant de la tirer vers elle « Viens, on se casse, cette fête craint ! »
« Ah mais … et ce Jeffrey ? »
« C'est un con ! »
Comprenant que sa tentative auprès de ce Jeffrey avait avorté, Evelyn n'insista pas et eut tout juste le temps de se tourner vers Henry pour lui faire un signe de main et un sourire, qu'il lui rendit, avant que Kiara ne l'emmène vers leur voiture.
« C'est qui ce mec ? » demanda la jeune fille en jetant un coup d'œil à Henry qui ne cessait de les regarder jusqu'à ce qu'elles montent en voiture et que le moteur démarre.
« C'est … Une vieille connaissance. »
« T'as couché avec ? »
Evelyn leva les yeux au ciel « Non, c'est un ami, juste un ami. »
Henry ne dévia son regard que lorsque la voiture des 2 jeunes filles ne fut plus à portée de vue. Il soupira alors, jetant un œil au numéro de téléphone affiché sur son écran. Il sourit alors en pressant le bouton « enregistrer ».
Quand il revint chez lui, ce fut pour trouver, évidemment, Emma allongée sur le canapé, bras croisés, semblant l'attendre de pied ferme. Il referma doucement la porte d'entrée en grimaçant et s'approcha les mains dans les poches.
« Hey … »
« Hey. »
« … »
« T'as vu l'heure ? »
« C'est une question rhétorique ou … »
« Très drôle. Je t'avais donné jusqu'à 1h … Il est plus de 3h, tu te fous de moi ? »
« Pardon m'man mais … »
« Ah non, non, non, non, garde tes excuses bidons. »
« … »
Le jeune homme resta alors debout, penaud, tandis que sa mère leva les yeux au ciel, se redressant « Ok, vas-y je t'écoute. Mais j'te préviens, si c'est nul, tu as mon pied au cul et une semaine sans sortie, compris ? »
Il opina alors et vint s'asseoir près de sa mère. Mais avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, sa mère l'attrapa par le col et l'approcha d'elle sèchement. Elle pointa son nez en sa direction et huma son visage quelques secondes avant de relâcher sa prise « Ok, pas d'alcool c'est déjà ça … Mais tes potes devraient arrêter de fumer cette saloperie avant que les quelques neurones qu'ils leur restent ne disparaissent pour de bon. »
Il grimaça « Et comment tu sais que c'est pas moi qui ais fumé ? »
« J'ai assez côtoyé de junkies pour reconnaitre l'odeur d'un joint sur quelqu'un qui en a fumé de quelqu'un qui en a approché. »
« … »
« Alors je t'écoute, cette fiesta. »
« C'est … C'était … Bien. »
« Bien ? Seulement bien ? Bah dis donc, à quelle heure tu serais rentré si elle avait été géniale. » dit-elle ironiquement
« Ouais enfin … Y'avait une fille … »
« Ah ah ! Nous y voilà … une fille ! » dit-elle en pointant un doigt accusateur vers lui « C'est toujours une histoire de fille ! Alors, raconte ! »
« Bah … Elle … Elle est sympa, on s'entend bien. »
« Tu … T'as pas … Avec elle ? »
« Maman ! » argua-t-il sur un ton presque dégouté
« Oh ça va, comme si t'y a jamais pensé avant. J'ai aucun problème non plus, t'es grand. J'ai pas envie d'être une de ces mères psychorigides qui enferment leur fils jusqu'à leur mariage. »
« C'est bon, j'ai compris. »
« Alors ? »
« Je … On s'est juste parlé et … »
« Elle te plait ? » le taquina Emma
« Ouais, enfin non … Je sais pas. » Il soupira alors et soudain les paroles d'Evelyn lui revinrent en mémoire. Et si … Et si elle avait raison ? Il se pinça alors la lèvre inférieure et fixa sa mère « M'man … »
« Oui ? »
« Comment … Comment on sait … Qu'on est amoureux ? »
Emma, étonnée, se redressa un peu plus encore « Comment ça amoureux ? »
« Quand on aime quelqu'un, et qu'on pense que cette personne ressent la même chose pour soi. »
« Oh bah … Tu sais, j'y connais pas grand-chose … J'ai jamais vraiment eu de bol là-dessus. »
« Bah … » Il gigota sur le canapé, soudainement mal à l'aise « Qu'est-ce que t'as ressenti en voyant Regina la première fois ? »
Le cœur d'Emma rata un battement. Regina … Elle n'avait pas entendu ce prénom depuis 3 ans au moins, banni de leur maison, de leur famille, devenant tabou. Elle ne su pas quoi répondre sur le coup, ne s'attendant certainement pas à ce que son fils fasse référence à son ex petite amie. Elle déglutit difficilement avant de reprendre contenance.
« Je … Waouh je pensais pas que tu me parlerais d'elle … »
« Ca te dérange ? Je veux dire, ça fait un moment maintenant, t'es passée à autre chose, alors j'me disais que ça te poserait plus de problème. »
« Non, c'est juste que … Je sais pas si cette relation est vraiment un exemple, vu comment elle s'est terminée. »
« Mais ça a été une histoire passionnée et passionnelle. Ta première fille, c'est quelque chose de spécial non ? »
« Si on veut … »
« Même si c'est fini, ça revêt quand même un symbole. Alors ? »
« Alors quoi ? »
« Bah qu'est-ce que t'as ressenti en voyant Regina ? Je sais pas moi, est-ce qu'il y a des signes reconnaissables ? »
« Henry écoute … Je suis pas la meilleure pour parler de ce genre de truc. Toutes mes histoires d'amour ont foiré : de ton père à Regina. Je sais pas si c'est moi ou si c'est l'autre, mais il faut croire que mes sentiments m'ont souvent trompé. Je suis pas fiable sur ce coup, désolée. »
« Mais tu as quand été amoureuse non ? »
« Ca suffit Henry, je veux plus en parler. C'est du passé pour moi. »
Mais le ton pour le moins peu assuré de la jeune femme, ainsi que ses joues soudainement roses, n'avaient pas convaincu Henry qui esquissa un discret sourire avant de se rendre dans sa chambre, promettant à sa mère de ne plus recommencer.
Dès qu'il ferma la porte, il sauta sur son lit et sortit son téléphone de sa poche. Tendant quand même l'oreille au cas où sa mère trainerait dans les parages, il envoya un message à Evelyn « Ok pour mission Cupidon. On se tient au courant. »
Quelques secondes plus tard, son téléphone vibra et il reçut un message de la jeune fille « Pas cours. Je passe te voir à ton bahut demain, on en reparle. Donne-moi l'adresse. Bonne nuit. »
Il s'exécuta et lui envoya l'adresse, un sourire aux lèvres, puis se coucha, un vent de nostalgie trottant dans sa tête.
Comme promis, le lendemain, Evelyn avait parcouru plus de 2h30 de route afin de rejoindre Henry à son lycée. Alors qu'il l'attendait depuis un moment juste devant l'entrée, il vit une belle voiture rouge vif se garer devant lui « Hey beau brun, tu montes ?! »
Il sourit alors et monta dans la voiture qui démarra à peine la portière refermée.
« Ta mère a dit quoi de ton départ ? »
« Elle me croit avec une amie pour le week-end. »
« T'as pas peur qu'elle vous trahisse ? »
Evelyn sourit alors « Aucun doute. On va où ? »
« Essayons de pas croiser ma mère … Alors à Point Pike. »
Evelyn se laissa alors guidé par les instructions d'Henry et c'est au bord d'une falaise surplombant la ville qu'ils se retrouvèrent.
« C'est quoi ce coin ? »
« Là où les mecs veulent emballer les filles. » lança-t-il, amusé
« Charmant … »
Ils sortirent alors et s'assirent sur la capot de la voiture « Belle bagnole … »
« Merci. »
« … »
« Alors … Qu'est-ce qui t'a décidé en fin de compte ? »
« J'ai parlé à ma mère … »
« Sérieux ? »
« Ouais, enfin non, pas comme tu crois. Et j'ai senti, je sais pas, quelque chose. »
« Quelque chose ? »
« J'ai évoqué Regina et elle s'est braquée directement. »
« Ca craint. »
« Au contraire. On agit pas avec autant de virulence si y'avait pas quelque chose derrière. Je crois, peut-être, qu'il reste quelque chose … »
« J'ai pas évoqué Emma avec la mienne, mais je t'assure que ma mère l'a jamais oublié … Faudrait qu'elles se croisent, par hasard, quelque part. »
« Par hasard ? On vit à près de 300km l'un de l'autre … »
« Ouais je sais ça craint. »
« On pourra pas faire ça sans faire sauter notre couverture … »
« Va falloir qu'on se sacrifie alors. Une idée ? »
« Aucune, et toi ? »
« Tu te souviens de leur première rencontre ? »
Henry laissa échapper un hoquet amusé « Si je m'en souviens … Je crois que jamais j'oublierais l'image de ta tête recouverte de purée mêlée à du jus de fraise. »
Evelyn grimaça alors « Mouais … Moi j'aimerais bien l'oublier … »
« Alors on fait quoi ? »
Evelyn sourit alors, de ce sourire que ne connaissait que trop bien Henry pour l'avoir mainte fois sur le visage de la jeune fille lorsqu'ils s'apprêtaient à faire les 400 coups ensemble. Puis elle perdit son petit sourire.
« Henry … Avant qu'on fasse quoique se soit, je dois te dire quelque chose, quelque chose qui pourrait te faire changer d'avis. »
« Quoi ? »
« D'abord, j'aimerais que tu ne juges personne : ni moi, ni ma mère … Y'a des choses … Des événements qui se sont passés et dont on a pas toujours le contrôle … »
« Evie ? »
« Promets-moi de garder le secret de ce que je vais te dire. »
Elle se tourna vers lui alors et le jeune homme vit le regard déterminé d'Evelyn. Il comprit alors qu'elle ne plaisantait pas « Promis. »
Elle soupira alors et c'est dans le plus grand secret que l'opération Cupidon se mit en place.
TBC
Next : Un accident, des retrouvailles ... Dans le prochain épisode !
