Auteur original : coldmackerel sur Archive Of Our Own
couple : Rivaille/Eren
Traduction : Nami-chan
The 6th Ward
Chapitre 25 : Graffiti
0 mois, 18 jours
Étonnamment, les choses ne changèrent pas temps que ça en dépit du fait que Rivaille était hors course pendant une période de temps indéfini. Lui et Eren s'affrontaient au piano. Rivaille était toujours essentiellement un enfoiré, Eren le lui rappelait fréquemment et ils continuaient à vivre leurs journées comme si rien n'avait changé. La seule vraie différence était que Rivaille avait plus de temps libre puisqu'il ne travaillait plus. Bien sûr, il avait fallu qu'il soit à moitié mort pour qu'il prenne quelques semaines de vacances forcées. Mais, eh, des vacances c'était des vacances.
L'angoisse d'être éloigné de son corps s'estompa comme Eren l'avait dit, mais elle ne le quitta jamais complètement. Il avait l'impression d'être un bateau sans ancre, désespérément perdu dans une mer inexplorée sans rien pour le fixé à n'importe quel point solide. Ce n'était pas facile à ignorer, mais Rivaille faisait de son mieux. Dans des moments où la sensation était la plus forte, il repensait à Annie, Bertholdt et Reiner qui avaient été forcé d'accepter cette existence d'errance comme leur nouvelle réalité. Chaque fois qu'il pensait à eux il remerciait silencieusement Erwin pour avoir fait l'effort de passer par toute la paperasse légale pour obtenir la permission de couper leur support vital. Ce n'était pas grand-chose quand il s'agissait d'une existence temporaire, mais même les six mois que les autres morveux avaient dû endurer semblaient être bien trop.
D'un autre côté, Rivaille était dans une situation très différente. Il détestait cet état d'existence, mais seulement parce qu'il avait un endroit ou retourner. Plus il y réfléchissait, plus il n'était plus certain de pouvoir choisir entre cette réalité et aucune. Mourir l'effrayait toujours au plus haut point. Il avait bien parlé, mais Rivaille savait que ses certitudes et les vagues moments philosophique qu'il avait données aux morveux étaient un peu de la connerie. Ils avaient été plus courageux qu'il ne le sera jamais. Même si cela lui donnait l'impression d'être une merde en pensant ça, il ne pouvait pas s'empêcher de se réjouir au fait qu'il allait se réveiller.
Méprisable.
Le seul développement excitant durant ce temps était l'attention intensive que portait maintenant Erwin sur le cas autrefois sans espoir d'Eren. De légères augmentations de son activité cérébrale devenaient de plus en plus fréquentes dans ses scans maintenant rigoureux. Tandis qu'il était grandement frustré, de ce que Rivaille pouvait dire, Erwin acceptait la possibilité qu'il ait fait un mauvais diagnostique et se jetait dans des heures de contrôle approfondi et des tests et des re-tests sans fin. Au crédit d'Eren, en dépit des nouvelles positives, il restait réaliste de façon responsable sur l'affaire.
Quand Rivaille faisait des comptes rendus avec des nouvelles sur ses espionnages périodiques sur les activités d'Erwin, Eren se contentait d'écouter poliment et de remercier Rivaille pour l'information, mais il ne la célébrait jamais. Et en fait ça énervait un peu Rivaille. C'était lui qui était censé être le con septique. C'était son boulot.
En tout cas, les deux continuaient leurs existences dans un rythme familier, empli d'un mélange éclectique d'improvisation de jazz, Beethoven, pas mal de disputes et de longues périodes de silence confortable. Rivaille n'était pas vraiment capable de dormir, cependant, alors il laissait très souvent cette activité à Eren. Aucun d'eux ne savait vraiment avec certitude pourquoi Eren était capable de dormir, de toute façon. D'aussi loin que l'un d'eux pouvait dire, aucun des autres morveux n'en avait été capable aussi.
Cette nuit-là n'était pas différente des autres, Rivaille pianotant un nouveau solo dans une progression de gammes plutôt peu orthodoxe tandis qu'Eren se plaignait que c'était son tour de jouer.
"Tu sais," dit Eren pensivement. "Je pense que j'avais raison."
"Peu importe ce dont tu parles, j'en doute très fortement," répondit Rivaille avec légèreté. Tendre l'hameçon à Eren était l'un de ses passe-temps préféré.
"Non vraiment," insista Eren, ne perdant pas son intonation de sagesse. L'hameçon n'avait pas pris. Mission annulée. "Tu étais du genre Bruce Willis."
"Oh parfait," cracha Rivaille. "Ma comparaison préférée qui revient pour me hanter."
"Tu es juste fâché parce que j'avais raison."
Ne pas prendre en compte, la mission était un succès. Eren avait mordu à l'hameçon.
Rivaille réserva un regard méprisant à Eren. "Oh, je t'en prie. Ce n'est pas vrai."
Plissant les yeux, Eren prit cette expression qu'il avait toujours quand il n'était pas près à abandonné une conversation. "Eh bien, Haley Joel Osment ne meurt pas dans Le sixième sens. On est comme dans la fin quand Bruce Willis réalise qu'il est mort. Ça fait longtemps que tu es dans cette merde, crétin. C'était ton cerveau malade de merde qui te faisait voir les gens morts depuis le début – pas un foutu don divin."
"Je ne suis pas en train de mourir," aboya Rivaille en retour. "Tu es Bruce Willis et on en parle plus." Eren lui souriait. Est-ce que Rivaille venait juste de mordre à l'hameçon ? C'était nouveau ça. Eren avait retourné son propre jeu contre lui. Le gamina apprenait trop vite pour son bien. "Je crois simplement que j'aimais mieux la comparaison avec Jack Nicholson," ajouta-t-il avec amertume.
"Parce que tu es dingue." ce n'était pas une question.
Rivaille soupira. "Parce que je suis dingue," affirma-t-il. "Et c'est de ta faute."
Eren eut bien trop l'air fier de ça. Pourquoi Rivaille n'avait-il pas pu être hanté par quelqu'un de moins chiant ?
En parlant de truc chiant, Rivaille se rappela s'être rendu à l'hôpital se maint pour voir si Hanji arrosait bien le gainier rouge. Avec un tiraillement culpabilité, Rivaille avait réalisé qu'Hanji avait immédiatement pris soin du jeune arbre sans attendre. Elle était désagréablement prévenante des fois – mais elle ne tournait vraiment pas rond. En y regardant bien, c'était probablement pour ça qu'ils s'entendaient. Qui se ressemble s'assemble, qu'ils disaient. Durant sa visite, il s'était arrêté au bureau d'Erwin. Apparemment Erwin avait finalement prévenu Mikasa et Armin que les activités cérébrales d'Eren devenaient de plus en pus prévisibles s'étaient avérées suffisamment régulières pour commencer à prévoir en tentative pour le sortir du coma. Les chances n'étaient pas vraiment les meilleures, mais au moins il y avait des chances maintenant.
"Erwin va faire une tentative pour te réveillé dans quelques semaines," appela Rivaille par-dessus son épaule. "Il n'offre pas de probabilités et ce n'est pas vraiment pour maintenant, mais j'ai pensé que tu voudrais savoir."
Quand Eren ne répondit pas, Rivaille se tourna légèrement pour le regarder. Il avait l'air en colère. "C'est quoi ton problème ?"
Eren haussa les épaules d'un air grincheux. "Je souhaite juste un peu que toute cette merde ne soit pas en train d'arriver. Les chances sont faibles, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de l'espoir. Et c'est un peu cruel."
"Ouais," lui accorda Rivaille. Qui avait-il d'autre à dire ?
"Est-ce que je devrais avoir de l'espoir ?" Demanda Eren calmement.
Rivaille se mit à rire et Eren le foudroya du regard. "Gamin, tu vas mourir et tu t'inquiètes qu'un peu d'espoir aggrave les choses ? Aussi longtemps que tu connais tes chances, je ne pense pas qu'il y ait de problèmes. Réconfortes-toi, idiot. Ça n'a pas d'importance si c'est un mensonge."
Levant les yeux au ciel, Eren s'enfonça encore plus dans le canapé. "Que je me traite moi-même comme un idiot donc ?"
"Ouais, suis mon exemple," Rivaille gloussa, florissant son solo avec un rapide arpège descendant. "Mais sérieusement, ne soit pas comme moi. Tu n'as jamais semblé avoir la tête d'un cynique. Laisse ça pour moi, gamin."
"Je suis vraiment jaloux de toi," admit Eren avec un peu de honte. "J'essaye d'être heureux du fait que tu vas te réveiller, mais je suis horriblement jaloux. C'en est ridicule."
"Et je suis un enfoiré parce que je suis content de ne pas être toi," dit Rivaille, haussant les épaules. "Ressent ce que tu as envie de ressentir, Eren. Il n'y a personne à impressionner ici. Soit en colère, soit triste, soit embrouillé, mince soit jaloux – ça n'a pas d'importance."
Eren se mit à rire légèrement. "Je suis content que tu ne fasses pas de sermon. Le fait que tu sois une horrible personne et en fait bien plus réconfortant que quelqu'un essayant de me dire d'être fort et d'autres conneries. ça serait encore pire."
"C'est nul les bonnes personnes," accorda Rivaille, faisant un sourire aux touches de piano tandis que ces doigts dansaient doucement sur elles. "Ces gens-là te font justes te sentir comme si tu étais une pauvre merde."
"Merci d'être un enfoiré, je suppose," gloussa Eren.
"Quand tu veux, gamin. Non vraiment – quand tu veux. Je n'ai pas vraiment d'alternative."
Avec un sourire déterminé, Eren se redressa en position assise dans le canapé. "Dans ce cas, je t'emmerde pour ta seconde chance. Je t'emmerde parce que toi tu as le droit de te réveiller." Ce n'était pas méchant, mais incroyablement sincère.
Rivaille haussa les épaules. "D'accord. Ben je t'emmerde parce que tu es mourant."
Les deux se détendirent dans un silence communicatif pendant que Rivaille continuait de jouer son solo se répétant indéfiniment, un chaleureux sentiment de réalité se posant sur leur autrement irréel plan de réalité.
….
0 mois, 15 jours
Par manque de meilleures choses à faire et parce que parfois ils ne pouvaient pas se mettre d'accord sur qui pourrait jouer du piano ensuite, Rivaille et Eren passaient beaucoup de temps à marcher. Ils ne marchaient pas en allant quelque part en particulier et n'avaient pas de vraies destinations en tête – c'était juste un moyen de tuer un peu le temps. Le temps était toujours glacial, mais maintenant que l'existence de Rivaille n'était plus que froideur, l'air extérieur faisait peu de différences pour lui.
Aujourd'hui ils avaient marché un peu plus loin que d'habitude, se dirigeant vers l'une des parties les plus urbaines du département. C'était une vieille ville avoisinante avec un nombre incalculable de bâtiments qui s'étiraient, écrasés les uns contre les autres dans un rythme étonnamment efficace et serré. Chaque recoin était occupé par des enfants qui s'asseyait sur des marches, jouant avec des ballons de basket, ou qui traînait là simplement. Bien que ce n'était pas un endroit où tout le monde était complètement pauvre, il était clair qu'il n'abritait pas de membre de la classe moyenne. Rivaille avait grandi dans un quartier pratiquement identique à celui qu'ils étaient actuellement en train de parcourir et les odeurs de pot-d'échappement, de peinture au rabais et de fumée de cigarettes étaient agréablement nostalgiques. Les petites communautés avaient un certain charme. Quand les chances d'aspirer à quoi que ce soit d'autre qu'un emploi stable et un petit apparemment étaient faibles, les gens rendaient d'autres choses autrement plus importantes pour eux : les familles étaient plus proches, les voisins agissaient comme des vrais voisins et les enfants grandissaient en affrontant leur propres batailles et en protégeant leurs amis et voisins. Ce dont ils manquaient en richesse matérielle, ils le comblaient en loyauté et dans un intérêt mutuel vers la survie. Les gens riches volaient pour devenir plus riche les gens pauvres volaient pour survivre. Le crime était différent dans le monde des classes inférieures. La rue manquait à Rivaille plus qu'il n'osait l'admettre parfois. Marché dans ce quartier tandis que le soleil se cachait derrière d'épais murs de nuage gris lui donnait l'impression d'être chez lui.
"Cet endroit me rappelle là où j'ai grandi," observa Eren.
Rivaille hocha la tête. "Moi aussi."
"J'ai rencontré Armin et Mikasa dans mon ancien quartier." Eren regardait un petit groupe d'adolescents qui plaisantait et se taquinaient les uns les autres, donnant des coups de pied dans un vieux ballon de foot sale. "J'aimais bien ce vieux trou à rats," dit-il affectueusement. "On a vécu tellement de conneries."
Se laissant aller à un petit sourire, Rivaille hocha la tête pris dans ses propres souvenirs. "Ça me fait me sentir un peu désolé pour tous ces gosses de riches qui n'ont jamais passé une minute dans la rue. Comment font-ils pour apprendre sans être passé par toute la merde qu'on a traversé ?"
"L'argent, je suppose," Eren se mit à rire. "Je ne me sent pas désolé pour eux. Au moins ils avaient probablement deux parents et suffisamment d'argent pour payer leur factures tous les mois."
Rivaille émit un bruit d'approbation. Il était un peu distrait et plus qu'un peu enchanté par les graffitis qui décoraient pratiquement chaque recoin du quartier. Ce n'était pas irrespectueux ou gras, mais artistique. Les gens confondaient souvent le vandalisme et les graffiti. L'appartenance à un gang était forte dans le quartier ou avait grandi Rivaille, mais ce qui l'avait vraiment attiré c'était les tags. L'odeur d'aérosol et l'accomplissement d'avoir marqué son territoire avec des designs et des démonstrations colorées de créativités le fascinaient. C'était toujours un peu le cas.
Tandis qu'ils tournèrent à un angle, un jeune garçon avec une veste noire à capuche tirée pour couvrir sa tête se matérialisa devant eux, un grand sac en toile pendu à son épaule.
"Je reconnais cet air," gloussa Rivaille.
Regardant autour de lui plusieurs fois pour voir si la voix était libre, le garçon posa son sac au sol et en sortit une bombe de peinture de bonne qualité. Cependant, avant même qu'il n'ait fini de la secouer, une agent de police petite et épaisse avec ses cheveux ramenés en arrière dans une queue de cheval lui cria dessus. " Tu ferais mieux de ne pas être en train de penser à taguer ce mur , mon garçon."
Le gamin lâcha la bombe sous la surprise et s'enfuit dans la direction opposée de la ruelle. Pendant un moment, il sembla que l'agent allait le poursuivre, mais à la place elle fit un geste de dédaigneux de la main. "Ah, les enfants," marmonna-t-elle, confisquant la bombe qu'il avait laissée tomber. Rivaille la regarda tandis qu'elle se retirait dans son véhicule et reprenait la route, laissant lui et Eren seul dans la ruelle.
Le sac à dos noir était abandonné sur le sol.
Bien trop tentant.
Rivaille jeta un œil au mur que l'enfant avait visiblement prévu de marquer. Il avait été récemment repeint et était dangereusement propre – la toile parfaite. Pas étonnant que le gamin ait voulu le taguer. Eren sentit l'attention de Rivaille tourner vers le sac noir et s'accroupit pour en examiner le contenu. À l'intérieur il y avait pratiquement deux douzaine de bombes de peinture neuve de différentes couleurs de bonne qualité.
"On devrait probablement se débarrasser de ça," dit Eren.
Rivaille hocha la tête. "Ouais."
"Il ne serait pas bon qu'elles tombent entre de mauvaises mains."
Rivaille hocha de nouveau la tête. "Probablement."
Après un moment, Eren inclina la tête sur le côté, les yeux toujours rivés sur les bombes de peinture. "Est-ce que tu veux peindre ce mur autant que moi ?"
"Seigneur, j'ai cru que tu ne demanderais jamais."
Eren était plutôt nul en peinture et il se contenta principalement de petits dessins sur les bords du mur, ne voulant pas gâcher l'espace principal de la toile où empiéter sur le travail de Rivaille. Depuis le centre du mur, Rivaille avait appliqué un style épais et audacieux représentant la jungle de béton dans laquelle il avait grandi. C'était incroyablement coloré et exagérée, mais Rivaille en était fier. Ne pas avoir exercé depuis longtemps n'avait pas affaibli le niveau qu'il avait atteint dans sa jeunesse.
Ils devaient être restés là pendant des heures, Eren gribouillant sur les coins du mur, Rivaille travaillant sur son chef-d'œuvre avec acharnement. Finalement, Rivaille fut satisfait et signa son travail avec son vieux tag de rue avant de faire un pas de recul pour admirer.
"Tu étais dans un gang du genre, gang de rue de Picasso ou quoi ?" Demanda Eren douteux.
"Je croyais que les graffiti étaient censés être des symboles de gang, des noms de rues et des références à la drogue."
"Aucun tagueur digne de ce nom n'appellerait ça de l'art," moqua Rivaille. "Le véritable art du tag est plus qu'un simple marquage de territoire, gamin."
Eren haussa les épaules. "J'arrête d'essayer de te comprendre."
"T'en as mis du temps."
De bonne humeur et couverts de taches, gouttes et autres traces de peintures, les deux retournèrent à la maison, Rivaille se sentant inhabituellement bavard. Normalement c'était Eren qui parlait à lui en faire saigner les tympans pendant qu'il faisant semblant d'écouter (où qu'il faisant semblant de ne pas écouter). Cette fois, en revanche, Rivaille racontait histoires après histoires de rues, s'amusant de ses nombreuses rencontres avec la loi et tous les travers qui rendaient la vie citadine aussi intéressante qu'il l'avait trouvée.
Pour une quelconque raison, il n'arrivait pas à arrêter de parler.
Il n'avait jamais vraiment repensé à son enfance et à son entrée dans l'âge adulte jusqu'à maintenant. Tout avait été rangé bien proprement et mis sous clé dans un casier au fond de son cerveau, avec une étiquette marquée 'inutile' ou 'sans intérêt'. Il parla de son ancien gang. Il parla de son premier essai au jazz au piano dans un bar à ivrognes au détour de son patté de maison. Il parla de toute. Il se contenta de parler.
Rivaille en probablement tiré cela du fait d'avoir failli mourir. Ça donnait cette étrange désespérance de prouver d'avoir existé. Personne ne savait rien sur Rivaille, vraiment. Quelque chose à propos de son état de quasi-existence avait réveillé l'envie de hurler à l'univers qu'il avait, effectivement, existé à un moment où à un autre. Il s'était contenté de remplir les oreilles d'Eren à la place. Ça ne dérangeait pas Eren, de toute façon.
"Je croyais qu'on ressemblait à des peintres avant," plaisanta Eren. "Mais bon sang javais tord. Regarde nous maintenant."
Rivaille pouvait être d'accord avec ça. Maintenant ils étaient tout de blanc vêtu et couvert de vrai peinture. "Eh bien, on faisait de la peinture en quelque sorte."
"Plus comme du vandalisme," contra Eren. "Tu étais un enfoiré illégal, tu sais ça ? J'ai jamais fait de connerie comme ça," il se mit à rire. "Soit ma mère m'aurait botté les fesses, soit Mikasa. J'aurais pu m'en tirer pour rien au monde."
"Eh, c'est une bonne chose," Rivaille rit. "Ça veut dire qu'elles tenaient à toi. Ou qu'elles aimaient simplement te botter les fesses. En tout cas, j'ai aucun problème avec ça."
"Ouais, moi aussi je t'emmerde."
Pour une fois, Eren ne lui disputa pas le piano quand ils rentrèrent à l'appartement. À la place, Eren voulu s'asseoir lui aussi sur le tabouret avec lui pour refaire une tentative à au jazz. Il était plutôt novice et bien trop technique pour son bien, mais pas mauvais. Rivaille passait en cercle autour de lui sur les touches, répondant à chacun de ses tours de phrase. Finalement cela sembla agacé Eren et Rivaille commença à voir les premiers signes de vrai talent chez le gamin. Eren faisait tout beaucoup mieux quand il était énervé.
"Tu n'essayes même pas," Rivaille se mit à rire tandis qu'il remontait sa main avant de la faire retomber dans un geste fantaisiste. "Continue."
Les sourcils se rejoignant pratiquement sous la concentration, Eren lança un regard mauvais à Rivaille. "Tu es le pire des professeurs, tu sais ? Tu ne fais que te mettre en valeur."
"Évidemment."
Rivaille ne l'admettrait pas, mais Eren s'améliorait à chaque cycle se répétant. C'était cette courbe d'apprentissage qui revenait.
"Pourquoi est-ce que tu ne joue plus pour de l'argent ?" demanda Eren.
Rivaille haussa les épaules. "Je ne sais pas vraiment."
"Eh bien, tu devrais. Même si ça ne reste qu'un hobby." Eren répéta un truc que Rivaille avait utilisé quelques progressions plus tôt.
Ce n'était pas une idée si terrible.
"J'y réfléchirais, gamin," dit Rivaille doucement. "Ce travail d'enseignant veux dire plus d'argent et moins d'heures pour moi. Ce n'est pas si déraisonnable."
Détendant visiblement sa concentration, Eren fit un sourire aux touches. "Je vois pourquoi tu aimes le jazz. Tu as raison : il faut effectivement n'en avoir rien à faire. Ça explique probablement pourquoi je suis une merde à ça."
Rivaille esquissa un sourire. "C'est probablement une bonne chose. Mais tu n'es pas une merde. Tu es juste au-dessus d'une merde. Tu es comme, de l'engrais. Un engrais de bonne qualité, peut-être."
"C'était un compliment, pas vrai ?"
Au lieu de répondre, Rivaille replongea dans la première progression de base que lui et Eren avaient tentés quelques mois plus tôt. Il leva son sourcil comme une invitation pour qu'Eren le rejoigne. Eren hésita et Rivaille lui lança un regard plein de reproches. "Quoi ? Tu ne crois pas avoir fait des progrès ? Tu te souci de la progression, tu te souci de ce qui va arriver demain, tu te souci du fait que ça va sonner juste ou non, tu te souci de ce que vais faire quand tout ça sera terminé. Trop de trucs en tête, Eren. La vie n'est pas juste un gros planning avec les trucs à faire et les trucs à ne pas faire pour maintenant et plus tard. Contentes-toi de jouer cette putain de musique."
Eren hocha la tête une fois, un air renouvelé de détermination dans ses yeux tandis qu'il se glissait dans la progression.
Eh bien, ça sonnait un peu mieux en tout cas.
Après quelques répétitions, Eren tourna légèrement son regard vers Rivaille. "De quoi te soucis-tu alors ? Puisque apparemment je m'occupe de me faire du souci pour tout."
"Tu n'obtiens pas des points juste pour ça, Eren," dit Rivaille avec fermeté. "Il n'y a pas de grand total à la fin. Tu veux savoir de quoi je me soucie ? Je me souci de plein de connerie. Mais je peux jouer de la musique comme si je n'en avais rien à foutre."
"Mais comment tu fais ?" Eren bouda, fixant intensément ses doigts en mouvements. "Je ne peux pas juste éteindre mon cerveau."
"Le contrôle est une illusion, gamin. Je n'éteins rien du tout. Je suis en accord avec mes pensées et je les laisse partir. Elles reviennent après si elles sont suffisamment importantes. Les choses ont cette étrange façon de faire."
"Je finirait bien par comprendre," décida Eren, retombant dans le silence tandis que la progression continuait encore et encore. Finalement Rivaille laissa Eren jouer seul, maintenant son propre cycle d'accords et ajoutant son solo par dessus la ligne de base. Après un bon moment, cependant, Eren sembla trop fatigué pour maintenir la musique et tomba tristement dans un silence prolongé. "Pourquoi c'est si difficile d'en avoir rien à faire ?"
"Tu es né pour te soucier, je suppose. Dommage pour toi gamin," Rivaille se mit à rire faiblement. Eren était avachi à côté de lui, les mains serré sur ses genoux, les yeux tombant avec l'effort qu'il avait dû générer. Rivaille commença un rythme simple et dansant de la main droite, souvenir d'une vieille chanson de blues qu'il avait entendu jouer un vieil homme triste dans un bar une fois, ne se donnant pas la peine de la suppléer avec une harmonie ou une ligne de basse. Cela semblait bien nu après les broderies complexes de mélodies variantes qui avaient bombardés l'appartement toute la nuit. La simplicité de cela était agréable, cependant, et après quelques minutes de la mélodie solitaire, Eren laissa sa tête tomber doucement sur le côté, reposant sur le bras de Rivaille.
Eh bien, se dit Rivaille, quelqu'un devait avoir des préoccupations.
Lentement Rivaille débuta un air triste avec la main gauche, essayant de bouger son bras le moins possible tandis qu'Eren s'endormait paisiblement à côté de lui.
"Si tu baves sur mon bras, je te fous le feu," chantonna Rivaille au-dessus de la lourde et triste mélodie.
Eren ne répondit pas.
Endormi.
Ah, très bien. C'était comme ça.
TBC
Plus que trois chapitre, la fin est si proche... ça m'attriste quelque part.
Un nouveau chapitre dès maintenant parce que j'en avait envie et que j'en avait le temps. Surtout aussi parce qu'il risque de ne pas y avoir de chapitre la semaine prochaine, mais j'essayerai quand même de trouver le temps, le chapitre 26 est looooonnng.
Merci à tout ceux qui lissent encore.
Kami Cam's : En effet, ce n'étais pas si prévisible au final, enfin je pense. Le couple de fantômes, seuls dans leur monde à eux. Plus que trois maintenant malheureusement. Ce chapitre n'arrange pas vraiment les choses, je suppose. Je ne me presse pas, mais j'essaye quand même de respecté mon planning. J'ai trouver de l'aide pour ma prochaine trad, mais ça ne sera pas une mince affaire, je le craint. (...dès fois je me demande comment j'ai fait pour m'engager dans un tel chemin... je devrais juste arrêté de foncé dans le tas.)
SonateVal : Au moins il n'est pas mort...pas encore...nan ça serait un peu facile. Merci j'espère que le reste va te plaire encore plus.
Kangoo : marrant de voir un mec de sa carrure essayer de passer par les petites portes de derrière pour évité le gros de la foule, même si hors saison quand il est venu y'avait pas grand monde. Tirage de chapeau à la bêtise de Riri et la tête de mule qu'il est.
Vava : Non vraiment, on pensait tous qu'il y aurait des soins médicaux certes, des engueulades, et une remise en question mais là la remise que question ce fait autrement et en plus comme tu dit c'est tellement dans le sens de l'histoire. Le prochain chapitre apporte plus que celui-ci je pense.
Shin : Oui moi aussi, le choc ma définitivement convaincu pour une traduction je dois avoué, ça et l'épilogue.
Le fanart du bouquet et celui qui ma fait découvrir la fic, c'est peut être pour ça que je l'apprécie autant, ahhh, j'ai cherchée partout mais j'ai pas retrouver le lien, j'espère que l'auteur ne la pas retiré du coup. Je connais aussi celui du gainier, il dégage une telle atmosphère...c'est vrai que ça résume bien la majeure partie de l'histoire. Tu fais de la pub pour the 6th ward ? Merci, cette fic le mérite vraiment. Mon travail de traduction n'en ai que plus récompensé.
