Auteur : The Shadow Bandit

Titre original : A moment in time

Titre en Français : Un moment dans le temps

Rating : M

Genre : Général/Romance

Couple : Draco M./Harry P.

État de la fic original : 35 (FINI)

État de la fic Française : 25; Traduits : FINI

Traductrices : Misschatelle

Bêta traductrice: Remus James Lupin

Bêta correctrice : Yakumo17

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Résumé : Harry apprend au cours de sa septième année que sa vie peut changer à jamais d'un seul coup. MPREG Harry/Draco

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Avertissement : Il s'agit d'un slash, donc relations intimes entre deux personnes du même sexe. En l'occurrence les personnes seront jeunes quand la relation commencera, donc si cela vous choque, passez votre chemin.

&

Disclamer : Les personnes ne nous appartiennent pas et nous ne gagnons pas d'argent là-dessus !

&

Bonne lecture

Passez un bon weekend

Et à lundi pour la suite sauf si une autre fic est demandé,

Pour l'instant a moment in time, est en tête, mais de très peu. À vous de jouer

Eni et Onarluca

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Chapitre 25 : Une longue et dure conversation

Harry n'avait toujours pas atterri lorsque Draco et Sirius commencèrent à riposter. Les deux hommes piquèrent vers le sol, sachant pourtant qu'ils étaient trop loin d'Harry pour prévenir sa chute. Mais ils tentèrent tout de même d'aller plus vite qu'il n'était humainement possible.

Avant même qu'ils ne soient en position pour lancer un sort qui ralentirait la chute de Harry ou amortirait son atterrissage, le corps du Survivant rencontra durement le sol dans un craquement à donner des nausées. Réalisant que le danger premier du Survivant restait toujours la horde de mangemorts qui avançaient rapidement vers lui, Sirius et Draco commencèrent à jeter sort après sort dès qu'ils furent suffisamment près. Ils espérèrent que leurs efforts combinés suffiraient à empêcher l'un des mangemorts d'attraper Harry et de simplement transplaner au loin avec lui.

Deux contre vingt-quatre ne s'avéra pas très avantageux, alors que les deux hommes se virent éviter plus de sorts qu'ils ne parvenaient à en jeter. Heureusement cela ne dura pas longtemps, les autres membres de leur équipe les rejoignant rapidement et en jetant à leur tour plusieurs.

Draco fut soulagé de constater que, bien qu'ils ne parviennent pas à rejoindre Harry, au moins les mangemorts n'y parvenaient pas non plus. Jetant à son amoureux blessé le plus de regards possible, Draco fut très inquiété par son absence de mouvement et par la flaque grandissante dans laquelle il semblait reposer.

Ce ne fut que lorsque les membres de l'Ordre commencèrent à se fatiguer qu'on entendit de nombreux petits bruits secs au sol ; c'était le très attendu bruit des renforts. Draco crut pleurer de joie en voyant une cinquantaine d'autres membres de l'Ordre transplaner au sol et commencer à repousser les mangemorts. Mais ce ne fut que lorsque Dumbledore apparut aussi et que Voldemort sortit de l'ombre que Draco réalisa que le mage noir avait été là dès le début.

Voyant ses plans contrecarrés une fois de plus, puisque ses troupes étaient définitivement en désavantage numérique et qu'il n'avait toujours pas mis la main sur le lot qu'il convoitait tant, Voldemort gronda à ses fidèles de se regrouper.

« Tu n'as pas encore gagné, Dumbledore. En fait, ton si précieux sauveur repose présentement sur le sol, se vidant de son sang. Ce sursis est probablement tout ce dont j'avais besoin pour en finir avec ce môme.» parvint à ricaner Voldemort à l'ancien sorcier, juste avant de transplaner.

« Nous nous reverrons, Tom.» répondit doucement Dumbledore au vide où son ancien élève s'était tenu l'instant d'avant. « Et à ce moment, tu auras à répondre de tes crimes, tout comme j'ai eu à répondre des miens.»

Aussi vite qu'ils étaient venus, les mangemorts disparurent et les membres de l'Ordre se mirent aussitôt au travail. Ils commencèrent à stabiliser et soigner les blessés, tandis qu'un messager fut envoyé à l'aile médicale par portoloin pour informer les médicomages qu'on les demandait immédiatement à la scène de bataille. Une évaluation rapide de la condition d'Harry confirma la nature critique de ses blessures, et Dumbledore ne souhaitait pas risquer de le bouger, avant que les médicomages n'aient fourni une évaluation plus poussée et qu'ils aient suffisamment stabilisé son état, afin qu'il ait une chance de survivre au transport.

Draco couru aux côtés d'Harry dès qu'il parvint à atterrir. S'agenouillant près de son amant, il résista à l'envie de vomir lorsqu'il vit la forme brisée et tordue de Harry. Ne se préoccupant pas de la flaque grandissante de sang, Draco se pencha et plaça sa tête sur la poitrine d'Harry. Ravalant ses larmes, Draco fut soulagé d'entendre un faible battement de cœur. Son cœur battait beaucoup plus lentement que la normale, mais au moins il battait toujours.

« Où sont les foutus médicomages !?»

Quelque chose dans le cri de Draco dû avoir atteint Harry, car les paupières de ce dernier battirent l'espace d'un instant.

« Allez Harry, réveille-toi !» Draco observa son âme-sœur se battre pour retrouver conscience. « C'est cela Harry, tout va bien aller, mais je t'en prie réveille-toi.» Draco ignorait qui il tentait de rassurer le plus, Harry ou lui-même.

Draco laissa échapper un soupir de soulagement lorsqu'Harry ouvrit enfin ses deux yeux émeraude. «Bienvenue parmi nous, Harry.»

Harry sembla vouloir dire quelque chose, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Draco se pencha de nouveau et essuya un filet de sang sur la bouche de l'homme aux cheveux noirs. « Tout va bien, p'tit Lion, ne dis rien. Repose-toi.»

Harry refermait ses yeux lorsqu'il les rouvrit brusquement, cette fois-ci de douleur ou de surprise, Draco n'aurait su déterminer lequel. Le corps entier d'Harry se tendit et son dos se courba alors que sa bouche s'ouvrit dans un cri silencieux.

Ne sachant rien de ce qui se passait, Draco paniqua. « Merde, j'ai besoin d'un médicomage ici MAINTENANT !»

Cherchant à calmer son amoureux, Draco commença à lui murmurer des mots doux et à doucement lui toucher le visage, essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues. Finalement, lorsque la douleur qu'il semblait expérimenter s'effaça, Harry se lécha les lèvres.

Ayant l'impression que Harry souhaitait lui dire quelque chose, Draco approcha son oreille de sa bouche. « Qu'y a-t-il, Harry ? Dis-le-moi.»

Le jeune homme aux cheveux noirs ne parvint qu'à murmurer un seul mot, avant que son corps n'ait de nouveau l'impression d'être déchiré en mille morceaux, mais ce simple mot suffit.

Draco ressentit un vide dans le creux de son estomac lorsqu'il réalisa ce qu'Harry cherchait à lui dire. Il ignorait pourquoi, alors que son amant reposait ici, critiquement blessé, tout ce qu'il chercha à communiquer à ce moment précis était son nom. Tout ce que Harry était parvenu à dire avant de perdre une fois de plus conscience fut « Nicole».

Nicole et plusieurs autres sorciers et sorcières de l'aile médicale firent leur entrée à peine quelques secondes après que Harry ait sollicité sa présence. On ne lui avait pas dit qu'Harry était le blessé critique avant qu'elle n'arrive sur les lieux et ne vit, avec le cœur serré, les cheveux dangereusement blonds, que seul Draco arborait, penchés au-dessus d'une silhouette immobile au sol. Nicole couru jusqu'à son ami et fut dégoûtée par ce qu'elle vit. Il y avait du sang partout et il en coulait toujours d'une entaille sur le côté, et son corps était positionné d'une façon que les os humains ne devraient pas pouvoir adopter.

Draco jeta un regard à Nicole alors qu'elle s'agenouillait aux côtés d'Harry. « Il t'a demandée.»

Nicole n'était pas sûre de ce qui la surprenait le plus: la frustration dans la voix de Draco ou le fait qu'Harry ait suffisamment retrouvé conscience pour dire quelque chose. Se demandant ce qu'Harry pouvait bien vouloir lui dire, elle se mit aussitôt au travail et soigna la majorité des blessures de son ami.

Dès que Nicole jugea l'état d'Harry suffisamment stable pour être bougé, Draco se pencha et plaça gentiment le corps blessé sur une civière que quelqu'un avait conjuré. S'assurant de ne pas bouger Harry d'une façon qui aggraverait ses blessures, Draco l'installa sécuritairement sur la surface flottante et attrapa prudemment le portoloin qui les mènerait à l'aile médicale.

L'immense portée des émotions ressenties par les membres de l'Ordre allèrent de l'admiration face à l'extrême puissance dont Harry Potter avait fait preuve en repoussant tous ces Stupefix, jusqu'à un désespoir absolu de voir que le Gryffondor aux cheveux foncés avait été surpassé par Voldemort. Les deux membres de l'Ordre qui étaient allé voir ce qu'était l'objet rouge dans la forêt avaient assisté à l'attaque et avaient raconté en détails aux autres ce qui s'était passé. Malheureusement, ils avaient été aux prises avec des mangemorts à ce moment et n'avaient donc pu fournir la moindre assistance à Harry.

Potter avait été visiblement blessé très sérieusement, à voir par la hauteur de laquelle il était tombé et par la quantité de sang qui s'échappait de son corps inconscient. Il était inimaginable que quelque chose comme cela puisse arriver maintenant, juste comme la résistance se remettait sur ses pieds. Tous les espoirs que l'arrivée d'Harry avait créés s'étaient effacés au fur et à mesure que les témoins répandaient la nouvelle auprès d'autres membres de la résistance sur la condition critique d'Harry. Plusieurs étaient si renversés qu'ils ne parvenaient pas à faire quoi que ce soit d'autre que s'assoir et attendre l'impensable nouvelle de la mort du jeune sauveur.

Albus exigea que les membres de l'Ordre, à l'exception de Sirius, Remus et Severus, retournent à leurs appartements respectifs dès qu'ils seraient de retour à Poudlard, puisqu'il n'y avait rien qu'ils ne puissent faire pour aider Harry, autre que le garder dans leurs pensées et prières. Dès leur arrivée au château, Albus leva un regard très inquiet vers les hommes qu'Harry considérait comme une partie de sa famille. « Allons le voir.»

Sirius acquiesça, craignant que s'il tentait de parler, sa voix tremblante le trahirait. Silencieusement, quatre des plus anciens membres de l'Ordre du Phoenix approchèrent de l'aile médicale, loin d'être sûrs de vouloir faire face à ce qui se trouvait inévitablement entre ces murs stériles.

Nicole se précipita dans l'infirmerie, emmenant avec elle la forme immobile et pâle d'Harry derrière elle.

« Mettez-le ici.» demanda fermement Pomfresh. On l'avait informée de ce qui s'était passé dans la forêt et avait été préparée à tenter de traiter les blessures de sa chute. Nicole posa doucement Harry sur le lit d'hôpital désigné. « D'où vient tout ce sang ?» demanda la matrone.

Nicole jeta un regard intrigué à Harry, qui saignait toujours. Elle avait traité la profonde entaille sur son côté sur le lieu de la bataille et était parvenue à arrêter l'hémorragie. Suite à cela, Harry n'aurait pas dû continuer à perdre ce précieux liquide qui le maintenait en vie, mais pour une raison inconnue, il le perdait toujours. La preuve se trouvait partout sur la civière qui avait été utilisée pour le transporter jusqu'ici. Elle eut l'impression que des doigts gelés se resserraient sur son cœur alors qu'elle réalisait, avec horreur, qu'elle devait avoir raté quelque chose.

La main de Nicole trembla alors qu'elle tenta de déshabiller la silhouette inconsciente de son meilleur ami. « Oh mon dieu Harry, mais qu'as-tu fait ?» pleura-t-elle alors qu'elle retirait chaque pièce de son habillement afin de trouver la blessure non diagnostiquée qui saignait tant.

Dès qu'il mit les pieds dans l'hôpital, Severus se précipita pour aider les soigneurs tandis que Sirius, Albus et Remus se tinrent dans un coin de la pièce où un Draco très pâle et secoué cherchait à rester calme.

Severus s'avança et versa une potion de renouvellement de sang dans la bouche d'Harry. Bien qu'ils ne soient pas parvenus à repérer la source des saignements jusqu'à ce moment, Severus savait qu'au rythme auquel Harry perdait le liquide rouge, quelque chose devait être fait rapidement ou ils allaient le perdre.

Finalement, lorsqu'Harry fut complètement dévêtu, les médicomages furent en position pour l'examiner davantage. Il avait une commotion cérébrale sévère, quelques côtes brisées et une fracture à la jambe, tous des résultats de sa chute, mais cela n'expliquait pas tout ce sang qui continuait de s'échapper du corps de Harry. Ne voyant aucune blessure ouverte sur son devant, Nicole, avec l'aide de Pomfresh, roula Harry sur son estomac, prenant soin de ne pas bouger sa colonne vertébrale ou son cou.

Voyant la rivière de sang qui s'écoula du derrière d'Harry, Nicole pâlit en réalisant ce qui était probablement en train de se passer. « Vite, Pompom, roulez-le sur son dos. Je dois opérer.»

Au mot 'opérer', Draco, qui avait été conduit à la tête du lit d'hôpital d'Harry lorsque les spécialistes avaient commencé à l'examiner en cas de blessures additionnelles, eut l'impression qu'il allait s'évanouir. Il y avait du sang partout et maintenant Nicole voulait ouvrir son amant, Draco ne pensait pas que dans un tel état de faiblesse, Harry survivrait à la procédure.

« Nicole, mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne va pas ?» Draco ne réalisa même pas que des larmes coulaient sur ses joues avant que Nicole ne le regarde et n'en essuie une.

Très lentement et prudemment, Nicole soutint le regard de la moitié d'Harry. « Draco, Harry est en train de faire une fausse couche. Si je ne l'opère pas maintenant et n'arrête pas l'hémorragie, il va mourir. Tu comprends ?»

Oh Merlin. Ce n'était pas possible. Il ne savait même pas qu'Harry était enceint. Il doutait qu'Harry le savait lui même. Mais d'une certaine façon, cela avait du sens, sa constante fatigue, ses légères sautes d'humeur, une petite différence dans son alimentation, que de petites choses que Draco avait remarqué dans les derniers mois, mais avait ignoré en les associant au stress.

Mais maintenant, avant même qu'ils aient pu caresser l'idée d'avoir un autre enfant, cet enfant leur était arraché par Voldemort aussi sûrement que s'il avait jeté un Avada Kedavra sur l'embryon. Réalisant que Nicole le regardait toujours avec des yeux inquiets, comme si elle cherchait sa permission pour appliquer toute mesure médicale qui pouvait potentiellement sauver Harry, Draco se força à répondre. Il hocha la tête, sachant qu'à ce moment il devait se concentrer sur Harry, qu'ils auraient du temps pour se remettre de la perte de cet enfant plus tard, lorsqu'il irait mieux.

Dès que Nicole vit le léger mouvement, elle retourna immédiatement au travail, préparant Harry pour sa chirurgie.

Pompom prit une grande inspiration face au diagnostic de Nicole. « C'était tout simplement impensable.» Il n'y avait pas eu la moindre grossesse masculine enregistrée dans les derniers siècles. Dès qu'ils eurent installé Harry pour qu'il soit sur son dos de nouveau, les yeux intelligents de la sorcière cherchèrent la cicatrice qu'elle savait devoir être là si ses suppositions étaient vraies. Et bien sûr, elle y était, très faible, mais tout de même visible. « Mais cela signifierait donc que...» la femme plus âgée jeta un regard ahuri au Serpentard blond qui avait certainement beaucoup changé depuis la première fois où elle l'avait soigné lorsqu'il venait à l'école ici. C'était soudainement si évident lorsque vous considériez la possibilité d'une grossesse masculine. Les jumeaux ressemblaient même un peu à Draco.

Draco vit Pomfresh le regarder étrangement et su qu'elle avait deviné la paternité des jumeaux. Mais maintenant n'était pas le moment de parler de cela. « Cessez de me regarder et aidez-le !» Draco cria presque à la femme âgée, cherchant à rediriger son attention là où elle était nécessaire.

Albus, qui se tenait toujours dans un coin en attente du pronostic d'Harry, ne parvenant pas à en croire ses oreilles en entendant les commentaires de Nicole sur la grossesse d'Harry. C'était possible et expliquait assurément de nombreuses choses, incluant la raison pour laquelle Harry gardait secrète l'identité de la mère des jumeaux. Il apparaissait qu'Harry était un sorcier encore plus puissant et talentueux qu'il n'avait laissé tout le monde le croire. Albus avait étouffé les rumeurs de la bataille disant qu'Harry avait absorbé les nombreux Stupéfix lancés en sa direction avant de finalement sombrer sous le poids de trois sorts, le dernier ayant été jeté par le mage noir lui-même. Une telle prouesse aurait normalement paru incroyable. Même Albus, dans sa jeunesse, ne serait pas parvenu à supporter une telle quantité de sorts. Mais maintenant, avec cette information supplémentaire, les choses commençaient à s'expliquer.

Les grossesses masculines étaient très dangereuses et, puisqu'elles étaient rares, on n'en savait que très peu sur la complexité des accouchements masculins. Il avait été avancé que seul les sorciers très puissants pouvaient concevoir un enfant, vu leurs grandes habilités à la magie sans baguette. Simplement, un sorcier puissant pouvait rendre son corps prêt à porter un enfant s'il le voulait vraiment. Le désir d'avoir un enfant n'avait pas à être conscient. Dès que la volonté était là, cela pouvait arriver à condition que le sorcier soit puissant. Mais il avait aussi été avancé que le pouvoir du sorcier pouvait aussi se retourner contre lui. Il était fascinant que le pouvoir qui permettait à un homme d'être enceint, était aussi ce qui rendait la chose si dangereuse.

Albus se dit qu'Harry ne devait probablement pas avoir beaucoup utilisé sa magie durant sa grossesse, puisqu'il était parvenu à les concevoir sans la moindre complication évidente, ce qui était un exploit en soi. Mais maintenant qu'Harry était revenu à Poudlard, il avait exercé de la magie très puissante et complexe, en préparation pour les prochaines batailles. Sa capacité à pratiquer ce type de magie durant la grossesse était tout un accomplissement, mais avait certainement laissé une marque sur lui-même, mais aussi sur le fœtus en développement.

Les grossesses sorcières en soi étaient différentes des moldues ; la magie du bébé se développe simultanément à son développement physique avant la naissance. Il est important que la 'mère', ou dans le cas des grossesses masculines, le 'père porteur', s'assure d'utiliser le moins de magie possible durant la grossesse afin que sa magie n'entre pas en conflit avec celle du bébé ; plus le sorcier ou la sorcière est puissant, plus il y a de risques de conflit.

Lorsque le parent porteur jette un sort, il y a souvent une forte chance que le sort ne donne pas les résultats désirés. Aussi durant la grossesse, la magie du bébé et celle du parent porteur peuvent souvent créer une relation symbiotique. Dans le cas d'une fausse couche, la soudaine perte de la magie du bébé peut être très destructrice pour le parent porteur, ce qui explique pourquoi le taux de décès suite à une fausse couche chez les sorciers est à ce point plus élevé que celui des moldus.

Sachant que Harry était le parent porteur aidait à expliquer le fort potentiel magique qu'il sentait en les fils d'Harry ; avec la combinaison de l'ancien pouvoir dans la lignée de Harry et celui de l'actuellement forte lignée Malfoy, il n'y avait plus le moindre doute que ses fils seraient extraordinairement talentueux.

Albus espérait qu'ils parviendraient à garder le secret de Harry au moins un peu plus longtemps, mais c'était plutôt invraisemblable. Par contre il nota que des autres hommes dans la pièce, seul Remus semblait surpris par l'annonce de Nicole, alors il assuma que Severus et Sirius savaient tous les deux pour la paternité des jumeaux avant aujourd'hui. Le directeur jeta un regard inquiet à l'endroit où trois des meilleurs dans leurs rangs travaillaient dur pour sauver Harry. S'il mourrait, cette information ne servirait plus à rien. Non seulement perdraient-ils celui qui était indéniablement le sorcier le plus puissant depuis des siècles, mais aussi un homme bon et loyal. C'était une perte à laquelle Albus n'était pas prêt à faire face.

Draco sentit une forte paire de bras l'entourer et le guider vers le côté de la chambre d'Harry. « Draco, pourquoi ne poses-tu pas cela ?» suggéra doucement Remus alors qu'il observait aussi Severus, Nicole et Pomfresh se battre dans une bataille perdue d'avance. N'ayant pas réalisé qu'il avait ramassé le balai de Harry et l'avait emmené avec lui jusqu'à l'hôpital, Draco ouvrit sa main dont les doigts avaient retenus fermement le balai, le laissant ainsi tomber innocemment sur le sol. Personne ne tiqua lorsque retentit dans l'aile médicale le bruit du bois qui rencontre la roche.

Tout de même, lorsque Pompom murmura « Je ne parviens pas à arrêter l'hémorragie, on est en train de le perdre,» le son semblait se transformer en écho, provoquant ainsi une réaction instantanée.

Draco chercha à s'échapper de la personne qui le retenait. Toutefois, Sirius resserra son étreinte sur l'amant de son filleul et le garda loin du lit d'Harry, permettant ainsi à Nicole et Pomfresh de poursuivre leur travail. « Il s'éteint...»

Mais où était Fumseck ? Il avait sauvé Harry une fois ; il pouvait assurément le faire encore. Puis Draco se souvint que Dumbledore avait envoyé le phénix en mission pour repérer d'autres membres de la résistance qui se cachaient en France. Le phénix n'était parti que depuis tout récemment, alors il n'aurait pas été logique qu'il soit de retour si rapidement. Soudain, la poitrine d'Harry cessa de bouger alors que son visage prenait une teinte bleutée. « Vite Nicole, il ne respire plus.» Il crut qu'il allait être soudainement malade en entendant les murmures pressant de Pomfresh.

Draco sentit les bras autour de lui trembler et son cou était mouillé par les larmes de la personne derrière lui, alors que Nicole et Pomfresh tentaient le tout pour le tout pour sauver la vie d'Harry.

L'obscurité, encore plus noire que le plus foncé des noirs, fut soudainement percée par un flux de vive lumière. Harry se retourna et observa la lumière, l'étudiant. Cette lumière était presque agressante avec son éclat, à comparer à la profonde obscurité qui l'avait précédemment entouré, mais il n'était tout de même pas douloureux de la regarder. Ne sachant pas quoi faire d'autre, Harry avança lentement en direction de la lumière.

Plus il s'approchait de la lumière, plus il se sentait en paix. Le sentiment était presque indescriptible ; il n'avait expérimenté ce type de calme auparavant que lorsqu'il entendait la chanson du phénix. Bien vite, la lumière l'entourait, l'enveloppant dans un sentiment de chaleur. Il était impossible de déterminer la source de la lumière, mais Harry continua d'avancer.

Sous peu, Harry parvint à discerner ce qui semblait être des silhouettes qui avançaient dans sa direction. Pourtant, Harry n'avait pas peur et le sentiment de paix était maintenant rejoint par un réconfortant sentiment d'amour. Harry plissa les yeux en tentant d'identifier ces personnes qui venaient à sa rencontre. Deux personnes menaient la marche, suivis de nombreuses autres personnes. Ces deux personnes qui venaient vers lui semblèrent être un homme et une femme. Harry s'arrêta et attendit.

« Maman? Papa ?» fit Harry dès que l'homme et la femme furent suffisamment près pour être reconnus. « Mais... comment est-ce possible ?»

Harry se retrouva aussitôt enveloppé dans les bras de sa mère et il sentit ses larmes sur son visage. Dès qu'elle desserra sa prise, Harry fut de nouveau étreint, cette fois-ci par son père.

« Oh Harry... tu n'as pas idée d'à quel point tu nous as manqué.» dit Lily Potter tristement, alors que son père ébouriffait ses cheveux.

« Mais je ne comprend pas. Si je suis ici avec vous, est-ce que ça veut dire que je suis mort ?» Harry regarda sa mère, puis son père, à la recherche d'une réponse à sa question.

« Eh bien fiston, techniquement oui, tu es mort, mais je suis heureux de t'annoncer que tu ne resteras pas.»

« Qu'est-ce que tu veux dire, je ne peux pas rester ? Je viens de vous retrouver ; je ne suis pas prêt à vous laisser.» Harry jeta un regard désespéré aux deux personnes qu'il avait espéré toute sa vie avoir la chance de connaître. C'était sa chance, la réalisation de tous les vœux qu'il avait fait et il n'était pas prêt à tout laisser tomber si vite.

« Harry, s'il-te-plaît essaie de comprendre, tu es la seule chance que le monde sorcier a de vaincre Voldemort. Tu ne peux pas rester ici et le laisser prendre le contrôle. Tu dois y retourner et accomplir ta destinée.»

« Mais papa, je suis fatigué. Je me suis battu contre Voldemort tellement de fois et je n'ai pas la moindre idée de comment le surpasser. Je ne suis pas spécial ; assurément, quelqu'un d'autre parviendra à le vaincre. Je veux rester. J'ai fait de mon mieux et j'ai échoué. S'il-vous-plait ne me renvoyez pas là-bas.»

La plainte d'Harry fut interrompue par la voix douce de sa mère. « Harry, chéri, tu es spécial, et bien plus que tu ne le penses. Tu es aimé par tant de personnes qui seraient ravagées si tu ne vivais pas.» Lily tendit la main et caressa sa joue. « Tu sais Harry, nous t'avons observé. Je suis désolée que tu aies eu à vivre avec ma sœur et sa famille. Ton enfance ne fut pas quelque chose que ton père et moi avons approuvé. J'ai même tenté de revenir afin de hanter Albus pour t'avoir envoyé chez eux, mais il ne m'était pas permis de le faire.»

James Potter regarda Harry tendrement. « Elle a vraiment voulu le faire. J'ai tenté de la persuader que ce n'était pas une bonne idée. Mais lorsque j'ai échoué, j'ai voulu voir si je pouvais revenir avec elle et hanter Snape, mais les pouvoirs supérieurs n'ont pas jugé que deux fantômes de plus à Poudlard étaient nécessaires.» Sur ce, le grand et bel homme aux cheveux foncés haussa les épaules.

Lily sourit amoureusement à son mari avant de retourner son attention sur son magnifique fils. « Harry, en ce moment même, ta famille tente le tout pour le tout pour te sauver la vie. Pense à eux, comment ils se sentiraient si tu ne revenais pas. Tes fils ont besoin que tu les guides. Tu ne voudrais pas qu'ils aient à grandir sans toi. Et puis, n'as-tu pas un admirable petit ami qui t'aime plus que tout ?»

Harry regarda sa mère avec surprise, remarquant la chaleur dans ses yeux verts qu'il voyait souvent se refléter dans ceux de ses fils. Il lui faisait tout drôle d'entendre Draco être appelé son 'petit ami'. « Vous savez pour Evan et Matthew, et pour Draco et moi.»

«Bien sûr, chéri, nous t'observons constamment et voyons tout ce qui concerne ta vie.»

« En fait, nous voyons presque tout.» ajouta rapidement son père alors que Harry rougissait, songeant à plusieurs moments d'intimité qu'il n'aurait pas voulu avoir été vus par ses parents.

Harry avala difficilement, craignant presque de poser sa question, sachant pourtant que c'était sa seule chance de demander. « Alors vous approuvez, pour Draco et moi ?»

« Est-ce que tu l'aimes ?» demanda sa mère doucement.

« Plus que tout.»

« Alors oui, nous approuvons. En ce moment, il tente désespérément de te sauver la vie. Je ne veux même pas songer à ce qui lui arriverait si tu ne revenais pas.» Elle jeta un regard savant à son fils. « Il semble être un jeune homme merveilleux et il te rend plus heureux que nous ne t'avons jamais vu l'être. Assurez-vous juste de prendre soin l'un de l'autre, et d'aussi prendre soin de vos si jolis enfants.» dit Lily, alors qu'elle serrait Harry dans ses bras. « Sa vie n'a pas été facile non plus, et vous méritez tous les deux d'être heureux.» Harry savait qu'elle tentait d'éviter le sujet de son emprisonnement.

Harry hocha la tête pour sa mère, alors que des larmes emplissaient ses yeux. Leur approbation de sa relation avec son âme sœur signifiait bien plus pour lui qu'il ne l'aurait cru.

Harry sentit la forte poigne de son père sur son épaule alors qu'il regardait ce visage qui était tellement comme le sien. « Harry, ton temps ici tire à sa fin, écoute bien ce que nous avons à te demander.»

De nouveau, Harry hocha la tête.

« Premièrement Harry, tu dois te faire à l'idée de ce qui t'as été fait et pardonner à ceux qui t'ont envoyé à Azkaban. Tu ne t'aides en rien en coupant les ponts avec eux ; tu dois apprendre à faire confiance aux gens de nouveau. Personne n'est parfait et leur faire confiance te sera très difficile, mais si tu ne fais pas confiance, tu ne seras plus jamais entier. Ta mère et moi voulons te voir guérir, Harry. Tu te dois de faire cela autant pour toi que pour ta famille.»

Harry détesta d'avoir à promettre à ses parents la chose qu'il combattait depuis si longtemps. Voyant la résistance d'Harry, James insista. « Dumbledore a été stupide et souffrait d'un ego enflé, résultat de plus d'un siècle de gens qui lui disaient qu'il ne pouvait pas faire de mal. Bien sur, le vieil idiot a cru ce qu'on disait à son propos. Tu devrais apprendre de ses erreurs, et ne pas laisser la même chose t'arriver. Et puis, je crois que les Weasley méritent une chance de faire partie de ta famille. Donne-leur une autre chance ; je ne crois pas qu'ils te décevront de nouveau. Ils pourraient te faire du bien à toi, mais aussi aux garçons.»

Harry hocha la tête face à la sagesse dans les paroles de son père.

« Et en passant fiston, tu es probablement le plus talentueux joueur de Quidditch que j'ai jamais vu, tu me rends fier chaque fois que je te vois voler.»

Harry rit alors que Lily donna un coup de coude à James pour qu'il revienne au sujet principal. « D'accord, je promets de laisser aller et pardonner, mais c'est tout ce que je peux promettre pour l'instant.» Harry jeta à ses parents un regard plein d'espoir que cette promesse suffirait, sachant qu'il ne parviendrait jamais à complètement oublier l'horrible injustice dont il avait été victime.

Harry ne put s'empêcher de rire en voyant le sourire sur les visages de ses parents. Lily savait que leur temps ensemble tirait à sa fin et elle avait encore certaines choses à dire à son fils.

« Deuxièmement, s'il-te-plaît dis à Patmol d'arrêter de s'en vouloir. Le fait que nous soyons morts n'est pas de sa faute, nous ne lui en voulons absolument pas. C'était notre décision d'échanger les gardiens du secret et nous sommes désolés qu'il ait eu à en souffrir. Nous sommes déchirés de voir le poids qu'il se met sur les épaules. Aussi, dis à Moony qu'il a besoin de prendre plus grand soin de lui, et que nous ne lui en voulons pas pour avoir cru Dumbledore lorsque tu es allé à Azkaban.»

« Bien que je prévois avoir une bonne conversation avec lui la prochaine fois que je le verrai.» James interrompit sa femme lorsqu'elle fit une pause pour respirer. Il ignora son regard mécontent et poursuivit. «Et qu'est-ce que ce choix de compagnon ? J'aurais pensé qu'il aurait su trouver mieux que cet idiot aux cheveux gras.»

Harry rit lorsque Lily fit taire son époux, sachant instinctivement par l'étincelle dans les yeux de son père qu'il ne faisait que plaisanter et qu'il avait fait la paix avec Snape depuis longtemps. « Aussi dis leur que Lily transmet tout son amour au vieux chien galeux et au loup adorable. Ils comprendront.»

« Finalement Harry, nous voulons que tu saches à quel point nous t'aimons. Ce n'était pas de ta faute que nous mourrions, ou que Cédric ne meure, ou toute autre personne en fait. S'il-te-plaît, laisse le blâme tomber sur Voldemort. Nous ne pourrions être plus fiers de la personne que tu es devenue.» Lily vit qu'elle ne pouvait poursuivre, étant trop envahie par les émotions.

Harry tendit les bras et y serra fort sa mère avant de l'embrasser sur la joue. « Merci maman. Je vous aime aussi, tous les deux.» Harry regarda son père par-dessus l'épaule de sa mère.

« Nous le savons, fiston, nous t'aimons toi et tes merveilleux garçons, serre-les et embrasse-les pour nous.» ajouta son père. «Ils seront de remarquables joueurs de Quidditch, je le prédis. Malheureusement, il est temps pour toi de partir.»

« Déjà ? Mais je veux passer du temps avec vous, je viens d'arriver.»

« Nous le savons, Harry, mais si tu ne pars pas maintenant, tu n'auras pas d'autre chance. Tu dois partir. Et puis nous allons continuer de te voir vivre et un jour, pas trop tôt rassure-toi, nous serons réunis de nouveau.»

Harry serra ses deux parents dans ses bras et s'accrocha comme s'il ne voulait plus jamais les laisser partir. Pourtant, il sentit rapidement quelque chose le tirer vers l'arrière, comme si ce quelque chose cherchait à l'éloigner de ses parents, de la lumière. Harry garda le contact visuel alors que l'image de ses géniteurs devenait de plus en plus petite. « Je vous aime.» dit Harry, juste avant qu'ils ne disparaissent tous. « Nous t'aimons aussi, pour toujours.» Harry n'était pas certain de l'avoir entendu ou simplement senti, mais il savait sans le moindre doute qu'ils avaient répondu.

Éventuellement, Nicole se recula un peu du lit et pointa sa baguette sur le cœur d'Harry. Severus, qui avait administré des potions qu'il croyait pouvoir aider, et Pompom s'éloignèrent aussi du lit. Draco regarda le bout de la baguette de la sorcière briller d'un jaune vif, avant de toucher la poitrine d'Harry. Le corps de ce dernier eut un soubresaut lorsque la baguette entra en contact avec lui. Loin de vraiment savoir ce qui se passait, Draco observa la procédure être répétée plusieurs autres fois.

Quelques instants plus tard, Nicole leva les yeux sur Draco, les yeux emplis de larmes. « Il est parti, je suis désolée, mais il n'y avait rien que je puisse faire. Il avait déjà perdu trop de sang et il était tout simplement trop tard lorsque j'ai retiré le fœtus et arrêté l'hémorragie interne.»

Aux paroles de la sorcière, Draco eut l'impression que le monde disparaissait autour de lui. Il se battit contre l'obscurité qui menaçait de l'engloutir. Il refusait de croire que Harry était parti, et avec une bouffée d'énergie il se défit de l'emprise de Sirius et couru vers le lit d'hôpital.

Draco regarda le visage de Harry, maintenant paisible dans la mort. « Non, non merde ! Pas encore. Je refuse de te laisser me quitter, Potter. Je ne peux le faire une fois de plus. Je ne peux pas. Ne meurs pas. Je t'en prie Harry, ne meurs pas, j'ai besoin de te voir vivre. Ne me quitte pas, tu avais promis, espèce d'enfant de pute. Je ne peux pas faire cela tout seul, s'il-te-plait P'tit Lion, reviens-moi... je t'aime...»

Soudainement, la réalité de la situation frappa le blond très durement. Ici gisait son âme sœur, mort avant lui. Et il ne reviendrait pas cette fois. Draco sentit quelque chose se briser en lui alors que des larmes coulaient sur son visage.

Draco descendit lentement ses lèvres et embrassa celles d'Harry pour la dernière fois. Draco sanglota en sentant les lèvres toujours chaudes sous les siennes. Des lèvres qu'il ne sentirait plus jamais bouger sous les siennes, des lèvres qu'il ne verrait plus jamais sourire de ce sourire qui pouvait transformer Draco en gelée sans le moindre avertissement. Le blond plaça ses bras autour de Harry et posa sa tête contre son torse, dévasté de ne pas entendre le réconfortant battement du cœur de son amant, qu'il avait écouté tant de fois.

Lentement, les larmes de Draco ruisselèrent sur la poitrine d'Harry, traçant un chemin à travers tout ce sang et descendant vers l'incision que Nicole avait réouverte sur l'abdomen. Un très court instant s'était écoulé depuis que Nicole avait déclaré leur ami mort, et ce fut avec une détermination renouvelée que Draco leva son visage encore humide de larmes et, qu'avec un regard encore plus féroce que Nicole ne l'avait vu auparavant, il demanda qu'elle continue d'essayer.

Nicole, après avoir assisté à la mort de son meilleur ami, s'était tournée vers son parrain en recherche de confort. Il était inutile de préciser que Sirius ne prenait pas très bien non plus la nouvelle. Ils restèrent ainsi ensemble dans un coin de la chambre d'hôpital ; tous deux recouverts du liquide primordial à la vie de Harry ; tous deux trop engourdis pour comprendre ce qui venait de se produire.

À la vue du regard que lui jetait Draco, Nicole su qu'elle se devait de continuer d'essayer, et si ce n'était pas pour elle ou Draco, c'était pour les jumeaux qu'elle aimait comme s'ils étaient ses propres enfants. Échappant à l'étreinte instable de Sirius, la jeune femme se redirigea vers le lit où reposait le corps familier.

Levant sa baguette, elle répéta le sort qui ne possédait qu'une très faible chance de réveiller le cœur d'Harry. Mais cela faisait déjà un bon moment qu'il n'avait pas respiré et que son cœur n'avait pas pompé le peu de sang qu'il lui restait dans son système, et ses organes en viendraient éventuellement à être grandement affaiblis par le manque d'oxygène. Même si elle parvenait à le ranimer, sous peu cela ne changerait rien ; il serait trop tard.

Le sort échoua à nouveau. Levant les yeux du corps inanimé, elle rencontra et garda le contact avec le regard qui semblait être fait d'argent.

« Une fois de plus, s'il-te-plaît.» Le murmure désespéré lui donna le courage nécessaire pour lever sa baguette une dernière fois.

La procédure fut répétée. Sa baguette brilla très fort avant de donner un fort choc à Harry, cherchant à faire redémarrer son cœur. Le corps bondit alors que l'énergie le traversait, mais cette fois-ci il y avait quelque chose de différent. Draco regarda sans cligner Nicole se pencher pour vérifier les signes vitaux d'Harry, pour voir si le sort avait fonctionné.

Un large sourire apparut sur le visage troublé de la sorcière lorsqu'elle sentit le cœur d'Harry battre une ou deux fois. « Allez Harry, tu peux le faire. Reviens-nous.» murmura-t-elle fermement alors que son cœur battait une fois de plus, avant d'engager un rythme lent et irrégulier.

Souriant toujours à travers ses larmes, elle leva les yeux sur Draco et hocha la tête, lui laissant ainsi savoir qu'Harry était de retour. Il était toujours dans les vapes, mais il avait au moins une chance de se battre. Et si Harry était quelque chose, c'était bien un combattant.

Bientôt rejoint aux côtés du lit par Pompom et Severus, les trois reprirent leurs techniques de sauvetage qu'ils n'avaient abandonné qu'un instant plus tôt.

Se réveiller dans l'un des petits lits d'hôpital inconfortables n'était pas l'une des expériences favorites de Draco. Avant même que ses paupières ne se soient ouvertes pour accueillir la matinée, les souvenirs de l'attaque et tout ce qui en avait découlé le frappèrent d'un seul coup. Draco n'avait pas voulu s'endormir et assuma, correctement, que son parrain lui avait jeté un sort de sommeil lorsqu'il n'avait pas porté attention. Sauvagement, Draco commença à regarder tout autour de lui jusqu'à ce que son regard ne se pose sur une figure de l'autre côté de l'aile médicale. Sans la moindre hésitation, Draco sauta hors de son lit et se précipita vers Harry.

Draco fut heureux de constater que Severus, Remus et Sirius étaient déjà assis aux côtés de son amoureux lorsqu'il se glissa dans l'une des chaises qui reposaient près du lit. Jetant un regard meurtrier à Severus pour sa fourberie, Draco se relaxa pourtant en voyant le visage de Harry, qui avait retrouvé quelques couleurs, et en constatant qu'il semblait respirer par lui-même. Au regard intrigué de Draco, Sirius expliqua qu'Harry était dans un profond coma guérisseur, et qu'il se réveillerait par lui-même lorsque son corps et sa force magique auraient suffisamment été restaurés pour cela. Harry était actuellement attaché à plusieurs sacs de perfusion qui étaient suspendus autour du lit. Ces sacs injectaient des potions directement dans son système sanguin, par l'intermédiaire d'un tube qui était inséré dans son bras.

Severus expliqua à Draco que les potions étaient nécessaires pour aider le corps d'Harry à accélérer la production de sang afin de remplacer ce qu'il avait perdu et de l'aider à se nourrir.

« Mais il va s'en sortir ?» Draco regarda son parrain, à la recherche de réconfort, tandis qu'il tendait la main et qu'il enlevait quelques mèches de cheveux du front d'Harry.

« Il semble bien. Lorsqu'il se réveillera, nous le saurons avec certitude, mais en apparence tout semble bien aller.» expliqua Sirius.

Ce dernier, assis juste à côté de Draco, prit la main de Harry dans la sienne alors qu'ils regardaient celui qui soutenait tous les espoirs du monde sur ses épaules commencer à guérir, ou à tout le moins physiquement. Ils savaient tous qu'il aurait besoin de leur support pour l'aider avec sa guérison émotionnelle et psychologique lorsqu'il se réveillerait.

Peu de temps plus tard, Nicole fit son entrée dans l'infirmerie afin de vérifier l'état de son patient. Après s'être assuré qu'il n'y avait pas eu le moindre changement matériel dans la condition d'Harry, elle insista pour avoir une conversation en privé avec Draco.

Lorsqu'ils trouvèrent une intimité raisonnable, Nicole prit l'homme dans ses bras. «Tout va bien aller, Draco, je te le promets ; il va s'en sortir.»

Draco la serra encore plus fort, appréciant le fait de partager ce moment avec quelqu'un qui se souciait d'Harry presque autant que lui. «Merci. Merci pour tout ce que tu as fait pour lui.» Draco fit une pause, puis se corrigea. «Pour nous

Rougissant légèrement d'être la destinataire de ce sourire à donner des frissons, la jeune femme se reprit et s'éloigna légèrement du magnifique jeune homme qui appartenait entièrement à son meilleur ami. Essuyant ses yeux, elle lui offrit un sourire plutôt timide. « Écoute, il y a certaines choses assez privées dont nous devons parler avant que Harry ne se réveille, alors je me suis dit que maintenant était le moment idéal.»

Draco hocha la tête, curieux de savoir ce que Nicole avait à lui dire.

Elle prit une grande inspiration, puis regarda Draco droit dans ses yeux plein de questions et décida que l'approche directe était probablement la plus appropriée, dans les circonstances.

« Draco, savais-tu que Harry était enceint ?»

La douleur de la fausse couche était encore trop forte et il dût détourner le regard. « Non, non je ne le savais pas. Pour être honnête, je doute que Harry le savait lui même.»

Draco passa sa main dans ses cheveux légèrement décoiffés. « Merde, est-ce que Harry n'aurait pas dû être malade ou quelque chose, s'il était enceint ?»

Nicole aurait rit, si la situation n'avait pas été si personnellement douloureuse. « Non, Draco, c'est une fausse idée assez répandue, en réalité, les nausées matinales ne sont pas un indice fréquent, seuls quelques personnes en ont. Harry n'a pas eu la moindre nausée matinale lorsqu'il était enceint des jumeaux. Il était parfois morose, avait quelques envies étranges et était juste un peu fatigué. Ce sont les seuls symptômes qu'il a eu, ce qui explique qu'il n'ait pas su lui-même qu'il était enceint. Les grossesses masculines sont plus difficiles à détecter, puisqu'il n'y a pas de cycle menstruel manqué.»

« Depuis combien de temps l'était-il ?» demanda calmement Draco, souhaitant savoir, mais redoutant aussi la réponse.

« Il en était à quatorze semaines, il commençait tout juste son deuxième trimestre.» Les pensées de Draco tourbillonnèrent autour de tous les 'Et si' et les 'Si seulement'. Il n'avait même pas remarqué qu'il ne portait plus attention à Nicole avant qu'elle ne tire fermement sur son bras. « Quoi ?»

Nicole semblait presque piteuse. « Il y a autre chose que tu devrais savoir.»

Draco hocha la tête, l'incitant à continuer même s'il n'avait pas l'impression d'être prêt à en entendre davantage.

« Draco, je suis désolée, mais il y a eu de nombreux dommages. J'ai fait du mieux que j'ai pu, mais il est très improbable que Harry soit capable de concevoir et porter un autre enfant.»

Bien que ses mots ne fussent pas inattendus, ils étaient tout de même douloureux. Depuis qu'il avait trouvé les jumeaux, Draco avait souvent caressé l'idée qu'une fois cette maudite guerre terminée et leur union officialisée, que lui et Harry vivraient ensemble et auraient peut-être d'autres enfants. Une petite fille aurait été bien, peut-être avec ses cheveux et les yeux d'Harry. Mais Nicole venait tout juste de confirmer ce qu'il craignait depuis la fausse couche. Il semblait bien qu'avoir d'autres enfants n'était tout simplement pas possible. Mais au moins il avait Harry, et ses garçons bien-aimés.

Conjurant rapidement une chaise pour que le jeune homme tremblotant puisse s'assoir, Nicole le guida gentiment vers son siège. Elle attendit que Draco cesse de trembler avant de poursuivre avec le dernier sujet de cette conversation douloureuse.

« Une dernière chose Draco, je vais devoir faire transporter Harry jusqu'à une chambre d'hôpital privée afin qu'il soit plus confortable. Lorsqu'il se réveillera, il sera renvoyé à nos appartements, j'ai besoin que tu me promettes d'éviter le sexe pour au moins six semaines. Harry commencera à se sentir mieux, mais il a de nombreuses blessures internes, dont certaines doivent guérir par elles-mêmes, alors s'il-te-plaît retiens-toi et retiens-le.»

Draco apprécia que Nicole se soucie de lui et d'Harry, mais le sexe était la dernière chose à laquelle il songeait en ces instants. Il se devait de prendre soin de sa famille et si cela signifiait garder ses mains pour lui pour un certain temps, et bien ce serait ce qu'il ferait.

En voyant l'insistance de la sorcière, Draco alla voir les jumeaux pour un moment. Ils étaient suffisamment chanceux de pouvoir être avec une famille qui avait des enfants à la même garderie qu'eux. Jusqu'à maintenant, ils étaient parvenus à cacher l'ampleur des blessures d'Harry aux jumeaux, leur laissant seulement savoir que leur père avait été blessé et qu'il était présentement à l'aile médicale pour reprendre des forces. Dès qu'il irait un peu mieux, ils pourraient venir le visiter.

Passer du temps avec ses fils fut un plaisir. Draco n'avait même pas réalisé à quel point les garçons lui avaient manqué tandis qu'il avait été à l'aile médicale avec Harry. Quelque peu plus heureux, Draco laissa Nicole l'envoyer dans son propre lit afin qu'il puisse se reposer, sachant que s'il refusait, elle lui rappellerait qu'il ne serait d'aucune utilité au réveil d'Harry s'il ne reprenait pas des forces d'abord.

À suivre