Disclaimer : rien ne m'appartient, hormis quelques OC.
Chapitre 24 : gare aux dtraqueurs.
- Qu'est ce que tu fais Eli ?
- Ce serait plutôt à moi de te retourner la question Neville, répondit la dite Elisabeth, levant les yeux vers son camarade. C'est très rare de te voir à la bibliothèque, remarqua-t-elle.
- Je suis venu rendre un livre, dit-il en haussant les épaules. Mais tu n'as pas répondu à ma question, tu passes beaucoup de temps à la librairie cette année.
Elisabeth le regarda avec un air hésitant. Maintenant qu'il l'observait de plus prés, Neville vit que la Serdaigle avait l'air soucieuse.
- Très bien, mais tu ne dois pas en parler, finit-elle par répondre.
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Tu sais le journal dans lequel Jenny écrivait l'année dernière, commença-t-elle à expliquer et Neville hocha de la tête pour acquiescer. Quand Harry nous a raconté son aventure dans la chambre des secrets, et la forme presque vivante que la version jeune de Voldemort avait pris, ça m'a intrigué. Très fortement intrigué. Aucun objet n'a ce pouvoir, j'ai même demandé à ma mère cet été, et elle m'a assuré qu'elle ne connaissait aucun artefact magique capable de faire cela. Et ça m'obsède, tu ne peux pas savoir, je veux savoir comment est-ce que c'est possible. Voldemort a failli revenir à la vie l'année dernière, juste par le biais d'un objet ! C'est comme si ce journal renfermait un bout de son âme, et je veux comprendre. Je veux comprendre quel genre d'objet ce journal était. J'y ai beaucoup pensé depuis mon réveil, et je me pose sans cesse la question suivante : et s'il y avait d'autres objets disséminés dans le monde qui sont comme ce journal ?
- Je n'y avais jamais pensé, répliqua Neville après avoir assimilé ce que sa meilleure amie venait de dire. Mais je vois ce que tu veux dire, et c'est un risque, c'est sur. Mais tu ne penses pas que tu devrais en parler à quelqu'un ? Peut-être que tu te fais du souci pour rien. Après tout Dumbledore est au courant pour le journal, s'il existait de tels risques il devrait le savoir.
- Tout comme il a su que Jenny et Quirrel étaient possédés par Voldemort, ironisa Elisabeth. Ou comme il a su que mon père, oncle James et Peter étaient des animagus ? Crois-moi la réputation de Dumbledore est surfaite, il n'est pas si malin qu'il en a l'air.
- Peut-être, acquiesça le Gryffondor. Mais peut-être que tu devrais en parler à quelqu'un quand même!
- A qui ?
- Et bien déjà Harry, il me semble que ce serait le premier concerné si ton hypothèse s'avérait juste.
- Je ne veux pas l'inquiéter, soupira la jeune fille. Il a beaucoup choses à penser cet été : entre le projet animagus, ses leçons d'occlumentie, ses entraînements de Quidditch, la menace Peter, eh bien il a déjà les épaules bien chargées et je ne veux pas ajouter un fardeau en plus. Je fais juste quelques recherches, et si je trouve quelque chose alors je lui en parle. Si ça se trouve, je me fais juste des idées pour rien. Mais même elle n'avait pas l'air convaincu par cette hypothèse.
- Je peux t'aider si tu veux, finit-il par lui proposer. Ça ira plus vite si on s'y met à deux.
Elisabeth lui fit un grand sourire, et lui indiqua une pile de livres qui se trouvait sur la table. Avec un petit soupir faussement exaspéré Neville se mit au travail.
Il était en train de lire depuis une dizaine de minutes lorsqu'Elisabeth l'interrompit brusquement.
- Ca faisait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvé seuls tous les deux, fit-elle remarquer, songeuse.
- Oui c'est vrai, acquiesça Neville avec un petit sourire. Pourquoi je t'ai manqué ? la taquina-t-il.
- Tu sais bien ce que je veux dire. On est toujours plusieurs, et je pense que la dernière fois où on a passé un moment rien qu'à deux, c'était l'été avant la deuxième année, quand on nous empêchait de voir Harry, et ça fait un bail. Avant c'était juste nous trois contre tout le monde, et maintenant on est une petite bande, unie. Et toi tu es un des garçons les plus populaires de notre année sauf parmi ta propre maison. Malgré le fait que tu sois le meilleur ami d'Harry, tu arrives à te faire aimer de tout le monde. C'est impressionnant, conclut-elle, la mine très sérieuse.
- Je te comprends, rétorqua Neville. C'est vrai que j'apprécie le fait que pour notre projet animagus nous ne soyons que tous les trois, ça nous rapproche je trouve.
- Oui c'est exact. J'adore les autres, mais ça nous fait du bien de nous retrouver.
- Surtout après l'année dernière, ajouta Neville. J'ai bien cru qu'Harry allait devenir fou quand tu as atterri à l'infirmerie. Il n'a été que l'ombre de lui-même, pendant ces six mois.
- C'est parce qu'Harry a bien plus besoin de moi que toi, expliqua la Serdaigle. Du fait de son enfance et de sa satanée famille il est beaucoup plus dépendant de ses amis. Ça aurait été la même chose si tu avais été pétrifié.
- Je n'en suis pas si sûr. On sait très bien tous les deux que toi et Harry vous avez un lien spécial, non pas que je me sente exclu, mais entre vous deux c'est particulier.
- Tu as peut-être raison, répondit Elisabeth, perdue dans ses pensées. C'est juste qu'Harry est si spécial. Je ne comprends pas pourquoi il est traité de cette manière. Comment ne peuvent-ils pas voir…
- …qu'il vaut bien plus que son frère, termina Neville à sa place. Si je te parle de quelque chose, tu me promets de n'en parler à personne ? demanda-t-il, regardant tout autour de lui pour vérifier que personne ne les écoutait.
- Bien sûr.
- Il ne t'est jamais arrivé de penser que Dumbledore aurait pu se tromper, dit-il d'une voix très basse.
- Se tromper sur quoi ? demanda Elisabeth avec une nervosité inhabituelle chez elle. Comme si elle craignait la réponse de son meilleur ami.
- Sur l'identité du survivant, murmura Neville avec hésitation. Personne ne sait ce qui s'est passé cette nuit là. Pourquoi a-t-il désigné Ryan ? Surtout quand on sait ce dont est capable Harry.
- Et il parle Fourchelangue, tout comme Voldemort lui-même. Il a des visions, et sa cicatrice lui brûle dés que Voldemort se trouve dans les parages, conclut-elle, l'air préoccupée. J'y pense tout le temps Neville, mais je n'osais en parler à personne. C'est juste qu'il y a tellement de flèches qui pointent dans la direction d'Harry, et c'est comme si j'avais cette petite voix dans ma tête qui me hurlait : mais c'est lui le Survivant !
- Idem, dit Neville, l'air visiblement soulagé que quelqu'un partage son avis. Il savait que s'il en parlait à quelqu'un d'autre, on lui aurait ri au nez. Mais je n'ai pas l'impression qu'Harry y ait déjà songé, ajouta-t-il.
- Bien sur que non. Il a été élevé dans l'idée que sa demi-portion ratée de frère était la septième merveille du monde, et quel qu'en soit les apparences, Harry souffre d'un profond complexe d'infériorité. Jamais il ne lui viendrait à l'idée qu'il puisse être le sauveur du monde sorcier désigné par la prophétie.
- Remus pense que Voldemort n'est pas mort, ajouta Neville avec nervosité. Il était soulagé de pouvoir parler de tous ses doutes avec quelqu'un qui le comprenait. Tout cela le rongeait depuis des mois. Il pense que tôt ou tard il finira par revenir.
- C'est bien ce qui me fait peur, dit avec crainte Elisabeth. Il a failli revenir à deux reprises déjà, et en a été empêché par Harry à chaque fois. C'est trop pour une simple coïncidence. Il faut être réaliste, si Voldemort revient, ce n'est certainement pas Ryan qui sera capable de faire face et de le vaincre pour de bon.
- Alors qu'est ce qu'on fait ?
- On ouvre l'œil, on trouve ce qu'était ce maudit journal et après on avisera, trancha Elisabeth, mais Neville ne fut pas dupe. Sa meilleure amie avait peur, et ce n'était pas bon signe.
oOoOoOoOo
- Et l'équipe de Gryffondor entre sur le terrain, hurla la voix de Ron Weasley dans le mégaphone amplifié par la magie. Dubois, Johnson, Spinnet, Bell, et le retour des jumeaux Weasley ! Et enfin notre sublime, notre fantastique attrapeur…Ryan Potter !
Sur ce, la foule acclama l'attrapeur de Gryffondor qui pavanait sur son nouveau balai, un éclair de feu spécialement offert par James et Lily qui étaient présents dans les gradins, applaudissant à tout rompre leur précieuse progéniture. Harry eut un soupir de dégoût devant cette scène. Il allait le battre à plate couture ce misérable verre de terre. Il allait lui mettre la honte devant leurs parents et il s'en délecterait ce soir avec ses amis.
- Et maintenant l'équipe de Serpentard : Flint, Malfoy, Warrington, Zabini, Montague, Urquart et l'autre Potter, dit d'une voix beaucoup plus monotone Ron Weasley, qui officiait au poste de commentateur. On va vous mettre la pâtée, cria-t-il devant les sifflements indignés de la maison Serpentard pour la façon dont il avait introduit Harry, mais celui-ci n'en avait cure. La vengeance n'en serait que plus douce.
Le match débuta. C'était une très froide journée de novembre, et Harry avait hâte que le match se termine. Plus vite il attraperait le vif d'or, et mieux ça serait pour tout le monde. Il fallait le reconnaître, les poursuiveuses de Gryffondor étaient très bonnes, mais Blaise était un gardien sensationnel, et pour l'instant seul Johnson avait réussi à marquer une fois.
Cela faisait une demi-heure qu'ils jouaient, et le score était de 30 à 10 pour les Serpentards. Harry ne cessait de faire le tour du terrain pour tenter d'apercevoir la petite balle dorée, mais celle-ci restait invisible. Du coin de l'œil il voyait son jumeau faire le paon sur son nouveau balai rutilant, et une haine féroce se distilla dans ses veines. Ce n'était pas juste, et sa détermination se renforça quand il aperçut ses 'parents' et son parrain encourager Ryan, des écharpes aux couleurs de Gryffondor noués autour de leurs cous, même Sirius qui était censé être professeur et impartial. Seuls les directeurs de maisons avaient le droit d'afficher leurs couleurs, mais le grand Sirius Black était bien au-dessus de ça, songea avec mépris Harry. Très bien, ils vont voir de quel bois je me chauffe, songea-t-il, un sourire mauvais se dessinant sur ses lèvres. Je veux voir les têtes qu'ils feront quand ils me verront arracher la victoire pour mon équipe.
Il continua à arpenter le terrain, faisant fi des clameurs qui émanaient de tous les élèves. Il savait que toute sa maison comptait sur lui pour qu'il gagner et qu'ils puissent battre les Gryffondors.
Enfin il aperçut la balle dorée et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Ryan était trop loin pour la voir, et Harry savait qu'il allait falloir qu'il vole à toute vitesse pour pouvoir attraper la balle de la victoire. En espérant que Ryan ne s'en rende pas compte. Sur son éclair de feu il volerait bien plus vite qu'Harry.
Je dois faire diversion, songea ce dernier avec désespoir. Il est hors de question qu'il gagne. Harry, ignorant le froid glacial et le soudain silence qui venait de se faire sur le terrain se rua dans les airs, dans la direction opposée du vif d'or. Sa tactique marcha, son jumeau le suivit aussitôt.
Harry vola encore plus vite, quand soudain il entendit des voix dans sa tête.
C'est Elisabeth, elle a été pétrifiée, disait la voix terrifiée de Neville.
Son corps repose dans la chambre des secrets, criait le professeur Chourave.
Si seulement Harry pouvait être comme Ryan, disait son père, l'air agacé.
Dans quelques instants elle sera morte et je serai définitivement revenu dans mon enveloppe charnelle, vivant et Lord Voldemort pourra reprendre là où on l'avait arrêté, s'écriait la voix cruelle de Tom Jedusor.
Et les souvenirs refluèrent dans sa tête.
Il se revit enfant, cherchant à attirer l'attention de ses parents.
Il se revit en train de tuer le professeur Quirrel.
Il se revit dans la chambre des secrets, luttant pour leurs survies.
Sirius et James qui le frappaient.
Et un flot de lumière verte qui le frappait, droit sur lui.
Harry sentit l'obscurité l'envahir, et la dernière chose qu'il entendit dans sa tête fut la voix du professeur Dumbledore qui disait à ses parents que c'était Ryan qui avait vaincu Voldemort.
- Laissez lui de l'espace, laissez le respirer, hurlait une voix qui paraissait venir de loin. Il se réveille, ajouta la voix avec un soulagement évident. Harry, tu m'entends ?
Le dit Harry cligna plusieurs fois des yeux. Son corps était douloureux, il avait très froid et il se sentait vide, à la fois triste et nauséeux.
Sa vision était floue, mais il reconnut les mèches noires de sa meilleure amie et tenta d'esquisser un mini sourire. Il y avait du monde autour de lui, mais il n'arrivait à distinguer leurs visages.
- Qu'est ce qui s'est passé ? réussit-il à murmurer, avant de refermer les yeux. Il avait vraiment très mal partout.
- Tu es tombé de ton balai Harry, dit d'une voix nerveuse Neville. Les détraqueurs sont arrivés sur le terrain, et je crois que tu as du t'évanouir. Tu es tombé à plus de 50 mètres. Encore heureux que…
- Laissez-moi passer l'interrompit une voix autoritaire, et Harry reconnut l'infirmière. Celle-ci s'agenouilla à ses côtés. Mr Potter sérieusement, est-ce que vous n'en avez pas assez de passer tout votre temps à l'infirmerie ? Que s'est-il passé ?
- Les détraqueurs Poppy, répondit la grave voix de Minerva McGonagall. Les détraqueurs ont réussi à pénétrer l'enceinte de l'école et ils sont venus sur le terrain, probablement attirés par la foule. Aussitôt qu'ils sont arrivés, Harry s'est évanoui et est tombé de son balai. Ce n'est que par l'intervention de son père qu'il ne s'est pas brisé les os.
Son père ?
- Très bien Mr Potter, prenez ce bout de chocolat et mangez le, ça vous fera du bien, lui ordonna l'infirmière avec plus de douceur. Ces détraqueurs sont vraiment de sales créatures, grommela-t-elle dans sa barbe, tandis qu'Harry mâchait lentement le bout de chocolat qu'elle lui avait tendu. L'infirmière avait raison, il se sentait déjà mieux. Il voyait à présent clair, et vit tous ses amis réunis autour de lui. Tous sauf Jenny, Lucas et Draco.
- Et le match ? finit-il par demander.
Tous le regardèrent avec un air extrêmement gêné, et pour certains colériques.
- Ryan a attrapé le vif d'or quelques secondes après que tu sois tombé de ton balai, expliqua doucement Daphné. Et étant donné que tu t'étais évanoui, et que Draco a disparu du terrain alors que la partie n'était pas terminée, Gryffondor a gagné, finit-elle sombrement.
- Comment ça Draco a disparu en plein match ? demanda avec précipitation Harry.
- Dés que les détraqueurs sont arrivés Draco est parti en vitesse. Il a atterri sur le terrain et est parti nul ne sait où. Ça nous a valu des pénalités, répliqua Blaise.
- Très bien Mr Potter, maintenant vous allez venir avec moi à l'infirmerie, indiqua l'infirmière quand elle eut constaté que son patient avait fini de manger le bout de chocolat. Ce n'est guère prudent que vous marchiez, je vais donc vous faire léviter.
- Non c'est inutile, protesta Harry avec force. Il ne tenait guère à se faire remarquer entrant dans le château, conscient et flottant dans les airs.
- Je vais le soutenir, intervint la voix sèche de son directeur de maison. Mr Zabini, mettez-vous de l'autre côté et Mr Potter appuyez-vous sur nous deux. Les autres, suivez-nous en silence.
Tous s'exécutèrent, et vingt minutes plus tard ils étaient à l'infirmerie. Harry ne l'aurait jamais avoué, mais il se rendait compte qu'il aurait été incapable de faire tout le trajet à pied. Pourtant il se sentait honteux. Il était le seul apparemment à s'être évanoui devant les détraqueurs. Etait-il si faible que cela ?
Et qu'est ce que McGo avait voulu dire ? C'était son père qui l'avait sauvé ? Mais comment est-ce que cela pouvait être possible, son père le haïssait ?
Une fois qu'il fut installé dans un lit à l'infirmerie, Mme Pomfresh lui fit ingurgiter plusieurs potions amères qu'il prit sans rechigner. D'expérience il savait que plus il se montrait docile, et plus l'infirmière serait gentille avec lui. Et permettrait à ses amis de rester un peu.
- Très bien Harry, maintenant est-ce que tu peux nous dire ce qui s'est passé ? lui demanda gentiment la directrice des Gryffondors, qui avait l'air inquiète.
- Je ne sais pas trop, répondit celui-ci. J'étais à la poursuite du vif lorsque tout d'un coup le froid m'a envahi. J'ai eu l'impression que plus jamais je ne serais heureux, et des souvenirs m'ont envahi. De mauvais souvenirs, ajouta-t-il d'une voix rauque, mais il ne détailla pas plus. Il n'avait pas vraiment envie d'élaborer sur le sujet de son enfance pas très heureuse et ses deux expériences avec Voldemort. Et tout d'un coup l'obscurité m'a envahi. Et après je ne sais pas. Mais qu'est ce qui s'est passé ? Pourquoi je me suis évanoui ?
- Il semble Mr Potter que, étant donné votre passé, vous soyez particulièrement sensible aux détraqueurs. Vous n'êtes pas le seul et cela n'a rien de honteux, lui expliqua son directeur de maison.
Harry hocha la tête pour montrer qu'il comprenait, mais il avait toujours honte. Son professeur avait beau affirmer le contraire, il était le seul à être tombé de son balai. Et en plus cela lui avait coûté la victoire pour son équipe ! Harry ne savait pas comment il pourrait faire face à son frère et au reste de l'école. Il avait eu besoin de gagner, et maintenant les Gryffondors allaient se montrer insupportable sur le sujet. Les choses n'auraient pu être pires.
Quelques minutes plus tard les deux professeurs partirent et Mme Pomfresh alla s'occuper d'un autre patient, après avoir capitulé et accepté que les amis d'Harry restent encore 'juste quelques minutes'.
- Bon maintenant dîtes moi ce qui s'est passé ? interrogea Harry d'une voix ferme, se redressant sur son lit. Qui m'a sauvé, et comment ? J'ai un peu de mal à croire que ça puisse être James Potter, ajouta-t-il d'un ton sarcastique, masquant la peine que cela lui faisait.
- C'est vraiment ton père Harry, lui assura Elisabeth. Crois moi j'en suis la première surprise, mais c'est la vérité. Lorsque nous avons vu que tu tombais de ton balai, ton père s'est aussitôt levé, et il a t'a lancé un sort pour amortir ta chute.
- Et si tu veux mon avis, ajouta Tracey avec hésitation, tes parents avaient l'air inquiet. Vraiment.
- J'ai du mal à croire à ça, répondit d'une voix sombre Harry, détournant le regard de ses amis. Il est probable qu'ils m'ont confondu avec Ryan.
- Mais peut-être que…commença Luna d'une voix rêveuse.
- S'ils se souciaient de moi ils seraient là à l'infirmerie, cria Harry avec rage. Ils auraient été là sur le terrain, et c'est mon père, cracha-t-il, qui m'aurait aidé à marcher jusqu'à l'infirmerie, et non pas un de mes professeurs.
Tous se turent devant ce brusque éclat de colère.
- Je crois qu'il vaut mieux qu'on te laisse seul, déclara Elisabeth d'une voix ferme. Tu as besoin de te reposer et de te calmer. Demain on viendra te chercher.
Harry hocha la tête avec indifférence et la petite bande quitta dans le silence l'infirmerie, laissant un Harry perdu dans ses pensées, et mal dans sa peau.
oOoOoOoOo
Lucas descendit du dortoir des filles Serpentardes de seconde année. Visiblement, Salazar Serpentard avait bien plus confiance en ses élèves que Godric Gryffondor : chez les verts et argents, il était tout à fait possible pour un garçon de se rendre dans les dortoirs des filles.
Lucas venait de déposer Jenny dans son lit. La jeune fille avait eu une réaction extrêmement violente face aux détraqueurs, et ce n'était que naturel. Quand ces démons sans yeux avaient fait leur apparition sur le stade de Quidditch, Lucas avait senti un froid surnaturel l'envahir, comme si ses entrailles s'étaient gelées d'un seul coup. Il avait senti le désespoir l'envahir, il avait revu tous les pires souvenirs de sa vie défiler tout d'un coup devant ses yeux. Mais cela avait cessé dés qu'il avait entendu sa meilleure amie hurler à côté de lui.
Baissant les yeux, il l'avait vu, agenouillé par terre, les yeux mi-clos, sa tête dodelinant, l'air absolument terrifiée. Elle tremblait si fort qu'il eut très peur.
- Jenny, murmura-t-il dans son oreille. Jenny qu'est ce qu'il y a ? dit-il plus fort. Réponds-moi, cria-t-il quand elle ne répondit pas.
Elle tourna alors vers lui des yeux vidés de toute expression. Sans dire un seul mot, il la saisit par le bras et s'empressa de la sortir de cet endroit. Tout ce qu'il savait, c'est que si elle était comme ça, c'était à cause de ces créatures qui semblaient tout droit sortir de l'enfer. Il fallait qu'il la sorte de là au plus vite.
Il n'arrivait plus à réfléchir de manière cohérente. Son cerveau semblait s'être bloqué. Tout ce à quoi il pouvait penser étaient les mauvais souvenirs qui avaient reflués dans son esprit à la vue des ces bêtes, et Jenny qui tremblait à côté de lui, qui semblait prête à s'évanouir au moindre instant.
Ses pas le guidèrent tout naturellement vers la salle commune des Serpentards, là où ils passaient la plupart de son temps libre. Sans aucune surprise la salle commune était déserte, excepté Théodore Nott, tous se trouvaient bien entendu au match.
Lucas aida Jenny à s'asseoir sur le canapé qui se trouvait dans le fond de la pièce. Il vit Nott, le cousin de Jenny, les observer avec curiosité, mais il n'en avait cure.
- Jenny ça va ? répéta-t-il avec anxiété ?
- J'ai froid, finit-elle par répondre sans le regarder. Ses yeux avaient repris de l'éclat, mais elle avait toujours l'air aussi terrifiée.
- Attends, prends ma veste, lui dit-il, ôtant sa veste pour la mettre sur ses épaules. Jenny murmura un faible merci mais ne prononça plus aucun mot.
- Est-ce que ça va ? répéta-t-il, haïssant le fait de se sentir aussi impuissant. Apparemment, contrairement à Harry, il n'arrivait pas à la réconforter, à la faire se sentir mieux.
- C'était horrible, finit-elle par dire, tournant vers lui des yeux embués de larmes. J'ai tout revu. Colin Creevey, Elisabeth à l'hôpital, et surtout Tom dans la chambre ! dit-elle d'une voix plus hystérique. Ces choses qu'il disait…sa voix se brisa et des larmes coulèrent librement sur ses joues si pâles.
Maladroitement, Lucas passa un bras autour des épaules de Jenny et l'attira vers lui. Il n'était guère doué pour tout ce qui relevait des contacts physiques, surtout avec Jenny. Elle avait beau être la personne la plus proche de lui, il ne se sentait jamais à l'aise dans ce genre d'occasions.
- Ca va aller, murmura-t-il avec hésitation. C'est terminé maintenant tu es à l'abri.
- Qu'est ce qu'elle a ? demanda soudainement Théodore Nott, qui s'était discrètement approché d'eux. Lucas leva les yeux, surpris, vers le garçon de troisième année à qui il n'avait même jamais adressé la parole. D'après ce qu'il savait c'était un garçon très solitaire.
Et c'était le cousin de Jenny. Mais Lucas savait que même elle ne lui avait jamais parlé. D'un accord tacite ils s'évitaient.
- Il y avait des bêtes dehors, sur le terrain, je ne sais pas ce que c'était, mais depuis elle ne va pas bien, répondit-il avec prudence.
- Je ne suis pas invalide et je n'ai pas perdu ma langue, répliqua faiblement l'intéressé. C'étaient des détraqueurs. Les détraqueurs sont entrés sur le terrain.
- Oh, fut la seule réponse de Théodore. Attends, dit-il brusquement. Je vais aller chercher quelque chose qui va t'aider à te sentir mieux.
Une minute plus tard il revint avec du chocolat qu'il tendit à sa cousine. Celle-ci le prit sans dire mot et le mastiqua lentement.
- Merci, finit-elle par dire, levant les yeux vers son cousin. Celui-ci hocha la tête en signe d'acquiescement mais ne dit rien. Le silence s'installa entre les trois jeunes sorciers, tendu, et inconfortable.
- Je vais vous laisser, finit par dire le Serpentard de troisième année. Je dois aller à la bibliothèque. Sur ce, il se leva et sortit de la salle commune.
- Il est bizarre ton cousin je trouve, dit Lucas, pour tenter de détendre l'atmosphère. Jenny esquissa un faible sourire, mais ne répondit rien.
- Est-ce que ça va mieux ? demanda-t-il.
- Oui je crois. Je me sens encore un peu faible, mais ça va passer.
- Tu devrais peut-être aller te reposer, proposa-t-il. Attends, je vais t'accompagner jusqu'à ton dortoir.
Jenny ne protesta pas, et cinq minutes plus tard, le Gryffondor se trouvait en haut de l'escalier de pierre qui menait aux dortoirs. Après lui avoir demandé si elle n'avait besoin de rien, et lui avoir fait promettre qu'en cas de problème elle viendrait le voir, il descendit dans la salle commune.
Là, il eut la surprise de voir Draco, seul, la tête enfoui dans ses mains, tremblant.
- Draco qu'est ce qu'il y a ?
Draco leva la tête avec surprise. Lucas fut choqué de voir que ses yeux étaient tout rouges, comme s'il avait pleuré, et il était plus pâle que jamais. Apparemment, Jenny n'était pas la seule à avoir mal réagi aux détraqueurs.
- Qu'est ce que tu fais là ? répliqua le Serpentard d'une voix rauque.
- Je viens de déposer Jenny dans sa chambre. Elle ne va pas très bien, à cause des détraqueurs. Le match est terminé ?
- J'n'en sais rien, répondit Draco en haussant les épaules. J'ai quitté le terrain dés que j'ai aperçu les détraqueurs, avoua-t-il.
Lucas ne répondit rien mais s'installa aux côtés de son ami.
- Je n'avais pas vraiment envie qu'ils me forcent à revivre certains souvenirs, continua Draco avec un petit rire nerveux. Je pensais qu'en m'enfuyant je parviendrais à faire comme si rien ne s'était passé, mais je n'ai pas été assez rapide.
- C'est la première fois que tu vois ces détraqueurs ? demanda Lucas prudemment. Il sentait que s'il demandait de but en blanc à Draco qu'est ce qui n'allait pas, quels souvenirs ils craignaient tant, son ami reculerait et ne voudrait pas répondre. Il fallait qu'il le laisse parler tout seul.
- Oui. J'en avais déjà entendu parler, bien entendu, et j'avais déjà vu des représentations. Mais jamais je n'aurais pu imaginer l'effet qu'ils produisent. J'ai eu l'impression que jamais je ne pourrais être heureux de toute ma vie, je me suis senti si mal, tous ces souvenirs qui sont remontés en moi. Des souvenirs que j'essayais d'oublier tu vois.
Draco s'arrêta de parler et Lucas eut peur qu'il ne veuille plus se confier. Quoi qu'il lui soit arrivé, cela avait l'air assez grave, et le Gryffondor était persuadé que Draco n'avait du en parler à personne. Or, cela lui ferait du bien de se confier.
- Mon père n'est pas quelqu'un de très gentil, reprit-il finalement, les yeux perdus dans le vague. Tu ne connais pas ma famille je présume, et je n'en parle jamais. Mais les Malfoy sont une ancienne famille de sang-purs. Toute ma famille a toujours été du côté des Ténèbres, et mon père était le bras droit de Voldemort. A ces mots, Lucas ne laissa rien transparaitre, même si en son fort intérieur il était abasourdi. Personne ne lui avait jamais dit cela, il n'aurait jamais pu l'imaginer ! C'était en de telles occasions qu'il se rendait compte de son manque de culture sorcière. Tous les autres devaient être au courant de ce genre de choses.
- Bien sûr, il n'a jamais été emprisonné, car nous sommes riches, et le ministre de la magie est corrompu. Quoi qu'il en soit, mon père est un adepte convaincu des anciennes valeurs, de la suprématie des sangs-purs sur tous les autres sorciers. Il hait les moldus et les sang-mêlés, et toutes les créatures hybrides. Et c'est l'éducation qu'il tente de m'inculquer, conclut-il dans un faible murmure.
- Mais toi tu ne penses pas comme ça, pas vrai ? dit d'une voix douce Lucas.
- Non bien sur. Pour moi le sang n'a pas la moindre importance. Regarde Granger, ou même toi. Vous êtes d'ascendance moldue, et pourtant vous êtes parmi les meilleurs élèves de l'école. Et regarde des sorciers comme Goyle ou Crabbe ! Ce sont des sang-purs, pourtant tu ne trouveras pas plus stupide que ces deux spécimens ! Tous ces mariages inter-cousins ont fini par dégénérer toutes les anciennes grandes familles, et aujourd'hui c'est normal que l'on se marie avec des sang-mêlés ou des nés de moldus. Mais mon père bien évidemment ne partage pas ces vues. Cet été il a appris par je ne sais qui que je trainais avec vous, et il en a été furieux. Il a décidé que je ne me comportais pas en Malfoy digne de ce nom.
Draco s'arrêta, visiblement bouleversé. Repenser à Gargos était plus que douloureux. Il se sentait nauséeux, honteux et il en avait mal aux entrailles. Gargos avait été un elfe de maison qui avait pris soin de lui pendant toute son enfance, qui avait joué avec lui, tout comme Dobby. Et son père lui avait obligé à lui infliger des tortures inhumaines. Il avait obligé Draco à tuer, à accomplir un acte contre nature. Draco avait laissé entrer la magie noire en lui, et mieux que quiconque il savait que cette souillure sur son âme perdurerait, qu'il ait été consentant ou non.
Avec difficultés il reprit son récit. Il ne s'en était pas rendu compte auparavant, mais il réalisait maintenant qu'il avait besoin d'en parler à quelqu'un.
Comme une forme d'absolution il avait besoin qu'on lui dise qu'il n'avait pas mal agi.
- Mon père a passé l'été à m'enseigner des rudiments de magie noire. Il m'a appris des sorts divers, tous plus cruels les uns que les autres. Au début ce n'était que de la théorie alors ça ne me dérangeait pas trop. Je me disais que je n'avais qu'à jouer le jeu et il me laisserait tranquille. Mais très vite mon père, cracha-t-il, a jugé que mes progrès n'étaient pas assez rapides, et il m'a obligé à m'entraîner sur un cobaye.
Lucas ne put empêcher un petit halètement de surprise de franchir ses lèvres.
- Il m'a obligé à tuer un de nos elfes de maison, Gargos, finit Draco. Il était vieux, j'étais la troisième génération de Malffoy qu'il servait, et mon père a jugé bon que je m'entraîne sur lui…jusqu'à ce qu'il en meure.
- Oh mon dieu, murmura Lucas, sous le choc. Comment un père pouvait-il faire ça à son fils ? Pour lui qui venait d'une famille normale et aimante, cela dépassait l'entendement. Je suis désolé, ajouta-t-il.
Draco eut un petit rire désabusé.
- Merci, mais ce n'est pas ta faute si mon père est un ancien Mangemort sadique. Et il veut que j'arrête de trainer avec tous, que je sois ami avec Parkinson, Bulstrode, Crabbe et Goyle. Comme si je pouvais être ami avec de tels crétins ! s'écria-t-il, une pointe de désespoir dans la voix.
- Qu'est ce que tu vas faire ?
- Je ne sais pas. Il y a deux ans de cela, j'aurais tout a fait été capable de m'éloigner de vous et de prétendre être amis avec d'autres personnes. Mais aujourd'hui je n'en ai même pas envie. Je veux avoir les amis que je désire, et tant pis pour les conséquences.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une excellente idée, répondit prudemment le Gryffondor. Sans te vexer ton père a l'air cruel et si tu ne lui obéis pas, les choses vont empirer pour toi lorsque tu rentreras chez toi. Peut-être que tu devrais faire semblant de jouer son jeu. Evite de traîner avec nous en public, je ne sais pas des choses dans ce genre. Ce serait trop bête qu'on te cause des ennuis avec ta famille.
- Oui tu as raison, soupira l'héritier Malfoy. Je sais que tu as raison, et j'essaie depuis le début de l'année.
- On ne t'en tiendra pas rigueur tu sais, lui assura Lucas. Si tu expliques à tout le monde que c'est à cause de ton père, ils comprendront facilement.
Draco acquiesça par un faible hochement de tête. Il se sentait un peu mieux, d'avoir eu une telle conversation avec le jeune Gryffondor, qui incarnait tout ce que sa famille détestait : il venait d'une famille moldue, et en plus il était à Gryffondor. Si son père avait été là, il aurait hurlé et se serait déchaîné sur son fils pour avoir teinté de la sorte le blason des Mafloy. Mais Draco n'abandonnerait pas ses amis, juste pour son père. Même s'il allait devoir se cacher, il continuerait à défier son père et faire ses propres choix.
Après tout, il était libre.
oOoOoOoOoO
Plus loin dans le château, une jeune Serdaigle au tempérament de feu se rendait d'un pas décidé vers le bureau de son père, où elle était persuadée de trouver également son parrain, James Edouard Potter.
Arrivé devant le bureau du professeur de défenses contre les forces du mal, elle frappa à la porte. Elle entendit des bruissements étouffés dans la pièce, avant qu'un Sirius Black passablement énervé ne vienne lui ouvrir.
- Oh bonjour ma chérie, dit-il aussitôt, un sourire apparaissant alors sur son visage. Que me vaut le plaisir de ta visite ?
- Oncle James est là ? demanda sa fille d'une voix ferme, ignorant les cajoleries de son père. Elle ne lui avait toujours pas pardonné pour leur petite entrevue de cet été et la manière dont ils traitaient si odieusement les Serpentards.
- Oui, répondit Sirius surpris et blessé que sa fille, qui passait son temps à l'éviter depuis la rentrée ne vienne le voir que lorsque Cornedrue était présent. Viens entre.
- Tiens, mais c'est ma filleule préférée ! lança James en apercevant la nouvelle venue. Il était assis sur dans un fauteuil aux couleurs rouge et or, les pieds posées nonchalamment sur la petite table qui le séparait du fauteuil où Sirius était probablement installé. Sa mine revêche contrastait fortement avec l'intonation chaleureuse de sa voix.
- Je suis ta seule filleule, fit remarquer d'un ton sec Elisabeth. Je peux te parler ? demanda-t-elle en s'installant sans vergogne à la place de son père qui resta derrière elle, les bras ballants. Il était clair au ton de sa voix qu'elle ne laissait pas vraiment le choix à son parrain.
- Bien sur, acquiesça celui-ci. Qu'est ce qu'il y a ? Tu as un problème ? demanda-t-il avec inquiétude.
- J'ai plein de problèmes mais ce n'est pas de ça que je viens te parler, quoi que. Je veux savoir pourquoi tu as sauvé Harry tout à l'heure, dit-elle d'un ton catégorique. Nous savons pertinemment tous les trois que tu es un père absolument odieux en ce qui concerne Harry, et ce genre de subite sollicitude paternelle m'intrigue énormément, surtout que tu n'avais pas besoin de le sauver, le professeur Rogue était sur le point de le faire.
- Comment oses-tu parler sur ce ton à James ? s'emporta Sirius avec colère. Ton parrain est un père exemplaire étant donné la vermine qu'il a pour fils !
- Tais-toi ! hurla Elisabeth, perdant son légendaire calme. Il en fallait vraiment beaucoup pour énerver la jeune fille à ce point, et même Sirius comprit qu'il avait peut-être été trop loin. Après tout, il ne se souvenait que trop bien qu'Elisabeth était la fille d'Evana, et que sa femme, quand ils étaient à Poudlard n'avait pas manqué, à l'instar de Lily avec James, de lui hurler dessus et de lui jeter des sorts qui le faisaient encore grimacer en y repensant. Il se rappela qu'il devait y aller subtilement pour que sa fille se détache petit à petit de Potter.
- Ne parle plus jamais sur ce ton d'Harry en ma présence papa sinon que Merlin te vienne en aide mais je te détruirai, menaça-t-elle. Crois-moi, si je devais choisir entre lui et toi, la question ne se poserait même pas, alors je te préviens, ne dis plus un mot. La voix de sa fille était aussi tranchante et glaciale que la propre mère de Sirius dans ses mauvais jours, et celui-ci songea avec désespoir que le cas était bien plus grave qu'il ne l'avait pensé. Potter l'avait vraiment envouté, elle en était prête à renier sa famille pour lui !
- Réponds-moi oncle James, ajouta-t-elle, se retournant vers son parrain, qui était resté étrangement silencieux durant tout cet échange. Celui-ci avait l'air perdu dans ses pensées. Mais les paroles de la jeune fille le secouèrent, et il posa un regard plein de défi sur elle.
- Je pensais que c'était Ryan qui était en danger, finit-il par répondre. Alors j'ai agi en conséquence. Mais tu as raison, si j'avais su que c'était Harry, je ne me serais pas occupé de lui. Après tout, Snivellus, cracha-t-il, était là comme tu l'as si bien dit.
Elisabeth le regarda durement pendant une bonne minute, et ce fut James qui finit par baisser les yeux.
- Je sais que tu mens, déclara-t-elle en se levant de son fauteuil. Je sais que tu mens parce que de là où tu étais, c'était impossible de confondre l'éclair de feu rutilant de Ryan et le vieux nimbus terne d'Harry. Et c'était également impossible de confondre les couleurs de leurs tenues, conclut-elle. Pourquoi tu mens de la sorte, je l'ignore complètement mais je finirai par le comprendre un jour je pense. Après tout, je ne comprends toujours pas comment tu peux traiter ton fils de la sorte. Pour ton information, il va mieux mais il est à l'infirmerie pour la nuit, les détraqueurs lui ont filé un sacré coup.
- C'était de la comédie, affirma alors Sirius, oubliant toute précaution. Il a vu que Ryan était en train de gagner, et il a aperçu les détraqueurs, alors il en a profité, ce n'est qu'un tricheur ! C'est impossible que les détraqueurs aient un tel effet sur lui, il ne lui est jamais rien arrivé de terrible dans la vie.
- Et tu es le mieux placé pour le savoir après tout tu le connais si bien, ironisa Elisabeth. Si vous voulez croire à cette version digne d'un roman de Lockhlart, libre à vous, mais vous n'êtes que des idiots. Oncle James, si jamais tu veux tenter d'arranger les choses avec ton fils, tant qu'il est encore temps, va le voir à l'infirmerie ce soir, je sais qu'il sera prêt à te pardonner si tu fais un pas dans sa direction. Quoi qu'il en dise, il a encore désespérément besoin de toi. Mais si tu ne fais rien, tu vas le perdre à tout jamais, et tu le regretteras quand tu comprendras à quel point il est exceptionnel, et vaut bien mieux que l'autre demi-portion qui lui sert de jumeau. Sur ces mots elle sortit du bureau de son père, laissant les deux hommes abasourdis et songeurs.
- Tu vas aller le voir ? dit Sirius après quelques minutes de silence tendu.
- Je ne sais pas, soupira James. Pour l'instant je dois aller voir Dumbledore, Lily est dans son bureau. J'y réfléchirai sur le chemin.
oOoOoOoOoO
Le lendemain matin, Elisabeth et Neville se rendirent à l'infirmerie pour aller chercher leur meilleur ami, espérant que celui-ci serait de meilleure humeur.
En parlant du loup, celui-ci était sagement assis sur son lit, ingurgitant une dernière potion que l'infirmière lui donnait. Celle-ci lui adressa des recommandations d'usage, et surtout le pria de rester éloigné des détraqueurs. Harry hocha la tête, et sourit en voyant ses deux amis dans l'embrasure de la porte.
- Alors tu te sens mieux ? demanda Neville en s'approchant.
- Oui je suis comme neuf, dit Harry, sautant hors du lit. Vous avez déjà déjeuné ? Moi je meurs de faim, on va à la Grande Salle.
Il parla joyeusement sur le chemin, comme si rien n'était arrivé, mais Elisabeth se demandait une seule chose : est-ce que cette bonne humeur si subite avait été causé par une visite impromptue de son paternel ?
- Dis-moi Harry, l'interrompit la jeune Serdaigle. Tes parents sont venus te rendre visite hier après qu'on soit partis ?
Le visage du Serpentard se rembrunit aussitôt et tous les espoirs d'Elisabeth tombèrent en morceaux.
- Pourquoi veux-tu qu'ils soient venus ? Ce n'est pas comme si je comptais pour eux, dit-il d'un ton sec.
- Je pensais que peut-être ils auraient fait un effort, répondit-elle lentement. Elle n'avait aucune intention de parler à son meilleur ami de sa petite entrevue avec James Potter. Tel qu'elle le connaissait, il ne serait pas ravi de savoir qu'elle avait tenté de raisonner son père, et il croirait la version de James comme quoi il avait cru que c'était Ryan qui tombait de son balai. Inutile de rajouter de l'huile sur le feu.
Harry s'apprêtait à dire quelque chose lorsqu'il fut interrompu par une voix moqueuse.
- Tiens mais c'est Potter, celui qui ne sait pas voler sur son balai ! s'exclama Ron Weasley qui se trouvait en compagnie de Thomas, Finnigan et Ryan Potter.
- Ferme-la la belette, répliqua Neville d'un ton menaçant. Si Harry n'était pas tombé de son balai, jamais ton petit copain n'aurait réussi à attraper le vif d'or. Il a eu de la chance et c'est tout. La prochaine fois qu'ils s'affronteront Ryan se fera ratatiner comme la bouse de dragon qu'il est.
- De si grossiers mots dans la bouche d'un larbin et d'un traître, rétorqua Ryan avec un sourire mauvais sur les lèvres. Dis tout ce que tu veux Londubat, mais nous savons tous ici qui est le meilleur Attrapeur. Mon cher frère a du feindre un malaise pour ne pas perdre la face devant sa maison, c'est d'un pathétique, mais pas si surprenant finalement.
- Non, ce qui est surprenant c'est que ton cerveau de hamster connaisse et utilise à bon escient le mot pathétique, intervint Elisabeth, qui avait posé la main sur le bras d'Harry pour l'empêcher de lancer à son jumeau un sort qui l'enverrait à l'infirmerie pour un bon bout de temps. Fais attention Potter ton cerveau risque d'exploser si tu continue à utiliser des mots aussi compliqués comme ça !
- Ferme la Black tu n'es qu'une idiote, à traîner dans les parages de mon frère comme s'il était une sorte de dieu, cracha Ryan. Tu étais plus supportable quand tu étais pétrifiée !
Personne n'eut le temps de dire le moindre mot. En moins de quelques secondes Harry s'était rué sur son jumeau et sa baguette se trouvait sur le cou de Ryan, qui n'osait plus bouger.
- Si j'étais toi Ryan je présenterais tout de suite mes excuses à Neville et Elisabeth, tu n'as pas envie que je te lance un sort de mon cru, n'est ce pas frérot ? le menaça Harry. La lueur terrifié qui passa alors dans les yeux noisette de Ryan lui fit immensément plaisir. Son frère avait peur de lui. A l'avenir il réfléchirait à deux fois avant de venir enquiquiner Harry. La force de l'habitude probablement.
- Lâche-moi, cria Ryan avec rage. C'est bon je m'excuse, tu es content. Maintenant fiche-nous la paix.
- Qu'est ce qui se passe ici ? interrompit une voix traînante, et Harry eut le plaisir de constater que son professeur de potions venait d'arriver.
- Harry, lâchez votre frère, lui ordonna Rogue. 10 points en moins pour Gryffondor.
- Et pourquoi ? s'insurgea Ron Weasley. C'est Potter qui nous a attaqués !
- Parce que votre tenue est débraillée, inventa Rogue. Et 10 points en plus pour avoir osé me parler sur ce ton. Maintenant déguerpissez d'ici avant que Gryffondor ne perde encore plus de points.
Les lions ne se le firent pas dire deux fois et partirent en précipitation vers la Grande Salle. Rogue se retourna alors vers son élève.
- Potter, puis-je vous parler en privé ? demanda-t-il poliment, et Harry sut que son professeur n'était pas en colère contre lui.
Il indiqua à ses amis qu'il les rejoindrait plus tard et suivit son professeur dans la salle de classes la plus proche.
- Ce n'est pas parce que votre frère est au courant de ce qui est arrivé les années précédentes qu'il est prudent de le menacer, commença sans préambules son directeur de maison.
- Désolé professeur mais je me suis laissé emporter. Ryan a été trop loin en s'en prenant à Elisabeth.
- Je comprends, acquiesça Rogue, mais je vous conseille à l'avenir d'éviter de tels emportements. Mais je désirais vous parler d'un autre sujet. Cela concerne les détraqueurs. Est-ce que vous savez comment on se défend contre une telle créature ?
- Avec un patronus, répondit Harry, intrigué. Mais c'est de la magie de haut niveau, qu'on n'apprend pas avant la septième année.
- Peut-être mais je pense néanmoins que vous serez capable d'apprendre à conjurer un patronus, et cela s'avère à mon sens nécessaire étant donné ce qui est arrivé hier. Je ne tiens pas à ce que Serpentard reperde un autre match juste parce que vous êtes tombé de votre balai.
- Moi non plus professeur. Est-ce que vous pourriez m'apprendre à conjurer un patronus ?
- C'est mon intention Harry, reprit Rogue d'une voix plus douce. Je propose que le mardi soir soit désormais consacré aux patronus, jusqu'à ce que tu réussisses. Je pense qu'il ne te faudra pas longtemps étant donné tes facilités en défense contre les forces du mal.
- Très bien, merci beaucoup professeur, dit avec gratitude Harry. C'était la meilleure nouvelle qu'il aurait pu entendre aujourd'hui. Ce qui lui était arrivé hier ne se reproduirait pas deux fois. Plus jamais il ne se montrerait faible de la sorte.
oOoOoOoOoOoOoO
- Non je ne suis pas d'accord ! cria Harry, arpentant la salle sur demande avec colère.
- Harry sois raisonnable je suis sûre que Draco n'est pas enchanté de cette solution, mais visiblement il n'a pas le choix, tenta de le raisonner Tracey.
- Et moi, tu crois vraiment que mes parents m'ont laissé le choix ! répliqua-t-il d'une voix forte. Tu crois vraiment que mes parents ont été enchantés quand ils ont appris que j'avais été réparti à Serpentard, et qu'en plus j'étais ami avec des Serpentards, les ennemis jurés de ma famille ! Ou alors tu ne te souviens plus de leurs charmantes beuglantes peut-être ? La seule différence entre Draco et moi, cracha-t-il, c'est que moi j'ai eu le courage de tenir tête à mon père !
- Désolé de ne pas être un parfait Gryffondor Potter, répliqua ce dernier, visiblement bouleversé. Il se leva de son fauteuil et se tint droit face à son ami. Mais moi je n'ai pas le choix. Nos pères sont peut-être bourrés de préjugés et nous traitent mal, mais à choisir je prends ton père sans hésiter. Tu ne sais rien de mon père, ou de ma vie de famille. Si vraiment tu crois que cette situation me fait plaisir, alors tu te trompes complètement, et tu ne me connais pas vraiment au final.
Draco jeta un dernier regard à Harry avant de sortir silencieusement de la salle sur demande.
- Tu n'es qu'un idiot Harry, dit alors Daphné qui avait les joues rouges et l'air énervé. Tu ignores de quoi est capable Lucius Malfoy. Ce type n'était pas un des mangemorts les plus puissants pour rien, il est cruel, sadique et sans pitié ! Draco n'a pas le choix ! Si son père lui a ordonné d'arrêter de nous voir, il vaut mieux pour lui qu'il fasse semblant d'obéir !
Lucas qui était assis à côté de Jenny ne dit rien, pourtant il mourrait d'envie d'attraper Harry et de lui crier la vérité en plein visage. Draco avait préféré passer sous silence les traitements de son père, et avait juste dit à ses amis qu'il avait reçu une lettre de son père qui lui interdisait formellement de fréquenter Potter et compagnie. Tous avaient plus ou moins compris, mais étrangement, pas Harry.
- Elle a raison Harry, intervint Blaise. Tu ne connais pas Lucius Malfoy comme nous. Lâche un peu Draco il fait ce qu'il peut selon les circonstances. Tu ne peux pas comprendre !
- C'est vous qui ne comprenez pas, répondit avec violence Harry. Nous sommes ses meilleurs amis, et Draco devrait avoir le cran de se battre, au moins un peu ! Là il a juste reçu une lettre et il abdique, sans rien faire, sans rien dire ! Ce n'est pas ça l'amitié !
- Oh tu m'énerves ! cria Daphné, se levant de son siège. Je préfère sortir d'ici.
Et sans un autre regard elle sortit de leur repère, passablement énervée. Sans un mot Blaise et Tracey la suivirent, probablement pour tenter de la calmer.
- C'n'est pas qu'on t'en veut Harry, mais Eli et moi on était en train de faire des recherches à la bibliothèque quand Draco nous a demandé de venir ici, alors on va y retourner, dit Neville avec embarras après quelques minutes tendues. On vous rejoint ce soir dans la Grande Salle, dit-il à l'intention de tous, et bientôt lui et Elisabeth étaient sortis de la salle sur demande.
- Ca va aller Harry, demanda timidement Jenny, alors que le Serpentard s'était effondré sur une chaise et regardait dans le vide.
- Ouais, ouais, répondit vaguement celui-ci. Ça me fait juste bizarre, c'est tout.
- Ne t'inquiète pas il finira par revenir, dit de son habituelle voix rêveuse Luna. Il a été marqué par les Ténèbres, tout comme vous deux, dit-elle en montrant Jenny et Harry du doigt, mais il ne veut pas en faire partie lui.
Jenny et Harry se regardèrent avec gêne, alors que le Gryffondor avait l'air complètement perdu.
- Euh oui tu as probablement raison Luna, finit par dire Harry. Il avait beau essayer de s'y faire, la Serdaigle avait le don de le surprendre.
- Qu'est ce que vous voulez faire ? ajouta-t-il. On s'entraîne ?
- Allez-y tous les deux, répondit Luna. Moi et Lucas on va aller faire un tour dans le château. N'est-ce pas ? dit-elle à l'intention du Gryffondor, mais ses propos ressemblaient plus à un ordre qu'une proposition, et Lucas ne se méprit pas, même s'il se sentit vaguement énervé qu'elle désire les laisser tous les deux. C'était comme si elle sentait qu'ils étaient mieux à deux. Que Jenny était mieux sans lui.
Néanmoins il obtempéra et suivit la Serdaigle hors de la salle, où ne restaient plus que les deux adeptes de la magie noire.
- Qu'est ce que tu crois que Luna voulait dire ? demanda Jenny après quelques secondes de silence embarrassé.
- Je ne sais pas, avoua Harry. Tu ne crois pas qu'elle puisse savoir qu'on fait de la magie noire, n'est ce pas ?
- Je ne vois pas comment, répondit la deuxième année, perdue dans ses pensées. Aucun de nous deux ne lui en a parlé, et personne d'autre n'est au courant. Cependant, Luna est très perspicace. Il y a des fois, elle fait des remarques qui me surprennent : c'est comme si elle pouvait lire en nous, comme si elle pouvait voir par-delà les apparences.
- Du moment qu'elle n'en parle à personne, soupira Harry. Je sais qu'Eli et Nev ne seraient pas ravis d'apprendre que je m'entraîne à la magie noire.
- Je pense que Luna sait se montrer discrète, le rassura Jenny. Et si on s'y mettait maintenant ?
Harry hocha la tête pour montrer son acquiescement. Il était vraiment heureux de pouvoir s'y remettre. Cela lui avait terriblement manqué durant ces plusieurs mois. Cela faisait en effet depuis le mois de juin qu'il n'avait pas pu s'entraîner, et cela avait crée comme un manque chez lui.
Il se rendait bien compte que c'était peut-être un jeu dangereux auquel il jouait, et si cela était dévoilé au grand jour, étant donné sa réputation il serait expulsé de Poudlard séance tenante. Mais il avait besoin d'explorer cette branche de la magie qui pourrait le rendre bien plus puissant. Tout ce qu'il fallait, c'était qu'il n'aille pas trop loin et qu'il respecte certaines règles.
Quelques semaines auparavant il avait confié à sa camarade certaines lectures pour qu'elle puisse se familiariser avec la magie noire. Comme pour devenir animagus il fallait y aller avec prudence, et Jenny n'était encore qu'une deuxième année fragile et Harry se devait de la protéger.
Ils commencèrent donc leur 'entraînement'. Harry, qui maitrisait déjà plusieurs sorts servant en défense ou attaque, voulait dés à présent apprendre le sortilège vulcanus ronus qui permettait à quiconque l'utilisait de lancer plusieurs boules de feu de tailles diverses sur son adversaire. Plus le sorcier était puissant, plus il pouvait lancer de boules de feu. Ces boules avaient divers effets, qui allaient de la simple brûlure à la mort.
C'était un sort compliqué, et qui requérait beaucoup de puissance. Beaucoup plus qu'Harry n'en avait jamais montré auparavant. Mais il savait qu'il en était capable.
Jenny quand à elle apprenait le premier sortilège qu'Harry avait appris, le sortilège du sabre. Etant donné ses capacités naturelles en la matière, qui, il paraissait maintenant évident ne venait pas de Voldemort habitant son esprit, elle n'aurait aucun mal à le maitriser très vite et rejoindre le niveau d'Harry.
Ils avaient pris pour habitude de s'entraîner sur des mannequins que la salle leur fournissait. Etant donné la nature des sorts qu'ils voulaient apprendre, et pour éviter toute blessure, ils se mirent chacun dans à l'extrémité de la salle, le plus loin possible l'un de l'autre.
Harry se positionna à cinq mètres de son mannequin. Il avait mémorisé la formule, et savait que s'il réussissait un jet de lumière couleur mauve sortirait de sa baguette et des boules de feu apparaitraient alors.
Il fit le vide dans son esprit comme il avait si bien appris à le faire ces derniers mois. Il se concentra de toutes ses forces sur le feu qu'il voulait faire jaillir, essayant d'imaginer la forme exacte que prendraient ces boules.
Il inspira un bon coup, fixa ses yeux sur la cible qu'il tenta d'imaginer réelle pour que le sort ait plus d'impact. D'une voix forte, il pointa sa baguette sur la cible et cria la formule magique.
Trois boules de feu sortirent de sa baguette et se ruèrent sur le mannequin de bois. L'une lui arracha le bras en le consumant entièrement tandis que les deux autres lui laissèrent un trou béant au ventre.
Jenny arrêta de s'entraîner pour observer ce premier essai et applaudit quand elle en vit les résultats.
Ce qu'elle ne pouvait savoir, était que lorsqu'Harry avait lancé le sort, son esprit avait imaginé que Ryan se trouvait juste devant lui, avec son sempiternel sourire narquois scotché sur ses lèvres et son éclair de feu à la main.
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La version des Gryffondors sur le match de Quidditch traversa très vite l'école et tout le monde, hormis les Serpentards crut qu'Harry avait fait semblant de s'évanouir pour ne pas perdre la face devant son célèbre frère. Les attaques et moqueries redoublèrent et Harry envoya plus d'un élève à l'infirmerie. Ce qui lui valut plusieurs retenues avec le professeur Rogue qui avait assuré les autres professeurs qu'il se chargeait du cas d'Harry. Retenues qui se transformaient étrangement en leçons d'occlumentie et de patronus.
En revanche, à la grande surprise d'Harry, quelques heures après que Rogue l'ait 'réprimandé' pour son altercation avec son frère, deux rouquins étaient venus le voir.
Flash-back.
Harry revenait de la volière où il avait été porter une lettre à l'hibou de Blaise pour son parrain, Tonks et ses parents. Il avait pensé qu'il valait mieux qu'il leur raconte lui-même sa version du match de la veille, car nul doute qu'ils allaient en entendre parler.
Alors qu'il descendait l'escalier en pierre, il fut interpellé par deux voix identiques.
- Hey Potter, on peut te parler un instant ?demanda l'un d'entre eux. Les jumeaux se trouvaient en bas, à quelques mètres de l'escalier et avaient chacun une lettre dans la main.
- Qu'est ce qui se passe ? répondit Harry d'un ton las. Il n'avait rien contre Fred et George, mais en ce moment les Gryffondors lui tapaient légèrement sur le système.
- On voulait te parler…
- …du match d'hier et te dire…
- …qu'on pense que tu méritais la victoire…
- …il est évident que si tu n'étais pas tombé…
- …Ryan n'aurait jamais attrapé le vif d'or…conclurent-ils.
- Merci, ça me touche que vous pensiez de la sorte, admit Harry. Sans vouloir vous vexer, je tenais vraiment à battre votre maison et cette défaite me laisse un goût amer sur la bouche. D'autant plus que tout le monde raconte que j'ai fait exprès de battre.
- Ne les écoute pas, ce ne sont que des idiots, affirma Fred.
- D'où nous étions il était évident que les détraqueurs ont vraiment eu un sale effet sur toi, reprit Georges.
- Tu es devenu tout blanc…
- …et tes yeux se sont écarquillés…
- …et puis soudain on aurait dit que tu convulsais…
- …et tu es tombé…
- Mais ça nous a tous fait quelque chose tu sais, reprit Georges en voyant qu'Harry restait silencieux.
- Oui mais aucun autre joueur n'est tombé de son balai, répondit d'un air morose le Serpentard.
- Nous n'avons pas tous le même vécu, dit alors avec prudence Fred.
- Et tu as apparemment vécu plus de difficultés dans ta vie que la plupart d'entre nous…
- …c'est donc normal que tu réagisses plus violemment que d'autres.
- Peut-être, concéda Harry. Quoi qu'il en soit, merci beaucoup de votre message.
- De rien, dirent-ils en souriant. Et au fait, on est désolé pour notre frère, pour ses commentaires. On lui a fait la leçon, mais Ronninouchet n'est pas très intelligent malheureusement. Il est très différent de nous.
Harry éclata de rire devant le surnom et l'air malicieux des jumeaux. Cette entrevue lui avait fait du bien, indubitablement. Mais la blessure restait présente : tous croyaient qu'il était moins bon que son frère. Encore une fois Ryan Potter remportait les lauriers et l'attention. Et encore fois lui Harry voyait son nom traîné dans la boue.
Mais il aurait sa revanche, tôt ou tard, cela il en faisait la promesse solennelle.
oOoOoOoOo
Deux jours après le fameux match de Quidditch eut lieu la première leçon de défenses contre les forces du mal de la semaine pour les Gryffondors/Serpentards de deuxième année.
Jenny traîna les pieds jusqu'à la salle de classe. Merlin qu'elle détestait y aller. C'était une des rares classes qu'elle avait avec son meilleur ami, mais un crétin de professeur empli de préjugés l'empêchait d'en profiter. De plus, c'était une matière dans laquelle elle était très bonne, et qui l'intéressait, ce qui, Merlin le savait, était une chose on ne peut plus rare dans le domaine académique pour Jenny. Elle aurait du adorer ces cours normalement.
Elle entra dans la pièce et se dirigea vers le fond de la classe, où elle s'assit, seule. Elle ne connaissait pas vraiment les Serpentards de seconde année, et c'était en de telles occasions qu'elle le regrettait. Lucas lui était assis à côté d'Emmett Black et cette perruche de Ginny Weasley, songea avec colère Jenny. Dieu qu'elle détestait la rouquine qui faisait tout pour l'énerver.
- Bonjour à tous, dit Black en entrant dans la salle de classe. Aujourd'hui rangez vos manuels on va avoir un cours pratique.
Aussitôt, tous se mirent à discuter avec animation. Enfin les cours pratiques promis par le professeur. Après le théorique qui avait été intéressant mais un peu monotone, ils allaient pouvoir mettre en pratique tout ce qu'ils avaient appris.
- Aujourd'hui vous allez devoir affronter des épouvantards, reprit Black. Je suis sûr que tout le monde ici se souvient de ce que sont des épouvantards. Oui Mlle Weasley ?
Ginny Weasley donna la réponse désirée et avec un petit sourire Black attribua 10 points à Gryffondor. Puis, il leur ordonna de le suivre dans la salle d'à côté où se trouvait l'épouvantard.
- Jenny j'ai un problème, chuchota Lucas dans l'oreille de sa meilleure amie qui se trouvait tout au bout de la file d'élève, la prenant par surprise.
- Quoi ?
- Je ne sais pas ce qu'est ma plus grande peur, avoua-t-il. J'ai beau cherché je ne vois pas.
- Tu ne penses à rien qui te ferait peur ? demanda-t-elle avec surprise.
- Non, j'ai peur de plusieurs trucs, mais je ne vois pas quelle serait ma plus grande peur. Le truc qui me terrifie le plus ce sont les ascendeurs, mais je ne pense pas que ce soit ça.
- Non, je ne pense pas, dit Jenny, éclatant de rire. Ne t'inquiète pas, l'épouvantard trouvera pour toi ta plus grande peur.
Ils entrèrent dans la salle vide où ils virent une malle qui tressaillait fortement.
- Très bien tout le monde est là, s'exclama Sirius. Mettez-vous en file indienne et vous passerez chacun votre tout. Mr Black on commence par vous, dit-il à son fils avec un grand sourire.
Emmett passa et sa plus grande peur s'avéra être un immense serpent qu'il affubla d'un chapeau de clown avant d'éclater de rire. Puis ce fut le tour de Ginny Weasley, qui apparemment avait peur des vautours.
Tous les élèves passèrent chacun leurs tours, et aucun incident majeur ne se produisit car tous réussirent à rendre ridicule leurs épouvantards.
Puis, ce fut au tour de Jenny.
Celle-ci n'avait rien montré à Lucas, mais elle était terrifiée par cet exercice, car elle savait pertinemment ce qu'était sa plus grande peur.
Ou plutôt qui était sa plus grande peur.
- Jenny Derwent, appela Black. Elle était une des dernières, mais elle avait si peur que ses pieds semblaient peser une tonne alors qu'elle s'avançait vers l'épouvantard.
Celui-ci s'immobilisa en la voyant arriver vers lui. Alors que sa forme précédente était un immense scorpion, il rétrécit soudainement, et un garçon, d'environ 16 ans, aux cheveux noirs et au teint pâle fit son apparition dans la salle.
- Contente de me revoir Jenny, susurra-t-il et le sang de Jenny se glaça dans ses veines. Cette voix la hantait depuis des mois maintenant dans tous ses cauchemars. Elle était paralysée et ne pouvait plus rien faire devant cette apparition qu'elle avait espéré ne plus jamais revoir de sa vie.
- Alors tu ne dis rien, la taquina-t-il cruellement. Pourtant je suis sûr que je t'ai manqué. Après tout je donnais un sens à ta vie, je…
- Tais-toi, hurla-t-elle, tombant à terre. Elle prit son visage dans ses mains et les larmes coulèrent librement sur son délicat visage. Elle n'était absolument plus consciente des personnes qui l'entouraient ou de l'endroit où elle se trouvait. Tout ce qu'elle voulait, c'était que ce visage démoniaque sorte de sa vie. Tais-toi, tais-toi, répéta-t-elle une litanie.
- Ca suffit, s'écria quelqu'un derrière elle, et deux secondes plus tard Lucas se trouvait à côté d'elle, face à l'épouvantard qui changea alors de forme.
Tom Jedusor disparut de la salle de classe qui était plongée dans le plus grand silence. Jenny était toujours à terre, elle n'avait pas vu que Tom avait disparu. Et que l'épouvantard avait pris sa forme à elle.
A présent le corps de Jenny reposait sur le sol. Ses yeux étaient fermés, son teint était plus blanc qu'un fantôme et aucun souffle n'émanait de son corps.
L'épouvantard avait pris la forme d'une Jenny morte, et Lucas trembla lorsqu'il réalisa cela. Il se sentait lui aussi paralysé, ne pouvant détacher ses yeux de la forme devant ses yeux. Il se revit dans la chambre des secrets, priant de toutes ses forces pour que Jenny ne soit pas encore morte, observant sa respiration devenir de plus en plus faible. La porter hors de la grande pièce, trébuchant dans le tunnel, des larmes de frustration coulant sur son visage alors qu'il tentait de la sauver. Jusqu'à ce que le phénix de Dumbledore n'arrive dans le tunnel et ne les aide à sortir.
Il ne pouvait plus détacher ses yeux de l'épouvantard, tout comme le reste de la classe et le professeur qui étaient tous hypnotisés par ce spectacle.
Et Jenny ouvrit les yeux, n'entendant plus la voix froide de Tom taquiner ses oreilles.
Elle vit son corps mort allongé à terre.
Et elle hurla.
Ce cri désespéré sembla réveiller Sirius Black qui s'interposa alors entre les deux sorciers et l'épouvantard. Celui-ci prit la forme de la marque des Ténèbres et en un clin d'œil, Sirius fit disparaître l'épouvantard.
- Très bien, tout le monde vous pouvez partir, la classe est terminée, déclara-t-il d'une voix faible, l'air visiblement bouleversé. Tout le monde sauf vous deux, dit-il à l'intention de Lucas et Jenny, qui de toute façon étaient trop secoués pour même songer à bouger de leurs places.
Petit à petit la salle se vida, et il ne resta plus que trois personnes. Ce fut Sirius le premier qui prit la parole.
- Miss Derwent je suis absolument désolé, déclara-t-il. Pour être franc j'avais complètement oublié votre mésaventure de l'année dernière, et j'ignorais complètement que mon cours aurait de tels effets sur vous.
- Ce n'est rien, marmonna Jenny qui s'était relevée. Elle se sentait à la fois nauséeuse et honteuse. Maintenant tout le monde allait parler d'elle et se demander qui était ce garçon, et pourquoi elle avait eu une telle réaction. Comme si elle avait besoin de ça dans sa vie !
- Est-ce que je peux vous demander qui était ce garçon ? demanda Sirius avec hésitation. Dumbledore n'avait jamais voulu révéler l'identité de celui qui pétrifiait les élèves, il s'était contenté d'assurer que le coupable ne se trouvait plus dans l'enceinte de Poudlard et était incapable de faire le moindre mal à présent.
- C'est lui qui m'a emmené dans la chambre des secrets, répondit d'une voix glaciale Jenny.
- Très bien, c'est ce dont je me doutais, dit Sirius en hochant la tête d'un air entendu. Ne vous inquiétez pas, lors de l'examen je vous dispenserai de l'épreuve de l'épouvantard, déclara-t-il avec un petit sourire qui se voulait rassurant.
- Hors de question, répliqua alors la Serpentarde, prenant tout le monde par surprise. Je dois vaincre mes peurs, et je ne vais pas me laisser affaiblir par un épouvantard. Je dois apprendre à faire face à un épouvantard maintenant, sinon je n'en serais jamais capable.
- Jenny je ne pense pas que ce soit très prudent, tenta Lucas.
- Votre camarade a raison, ajouta Sirius, qui n'avait pas l'air enchanté par les propos de son élève. Votre réaction a été assez claire devant l'épouvantard et je ne pense pas que vous soyez capable…
- Eh bien vous vous trompez, l'interrompit d'une voix tranchante Jenny. Et si vous ne voulez pas m'apprendre, alors que c'est votre rôle, je demanderai au professeur Rogue ! Je suis persuadée qu'il en serait ravi !
Et Sirius Black tomba aussitôt dans le piège.
- Le professeur Rogue, cracha-t-il, n'a aucune compétence en ce domaine, il est donc inutile d'aller le voir. Si vous insistez malgré mes recommandations, je me chargerai de vous apprendre à vous défendre contre un épouvantard.
- Merci professeur, dit alors d'une voix bien plus humble la jeune Serpentarde qui devait réprimer un sourire. En digne représentante de sa maison qu'elle était, elle avait réussi à obtenir ce qu'elle voulait par la ruse. Elle se sentait très fière d'elle-même.
- Très bien, maugréa Black. Quand à vous, dit-il d'une voix plus douce à Lucas. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi votre épouvantard a pris cette forme ?
- Jenny est ma meilleure amie, et l'année dernière j'ai vraiment cru qu'elle était morte quand j'ai appris qu'elle avait été emmenée dans la chambre, mentit le Gryffondor. Je suppose que cela m'a bien plus traumatisé que je ne le pensais.
- Je comprends, rétorqua d'un ton grave Sirius. Est-ce que vous désirez apprendre comme votre amie ou vous préférez être dispensé ?
- Si Jenny le fait, moi aussi, déclara avec résolution Lucas. Quelques minutes plus tard, ils sortirent de la salle, toujours secoués.
Si Jenny n'était pas surprise de la forme de son épouvantard, en revanche celui de Lucas l'avait laissé abasourdie. Cela prouvait qu'il tenait vraiment à elle, et cela lui faisait étrangement plaisir, même si c'était cruel. Mais la vérité était qu'elle avait des sentiments très mitigés envers son meilleur ami. Ils se connaissaient depuis l'enfance, elle était la personne la plus proche de lui. Mais pourtant, il restait inaccessible et ne lui parlait jamais de choses privées, ou de ses sentiments. Et des fois elle se demandait ce qu'elle représentait réellement pour lui. Elle aurait simplement aimé que quelque fois il lui fasse un signe, qu'il lui montre qu'elle était aussi importante à ses yeux que lui l'était pour elle.
- Est-ce que ça va aller ? lui murmura-t-elle, posa sa main sur son bras, s'étonnant de frissonner à ce contact.
- Oui, affirma son meilleur ami. Je t'assure que ça va, dit-il en la regardant droit dans les yeux.
Elle savait qu'il mentait. Elle le sentait bien, mais elle n'affirmerait pas le contraire. Pourtant en cet instant, elle se sentait bien plus proche de lui qu'elle ne l'avait jamais été. Dans un silence confortable ils se rendirent en direction de la Grande Salle pour aller déjeuner.
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L'après-midi même, ce fut au tour des Gryffondors/Serpentards de troisième année de subir le cours sur les épouvantards.
- Je me demande bien quelle sera ma peur, murmurait avec excitation Hermione à l'encontre de Neville et Harry alors qu'ils se rendaient dans la salle d'à côté. Ce dernier se posait exactement la même question. Il pensait à Voldemort, mais n'en était pas si sûr.
- Moi je ne me pose pas la question, je sais que ma plus grande peur ce sont les Inféri, soupira Neville. Et je n'ai franchement pas envie de me retrouver en face d'une de ces créatures.
L'exercice commença. Le premier à passer fut Ron qui avait peur des araignées. Harry ricana en voyant Weasley trembler devant l'animal qui à son sens n'avait rien de menaçant.
Il ricana moins lorsqu'il vit l'épouvantard de son frère.
Lorsque Ryan, avec assurance se positionna face à la créature, celui-ci prit une forme que nul n'aurait pu soupçonner.
Ill prit la forme d'Harry. Celui-ci se tenait droit, une main sur sa hanche, l'autre tenant fermement sa baguette pointée droit sur Ryan. Ses yeux vert émeraude étaient déformés par la colère et sa bouche esquissait un sourire cruel.
Harry crut qu'il allait vomir devant cet horrible portrait qui ne lui ressemblait pas. Les regards se braquèrent aussitôt sur lui tandis que Ryan après quelques secondes d'hésitation parvint à battre son épouvantard. Et alors que le survivant retournait dans le fond de la salle, Harry sentit le regard noir de son professeur le brûler. Que Ryan soit maudit, songea-t-il avec rage. Comme si j'avais besoin de ce genre d'attentions supplémentaires, ce n'est pas suffisant que toute l'école croie que je suis un tricheur !
- Malfoy, appela d'une voix mauvaise Sirius, et Harry vit son ami s'approcher de l'épouvantard, l'air calme. Les deux garçons ne s'étaient toujours pas parlés depuis leur dispute deux jours auparavant. Harry lui en voulait toujours de céder aussi facilement, et Draco n'avait fait aucun pas dans sa direction. Comme il l'avait dit, il ne trainait plus en public avec leur petit groupe mais désormais passait tout son temps avec Théodore Nott.
Une fois face à l'épouvantard, toute la classe eut la surprise de voir l'épouvantard de Draco se transformer en un petit elfe aux grands yeux bleus remplis de larmes et au corps mutilé. Beaucoup reculèrent devant l'horreur d'une telle vision. Draco eut alors l'air terrifié et Harry crut qu'il n'arriverait jamais à rire pour faire partir la créature. Pourtant Draco finit par se reprendre et émit un petit rire nerveux devant la forme comique qu'avait pris l'elfe.
Sous les regards surpris de ses condisciples et de son professeur il retourna aux côtés de Théodore Nott.
- Potter, appela Black, et Harry s'avança vers lui.
Le froid envahit alors la pièce. Un froid qu'Harry reconnut aussitôt. Et il trembla en pensant à ce qui allait se produire.
Alors sa plus grande peur était un détraqueur. Pas étonnant au final, songea-t-il avec précipitation. Mais il est hors de question que je m'évanouisse à nouveau devant eux.
Mais les mauvais souvenirs commencèrent à affluer dans la tête d'Harry. Les beuglantes qu'il avait reçues de ses parents, Elisabeth à l'infirmerie, Jenny dans la chambre des secrets, son enfance.
Il sentait qu'il allait bientôt craquer. Les voix dans sa tête étaient bien trop fortes, le froid et le désespoir qui l'envahissaient étaient bien trop puissants.
Mais il ne pouvait pas craquer devant eux.
Alors il fit la première chose qui lui passa à l'esprit.
Il prit ses jambes à son cou et sortit en courant de la salle de classe.
Note de l'auteur : voila le chapitre est posté. En revanche, étant donné que encotre une fois je n'ai plus internet chez moi, jusque au moins lundi, et que pour poster ce chapitre, j'ai du aller dans un cyber café, il n'y a pas encore les réponses aux reviews. A moins d'un miracle, elles ne seront pas postés ainsi que des explications et détails sur les chapitres avant lundi, désolée, mais croyez-moi, je maudis orange !! Merci à mes fidèles et nouveaux reviewers, et comme d'habitude rendez-moi heureuse ! Gros bisous à tous et à bientôt!!
