Chapitre 25 : La psychomage

C'était toujours autant le bordel au Département des accidents et catastrophes magiques. La plupart courraient dans tous les sens en balançant des parchemins sur les bureaux, d'autres se gueulaient dessus en n'utilisant pas toujours des mots appropriés et plus personne ne faisait attention à nous. Apparemment l'attraction du prof collé à son élève n'était plus aussi intéressante que le gars qui venait de rentrer avec un tronc d'arbre à la place de la tête, des branches poussant à vue d'œil à chaque fois qu'il s'énervait de voir son interlocuteur rire.

Willow Isla marchait rapidement devant nous, nous emmenant directement dans la salle où nous étions la dernière fois. Je marche à côté de Rogue en regardant autour de moi, tant je voyais des choses que je ne pensais même pas possibles.

Je rêve ou ce petit garçon à un bras gauche de la taille d'un pouce ?

Je ne regarde pas vraiment où je marche quand je me cogne contre le dos de Severus, lâchant un râle de douleur.

-Fais attention. Viens, me lance ce dernier en soupirant. Il tient la porte et me fait signe d'entrer, ce que je fais.

-Bien, on va faire vite pour que vous puissiez retourner à Poudlard le plus rapidement possible, nous dit Willow en s'installant à son bureau, ses deux assistants venant déjà vers nous avec leur baguette.

Bon…

XxX

De retour à Poudlard nous nous dirigeons rapidement vers la grande salle pour le déjeuner, affamés. Les tests de Willow ont pris toute la matinée et je ne savais pas vraiment si elle avançait dans ses recherches ou non. Elle avait passé son temps à glousser ou râler. Nous avons bien essayé de lui demander, mais elle nous avait répondu qu'elle n'était pas sûre.

-C'est une bonne nouvelle, non ? Me demande Céline, quand je lui raconte.

-Je ne sais pas, elle ne dit rien.

-Si. Ne pas être sûr c'est mieux que de dire catégoriquement que vous allez rester collés ensemble jusqu'à ce que Rogue n'ait plus de dents, me chuchote-t-elle pour que personne d'autre ne puisse l'entendre.

Personne n'était censé être au courant, que la malédiction qui planait sur moi et Rogue était peut-être à vie, mais connaissant Poudlard, je pense que tout le monde le sait mais personne n'ose en parler. Pour eux cette vision d'horreur était trop, je pense.

-Je crois bien que tu as raison, oui.

-Elle a fait quoi d'autre ?

-Elle nous a pris pas mal de sang pour continuer à chercher de son côté.

-J'espère qu'elle trouvera, soupire Céline, tu me manques. Rien n'est pareil sans toi.

Je souris et pose ma fourchette pour passer une main autour de l'épaule de mon amie, et la ramener vers moi. Même si je voulais rester proche de Severus, je la comprenais.

-Tu me manques aussi, ma Célinou.

XxX

La semaine se finit calmement et le samedi arrive rapidement. Severus est en train de trier des parchemins dans sa salle de classe et il répondait de temps à temps à mes questions quand j'avais du mal à comprendre un paragraphe en lisant mes cours de DCFM. Sev était endormi sur le dos, sur le bureau de Rogue, gênant ce dernier quand il devait tremper sa plume dans son encrier. Mais il ne dit rien et se contente de faire rouler le reptile sur le côté pour se servir. Une fois qu'il avait fini, Sev se remettait dans sa position initiale. À chaque fois.

Ce gecko ne respecte rien ni personne.

Je pose ma plume et bâille en m'étirant dans ma chaise. Je passe une main dans mes cheveux pour les dégager de mon visage, et lève le regard vers mon professeur qui était déjà en train de me fixer.

Je lui rends son regard une seconde avant de lui sourire. Ça a l'air de le réveiller de sa rêverie. Il cligne des yeux puis les repose sur les parchemins devant lui.

Il est chou.

Je me lève et m'étire encore une fois avant d'aller vers lui. Rogue relève le regard pour me regarder venir vers lui, sans quitter mes yeux une seconde. Quand je suis à côté de lui, je n'attends pas d'avoir son autorisation pour placer ma main sur sa joue, lui faisant tourner la tête dans ma direction. J'en profite pour poser mon autre main sur sa joue encore libre et pose un baiser sur ses lèvres. Doux. Rapide.

J'étais en train de me relever quand sa main s'accroche à mon bras pour m'empêcher de lâcher prise et il tire un peu dessus pour me forcer à reposer mes lèvres sur les siennes. Ce que je fais.

La baiser ne dure pas longtemps, mais je profite de chaque instant. Bien que ça faisait quelques semaines, je ne m'en remettais toujours pas.

Je suis avec Severus Rogue.

Un sourire se forme malgré moi sur mes lèvres, faisant reculer un peu Rogue.

-Pourquoi tu souris ?

J'hausse les épaules, heureuse.

-Je suis contente, c'est tout.

Rogue lâche prise sur mon bras et je lâche son visage à mon tour.

-Il faut que je termine ça, et ensuite on pourra rentrer pour le week-end.

J'hoche la tête et pose un dernier baiser sur sa joue. Je fais un pas pour retourner à mon bureau avant de me retourner.

-Attends… rentrer où ?

-À l'impasse du tisseur, me répond-il sans lever les yeux.

Je réfléchis un instant puis mon sourire se fait plus grand.

-Que nous deux ? Je lui demande la voix douce.

-Eh bien, non, il y aura cet idiot d'animal aussi.

Je ris quand il se met à piquer Sev avec le bout de sa plume.

Mon cœur ne pouvait pas battre plus vite, ni être plus gonflé d'amour. Il voulait qu'on soit seuls… et ensemble.

Bon, on était toujours plus ou moins ensemble, je sais. Mais là… ça sera différent. On sera libre, à notre manière.

Je voulais retourner vers lui pour l'embrasser de nouveau quand la porte s'ouvre, me faisant me figer sur place.

-Hey vous deux ! Nous salut Silimouna Lupin, un grand sourire aux lèvres.

-On ne t'a jamais appris à frapper, Demonds ? S'énerve Rogue. Il a dû se dire comme moi : Une seconde plus tard, et elle nous aurait attrapés en plein baiser.

Silou fait une grimace d'excuse et repositionne ses lunettes sur son nez.

-Désolée, je pensais l'avoir fait.

-Comment ça, tu pensais ? Et tu n'attends pas de réponses avant d'entrer ? Tu as été élevée où ?

-Je suis désolée Severus, pourquoi tu t'énerves autant, lance Silou, surprise.

Rogue jette sa plume sur son bureau, visiblement agacé.

-Parce que tu rentres dans mon bureau comme dans un moulin. Pour Lupin, tu t'es trompé de quelques étages.

Madame Lupin fronce les sourcils.

-Je venais juste vous dire bonjour, calme-toi.

Je voyais bien qu'elle s'énervait un peu et je décide donc de faire taire Rogue quand je le vois ouvrir la bouche.

-Comment vas-tu ? Je demande, comme si de rien était.

Silou fixe Rogue une petite seconde de plus avant de me répondre.

-Bien et toi ? Comment se passent tes cours ?

-Je n'ai pas à me plaindre ! Je lui souris en haussant les épaules.

-Autre chose, Demonds ?

-Oh mais merde, Rogue, je suis là pour être gentille !

-Pas besoin de faire semblant.

-Hé !

-Tu es là pourquoi ? Je réessaye. J'essaye en même temps de faire comprendre du regard à Severus qu'il doit se calmer. J'ai tellement peur qu'il éveille les soupçons.

Silou décide d'ignorer mon professeur de potion et me sourit.

-Remus reste ici ce week-end pour heu… travailler.

C'est la pleine lune ce week-end. Je ne sais pas où le professeur Lupin se cache quand c'est le cas, mais je pense qu'il trouve que rester à Poudlard est le mieux. Il doit y avoir un endroit ici où il se réfugie… mais où ? Dans les donjons ? Une salle vide ?

-Je viens lui tenir un peu compagnie et lui couper les cheveux aussi. Ils poussent à une vitesse en ce moment… continue-t-elle, avant de se rendre compte de ce qu'elle disait

-Ça fait un moment qu'il ne les a pas coupés, s'explique-t-elle avec un sourire maladroit.

Bien sûr.

Rogue, à côté de moi, semblait s'être complètement désintéressé de la conversation et continuait de faire ce qu'il faisait pour finir au plus vite.

Je me demande si…

-Et vous, professeur, ça vous dit un petit rafraîchissement ?

La plume de mon professeur arrête aussitôt de bouger. Je lève un regard vers Silou quand il ne bouge pas plus et je la vois me regarder avec des gros yeux.

-Pardon ? Me réponds Rogue d'une voix glaciale.

Oups.

-Je… heu… fin, c'est pour vous, depuis qu'on est collés ensemble vous n'avez pas beaucoup eu le temps pour vous et… heu… oubliez ce que je viens de dire, c'était juste une suggestion.

-Mais une bonne suggestion ! Lance Silou, excitée pour une raison que j'ignore. Je passerais dans tes appartements dès que j'ai fini avec Remus !

Elle n'attend pas plus longtemps et quitte la salle de classe d'un pas joyeux.

Un silence s'installe et il devient rapidement inconfortable.

-Je ne pensais pas que mes cheveux te gênaient autant, lance Rogue enfin après vingt minutes de gros silence.

-Non non non ! Je panique en me relevant de ma chaise. Le geste est tellement brusque que Severus fronce les sourcils et le bruit réveille Sev.

-Ce n'est absolument pas ce que je voulais dire ! Je pensais juste que … ça te ferait du bien. C'est tout.

Je commence à jouer avec le bas de ma robe, complètement inconfortable.

Je ne voulais pas qu'il pense que je voulais le changer. Je l'aimais pour qui il était, ce à quoi il ressemblait à ce qu'il aimait ou non. J'avais tellement peur de dire autre chose pour me sortir de cette situation, mais rendre le tout encore pire.

-Très bien.

Je relève la tête pour le regarder avec surprise.

-Quoi ?

-Ils deviennent gênants. Je vais donc suivre ton conseil. Mais si elle me rate, ça sera ta faute.

Je pouffe de rire et hoche la tête.

-On fait comme ça.

XxX

Nous rejoignons nos appartements et étions en train de préparer notre sac pour le week-end quand Silimouna Lupin refait surface.

-Bon, en fait je vais commencer par toi, Remus est en pleines explications des DFCM avec une petite de première. Elle a l'air un peu… vous partez ?

Elle regarde avec curiosité mon sac qui se trouvait sur mon lit et la petite cage de Sev sur lequel ce dernier dormait.

-Heu… oui… on… je commence, mais Rogue sort de sa chambre à ce moment-là et en profite pour me couper.

-Bon, qu'on en finisse, Demonds, soupire-t-il en posant son sac à côté du mien.

Il agite sa baguette et un tabouret apparaît au milieu du salon. Il ne dit rien de plus et s'installe rapidement dessus, impatient d'en finir.

Silimouna avait l'air un peu surprise de le voir aussi pressé, mais mon cœur se mit à battre plus vite.

Je sais qu'il se fait coiffer plus pour moi que pour lui, et qu'il a tout aussi hâte que moi d'être… chez nous. À la maison.

Oui, j'ai osé le dire.

Dans ma tête on est déjà mariés, c'est ça que vous ne savez pas.

Madame Lupin se mit rapidement au travail, après un débat sur la longueur que Severus souhaitait.

-Je suis sûr que ça t'irait bien les cheveux plus courts, lui dit Silou.

-Juste les pointes.

-Non, vraiment si je te dégage la nuque ça te ferait…

-Non.

-Au pire si tu n'aimes pas, ça repousse et…

-Non.

-Et si je…

Et ça a duré comme ça pendant dix minutes, avec moi qui pouffais de rire depuis mon lit.

Silou et Severus se mettent ensuite à discuter des anciens élèves avec qui ils étaient à l'école. J'écoutais sans écouter, le regard dans le vide, mais fixé sur le peigne et la baguette de Silou qui coupait de plus en plus de cheveux.

Je suis assez sûre que c'est plus court que ce que le professeur voulait.

-Et toi, Andréa, comment tu vas ?

Je secoue la tête rapidement pour me concentrer sur la question et souris.

-Bien bien.

-Ça commence à faire long pour toi je présume, me demande-t-elle sans me regarder, concentrée sur ses mouvements de baguette.

-Qu'est-ce qui commence à faire long ? Je demande, sachant très bien de quoi elle parlait.

-Eh bien, toi et monsieur ici… tu dois avoir hâte de rejoindre tes amis.

Je fronce légèrement les sourcils, sans perdre mon sourire.

-Non, ça va. Ils me manquent bien sûr, mais la situation aurait pu être pire.

Silou ne me réponds pas mais je l'entends soupirer.

-Je… dois t'avouer quelque chose, Andréa. Mais d'abord… « Bulla pace Silencio »

Sans le prévenir, elle pointe sa baguette sur le brun et lui lance le sort. Rogue lève la tête d'un coup et je le vois s'énerver à vue d'œil. Il allait ouvrir la bouche pour gueuler quelque chose, mais Silou pose sa main sur son épaule pour qu'il ne bouge pas. Elle se place rapidement devant lui et lui demande d'un geste de la main d'attendre.

-Bien, on va pouvoir discuter, lance enfin Silou quand Rogue lève les yeux au ciel.

-Discuter de quoi ? Je demande, pas rassurée.

-Ne t'inquiète pas, je voulais te parler parce que d'après Dumbledore, tu as peut-être besoin de vider ton sac auprès de quelqu'un d'autre que Severus, me dit-il en peignant les cheveux bien trop courts de Rogue.

-C'est Dumbledore qui t'envoie ? Pourquoi ?

Silou hausse les épaules.

-D'après lui, tu es passé par une multitude d'humeurs depuis le début de l'année, et il m'a demandé de voir si tu n'étais pas simplement à bout.

Je perds mon sourire et secoue la tête.

-Je vais très bien. Si parfois je n'en donne pas l'impression, ce n'est pas voulu. Oui, parfois c'est difficile, mais rien d'insurmontable… Nous avons tous ces moments, je pense.

Silou hoche la tête.

-Bien sûr, tu as raison. Et comment ça se passe avec Severus ? Il ne te mène pas trop la vie dure ?

Mon regard va à mon professeur et j'essaye tant bien que mal de ne pas sourire quand je le vois lire son livre en toute confiance alors que Lupin est en train de presque lui raser le crâne.

Bon, ok, j'abuse, ses cheveux sont toujours plus longs que la moyenne, mais ils ne pendent plus devant son visage et je crois que c'est la première fois que je vois ses oreilles.

-Je pense qu'il s'est habitué à ma présence et il fait preuve de patience. Plus qu'avant en tout cas.

-Oui, Dumbledore l'a remarqué aussi.

Mon cœur se serre à cette phrase et toute mon attention se porte sur Silimouna. Je me demande si…

-Et tes parents, tu as des nouvelles d'eux ?

Je savais qu'elle en avait entendu parler, mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir l'air étonnée.

-Heu... Non, pas vraiment. J'en ai à travers Mamie Hudson, mais… c'est tout.

-Mamie Hudson est la femme qui t'as élevée c'est ça ? Me demande Silou en posant le peigne

-Oui.

-Elle t'a élevée seule ?

-Non, pas au début. Monsieur Hudson était là aussi. Mais il… nous a quittés.

Silou lève le regard vers moi pour la première fois et me regarde avec un air étrange.

-Il doit te manquer, me dit-elle.

-Oui, beaucoup, il était génial.

-Ah oui ? Il était comment ? Et Mamie Hudson elle est comment ?

Je souris quand pas mal de souvenirs me reviennent.

-Oh… Mamie Hudson est juste la personne la plus gentille que je connaisse. Mais en même temps c'est une femme de caractère qui sait ce qu'elle veut. Au départ, elle ne me gardait que de temps en temps, quand Monsieur Hudson était au travail. Cela étant, elle s'est battue pour me garder. Pour que j'ai un toit quand mes parents ne sont pas là.

-Monsieur Hudson ne pouvait pas me supporter au début, je ris et Silou me sourit. Il me trouvait trop bruyante et avec toutes les conneries que j'avais faites, je n'avais pas vraiment une bonne réputation dans le quartier. Tout le monde me voyait soit comme un voyou, soit comme une traînée.

-Et toi, tu te voyais comment ? Me demande Silou en époussetant des cheveux tombés des épaules de Rogue.

J'hausse les épaules.

-Perdue. Seule. Incomprise. Maladroite dans ce que je faisais et disais. Personne ne voulait croire que souvent, j'étais simplement au mauvais endroit au mauvais moment…

-Comme avec l'incident de la potion, par exemple, propose Silou et j'hoche la tête en riant.

-Oui, voilà, ça par exemple ! Tout le monde dit que je l'ai fait exprès, mais c'est totalement faux !

Silou pouffe de rire et secoue la tête.

-Cette école est juste un nid à conneries parfois, me dit-elle. Comment est-ce que tu as réussi à faire en sorte que Monsieur Hudson t'accepte du coup ?

-Ah oui… heu… je ne sais pas trop… avec le temps, je pense, il s'est fait à moi. Je lui laissais son espace quand il en avait besoin et j'essayais de ne pas m'attirer d'ennuis. Quand je suis entrée à Poudlard je lui écrivais deux fois par semaine, sans faute. Il ne me répondait qu'à travers les lettres de Mamie Hudson, mais je pense bien que ça lui faisait plaisir.

-Tu le voyais comment ? Me demande Silou, et je remarque toute son attention était sur moi.

-Heu… comme… mon grand-père… mon père… mon protecteur. C'est grâce à lui que je suis là après tout.

Severus lève la tête vers Silou et celle-ci sursaute quand il se met à parler.

-T'as fini ? Tu me le dis si je te dérange, râle-t-il et Silou lui fait un sourire d'excuse.

-PAS ENCORE ! Mime-t-elle, et Rogue soupire.

Je souris à la mine boudeuse de Rogue et pouffe de rire quand il tourne la page de son livre d'un air agressif.

-Bon, je vais me grouiller avant qu'il ne me transforme en betterave, rit Silou et j'hoche la tête. Elle se met à nettoyer autour de Rogue avec sa baguette et à finaliser quand elle se tourne de nouveau vers moi.

-Je suis désolée de te demander ça mais… est-ce que… tu es amoureuse de Severus ?

Je ne sais pas si c'est la question même, le ton ou même que ça soit elle qui me pose la question, mais aucun son ne sort de ma bouche quand je la regarde d'un air choqué.

Silou me lance un regard désolé.

-Je ne te pose pas vraiment la question pour que tu me répondes… je connais déjà la réponse.

Je baisse la tête, gênée et regarde mes chaussures.

-Fais juste attention à toi, Andréa.

-De quoi ?

-Je peux te donner mon avis ?

Je voulais lui dire que non quand un autre sentiment monte en moi. De la colère.

De quoi je me mêle ?

-Attend… je lui dis en fronçant les sourcils. J'étais en séance, là ? Tu viens de jouer la carte de la psychologue ?

Silou se mord la lève et remonte ses lunettes sur son nez.

-En fait je…

-Alors non, je ne veux pas de ton avis. Tu me feras un rapport, comme tu fais avec les autres. Et tu peux donner ta facture à Dumbledore, je lui lance agacée.

-Non, Andréa, non. Dumbledore m'a juste demandé de venir te voir. Mais mes questions étaient sincères. C'est juste que…

-Que quoi encore ?

Silou prend une grande inspiration et son regard change. Au lieu du regard paniqué et maladroit qu'elle avait, elle a maintenant un regard soutenu et décidé.

-Je ne doute pas que tu ressentes quelque chose pour Severus, et je crois même qu'au fond… il t'apprécie aussi. Mais pas comme de la même manière que toi.

Quoi ?

-Mais je veux que tu comprennes bien que ce que tu ressens n'est peut-être pas de l'amour. Je ne dis pas ça pour te rabaisser… Mais pour te protéger. Je sais ce que c'est d'aimer sans recevoir la même chose en retour et c'est horrible.

-De quoi tu…

-Pour moi, si tu es si entichée de Severus, c'est parce que tu le vois un peu comme Monsieur Hudson. Comme tu le décris, ils sont presque pareils.

Alors là… elle se trompe complètement. Ils n'ont rien à voir.

Oui, ils râlent tous les deux beaucoup, mais ça s'arrête là.

Monsieur Hudson adorait la nature et sortait se balader tous les soirs. Il adorait faire les marchés et cuisiner. Il était complètement gaga de ses petits enfants et les emmenait au zoo. Il adorait sa femme et ne le cachait pas sous un bouclier anti-sentiment.

-Tu le vois comme le protecteur que tu as perdu… du coup les autres sentiments ont dû venir avec, automatiquement. Je sais que tu as peur d'être seule et que tu retrouves ce sentiment-là en Severus… mais il n'est pas comme toi. Tu le vois comme quelqu'un qui pourrait te sauver, comme l'a fait Monsieur Hudson… mais Severus a besoin de s'aider lui-même d'abord.

De quoi elle parle ? Pourquoi est-ce qu'elle me raconte toutes ces conneries ?

-Fais attention à toi, Andréa. Il faut que tu fasses la différence entre le vrai et le faux. Tu es si jeune, tu…

-As-tu fini, Demonds ?

Nous sursautons toutes les deux à la voix de Rogue et je sens ma colère baisser aussitôt.

-Heu oui, je… Finite.

Rogue se lève de sa chaise et il passe une main dans ses cheveux, puis devient blanc comme un linge.

-DEMONDS !

-Quoi ?

-C'EST TROP COURT !

-Mais non, c'est bien.

-J'AVAIS DIT JUSTE LES POINTES !

-Ce n'est pas si mal, ça te va même très bien, on a l'impression que ton visage respire enfin.

-CA RESSEMBLE A RIEN !

-CA REPOUSSE !

Silou semble en avoir assez de se faire engueuler, et Rogue plisse les yeux quand elle pose les poings sur ses hanches, prête à gueuler aussi.

-Je trouve que ça vous va bien, professeur, je tente avec un sourire.

-Je ne vous ai rien demandé, me lance Rogue et il me tourne le dos pour poser son livre sur la table basse.

-Oh, non mais ne te venge pas sur elle, je te dis que…

-Laisse tomber, Demonds, ce qui est fait est fait, et il n'y a rien qu'une potion ne peut réparer, lui dit Rogue en soupirant. La colère semblait avoir fait place à une grande fatigue.

Nous restons dans un silence un moment où Silou et moi échangions des regards un peu angoissés, ne sachant pas si le professeur allait craquer malgré tout et la faire cuire dans ladite potion.

-Bien alors... heu... j'y vais, lance Silou en mettant sa baguette dans sa poche. Passez un bon week-end.

Elle fait marche arrière, le regard toujours sur Rogue, pas confiante.

-Sors d'ici, lui lance ce dernier en levant la tête vers la fenêtre. Un hibou gris était en train de taper dessus.

-Oui, tout de suite. Salut Andréa. Désolée si j'ai été trop loin, ajoute-t-elle.

Je secoue la tête.

-Pas de souci.

Elle nous salue encore une fois puis se presse de sortir.

J'attends une minute, le temps que Rogue récupère la lettre que le hibou avait d'accroché à sa patte, puis me lève pour le rejoindre.

Je lève la main pour la passer dans les cheveux de Rogue quand celui-ci l'esquive et jette la lettre sur la table.

-Arrête.

Je suis surprise de son ton et lui lance un regard triste.

-Je voulais juste toucher tes cheveux. Ça te va bien.

-Je ne suis pas à ta disposition pour des caresses.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je lui lance, agacée.

-Tu devrais peut-être suivre son conseil.

Je suis perdue.

-Quel conseil ? Le conseil de qui ?

Rogue lâche un grand soupir et je peux voir que la conversation le fatiguait.

-Fais la différence entre le vrai et le faux.

Mon cœur s'arrête de battre net.

-Tu as… entendu.

-Demonds est nul en sortilège. Elle l'a toujours été. Je n'étais sourd que d'une oreille.

Il se baisse pour récupérer la lettre quand je lui attrape le bras.

-Elle ne racontait que des conneries, Severus. De la psychologie de comptoir. Rien de ce qu'elle disait n'était vrai. Je ne t'associe pas à Monsieur Hudson.

-Tu ne t'es pas donné la peine de le démentir quand elle était là.

Il passe une main sur son visage et une boule se forme dans ma gorge.

-J'aurais dû le savoir. Je suis un idiot. Tu me fais passer pour un idiot. Encore.

-Non, pas du tout, écoute-moi !

-NON !

Son visage se trouve à deux millimètres du mien, le regard noir.

-Ça suffit. J'avais raison depuis le début. Tu ne cherches qu'à m'humilier. Aujourd'hui, c'est moi que tu prends pour ton « protecteur », demain ça sera quelqu'un d'autre ! Je ne suis pas à ton service et je ne suis pas ton vieux Hudson décédé. Si c'est ce que tu recherches, tu t'es trompé de pigeon. Mais tu as déjà fait un sacré boulot à me prendre pour un abruti.

Je commençais à avoir des vertiges tant ces mots n'avaient aucun sens. Mais quelque chose me disait qu'il n'a jamais eu vraiment confiance en moi. Qu'il n'attendait que la moindre excuse pour se donner raison.

-Tu penses vraiment que j'aurais fait semblant toutes ces années ? Que malgré tout ce que je sais de toi, je serais restée sur mes positions si ce n'était qu'une question de projeter monsieur Hudson sur quelqu'un d'autre ? C'est idiot, Severus !

-Ce qui est idiot, c'est que j'écoute encore tes conneries.

Je secoue la tête et le regarde ouvrir l'enveloppe.

-Tu n'attendais que ça… je lui lance, vidée. Tu n'attendais que la moindre excuse pour prouver que tu n'avais pas tort. Tu n'acceptes toujours pas que je t'aime… je ne comprends pas… qu'est-ce que je dois faire pour que tu me croies ?

Il ne me répond pas et je le regarde lire la lettre, le regard vide. Puis il lève la tête vers moi.

-Rien. Tu retournes à ton rôle d'élève, et moi à celui de professeur. Tout ceci n'était qu'une erreur. Je me suis laissé piéger.

Je lâche un cri de frustration et me prends la tête entre les mains.

-Par Merlin ce que tu es borné ! Je te dis qu'elle a tort ! Que tu as tort !

Rogue pose la lettre sur la table et passe une main sur son épaule pour enlever les cheveux qui traînaient encore.

-Il faut qu'on aille voir Albus. Préparez vos affaires, Chatterton.

Le vouvoiement et d'entendre mon nom de famille me brûle les entrailles et des larmes me montent aux yeux.

-Severus… non… écoute-moi.

-Non. Ça suffit.

Il prend une grande inspiration, puis expire longuement.

-Préparez vos affaires.

Je secoue la tête, ne comprenant pas.

-Mon sac est déjà prêt, je…

-Non. Toutes vos affaires.

Je le regarde sans comprendre, les larmes tombant toujours sur mes joues. Il fait signe vers la lettre, et c'est les mains tremblantes que je la récupère sur la table, pour en lire le contenu.

Les gars !

Vous n'allez pas y croire mais…on a trouvé ! Je peux vous aider ! Je me mets en route pour Poudlard dans cinq minutes, je vous retrouve donc rapidement !

Vous allez être libre !

J'ai tellement hâte !

Willow Isla.

Hey!

Je sais, cela fait longtemps!

Je suis désolée de mon absence non-annoncé, mais la vie fait des trucs un peu des fois, et je peux pas tout contrôler malheureusement. Je vais pas aller dans les détails mais disons que ces deux semaines passées étaient intense pour mon mental.

J'espère que vous me pardonnerez, ne croyez pas que je vous abandonne, vous ou Andréa. Je lui donnerais sa fin, petit à petit, tout les dimanches, promis :)

J'espère aussi que ce chapitre vous aura plu! Je remercie mes deux bêtas, Lillyths et La-Lubianse pour leur correction du chapitre.

Et je vous remercie, vous, d'être la. J'ai pas publier pendant deux semaines je pense et je recevais un message par jour me demandant si j'allais bien. Vous m'avez réchauffer mon petit cœur... merci les gars :)

A la semaine prochaine?

S.