— Pour gagner une bataille, il faut en savoir le plus possible sur son ennemi, déclara Allison.
— Impressionnant, répondit Gérard d'un ton appréciateur.
Alex suivait la conversation entre les deux Argent, l'oreille collée contre la porte. Nina attendait à quelques pas, surveillant l'angle du couloir pour la prévenir si quelqu'un arrivait. De cette façon, la cadette Duval pouvait se redresser et donner l'air qu'elle attendait simplement son tour pour passer chez le proviseur plutôt que d'être découverte en train d'écouter des conversations censées être privées.
— Avec ton père, nous sommes précisément confrontés à ce problème, en ce moment, poursuivit le proviseur. Nous avons en face de nous un ennemi au sujet duquel nous ne savons quasiment rien. Il a même …
— Hmm, hmm ! fit Nina en se raclant bruyamment la gorge.
Alex se redressa d'un bond et fit mine d'observer attentivement ses ongles. Sa meilleure amie resta appuyée nonchalamment contre le mur et adressa un sourire avenant à son professeur d'histoire, qui ne lui adressa pas un regard. Une fois qu'il eut disparu de leur champ de vision, la cadette Duval fit de gros yeux à la plus petite du trio, pour lui faire comprendre d'être plus discrète la prochaine fois. Celle-ci haussa les épaules et fit une grimace signifiant qu'elle ne pouvait pas faire autrement car si elle était plus discrète, son amie risquait de ne pas l'entendre.
Alex recolla son oreille contre la porte et reprit l'écoute de la conversation entre les deux Argent.
— … Quelque chose qui expliquerait sa disparition ?
La cadette Duval ferma les yeux. Elle savait que Gérard voulait parler de l'absence suspecte de Jackson et qu'il soupçonnait sa petite fille d'en savoir plus que ce qu'elle ne voulait admettre. Un silence suivit sa question et Alex se demanda brièvement s'il valait mieux mentir ou se taire, quand on avait le proviseur en face de soi.
— Laisse-moi te dire ce que je sais pas expérience, reprit le grand père d'Allison. Je sais qu'un adolescent cherche toujours à protéger ses amis. C'est presque un réflexe.
La cadette Duval entendit un grincement et devina que Gérard devait s'être levé de sa chaise – à moins que ce ne soit ses os qui fassent ce bruit quand il se levait. Il n'était plus de la première jeunesse, le papy !
— Et je suis persuadé que ma petite fille n'hésiterait pas à protéger ses amis même si pour se faire, elle devait mentir. Alors, je vais à nouveau te poser une question, à la différence près que je vais avoir un petit avantage sur toi. Ce sera absolument sans douleur.
Alex serra les poings. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester Gérard ! Si seulement il pouvait s'étouffer avec de la purée ou des petits pois … Ou n'importe quoi de comestible, elle n'était pas difficile sur ce point-là.
— Je veux juste pouvoir prendre ton pouls, annonça le proviseur. Considère que c'est un jeu. Tout ce que tu as à faire, c'est dire la vérité. Est-ce que tu sais quelque chose à propos de la disparition de Jackson ?
Allison n'eut pas l'opportunité de répondre. La cadette Duval avait posé la main sur la poignée de la porte et était entré dans le bureau avant que Nina n'ait pu la retenir. C'était une mauvaise idée. C'était même une très mauvaise idée, et la jeune fille le savait. Mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Avant même de se rendre compte de ce qu'elle allait faire, la force mystérieuse l'avait poussée à interrompre cette discussion.
Et comme par hasard, maintenant qu'elle était plantée dans le bureau, avec les regards intrigués d'Allison et Gérard posés sur elle, la force était partie, laissant Alex se débrouiller pour expliquer son comportement intrusif.
— Je … balbutia-t-elle.
— Oui, mademoiselle Duval ? demanda froidement le proviseur, un doigt appuyé contre la gorge de sa petite fille.
— Je … Je croyais que … bafouilla l'adolescente. Je croyais que c'était les toilettes. Euh, non, je ne voulais pas dire les toilettes, parce que … Je ne vais jamais faire pipi dans votre bureau et je ne voudrais pas que vous croyiez que je pense que votre bureau ressemble à des toilettes mais … Euh … Enfin … Je voulais dire que …
— Vous voulez dire que vous vous êtes trompée de pièce ? supposa Gérard, l'air légèrement agacé.
Alex, la bouche sèche, hocha la tête. Le proviseur lui paraissait de plus en plus effrayant. Son esprit choisit cet instant pour lui remettre en tête la présence de l'épée tranchant qu'il utilisait pour découper les loups garous et ses genoux commencèrent à trembler.
— C'est ça, bégaya-t-elle d'une petite voix.
— Il va falloir que je retourne en cours, annonça Allison en se levant de sa chaise. Et pour répondre à ta question, non, je ne sais rien.
Gérard recula d'un pas pour laisser sa petite fille sortir. Son visage était impassible, il était donc impossible de savoir s'il la croyait ou non. Avant que les deux amies ne sortent de son bureau, il leur lança :
— Alors, comme ça, vous êtes ensemble ?
Alex lança un regard si suppliant à Allison que celle-ci décida d'avouer :
— Non, c'était juste une blague de Scott pour énerver mes parents.
Le proviseur hocha la tête et les deux filles refermèrent la porte de la pièce derrière elles. Elles rejoignirent Nina, qui fixait quelque chose. Elles suivirent son regard et découvrirent un ouvrier en blouson bleu foncé et en pantalon beige qui fixait une caméra au mur. Les trois amies échangèrent un regard inquiet. Cela ne présageait rien de bon.
La sonnerie n'allait pas tarder à retentir, alors elles se dépêchèrent de rejoindre leur salle de classe, sans échanger le moindre mot. D'autres caméras avaient été fixées dans le lycée et Allison les observa d'un air interloqué.
Lorsqu'elles arrivèrent dans la classe, il n'y avait plus que quatre sièges libres, éparpillés dans toute la pièce. Alex et Nina grimacèrent d'avance de devoir être séparées. Allison, elle, se dirigea vers le fond de la classe, deux places derrière Stiles. Les deux amies allèrent s'installer aux derniers bureaux libres en traînant des pieds. Scott entra au moment où la sonnerie retentissait et s'installa à côté de son meilleur ami.
Juste avant que le professeur n'entre dans la salle, Nina se souvint de ce qui allait se passer. Et même si elle adorait Eaddy Mays, elle n'était pas prête, psychologiquement parlant, à voir Victoria Argent juste devant elle.
Ses talons claquèrent sur le sol après qu'elle ait refermé la porte de la salle et Allison, qui s'était levée de sa chaise pour appeler Scott, se rassit, déconfite. Sa mère s'avança jusqu'au bureau contre lequel elle s'adossa et expliqua :
— J'ai le regret de vous annoncer que votre professeur ne se sentait pas bien, plus tôt dans la journée, et a dû rentrer chez lui. Et donc, c'est moi qui suis chargée de le remplacer, malheureusement pour vous.
Victoria lança un regard appuyé à Scott qui la fixait, la bouche légèrement ouverte, comme s'il n'en croyait pas ses yeux.
— Est-ce que quelqu'un pourrait me dire où vous en êtes dans le programme ? Monsieur McCall ? Vous pourriez faire ça ?
A travers la salle, Alex et Nina se lancèrent un regard pendant que Scott consultait frénétiquement le classeur dans lequel il avait rangé ses cours. Une longue heure les attendait.
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La sonnerie ne retentit pas assez vite pour Allison et Scott. Le cours leur sembla durer quatre fois plus longtemps que d'habitude. L'adolescente était extrêmement gênée que ce soit sa mère qui leur fasse classe – comme si elle n'avait pas assez de son grand père dans le rôle du proviseur ! Bientôt, elle découvrirait que son père avait été engagé pour gérer la cantine ou pour nettoyer les toilettes. Quant à Scott, il s'était fait interrogé à de multiples reprises par la mère de la chasseuse – et évidemment, il n'avait su répondre à aucune question.
Pour Alex et Nina, il fut long aussi, parce qu'elles étaient loin l'une de l'autre et n'osaient pas communiquer en utilisant leurs téléphone portables, de peur de se le faire confisquer par Victoria. Mais finalement, l'heure de cours s'écoula et elles purent quitter la salle. Scott et Stiles partirent les premiers tandis qu'Allison prenait le plus de temps possible pour ranger ses affaires.
Alex et Nina firent mine de l'attendre mais Victoria lança :
— Allison ? Je peux te parler ?
La chasseuse releva la tête de son sac et hocha lentement la tête. Le regard que posa la femme sur les deux adolescentes les fit frissonner et la plus petite du trio attrapa le bras de sa meilleure amie.
— On t'attend dehors. Dans le couloir, annonça Nina avant de rectifier, en voyant les éclairs qui jaillissaient des yeux de Victoria : Ou devant les casiers. Loin d'ici, quoi. A tout à l'heure !
Alex avait serré les mâchoires mais son amie l'entraîna à sa suite.
— Dépêche-toi, marmonna la plus petite entre ses dents. Tu t'es déjà fait repérer par Gérard, on ne va pas en plus rajouter Victoria dans la balance.
La cadette Duval grommela dans ses moustaches mais se laissa faire. Elles s'éloignèrent jusqu'au casier, espérant qu'Allison ne se laisse pas impressionner par sa mère. La jeune fille les rejoignit peu de temps après, un pli soucieux barrant son front.
— Alors, elle voulait te dire quoi ? s'enquit innocemment Alex.
La chasseuse sembla hésiter puis finit par déclarer :
— Elle voulait me dire de continuer à m'accrocher et d'avoir de bonnes notes. Que les examens semestriels approchaient et que ce n'était pas le moment de lâcher. Le discours habituel des parents, quoi.
Nina et Alex firent mine de comprendre bien qu'elles soient déçues par le manque de confiance d'Allison envers elles. Les adolescentes savaient parfaitement que Victoria venait de rappeler à sa fille de rester loin de Scott si elle tenait à ce qu'il reste en vie. Mais la chasseuse embraya :
— Où sont Scott et Stiles ? Il faut que je leur dise un truc à propos de …
La jeune fille s'arrêta un instant avant de se rappeler que ses deux amies étaient au courant de ce qu'il s'était passé la veille.
— A propos de Jackson.
— Ah bon ? fit Nina.
— Ouais, mon grand-père m'a dit ce matin qu'il avait appelé ses parents pour leur signaler l'absence de leur fils, et ils se sont aussitôt inquiétés, ce qui est plutôt normal. Ils ne se doutaient de rien, apparemment, comme ils ont reçu son texto d'hier, mais du coup, ils ont peur qu'il se soit fait enlevé ou pire, en faisant une soirée avec son copain. Mon grand-père les a rassuré en leur disant que Jackson avait sûrement juste séché les cours, mais s'ils ne le voient pas rentrer aujourd'hui, ils vont appeler la police à coup sûr.
— Et donc, qu'est-ce qu'on va faire ? s'enquit Alex, qui n'avait pas vraiment vu le coup venir.
— Je ne sais pas, c'est pour ça que j'aimerais en parler avec Scott et Stiles …
— C'est risqué que tu ailles leur parler, glissa Nina. Je veux dire, si tu ne veux pas que ta famille apprenne pour toi et Scott. Parce que non seulement, y a ton grand père et ta mère dans le lycée, mais il y a aussi des caméras, maintenant.
— Alors, moi, je vais leur dire ! se proposa la cadette Duval. Attendez-moi là !
Allison et Nina observèrent leur amie se frayer un chemin à travers la foule d'élèves. Pourvu que Scott ou Stiles trouve une solution. Parce que dans le cas contraire, le plan que le trio avait trouvé pour éviter qu'ils n'aient des ennuis en mettant Jackson à l'écart des autres allait tomber à l'eau.
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Alex courrait comme si elle avait le diable aux trousses. Elle esquiva souplement deux lycéens qui se bécotaient en plein milieu du passage, se plaqua contre un casier pour éviter un groupe de solides gaillards qui rigolaient à plein poumons et poussa sans ménagement et sans s'excuser une fille brune en mini-jupe qui lui barrait le passage.
Il fallait absolument qu'elle rattrape Scott et Stiles à temps pour qu'ils les aident à trouver une solution au problème Jackson. La jeune fille déboula sur le terrain de crosse, hors d'haleine. Elle s'arrêta un instant, les mains sur les genoux, pour reprendre sa respiration. Alors qu'elle relevait la tête pour scruter les environs, l'adolescente aperçut le garçon aux cheveux noirs qui l'observait, de l'autre côté du terrain.
Il était debout, face à une plaque brillante, et ne la quittait pas des yeux, la regardant avec un mélange de défi et de crainte. Alex se sentit comme d'habitude envahie par une bouffée de colère quand elle le vit. Elle se redressa et fit un pas en avant, prête à le héler. Mais une main s'abattit sur son épaule et elle se retourna en sursautant.
Le coach la regardait avec un sourire ravi, comme s'il l'avait attendu toute la journée et qu'il était sincèrement heureux que le moment de se retrouver soit enfin arrivé.
— Ah, enfin, on va pouvoir commencer notre course !
A peine avait-il fini sa phrase, que déjà, il brandissait une espèce de drap d'une couleur marron douteuse. Alex loucha dessus et répéta sur un ton poli :
— Une course ?
— Oui, notre course en sac à patates ! Celle que nous devons faire depuis si longtemps !
La jeune fille ne se rappelait absolument pas avoir convenu de faire une course en sac à patates avec l'entraîneur – si elle en avait un jour discuté avec lui, elle s'en souviendrait forcément. Mais Finstock ne semblait pas se soucier de son trouble et après lui avoir fourré un sac dans les bras, il l'entraîna jusqu'à une ligne tracée dans le sol.
— Le but, c'est d'être le plus rapide à atteindre l'arrivée, expliqua-t-il d'un ton réjoui.
Alex lui sourit poliment et se retint de lui dire qu'elle n'y connaissait peut-être pas grand-chose en sport, mais qu'elle savait quand même comment se déroulait une course.
— Interdiction de sortir un seul pied du sac, poursuivit le coach.
— Et qu'est-ce qu'on gagne si on arrive le premier ? demanda la jeune fille.
— Oh, on en discutera le moment venu, fit l'entraîneur avec un sourire qui inquiéta l'adolescente.
Elle chercha un moyen de gagner du temps ou, encore mieux, d'abandonner cette course en sac à patates. Non pas qu'elle n'aimait pas partager un moment avec Finstock, mais elle devait absolument rejoindre Scott et Stiles pour leur dire … Pour leur dire quoi, déjà ?
Alex chercha un soutien du regard et découvrit sa sœur, assise dans les gradins, qui l'applaudissait.
— Ouaiiiiiiis ! Allez, vas-y, je crois en toi !
L'adolescente fronça les sourcils. Juliette n'était pas censée être là. Elle devait surveiller … Qui devait-elle surveiller, déjà ?
Alex secoua la tête quand un sifflement lui perça les tympans. Le temps qu'elle revienne sur terre, le coach s'était déjà élancé et avait pris une longueur d'avance. Résignée, la jeune fille sauta dans son sac à patates et commença à avancer. Mais plus elle sautait, plus la ligne d'arrivée lui semblait loin. C'était comme si elle faisait du sur place. Dans les gradins, sa sœur s'égosillait en lui lançant des encouragements mais elle était incapable de faire la moindre progression, alors que Finstock était déjà presque arrivé.
Un peu en retrait, Nina observait avec angoisse sa meilleure amie qui était en train de se faire battre à plates coutures par le coach. Elle cherchait un moyen de l'aider mais elle ne savait pas quoi faire. Soudain, son regard fut attiré par un groupe qui arrivait sur sa droite. Il s'agissait de joueurs de l'équipe de crosse, torse et pieds nus, uniquement vêtu du short de l'équipe. Scott était en tête, avec Jackson, et la plus petite du trio fronça les sourcils. Le blond n'aurait pas dû être là, elle en était certaine. Mais pourquoi ?
Les garçons portaient une plaque grise et brillante. Nina se demanda un instant ce qu'ils faisaient avant de réaliser qu'il y avait un adolescent, debout sur la plaque, et son cœur manqua un battement quand elle réalisa qu'il s'agissait de Stiles. Les joueurs de l'équipe continuèrent de s'avancer vers elle et le fils du shérif la regardait depuis son perchoir, les bras croisés sur sa poitrine. Contrairement aux autres, il avait un T-shirt.
Finalement, les garçons posèrent Stiles au sol, juste devant Nina, qui était incapable de bouger. L'adolescent lui sourit et descendit de la plaque argentée sur laquelle ses coéquipiers l'avaient porté. La jeune fille ne pensait plus à sa meilleure amie, qui devait avoir perdu sa course, depuis le temps qu'elle faisait du sur-place. Elle avait même totalement oublié le message qu'Allison voulait faire parvenir à Scott. Tout ce qui comptait, c'était que le fils du shérif était devant elle, lui souriant d'un air charmeur. Et ça lui suffisait pour être comblée.
Stiles attrapa le bas de son T-shirt et l'enleva d'un geste sensuel. Nina rougit si vivement qu'elle crut qu'elle allait s'évanouir. Elle se força à regarder le nez de l'adolescent pour ne pas lorgner sur son torse – et elle était incapable de le regarder dans les yeux, elle serait morte sur place. Le sourire du garçon s'accentua et ses mains se posèrent sur son short.
— Encore tes allergies ? la taquina-t-elle.
Nina ferma les yeux. Elle ne pouvait pas voir ça. C'était impossible. Elle devait rêver.
— Réveille-toi, murmura-t-elle.
La phrase résonna en écho autour d'elle, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure qu'elle se répétait.
Juliette se redressa d'un bond, manquant se cogner la tête contre Stiles, qui s'était penché au-dessus d'elle.
— Ca va ? s'inquiéta le garçon en reculant prudemment, pour éviter le moindre choc s'il reprenait l'envie à la jeune fille de faire de nouveau un mouvement brusque.
L'étudiante ne lui répondit pas, l'esprit pas encore totalement clair. Elle avait été arrachée de son évanouissement un peu brutalement et son cerveau n'était pas encore totalement actif. Les yeux dans le vague, elle tenta de rattraper les bribes de rêve dont elle se souvenait encore. Un sac à patate. Des gradins. Un plateau d'argent. Des garçons torses nus.
Elle fronça les sourcils. Elle faisait toujours des rêves particulièrement étranges, mais elle ne voyait pas le lien entre ces quatre éléments. Et plus Juliette tentait de s'en rappeler, moins elle parvenait à se souvenir de ce dont elle avait rêvé.
Stiles posa doucement une main sur son épaule.
— Euh … Tu veux que j'appelle un médecin ?
La jeune fille tourna la tête vers lui, l'air perdu.
— Sac à patates ?
— Hein ?
— Euh … Rien ! bafouilla l'étudiante en réalisant ce qu'elle venait de dire et en rougissant.
Le fils du shérif haussa un sourcil mais changea de sujet.
— Où est Jackson ?
— Bin … Dans le congélateur … supposa Juliette.
— Si je te pose la question, c'est qu'il n'y est plus ! s'agaça l'adolescent.
La jeune fille écarquilla les yeux avant de se défendre :
— Mais … Comment veux-tu que je sache où il est ? Je viens de me réveiller, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué !
D'un coup, les images de son agression lui revinrent en tête. Elle revoyait cette silhouette encapuchonnée qui l'assommait. Un frisson la parcourait. Il ne pouvait s'agir que d'une personne. Matt.
Stiles ne sembla pas remarquer son trouble. Il se leva et jeta un regard vers le caisson réfrigérant.
— Je venais te relayer et je t'ai trouvé par terre, avec le congélateur vide …
Juliette fit une grimace mais cela lui causa une douleur à la tempe, là où le photographe l'avait frappée pour l'assommer.
— Je suppose qu'il faut appeler Scott, soupira le fils du shérif en secouant la tête et en attrapant son téléphone portable.
Il ne retint pas un soupir. Plus le temps passait, et plus le garçon trouvait qu'ils auraient eu moins d'ennuis en tuant Jackson dès qu'ils en avaient eu l'occasion.
