Merci à ceux qui continuent à lire et à commenter cette fic. Aujourd'hui est un jour tout à fait propice à poster un chapitre puisque c'est la date d'anniversaire de Remus, j'ai vu ça sur l'encyclopédie HP ^^.
Pour répondre à Holmes11 : Peut-être que je suis influencée par le cinéma lol, mais c'est vrai que j'aime bien faire alterner des petites scènes avec des personnages différents, ça permet de voir un peu tout le monde. C'est surtout Sirius qui prend un virage à 180 degrés. Au début du passage, il est au summum de sa gloire et en un rien de temps, c'est la descente aux enfers mais bon, il aurait pu se méfier un peu plus. Il y a eu des signes avant coureurs. Merci d'avoir lu, j'espère que la suite te plaira tout autant.
Sur ce, je vous laisse découvrir la suite. Bonne lecture !
Chapitre 25 : La pleine lune approche
Du côté de Severus, la situation était à peine plus brillante. Ce dernier guettait la pleine lune depuis que les Serpentards lui tournaient autour et savait donc que ce jour-là était leur dernière chance de mettre leur plan à exécution.
Il décida alors de ne faire dans la Grande Salle qu'un passage éclair aux premières lueurs de l'aube pour aller chercher de quoi se sustenter jusqu'à la fin de la journée. Une fois ses provisions faites, il irait se terrer dans une cachette où personne ne le trouverait et ne se montrerait qu'aussitôt la pleine lune passée.
Malheureusement, les Serpentards semblaient avoir cerné sa façon de penser car il se fit intercepter par Malefoy, ses deux gardes du corps, Regulus et les sœurs Black à la sortie de la Grande Salle. Aussitôt qu'il les vit faire cercle autour de lui, Severus ne put se retenir de pousser un soupir désappointé qui fut ignoré. Malefoy se détacha du cercle et s'avança vers l'adolescent d'un air menaçant.
- Cette fois c'est fini Rogue ! annonça-t-il tout de go. On ne joue plus.
Severus écarquilla les yeux et balaya la petite assemblée avec stupéfaction. Qu'entendait-il par là ? Se pouvait-il que… ?
- Vous renoncez à votre plan ? s'informa-t-il, incapable d'y croire.
Malefoy lança un regard aux deux filles par-dessus son épaule et toute la bande éclata d'un rire narquois, qui désillusionna bien vite Severus. Au fond, il n'y avait pas vraiment cru.
- Renoncer ? s'écria Malefoy entre deux éclats de rire. Ce mot ne fait pas partie de notre vocabulaire.
- Je me disais aussi, marmonna Severus en resserrant son étreinte autour du paquet de provisions qu'il tenait entre ses bras.
- Tu as réussi à t'esquiver toute la semaine mais cette partie de cache-cache n'a que trop duré, poursuivit Malefoy en retrouvant soudain son sérieux. Maintenant tu vas venir avec nous et remplir ta part du marché.
- De quel marché on parle là ? fit Severus en fronçant les sourcils en signe d'incompréhension.
Bellatrix laissa échapper un grognement de colère.
- Comment oses-tu te moquer de nous espèce de sale…
- Bella s'il te plaît ! lui intima sa sœur à voix basse.
Bellatrix se tut mais ses yeux braqués sur Severus lancèrent des éclairs inquiétants.
- Ne joue pas les idiots, Rogue ! s'écria Malefoy avec impatience. Tu étais d'accord pour mener ce projet à bien avec nous.
- Je n'avais pas mesuré l'étendue de ce que vous envisagiez de faire, répliqua Severus avec calme. Je vous ai dit que je ne voulais plus le faire.
- Ca ne fonctionne pas comme ça chez nous, rétorqua Malefoy. Tu as donné ta parole, tu ne peux pas revenir dessus.
Severus haussa les sourcils un peu hébété comme s'il trouvait ce discours sectaire un peu ridicule puis amorça un geste pour essayer de s'enfuir. Sa manœuvre ne réussit qu'à resserrer le cercle autour de lui.
- Juste pour information, s'enquit Severus à mi-voix. Qu'est-ce que vous ferez une fois que cette bête sera lâchée ? On ne peut pas la contrôler.
Bellatrix laissa échapper un petit rire inquiétant comme si c'était précisément ce danger démesuré qui lui plaisait mais Malefoy accueillit cette question avec le plus grand calme.
- On parie ? répondit-il simplement avec un sourire qui en disait long.
Severus lui opposa un regard marmoréen.
- Ecoutez, je suis désolé mais ce sera sans moi ! lança-t-il le plus posément du monde. Demandez à quelqu'un d'autre ! Je ne dois pas être le seul sorcier de l'école qui puisse vous aider.
Sur ces mots, il tenta à nouveau de forcer le passage mais Crabbe et Goyle le retinrent chacun par un bras en gonflant leurs muscles.
- Doucement les gars ! ordonna Malefoy en associant à la parole le geste assorti. Ce n'est pas le moment de l'abimer.
Il s'approcha davantage de Severus en esquissant un sourire mauvais.
- Nous n'allons pas te supplier, Rogue. Tu n'as pas le choix. La pleine lune est ce soir, c'est notre dernière chance. Alors maintenant tu viens avec nous sans discuter, sinon ça va très mal se mettre pour toi.
Severus se dégagea de la poigne des deux gorilles en les foudroyant du regard et contourna Malefoy avec un air de défi.
- Inutile d'insister, je ne suis pas intéressé, conclut-il. Il va falloir vous trouver un autre pigeon.
Sur ces mots, il accéléra le pas et se hâta de fuir en respirant à fond pour calmer les battements effrénés de son cœur. Il n'était pas un lâche mais se dresser contre les plus dangereux Serpentards en aurait effrayé plus d'un.
En le voyant se sauver de la sorte, le visage de Bellatrix se tordit en une grimace affreuse et elle fit un geste en direction de la poche de sa robe de sorcier pour y prendre sa baguette magique. Narcissa la vit faire et voulut l'imiter mais Malefoy les arrêta d'un regard.
- Laissez-le partir !
- Ah bon ? On n'a plus besoin de lui alors ?
Malefoy regarda ses acolytes comme s'il les trouvait navrants puis esquissa un léger sourire de mauvais augure.
- On va passer à la vitesse supérieure, expliqua-t-il d'une voix annonciatrice de catastrophe en se tournant vers Narcissa et Bellatrix. Allez me chercher sa Sang-de-Bourbe !
Les deux sœurs parurent un instant surprises mais cet étonnement laissa vite place à un sourire ravi. Tandis qu'elles s'éloignèrent en se frottant les mains comme si elles savouraient par avance la partie de chasse à laquelle elles allaient se livrer, Regulus les regarda faire, le teint livide.
La situation était en train de dégénérer. Si Lucius Malefoy et sa bande se décidaient une bonne fois pour toutes à utiliser Lily Evans comme appât, et à l'évidence, ils semblaient prêts à le faire, Rogue leur mangerait dans la main.
Et l'école serait perdue.
Dans l'immédiat cependant, Severus n'envisageait pas le moins du monde de se plier aux exigences folles de ses condisciples de maison. Certes, il se doutait que les Serpentards n'allaient pas en rester là. Ils avaient travaillé trop dur pour échouer au dernier obstacle. Ils allaient assurément revenir à la charge, c'était la raison pour laquelle Severus avait décidé de se cacher.
Naturellement, il se serait volontiers terré dans son dortoir mais cela n'avait rien d'une planque. Des cachettes, le château en comptait des centaines. Il fallait juste trouver celle où ses traqueurs n'auraient pas l'idée de le débusquer.
Il passa alors en revue les options qui se présentèrent à lui et déplora de constater combien elles étaient peu nombreuses. Malefoy et sa bande quadrillaient tout le château, il ne lui restait plus qu'à proscrire les lieux publics. La Grande Salle, la bibliothèque et les associations d'élèves en tout genre lui étaient fermées.
Que lui restait-il ? Quitter le château ? Pour aller où ? A part les vestiaires du terrain de quidditch ou la forêt interdite, il n'y avait rien dans le domaine, du moins nulle part où il aurait pu rester cloîtré pendant quelques heures.
Alors qu'il arpentait les couloirs en s'efforçant de se faire plus discret qu'un fantôme, Severus jeta au passage un œil par la fenêtre et aperçut la cabane d'Hagrid. Severus ne lui avait jamais vraiment parlé mais Lily le saluait toujours chaleureusement chaque fois qu'elle le croisait dans le parc. Peut-être était-ce la bonne cachette ? Qui songerait à le chercher là ? Certainement pas les Serpentards.
Severus ralentit le pas comme pour mieux laisser mûrir son idée. Il ne pouvait pas se présenter chez Hagrid sans excuse. Et s'il demandait à Lily de l'accompagner ? Faire une visite de courtoisie au garde-chasse n'aurait été nullement étonnant de sa part. Et puis, cela lui permettrait de passer un peu plus de temps avec elle. Conscient que cette idée avait quelque chose d'étrange, Severus n'en avait cependant guère de meilleure et comme le temps lui manquait, il se résolut à adopter celle-ci.
Pour avoir suivi les Potter et sa bande à plusieurs reprises, il savait où était située la salle commune des Gryffondors. Il se mit alors en chemin en priant de toutes ses forces pour que Lily fût bien là-bas.
Toutefois, à peine fit-il quelques pas qu'un cliquetis dans son dos attira son attention. Severus se figea au beau milieu du couloir pendant une fraction de seconde et tendit l'oreille. Il n'entendit rien du tout. Il reprit alors son chemin en marchant presque sur la pointe des pieds pour faire le moins de bruit possible. A nouveau, un son suspect lui parvint aux oreilles : le même cliquetis accompagné d'un froissement d'étoffe. Quelqu'un le suivait.
Severus fit à nouveau volte-face et scruta longuement le couloir. L'endroit était désert. C'était impossible. Personne ne pouvait disparaître ainsi. Le bruit de mouvement indiquait pourtant la présence d'un humain et non d'un fantôme. Comment faisait-il pour se dérober de la sorte au regard ?
La réponse survint comme par enchantement. A sa grande stupeur, Severus vit soudain une silhouette jaillir du néant et s'estomper aussi vite qu'elle était apparue. Le phénomène fut si éphémère que le jeune homme crut un instant avoir rêvé.
Pourtant il ne rêvait pas. La silhouette se matérialisa à nouveau, plus longuement, avant de disparaître une seconde fois. Ne sachant guère de quel prodige il s'agissait là, Severus comprit cependant qu'il n'avait pas à faire à un fantôme mais plutôt à un espion et décida de contre-attaquer.
Il accéléra le pas et se mit à faire des détours en veux-tu en voilà pour le semer, ce qu'il parvint brillamment à faire au bout de deux kilomètres. Il se planqua dans l'angle d'un couloir et suivit le cliquetis espion à l'oreille. Lorsque la menace invisible passa devant sa cachette, Severus tendit une main brusque et parvint à saisir l'intrus par ce qui lui sembla être l'épaule. Il l'attira vers lui et le plaqua brutalement contre le mur.
Une tête blonde surgit alors de nulle part devant les yeux de Severus, manquant de peu de le faire bondir. En une seconde cependant, le voile se leva sur le mystère : l'intrus était planqué sous une authentique cape d'invisibilité… apparemment en fin de vie. D'un geste sec, Severus lui arracha l'étoffe et la jeta derrière lui. Il vit alors apparaître face à lui le garçon le plus excentrique qu'il eût jamais rencontré, à l'exception du directeur peut-être.
- Qui es-tu ? interrogea Severus d'un ton impérieux en attrapant le garçon à la gorge.
- Xenophilius Lovegood, répondit celui-ci qui étrangement ne semblait pas effrayé le moins du monde par le traitement qu'il subissait comme s'il en avait vu d'autres.
- Pourquoi tu me suis ? C'est Lucius qui t'a demandé de me pister ?
Xenophilius hocha la tête en signe de dénégation et Severus réalisa que le bruit de cliquetis qui l'avait permis de le repérer provenait en fait de ses boucles d'oreille improbables. Comme il examinait cette drôle de créature des pieds à la tête, Severus crut le reconnaître.
Ce Xenophilius traînait dans les parages depuis le jour précédent déjà mais le Serpentard n'avait alors pas réalisé que c'était lui qu'il suivait. Il lui semblait cependant l'avoir vu discuter à plusieurs reprises avec ses ennemis de toujours.
- Ou alors peut-être que c'est cet idiot de Potter et sa bande qui t'envoient, reprit alors Severus, ses yeux noirs étincelants d'une colère contenue. Alors maintenant ils utilisent des chiens de chasse. Ils ne se donnent même plus la peine de m'espionner en personne.
- Ils sont occupés à chercher un moyen de combattre le croquemitaine, répondit Xenophilius le plus tranquillement du monde.
Severus se serait étranglé avec sa salive en entendant ces derniers mots.
- Qu'est-ce que tu as dit ? s'écria-t-il éberlué. Potter et ses amis veulent faire quoi ?
- Ils veulent détruire le croquemitaine, répéta Xenophilius toujours imperturbable comme s'il parlait de la météo. Il va envahir l'école mais James Potter et ses amis veulent l'en empêcher.
- Comment ont-ils appris pour le croquemitaine ? s'enquit Severus d'un ton inquisiteur. Parle !
Mais un trouble-fête vint déranger son interrogatoire.
- Severus !
Celui-ci sursauta et se tourna vers Regulus. Il semblait aussi essoufflé que s'il avait couru un marathon. A l'évidence il l'avait cherché partout. Severus ne sut s'il s'agissait d'une bonne nouvelle. Xenophilius était peut-être le toutou de Potter et sa bande mais Regulus était celui des Serpentards, ce qui, dans les circonstances actuelles, était davantage à redouter. Devait-il jeter un sortilège à ces deux témoins gênants et s'enfuir ? Avant d'en venir à une telle extrémité, il tâta le terrain.
- Qu'est-ce que tu veux Regulus ?
- Je t'ai cherché partout, marmonna celui-ci qui avait le teint tellement cramoisi que ses joues fumaient presque. J'ai quelque chose de très important à te dire.
Il semblait si affolé que Severus estima qu'il pouvait lui accorder le droit de délivrer son message après tous les efforts qu'il semblait avoir fait pour le trouver.
- Reste là ! ordonna-t-il sèchement à Xenophilius. Je n'en ai pas encore fini avec toi.
- Pas de problème, prends ton temps ! répondit celui-ci d'une voix douce. Je peux continuer à m'interroger pour toi si tu veux.
- Oui s'il te plaît ! grommela Severus en songeant qu'il avait à faire à un simple d'esprit.
Il s'éloigna à peine pour discuter en aparté avec Regulus lorsqu'il entendit un fracas métallique : Xenophilius venait de volontairement se jeter contre une armure en faisant mine de se malmener. Severus et Regulus le regardèrent avec plus d'effarement que s'ils voyaient un dragon ou autre créature du même genre.
- C'est quoi ça ? s'enquit Regulus à voix basse.
- Un atrophié du cerveau au service de ton cher frère, répondit Severus avec un geste d'impatience, alors qu'est-ce que tu as de si important à me dire ?
Regulus déglutit un instant. A présent qu'il était au pied du mur, les mots avaient un peu de mal à sortir. Il ne savait comment formuler son message pour éviter tout débordement.
- Bellatrix et Narcissa ont enlevé ton amie Lily Evans, laissa-t-il alors tomber faute de formulation moins abrupte.
Severus crut recevoir un coup sur la tête. Il se mit à chanceler dangereusement pendant quelques secondes avant de retrouver subitement l'équilibre et ses esprits. Le choc de la nouvelle laissa alors place à une colère qui le submergea tout à fait. Dans un de ces mouvements d'humeur dont il avait le secret, il envoya un coup de poing rageur contre le mur et percuta violemment un tableau qui l'invectiva copieusement en guise de riposte.
- Non ! aboya-t-il hors de lui.
Regulus, qui s'était attendu à ce genre de réaction, recula prudemment, craignant que son interlocuteur ne reporte sa furie sur lui.
- Je suis désolé, marmonna le jeune homme dans ses petits souliers.
- C'est Lucius qui t'envoie me chercher, c'est ça ? interrogea Severus avec agressivité. Il me demande de rappliquer illico pour faire sortir sa sale bestiole sinon il la torturera ?
- Il ne sait pas que je suis là, confessa Regulus dont les joues encore rosies par l'effort se décolorèrent brusquement. Je suis venu de mon propre chef pour t'avertir. Mais Crabbe et Goyle ou mes cousines sont sans doute en train de te chercher.
La colère de Severus s'atténua légèrement, d'un côté parce qu'il était perturbé par Xenophilius qui se menaçait lui-même en répétant inlassablement : « Tu vas parler oui ! » mais surtout parce que Regulus ne commettait jamais une bonne action spontanément. Il y avait toujours un intérêt. Ce risque incommensurable qu'il était prêt à encourir en prenant son parti contre Lucius Malefoy était tout à fait inhabituel, voire un peu inquiétant.
- Pourquoi tu viens me dire ça ? s'informa Severus sur la défensive.
- Parce qu'il est trop tard pour réfléchir à la situation, répondit Regulus en évitant son regard. Lucius et ses amis sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Ils pensent qu'invoquer le Draugen dans l'école impressionnera le Seigneur des Ténèbres. Ils ne se rendent pas compte de la pagaille qu'ils vont semer. Au début, je trouvais leur idée marrante mais j'ai fini par réaliser à quel point ce jeu devenait dangereux. Je ne peux pas m'opposer à eux.
- Mais moi si peut-être ?
- Toi, tu n'as pas peur, répliqua Regulus en rougissant légèrement. Tu es un puissant sorcier, même Lucius et les autres le reconnaissent… et tu es intelligent. Si je suis venu te prévenir, c'est parce que j'espérais que tu aurais un plan pour tous nous sauver.
- Rien que ça ! s'étrangla Severus dont les yeux faillirent sauter de leurs orbites.
Regulus avait une image complètement majorée de lui. Comment pouvait-il croire qu'il détenait la solution miracle ? A part empoisonner Malefoy et toute sa clique, Severus n'avait strictement aucune idée pour délivrer Lily sans avoir à se plier aux desseins délirants de ses bourreaux.
Délivrer Lily ? Pourquoi cette pensée lui traversait-elle l'esprit seulement à cet instant ? Bien sûr qu'il allait la sauver. Elle était en danger, par sa faute en plus. Il lui fallait une idée et vite malheureusement la petite voix irritante de Xenophilius qui répétait en toile de fond : « Ah on fait moins le malin maintenant, petit fouineur ! » tout en faisant mine de se bousculer avec une vigueur inquiétante l'empêchait de réfléchir.
Severus se tourna vers lui pour lui lancer un regard courroucé mais son agacement s'évanouit immédiatement. En effet sitôt qu'il vit le regard du jeune garçon, il lui sembla qu'une idée germait enfin dans son esprit. Une idée qu'il aurait mieux aimé ne pas avoir d'ailleurs. A présent qu'elle était là toutefois, il ne pouvait plus la chasser, d'autant plus que c'était la seule qu'il avait à disposition.
- Merci Regulus ! lança-t-il alors en se tournant vivement vers celui-ci. Retourne dans la salle commune de Serpentard. Je prends les choses en main.
Le visage de Regulus s'éclaira en un sourire rassuré.
- Ca y est, tu as une idée ! comprit-il euphorique. On est sauvés alors ?
Pour toute réponse, Severus leva les yeux au ciel et le chassa d'un geste de la main. Persuadé que tout allait rentrer dans l'ordre, Regulus consentit à partir, l'air plus joyeux. Severus se tourna alors vers Xenophilius et l'agrippa par les pans de sa robe de sorcier pour le plaquer à nouveau contre le mur, interrompant celui-ci au milieu de son numéro.
- Ecoute-moi sale morveux ! gronda-t-il en prenant une voix menaçante. Ecoute-moi attentivement !
- Quoi ? fit Xenophilius un peu pris de court. Ah ça y est c'est toi qui prends le relais !
- Tu vas transmettre un message de ma part à James Potter et à ses petits camarades, exigea Severus d'un ton n'admettant aucune objection.
Xenophilius parut un peu surpris mais ne songea pas à contester cet ordre, trop heureux de pouvoir se rendre utile.
- Je suis tout ouï, répondit-il simplement en faisant mine de tendre l'oreille.
oOoOoOo
Malgré sa réticence, Remus finit par tirer Sirius de sa torpeur au moyen d'un sortilège.
- Sirius, chuchota-t-il aussitôt qu'il eut prononcé la formule magique.
Celui-ci ouvrit les yeux et se vit alité comme s'il était malade. Ne se souvenant plus très bien de ce qui lui était arrivé, il fronça les sourcils d'un air d'incompréhension. Remus ne prit pas le temps de lui rafraîchir la mémoire.
La pleine lune approchait et il donnait au teint de Sirius la même pâleur que lorsqu'il était dans son propre corps et sur le point de se métamorphoser. La perspective de devoir accompagner son ami qui se transformerait à sa place semblait le rendre beaucoup plus nerveux que lors des pleines lunes habituelles.
- Lève-toi Sirius ! ordonna Remus d'une voix douce. La nuit va bientôt tomber. Je ne voulais pas en arriver là mais on n'a plus le temps. Il faut que je t'emmène à la cabane hurlante.
- Quoi ! s'exclama Sirius en écarquillant les yeux de stupeur comme s'il réalisait à peine ce que ces mots impliquaient.
- Tu voulais te transformer et bien bonne nouvelle, c'est ce qui va se produire, grommela Remus avec une légère impatience. Si tu m'avais aidé dès le début à lever ce sortilège, on n'en serait peut-être pas arrivés là. En tout cas, tu ne peux pas rester au château, c'est beaucoup trop dangereux.
- Je ne veux pas me transformer en monstre, glapit Sirius en se recroquevillant dans le lit, l'air soudain terrifié.
En son for intérieur, Remus comprit bien évidemment sa peur. Lui-même la ressentait toujours au moment d'aller à la cabane hurlante alors qu'il était un loup-garou de longue date. Pourtant, sa compassion pour Sirius était limitée. Ce dernier était en grande partie responsable de ce qui lui arrivait. Il n'avait rien fait pour inverser le sort, préférant jouer avec les nouveaux pouvoirs qui lui étaient accordés.
Au fond, peut-être méritait-il cette punition… Remus secoua la tête pour chasser cette pensée, dégoûté de lui-même. Non, il ne pouvait souhaiter à personne de vivre cette expérience horrible. C'était à ses yeux le pire des châtiments. Renonçant à envoyer à la figure de Sirius : « Je t'avais dit que tu déchanterais vite. », il poussa plutôt un soupir à fendre l'âme.
- Je comprends, lui dit-il dans un souffle en s'asseyant sur le lit à son chevet. Crois-moi j'aimerais mille fois mieux y aller à ta place ! Mais c'est la seule solution. On a tout juste le temps de rejoindre la Cabane hurlante. Tu dois t'enfermer.
Sirius cessa finalement de trembler comme une feuille et commença même à se redresser lentement. Sentant qu'il avait un peu de mal, Remus voulut l'aide à se mettre debout mais à peine lui toucha-t-il le bras que Sirius sembla perdre à nouveau les pédales. Sa mine apeurée se changea subitement en regard flamboyant de colère.
- Non ! cracha-t-il d'une voix méconnaissable. Plus jamais on ne m'enfermera !
Sur ces mots, il repoussa Remus qui fut projeté contre une armoire avec une telle brutalité qu'elle se brisa sous la violence du choc. James, qui se trouvait là également, sortit alors sa baguette magique et la pointa sur son ami.
- Sirius, je t'en prie ! lança-t-il en essayant de prendre une mine assurée. Reste calme ! On veut seulement t'aider.
- Laisse-moi passer James ! ordonna impérieusement Sirius en toisant son ami d'un air menaçant. Je ne veux pas te faire de mal.
- Je ne peux pas te laisser partir, répliqua bravement l'adolescent à lunettes.
- Comme tu veux, siffla Sirius avec mépris, je t'aurais prévenu.
Il écarta James de son chemin avec la même facilité qu'il avait envoyé valser Remus. Puis sans attendre, il quitta le dortoir en courant comme un dératé. Avant même que James eût le temps de se relever, il avait disparu.
Voici une bonne occasion de clore par : à suivre !
J'espère que ça vous a plu. La suite arrivera la semaine prochaine. N'hésitez pas à me laisser votre avis.
