Chapitre 25 : Un manteau blanc
Dean secoue la tête avec un air dégoûté.
« Rien de rien Sam. Je te jure, l'objet le plus maléfique que possède cette nana, c'est le dernier tome d'Harry Potter.
-Ouais je m'en doutais, elle a pas beaucoup de conversation non plus. Vu que ta petite fouille n'est pas plus convaincante que ça, je pense qu'on peut la rayer de la liste des suspects. Rentrons, je voudrai jeter un coup d'œil à ce sac de sort, peut être qu'il nous apprendra quelque chose. »
Mais cette piste aussi ne mène à rien, le sac se révèle des plus communs, toute proportions gardées. Rien d'inhabituel. De la sorcellerie basique.
« Bon qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demande Sam « On a pas encore interrogé les autres membres du groupe de lecture...
-Pas la peine, si la meneuse est aussi inoffensive, je doute qu'on trouve quoi que ce soit de dangereux chez ses suivantes. Je les vois mal se lancer dans des cérémonies obscures avec cette idiote en chef. »
Il fait mine de réfléchir.
« A moins d'invoquer l'amour de Tom Cruise peut être...
-On est pas non plus allé voir la voisine. » continue Sam. « Tu sais, la vieille dame qui jouait au bridge avec Jane.
-Mme Connor » se souvient Dean. « Pas mal comme nom, pas vrai ? Sara Connor ? » imite-t-il avec enthousiasme.
Sam ne réagit pas à son numéro, alors il reprend son sérieux d'un petit raclement de gorge.
« Ok, rabat joie, je m'en occupe. Pendant ce temps tu devrais peut être vérifier que rien de pareil n'est jamais arrivé à personne d'autre dans les parages. Tu sais, le coup classique du cycle de mort qui se répète tous les quarante ans ou autre...
-Bonne idée. »
Sam déplie son ordinateur et se plonge en une seconde dans son monde virtuel. Dean lève les yeux au ciel en attrapant ses clés de voiture et passe la porte.
Il ne lui faut pas longtemps pour évaluer que la santé mentale de Mme Connor ne serait pas suffisante pour lui permettre de lancer quelque sort que ce soit. Ou même de lacer ses basket. Jane a du mentir à son mari, impossible de jouer aux cartes avec un zombi pareil !
Il rentre bredouille, l'expression sombre. Un coup d'œil en direction de son frère lui apprend que ce dernier n'a rien trouvé non plus. Il se laisse tomber sur le fauteuil avec un soupir à fendre l'âme.
« Tu parles d'une affaire ! C'est le boulot de la police qu'on se tape là. Va trouver un suspect plausible dans cette maudite ville ! Ils pourraient tous l'avoir fait, pour ce qu'on en sait. »
Sam est obligé de reconnaître que Dean n'a pas tort.
« Je vais chercher encore. Peut être que quelque chose m'a échappé. »
Devant l'air blasé de Dean il se sent obligé de rajouter :
« De toute façon on ne peut rien faire de plus pour le moment si ? »
Dean grogne ce qui ressemble à un assentiment. Mais plusieurs heures s'écoulent sans qu'aucun nouvel élément ne vienne éclairer la situation. Sam étouffe un bâillement qui n'échappe pas à Dean.
« Il est tard Sam. On reprendra tout ça demain, t'as qu'a dormir sur le matelas ce soir ok ?
-Ok » capitule le cadet.
Il s'endort rapidement, l'esprit rempli d'hypothèses à vérifier. Une sorcière, ça doit bien se trouver quand même ?! Elle doit se trahir d'une manière ou d'une autre ! A eux de savoir la démasquer.
C'est un mouvement vif des draps qui le réveille une heure plus tard environ.
« Dean ? »
Son frère vient de se glisser à coté de lui et il n'en faut pas plus pour que les battements de son cœur dépassent des sommets de vitesse. La peau de leurs avants bras se frôlent. Sam pourrait monter au paradis par ce simple contact. Sa respiration se fait plus profonde tandis qu'il savoure déjà cette proximité bienvenue.
« J'arrive pas à dormir sur ce fauteuil de merde. » grommelle Dean en justification.
Sam n'ose rien dire de peur de casser cet élan inattendu. L'odeur de Dean est déjà partout autour de lui, à lui en faire tourner la tête. Comment a-t-il fait pour ignorer toutes ses années à quel point la présence de Dean lui était vitale ?
« Me touche pas d'accord ? »
Dean a le chic pour briser la magie du moment.
« Ça risque pas. » le rabroue Sam méchamment.
« Je suis sérieux Sam !
-Oh mais ça va, tu m'a pris pour quoi ? Un vieux pervers dégueulasse qui sait pas se tenir ?!
-Peut être bien que oui.
-Tu me gonfles ! »
Sam lui tourne le dos, emportant toute la couette avec lui. Étonnamment, Dean ne proteste pas. Il se sent coupable en vérité, coupable de céder à ce besoin d'intimité. Rien au monde n'est meilleur que la sensation de Sam juste à coté de lui. A part une bonne tarte peut être...
« Dean ?
-Hmm ?
-Pourquoi tu penses que Bobby nous a envoyé sur cette affaire ? Je veux dire, avant que le légiste n'examine le corps, rien ne laissait penser à une cause surnaturelle.
-J'en sais rien, je lui ai pas demandé.
-C'est bizarre.
-L'instinct peut être ? »
Dean gigote, se rapproche des draps que Sam a éloigné de lui.
« File moi de la couette, marmotte. Je me gèle. »
Sam lui cède à contrecœur un bout de chaleur, encore pensif. Il en a oublié qu'il était fâché par les remarques blessantes de son frère. Perdu dans ses pensées, il ne fait pas attention et donne un coup de pied à Dean dans un geste désordonné pour ajuster les draps.
« Aie ! Mais c'est pas vrai ! Fais gaffe à tes gigantesques panards !
-Oups, désolé.
-Et arrête de t'agiter comme ça, c'est insupportable !
-Ok, ok.
-Bon. »
Une mèche de cheveux vient se poser à quelques centimètres de son nez, mais cette fois Dean se garde de rappeler son frère à l'ordre. L'odeur de ces cheveux est toujours aussi rassurante. Elle ramène plein de souvenirs dans sa mémoire, bons et mauvais. Surtout bons.
C'est décidé, le prochain à lui couper cette tignasse ce sera lui, Meredith ou pas Meredith ! Il n'imagine pas d'autres doigts que les siens avoir le droit de se glisser dans ces cheveux. D'ailleurs il n'aurait qu'à tendre légèrement la main pour transformer cette envie en caresse réelle. La tentation est forte... Mais à quoi il s'attendait en rejoignant Sam ?! Dean joue avec le feu.
« Bobby chasse depuis longtemps. »
Cette fois Dean émet un grognement irrité.
« Sans rire ? T'as d'autre scoops à m'apprendre ? Faut que je m'accroche là, sérieux ! »
Il entend Sam renifler brusquement. C'est le son de son mécontentement, Dean le reconnaîtrait entre mille. Un pied percute violemment son tibias.
« Hé ! Tu l'as fait exprès !
-T'as aucune conversation.
-Je veux pas discuter ! J'essaie de pioncer je te signale ! Je commence à croire que je serai mieux sur ce fauteuil... Au moins lui, il est immobile.
-Non. » le coupe Sam avec précipitation. « Reste. »
Dean se fige, interdit pour un moment. Contrarié de sentir l'importance de sa présence sur ce matelas pour Sam. Ce n'est vraiment pas raisonnable. Difficile de donner des leçons sur la distance de sécurité à respecter entre eux si au premier prétexte il se précipite dans le lit de Sam ...
Mais le temps qu'il réfléchisse aux conséquences de ses actes et décide si c'est une mauvaise décision ou pas, il entend la respiration de Sam s'apaiser. Comment son souffle peut résonner autant en lui ? C'est comme une vibration profonde et relaxante. Mieux que tous les lits massant du monde. Un sentiment étrange de mission accomplie. Sam est là, il dort, respire et vit encore. Le combat de Dean n'est pas vain.
Il fixe le plafond et se laisse bercer par ce rythme, heureux de pouvoir en percevoir chaque variations.
« Dean ? »
Tiens, il ne dormait pas finalement. Est-ce qu'il est conscient que s'il s'apaise, Dean se relâche aussi ? Est-ce qu'il en joue ? Dean ne sous estime pas l'intuition de son frère ni son savoir faire avec lui. Personne ne peut le comprendre et le manipuler comme Sam le fait.
Parfois c'est terrifiant. Mais la plupart du temps Dean accepte sans réserve cette connexion.
« Qu'est-ce qu'il y a Sammy ?
-Il neige.
-Quoi ? »
Sam pouffe. Dean qui le rejoint dans le lit, pas étonnant qu'il se mette à neiger !
Curieux, Dean repousse les draps et se place à la fenêtre. C'est un froid mordant qui s'empare de Sam, immédiatement. Zut, il n'avait pas pensé que Dean lui échapperai de cette manière !
Dean observe le phénomène, des étoiles plein les yeux. Sam n'a pas menti, les flocons se précipitent au sol dans un élan imprévisible et chaotique. S'il n'aime pas les sorcières, Dean n'a rien contre la pureté d'un manteau blanc.
C'est un moment agréable, qui s'améliore encore quand il sent Sam le rejoindre. Il s'accoude sur le rebord de la fenêtre, à coté de lui, pas trop loin ni trop près. C'est la distance qu'il prend avec Dean parce qu'il sait qu'elle est réconfortante. Proche, très proche, mais néanmoins pas encore assez pour qu'on puisse penser qu'ils sont autres choses que des frères. Juste à la limite. Encore et encore.
Dean inspire une grande bouffée d'air.
Il est reconnaissant à Sam de toujours être attentif. De penser à ses sentiments autant qu'aux siens. Dean a beau se forcer à le repousser plus souvent qu'il ne le voudrait, Sam est toujours là, à continuer sa route avec lui. Il peut littéralement ressentir le respect et l'affection sincère qu'il éprouve pour lui.
Quelques flocons se posent sur le capot de l'Impala et Dean décide qu'il a assez lutté pour aujourd'hui. Temps mort.
Il penche la tête et l'appuie sur l'épaule de Sam.
Voilà, là il est vraiment très bien. Un soupir de bien être dépasse même ses lèvres.
Sam retient sa respiration quand il sent Dean abandonner sa tête contre lui. C'est un geste nouveau, et Sam se raccroche à tout ce qui peut lui prouver que ses sentiments sont partagés. Dean fait clairement un pas vers lui.
A son rythme et à sa manière. Mais tout de même un bon pas.
Sam remercie silencieusement ce temps romantique qui est venu à bout de la résistance de Dean. Pour ce soir. Il ne se rappelle pas avoir déjà vu son frère se reposer sur quelqu'un. Pas même leur père. Cette place lui sera réservée pour toujours, Sam le sait au plus profond de lui.
Cette simple tête appuyée sur son épaule est un aveu fort. « J'ai besoin de toi » ou « merci d'être là » ou encore, connaissant Dean, quelque chose comme « je ne déteste pas être avec toi, espèce d'avorton ».
Quoi qu'il en soit, c'est suffisant pour lui réchauffer le cœur.
Ils restent longtemps face à la vitre. Rien ne vient troubler cette communion reposante. Et si aucun autre geste n'approfondit ce rapprochement, ils n'en ont pas besoin. Pas vraiment.
Quand le dernier flocon se pose au sol ils se recouchent et s'endorment dos à dos.
Le rituel du matin est un peu plus doux que d'habitude. Pas un mot n'est prononcé, mais leurs gestes s'accordent naturellement, et ils se retrouvent prêt à sortir en même temps.
Dean les conduit au diner du coin pour un petit déjeuner survitaminé. Il a l'air plein d'enthousiasme.
« Je vais la trouver Sam, tu vas voir ! Je le sens ! Et je vais lui apprendre à jouer avec les forces obscures !
-Très bien Dean, je te crois. »
Il le couve d'un regard amusé. C'est agréable de voir Dean comme ça, reposé et de bonne humeur. Même si la neige de la nuit n'a pas tenue. Sam commence à croire que ce moment un peu magique n'a été créé que pour eux.
Il attrape le journal local avec un sourire satisfait. Et manque de renverser son café.
« Merde !
-Quoi ? »
Sam prend quelque seconde pour lire l'article en entier avant de lui répondre.
« Une autre mort. Une jeune fille de 17 ans cette fois. »
Silence consterné.
« Une fille du coin ? » demande Dean
« Oui. Rebecca Harris. Élève dans le même lycée que Jodie. Et ... »
Il s'interrompt brusquement, sort un dossier de sac et se met à remuer les pages dans tous les sens.
« Sam ? Tout va bien ? » s'inquiète Dean.
Sam parcourt à toute vitesse une feuille volante et finit par pointer triomphalement son doigt sur une ligne.
« Voilà, je le savais ! Devine qui est proviseur de cet établissement ? »
Dean fronce les sourcils.
« Bouc-man ?
-Exactement ! John Summers ! »
Ils échangent un regard lourd de sens.
« Ok, cette fois, c'est vraiment suspect. On va lui rendre une petite visite ?
-Hm je pense qu'il vaut mieux qu'on se rende sur les lieux d'abord. La fille est morte en pleine classe.
-Aie, sans doute le pire cours de bio de leurs vies. » ricane Dean.
« C'est rien de le dire ... »
Sam remballe précipitamment ses affaires.
« Mais … Et mes œufs au bacon ?
-Oublie tes œufs, quelqu'un est mort ! » lui rappelle Sam.
« Bon, bon. » grommelle Dean en se levant.
Sam discute avec les officiers de police tandis que Dean fouille discrètement la salle de classe. Bureau du prof, table de l'élève, armoire de rangement, tout y passe. Pas de sac de sort.
Dean fronce les sourcils. Pourtant à en juger par ce que la police leur a dit, la morte était dans le même état que le cadavre de Jane. Coïncidence ? Sûrement pas. Il fait signe à Sam, lui indique qu'il a fini.
Sam remercie l'agent et le rejoint dans le couloir.
« Alors ? » chuchote-t-il.
« Rien.
-Rien ?
-Nada. »
Au tour de Sam de froncer les sourcils. Mais Dean ne s'attarde pas à ses cotés, il aperçoit Jodie qui se tient à l'écart avec un groupe d'amies.
« Jodie ? Déjà de retour au lycée ?
-Heu oui. Je préfère, plutôt que de traîner à la maison... »
Ses cernes n'ont pas diminués et elle se triture nerveusement une mèche de cheveux. Cheveux qu'elle a pourtant relevé en un chignon strict. Elle ne respire pas la joie de vivre et il est facile de deviner que la jeune fille vient de vivre une tragédie.
Pas sûr qu'elle aie trouvé même une heure de sommeil depuis.
« Je vois. » acquiesce Dean.
Sam se place derrière lui et salue Jodie de la tête. Dean se rengorge quand il réalise que l'une des filles le fixe avec curiosité.
« Agent Smith, FBI » se présente-t-il avec retard.
Toujours aussi classe de pouvoir sortir cette phrase, Dean est très fier. La jeune fille lève un sourcil un peu moquer. Grande brune d'environ 16 ans, elle n'a pas l'air de s'en laisser compter.
« Beth, je suis une amie de Jodie. Vous allez trouver qui a fait ça ?
-Qu'est-ce qui te fait penser que quelqu'un est responsable ? » demande Sam, prenant la suite de son frère.
« Ben c'est un empoisonnement non ? Il paraît qu'elle s'est mise à cracher du sang d'un seul coup, comme ça ! » ajoute-t-elle avec l'enthousiasme de la jeunesse.
Elle ne s'aperçoit pas du regard chargé de colère que lui renvoie Jodie. Pas très délicat, c'est sûr, pense Sam.
« Peut être bien » reconnaît Dean sans trop s'avancer.
« Vous la connaissiez toutes les trois ? »
Il se tourne vers la troisième fille, qui les observe en silence. Jolie couleur rousse. Mais Dean n'aime pas trop les taches de rousseur probablement parce qu'il estime en avoir assez pour deux. Beth est obligée de donner un petit coup de coude à son amie pour qu'elle se décide à parler aussi.
« Heu non, pas vraiment. De vue quoi. » annonce-t-elle avec une voix mal assurée.
« D'accord.
-Ce qui lui est arrivé, c'est affreux. » rajoute-t-elle après un coup d'œil craintif en direction de la salle de classe.
« Vous pensez que c'est quelqu'un du lycée ? » demande Beth en se tournant vers Sam.
Décidément celle là n'aime pas perdre la main. Jodie fixe ses pieds avec application. Elle semble vouloir disparaître sous terre. Sam lui adresse un petit sourire.
« C'est possible » admet-il
« Oh on peut vous aider si vous voulez ! » affirme Beth avec vigueur.
Sam rit doucement.
« Hola non ça ira. Un peu trop jeune pour enquêter non ?
-Je lis beaucoup de policiers » grommelle-t-elle.
« Je n'en doute pas. »
Beth lui adresse un sourire lumineux. Cette fille sait ce qu'elle veut mais Dean ne lui laissera jamais Sam, soyons sérieux ! Il plisse les yeux, très attentif à la suite de la conversation.
« Vous savez, j'aimerai rentrer dans la police après le lycée.
-C'est un magnifique métier. » ment Sam avec aplomb.
Dean hausse un sourcil. Mais quel baratineur !
« Est-ce que tout les agents du FBI sont comme vous ? » demande encore Beth avec un regard approbateur.
Dean éclate carrément de rire tandis que la discrète rousse écarquille les yeux, choquée de l'effronterie de son amie.
« Beth ! » Mais sa voix n'est pas vraiment autoritaire, juste étonnée.
« Quoi ? » la rabroue vivement la grande brune en fronçant les sourcils « tu as retrouvé ta langue toi ? »
La jeune fille se rembrunit et Sam décide de couper court à ce petit spectacle de domination adolescente.
« On vous préviendra si on a besoin de vous » la calme Sam en lui tendant sa carte.
Beth la saisit avec un joli sourire.
« Jodie ? » demande Dean « Tu veux bien venir avec nous quelques minutes ? On a des questions à te poser. »
Cette fois la petite rousse fronce les sourcils. Elle lui attrape la main.
« Vous pouvez parler devant nous. Jodie est notre amie. »
Mais Beth intervient avant que les faux agents ne puissent dire quoi que ce soit.
« Ne soit pas bête Linda. C'est le FBI. »
Comme si ce simple sigle pouvait tout justifier. Dean apprécie à sa juste valeur le respect des force de l'ordre. Surtout quand c'est lui qu'on prend pour l'ordre.
« Jodie, ça ira, pas vrai ? » s'enquiert Beth avec une voix douce.
La jeune fille hoche la tête.
« Oui. Je reviens tout de suite. »
Et elle lâche la main de Linda pour suivre les frères dans une pièce vide.
« Ah le lycée. Tout était plus simple à cet époque. » glisse Dean à Sam sur le trajet.
« Ah bon ?
-Oui. Il suffisait de trouver la plus jolie pom pom girl et voilà ! Popularité !
-Mouais, parle pour toi.
-Tu penses quoi de cette Beth ? Elle a du répondant non ?
-Trois mots : détournement de mineur.
-J'ai toujours aimé les petites chefs. Celle là elle te mangerait tout cru.
-Arrête de parler je t'en supplie. »
Sam se retourne pour ouvrir la porte à Jodie.
« Comment ça va Jodie ? Tu tiens le coup ? »
Sam reprend une voix professionnelle en une seconde, habitué à ignorer les bêtises que son frère passe son temps à lui glisser à l'oreille. Dean referme derrière eux et s'assoit sur un des pupitres, en face d'elle.
« Ça va... » répond elle avec un air dubitatif. Elle croise les bras sur la poitrine.
« On a quelques questions pour toi...
-J'avais compris, oui » répond elle avec une lueur de défi dans les yeux.
Dean l'évalue du regard. Pas si fragile qu'elle le laisse penser... Jodie a de la ressource.
« Je ne veux pas que tu te fasses de fausses idées, Jodie, mais ...
-Ça concerne ton père » coupe Dean avec sincérité, ce qui lui vaut un regard dur de la part de Sam.
« Quoi ? » s'offusque-t-il « on va pas tourner autour du pot pendant trente ans ! »
Jodie fronce les sourcils et pâlit soudain.
« Quoi à propos de mon père ? »
Les deux frères ramènent leur attention sur elle. Sam soupire avant de demander
« Est-ce que tu as remarqué quelque chose dernièrement … un changement peut être... Est-ce qu'il s'absente souvent ? Est-ce que ses humeurs sont différentes ?
-Non, rien de tout ça. » affirme-t-elle immédiatement.
« Tu es sûre ?
-Certaine. »
Elle le toise à présent, avec quelque chose qui ressemble à du dédain dans le regard.
« Bien alors … Tu n'as rien d'autre à nous dire à ce sujet ? Une personne qui t'a paru étrange ces derniers temps peut être ?
-Non.
-Réfléchit bien, chaque détail peut être utile. »
Elle se tourne soudain vers Dean avec un air suppliant.
« S'il vous plaît, est-ce que je peux y aller maintenant ? »
Elle pince les lèvres avec force, semble à deux doigts de vomir.
« D'accord » accepte Sam à regret, bien décidé à ne pas brusquer une jeune fille déjà si perturbée.
Mais Dean s'empresse de poser la main sur la grande poitrine de son frère pour l'arrêter. Il lui lance un regard de reproche. On ne jette pas l'éponge aussi vite !
« Jodie, c'est important ce qu'on te demande. Tu pourrais être en danger.
-C'est n'importe quoi ! » se révolte-t-elle « mon père n'a rien fait ! Vous êtes stupides ou quoi ?
-Tu sais Jodie » fait Dean d'une voix posée, les yeux plantés dans les siens « tu n'a pas l'air forte quand tu réagis comme ça. Juste terrifiée. Maintenant, tu te tiens face aux deux seules personnes qui peuvent t'aider dans cette période difficile. A toi de saisir ta chance. Parle nous.
-Je … Je ... »
Elle prend un air si paniqué que Dean regrette presque ses mots. Mais parfois ce dont on a besoin, c'est d'un bon coup de pied au cul. Il est bien placé pour le savoir.
« Mon père n'a rien fait, laissez nous tranquille ! » hurle-t-elle.
Elle se précipite hors de la pièce tandis que Dean se prend la tête dans les mains. Sam applaudit sarcastiquement.
« Bravo Dean, beau boulot.
-Oh ça va, lâche moi.
-Non mais sérieux. Si elle accepte de nous reparler un jour, ce sera un vrai miracle. Tu t'es surpassé.
-On a besoin de ce qu'elle sait ! » Dean s'énerve face aux moqueries de Sam. « Ça se voit qu'elle est traumatisée non ? Son père est un vrai taré qui fait joujou avec la magie noire ! »
« On en est pas sûr. Pas encore. Et puis il n'y avait pas de sac à sort cette fois-ci. »
Dean se frotte pensivement la mâchoire. Sam vient s'asseoir à coté de lui, dans une volonté d'apaisement.
« On va trouver. »
Il le bouscule gentiment de l'épaule. Contrairement à toute attente, c'est une attitude qui vexe Dean plus qu'autre chose.
« Ça va j'ai pas besoin qu'on me materne. » balance-t-il d'un ton dur.
Il se redresse brusquement. Une idée vient de lui traverser l'esprit.
« C'est lui Sam, tu n'as pas l'air de me croire, mais j'en suis persuadé. Depuis le début il ne me plaît pas.
-Ce n'est pas que je ne te crois pas... On a besoin de plus de preuves, c'est tout.
-Très bien. Je t'en ramène une tout de suite. »
Sam le suit des yeux tandis qu'il sort de la salle et se dirige d'un pas assuré vers la cours. Arrivé devant l'enceinte, Dean réfléchit une minute, cherche à s'orienter correctement. Il s'applique ensuite à suivre la façade extérieure tandis que Sam le rejoint.
« Qu'est-ce que tu fais Dean ?
-Tais toi et regarde. »
Dean longe un moment la façade. Il s'arrête devant une série de fenêtre. De l'autre coté la salle où la victime est morte. Il se baisse et fouille à geste vifs les bosquets. Sam commence à comprendre le raisonnement de son frère. Il s'accroupit à son tour et cherche avec lui.
C'est Dean qui se redresse le premier. Il lève triomphalement le menton et dépose délicatement la petite bourse dans les doigts de son frère.
« C'est lui je te dis. Allons y. »
Il esquisse un geste suggestif vers le colt à sa ceinture.
« Non Dean, ça ne suffit pas.
-Comment ça, ça ne suffit pas ?! Il connaissait les deux victimes, sa fille est terrorisée, et il est incapable de montrer la moindre tristesse ! Parfois la solution du mystère est la plus simple, pas besoin d'aller chercher plus loin.
-Jodie est peut être perturbé parce qu'elle a retrouvé sa mère vidée de son sang sur le tapis du salon ! Tout le monde n'est pas aussi blindé que toi et moi, tu sais. Retournons fouiller la maison.
-C'est pas la peine !
-Je ne suis pas convaincu. John était marié à la première victime. S'il avait voulu la tuer, il se serait arrangé pour que le corps disparaisse non ? C'était le moyen le plus sûr pour ne pas être un suspect !
-Quoi, parce qu'on ne soupçonne jamais le mari quand la femme disparaît mystérieusement ?!
-Quand on connaît un peu de magie noire, il doit sans doute exister un meilleur moyen pour supprimer sa femme...
-Des connaissances en magie ça empêche pas d'être un idiot. Et je te rappelle qu'il s'est créé un alibi, il était à une conférence le soir de la mort. Et de toute façon la police ne peut pas conclure à un assassinat, Jane n'avait aucune marque de coup !
-Empoisonnement …
-Tu as lu le rapport comme moi. Pas de trace de substances toxiques ou corrosives dans son sang.
-Et la seconde victime alors, tu en fais quoi ? Une élève de son propre lycée, c'est sûr que ça le rend plus suspect ! Ce n'est pas malin d'enchaîner les tueries comme ça.
-Il doit se penser intouchable. Après tout, la police n'a aucun moyen de l'arrêter si ce n'est pas considéré comme un meurtre !
-Je sais pas... C'est un peu trop facile...
-Bon, on avance pas là. Retournons à la maison Summers si ça t'amuse, mais ensuite il faudra qu'on l'arrête.
-D'accord, faisons comme ça. Mais Dean, ne lui tire pas dessus avant qu'il aie avoué.
-Et s'il n'avoue pas ?
-On trouvera un autre moyen. »
Aucun des deux n'a vraiment l'air convaincu, mais ils quittent les lieux ensemble d'un bon pas. Décidés à découvrir la vérité.
Retour à la maison de la famille en deuil.
Cette fois pas besoin de pénétrer par effraction, Sam et Dean se contente d'entrer simplement, protégés par leur statut d'agents fédéraux. Ils marchent ensemble en direction de la chambre du couple. Dean retourne méthodiquement la table de chevet, scrute chaque éléments tandis que Sam s'occupe de l'immense dressing.
Il se retourne brusquement en entendant son frère pousser un juron.
« Quoi ?
-Je crois que je sais ce que Bobby te cachait... » Dean fixe une photo avec un air surpris.
« Fais voir ! »
Sam lui arrache presque l'image des mains. Dean ricane bêtement. « Bobby petit cachottier ! »
C'est une photo de classe, prise au lycée probablement. Une photo ou Bobby Singer passe son bras autour des épaules d'une jolie camarade. Jane.
« Je vois... Il la connaissait. » réalise Sam.
« Plutôt bien on dirait ! Il aurait pu nous le dire. » s'étonne Dean.
Sam rend la photo à Dean et retourne à son placard.
« Bien sûr. Parce que Bobby passe son temps à nous raconter sa vie. »
Dean penche la tête de coté avec une petite moue de la bouche.
« Pas faux. »
Sam passe les mains sur l'étagère la plus haute et rencontre un obstacle. Il monte sur une chaise et attrape une caisse en bois. Elle est plutôt lourde et protégée par un cadenas.
« Tu as pris le silencieux ? » demande-t-il à Dean.
Son frère lève un regard curieux vers lui et avise le petit coffre.
« Ah, ça devient intéressant. »
Une balle à bout portant les débarrasse du cadenas et les deux frères tombent sur le parfait petit équipement du sorcier amateur. Quelques os de rongeurs, des bougies, des plantes rares, un livre de sort etc …
« Bon, tu as ta preuve. Allons y maintenant. » lance Dean.
« Attends... ça te paraît pas trop facile ?
-Trop facile ?
-On a rien trouvé la dernière fois qu'on a fouillé ici.
-On cherchait des traces de créatures surnaturelles, on a pas vraiment retourné les tiroirs. C'est toi qui a cherché à cet étage d'ailleurs. Tu as vraiment examiné attentivement cette étagère ?
-Non. » reconnaît Sam. « Mais même, il faut être stupide pour laisser cette boîte ici. John aurait bien du se douter que sa maison serait fouillée après la mort de sa femme.
-Pas forcément. Et puis même, qu'en aurait conclu les enquêteur ? Qu'il est un peu barré, voilà tout, et pas que quelques os de rats et des symboles cabalistiques bizarres ont le pouvoir de tuer...
-Hm je sais pas, j'ai un pressentiment. On dirait que quelqu'un a placé ça là, exprès pour qu'on le trouve... »
Dean soupire, un peu désespéré.
« Tu m'a demandé une preuve, je t'en donne une. Tu veux quoi de plus ? »
De toi ? Tout. Pense-t-il très fort. Mais ce n'est pas sa réponse.
« Écoute, on a qu'à le surveiller pendant un moment. Si c'est lui il finira bien par se trahir. »
Sam réfléchit une minute.
« En plus il y a eu deux morts je te signale. Comment John a fait pour tuer Rebecca Harris si tout son matériel est là ?
-Il a peut être une réserve...
-Ça colle pas je te dis. »
Dean pince les lèvres.
« Ok, surveillons le, je suis d'accord. On avisera ensuite. »
Hello tout le monde ! Juste pour vous remercier une fois de plus de votre soutien, c'est très précieux pour moi x)
Melanie je suis trop contente de te retrouver à chaque chapitre :p merci pour ça ! J'espère aussi que Dean va craquer :)
Misew j'ai oublié de te répondre sur le chapitre précédent, mais j'ai bien lu ta review et ça m'a fait suuuuuuuuper plaisir x) action, enquête, sentiments, on va essayer de continuer comme ça :p D'ailleurs tu m'avais déjà laissé une review, au chapitre 2 en fait :) ah ah tu avais peur que ce soit une histoire avec des coups de stress et de la tristesse ... Hm tu avais raison non ? Bravo !
Fullby, Kazuki et MicroFish ... ben je suis folle de vous, voilà quoi xD
narutine je t'aime même si pour la première fois tu n'as pas reviewé un de mes chapitres :3 j'espère que tu vas bien.
