CHAPITRE 25


POV BECKETT


Je m'étais enfuie comme une voleuse, j'avais tellement honte de ma réaction, de l'avoir si violemment repoussé. Après avoir averti l'infirmière, j'étais partie, seule et en pyjama dans les rues de New-York. Le temps ne se prêtait pas à une longue balade, tout comme ma tenue d'ailleurs. Après avoir arpenté plusieurs ruelles en ressassant sans cesse ce début de soirée catastrophique, j'envoyai un message d'excuse à Rick, espérant qu'il ne m'en veuille pas trop pour mon comportement. Éteignant mon iPhone, j'arrêtai un taxi pour lui donner l'adresse de Lanie. Je ne savais plus trop ou aller, je n'avais plus d'appartement dans cette ville et je ne voulais pas déranger Jordan avec sa famille.

Arrivée en bas de chez mon amie, je m'aperçus honteuse, que j'avais oublié que j'étais en pyjama et que par conséquent, je n'avais pas d'argent sur moi.

- Vous plaisantez ! me dit le chauffeur

- Bouger pas, je vais sonner à l'appartement juste ici, lui répondis-je en lui montrant la porte de Lanie, et récupérer de quoi vous payer.

- Qui me dit que vous ne partirez pas en courant ! S'insurgea-t-il

- Je suis me nomme Kate Beckett, je travaille pour le FBI, je vous jure que je ne partirais pas.

À ma présentation, il se retourna pour mieux me jauger certainement après quelques secondes, il ouvrit sa boite à gant pour en sortir un journal, qu'il regarda de plus près.

- Je peux y aller? Demandais-je surprise par sa réaction

- Vous pouvez y aller, murmura-t-il, la course est pour moi, reprit-il en se retournant de nouveau.

- Pardon?

- La course est pour moi, Mlle Beckett, m'assura-t-il

- Pourquoi?

Il me montra la première page du journal qu'il lisait. Le Ledger titrait :

« Encore, une dure journée pour l'agent Beckett et les familles des victimes »

- Je n'ai pas besoin de votre pitié, répondis-je, énervée que cette affaire me poursuive jusqu'à l'intérieur d'un taxi.

- Ce n'est pas de la pitié, Mlle, je pense juste que cette semaine a été suffisamment dure pour vous, on ne va pas rajouter une course dans un taxi, ajouta-t-il dans un sourire

- Merci

- De rien, bonne soirée Mlle

- Bonne soirée, à vous aussi, ajoutais-je en sortant du taxi.

- Hey !, continua-t-il en baissant la vitre, j'espère que cette ordure pourrira en prison

- Je l'espère aussi

Sur cette dernière phrase, le taxi démarra et partit. Je sonnais donc à la porte.

- Oui ? demanda Lanie à l'interphone

- C'est Kate

La porte s'ouvrit, et je pus monter les deux étages à pied qui me séparaient de ma meilleure amie. Lanie m'attendait devant sa porte.

- Tu sais que j'ai un ascenseur, me taquina-t-elle

- Je ne fais pas assez d'exercices en ce moment, répondis-je en l'embrassant

- Tu devrais en faire avec Castle, plaisanta-t-elle

À sa réplique, je me figeais, Castle et la galipette, c'est bien pour cette raison que j'étais chez elle et non dans les bras de mon homme. Soupirant, je rentrais dans l'appartement pour m'assoir sur son canapé.

- Je ne te dérange pas ? Demandais-je

- Non, répondit-elle en refermant la porte et en s'approchant de moi.

- Il est tard, j'espère que je ne te sortais pas du lit, repris-je en m'apercevant de la tenue de Lanie.

Elle portait un déshabillé rouge avec un peignoir noir qui était mal refermé. Lanie était splendide.

- Non, Girl, me rassura-t-elle en s'asseyant près de moi. Comment va ton père?

- Il va bien, je l'ai raccompagné chez lui en début de soirée.

- Le procureur t'a enfin écouté, me dit-elle soulagée

- Non, Rick a payé la caution, murmurais-je la tête baissée.

- Il a bien fait ! S'exclama-t-elle, et de toute manière il va reprendre son dû, ton père ne s'approchera plus d'Abbott.

- Oui

- Kate, qu'y-a-t-il?

- Je ne suis pas normale, Lanie, lui confiais-je

- Pas normal, rit-elle

- Ce n'est pas drôle, repris-je les larmes aux yeux

- Kate? demanda-t-elle inquiète désormais

- On s'est disputé

- À quel propos?

- Les comptes communs, le mariage et le sexe, enfin pour le sexe on s'est pas vraiment disputé,… je lui ai juste blessé les côtes, pleurais-je

-Attends tout doux… comptes communs? Mariage? Tu l'as blessé? Je ne comprends rien

- Tout a commencé quand Rick m'a mise désignataire de ses comptes communs ! Non mais tu te rends comptes!

- Ça ne me choque pas, il a confiance en toi

- Oui et bien ce n'est pas comme s'il était seul, il a Alexis et Martha.

- Kate tu sais ce que tu représentes pour Castle.

- Lanie, il m'a dit que dans cinq ans, il nous voyait mariés, continuais-je debout

- Pas toi?

- Moi ? Je ne sais même pas ou on sera dans une semaine, soufflais-je

- Kate, tu l'aimes non ?

- Bien sûr, plus que ma vie

-Alors où est le problème?

-C'est moi le problème! Je l'ai blessé.

- Comment?

- On était, tu vois…, dis-je embarrassé

-En pleine session dans une chambre d'hôpital ! S'exclama-t-elle, petite coquine !

- Lanie!

- Bon ensuite ? Tu as occulté ses blessures et tu t'es mise en mode tigresse?

-Non, je l'ai repoussé si violemment qu'il était terrassé par la douleur!

- Honey…

- Je ne suis pas normale

- Tu es tout à fait normale, girl, tu as vécu un traumatisme, il faut juste que vous soyez patient

Je faisais les cent pas dans son appartement, écoutant les conseils de Lanie tout en me remémorant la soirée avec Rick.

- Kate, tu me donnes le tournis ! m'interrompit-elle

- J'étais tellement bien dans ses bras, avouais-je en pleurs, je t'assure Lanie, j'avais envie de lui et puis j'ai fermé les yeux pour me laisser aller à cet instant.

- Et ?

- Rick a mis les mains sur ma poitrine, et je me suis vue dans cet entrepôt avec Abbott, j'arrivais à sentir son odeur, sa salive sur moi, j'ai rouvert les yeux paniqués et j'ai poussé Castle sur le lit de toutes mes forces.

- Kate, tout ce que tu me dis est normale, dit-elle d'une voix rassurante et douce.

-Je lui ai fait mal! Et puis je me suis enfuie

-Ok, alors la fuite, tu aurais pu éviter, il va falloir arrêter et vous parler.

-Lanie…

-Il n'y a pas de Lanie qui tienne, girl, Castle doit être sens dessus dessous à l'heure qu'il est. D'ailleurs c'est bizarre, qu'il ne t'appelle pas.

- J'ai éteint mon portable, après lui avoir envoyé un message d'excuse

- Kate ! cria Lanie, Castle sait par quoi tu es passé, il doit penser que tu le fuis, que tu ne veux plus rien à faire avec lui, il doit se sentir coupable d'avoir posé ses mains sur toi.

- Mais non, réfutais-je, il doit m'en vouloir à mort de l'avoir repoussé.

- Rallume ton téléphone!

La toisant du regard, je savais qu'elle ne lâcherait pas l'affaire tant que je n'aurais pas rallumé ce maudit téléphone. Prenant mon iPhone, je découvris le message de Rick. Il s'était écoulé deux heures.

- Oh non, murmurais-je

-Qu'y-a-t-il? Un problème?

- Tu as raison, Castle se sent fautif, répondis-je en essuyant mes larmes

- Va lui parler

-Lanie, il est plus de 23Heures, il doit dormir

-Dormir, tu rigoles là?

- Je vais lui dire quoi? Je suis désolée de penser à un autre homme quand tu me touches !

- Kate

-Non, je veux simplement dormir, je suis crevée, je lui parlerais demain. J'ai juste besoin de tranquillité. Je peux toujours utiliser la chambre d'amis ?

- Oui, mais je crois que...

-Merci, Lanie, la coupais-je en l'embrassant sur la joue et en partant me coucher.

Allongée dans la pénombre de la chambre, je fis tourner mon téléphone dans ma main, en pensant à Castle. Je me sentais désormais coupable en plus d'être honteuse, il pensait avoir des tords dans cette affaire, il pensait qu'il avait été trop loin. Je soufflais d'exaspération face à cette situation, qui j'en étais sûre ne serait pas la dernière. Kyle Abbott m'avait brisée, il m'avait retirée cette part de moi qui était sûre d'elle. Fermant les yeux, je pleurais silencieusement.

-Katie, Katie, tu es si belle et si …chaude !

Rouvrant les yeux, je me relevais pour aller vomir. Cette vision d'Abbott sur moi, me donnait des frissons. Je voulais vraiment tourner la page mais y arriverais-je un jour.

- Tu vas bien ? me demanda Lanie derrière la porte des toilettes

- Oui ne t'inquiète pas, retournes te coucher.

- Tu es sûre?

- Oui.

Rinçant ma bouche, j'attendis que la porte de la chambre de Lanie se referme pour retourner me coucher. Prenant mon téléphone, j'envoyais un message à Castle.

« Désolée, je viens juste de voir ton message. Je suis chez Lanie. Pour ce soir tout est de ma faute. Tu n'y es pour rien. Je te vois en sortant du tribunal. À demain. KB »

J'attendais sa réponse qui ne venait pas, il devait certainement dormir. Ou peut-être avait-il encore mal, et il n'arrivait pas à répondre? Dans le doute, j'appelai l'hôpital pour leur demander des nouvelles, l'infirmière m'avait rassurée en m'expliquant qu'il s'était endormi.

La nuit avait été vraiment longue, mes cauchemars m'avaient tenu éveillée toute la nuit. Au petit matin, je m'étais résolue à me lever pour me laver. J'avais ensuite demandé une tenue à Lanie pour m'habiller et nous avions déjeuné ensemble. Il était 9 heures du matin et Rick ne m'avait toujours pas répondu.

- Tu devrais l'appeler, me dit Lanie en me voyant regarder toutes les deux secondes mon téléphone

- Je le ferais en chemin pour le tribunal

-Pourquoi pas maintenant?

- Je ne veux pas le réveiller, répondis-je pour clore la discussion.

- Je m'habille et on y va, ajouta-t-elle en s'éloignant exaspérée par mon attitude.


POV CASTLE


J'avais dormi toute la nuit, l'infirmière en plus de mes antidouleurs m'avait administré un anxiolytique qui m'avait couché. Il était désormais 8 heures du matin, j'avais lu le message de Kate, je ne savais pas ce que je devais en penser, elle passerait après le tribunal, pourquoi pas avant?

J'étais aussi frustré de ne pas pouvoir assister aux plaidoiries, m'énervant contre moi-même, une idée lumineuse m'apparut.

J'avais appelé l'infirmière, lui disant que je souhaitais voir le médecin de toute urgence, j'avais aussi appelé Alexis et ma mère pour qu'elles viennent à l'hôpital. Réunis tous les quatre, le médecin répétait mes dires :

- Si je vous suis bien, Mr Castle, vous me demandez une autorisation de sortie pour aller au tribunal ?

- Oui, avec mes calmants, je peux très bien y aller, je veux être là-bas pour la fin du procès.

- Mais...

-Vous aviez autorisé ma sortie pour demain! le coupais-je, alors une demi-journée, ce n'est pas si terrible comme requête

- Et si la douleur réapparaît, papa? demanda Alexis

- Je ferais face, écouter ce tordu à …

- Je sais ce que Mr Abbott a fait endurer à votre femme, Mr Castle, le procès tourne en boucle depuis une semaine.

- C'est d'accord? Demandais-je

- Avec un fauteuil roulant et quelqu'un pour vous accompagner

- Mère? Demandais-je

- Très bien, Richard, acquiesça-t-elle

- Il va vous falloir une ambulance pour vous transporter, continua le médecin, et vous signerez une décharge.

- Très bien, répondis-je tout sourire.

- Bon, je m'occupe de votre permission dans ce cas

- Merci

- De rien, répondit-il en sortant

- Tu as pris mon costume? Demandais-je à ma fille excité à l'idée de sortir

- Oui, comment veux-tu que je l'oublie alors que tu me la réclamé une dizaine de fois

- Richard, repris ma mère, le procès est médiatisé, quand les journalistes vont te voir et fauteuil…

-Je sais, la coupais-je, mais Kate a besoin de moi et moi j'ai besoin d'y être

- Très bien, chéri, si tu sais ce que tu fais

- Je le sais, souriais-je, allez hop! M'exclamais-je, trouvez-moi une infirmière pour m'aider à m'habiller!

Plus nous nous approchions du tribunal, plus j'étais nerveux, les journalistes, la plaidoirie et Kate…tout me préoccupait. Elle avait essayé de m'appeler mais je n'avais pas répondu. Je voulais la surprendre en venant. Arrivé devant le tribunal, l'ambulancier m'installa sur mon fauteuil, devant le flash incessant des journalistes.

« Mr Castle ! Comment allez-vous? »

« Mr Castle, un commentaire? »

« Mr Castle! Êtes-vous paralysé »

Ne répondant à aucune question, ma fille poussait mon fauteuil, jusqu'à l'entrée du tribunal.

- Tu sais où se trouve la salle d'audience? Demandais-je à mère

- Je le sais, répondit Alexis

Me retournant pour la voir, je n'arrivais pas à comprendre comment Alexis avait eu cette information.

- Kate me l'a dit un matin, me dit-elle en haussant les épaule et en me poussant vers la dite salle.

À l'intérieur je pus voir de nombreuses personnes, certainement les familles des victimes, au premier rang se trouvait Kate, Jordan, Edouard et Lanie. Je m'aperçus aussi, qu'il n'y avait aucun endroit où poser mon fauteuil près d'elle sans bloquer la circulation.

- Papa? me demanda Alexis

- Je vais rester au fond pour ne gêner personne, dis-je déçu

- Je vais prévenir Katherine

- Non mère, laisse, elle a besoin d'être au premier rang.

- Mais...

- Tout va bien, lui assurais-je

Après quelques minutes, je vis les Bros rentrés eux aussi dans la salle, ils m'avaient aperçu et s'étaient arrêtés me saluer, Alexis leur avait expliqué la raison de mon retrait dans la salle.

- Allez, Castle, tu vas venir, avec nous et tu vas t'assoir près de Beckett.

- C'est gentil, Javier mais avec mon fauteuil

- On va te porter Bro, et t'installer, continua Kévin

- Je ne sens pas mes jambes, vous ne réussirez pas à me supporter, je suis un poids mort.

- On te supporte depuis cinq ans! Rit Javier

- Très drôle ! Dis-je

- Allez c'est parti, me dit Ryan en se mettant derrière le fauteuil pour le pousser jusqu'à la première rangée.


POV BECKETT


J'étais entourée de mes amis au tribunal, nous étions en avance assise entre Lanie et Jordan, je m'inquiétais pour Rick, il n'avait pas répondu à mon appel ce matin et n'avait pas essayé de me recontacter.

- Je vais tuer Javier et Kévin, grinça Lanie

- Pourquoi? demanda Jordan

- Ils sont à la bourre !

- C'est nous qui sommes en avance, continua Edouard pour calmer Lanie

- Ils ne devraient plus tarder, ajouta Jordan

- Kate ?

- Hum? Répondis-je à Lanie

- Tu vas bien Honey ?

- Oui, oui, mentis-je

- Hey! Regardez qui nous vous amenons! s'écria Javier

Tournant la tête, je vis Castle dans un fauteuil roulant. Il me souriait et était vêtu d'un joli costume gris et d'une chemise bleue.

- Castle ? Dis-je surprise

- Hey

- Bonjour, Kate, me dit Alexis

- Bonjour, Alexis, Martha, répondis-je en allant les embrasser

Tout le monde s'était levé et se disait bonjour, m'agenouillant près de Rick :

- Que fais-tu là?

- J'ai une permission, je voulais assister à la fin du procès

- Et tes douleurs?

- Je vais bien, je t'assure et toi? demanda-t-il inquiet

- Je suis désolée pour hier, avouais-je

- Moi aussi

- Tu n'y es absolument pour rien, continuais-je en lui caressant le visage et en souriant

- Allez mon pote, on va t'installer, fit la voix Espo

Avec Ryan, ils le soulevèrent un sous chaque aisselle et l'installèrent sur une chaise. Martha alla ranger le fauteuil plus loin, et nous nous installions côte à côte. Le juge rentra alors, suivi des avocats puis d'Abbott. À la vue de ce dernier, Castle m'avait pris la main et le fusillait du regard. Abbott s'installa et nous sourit.

- Je vais le tuer, grinça Rick

- Vous ne pensez pas, toi et mon père, que je vais vous sortir au fur et à mesure de cellules, lui souriais-je dans l'oreille.

- Silence dans la salle, dit le juge, ce matin nous allons entendre les plaidoiries des deux parties, puis nous attendrons la décision du jury qui pourra mettre jusqu'à 48 heures. Maîtres êtes-vous prêts?

- Oui, répondit l'avocat d'Abbott

-Si vous le permettez Mr le Juge, continua mon avocat, j'aimerais soumettre à la cour une nouvelle pièce à conviction que je présenterais pour ma plaidoirie.

- Objection, votre honneur, cria Maître Connors

- Vous plaisantez Maître Phillips ? fit le juge

- Non, votre honneur, je viens de recevoir une pièce montrant bien en évidence la preuve que Mr Abbott est coupable. J'aimerais que vous l'examiniez.

Le juge toisa les deux avocats puis Abbott.

- Dans mon bureau, Maître Phillips

- Bien, votre honneur.

Ils repartirent tous les deux pendant que l'agitation se faisait dans la salle, les familles s'étaient levées et discutaient ensemble.

- Mais de quoi parle-t-il ? me demanda Castle

- Je n'en ai aucune idée.

- C'est nous, répondit Kévin, c'est pour ça qu'on était en retard avec Javier.

Me retournant pour leur faire face, je les regardais à tour de rôle pour les inciter à parler. C'est Espo qui continua :

- Disons que Jones ne supporte pas bien la détention aux droits communs, sourit-il, on a réussi à le faire parler contre accord de notre part

- Vous auriez dû le laisser pourrir en enfer ! M'énervais-je

- Écoute-nous, on l'a fait mettre à l'isolement juste pour les nuits.

- De quelle pièce à conviction s'agit-il? demanda Rick

- Jones nous a donné le nom d'un serveur sécurisé où Abbott avait stocké des photos et des films, reprit Kévin, Tory nous les a fait parvenir et nous les avons donnés à Phillips.

- Il y a quoi sur ces photos et ses films, m'angoissais-je

- C'est Gates, qui les a vus, on ne voulait pas voler ton intimité Beckett, annonça penaud Espo, mais elle nous a exigés de les faire parvenir.

- Avec le doute que laissait planer son ordure d'avocat, enchaîna Ryan, on ne voulait pas laisser passer cette preuve.

- Il doit y avoir des photos comme celle qu'il nous avait envoyé, celle où j'étais nue et ligotée, chuchotais-je plus pour moi-même

- Ça va aller, m'assura Castle

Me remettant en place, je revis toute ma détention : les décharges, les attouchements, les cris, les pleurs, mon Dieu, tout le monde risquait de me voir. Des films? Mais je n'avais pas vu de caméra.

- D'où provenaient les caméras?

- Apparemment de ta salle de détention, il ne les utilisait que par à-coups.

- Je ne les ai pas vues

- Comme on ne les avait pas vues pour le speed dating, il devait les installer quand tu étais entre deux eaux.

À sa dernière phrase, je vis le juge et l'avocat rentrer de nouveau dans la salle, tout le monde se remit en place. Le juge prit la parole :

- À la lumière des faits qui m'ont été exposé, j'autorise Maître Phillips a utilisé la preuve à conviction enregistrée au numéro : 944 566 C, dans cette affaire.

Suite à sa déclaration, je m'affaissais de plus en plus dans mon siège, redoutant le contenu de cette clé USB.