Hello:D

Voici ENFIN ce chapitre 17 des Blés', régalez-vous (j'espère):D

Note d'introduction : Pour le moment, le chapitre 18 est prêt et il y a un 19 en cours d'écriture et je peux même vous dire que je sais précisément ce que je vais mettre dans le 20. Par contre, après le 20 vous aurez soit l'épilogue, soit le chapitre 21 qui sera suivi d'un épilogue et ça y est, les Blés, ce sera fini...

Mais vous aurez probablement des Bonus que j'ajouterai au fur et à mesure qu'ils me viendront, et qui seront hors intrigue et prendront place dans le futur et concerneront l'enfance d'Anatole et Sylvestre.


Chapitre 17

Puffskein


Janvier 2017

Le Professeur Longbottom était mortifié. Après quelques mois d'infructueuses recherches visant à retrouver les enfants perdus, le Professeur Flitwick, qui était toujours un excellent enseignant en Sortilèges avait réussi à déterminer la cause de la disparition. Un matin de cette hiver glacial, il avait soudainement été inspiré et avait lancé toute une batterie de sorts dans l'un des dortoirs désertés. Il avait ainsi pu déterminer que la pièce était imbibée d'une magie qui n'était pas présente dans les autres locaux. Farouchement déterminé à en découdre quant à ce mystère agaçant, il avait procédé par élimination, cherchant la cause d'une telle concentration de magie. Après avoir constaté qu'aucun sort n'avait été jeté, ni qu'aucun sombre artefact n'était à l'origine de ce bouleversement, il avait invoqué, sans grand espoir, une formule déterminant si une potion n'était pas impliquée dans le coup. Il avait sursauté lorsqu'une légère brume violacée s'était rapprochée des murs, du sol et des meubles et avait recouvert entièrement les lieux. La suite avait été un enchaînement de déductions au sein de l'équipe professorale et il avait vite été admis, grâce à une mixture détectrice du Professeur Slughorn, que la potion de nettoyage était l'élément perturbateur.

Neville Longbottom avait rougi furieusement en se remémorant qu'il avait été celui qui avait réalisé la potion ménagère et l'avait malencontreusement laissé déborder. Pourtant, le maître des Potions supervisait l'opération et lui avait garanti qu'il n'y avait eu aucun échec. Ainsi, Neville avait reproduit la potion à l'identique à plusieurs reprises et s'était enfermé lui-même dans une pièce maculée du produit pour réparer son erreur en retrouvant les enfants. Malheureusement, rien ne s'était jamais produit de surnaturel, et il désespérait de pouvoir un jour réparer son énorme bévue. Il songeait à Lénore et Jeremiah, sa fille studieuse et son fils étourdi mais attachant, et soupira. Ils lui manquaient. Et il était persuadé que Ginny lui en voulait d'être le coupable de leur absence. Car s'il avait été clair pour le personnel de Poudlard que l'identité de Neville ne serait pas divulguée tant que toute cette affaire ne serait pas tirée au clair, le jeune professeur n'avait pas pu mentir à son épouse. Celle-ci l'avait consolé en lui assurant qu'il s'agissait d'un accident dont n'importe qui aurait pu être l'auteur mais il était persuadé qu'elle serait rancunière si elle ne retrouvait pas vite enfants ou neveux.

Il soupira encore une fois et inséra distraitement le dernier ingrédient dans la potion. Mais son bras se figea in extremis au-dessus du chaudron et il émit un son étouffé. Il avait failli mettre à nouveau de la Bave de Puffskein dans la préparation. Il trembla un peu en reposant la petite fiole et son bras se dirigea mécaniquement là où se trouvaient les écailles de sirènes. Sa main se referma sur du vide. Il jeta un coup d'oeil surpris à sa panière et constata avec horreur l'absence des éléments. Il ouvrit la

bouche en un rond idiot et son esprit fonctionna à plein régime pour comprendre ce qui avait bien pu se passer. Remuage trois fois... Remuage une fois... Remuage six fois... Non, il avait veillé à être bien concentré... Il avisa de son flacon de bave rempli jusqu'au bouchon et la lumière se fit. Quel crétin ! Il avait commencé par les écailles de sirènes ! Il pesta et s'apprêtait déjà à vider le contenu étrangement coloré comme il aurait dû être quand il se figea. Et s'il avait commis la même erreur le soir du Grand Débordement -comme il se plaisait à l'appeler dans ses moments les plus pathétiques- ? C'était tout à fait possible... La potion ne changeait visiblement pas de couleur si on changeait l'ordre d'insertion des ingrédients. Peste soit de la précision des potions !

Slughorn n'aurait donc rien pu voir ! Son souffle était erratique tandis qu'il fixait son flacon dans sa main. Il l'ouvrit et en versa le contenu d'une main fébrile. Le résultat ne se fit pas attendre : la potion

gonfla et une partie de celle-ci se déversa en dehors du chaudron et Neville n'osa pas crier de

victoire. C'était la première fois qu'il était content de rater une potion. Fébrile, Neville prit trois tubes à essai qu'il emplit de potion ratée et les ferma solidement pour ne pas en perdre le contenu. Il les glissa dans la poche intérieure de sa veste avec la recette qu'il ratura pour modifier selon sa méprise. Ensuite, il prit un balai et le trempant dans son chaudron, commença à badigeonner la pièce avec. Tout y passa : meubles, sol, murs, tout fut recouvert de potion. Un quart d'heure après qu'il eut fini, il constata, émerveillé, que les surfaces avaient absorbé toute la potion et aucune odeur ne subsistait. Le jeune homme ne put que songer que bien que faussée, la mixture était tout de même un excellent agent nettoyant. Il s'assit sur l'estrade de la salle de classe et attendit que quelque chose se passe. Il avait un peu peur ceci dit. Allait-il se désintégrer ? Étrangement, jusque ici, personne n'avait émis l'idée que les enfants aient simplement pu mourir. Ça semblait impossible. Lui-même avait un étrange picotement dans sa tête qui lui assurait que ce qu'il faisait était la chose à faire pour retrouver ses enfants, où qu'ils soient, et les ramener à la maison sains et saufs. Un doux sentiment d'apaisement commença à s'insuffler dans son corps, comme paralysant ses muscles et il glissa dans un sommeil profond une demi-heure plus tard. Il n'avait jamais si bien dormi, et pourtant, il savait qu'il était couché à même le sol. Il crut un instant que la pièce se retournait sur elle-même mais cela ne l'empêcha pas de se mettre à ronfler.


RWDM


Retour en Janvier 1997

Lucius découvrit Draco planté devant la cheminée. Par mesure de précaution, il appela un elfe pour que celui-ci verrouille l'accès au réseau de cheminette. S'il l'avait fait lui même en brandissant sa baguette, nul doute que Draco aurait cru à une attaque.

« Tu t'es finalement décidé à venir. Merlin, tu dois vraiment tenir à cette fille ! » Méfiant, Draco se contenta seulement de :

« C'est une amie. » Lucius, qui s'était avancé jusqu'à la table pour se servir un verre de whisky pur feu stoppa son geste et reposa la bouteille, se retournant lentement.

« Ne te moque pas de moi... Je sais de qui elle est la fille et par conséquent, je sais d'où elle vient.

Qui est-elle pour toi ?! » cracha-t-il finalement en le fixant de ses yeux furieux. Draco inclina légèrement la tête sur le côté, comme pour le jauger et Lucius n'eut qu'une envie, traverser l'espace qui les séparait pour coller une gifle assourdissante à son traître de fils. Mais il était un homme de maîtrise et attendit patiemment que l'autre se décide. Draco fit mine de capituler.

« C'est ma filleule. » Lucius arqua un sourcil. Il ne savait pas s'il devait être moins ou plus révolté qu'il ne l'était déjà. D'un côté, son fils n'était pas lié de manière matrimoniale à la progéniture d'un traître à son sang et d'une sang-de-bourbe... Mais de l'autre, il était manifestement un ami assez proche de ces derniers pour qu'ils lui confient le sort de leur fille...

« Je suis venu vous proposer un marché. » Lucius lui accorda un regard hautain. Si Draco croyait pouvoir négocier...

« Qui t'a suivi ici ? » Draco fronça les sourcils.

« Personne. Je suis venu seul.

-Qu'as-tu fait de ce Zabini de malheur ? » Il n'avait pas oublié la tête de l'autre élève qui pâlissait sous sa peau sombre lorsqu'il avait envoyé son patronus.

« Je me suis assuré qu'il ne se souvienne de rien, n'ayez crainte...

-Comment ?!

-Obliviate. Et un imperium sous polynectar pour qu'il prenne ma place et me permette de venir ici sans éveiller de soupçons. »

Sa voix avait beau utiliser différentes inflexions, Lucius savait sentir quand son fils récitait.

« Je me demande qui t'a soufflé l'idée. » Il avait fini par se verser un demi-verre de whisky mais n'en but qu'une maigre gorgée, ne cessant de fixer Draco pendant ce temps.

« Personne. Je sais retenir vos leçons. » Cette réplique n'était pas prévue et Draco s'en mordit les doigts quand ceux de son père fracassèrent sa joue droite. Il n'avait même pas eu le temps de le voir se rapprocher.

« Je t'ai déjà dit que la flatterie ne paie jamais avec moi ! Qui ?!

-Severus ! » lâcha Draco. Il pâlit singulièrement et Lucius s'autorisa un sourire ravi.

« Tiens donc... Quel intérêt aurait Severus à t'aider ? » Draco baissa les yeux.

« Aucun. Il m'a traité d'imbécile. Il ne me parle plus depuis que j'ai changé de camp. Dumbledore le tient à l'œil. » C'était un mensonge éhonté mais il sembla convenir à Lucius qui parut de plus en plus confiant.

« Bien... » Il avala une autre rasade d'alcool et avec une fausse voix bienveillante dit :

« Je t'écoute. » Draco inspira un grand coup.

« Tu relâches ma filleule et je me charge de la ramener à Poudlard et d'effacer les mémoires curieuses. » Lucius eut une moue déçue. Il avait pensé que Draco le connaissait un tant soit peu et qu'il ne lui prêterait pas une âme charitable. Mais la voix de l'adolescent titilla son orgueil quand il conclut :

« En échange, je m'engage à espionner au sein de l'Ordre du Phénix pour le Lord. »Lucius éclata de rire.

« Toi ? Espionner ? Tu n'as pas été fichu de répondre à sa mission. Tu nous a laissés ta mère et moi à sa merci. Tu n'es pas fiable Draco. » Le garçon pensa que cette dernière accusation était quand même grosse dans la mesure où Lucius était le plus grand lâche de tous les temps.

« A la moindre épreuve, tu t'enfuiras comme tu l'as fait à Noël et tu iras pleurer dans les robes de Dumbledore. » Draco ne se laissa pas emporter par la rancune ou la douleur et se décida à mettre un terme à ce discours contre-productif. Il savait de toute manière que s'ils traînaient davantage, son père comprendrait qu'il n'était qu'un moyen de gagner du temps pour aller libérer Paule.

« Je suis prêt à prêter le serment inviolable. » dit-il d'une voix posée. Lucius cessa de rire, ce qu'il avait commence à faire en disant « robes de Dumbledore ». Il étudia chaque pli du visage de Draco.

« Soit... Je devrais pouvoir trouver quelqu'un pour ça... » Draco frémit imperceptiblement.

Le sourire de son père l'inquiéta. Et cette intuition désagréable que quelque chose de fort contrariant allait se produire se confirma lorsqu'il entendit claquer les talons si reconnaissables sur le marbre poli du hall d'entrée. Bellatrix Lestranges fit son entrée, un sourire triomphant aux lèvres, et marcha jusqu'à lui en ondulant de ses hanches larges, car telle était sa démarche et elle croyait dur comme fer qu'elle était séduisante ainsi. Mais au contraire, Draco la trouvait seulement effrayante car cette élégance provocante qu'elle composait n'était que la métaphore démarchée d'un tempérament éruptif. Ils semblait d'ailleurs, que le rouge de ses lèvres n'était qu'une lave brûlante qu'un baiser transformerait en acide destructeur. Draco plaignait son oncle par moments... Il garda son calme lui adressant seulement un hochement de tête strictement poli.

« Oh mais qui voilà... Draco mon lapin... Un lièvre égaré hors de son terrier... » Il ne manqua pas l'allusion et se demanda avec horreur si son père aussi savait pour ses multiples liens avec les Weasley.


RWDM


Narcissa Black n'était pas souvent contrariée. Elle avait appris depuis sa plus tendre enfance à s'accommoder des aléas de la vie et à faire face aux obligations dues à son rang avec dignité et volonté. Mais cette fois, lorsque la porte des souterrains du Square Grimmault refusa de reconnaître sa magie et de s'ouvrir, elle fronça les sourcils, signe discret de son haut mécontentement. Elle appela Bijou qui se présenta à elle :

"Madame a besoin de Bijou ?" Narcissa hocha la tête et s'adressa à lui avec politesse. Son caractère doux mais ferme était très apprécié du petit être qui lui était entièrement dévoué.

"Peux-tu me dire si une protection magique a été posée sur la porte s'il te plaît ?" Le petit être disparut dans un bruit sonore et quelques secondes après, il se matérialisa à nouveau et semblait très paniqué alors qu'il énonçait à la va-vite :

"Monsieur Maître a croisé deux faisceaux pour savoir si Madame utilise la porte et pour fermer celle-ci." Narcissa plissa les yeux à la mention des deux liens magiques mêlés dont elle n'avait pas entendu parler mais sa mâchoire se crispa quand elle entendit que Lucius l'avait surveillée. Il n'avait

donc pas confiance en elle, davantage encore que ce qu'elle avait supposé. Cette confirmation de ses craintes quant au projet mis en place par son époux la conforta dans son idée de ramener la petite fille à Poudlard. La voix de celle-ci s'éleva d'ailleurs à ce moment là :

"ça veut dire qu'on est coincées ici ?" Narcissa lui sourit pour la rassurer et la ramena dans la chambre qu'elle occupait jusqu'alors pour lui servir une limonade fraîche afin de la distraire.

La mine inquiète de Paule ne disparut pas pour autant et elle laissa échapper entre deux gorgées :

"Il doit bien y avoir un autre passage..." A ce moment là, quelque chose s'éclaira dans le système nerveux de Narcissa. Une voix enfantine et joyeuse se rappela à elle et prise d'une intuition soudaine, elle s'accrocha à cette voix pour extraire un souvenir de sa tête avec sa baguette. Puis, elle fit appeler Bijou qui lui apporta une pensine de petites dimensions avec laquelle elle se déplaçait toujours lorsqu'elle s'absentait plusieurs jours du Manoir. Elle intima à la filleule de son fils de rester calme quelques minutes le temps qu'elle trouve une solution à l'aide d'un souvenir et plongea sa tête avec lenteur à travers la surface douce mais presque pâteuse du souvenir.

"Narcissa ! Narcissa ! Par ici !" Une petite fille aux cheveux blonds et aux yeux gris apparut devant elle et s'élança à la suite d'un garçonnet maigre au visage terne mais aux yeux emplis de malice.

"Sirius ne nous trouvera jamais là où je vais t'emmener." Le souvenir apparut plus clair dans sa mémoire. C'était une de ces semaines qu'elle avait passée, enfant, chez sa tante Walburga, une femme qui lui faisait peur et qui faisait pleurer autant son cousin Sirius que son cadet, Regulus. C'était celui-ci qu'elle poursuivait à travers les couloirs étroits mais luxueux qui composaient le Square Grimmault. Ils dévalèrent plusieurs séries de marches et elle dut trottiner pour les suivre dans ce songe qui un jour existât.

"Regulus ! Il fait trop noir par ici !" Le petit garçon, d'à peine six ans, s'arrêta pour l'attendre et lui prit la main.

"Ne t'inquiète pas, je connais les souterrains comme ma poche. Et Sirius a trop peur de ce que j'ai pu lui raconter sur les monstres pour nous suivre." La Narcissa de huit ans était sceptique. Sirius était plus grand que Regulus et se caractérisait depuis toujours par sa témérité maladive. Elle était d'ailleurs étonnée que Regulus, le plus froussard des deux, l'entraînât si loin dans les sous-sols de la maison.

"C'est père qui m'a dit de ne pas avoir peur. Il m'a expliqué que si le noir est inquiétant, c'est parce qu'on ne sait pas ce qui se cache dedans. Mais il m'a aussi dit qu'il a fait vérifier plusieurs fois la maison et qu'aucun épouvantard n'y vit. Nous sommes seuls." S'il était souvent silencieux et écrasé sous les paroles de son insupportable épouse, Lord Black était probablement l'oncle préféré de Narcissa. Il connaissait plein de choses et savait de bonnes histoires trépidantes et empreintes de morales originales et bien formulées. Alors si Oncle Lord affirmait qu'ils n'avaient rien à craindre, c'est que c'était vrai. L'adulte qui assistait au souvenir était étonnée de pouvoir lire si facilement ce qui se tramait dans la petite tête pensante de sa personne passée.

Une voix criarde et rieuse leur parvint alors.

"Guguluuuuuuuuuuuuuuuuuuus ! Cissy ! Je sais où vous êtes !" Sirius arrivait. Regulus pesta qu'il ait encore utilisé ce surnom hideux qu'il lui avait trouvé, simplement pour l'énerver. Elle chuchota fiévreusement, un peu comme un reproche :

"Je croyais que Sirius ne venait jamais de ce côté-là !" Regulus haussa les épaules.

"Il est tellement imprévisible." Regulus et Narcissa étaient les cousins les plus inséparables en particulier en raison de leur précocité commune. Ils utilisaient souvent des mots que les petits garçons et petites filles de leur âge ne comprenaient pas et s'amusaient encore moins à répéter après les avoir entendus de leurs parents. La Tante Walburga passait ses journées à crier sur Sirius et à le traiter "d'imprévisible". Autant dire que Regulus avait sauté sur l'occasion d'utiliser cet étrange mot qui ressemblait tellement à une insulte dans la bouche de sa mère.

"Par ici !" Narcissa releva les pans de sa robe pour accélérer et ne pas perdre de vue les deux bambins qui filaient à toute allure dans des conduits de plus en plus étroits et de moins en moins pourvus de fenêtres. La voix de Sirius se rapprochait pourtant davantage à chaque pas et au bout d'un moment, Regulus s'arrêta net.

"Attends ! On va l'utiliser ! Tu vas voir, ça va être marrant ! Je vais te le montrer ! Mais tu dois jurer de n'en parler à personne ! C'est un secret de Black !" Narcissa n'avait aucune idée de ce dont pouvait parler son cousin mais un secret de Black était la chose la plus secrète qui puisse exister, c'était son père qui le lui avait dit. Alors, curieuse et excitée à l'idée de posséder un secret de Black, elle avait promis et Regulus lui avait souri, la tirant en arrière, semblant aller à la rencontre de Sirius. Mais, alors que tout laissait croire qu'ils allaient le découvrir après le prochain virage, il la poussa contre un mur, à travers une porte qu'elle n'avait pas vu auparavant et referma derrière eux.

Il ne faisait aucun doute que Sirius avait dû entendre la porte claquer et qu'il allait débouler dans les secondes à venir. Alors, Regulus se dirigea vers une vieille commode en bois sombre et ouvrit le tiroir du milieu. Il en sortit une bougie ronde mais cinq ou six fois plus large qu'un simple cierge et la fixant avec sérieux, plissa le visage dans une moue concentrée jusqu'à ce qu'une petite flamme n'apparaisse au bout de la mèche et éclaire leurs deux visages enfantins. Alors, il se dirigea à nouveau vers la commode et prit un minuscule coffret qu'il ouvrit et après un clin d'œil malicieux. Il souffla sur le contenu qui s'avéra être une poudre noire qui les enveloppa tous deux et lorsque Sirius ouvrit en grand le battant, ils n'étaient plus. Le cœur de Narcissa-adulte s'arrêta de battre le temps qu'elle soit happée dans la deuxième partie du souvenir et le rire de Regulus résonna à ses oreilles dans la noirceur environnante. Elle l'entendit triturer quelque chose qui clinqua à ses oreilles et elle vit à nouveau le jour lorsque Regulus fit basculer le couvercle d'un coffre duquel il l'aida à sortir à sa suite. Elle pâlit.

"Où sommes-nous ?

-Dans le grenier. Nous sommes débarrassés de Sirius pour au moins une heure." Il était clairement fier de lui. Face à sa mine perplexe, Regulus daigna expliquer.

"Il y a plein de passages secrets dans le Square. Père dit que c'est pour nous protéger en cas d'attaque.

-Qui attaquerait les Black ?" demanda judicieusement Narcissa qui avait toujours entendu dire que sa famille était très puissante et incontestée parmi les sorciers.

"Je ne sais pas." dit Regulus puis il continua :

"En tout cas, tous les passages donnent sur ce coffre. C'est le dernier refuge qui existe dans la maison." Il regarda de tous côtés mais personne ne semblait les écouter. Il rajouta alors en mettant un doigt sur sa bouche :

"Mais chut..."

Narcissa fut tirée hors de son souvenir de manière assez violente. Face à elle, Bijou se répandait en excuses.

"Que Madame pardonne le misérable Bijou de l'avoir dérangée mais Monsieur Maître est devant la porte de la maison avec Madame Soeur." Narcissa pâlit singulièrement. Si Lucius faisait appel à Bellatrix, c'était qu'il était vraiment désespéré. Elle rassura le petit être en quelques mots :

"Merci Bijou. Peux-tu retourner au Manoir pour vérifier que Draco n'y est pas prisonnier ?" L'elfe secoua vivement la tête et s'éclipsa instantanément. Elle se tourna vers Paule qui avait tout observé sans rien dire. Elle prit d'autorité sa petite main dans la sienne et annonça :

"Il y a un autre moyen de sortir." Elle entraîna la jeune fille à sa suite, à la recherche d'une salle secrète dans laquelle attendait, elle l'espérait, une bougie depuis longtemps inutilisée.


RWDM


Lorsque Bellatrix pointa sa baguette sur lui, Draco sut qu'elle allait invoquer la légilimancie pour vérifier ses dires. Confiant en la capacité de Dumbledore pour créer de faux souvenirs viables, il ne s'inquiéta pas outre mesure. Ses vrais souvenirs étaient verrouillés par de puissants sortilèges qui ne risquaient pas d'être brisés par sa tante. En effet celle-ci effeuilla sans douceur les images qui s'entrechoquaient dans son esprit et Draco se contenta de ne pas résister pour ne pas souffrir inutilement. Mais alors qu'elle s'approchait de la zone sécurisée de son cerveau, au lieu de passer devant sans la voir, elle continua droit sur l'amas de films serrés les uns contre les autres derrière un puissant grillage à mailles serrées et jaugea l'ensemble comme si elle était capable de décerner sa présence derrière l'invisibilité du sortilège. La voix de l'odieuse sorcière résonna dans la tête de Draco alors qu'elle annonçait :

"Il semblerait, mon cher Lucius, que ton fils ait bénéficié des dons d'un très puissant sorcier." Il ne sut pas si son père répondit puisque celui-ci n'était pas dans sa tête et que tous ses sens semblaient tournés vers son être intérieur, le coupant assurément de tout ce qui n'était pas Bellatrix. Elle passa mentalement plusieurs fois devant l'accès farouchement défendu et Draco tenta vainement de la repousser, mettant en application les méthodes qu'elle-même lui avait enseignées.

Il eut l'impression qu'on lui jetait le doloris mais que celui-ci loin de n'être qu'une douleur physique, s'infiltrait dans son esprit même, violant la sécurité de ses pensées. Le rire gras et terrifiant de Bellatrix rugit pour rebondir sur toutes les parois de son crâne.

"Draco, Draco, Draco... Le légilimen crée toujours une brèche dans l'esprit de son élève !" Elle appuya quelque part avec violence et un mal de tête d'une violence inouïe secoua Draco qui convulsa sur le tapis même sur lequel il avait appris à marcher.

"C'est moi qui t'aies formé stupide neveu ! J'ai un droit de regard sur tout ce que tu penses !".

Draco laissa couler quelques larmes, ne pouvant supporter la souffrance qui irriguait son système nerveux. La barrière céda et la toute puissance de Dumbledore ne put rien à l'invasion barbare opérée par la redoutable Mangemort. Le jeune homme vit ses vrais souvenirs être dépouillés et analysés par le monstre familial et elle se retira de lui pour le laisser, exténué, gésir au sol.

Bellatrix se retourna vers Lucius qui attendait patiemment, bien que pressé d'en finir avec son héritier.

"Il n'est que l'appât !" Elle cracha ce mot avec hargne, visiblement inquiète quant à ce qu'elle avait découvert.

"La moitié de l'Ordre du Phénix sillonne actuellement le Square à la recherche de Narcissa !"

Lucius pâlit et tourna son regard sur son fils qui reprenait peu à peu conscience de ce qui l'entourait. Sa belle-sœur rappela :

« N'oublie pas que tu m'as promis la gosse ! » Draco, qui était toujours mal en point se redressa, horrifié par les propos de sa tante. Lucius, agacé, fit claquer sa langue :

« Ne t'en fais pas pour ta récompense... Tu l'auras une fois Narcissa neutralisée. »

Vipérine, elle décida de le contrarier pour le punir de cette condescendance hautaine. Son rire résonna, annonciateur de révélations dérangeantes :

« Une femme insoumise qui passe chez l'ennemi et un fils homo qui s'acoquine d'un traître à son sang ! Mon pauvre Lucius, tu es vraiment... » Elle marqua un temps et susurra :

« Un faible. » Ce fut la dernière chose que Draco entendit avant de recevoir de plein fouet un sort provenant de la baguette de son père, sombrant ainsi dans l'inconscience.


RWDM


"Ouille !" le double cri simultané fit ouvrir les yeux des deux personnes l'ayant poussé et Wilhelm découvrit Nymphadora devant lui avec perplexité. Ils étaient enfermés dans un espace réduit et non éclairé hormis par de petits trous probablement insérés dans les parois pour mieux respirer. Ils se dévisagèrent sans comprendre comment ceci avait pu arriver et chacun voulut s'expliquer en même temps :

"Absorbé !" Ils sursautèrent puis rirent légèrement, soulagés par la similarité de leurs situations.

Soudain, ils entendirent des voix et se turent, prudents. Avaient-ils trouvé le passage menant au repaire de Narcissa Malfoy ? Nymphadora repoussa le plus jeune contre la paroi pour se mettre en avant, sa formation d'auror garantissant une plus grande capacité à gérer une éventuelle attaque.

Bientôt les voix se précisèrent et la jeune femme reconnut le timbre grave et concerné de son petit-ami. Elle cria :

"Remus !" Les voix continuèrent comme s'il elles ne la percevaient pas et Wilhelm se mit à crier avec elle en identifiant l'autre interlocuteur comme étant Harry. Ils frappèrent contre les murs métalliques, matière qui les étonna grandement, et finalement, leurs efforts portèrent leurs fruits puisque une grande lumière les aveugla avant de leur rendre leur vue quelques minutes après, laissant apparaître Remus et Harry, tous deux baguettes brandies vers eux, dans l'expectative.

Harry fut le plus rapide et tendit la main pour les faire sortir de l'étroite prison qui les retenait jusque là. Ils sortirent aidés de Remus et lorsqu'ils se retournèrent vers leur cage, ils eurent la stupéfaction de se trouver face à un petit coffre minuscule. Wilhelm balbutia :

"Nous étions là-dedans ? Mais ce n'est pas..." Harry murmura :

"J'ai déjà vu ce genre d'artefact en quatrième année. Barty Croupton Junior avait enfermé Fol Œil dans un meuble similaire lorsqu'il avait pris son identité." Le jeune homme face à lui hocha la tête et l'auror à ses côtés grinça des dents. Elle était toujours un peu protectrice quand on évoquait son

mentor. Remus ne perdit pas de temps et demanda :

"Que s'est-il passé ?" Chacun évoqua son cas et les deux autres sourirent avec satisfaction.

"Ce qui fait que nous avons localisé au moins deux portails des anciens Blacks." Remus leur évoqua le récit de Sirius et Nymphadora, comme il s'y attendait, confirma que sa mère n'avait jamais entendu parler de l'existence de tels instruments dans quelque demeure Black qu'elle connaisse." Ils n'eurent pas le temps d'émettre des théories car Hermione déboula dans le grenier, essoufflée, et poussa une exclamation soulagée en avisant de Tonks qui était en vie et en bonne santé. Elle fronça les sourcils en découvrant son propre fils mais se reprit bien vite :

"Mais bien sûr ! J'aurais dû m'en douter ! Les Weasley, de par Septimus, le père d'Arthur, sont des Black de sang." Harry fixa son amie, ahuri.

"Tu connais la généalogie des familles de sang-pur ?" Elle le sermonna :

"Enfin Harry, tu dois bien te souvenir de la tapisserie des Black !" Le garçon hocha lentement la tête, incertain.

"Ne me dis pas que tu ne l'as jamais observée plus en détail !" Le garçon secoua la tête de gauche à droite piteusement. Il se souvenait seulement avoir été dégoûté en Cinquième Année lorsqu'il avait découvert que Malfoy était un petit cousin de Sirius. Il émit un couinement écœuré :

« Mais ça veut dire que Ron et Malfoy sont cousins ! » Hermione fit la moue.

« En réalité, sa grand-mère paternelle était la sœur du grand-père de Draco. Ils ne sont que petits-cousins.

-Sirius et Arthur sont cousins ? » gueula Harry, perturbé par cette idée. Hermione leva les yeux au ciel.

« Effectivement. Mais je ne pense pas que nous ayons le temps de nous en préoccuper. » [1]

Harry prit sur lui pour mettre de côté ses considérations généalogiques et ils envoyaient un patronus à Molly pour la rassurer quant au sort de Wilhelm. Mais alors qu'ils allaient se séparer à nouveau pour continuer à chercher, un petit chien galopa depuis les escaliers dans leur direction et la voix légèrement paniquée de Ron sortit de sa gueule pour annoncer avec angoisse :

"Protections de l'entrée malmenées ! Lucius Malfoy et Bellatrix Lestranges détectés !" Harry et

Remus se jetèrent dans l'escalier pour se précipiter au rez-de-chaussée, Hermione et Tonks sur les

talons. Ils intimèrent à Wilhelm de rester dans le grenier qui avait été décrété sûr et envoyèrent

Molly avec lui lorsqu'ils la croisèrent au second étage.


FIN DE CHAPITRE


Notes de Fin :

-Haem... Oui, vous avez vu... J'ai pas résisté... J'ai nommé le chapitre ainsi. Je crois que cette bestiole m'aura définitivement traumatisée. Je pense qu'on pourrait réunir toutes mes fics sous la bannière : « La Saga du Puffskein » xD.

-Alors, en toute franchise, il est tout à fait possible que j'aie utilisé « Londubat » jusque ici pour parler de Neville. Allez savoir pourquoi, moi qui préfère les noms d'origine, j'arrive pas à intégrer qu'en anglais pour Neville c'est Longbottom. J'ai donc utilisé ce nom-là dans ce chapitre.

-Pour le passage avec Narcissa, j'ai adoré créer ce souvenir et amener la résolution de cette manière avec le fait que se soit la seule Black (lignée principale comprise, j'entends par là celle des parents de Sirius) à connaître l'existence de ces couloirs spatiaux.

-Je suis assez mécontente de ma scène avec Bellatrix et Draco. Je l'ai réécrite plein de fois sans la trouver bien et c'est à cause de cette chipie que vous avez du attendre une semaine et demi de plus pour avoir la suite.

-Je suis assez contente de la scène Wilhelm-Tonks qui ne devait pas être écrite de cette manière à l'origine mais qui au final me satisfait plus que mon idée de base (qui était de l'écrire du point de vue de Harry et Remus qui voyaient le coffre bouger).

-J'ai réussi à placer un personnage que j'aime énormément dans les propos d'un personnage des Blés'. Que ceux qui devinent de qui il s'agit fassent le rapprochement avec une des annonces effectuées sur mon profil ;)


[1] Alors... Après vérification sur hpwiki (qui propose un document source de JKR en image), l'arbre généalogique des Black révèle que quelqu'un entre Orion (père de Sirius) et Cygnus (père de Narcissa) a été rayé de l'arbre. Il s'agirait, après rapprochement d'infos, de Cedrella (une fille donc), qui aurait épousé Septimus Weasley (père d'Arthur) et aurait ainsi été considérée comme traître à son sang. D'ailleurs, à l'occas', je vous conseille de jeter un œil à l'arbre des Black, ils sont liés à toutes les familles de Sang-Pur existantes, c'est assez hallucinant (même avec des Crabbe YEW xD)


N'hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous avez aimé, ce que vous n'avez pas aimé, ce qui vous a frustré, qui vous aimeriez davantage voir dans la fic, qui vous ne voulez plus voir, et à poser des questions si certaines choses manquent de précision ;)

Prochain chapitre, le 20 Juin 2014.


P.S : Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, je réponds aux reviewers de l'ombre (non-inscrits) sur mon profil et j'ai crée un compte facebook spécialement pour l'actualité de mes fics sur Fanfic, l'adresse est disponible sur mon profil.