Chapitre 24 : La vie sexuelle de Roméo et Juliette
-Eh! Vous n'êtes pas encore rassasiés ? Brailla Emmett.
-Je le savais. Marmonnais-je, m'humilier une fois ne lui suffisait pas, il fallait qu'il recommence inlassablement.
Edward ignora prodigieusement son frère, me prit par la main et n'emmena vers la cuisine. Il fouillait dans les placards à la recherche de quelque chose de comestible. Je le laissais se démener quelques minutes et vint à sa rescousse. Je pris les commandes et me préparais un repas. Emmett s'adossa contre le mur pendant que je mangeais.
-Toujours autant affamé hein ?
Je le regardais, la fourchette en arrêt entre l'assiette et ma bouche, reconnaissant précisément ce mot. Je passais par toute les couleurs pour la plus grande joie d'Emmett. Il avait repris volontairement l'expression d'Edward. Oh Mon Dieu! Il avait entendu ça alors quoi d'autre ?
-Emmett ! Gronda Rosalie. Fiche leur la paix espèce de voyeur.
Rosalie me sourit discrètement et tira Emmett avec elle en partant.
-Je te déteste Emmett. Dis-je doucement sachant qu'il m'entendrait.
Je l'entendis pouffer. Je finis mon repas et débarrassais. Nous nous dirigions vers le salon quand Alice m'intercepta. Edward continua sa route suite à une geste d'Alice qui lui indiquait clairement de déguerpir.
-Tu va vénérer le jour de ma naissance. Dit-elle en me mettant discrètement un bout de papier dans la main.
Je l'inspectais une fraction de seconde avant de réagir. C'était ma liste. Je serrais Alice dans mes bras soulagée.
-Tu m'as sauvé la vie, Edward m'avait dit qu'Esmée...
-Je suis passée avant. Coupa t-elle. J'ai pu aussi observer qu'il n'y avait pas que tes vêtements au sol. Insinua t-elle.
Je détournais la tête. Edward assis dans un fauteuil du salon nous observé attentivement. Je fourrais rapidement le papier dans une de mes poches.
-Ne t'occupe pas de lui. Il ne comprend rien à ce que nous fabriquons. M'assura Alice.
Edward plissa les yeux.
-Penses à autre chose. Chuchotais-je à Alice.
-Ne t'en fais pas. Dit-elle en adressant un clin d'œil à Edward qui se renfrogna. Parlons de choses plus intéressantes. C'était comment ?
-De quoi est-ce que tu parles ?
-Edward, toi, le bain et...
-Alice. M'offusquais-je. Cela ne te regardes pas !
-Il était comment ? Dit-elle en ignorant ce que je venais de lui dire.
-Mais c'est ton frère !
-Bon d'accord...mais tu es ma meilleure amie. Dit-elle en me faisant ses yeux de chien battu.
-On en reparlera plus tard. Coupais-je.
-Pfff. De toute façon je le sais déjà...
-Quoi !
-J'ai une idée. Éluda t-elle.
-Tu as tout vu ?
-Et si on regardait Roméo et Juliette ce soir ?
-Alice ne change pas de conversation.
-C'est toi qui a voulu que l'on change de conversation en plus c'est te rendre service que de vouloir voir ce film. Dit-elle faisant allusion à la liste.
-OK. Cédais-je.
-Je vais le chercher.
Elle parti comme un boulet de canon et moi je m'assis aux pieds d'Edward, au sol.
-Toi tu me caches encore des choses...Me chuchota Edward.
-Mais non ! Mentis-je.
-Tu comptes vraiment lui en parler plus tard ? Changea t-il de sujet sachant que je ne répondrais pas, j'étais butée et il le savait pour l'être tout autant.
-Lui parler de quoi ? Il me lança un regard suggestif et je rougis. Oh...euh je ne sais pas, elle sait déjà tout mais je ne pense pas vraiment pouvoir échapper à un interrogatoire...
-En effet. Elle veut tout savoir en détail et elle prévoit de s'attaquer à toi lors de ton enterrement de vie de jeune fille.
-Devant toutes les autres ! Mais c'est de la curiosité malsaine !
-Je t'ai entendu. Cria Alice.
Alice redescendait avec Jasper et le DVD.
-Elle n'a pas tort. Me soutint Jasper. J'ai ressenti leur... désir et cela m'a amplement suffit. J'ai d'ailleurs eu un mal fou a ne pas sauter sur Alice...
-Tu n'aurais pas du te retenir. Sourit celle-ci mutine.
-Et moi j'ai entendu ! Renchérit Emmett.
-Toi tu as surveillé, c'est différent. Intervint Rosalie.
-Bon je vois que tout le monde a vu, entendu et ressenti. On pourrait parler d'autre chose que de ma vie sexuelle et celle de Bella. S'énerva Edward.
-Te mets pas en colère frérot, tu verras avec le temps tu t'amélioreras. Je pourrais t'apprendre quelques trucs...
-Emmett ! Sors immédiatement ces images de ta tête ! Hurla Edward.
-Bon on le regarde ce film ? Demandais-je rapidement, morte de honte.
Emmett ronchonnait à l'idée de regarder à un film de filles comme il disait alors que Rosalie était enchantée. J'étais étonnée d'apprendre qu'elle n'avait jamais vu Roméo et Juliette. Carlisle était revenu de l'hôpital et s'installa sur un canapé, heureux de partager un moment tous ensemble. Esmée m'apporta un petite couverture et quelques oreillers. Je m'installais confortablement par terre malgré les multiples protestations d'Edward qui en parfait gentleman voulait que je prenne sa place. Les lumières éteintes, les images défilaient sur le grand écran. Emmett se moquait de moi en voyant mon émotion. Je faisais mon possible pour l'ignorer. Edward descendit de son fauteuil et s'assit derrière moi. J'étais entre ses jambes et ses bras m'entouraient.
-Je te préviens si tu viens si près de moi, ce n'est pas pour critiquer Roméo. Chuchotais-je.
-Ce n'est absolument pas pour ça. Dit-il malicieux en me serrant encore plus contre lui et en embrassant mon cou. Mon cœur bondit dans ma poitrine. On aurait dit qu'il rebondissait d'avant en arrière comme une balle de ping-pong.
-Edward si tu n'es pas capable de maitriser tes émotions éloigne toi d'elle bon sang ! S'exclama Jasper.
Edward sourit discrètement tout en m'embrassant derrière l'oreille. Mon cœur continuait ses tambourinements, il résonnait dans mon corps et il me semblait qu'Edward pouvait le ressentir en étant si près de moi.
-Mais c'est pas vrai, fais taire ce boucan ! M'apostropha Rosalie énervée d'être interrompu dans son film, qui semblait soit-dit en passant bien lui plaire.
-J'aimerais bien. Soufflais-je. Mais pour ça il faudrait que mon cœur cesse de battre...et ce n'est pas pour tout de suite.
Automatiquement Edward resserra sa prise autour de mon buste, comme-ci il voulait s'assurer que j'étais bien là, seine et sauve.
-Enfin si Edward ne m'étouffes pas avant...
La belle blonde retourna comme toute la famille, y compris Edward qui ce tenait désormais à carreaux, au film. A un moment je vis Jasper jeter un regard accusateur à Edward, mon amoureux leva les paumes en l'air en signe d'innocence ou d'impuissance peut-être.
-Qu'est-ce qu'y ce passe ? Demandais-je.
-Pire qu'Emmett. Se contenta de répondre Jasper.
-Pire que moi ? En quoi ? Se réveilla celui-ci.
-Je ne suis en aucun cas pire que lui, je n'ai absolument rien fait. Se défendit mon amour.
-Et tu va aussi me dire que tes pensées sont pures et chastes.
-Tout a fait !
-Menteur ! Vocalisa Alice.
-Qui lit dans les pensées ? Pas toi il me semble...
-Non mais moi je peux voir tout ce que tu t'imagines, prévois...Je ne t'aurais jamais si...Boom chica woua woua.
-Tu es sensée de plus rien voir !
-Ne me dites pas qu'Edward est devenu chaud comme la braise ! Rigola Emmett.
-Très drôle le jeu de mot. Ironisa Jasper. Mais c'est à peu près ça.
-N'importe quoi. Pourquoi te focalises-tu sur mes émotions, je ne suis pas seul dans cette pièce !
-Je ne me concentre pas sur toi, ce sont tes émotions qui prennent possession de moi. Elles sont bien trop puissantes, c'est vraiment gênant de ressentir ça ! Et puis tu es le seul à en ressentir de telles, Bella est plutôt émue et triste comme la majorité des personnes ici par ce film...
-Pas MOI ! Prononça Emmett.
-Non pas toi c'est sur...Marmonna Rosalie.
-Laissez un peu Edward et Bella en paix. Intervint Carlisle.
A ce moment précis j'aurais voulu me jeter à ses pieds pour le remercier et lui montrer toute ma gratitude. Le calme revint doucement, je me replongeais dans l'histoire. Décidément même regarder un DVD avec des vampires ne pouvaient se faire normalement.
Comme à chaque fois que je voyais ce film mes larmes coulèrent à la mort des deux protagonistes. Je me sentais si proche deux, tellement capable de mourir pour Edward. Ce moment d'émotion fut brisé brutalement par Emmett qui sautant sur ses jambes s'étira bruyamment.
-Croyais moi ou pas mais ça faisait un baille que j'avais pas eu l'impression de m'endormir !
-Aucune sensibilité. Se désola Rosalie.
Carlisle et Esmée partirent main dans la main vers l'extérieur, Alice et Emmett les suivirent. Surement chasser, il n'avait pu le faire ce matin étant donné qu'il ne fallait me laisser seule. Je repensais à mon rêve, fallait-il que j'en parle ? J'avais eu la tête ailleurs depuis mais si c'était vraiment les Volturis qui nous menaçaient ? Je secouais la tête, inutile de paniquer tout le monde. Un cauchemar rien de plus.
Edward se leva et me porta, j'emportais avec moi le plaid. Il rigola. Il nous allongea sur le canapé. Jasper monta à l'étage et Rosalie disparu je ne sais où. Edward me caressait les cheveux alors que, mon menton posé sur son torse, je l'admirais. Mon esprit était vide de toutes pensées, seul lui y demeurait. Sa peau, sa voix, ses mains, sa bouche, ses yeux... Je clignais des paupières, revenant dans le monde réel. Je passais rapidement mon regard sur toute la pièce évitant de retomber dans les profondeurs de son regard topaze quand une chose en mouvement m'interpela juste derrière Edward et me fit sursauter. Edward me scruta et se releva sur ses coudes, m'entrainant au passage avec lui. Il tourna la tête, regardant dans la même direction que moi.
-Je ne vois rien.
-Je n'ai jamais dit que j'avais vu quelque chose.
-Bella tu m'as promis de ne plus rien me cacher et pourtant tu ne fais que ça.
-C'est faux !
-Tu manigances quelque chose avec Alice, et ce quelque chose se trouve dans cette poche. Dit-il en tapotant sur celle-ci.
Je retirais vivement sa main de crainte qu'il ne cherche à me prendre la feuille.
-Ne t'en fais pas, je suis curieux mais si Alice est dans l'histoire ce ne peut être vraiment...un risque, enfin je l'espère. Non, ce qui m'embête et que tu as peur de certaines choses et tu ne m'en parle pas.
-Je sais...mais je suis peut-être victime d'hallucination, après tout je suis la seule à le voir, le « sentir ». De plus mes rêves ne sont pas une preuve...
-Ne doute pas de toi. Tes rêves ?
-J'ai encore rêvé de lui.
-Raconte moi.
-C'est inutile, ce n'était qu'un cauchemar.
-Raconte moi. Répéta t-il doucement.
-C'était ce matin, dans l'herbe. Je me trouvais dans ta chambre, la maison vide et il était là.
-C'est tout ?
-Il a dit qu'il serait bientôt là, qu'il me...voulait ensuite il n'a plus parlé.
-Pourquoi n'a t-il plus parlé ? Demanda t-il plus durement. Je crois qu'il n'avait pas apprécié le terme « me vouloir ».
-Il est passé à l'action. Tentais-je de plaisanter.
-Quoi ? Il t'a bl…
-Un cauchemar Edward. Rien de plus. Je ne veux plus y penser. Change moi les idées. Dis-je malicieusement.
Il replaça le plaid sur moi et m'embrassa, mais je le sentais ailleurs.
-Arrête de réfléchir.
-Je m'inquiète pour toi.
-Comme toujours. On fait quoi ?
Je voulais bouger, m'occuper l'esprit et surtout celui de mon cher et tendre. Edward réfléchit avant qu'une petite ampoule ne clignote subitement au dessus de sa tête, métaphoriquement parlant bien sur.
-Camper ça te dit ?
-Camper ? Moi ? Riais-je amer. Vraiment une mauvaise idée.
-Mais non je t'assures, c'est très agréable. Je connais un endroit à quelques heures de route d'ici, le temps y est considérablement plus doux et le site magnifique.
-Doux comment ? Questionnais-je soudain intéressée dès qu'il s'agissait de températures plus hautes que celles de Forks.
-Plus chaud qu'ici, assez pour dormir aisément dehors.
Je souris. Du beau temps, enfin mieux que dans cette bourgade tout du moins. Ce qui en y pensant n'étais pas si difficile que ça au final.
-Et puis ce serait un moyen d'être rien que tout les deux avant le mariage...
-Alors là tu titilles ma corde sensible. Rigolais-je. Mais...le vampire ? Me ré-embrumais-je aussitôt.
-Malheureusement je suis impuissant, il est vrai que t'éloigner du reste de la famille n'est peut-être pas fort judicieux mais que nous restions ici ou ailleurs le danger est le même. Je saurais te protéger. Asséna t-il avec conviction. Et en cas de problème le reste de la famille ne sera pas très loin. Je, nous avons tous un vraiment préssentiment, je sens qu'il faut que nous bougions. Rester enfermer ici serait lui permettre par notre monotonie de préparer un plan.
-Et les animaux ?
-Quoi les animaux ? S'étonna t-il surpris par le brusque changement de sujet.
-Et bien...pour ceux qui ne finirons pas par passer entre tes dents, il y en a des dangereux là-bas ? Parce que je serais capable de tomber sur le seule mygale géante venimeuse de l'état de Washington, ou imagine un moustique mutant ! Et la tente, je ne saurais surement pas la monter. Je risquerais de finir embrochée sur un piquet ou encore mourir étouffée sous la bâche...
Je me stoppais alors qu'Edward s'esclaffait sans vergogne.
-Je ne plaisantes qu'à moitié tu sais ?
-J'en es conscience. Mais crois-tu que je laisserais une araignée, un piquet (Spike hihihi dédicace à MMSHC) ou une tente s'en prendre à toi ?
-Tu as oublié le moustique, n'oublions pas le moustique ! Mais probablement pas non. Souris-je.
-Alors le problème est réglé. Je vais préparer le matériel et la Jeep pendant que toi tu files te changer et préparer un sac.
Nous nous levâmes.
-Juste pour une nuit ?
-Oui...à moins que je ne décide de te garder prisonnière. Sourit-il.
-Je vide l'armoire ! Criais-je en courant vers la chambre.
Edward rigola. Je n'eus aucunement besoin de rentrer dans la chambre et encore moins dans le dressing sur-dimensionné. Deux sacs étaient déjà posaient devant la porte. Un pour moi et l'autre pour Edward. Je redescendis avec. Edward me les prit des mains.
-Tu as fait vite. S'étonna t-il..
Je n'ajoutais pas que lui de même quand on songeait que le temps que je montes et redescendes les marches, il avait eu le temps de sortir la Jeep du garage et remplir le coffre de matériel pour le camping.
-Pas moi. Le corrigeais-je.
-Alice. Dimes d'une même voix.
Celle-ci rappliqua en quelques secondes en sautillant. Drôle de façon de se déplacer, néanmoins très gracieuse.
-Vous avez dit Alice ? Sourit-elle.
-Merci. Répondis-je en désignant les sacs.
Alice ne répondit pas, elle se mit sur la pointe des pieds pour embrasser son frère puis me prit dans ses bras.
-Nous ne sommes pas encore parti, il faut que je me change. Dis-je à Alice.
-Oh oui ! Je t'ai mis le nécessaire dans le sac, tu te changeras dans la voiture.
-Dans la voiture ? Pourquoi pas maintenant ?
-Tu ne devrais pas être en train de chasser ? Questionna Edward m'ignorant.
-C'est fait ! Nous sommes d'ailleurs déjà tous rentré. Est-ce que les jeunes amoureux n'ont pas la même notion du temps que le reste du monde ?
Emmett arriva, tapa l'épaule de mon adonis et m'ébouriffa les cheveux.
-Pourquoi je devrais me changer dans une voiture alors que je peux le faire ici avant de partir ! Criais-je presque pour attirer l'attention.
-Car si vous ne partez pas dans les 5 minutes vous ne sortirez plus de Forks, une tempête va se lever et en voiture ce n'est pas prudent. Vous avez juste le temps, si Edward roule comme à son habitude de quitter la ville et donc de passer à travers.
Une tempête à Forks ? En même temps pourquoi m'étonnais-je, cet état réunissait ce qui existait de pire comme conditions météorologiques.
-On ne peut pas camper si il y a une tempête. Observais-je.
-Le vent ne soufflera pas où vous allez. Assura t-elle.
-Tu n'as plus aucun problème avec tes visions ? L'interrogea Edward.
-La météo, les bricoles toujours aucun soucis. En ce qui concerne le reste... je suis toujours aveugle.
Elle semblait si désolée de ne pouvoir nous aider. Ce n'était pourtant pas de sa faute, on ne savait pas à qui en vouloir d'ailleurs pour ces désagréments. Bientôt peut-être...
-Bon il faut que vous y alliez. Dit-elle en changeant de sujet, pleine de vie de nouveau.
-Pas de bêtises hein ? Dit Emmett. Rien que je ne ferais.
-On a de la marge alors. Souris-je.
Edward m'entraina par la taille, m'ouvrit la portière passager. Je sautais à moitié pour parvenir à grimper sur le siège de la Jeep. Mon adonis vint s'asseoir derrière le volant, me prit des mains les sangles de sécurité et les attacha, il fit de même pour lui.
-Et attention à ma Jeep ! Pas de cochonneries à l'intérieur surtout. Brailla Emmett.
Je lui lançais un regard noir puis le moteur gronda, faisant vibrer mon siège et les roues se mirent en mouvements. Ce qu'il pouvait être lourd.
