Fatal words
De retour à Lima Blaine se plongea dans les préparatifs du déménagement à New-York. Son père avait pu ravoir l'appartement de départ, celui qu'il avait trouvé avant que Blaine ne lui dise d'à la place en chercher un destiné à trois personnes. Ou il n'avait jamais laissé de coté sa trouvaille ou il avait utilisé son pouvoir de persuasion pour faire le bien, Blaine n'avait pas demandé. Il était juste heureux d'avoir un endroit où ils pourraient tous les deux, Sam et lui, se rendre à leur école facilement.
Ils avaient déjà prévu de passer tout leur été là-bas, une décision pratique er rationnelle que Blaine aurait de suite évité si cela avait voulu dire qu'il devait se séparer plus tôt de Sam que nécessaire. Mais ce n'était pas le cas, et il pouvait donc bien se laisser aller à la plaisante anticipation d'une toute nouvelle vie dans une nouvelle ville, où de trépidantes (et probablement épuisantes) années à la Nyada l'attendaient.
Et puis il y avait Sam. Rétrospectivement Blaine ne trouvait pas que cela avait été très romantique d'avoir leur (plus ou moins) première fois dans la précipitation, avec leurs habits sur eux et dans la chambre qu'ils avaient partagé avec quatre autres garçons. Mais il ne le regrettait pas non plus. Il en était juste venu à considérer cela comme un autre élément précurseur du sexe à proprement parlé.
Mais la meilleure chose dans tout ça était que Sam ne se montrait plus reservé. Du tout.
- Ce serait bizarre de le faire avec tes parents dans la maison, lui dit-il, la dernière soirée de mercredi avant que le lycée ne prenne fin et ne laisse place à l'été.
Ils étaient en train de faire leurs devoirs au sol. Blaine se redressa dans une positon assise et étira son dos, pas certain d'avoir bien entendu.
- Quoi ?
- On ne peut pas le faire où je vis non plus. Est-ce que ça veut dire qu'on doit attendre New-York... Encore ?
Sam machouillait le bout de son stylo en regardant le sol.
- Il ne reste qu'une semaine avant qu'on déménage, dit Blaine.
Il renfouit son excitation sur les apparents projets d'inauguration de leur appartement qu'avait Sam et se reconcentra sur ses devoirs. Enfin, essaya de se concentrer. Et échoua lorsque Sam lança plus loin son stylo et bailla :
- Bon sang, Blaine, j'ai des besoins.
- Wow, très romantique, s'entendit dire Blaine.
- Oh je t'en prie, dis-moi que tu n'as pas eu des pensées coquines depuis samedi dernier.
Blaine n'avait jamais imaginé qu'il serait timide quand viendrait le moment de parler de sexe. Mais il avait non plus jamais imaginé en parler. Avec tous ses anciens petits amis ils n'étaient jamais allés très loin dans le partage de discussion sur la partie physique de la chose. Sa première fois avait été avec un garçon avec qui il n'était sorti que très peu de temps, et il n'avait même pas su que c'était la premiere fois de Blaine. Et puis il y avait eu Kurt, et cette fois-ci cela avait été sa première fois à lui. Le fait que ce soit lui était plus ou moins la seule chose qui importait. Avec Nick, eh bien... C'était juste physique.
Maintenant Sam. Blaine avait trop pensé à lui et s'était retenu trop souvent et trop longtemps pour que ce ne soit pas étrange d'aborder le sujet ouvertement.
Il s'éclaircit la gorge :
- Bien sur que oui.
- Ah oui ? Genre quoi ?
- Sam, pense-tu vraiment que le moment soit approprié ?
- En fait, oui, dit Sam en s'appuyant contre le lit derrière lui. Tu veux savoir ce que j'en pense ? Je suis plutôt curieux de savoir quel effet ça ferait de toucher ta queue. La seule queue que j'ai jamais touchée c'est la mienne. Peut-être que tu pourrais toucher la mienne aussi. On pourrait se mettre nu et chacun toucher la queue de l'autre.
- Ok, dit Blaine en regardant ses feuilles.
La chaleur était soudain monté dans sa tête et dans son bas-ventre et il n'y avait clairement aucune chance qu'il ne soit pas devenu rouge comme une tomate.
- Je ne sais pas encore comment le sexe marcherait. Comment on procède avec deux garçons ? Est-ce que l'un d'eux doit... Dans son cul ? Parce que j'ai vraiment du mal à croire que ce soit plaisant. Est-ce que ça ne fait pas mal ?
Blaine s'éclaircit la gorge.
- Personne ne doit faire quoique ce soit. Il n'y a rien qui se fait ou ne se fait pas, et ce n'est pas que du sexe si ça se borne à imiter l'acte sexuel hétéro.
- Oh. D'accord.
Sam se mordit la lèvre, et regarda simplement Blaine.
Mais ça combiné au sujet qu'ils venaient tout juste d'aborder était suffisant pour que sa température interne grimpe encore plus. Ses mains tremblaient un peu (il pouvait facilement le cacher heureusement) et il sentait ses genoux faibles.
- Donc... Est-ce que tu veux... Qu'on aille boire un verre ?
- Genre, maintenant ? demanda Blaine avec des yeux ronds.
Sam ne pouvait décemment pas lui parler pour le mettre en condition et ensuite avoir brusquement envie de sortir.
- Oui, maintenant ! C'est moi qui offre. C'est un rendez-vous. Un rendez-vous romantique pas vrai ?
Blaine sourit, comprenant de quoi il s'agissait. Il s'était plaint du manque de romantisme juste quelques minutes plus tôt alors...
- Est-ce que tu ne ferais pas ça pour t'attirer mes faveurs ?
- Noon. Qu'est-ce que tu vas penser ? Je suis juste comme tous les adolescents qui ont un petit ami sexy et veulent simplement des rencards sans jamais rien qui ne se passe entre les draps. Meec ! (Sam roula des yeux) Evidemment que je cherche à m'attirer tes faveurs.
- Je suis flatté, répondit Blaine.
Il rampa jusqu'à Sam et se mit à califourchon sur lui, laissant ses lèvres roder près des siennes. Il les effleura quand il parla :
- Juste aujourd'hui c'est d'accord pour ne pas être romantiques, murmura-t-il.
- J'aime le romantisme aussi, tu sais, rappela Sam.
- Oui, je sais, dit Blaine.
Quand il laissa finalement ses lèvres se plaquer sur celles de Sam il sentit deux mains venir sur ses fesses.
Aujourd'hui il n'y avait pas moyen que les choses aillent très loin. Comme Sam l'avait fait remarquer les parents de Blaine étaient à l'étage du dessous et ce serait dommage qu'ils aient encore un rapprochement précipité et bâclé. Mais avant même que Blaine ait fini cette pensée il sentit une des mains de Sam se déplacer sur le devant de son corps et lui toucher franchement les parties. Blaine n'avait pas réalisé qu'il était déjà si dur. Et il se pressa instinctivement contre la main de Sam avant que son cerveau ne retrouve le contrôle.
- Attends, attends ! dit-il en rompant le baiser.
Les joues de Sam etaient rouges et il avait les paupières mi-closes.
- Quoi, souffla-t-il.
La main ne bougea pas. Enfin, disons plutôt qu'elle ne bougea pas pour partir. Elle caressa une fois encore et alla trouver la braguette de Blaine.
Blaine attrapa rapidement le poignet de Sam.
- S'il-te-plait laisse-moi te toucher, grogna-t-il.
Les doigts longs, chauds et nus de Sam enroulés autour du sexe tendu de Blaine ?
D'y penser ne fit que rendre son jean plus serré. Blaine ne réalisa que sa propre main était en train de baisser sa braguette que quand il entendit le son de la fermeture éclair.
Sam soupira contre la joue de Blaine, et baissa la tête pour regarder tandis que Blaine lui ouvrait son jean. Sam accrocha ses doigts à la bande élastique rouge du calecon de Blaine. Puis il inspira, et releva son regard dans les yeux de Blaine.
- Pas comme ca ? dit-il doucement, faisant sonner ça comme une question.
- Tu es sérieux ? dit Blaine. Comment peux-tu t'arrêter maintenant ?
- Je...
Les doigts de Sam se retirèrent. Au lieu de ça ils vinrent s'enrouler autour de la main de Blaine et son autre main vint légèrement lui caresser le dos.
- Parce que ce serait hâtif, et absolument pas ce que tu mérites. Je sais que ce n'est pas ce que je suis supposé dire mais c'est d'amour qu'il s'agit, n'est-ce pas, pas seulement de sexe ?
- Pourquoi tu ne pourrais pas...
- Blaine, le coupa Sam. Tu ne m'as pas entendu ?
- Quoi ?
Blaine avait quelques difficultés à se concentrer, étant donné que sa braguette toujours bien ouverte n'obtenait pas la promesse de satisfaction, qui avait pourtant paru imminente il y a quelques secondes à peine. Son pouls vibrait jusque dans son abdomen et pourquoi Sam ne pouvait pas juste... Quelques frottements rien de plus...
Et Sam se pencha en effet vers lui, ok, mais dans le seul but d'approcher leurs joues. Pendant quelques minutes ils respirèrent à l'unisson, et Blaine finit par se calmer.
C'est alors qu'il le dit tout contre son oreille :
- Je crois que je t'aime.
Blaine s'écarta brusquement et regarda son petit ami.
- Non. Ne fais pas ca.
- Quoi ?
- Ne le dis pas déjà ! Tu ne peux pas en être sur tu ne peux pas... On n'est ensemble que depuis quelques semaines !
- Déstresse, Blaine, je ne t'ai pas demandé en mariage !
- Oh, oh, ose un peu !
Blaine pointa son doigts sur Sam et se releva, en refermant son pantalon. Sam leva ses mains de confusion et se leva après lui.
- Tu ne sais même pas s'il ne s'agit que d'une phase, dit Blaine, repensant aux mots de Tina et aux doutes de Sam juste avant les nationales.
Il savait que Sam était rapide dans le "Je t'aime" mais Blaine ne voulait pas du rapide. Il voulait de la longueur et de la durée. Le dire pour la premiere fois après un an. En être certain après trois ans, si ne n'était pas cinq. C'était impossible que Sam le sache déjà.
- Attends un peu, si tu es persuadé que je traverse une phase alors explique moi seulement pourquoi tu es avec moi ? Pourquoi es-tu prêt à emménager avec moi ? Parce que quand ce sera fini on pourra simplement redevenir meilleurs amis comme avant ? C'est ça ton plan ?
- Quoi ? Non - je...
- Est-ce que c'est pour ça t'importe peu si on le fait sur le sol de ta chambre, sans le prévoir sans aucun romantisme et juste comme des... Baiseurs, au lieu de faire l'amour comme un vrai couple ?
- Sam, tu es en train de partir trop loin. Calme-toi.
Sam se calma, oui, et ne dit rien de plus. Il pinça ses lèvres, rassembla ses affaires de classe puis se tint debout devant Blaine.
- Je rentre chez moi.
- Je peux voir ça, rétorqua Blaine, les poings serrés.
Il n'avait qu'une envie c'était celle de supplier Sam de ne pas partir, mais en même temps il ne voyait pas pourquoi est-ce que ce serait à lui de se montrer le plus sensé alors qu'il avait été le premier bouleversé dans l'histoire. Et au lieu de s'excuser (pour avoir dit je t'aime ?) Sam avait tourné les choses à 180 degrés et mit tout sur le dos de Blaine, en prétendant que c'était lui qui n'était pas sérieux ? Quand tout ce que Blaine voulait était du sérieux, du sincère, voulait de tout son coeur que cette relation dure.
C'est la raison pour laquelle on ne le dit pas seulement après cinq semaines, pour l'amour de Dieu !
merci d'avoir lu !
