Chapitre 25 : terreur sur la ville

Ellie et ses amies les jours suivants commencèrent à éplucher les données récupérées chez le duc. Sandy passa plusieurs jours à les décoder et une fois l'opération terminée, les trois femmes s'installèrent confortablement dans le canapé du salon. Sandy grâce à la tablette numérique faisait défiler les différentes informations sur le projecteur d'images tridimensionnelles et elles commencèrent à les étudier.

- Ils ont beaucoup de rentrées financières, Commenta Ann.

- En une seule année 50 milliards de crédits sidéraux, Approuva Ellie. C'est faramineux ! Qu'est-ce que c'est la Crazy Sex ?

- Une minute, j'ai vu cela dans un sous dossier, indiqua Sandy en ouvrant une nouvelle fenêtre.

Une composition chimique s'afficha et Ellie poussa un soupir de désespoir.

- Dommage que Nynna ne soit pas là, se désola Ellie.

- Ne t'inquiètes pas j'ai des notions de chimie, Assura Sandy. C'est un dérivé du Mirasu.

- C'est quoi ce truc ? S'étonna Ann.

Sandy se tourna vers Ellie et constata que sa mémoire avait encore quelques problèmes.

- Tu ne te rappelles pas ? S'enquit Sandy avec douceur.

- Le nom me dit quelque chose mais guère plus, Avoua Ellie gênée. J'ai l'impression que je ne verrai jamais la fin de mes problèmes de mémoire.

Le visage d'Ellie devint triste ce qui fit de la peine à la jeune Mazone.

- C'est la drogue utilisée par les Mazones pour rendre les mâles humains dociles, Rappela-t-elle en souriant avec douceur. Apparemment ils ont crées une drogue qui favorise les prouesses sexuelles mais elle a les effets secondaires du Mirasu. Perte de mémoire le lendemain de tout ce qu'il s'est passé et le fait qu'une fois sous son emprise on peut coucher avec n'importe qui sans s'inquiéter de savoir si il s'agit d'un homme ou d'une femme.

- Le sexe fait vendre, c'est bien connu, s'attrista Ann. C'est pour cela qu'ils ont engrangé des milliards et qu'ils ont pu se constituer une armée grâce à Stanford Technical.

- On n'arrivera pas à arrêter le processus, Insista Sandy. On ne parviendra pas à les arrêter. Ils ne vont sûrement pas tarder à prendre le pouvoir.

- On peut, peut-être arriver à les freiner ce qui laissera peut-être le temps à Ryo d'intervenir, espéra Ellie

- A mon avis c'est fichu, Douta Ann. De toute façon on n'a plus rien à perdre, alors autant continuer sur notre lancée.

- Sandy a quelque chose à perdre, Soutint Ellie. Je ne veux pas la sacrifier. Il serait temps que tu retournes sur la planète des Mazones. Je ne veux pas te sacrifier en vain. Il faut que tu retournes auprès de Thomas.

- J'ai reçu des ordres Ellie ! Affirma Sandy fermement. Je dois t'aider à faire ce que tu as décidé et te ramener avec moi ! Je ne renoncerai pas à ma mission !

Ellie en voyant le regard déterminé et sévère de la jeune Mazone, elle comprit qu'elle devrait s'incliner.

- Très bien, Céda-t-elle. On va commencer à faire tomber les têtes.

- Qui ? Stanford Technical ?

- Exactement. On va commencer à espionner le PDG puis on essayera de le buter avec un maximum de grosses huiles au service des aristocrates.

- Est-ce que tu penses qu'on peut se fier à l'agenda qui se trouve dans le dossier ? S'inquiéta Ann.

- Je ne pense pas qu'Isabelle Von Kiel ait parlé. Elle semble détester son mari, Remarqua Ellie. Il faudrait aussi fouiller du côté de ce mec pour savoir d'où vient vraiment cette haine viscérale.

- Il va voir ailleurs, Rappela Ann.

- Dans ce monde-là, quand ce genre de choses arrive, on rend la pareille tout simplement. Elle devrait se contenter d'aller voir ailleurs et ne pas vouloir la mort de son époux et de son père.

- Ce n'est pas faux, Approuva Ann.

Sandy reprit le calendrier et vit qu'il y allait avoir une importante réunion au sommet entre Oscar de Péhant, Von Schwarzwald et Arthur Miller le PDG de Stanford Technical.

- La réunion doit avoir lieu à la capitale d'Amos, Révéla Sandy. Au salon panoramique du gratte-ciel Mauser, demain soir.

- On peut les tuer tous en piégeant le salon, Proposa Ann.

- A mon avis il est déjà sous étroite surveillance. A qui appartient ce bâtiment ? S'enquit Ellie.

- A Ernest Mauser, un géant de la finance et des assurances. Il a installé le siège social de sa société dans les bureaux.

Ellie ferma les yeux et essaya de faire fonctionner sa mémoire. Ce nom lui disait bien quelque chose mais alors qu'elle essayait de fouiller au plus profond de ses souvenirs, un violent mal de crâne se manifesta accompagné d'une envie de vomir qui la fit courir aux toilettes pour rendre son déjeuner. Même si les nanos de Ryo lui avaient sauvé la vie et étaient censés s'être arrêté après qu'elle soit guérie, ceux-ci semblaient être encore actifs. Ellie commençait à s'inquiéter. Elle était peut-être victime de dégâts cérébraux permanents et les nanos restaient peut-être en fonctionnement pour compenser ce problème, ce qui risquait de ne plus lui laisser beaucoup de temps pour agir. Si ceux-ci venaient à s'arrêter il était plus que probable qu'elle se transformerait en légume. Elle n'avait plus de temps à perdre et elle n'allait certainement pas en gaspiller à faire dans la dentelle.

Elle retourna au salon et s'installa dans le fauteuil et respira profondément. Une fois que le sang eut cessé de frapper contre ses tempes, elle se servit un verre de limonade en s'en versant grâce à la carafe qui se trouvait sur le plateau installé sur la table basse et elle but son verre d'un trait.

- Que faisons-nous ? S'enquit Ann, très inquiète de voir que l'état de santé de son amie ne semblait pas s'améliorer.

- On va commencer par terroriser ces salopards, Proposa Ellie. Sandy, il nous faut le plan complet du gratte-ciel. Pourrais-tu le trouver en piratant le service de l'urbanisme de la capitale ?

- Quelle est ton idée ? S'inquiéta Ann

- On va faire sauter le gratte-ciel, Révéla Ellie.

- C'est une blague ? Paniqua Ann.

- Absolument pas ! Il suffit de placer les charges au bon endroit pour que tout s'effondre ! C'est-ce que font les artificiers pour détruire les anciennes usines.

- Cela va toucher les immeubles alentour, Protesta Ann.

- Qu'est-ce qu'il a autours ? S'enquit Ellie.

- Un gratte-ciel appartenant au propriétaire de "douceur ouatée", un autre appartenant aux industries de vaisseaux de croisière interstellaires Marston.

- Ceux-là même qui font partie des actionnaires de Stanford Technical. Tu avoueras que ce ne sera pas une grosse perte, Insista Ellie. Je pense qu'on peut même leur faire subir le même sort !

- En plus comme la réunion doit avoir lieu en pleine nuit, les bureaux seront déserts et il n'y aura que nos cibles, Approuva Sandy.

- Tu n'as pas envie de faire leur peau à ces trois salopards ? S'étonna Ellie.

- Oh que si ! Accorda Ann en serrant les poings de colère. Je ferai n'importe quoi pour éliminer ces pourvoyeurs d'esclaves mais je ne veux pas de victimes innocentes !

- Il n'y en aura pas je te le promets ! Soutint Ellie. Il y aura sûrement beaucoup de gardes du corps provenant des assassins aux services de l'aristocratie.

Sandy, commença à fouiller le site internet de la mairie et finit par trouver une faille qui la mena au service de l'urbanisme.

- J'y suis. Je télécharge les plans, Indiqua Sandy. Je pense que cette opération est tout à fait réalisable. Je pense même qu'on pourrait faire un plus gros carton ! Les trois gratte-ciels sont reliés par des tunnels où passent les différentes canalisations d'eau et d'énergie. Ceux-ci mènent directement aux piliers de soutien.

- Passe-moi la tablette ! Demanda Ellie en tendant la main vers Sandy.

Elle commença ses calculs.

- Donc si l'on considère le nombre d'étages, le béton, le verre et l'acier on va avoir besoin de plusieurs dizaines de kilos répartis sur les différents piliers pour que tous les bâtiments s'effondrent comme des châteaux de carte. Comme ils se situent dans le quartier des affaires, il n'y aura personne à cette heure-là ! Ils ont mêmes supprimé les vigiles de nuits remplacés par des robots de surveillance.

- J'ai amené suffisamment d'explosifs du vaisseau-cité pour cette mission, Affirma Sandy. On peut démarrer dès ce soir !

- Par contre, on ne fera tout sauter qu'à la fin de la réunion. On se postera sur les gratte-ciel alentours pour espionner celle-ci grâce au micro télescopique. Je veux savoir ce qu'ils ont prévu de faire. Ce serait bien de pouvoir anticiper leurs actions.

- Ca va être extrêmement risqué, Affirma Ann. Si on réussit ce sera parce qu'on aura bénéficié d'une chance exceptionnelle.

- Si on n'est bien préparées cela ne posera aucun problème, Soutint Sandy fermement.

Ann pâlit face à tant d'assurance ce qui fit rire Ellie.

- Sandy sait de quoi elle parle, Affirma-t-elle. Elle a fait partie des troupes d'élite de Sylvidra, la troupe royale pour être plus précise. Si elle soutient que c'est faisable, je lui fais entièrement confiance !

Le soir venu, elles réunirent les explosifs dans de grands sacs noirs qu'elles placèrent à l'arrière du tout-terrain. Ellie étudia le plan des bâtiments et remarqua que l'accès aux tunnels d'alimentation se faisait par les égouts. Elle trouva un accès par celui réservé pour les agents d'entretien. Celui-ci se trouvait dans un entrepôt de matériels réservés aux services des voiries. Le tout-terrain approcha tous feux éteints du bâtiment. Ellie alla pirater la serrure magnétique et ouvrit les deux grands battants pour permettre au véhicule d'entrer dans le bâtiment. Une fois le véhicule dans le bâtiment, elle les referma en silence et remit en place la serrure. Il n'y avait guère de systèmes de sécurité et elles purent sortir leur matériel sans avoir à pirater des caméras de surveillance. Il était vrai que les engins étaient anciens et pas en très bon état. La mairie traînait les pieds pour les remplacer et avait préféré acquérir l'œuvre d'Art géante qu'Ellie et ses amies avaient rendu plus vivante. Chacune prenant un sac bourré du puissant explosif Mazone, elles s'approchèrent de la porte d'accès des égouts qui n'était verrouillée que par un simple cadenas qu'Ellie crocheta sans problème. L'odeur au bout de quelques dizaines de mètres devint atroce et elles mirent des masques imprégnés de parfum pour calmer les nausées qui leur montaient à la gorge. Elles longèrent la rivière souterraine où se déversaient les différentes évacuations des immeubles et finirent par parvenir aux fameux tunnels d'alimentation fermés par une serrure magnétique que Sandy se chargea de pirater pendant qu'Ellie posait son sac et massait son épaule endolorie. Même si elle avait repris du muscle elle se trouvait encore bien faible physiquement par rapport à ses deux amies. Une fois que la jeune Mazone puis Ann eurent franchi la porte elle remit son sac sur l'épaule et les suivit. Sandy suivait les indications sur la tablette numérique et elles arrivèrent aux piliers du premier gratte-ciel. Elles posèrent leurs sacs et Ellie étudia la configuration des lieux.

- On va placer, dix kilos d'explosifs par piliers, Indiqua-t-elle.

- Ca fonctionnera ? S'inquiéta Ann. Il y a une énorme chape de béton au-dessus.

- Ça ira. Le bâtiment ne s'effondrera pas immédiatement mais ils n'auront pas le temps de sortir, Assura Ellie.

Elles placèrent les charges puis passèrent aux autres grattes ciel puis quittèrent les lieux en refermant soigneusement toutes les issues pour que personne ne se doute de leur petite visite. Elles retournèrent à leur maison et dormirent jusque tard dans la matinée. La nuit prochaine allait être difficile et elles devaient soigneusement préparer leur équipement.

Elles avaient chacune une tenue noire moulante à hauts talons tranchants comme des rasoirs, elles disposaient également de différentes armes de poing accrochées à des ceinturons ainsi que des grenades au cas où. Ellie vérifia le micro longue distance et étudia à nouveau la configuration du centre économique de la capitale. Elles allaient devoir se placer en haut des grattes ciel se trouvant à la périphérie de leurs trois cibles principales Ellie se doutait que ceux-ci seraient probablement occupés par les assassins des aristocrates qui voudraient s'assurer de n'avoir aucune visite surprise.

La nuit approcha doucement et Ellie passa tenue qui moulait ses formes avantageuses. Elle attacha ses longs cheveux en une queue de cheval haute et se regarda dans la glace. Son regard triste et désespéré lui faisait presque peur. Elle serra le pendentif contenant les photos de ses enfants dans sa main et une larme roula sur sa joue. Elle n'avait plus la force de les regarder. A chaque fois que le pendentif s'activait, qu'elle voyait défiler les photos de ses enfants son cœur souffrait le martyr et elle n'arrivait plus à contenir ses larmes. Si elle voulait réussir sa mission elle devait à tout prix éviter de s'effondrer. Elle se contenta de serrer dans sa main le pendentif qui reposait sur son cœur. Sandy passa la porte et vit Ellie pâle et fatiguée prier en serrant tout ce qui lui restait de ses enfants dans sa main en laissant couler quelques larmes. La jeune Mazone confuse ressortit et s'adossa contre le mur, pensive et triste attendant que son amie se ressaisisse.

Ann qui avait installé le matériel dans le tout-terrain la rejoignit et vit le regard triste de Sandy. Ann savait par quoi Ellie était en train de passer et elle savait qu'il fallait juste patienter. Elle n'oublierait pas la mission qu'elle s'était fixée et elle sortirait au bout de quelques minutes, le visage fermé, prête à agir. Elle fit un signe de la tête à la jeune Mazone et elles descendirent s'installer dans le tout-terrain, Ellie attacha son ceinturon puis vérifia une dernière fois ses armes. Elle monta à son tour à bord du véhicule et elles filèrent vers les lieux de la réunion.

Elles prirent chacune un immeuble et elles entrèrent discrètement après avoir piraté les digicodes et la caméra de surveillance placée au-dessus des doubles portes. Elles devaient atteindre le sommet des trois tours et éliminer les tueurs qui y seraient embusqués. Ellie pirata les systèmes de sécurité et programma sa tablette qui géra les caméras de vidéosurveillance et se chargerait d'enregistrer l'assaut. Elle prit l'ascenseur et ouvrit le passage du toit de la cabine qui permettait d'accéder au moteur. Elle appuya sur le bouton du dernier étage puis elle se hissa à l'extérieur de la cabine, s'aplatissant au maximum pour ne pas heurter le socle où reposait le système de poulies au sommet de la tour. Une fois parvenue à l'étage souhaité elle se glissa au niveau de la plateforme au-dessus d'elle puis entra dans le système de ventilation pour parvenir jusqu'au toit. Arrivée vers le système d'injection d'air, elle sortit son arme puis tira dans le moteur. Les palles cessèrent de tourner et Ellie se glissa derrière elles pour démonter la grille de protection.

Elle écouta attentivement et entendit des pas sur le gravier isolant qui recouvrait le toit. Elle sourit en se disant qu'elle avait vu juste. Il y avait bien des tireurs embusqués chargés de protéger les membres du complot présents lors de cette réunion. Il était vrai qu'un tir de sniper bien ajusté permettrait d'éliminer facilement une cible mais cela ne permettrait d'en éliminer qu'une seule alors que la destruction de l'immeuble offrait la possibilité de se débarrasser de la dizaine de gros bonnets présents. Pour Ellie les tueurs engagés par les aristocrates manquaient d'imagination.

Natacha Gdansk, patrouillait au nord de la position d'Ellie, son complice se chargeait de la zone sud du gratte-ciel. Sans le savoir, Ellie se trouvait en compagnie des tueurs engagés pour éliminer ses enfants. Ellie se glissa en douceur et repéra le premier tueur qui longeait la zone sud. Elle se faufila en servant des différentes bouches d'aération jusqu'à lui et attendit qu'il se trouve dans une zone ombragée pour lui décocher une balle en pleine tête. Elle rattrapa le premier assassin au vol et l'allongea sans bruit sur le sol. Elle entendit alors un appel de Natacha.

- Bon sang Greg, je crois qu'on devrait filer notre démission et fuir aussi loin que possible ! Tout le monde sait que Zone est venue régler ses comptes et je n'ai pas envie d'affronter la mère folle furieuse des gosses qu'on a butés ! Tu m'entends ?

Le cœur d'Ellie en entendant ces mots se figea quelques secondes. Ainsi, elle avait tué le premier assassin de ses jumeaux. Elle eut un rictus de dégoût. Ce monstre avait bénéficié d'une mort rapide mais ce ne serait pas le cas de sa complice. Natacha insista et comprit qu'il devait y avoir un problème. Elle dégaina et avança lentement vers la position de son complice. Ellie se plaça derrière une bouche d'aération et regarda la silhouette approcher. Elle passa près d'elle et Ellie lui décocha un violent coup de pied dans le ventre de la meurtrière qui tomba lourdement au sol, lâchant son arme, pliée en deux par la douleur. Ellie alla jusqu'à l'arme de la meurtrière qu'elle démonta puis qu'elle jeta par-dessus la rambarde de sécurité du toit Elle se plaça ensuite devant Natacha et attendit qu'elle se relève. Celle-ci sortit le couteau dissimulé dans la doublure de sa veste et fit face à son agresseur. Elle ne voyait qu'une simple silhouette et lorsque la lune fut dégagée de son encombrant nuage elle vit horrifiée la mère de ses victimes armée jusqu'aux dents en face d'elle. En voyant le regard d'Ellie son sang se glaça dans ses veines et comprit que celle-ci ne l'avait pas abattue pour pouvoir s'offrir le plaisir de la massacrer longuement. Natacha eut un rictus de mépris en se disant que cette femme s'était laissée aveugler par la haine et ne se rendait pas compte du risque qu'elle prenait à affronter ainsi un tueur à gages surentraîné.

- Il me semblait que les tueurs à gage ne s'en prenaient jamais aux enfants ? S'enquit Ellie avec un rictus de mépris.

- Ca dépend du prix proposé, Ricana Natacha.

- Combien pour mes petits ?

- Moins que ce que va me rapporter votre tête, Soutint Natacha en se jetant sur elle.

Ellie, à la grande surprise de la tueuse, esquiva le coup et le contra par un coup de poing dans les côtes qui essouffla temporairement la tueuse. Elle ne s'attendait pas à ce que la fille d'Aristote Zone sache se battre. La surprise était de taille. Ce qui l'avait inquiétée c'étaient ses capacités en tant que sniper et non celles de combattante pour la simple et bonne raison que personne n'était au courant de cela. Elle réalisa son erreur un peu tard lorsqu' Ellie la saisissant par les cheveux lui fracassa la tête contre le muret de sécurité. Elle se releva la tête en sang et commença à essayer avec acharnement à lui décocher un coup de couteau. Ellie était devenue très rapide et les esquiva tous avant de bloquer le bras de la jeune femme et de lui décocher un violent coup de poing qui lui éclata la lèvre et la projeta au sol. Ellie saisit des entraves en plastique dans la poche de son ceinturon et ligota les bras de la meurtrière. Elle lui mit un bâillon et la força à se relever. Elle la traîna jusqu'à l'arrière du bâtiment. Natacha eut beau se débattre, l'adrénaline dans le sang d'Ellie décuplait sa force. Arrivée près du muret de sécurité Ellie la força à regarder au-dessus et Natacha comprit avec horreur ce qui allait lui arriver. Ellie la souleva et la bascula dans le vide.

Ellie regarda le corps de la tueuse se fracasser au sol puis retourna à sa mission. Elle s'approcha du muret et sortit ses jumelles pour s'assurer que ses amies avaient réussi. Ann patientait et avait observé la lutte d'Ellie. Elle se demandait ce qui avait poussé Ellie à agir ainsi. Sandy quant à elle ne se posait plus la question. Elle avait déployé le micro longue portée dès qu'elle avait vu Ellie décocher le premier coup de pied. Sandy avait assisté à cela désolée en pleurant. Lorsqu'elle vit Ellie regarder de son côté elle lui fit un petit signe de la main après avoir essuyé ses larmes. La jeune Mazone orienta son micro vers le salon panoramique et brancha le système radio des oreillettes qui permettraient aux trois femmes d'assister à la réunion comme si elles y étaient. Chacune se tapirent derrière le muret de sécurité. Elie avait une vue directe sur le salon panoramique. Elles allaient être aux premières loges pour assister à l'effondrement des trois gratte-ciel.

Alors qu'elles s'installaient, Ernest Mauser était occupé à batifoler avec sa secrétaire dans son bureau en attendant ses invités. L'idée que l'accès au pouvoir se rapprochait de leur groupe l'excitait terriblement et il était complètement déchaîné pendant ses petits jeux pervers avec sa jeune maîtresse qui commençait à se demander quand les effets de la petite pilule magique finiraient par diminuer tant les appétits de cet vieil homme la lassaient.

Les différents véhicules arrivèrent enfin et elles assistèrent au déploiement des différents gardes du corps pendant qu'Oscar de Péhant descendait de sa limousine Elles regardèrent cela en souriant sachant que tout ce personnel serait inutile. Les autres invités arrivèrent et ils montèrent au salon panoramique. Oscar s'installa à la place d'honneur et les autres membres prirent place autours de la table. Von Schwarzwald servit les verres d'alcool et les hommes trinquèrent à la réussite de leur important projet.

- Très bien, j'ai le plaisir de vous annoncer que les huit cent trente vaisseaux de guerre dont nous disposons sont prêts à être déployés.

- Qui sera chargé de mener l'assaut ? S'enquit Von Schwarzwald. Hans ?

- Je ne pense pas, cette salope de Zone l'a mis hors service pour un petit moment, Révéla Oscar. De plus le roi Von Kiel ne veut pas qu'il se retrouve à affronter ses anciens amis.

- De toute façon ce sera vite réglé, Affirma Arthur Miller. Ils ne disposent moins d'une centaine de vaisseaux, ils ne pourront pas faire face.

- Certes mais on va mettre toutes les chances de notre côté, Soutint Oscar. Vous êtes tous au courant de la perquisition faite à l'académie par cette fouille merde de Chambers ?

- Un vrai scandale ! S'indigna Von Schwarzwald. Cette engeance ne devrait même pas avoir le droit de s'approcher d'une si noble institution.

- Je pense que Ryo Kimura a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il est temps de se débarrasser de lui, proposa Oscar.

En entendant cela le sang d'Ellie se glaça dans ses veines. Elle ne pouvait les laisser faire cela. Elle ne pouvait accepter la perte d'aucun de ceux qui avaient combattu à ses côtés contre la dictature du Consortium et de Gaia.

- Si vite ? S'étonna Miller. Ne serait-ce pas un peu précipité ? Il me semblait qu'Harlock se chargeait de le maintenir dans l'erreur.

- Je pense qu'il joue les naïfs et qu'il se doute qu'Harlock a basculé définitivement de notre côté.

- Est-ce que vous suggérez que l'on doit commencer les assassinats politiques ? L'interrogea Von Schwarzwald.

- Une liste des personnes à éliminer a été envoyée à nos tueurs, indiqua Oscar. On sera vite débarrassés d'eux.

- Et Eliza Zone et ses copines ? Est-ce que la police a progressé ?

- Pas vraiment, avoua Oscar. Nous avons fourni tous les renseignements dont nous disposions à ceux qui travaillent pour nous mais il n'arrive pas à la localiser.

- Je vous rappelle qu'elle va essayer de nous tuer ! Paniqua Miller.

- Je lui souhaite bien du plaisir, se moqua Oscar. Elle n'y parviendra pas et ne vous inquiétez pas, elle finira par faire des erreurs car la mort de ses enfants l'a complètement démolie. Elle ne nous résistera plus longtemps.

- Quand ferons-nous scission ? S'impatienta Von Schwarzwald.

- Dès septembre je pense, Affirma Oscar.

- Je ne comprends pas pourquoi vous voulez leur accorder un temps de réflexion, s'impatienta Von Schwarzwald. On devrait les attaquer directement !

- Il vaut mieux éviter toutes effusions de sang inutiles car après nous aurons sûrement à faire face aux IIllumidas et nous ne pouvons nous permettre la moindre perte. Les forces dont ils disposent sont énormes.

- Peut-être, mais nous disposons d'un atout de taille ! Insista Miller. On a Harlock de notre côté et il les connaît bien ! Il saura leur régler leur compte et plus rien ne nous empêchera de conquérir de nouveaux territoires.

- Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, sourit Oscar. Réglons d'abord leur compte aux anciens dirigeants de la Résistance, Ryo Kimura en premier. »

Oscar se leva de son siège et s'approcha de la baie vitrée. Il poussa un profond soupir de lassitude. Leur plan ne présentait aucune faille. Les Résistants allaient devoir leur laisser la place et il allait être débarrassé de son rival. Il ne supportait pas l'idée qu'il puisse bénéficier des caresses d'Harlock Le poison de la jalousie envahissait son cœur en repensant à la vidéo qu'il avait vue de leurs ébats. Il ne pensait pas que Hans pouvait être aussi tendre que passionné. Les ébats des deux hommes étaient intenses, brûlants et en même temps empreints d'une telle douceur, d'un tel amour que cela le rendait malade. Il commençait à se dire qu'Harlock était probablement amoureux du chef du gouvernement et qu'il espérait pouvoir le sauver une fois que le roi Von Kiel serait au pouvoir. Un sourire cruel se dessina sur les lèvres du duc. Il n'avait pas indiqué à l'homme qu'il aimait la totalité de son plan. A présent qu'il était marié à Isabelle, le roi Von Kiel ne lui était plus d'aucune utilité et il lui serait facile de se débarrasser de lui puis de prendre le pouvoir. Une fois qu'il serait sur le trône il aurait la possibilité d'assumer cet amour caché et de garder Hans près de lui.

Ellie fit signe à Sandy et se redressa. Elle se plaça face au salon panoramique de manière à être vue et attendit qu'Oscar regarde vers elle. Celui-ci distingua une forme au loin immobile ce qui l'inquiéta. Ellie se mit debout sur le rebord du muret sous le regard paniqué de Sandy qui avait peur que son amie ne bascule dans le vide. Le duc n'arrivait pas à distinguer correctement la forme et demanda à Miller d'éteindre la lumière. Une fois l'obscurité dans la pièce il reconnut Ellie éclairée par la lune bleue d'Amos qui lui souriait de manière méprisante. Il serra son verre en comprenant que celle-ci avait réussi à se débarrasser des deux tueurs postés sur le toit de l'immeuble. Il la vit sortir un boîtier puis presser un bouton. Une série d'explosion secoua les trois tours et celles-ci tremblèrent sur leur base.

- Il faut évacuer vite ! Cria Oscar. Les tours vont certainement s'effondrer !

Les autres personnes présentes le regardèrent horrifiées puis se précipitèrent vers la sortie. Oscar savait qu'il serait impossible d'utiliser les ascenseurs et suggéra à ses complices de prendre les escaliers en se gardant bien de les suivre. Il demanda à deux tueurs de les escorter et courut vers la sortie qui menait sur le toit. Il avait pris l'habitude d'y faire installer un minicopter prêt à décoller en cas de tentative d'assassinat et en arrivant près de l'appareil. La toiture commença à se déformer et le gratte-ciel sembla être pris de convulsions. Il franchit rapidement les derniers mètres puis alluma le moteur. A peine s'était-il élevé de quelques mètres que le bâtiment s'effondra en poussant un rugissement d'agonie accompagné par les deux autres tours. Ellie en voyant le petit appareil s'élever dans les airs dégaina son arme et visa les tuyères. Oscar sentit un tir frappé violemment son mini vaisseau et commença à perdre le contrôle. Il vit Ellie avec un sourire cruel aux lèvres le regarder se débattre avec son appareil et elle pointa son arme vers lui. Celui-ci décida de plonger dans le nuage de poussière soulevé par le bâtiment ce qui encrassa les filtres à airs et affaiblit un peu plus le moteur de son mini vaisseau. Il devait se préparer au crash et repéra un tout petit parc vers lequel il orienta son appareil qui donnait de plus en plus de signes de faiblesses. Il survolait à basse altitude une haie lorsque le moteur s'arrêta. Le petit appareil tomba comme une pierre dans la haie et Oscar s'étant préparé à la chute roula sur celle-ci et se retrouva sur la pelouse, écorché, coupé, couverts d'hématomes mais en vie. Il se releva difficilement et se réfugia sous les arbres pour ne plus être vu par se agresseurs en contemplant les vestiges des trois gratte-ciels. Il était pâle comme un linge et choqué lorsqu'un des tueurs qui patrouillaient dans la rue le rejoignit pour s'assurer qu'il allait bien. Oscar ne répondit pas et s'adossa contre le tronc d'arbre en se disant que finalement Eliza Zone allait être difficile à éliminer.

Ellie une fois, les explosions déclenchées était descendue du muret de sécurité et était retourné au rez-de-chaussée de l'immeuble mais sans se cacher. Elle reprit sa tablette numérique et envoya les fichiers vidéo au service de sécurité avant de s'en aller tranquillement par la porte principale. Elle retrouva Ann au volant et Sandy à l'arrière du tout terrain. Elle s'installa côté passager et Ann sortit tranquillement de la ruelle et prit la direction de leur planque par les routes non couvertes par les caméras de vidéosurveillance.

- Est-ce qu'on les a tous eu ? S'enquit Ann calmement.

- De Péhant en a réchappé, Indiqua Ellie.

- Ce n'est pas grave, on s'occupera de lui plus tard. On leur a déjà fait pas mal de mal. Si on compte les grosses huiles plus les tueurs postés un peu partout on a réduit leur groupe d'une cinquantaine de personnes.

- Je ne sais pas comment on va faire pour les ralentir, s'inquiéta Ellie. Ils ont déjà beaucoup trop d'avance.

- Raison de plus pour ne pas les laisser nous distancer un peu plus. On devrait passer aux cibles suivantes, Proposa Ann.

- Impossible ! S'opposa Ellie. Tu les as entendus ? Ils vont s'en prendre aux responsables de la Résistance ! Je refuse de les laisser faire !

- Donc on va devoir les protéger, comprit Sandy.

- On n'a pas le choix ! Mais ne t'inquiètes pas, la rassura Ellie. On poursuit le grand ménage !

Les trois amies se turent et commencèrent à réfléchir au moyen de tenir de tels objectifs en étant un si petit groupe.

Le roi Von Kiel tenait à mettre les choses au clair avec Harlock. La décision de sa fille étant prise, il était temps d'en faire part au principal intéressé. Il appela son chauffeur qui prépara la voiture. Il alla voir sa femme qui discutait joyeusement sur la terrasse avec des amies après un agréable dîner. La reine s'excusa auprès de celles-ci et rejoignit son époux qui s'éloigna avec elle dans les jardins éclairés par des petites lampes discrètes. Ils marchèrent de longues minutes, il ne savait pas comment sa femme allait réagir face à la décision de sa fille. Elma Von Kiel avait trente-huit ans. Elle était d'une magnifique blondeur et malgré ses grossesses avait gardé la taille somptueuse de ses vingt ans. Von Kiel et son épouse menaient chacun leur vie de leur côté et ne vivaient ensemble que pour les obligations liées à leur rang. Il n'était un secret pour personne qu'Elma multipliait les amants autant que son royal époux multipliait les maîtresses.

- Que vous arrive-t-il mon ami ? S'inquiéta la reine après ce long silence.

- Isabelle n'est pas heureuse avec son mari, Révéla le roi.

- C'est la fonction d'héritière au trône qui veut ça, Affirma-t-elle durement. Vous avez choisi Oscar pour ses compétences pas pour les sentiments qu'il nourrissait à l'égard de notre fille.

- Rectification ma chère, je l'ai choisi pour calmer son arrivisme mais ses frasques ont eu raison de la patience de notre fille.

- Vraiment ? Ironisa-t-elle. Je supporte les vôtres depuis le début de notre mariage et je m'y suis faite ! Elle doit avoir la force d'en faire de même.

- Je ne veux pas de ça pour elle, Avoua le roi gêné.

- Les pères sont toujours trop faibles avec leurs filles, c'est bien connu ! Le rabroua-t-elle. Tout ceci n'est que le caprice d'une adolescente, en vieillissant cela lui passera.

- Je ne pense pas, Assura le roi. Elle a de la suite dans les idées et elle sait ce qu'elle veut.

- Elle voulait Oscar dois-je vous le rappeler ?

- Elle l'a choisi car je l'ai poussé en ce sens mais je suis d'accord avec elle, Oscar une fois que je serai sur le trône doit disparaître, Soutint-il.

- Vous cédez aux caprices d'une enfant qui ne sait rien de la vie, lui reprocha Elma.

- Au contraire, la railla le roi, elle a beaucoup appris en quelques mois et elle est brillante, elle vous surprendrait et ses goûts en matière d'hommes ont évolué. Désormais elle sait les choisir.

- Voulez-vous dire qu'Oscar est cocu ? S'étonna la reine.

- Pas encore mais ça ne saurait tarder, Sourit le roi.

- Et comment est cet homme ?

- Je ne le connais qu'en tant qu'homme, je ne peux avoir le regard d'une femme pour dire ce que ma fille peut lui trouver mais pour ma part je dirai qu'il est impressionnant par sa taille, son palmarès de combattant et si on considère son passé, il était un sacré séducteur, et il l'est toujours ! Affirma le roi en riant.

- Cessez de me faire languir et donnez-moi son nom ! S'impatienta la reine.

- Hans Ludwig Von Harlock.

En voyant son épouse pâlir il eut un rire cruel.

- Eh oui ma chère amie, l'homme que vous souhaitez tant mettre dans votre lit passionne votre fille et vous n'avez pas idée du brasier qui couve en elle que cet homme a allumé !

- Mais il est beaucoup trop vieux pour elle ! S'indigna la reine.

- Pour cela j'ai déjà la solution trouvée par ma chère fille !

- C'est ridicule ! Il n'irait jamais courtiser une gamine ! S'insurgea la reine. Il n'acceptera jamais ce mariage.

- Détrompez-vous il a accepté !

En voyant sa femme trembler de colère il rit à nouveau.

- Je vous avais dit que son choix était de très bon goût ! Il fera un époux parfait et il saura m'épauler ! De toute manière il vous a repoussé il me semble, la railla-t-il.

- De quoi parlez-vous ? S'indigna la reine

- Les murs ont des oreilles ma chère ! Lui rappela le roi durement. Il est à Isabelle ! Je vous interdis d'y toucher ! Je sais que vous avez couché avec Oscar !

- Comment osez-vous ! Paniqua la reine.

- Il suffit ! Oscar a couché avec vous pour que vous lui fournissiez des informations et pour que je lui offre la couronne en faisant de lui mon héritier. Je sais que depuis que je lui ai exaucé son vœu il n'est jamais revenu vous voir ! Vous, vous êtes faîtes berner comme une débutante. Désormais je ne saurai trop vous conseillez de vous méfier des hommes qui partagent votre lit. Sur ce, je vais informer le capitaine de l'Arcadia de sa bonne fortune !

Le roi s'éloigna en riant et contourna le château par les jardins pour se rendre dans la cour où son chauffeur qui l'attendait lui ouvrit la porte en souriant. Une fois à l'intérieur le roi lui indiqua la destination et le chauffeur plaça la limousine au plus près de l'hôpital en arrivant.

Harlock allait beaucoup mieux. Il allait sortir dans une semaine environ et il semblait avoir très bien récupéré. Le roi ne se présenta pas à l'accueil et alla directement vers les ascenseurs pour se rendre aux appartements du capitaine. Celui-ci écoutait les Quatre saisons de Vivaldi sur le système audio du salon, confortablement installé dans un fauteuil. Il n'entendit pas le roi entrer et ne s'aperçut de sa présence qu'au moment où il voulut se resservir un verre de red bourbon. Le roi souriait avec satisfaction.

- Votre altesse, le salua-t-il en se levant avec encore un peu de mal.

- Restez assis mon ami, Sourit-il en s'asseyant sur le canapé. Quelle douce mélodie.

- Que me vaut l'honneur de votre visite ? S'enquit Harlock en souriant.

- J'ai discuté avec ma fille et celle-ci souhaite faire de vous son époux, Révéla-t-il sans cesser de sourire.

L'absence de réaction du capitaine le surprit un peu.

- Quel calme, le flatta-t-il. Je vous annonce qu'une jolie jeune femme de dix-huit ans souhaite vous épouser et vous n'avez aucune réaction.

- Etes-vous sûr de vouloir confier un tel trésor à un homme de mon âge ? Sourit Harlock.

- On ne peut plus sûr. Elle vous aime Hans et elle veut vous épouser.

- Je sais, avoua-t-il. Voulez-vous un verre votre altesse ?

- Non, merci. Il me semblait que l'alcool était interdit dans les hôpitaux.

- J'utilise ceci pour ses vertus thérapeutiques, cela empêche les infections et avec un tir par balle on n'est jamais trop prudent, Plaisanta le capitaine en souriant.

- Depuis quand connaissez-vous les sentiments de ma fille ? S'étonna le roi.

- Depuis une dizaine de jours environ, elle venue me voir en pleine nuit et elle a été quelques peu exploratrice sur ma personne, à partir de là, les choses étaient claires, Reconnut-il.

- Vous l'avez laissée faire ? S'indigna le roi.

- J'ai fait semblant de dormir et elle s'est montrée un peu affectueuse mais rassurez-vous dans la limite du raisonnable ! Je faisais semblant de dormir et elle n'a pas trop osé insister par crainte de me réveiller, Révéla-t-il gêné.

- Qu'auriez-vous fait si elle avait osé aller plus loin ? S'enquit le roi avec un sourire canaille.

- Je pense que j'aurai mis le holà ! Ce n'est qu'une enfant de dix-huit ans.

- Je préfèrerais que la prochaine fois vous vous montriez plus ouvert et que vous l'encouragiez à aller plus loin. Vous serez bientôt mariés après tout !

- Je trouve cela très déplacé que vous m'incitiez à sauter ainsi sur votre fille; lui fit-il remarquer choqué.

- Dois-je y mettre les formes capitaine ? Se moqua le roi. Vous protégez bien farouchement votre vertu ce que je trouve des plus inapproprié.

- Je vous demande pardon ? S'énerva le capitaine.

- Je vous en prie, vous vous êtes servi de vos charmes sur Oscar et vous vous en servez actuellement sur Ryo Kimura, Souligna le roi.

- J'use de cette méthode uniquement pour m'assurer que les démocrates ne connaissent rien de nos agissements et les empêcher de nous contrer ! Soutint-il avec fermeté.

- Certes mais j'attends de vous que vous en usiez aussi sur ma fille. Je tiens à ce qu'elle garde patience et une petite avance sur les plaisirs qui l'attendent ne serait pas si mal, Insista le roi.

Harlock en entendant ces mots pâlissait et le roi lui sourit en le regardant droit dans son œil valide.

- Je sais tout de votre passé sulfureux capitaine, Révéla le roi. Von Stadt et vos nombreuses conquêtes féminines ne sont que le sommet de l'iceberg. Je sais exactement ce que vous avez été obligé de faire pour financer vos études une fois que votre famille a été ruinée parce que votre mère avait fait confiance à un escroc, Ricana le roi. Je vous demande juste de satisfaire ma fille aussi bien que vous satisfaisiez vos nombreuses clientes à cette époque.

- Votre fille n'est pas comme ses femmes ! Soutint Harlock en le regardant durement. Elle a été trop bien éduquée et elle n'agirait jamais ainsi ! Elle ne roulerait jamais son honneur dans la boue comme votre femme le fait ! Je la respecte pour ça ! Et je refuse de mon comporter comme un animal lubrique ! Je n'ai pas eu le choix pour financer mes études et je ne suis pas fier de ce que j'ai fait ! Je trouve cela écœurant que vous m'incitiez à me comporter comme cela avec votre fille !

Tout le temps de cette diatribe le regard du roi n'avait pas quitté celui d'Harlock. Les propos tenus par celui-ci avaient été dit en toute franchise. Pour le roi le choix de sa fille était excellent. Harlock était exceptionnel dans bien des domaines et cette droiture ne faisait que le conforter dans l'opinion qu'il avait de cet homme. Harlock était droit, intègre et respectait les personnes d'honneur et de parole. C'était un homme rare, bien trop rare par les temps qui couraient. Mais cette honnêteté pouvait être aussi problématique, il savait qu'il ne pouvait impliquer Harlock dans la totalité de leur projet mais cela importait peu. Il était parfait et aurait fait un excellent roi mais Von Kiel ne souhaitait pas lui laisser sa place. S'il obtenait une loyauté totale de cet homme alors rien ne pourrait contrecarrer ses projets. Il sourit en voyant que le capitaine serrait les poings sous le coup de la colère.

- Veuillez m'excuser pour cette proposition indécente et ce rappel de votre douloureux passé mais je voulais voir comment vous réagiriez.

- En faisant référence à mon passé de gigolo ? Ragea Harlock.

- Du calme mon ami, Conseilla le roi en souriant. Je suis le seul à être au courant de votre petit secret. Tous les journaux intimes n'ont pas été mis sur le Web notamment ceux issus des anciennes familles aristocratiques et de la finance. C'est comme cela que j'ai découvert cette ombre dans votre passé.

- Et comme vous désirez obtenir de moi l'héritier du trône dont vous rêvez vous allez me faire chanter afin que je cède à votre fille si elle se montrait entreprenante ? Se moqua Harlock. Je crois que vous ne connaissez pas votre fille, elle est trop intègre pour ça.

- Je suis certain que son intégrité est en train de s'effriter sinon elle ne serait jamais permise de jeter un regard coupable sur un homme. Je vous demande juste de l'aider à patienter. Je ne pense pas qu'elle irait jusqu'à vous proposer une nuit coquine mais si elle se montre un peu affectueuse ne la repoussez pas à cause de votre différence d'âge et son mariage, d'accord ?

- Je ferai ce qu'il faut pour qu'elle patiente mais dans la limite du raisonnable, Insista Harlock. J'ai cessé la profession de gigolo à la fin de mes études et je n'ai aucune envie de reprendre.

- Pourtant c'est que vous faites pour Oscar et Kimura.

- Je vous l'ai dit. J'ai fait mon choix ! Je ne veux pas que l'humanité sombre dans le chaos et soit à la merci d'un nouvel envahisseur c'est pourquoi je compte sur un pouvoir fort pour éviter ce genre de problème, Affirma Harlock durement.

- Je vous promets que vous ne regretterez pas votre choix, Assura le roi en se levant. Je suis heureux de vous retrouver en bonne forme, mon ami.

Il allait s'en aller lorsque son téléphone se manifesta. Le roi lui sourit et prit la conversation.

- Von Kiel, Annonça-t-il.

Alors qu'il apprenait les événements de la nuit son sourire se figea et il pâlit brusquement ce qui inquiéta Harlock. Il coupa la communication, choqué, et se tourna vers le capitaine de l'Arcadia.

- Eliza Zone vient de procéder à un massacre dans nos rangs, Révéla-t-il d'une voix blanche.

- Pardon ? Paniqua Harlock dont le cœur s'emballa.

Le roi se rassit. Ses mains tremblaient.

- Elle a assassiné avec l'aide de ses complices Von Schwarzwald, Arthur Miller et Ernest Mauser, Indiqua-t-il.

- Comment a-t-elle fait cela ? S'inquiéta Harlock.

- Elle a fait s'effondrer le Mauser building ! Il n'en reste plus rien, Expliqua Von Kiel abasourdi. Elle a aussi détruit le gratte-ciel de Douceur Ouatée ainsi que celui appartenant aux industries de vaisseaux de croisière interstellaire Marston. Oscar devait assister à une réunion au sommet avec eux pour régler les différents problèmes pour mettre notre plan en place et cette salope a été mise au courant je ne sais comment…

- Oscar s'en est sorti ? S'étonna Harlock.

- Il a été malin. Il a toujours un minicopter installé sur le toit en cas d'urgence, et comme le building ne s'est pas effondré tout de suite il l'a pris et a filé. Les autres ont essayé de fuir par les escaliers mais tout s'est effondré cinq minutes plus tard.

- Et les agents de la sécurité ?

- Elles les ont tous tués, Affirma-t-il en prenant sa tête entre ses mains. Je commence à me dire qu'on l'a sous-estimée. La forcer à partir en exil a été d'une connerie sans nom, on aurait dû la buter tout de suite ! J'ai toujours cru qu'elle était inoffensive L'assassinat de ses petits ordonnés par Helena l'a rendue ivre de haine et de rage et rien ne l'arrêtera ! Qu'est-ce qui lui a pris à cette idiote d'agir ainsi ! Tout ça parce qu'elle ne voulait pas qu'ils deviennent des Von Harlock ! Elle a fini par le payer de sa vie mais si ça continu elle va tous nous entraîner dans sa chute !

Harlock ne répondit pas mais il ne pouvait empêcher son cœur de battre plus vite grâce à l'excitation. Ellie était redoutable et cela lui plaisait énormément. Il ne pouvait s'empêcher d'admirer la froide détermination et le courage d'Ellie face à l'adversité dont la volonté ne vacillait pas. Malgré sa haine, sa colère et son ressentiment elle arrivait à mettre au point des plans redoutables qui faisaient trembler de peur toute l'aristocratie jusqu'au roi lui-même. Elle restait fidèle aux principes des Résistants qui consistaient à se battre jusqu'au bout contrer toutes dictatures et à ne jamais plier. En théorie pourtant, Ellie n'était pas une guerrière et le fait qu'elle puisse tuer sans ciller indiquait qu'elle avait déjà tué avant d'envisager de l'éliminer lui et sa fiancée. Il commençait à se dire qu'Ellie après leur rupture avait appris à se battre et que si elle avait été grièvement blessée s'était peut-être en combattant. C'était pour cela qu'elle avait refusé de lui dire comment elle s'était retrouvée dans un état catastrophique. Le roi se leva et tenta de retrouver son calme.

- Je vais me rendre là-bas, Indiqua-t-il.

- Je vous accompagne, Proposa Hans.

- Surtout pas ! Ordonna Von Kiel. Elle veut votre tête, vous devez rester ici ! Reposez-vous ! Je vais prévenir la police pour que le chef Patrick envoie plus d'hommes pour vous protéger !

« A ce rythme-là il y aura bientôt plus de flics dans cet hôpital que de patients et de personnel soignant réunis, pensa Harlock tristement »

Le roi essaya de reprendre de l'assurance et sortit de la chambre le visage fermé cachant ses émotions. Harlock alluma la télé pour pouvoir constater les exploits accomplis par la mère de ses jumeaux.