Beta-reader : Imliel
Potions, discussions et amours
Cela fait deux jours que la bataille avec les démons est finie. Les vampires n'ont eu aucune visite de leurs affreux représentants pour l'instant. La journée s'annonce belle malgré quelques nuages qui passent paresseusement au dessus de la cité. Un petit vent d'automne balaie les feuilles qui tourbillonnent sur le chemin.
Severus remue les fioles de potions, regardant de-ci de-là celles qu'il doit refaire dans ses cachots quand il sera de retour à Poudlard. Dans l'infirmerie du clan des ténèbres, tout est calme. Les plus jeunes sont partis dans leurs nouvelles familles et les plus âgés dans l'école du clan pour apprendre un métier. Ainsi, ils seront indépendants et pourront poursuivre une vie plus à même de les satisfaire.
-Vous aussi vous n'avez plus de maman ? demande une petite voix derrière Severus.
Le maître des potions, surpris, se retourne brusquement tenant une fiole dans chaque main, faisant virevolter ses robes noires sur ses mollets.
-Liliane ? Que fais-tu ici ? Tu ne dois pas revenir dans cet endroit. Où se trouve ta famille, demande l'homme à une petite fille joliment vêtue d'une robe verte et de collants blancs avec des petits cœurs dessinés dessus. Ses longs cheveux noirs lui tombent de chaque côté du visage, fixant candidement de ses yeux curieux et enfantins, Severus.
-Je te cherchais, monsieur !
-Depuis quand parles-tu, enfant ?
-Ben depuis maintenant ! Mais tu n'as pas répondu à ma question, monsieur.
-Pour répondre à ta question et bien non ! Je n'ai pas de mère.
-Est-ce que nous sommes pareils tous les deux ? demande l'enfant sans se rendre compte que la question est très pertinente pour une petite fille de son âge.
-En effet, répond le maître des potions. Nous sommes des Dhampirs. Je pense que Tobiak t'a expliqué en quoi cela consiste ?
-Oui, monsieur, il me l'a dit. Au début j'ai eu peur de ça, et puis il m'a dit que tu en étais un, toi aussi.
-Et tu en penses quoi, Liliane ?
-Tu es gentil, tu sais, monsieur ! Tu nous as soigné donc je ne suis pas mauvaise moi non plus ! Quand je serai grande, je soignerai les gens, comme toi !
-Si tu le désires tu peux devenir médicomage, fillette. Ce n'est pas parce que nous sommes ce que nous sommes que nous devons forcement être mauvais.
-Oui, ajoute la gamine, j'ai compris ça. C'est pour ça que je reparle, mais je voulais d'abord discuter avec toi, monsieur.
-Te plais-tu dans ta nouvelle famille, Liliane ? demande Severus en reposant ses fioles sur l'étagère devant lui.
-Oh oui ! J'ai une nouvelle maman, et puis un des grands… tu sais : celui que tu as mordu ? Celui qui est arrivé en même temps que moi ? Eh ben, il a dit que je suis sa petite sœur. Je l'aime bien, il est très gentil avec moi et puis comme ça je peux l'aider moi aussi.
-Comment peux-tu l'aider, fillette ? Tu me sembles bien petite pour ça.
-Ben en ce moment il est triste lui aussi, dit la petite en penchant la tête sur le côté.
-Pour quelle raison, enfant ? Je ne l'ai pas entendu se plaindre.
-Jayson veut apprendre les potions, monsieur. Mais les autres ne veulent pas dans l'école.
-Ils ne sont tout simplement pas équipés ici, fillette. Si tu veux, je vais voir ce que je peux faire pour lui. Dis-lui de passer chez moi dans la journée.
-D'accord. Bon maintenant je repars sinon ma maman va se faire du souci. Elle est gentille, tu sais ! Je l'aime beaucoup.
La fillette n'attend pas de réponse et transplane aussitôt sous les yeux stupéfaits de Severus qui se dit que décidément la petite Dhampir a déjà de grandes capacités magiques. L'homme reprend son travail laborieux et une fois sa tâche finie décide de rendre visite à Slade avant de repartir pour la célèbre école de sorcellerie qu'est Poudlard.
-Oh Severus, c'est toi ? s'exclame le vampire en descendant les marches du hall dans un peignoir rouge et noir, couleur ô combien appréciée des vampires.
-Oui, je suis venu t'avertir que je repars pour Poudlard avec Harry en fin d'après-midi. Je ne peux pas m'absenter plus longtemps. Je suis passé à l'infirmerie voir l'état du stock de potions. Il en manque pas mal, j'en profiterai pour en faire quelques-unes à l'école. Aussitôt que j'aurai un moment de libre je les amènerai. Pour ce qui est de Draco….
-Draco n'est pas prêt, Severus, se défend Slade. Il est encore trop faible pour se lever.
-Oui je m'en doute Slade, envoie-le moi quand il sera sur pied et capable de tenir une journée sans souffrir loin de toi. Tu pourras passer le voir le soir ou alors il pourra transplaner directement ici.
-Je préfère qu'il revienne ici le soir, cela sera plus commode pour nous deux.
-Je suis d'accord, Slade, ricane Severus. Je sais combien les nouveaux calices sont fragiles. Ah, autre chose mon ami, la petite Dhampir parle à nouveau…
-Tant mieux, je préfère ça, souffle le chef du clan. Et que t'a t-elle dit ?
-Elle m'a dit qu'elle se plaisait dans sa famille et qu'il fallait que j'aide son grand-frère à devenir maître des potions, rigole Severus.
-Rien que ça ! Et qu'as-tu répondu ?
-Je lui ai dit de dire à son ami de se présenter chez moi cette après-midi. Je vais voir ce que je peux faire pour lui. Bon je te laisse, Slade. Je suis sûr que ton calice à besoin de toi et toi de lui.
-Envoie-moi un hibou, de temps en temps, Severus. Que je sache si vous allez bien toi et Harry…..
Slade n'a pas fini de parler qu'un hibou de grande taille frappe avec son bec sur la fenêtre du petit salon là où les deux hommes discutent. Le chef du clan détache le parchemin et lit la missive, un air d'incompréhension sur le visage.
-Mauvaise nouvelle ? demande Severus inquiet.
-Non, un démon du nom de Melworf demande une audience. D'après ce que je comprends il a repris en main les hommes de Palmorg. Je me demande ce qu'il veut !
-Bah ! Peut-être aplanir les tensions, Slade. Vas-tu le recevoir ?
-Oui, j'y suis obligé, c'est mon rôle. J'espère qu'il n'y aura pas d'autres ennuis à l'horizon. Ça nous changerait pour une fois !
-Oui je te crois. S'il y a un problème, appelle-moi, je serai là dans la minute.
-Merci, Severus. Allez va, ton calice doit attendre.
Slade prend une plume et un parchemin, écrivant d'une main sûre qu'il est prêt à les recevoir dans une heure. Il accroche la missive à la patte de l'oiseau et le laisse partir dans un grand envol puis referme la fenêtre. Bon maintenant, il doit avertir Draco qu'il doit le laisser, hum ! Pas très envie, mais c'est pour le bien du clan.
Après avoir consolé son calice quelque peu boudeur, Slade redescend dans le hall où Dral l'attend déjà.
-Merci d'être venu, Dral. Je ne voulais pas déranger Tobiak, il a encore besoin de repos et puis t'avoir à mes côtés les fera peut-être réfléchir ! Qui sait ?
Une délégation transplane directement devant la maison du chef du clan des ténèbres. Slade les fait entrer et les installe dans la grande salle de réunion, là où se trouve déjà le plus ancien des vampires.
Les hommes se saluent du bout des lèvres et prennent place dans un silence à couper au couteau.
-Bien ! Puisque quelqu'un doit commencer cette conversation, je me propose de le faire, débute Slade. Je vais être direct et ne pas passer par quatre chemins. Etes-vous là pour nous signifier que vous voulez une vengeance ? Parce que si c'est le cas, je vous préviens que nous ne nous laisserons pas faire.
L'homme qui semble être le nouveau chef des démons toise Slade d'un œil goguenard.
-Non ! dit le démon d'une voix forte. Je ne suis pas là pour ça. Je suis venu vous dire qu'il n'y aura pas de représailles pour la mort du seigneur Palmorg.
Dral ricane tandis que Slade lui lance un regard noir.
-Pourquoi ? Si je puis me permettre, demande le chef du clan.
-Palmorg n'avait pas l'aval de ses supérieurs pour entreprendre une telle opération, messieurs. Il a agi de son plein chef, il a donc mérité son sort et nous ne vous en tiendrons pas rigueur. Je dirais même que vous nous avez rendu un grand service en agissant à notre place car voyez-vous Palmorg avait été condamné par ses pairs.
-Donc nous avons fait le sale boulot à votre place ?
-On peut dire ça comme ça, en effet !
-Bien, et qu'en est-il du calice ? Allez-vous le laisser tranquille maintenant ? Allez-vous chercher une autre proie, une autre source de puissance ? demande le vampire un peu énervé de la tranquillité apparente du démon.
-Bien que cela ne vous regarde pas, annonce le nouveau chef démoniaque, je veux que vous soyez le premier des vampires à être au courant. Je crois que je vous dois bien ça pour nous avoir débarrassés d'un gêneur. J'ai décidé de ne plus avoir recours à de telles extrémités pour asseoir notre puissance. Je vais mettre en place une hiérarchie solide où chacun aura sa place dans chaque clan des démons. Notre puissance viendra de notre propre magie qui, si elle est bien utilisée, saura mettre notre peuple à l'abri. Et croyez-moi, je vais y veiller !
-Je dois vous croire sur parole ? demande Slade sceptique.
-Je me mets à votre place, Slade Hartwood. Vous ne me connaissez pas encore et je vous comprends, dit l'homme sans s'offenser le moins du monde. Cela dit, il va falloir faire avec car vous donner ma parole ne servira à rien, je suppose !
Le chef du clan des vampires esquisse un sourire. Cet homme-là lui plaît, ses paroles sont sincères, l'homme a l'air droit et franc. Mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un démon ! Peut-on lui faire confiance ?
-D'accord, dit Slade en se levant, signifiant par là que la discussion est finie. Je prends le risque, ne trahissez pas ma confiance, Melworf.
Les deux hommes se saluent et tandis que les démons transplanent une fois hors de la maison, sous l'œil vigilant de Dral, Slade lui soupire, soulagé, il n'aurait pas voulu d'un autre combat. Il aspire à la paix, il veut profiter encore longtemps de son petit dragon.
- Espérons que ce nouveau chef tienne parole. J'ai quand même l'impression que beaucoup de choses vont changer dans les entrailles de la terre, annonce Dral qui a un flair infaillible pour ce qui est du caractère des gens, probablement l'expérience. Ben oui, l'homme est quand même âgé de plus de mille ans !
Vers trois heures de l'après-midi, un jeune homme tout excité et complètement affolé frappe à la porte du maître des potions. Celui-ci ouvre l'entrée d'un simple geste de sa baguette et interpelle l'ado.
-Entre, Jayson. Tu n'as pas à avoir peur, dit Severus au jeune homme devant sa porte.
-J'ai pas peur ! Se rebiffe le jeune homme toujours sur ses gardes. Probablement un reste de ses jours d'errances quand il était seul.
Les deux hommes s'enferment dans le bureau du maître des potions pendant qu'Harry sort de son sommeil apaisé et complètement guéri. Le Gryffondor regarde les deux fines lignes rouges et sourit en se rappelant l'air inquiet de son Dhampir pendant qu'il le soignait.
En bas, les pourparlers commencent : Severus ne laisse aucune chance au jeune de bredouiller. Heureusement celui-ci, d'un caractère assez fort, ne se laisse pas démonter pour autant et répond franchement à l'interrogatoire du sévère maître des potions.
-Es-tu sûr de vouloir lancer ta carrière dans les potions ? Cela ne sera pas facile, tu sais ! Les potions est un art très difficile, peu y arrivent, jeune homme. Tu n'auras pas de samedi ni de dimanche quand tu auras un chaudron bouillonnant sur le feu qui ne peut attendre. Tu devras faire face à des recherches ardues mais néanmoins passionnantes. Il te faudra connaître le nom de toutes les plantes et des fleurs dont certaines j'en suis sûr tu n'as jamais entendu parler.
-Je sais tout ça, je me suis déjà renseigné, monsieur. Je sais que le travail sera long et fastidieux mais c'est ce que je veux faire. J'ai toujours été passionné par ce côté recherche et mélange d'ingrédient. Laissez-moi une chance je vous en prie, demande le jeune homme. Je ne vous décevrai pas !
-Bien ! Dans ce cas, je vais écrire un parchemin à mon ami Protubion, c'est le recteur de la très célèbre école de potions d'Angleterre. Mais je te préviens, Jayson ! Il ne sera pas question de tirer au flan, c'est un très grand honneur de rentrer dans cette université.
-Je vous promets de travailler d'arrache-pied, monsieur, dit le jeune homme en se levant de son fauteuil dans un état de grande agitation. Je vais devenir le meilleur des potionnistes. Vous êtes comme Liliane l'a dit, un homme de cœur.
-Tu peux partir et lui annoncer la bonne nouvelle, Jayson. Je t'enverrai un parchemin pour te dire le jour de la rentrée. D'ailleurs, je pense que j'en profiterai pour t'accompagner et saluer mon ami le recteur et nous nous arrangerons pour les frais de scolarité avec Slade.
Le jeune homme parti, Severus souffle un bon coup. Eh bien, pense-t-il, voilà un futur maître des potions très enthousiaste, par Merlin ! Espérons qu'il tiendra la distance dans les vapeurs des chaudrons et les odeurs pas toujours très subtiles des potions.
-Toi, tu as l'air d'avoir fait une bonne action, amour ! Cela te perdra Severus, susurre Harry contre l'oreille de son demi-vampire. Je suis content que tu ais aidé ce jeune homme.
-J'espère que je ne fais pas une erreur, Harry, avoue le maître des potions.
-Non, tu ne fais jamais d'erreur, Sev ! La preuve, tu as toujours dit que j'étais nul en potions et tu avais raison.
-Je trouve dernièrement que tu as fais des progrès dans cette matière, ajoute Severus en prenant son calice sur ses genoux et en respirant son odeur parfumée.
-Ben oui, tu n'es plus autant derrière mon dos à chercher la moindre peccadille et Draco ne jette plus des choses horribles dans mon chaudron quand tu as le dos tourné, s'offusque le Gryffondor.
-Tu es injuste là, Harry ! Je n'étais pas toujours derrière ton dos !
-Ah tu vois ! Tu es encore de mauvaise foi ! Tu ne veux pas reconnaître l'évidence quand elle est devant ton nez.
-Quelle évidence ? Tu papotais avec Weasley la plupart du temps et tu rêvassais.
-Bah ! C'est pas vrai, Sev, se défend Harry. Je suis même sûr que tu te délectais d'avance de me faire souffrir dans ton cours.
-C'est du passé maintenant, n'en parlons plus, ajoute l'homme qui ne veux pas voir son amant se mettre en colère pour, disons-le, une petite histoire de rien du tout.
Le Dhampir ne voudra jamais reconnaître l'attitude infâme qu'il a eue avec Harry. Il n'est pas dans ses habitudes de s'excuser pour quelque chose qu'il a fait. Harry s'appuie contre le torse ferme du maître des potions et laisse ses mains entourer sa taille. Plus un mot n'est dit, ils se sentent bien là tous les deux, savourant la présence de l'un et de l'autre.
Le ténébreux homme resserre un peu plus son calice contre lui et caresse sa nuque. Il sait qu'il a été injuste envers lui mais ce qui est fait est fait, il ne peut plus revenir en arrière. Tout ça pour une stupide vengeance envers Potter père et Black, ce chien galeux. Enfin Harry devrait être heureux, il accepte quand même le loup-garou dans sa vie. Il va falloir faire des efforts, c'est sûr !
Que de temps perdu ! Continue de penser l'homme en noir. Bon il sait très bien qu'un jour, il faudra qu'ils en parlent. Mais pour l'instant, il pense à une activité tout à fait plaisante là, sur ce magnifique fauteuil. Harry voit le regard lubrique de Severus se réveiller, le jeune homme sent de suite son érection se redresser à vitesse grand V sous la main experte de son demi-vampire qui s'est déjà faufilée sous son pantalon.
Dans la petite maison de Jamie, c'est un jeune homme angoissé qui pose une question qui lui tient à cœur.
-Lucius ? demande le vampire aux yeux mauves.
-Hum ! oui, répond le blond encore endormi, son nez dans les cheveux soyeux de son amant.
-Tu vas repartir chez toi ?
-Oui, murmure Lucius.
-Oh !
Entre le réveil et le sommeil, le sorcier sent comme un corps désespéré se serrer au plus près de lui. Lucius se réveille complètement quand il comprend le désarroi du jeune vampire.
-Jamie, regarde-moi ! demande le blond en soulevant délicatement d'un doigt le menton de son amant.
Lucius tombe aussitôt dans un océan de lavandes. Son cœur se serre devant la tristesse du regard.
-Je veux, continue le blond, que tu viennes avec moi au manoir Malfoy. Nous avons une maison à décorer entièrement, je te le rappelle ! Tu as dit que tu m'aiderais. Aurais-tu changé d'avis ?
-On va encore se disputer sur mes goûts affreux. Tu dis toujours que j'ai des idées de provincial, Lucius.
-Oui, bon. Moi je suis trop tatillon et j'ai tendance à me vautrer dans le luxe, je te l'accorde, Jamie.
-Avoue, amour, que le salon que nous avons décoré ensemble est magnifique ?
-Tu as raison, susurre le blond en soulevant le jeune vampire et en le mettant sur lui, allongé de tout son long.
-Et quand tout ça sera fini, que feras-tu de moi ? demande un jeune homme qui commence à onduler des hanches sur son amant.
-Arrête de faire ça, morveux, ou sinon je ne réponds de rien, siffle le sorcier qui sent ses reins s'embraser.
-Réponds d'abord à ma question, Lucius.
-D'accord ! Je réponds mais je te préviens cela ne va pas te faire plaisir, amour.
-Vas-y, je verrai bien !
-Quand nous aurons fini de décorer le manoir, nous irons chez tes parents, annonce Lucius impassible.
D'un bond, Jamie saute hors du lit et des bras de son sorcier. Sa virilité dressée fièrement quelques secondes avant se dégonfle comme neige au soleil. Lucius regarde le jeune vampire perdu au milieu de la chambre.
-Non, pas ça, Lucius, tu ne peux pas vouloir exiger ça de moi ! Ces gens me haïssent, ils veulent ma mort ! Je ne pourrais pas les regarder en face, s'époumone le jeune vampire.
L'homme aux yeux gris se lève à son tour du lit et rejoint Jamie toujours debout au milieu de la chambre.
-Je sais tout ça mais tu en souffres encore. Tant que tu n'auras pas fait la paix avec toi-même tu essayeras de te détruire. Et avec moi dans ta vie je ne le permettrais pas, je ne le permettais plus.
-Ils ne voudront pas me voir, Lus, répond Jamie d'un air suppliant.
-Je serai là et crois-moi je les obligerai. Ils devront te regarder en face, ils verront ce que tu es devenu. Un jeune homme plein de qualités qui aide des centaines d'enfants à retrouver une vie normale, avec une famille, des soins, une écoute, une éducation. Est-ce que je t'ai déjà dit que tu es exceptionnel ?
-Non, rigole Jamie. Tu ne me l'avais pas encore dit !
-Eh bien, voilà qui est fait. Mais ne prend pas l'habitude de recevoir des compliments, sale gosse ! Ajoute Lucius en serrant contre lui son petit vampire. Je t'aime, amour. Je t'aime et je ne veux pas qu'un jour tu réussisses une de tes tentatives.
-Depuis que je suis avec toi je n'y pense plus, Lus, s'offusque Jamie. Je pense juste à ceux qui m'ont rejeté et ça fait mal !
-Raison de plus pour y aller. Et avec moi près de toi tu ne risques rien.
-Lucius ? Murmure Le vampire contre le torse du blond.
-Oui, amour ?
-Ta putain de baguette me rentre dans le ventre et franchement j'aimerais que tu la mettes ailleurs.
Lucius part à rire à gorge déployée tout en prenant le jeune homme dans ses bras.
-Je sens que ma vie avec toi va changer Jamie, et j'aime ça.
Lucius prend les lèvres de son amant, il les lui mordille et les suçote poussant le vampire tranquillement vers le lit. Les deux hommes tombent sur le matelas se frottant l'un contre l'autre en poussant des gémissements d'un plaisir intense. Le plus âgé se retourne et se retrouve sur son jeune amant qui enroule ses jambes autour de ses reins.
-Moi aussi je t'aime, Lucius, lâche Jamie. Et je suis heureux de t'avoir rencontré.
-Rencontré ! Mais tu t'es littéralement jeté sur moi ! Je sais que je suis irrésistible mais quand même ! N'empêche, amour, ajoute le blond. J'ai tout de suite aimé ton corps contre le mien et le goût de ta bouche était divin.
Lucius d'un coup de reins pénètre son amant qui sous le coup de la surprise pousse un râle de pur plaisir. Ses doigts s'agrippent aux épaules du blond qui amorce un mouvement de va-et-vient très lent, faisant gémir son amant de désespoir.
-Lus, arrête de jouer !
-Alors accroche-toi, chéri, parce que tu vas voir des étoiles.
Le blond avec des gestes plus amples sort et entre plusieurs fois d'affilé dans le corps sous lui. Le jeune homme souffle laborieusement tellement les sensations sont fabuleuses. Son propre sexe entre leurs deux corps est tendu au maximum, le gland suintant sert de lubrifiant entre leurs deux peaux. Jamie se tend et dans un cri se libère, laissant éclater tout l'amour qu'il ressent pour Lucius. Celui-ci dans un dernier assaut se répand dans son amant tout en prenant sa bouche pour un baiser délicieux et terriblement sensuel.
-Je suis d'accord pour venir avec toi, Lucius, avoue Jamie. Malgré ma peur et mes doutes, je veux te faire confiance.
-Alors tout est bien, mon amour, dit Lucius en se retirant de son amant. À nous deux nous serons plus fort et tes peurs s'envoleront.
-Lucius ?
-Oui !
-Je ne te demanderai pas de devenir mon calice, je sais que ce n'est pas dans ta nature d'être dominé. Tu as dû te poser la question n'est-ce pas ? demande le jeune vampire hésitant.
-Je me suis posé la question, en effet ! Pour t'avouer la vérité, Jamie, je ne me sens pas prêt. Peut-être que je ne le serai jamais.
-Je sais, mais ce n'est pas grave. Je peux me passer d'un calice mais pas de toi, amour.
-Laissons passer et nous verrons ce que l'avenir nous dira, susurre Lucius dans le creux de l'oreille de son jeune amant. Peut-être changerai-je d'avis un jour ! Qui sait !
Les deux hommes, après un sort de nettoyage, se serrent l'un contre l'autre et s'endorment comblés et heureux. Lucius ouvre un œil et conjure une couverture sur leurs deux corps chauds. Le blond regarde Jamie les yeux clos et le bouche légèrement entrouverte. Le jeune vampire est l'image même de ce que le sorcier a toujours voulu. Un amant doux, délicat et sensible avec du caractère et qui sait lui tenir tête quand il le faut. Le blond sourit, il ne va pas s'ennuyer, ça c'est sûr !
Aussitôt après avoir transplané à Poudlard et laissé d'un coup de baguette leurs malles partir toutes seules dans leur appartement, Severus et Harry se rendent dans le bureau du directeur de l'école.
Après avoir prononcé le mot de passe aux gargouilles « boule de gomme » et s'être laissés montés par les escaliers tournants, les deux sorciers entrent dans le bureau dont la porte est grande ouverte.
-Ah, messieurs, asseyez-vous, déjà de retour ? leur demande le directeur de l'école.
-Comme vous le voyez, Albus, répond laconiquement Severus.
Harry ne dit rien, il en veut encore au vieil homme à la barbe blanche d'avoir éloigné ses amis et de lui avoir fait croire qu'ils ne voulaient plus le voir.
Albus voit bien que Harry est en colère contre lui. Même Severus, pas très bavard en temps ordinaire, lui bat froid depuis quelques temps. Le vieil homme les doigts croisés sur son bureau sait qu'il doit s'excuser. En connaissant le caractère d'Harry il savait que celui-ci ne serait pas content des dispositions qu'il avait prises pour le protéger.
-Harry ! L'interpelle le vieux sorcier assis derrière son bureau. J'essayais simplement de te garder à l'abri des journalistes et des mangemorts encore en liberté. Je sais que tu m'en veux pour ça mais je t'assure qu'il n'y avait aucune méchanceté dans ma décision de t'éloigner des autres.
Le jeune homme souffle et plonge son regard vert émeraude dans celui bleu pétillant d'Albus.
-Peut-être bien, professeur ! Mais il n'empêche que je me suis senti rejeté. Si au moins vous m'aviez dit ce qu'il en était alors j'aurais pu comprendre votre geste, vous ne croyez pas ?
-J'ai agi comme un idiot, Harry, je le reconnais volontiers. Je ne veux pas que nous soyons fâchés pour un trop plein de zèle de ma part, je dirais.
-Albus ! hurle Harry en se levant. J'ai failli en finir avec ma vie à cause de votre trop plein de zèle comme vous dites. Je me suis senti tellement seul, tellement misérable, je souffrais autant dans ma chair que dans mon cœur. Vous pouvez comprendre ça ?
-Je suis désolé, avoue le vieil homme.
-Franchement, je ne sais pas si vous l'êtes, Albus. Je suis sûr que si c'était à refaire vous referiez la même chose.
-Pour protéger ta vie ! Alors oui, Harry je le referais. As-tu pensé que tes amis auraient pu être sous imperium, ou bien un mangemort sous polynectar ? Il y a tant de ruses possibles pour t'atteindre et t'éliminer que j'ai pris une grande décision. Peut-être pas la meilleure, je l'admets. Mais par Merlin j'ai juste pensé à ta sécurité Harry !
Severus ne dit rien, il sait que le vieil homme dit vrai. Même s'il a souvent regretté que son calice traverse cette épreuve seul, encore une ! L'homme en noir se lève et s'approche d'Harry qui perd encore une fois la maitrise de sa magie.
-Nous devons partir, Albus, annonce tranquillement le maître des potions en serrant son Gryffondor contre lui. Nous nous verrons au souper de ce soir.
L'homme à la barbe blanche abandonne. Il sait que ce n'est que partie remise : Harry reviendra le voir encore et encore jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'il lui dise la vérité.
Dans les cachots, l'homme en noir n'a pas le temps d'enlever sa cape que la magie du morveux éclate dans son appartement. Severus attrape son calice entre ses bras et laisse ses crocs luisants mordre le cou appétissant qui se trouve sous son nez.
Le sang délicieusement sucré d'Harry coule dans sa gorge. Le jeune homme, la tête rejetée en arrière, gémit de bonheur. Sa magie récalcitrante se remet en place, les crépitements cessent d'eux-mêmes et les auras de couleurs sombres diminuent petit à petit.
-Harry, il faut que tu cesses de te faire du mal, dit son Dhampir après avoir regardé la plaie se refermer.
-Laisse-moi le temps, Sev, je te promets d'y arriver un jour. Dis ? Tu ne vas pas me laisser comme ça quand même ?
-Comme ça comment, amour ? demande Severus taquin et terriblement excité après la morsure.
Le jeune homme d'un mouvement de la main les déshabille tous les deux, et regarde d'un air narquois l'érection de son amant qui se presse contre son ventre.
Harry part dans un rire léger quand Severus se précipite sur le lit le portant dans ses bras comme un précieux trésor. Les bruits et les gémissements de plaisir que l'on entend ne donnent aucuns doutes sur les activités qui se passent dans la chambre entre les deux hommes amoureux. A partir de maintenant tout ira bien pour Harry. Le bonheur est entre ses mains et le bougre sait comment le faire crier son Dhampir. Tout simplement magnifique.
