Hello tout le monde ! Non ce n'est pas encore la fin, continuez de lire ! Ahaha le prochain chapitre c'est le dernier, cette fois je le jure, je l'ai déjà écrit ;)
Merci à tous pour vos reviews et favoris ! Peneloo, danke schöne !
See, the luck i've had can make a good man turn bad...
Mes yeux glissent sur le blond alors que le taximan, arnaqueur de première, emprunte la route la plus longue et bondée. C'est avec amusement que je constate que Watson a dû stopper sa croissance beaucoup plus tôt que nécessaire car il est bien loin d'atteindre la taille normale d'un adulte lambda. La tour Eiffel paraîtrait Babel à ses côtés. Non sans parler du fait qu'il est devenu affreusement horripilant. J'ai laissé derrière moi un personnage tout qu'il y a de plus aimable pour retrouver un handicapé hargneux et colérique.
_Vingt-deux livres sterling. Annonce le chauffeur.
J'empoigne mon porte-monnaie quand le docteur déclare :
_Je paie.
L'ignorant au plus haut point et plus encore, je sors le montant requis, le tends au chauffeur et quitte l'auto, nonchalant.
_Tu m'énerves, annonce le blond, boitillant à ma suite avec énergie.
Rien que ça. Je balaye négligemment sa remarque de la main avec laquelle je sonne, tranquille. Mrs Hudson ouvre, les froufrous mauves de son pull torturant ma rétine sensible. Je ravale à grande peine ma remarque face à son manque de goût indéniablement anglais et salue :
_Mrs Hudson.
_Oh Sherlock, bonjour ! Entrez, mon garçon, entrez !
Nous rentrons à sa suite, une douce odeur, mélange des relents d'une tarte aux pommes fraîchement sortie du four ainsi que du parfum boisé typique du 221 B me caressant les sinus. Je monte les marches sans faire cas de Watson.
_Vous avez emmené un ami !
_Colocataire, je corrige, la main posée sur la poignée.
_Ou pas, rétorque le blond.
Ce qu'il peut être horripilant, Seigneur ! Une fois dans l'appartement, je prends place dans mon fauteuil attitré, attendant impatiemment la venue du docteur le plus agaçant d'Europe. Celui-ci ne tarde pas à faire surface, essayant en vain de cacher la douleur qui sévit dans sa jambe. Et dire que cela n'est que psychosomatique. Ma foi, peu importe.
_Il y a une chambre à l'étage si vous avez besoin d'une deuxième chambre, indique Hudson, guillerette.
_Bien sûr qu'il nous en faudra une deuxième ! S'obstine Watson.
Je ne me suis jamais autant amusé en moins d'une minute.
_Oh ne vous inquiétez pas de cela ! Vous savez, on a de tout par ici. D'ailleurs Mrs Turner en a deux qui sont mariés.
Le blond coule sur moi un regard assassin que je m'empresse de contrer par un haussement d'épaule innocent.
_Alors ? Je questionne, à l'intention du blond.
_C'est plutôt pas mal, avoue celui-ci, les yeux analysant la pièce avec attention. Tu as remplacé Singe ?
_Pardon ?
John s'avance vers la cheminée, le doigt tendu en direction du crâne humain reposant au-dessus.
_Oh, ça ne faisait pas très sérieux, une tête de singe, j'avoue sur un ton léger.
_Je l'aimais bien, moi.
_Tu t'étais moqué de moi, je note.
_Oui mais… on n'appelle pas un crâne de singe « Singe », se défend-il, un sourire narquois pendu aux lèvres.
Je lève les yeux au ciel avant de saisir mon portable. Un message de Lestrade clignote sur mon écran. Je consulte brièvement le blond du regard. Il l'a dit lui-même, c'est fini. Je suppose que quinze ans, ça fait trop.
_Bien. Je te laisse t'installer. J'ai du travail, j'annonce, me relevant les gestes emprunts d'une rapidité exagérée.
_Les suicides ? Demande Hudson depuis la cuisine.
_Tout juste.
_Qui a dit que je m'installais ? Intervient le docteur.
_Tu ne le fais pas ? Je m'informe, enfilant mon manteau d'une manière si rapide qu'elle en devient maladroite.
_Je…, hésite-t-il.
Il grimace, se lèche les lèvres puis soupire à s'en fendre l'âme, me donnant par cet action sa réponse.
_Je rentrerai tard, des sandwichs suffiront aujourd'hui, je précise comme je prends la porte à grandes enjambées.
_Je ne suis pas votre gouvernante ! S'écrie Hudson, une théière déjà en main.
C'est d'un ennui. Bien que ma situation ne fût pas acceptable ce matin, je doute que vivre avec Watson soit des plus réjouissants. Quelle teigne. Mes pas ralentissent, mes jambes s'immobilisent. Mon ombre se dessine sur le papier peint, grande, fine, obscure. Je me retrouve à l'observer avec vigilance. Seule, ennuyeuse, squelettique, dénuée de toute émotion. Une machine.
_John ? J'appelle, revenant sur mes pas.
Le blond se redresse vivement. Mes iris le couvent d'une attention froide. Car je ne peux faire autrement.
_Tu étais docteur.
_Oui.
_Tu as dû voir des choses terribles, je continue, ne voyant pas moi-même où je veux en venir.
Le fait est que c'est tragique. J'ai eu tort, je le reconnais mais quelques années, ce n'est rien. À quoi bon attacher tant d'importance au temps ?
_Oui. Assez. Pour toute une vie.
_Tu en veux encore ? Je fais, platement.
Le temps est une unité inutile et handicapante. L'important n'est pas de savoir combien d'heures tu mets à accomplir ton devoir, à te trouver, à définir ce qui compte et ce qui ne vaut rien. J'ai défini mes priorités, je ne le regrette pas.
_Oh oui.
XXX
_Je n'arrive pas à croire que tu bosses avec Anderson ! Je veux dire Anderson,rigole le blond.
_Rah ça va ! Je peste.
Le docteur continue de glousser allègrement alors que nous prenons place à une table.
_Et THE Donovan ! Souffle-t-il entre deux rires.
_Watson…, Avertis-je.
_Désolé, sourit-il, essayant de reprendre son souffle.
J'ôte ma veste sèchement, le consultant d'un regard dur. Un sourire taquin pend toujours à ses lèvres.
_Ne dis plus rien, je conseille.
_Mais haha, comment ça se fait ? S'étonne-t-il encore. J'étais à Barts et je n'ai jamais aperçu Anderson à la section de médecine légale !
Je passe une main irrité dans mes cheveux, répondant à contrecœur :
_Il était en première au lycée. Quand tu es rentré à St-Barts, cet abruti de dégénéré a redoublé, raté son diplôme et suivi des cours du soir afin de réussir l'examen d'entrée à Barts.
_Comment sais-tu tout cela ? S'étonne Watson.
Mes doigts glissent sur la couverture noire du menu alors que j'observe attentivement, la vie des passants à l'extérieur.
_Commande, dis-je, ma voix restant d'une indifférence sauvage.
Je n'arrive pas à faire autrement. Les intonations chaudes, la douceur ou même un semblant d'intérêt. Je n'y parviens pas.
_Non. Réponds-moi, contre le blond, égérie de l'entêtement.
_Tu l'as dit toi-même, cela n'a plus d'importance. C'est fini, je clôture plus sèchement que nécessaire.
_Et si j'ai menti ?
_Tu as menti ? Je questionne pour toute réponse.
Le blond baisse la tête, hochant négativement. Il se mord doucement la lèvre comme il commence, incertain :
_Je...
_Le bœuf est bon, je coupe, glissant le menu à son encontre d'un geste lent.
Pour une fois (j'ignore si j'en suis heureux) le blond abandonne puis acquiesce, s'emparant de la carte sans un mot. Tout est brisé, j'ai tout gâché. Mycroft m'avait prévenu, lui, ses diatribes incessantes et ses kilos en trop. L'amour ne vaut rien, surtout au jour d'aujourd'hui. Toutefois, il m'est difficile d'admettre que ce sentiment est tombé plus bas encore que ce que j'imaginais. Je n'ai jamais attaché grande importance aux émotions. Toutefois, cela ne signifie pas que je suis dans l'incapacité d'en éprouver. J'ai été naïf de croire que dans un monde tel que le nôtre, il suffirait d'assurer une passion inébranlable pour que tout reste intact. Ce n'était rien. Rien qu'une fusion pure, étincelante. Un amour bancal, simple, unique. Il ne s'est jamais rien passé mais et alors ? Je peine à croire que l'acte charnel soit l'obligation, le devoir de chaque rencontre. Aurait-il moins douté de ma dévotion si nous étions passés à l'acte ?
_À quoi tu penses ? S'enquiert Watson, sa fourchette en suspens.
_Que je t'aime, je réponds, neutre mais sincère.
_Ne dis pas ce genre de chose, s'énerve le blond, abandonnant son assiette.
_Pourquoi ? Je siffle. Je sais que tu m'aimes encore. Arrête de nous refuser ce à quoi on a droit.
_TU es le seul qui nous a tout refusé ! Cesse un peu de te mentir, je ne t'aime plus.
_Moi ? Mentir ? Je ris sombrement. Watson, tu es celui qui fabule. J'ai eu tort, je regrette et si la machine que je suis peut l'accepter, pour quelle raison ne le peux-tu pas ?
_Parce que ! S'écrie-t-il vivement, attirant sur nous tous les regards.
_Ce n'est pas une réponse, je déclare, faisant fi des spectateurs.
_Va te faire foutre, achève le blond avec hargne, quittant la table d'un pas vif.
Je le regarde s'échapper du restaurant à grandes enjambées avant de reporter mon attention sur sa canne oubliée sur le rebord de sa chaise.
XXX
POV JOHN
Ce qu'il peut être… énervant ! Horrible même ! Je refuse tout. Je crache sur tout ce que l'on pourrait éventuellement représenter ! Mon souffle est court, les passants se retournent sur mon passage animé. Ils ne comprennent pas. Comment peut-il penser ne serait-ce qu'un instant qu'on pourrait recommencer ? C'est impossible. On était jeunes, quinze ans ont passé, ce serait idiot d'envisager une suite après tant d'années. Bien vite je me retrouve devant mon vieil immeuble. Ma seule maison. Prestement, je monte les marches quatre à quatre.
_Ne vous pressez pas, John. Nous avons tout notre temps.
Je frôle l'arrêt cardiaque avant de lancer un regard courroucé à l'homme se tenant devant ma porte.
_Qu'est-ce que vous fichez là Mycroft ? Je siffle, antipathique.
_Moi aussi je suis heureux de vous revoir John, sourit-il.
Je passe une main lasse dans mes cheveux. Ma vie était normale, presque insignifiante sur les bords et voilà que les frères Holmes décident de bouleverser mon quotidien.
_Je suis exténué, énervé et à deux doigts de l'homicide. Dites ce que vous avez à dire puis allez-vous en, je recommande, sèchement.
_Oh, ce que vous êtes devenu hargneux ! Vous étiez bien mieux avant, s'indigne faussement le roux (enfin le peu de roux qui lui reste sur le crâne).
_Mycroft, je vais vous frapper si vous continuez, avertis-je, soigneusement.
_John Watson, sourit-il derechef, j'ai appris que vous alliez emménager à Baker Street. En plus de cela, vous suivez mon frère sur ses affaires. Dites-moi, dois-je attendre un heureux évènement dans les jours qui suivent ?
_Aller vous faire voir ailleurs, je réponds.
_Charmant, grimace le frère Holmes tout en faisant tournoyer son parapluie. Quoi qu'il en soit, je voudrais que vous envisagiez plus sérieusement ahem…, une suite avec mon frère. Oh j'ai conscience du fait que votre histoire et toute cette mascarade ne me regarde en rien. Cependant, mon rôle de grand frère a ses exigences. De ce fait, je ne peux que me soucier de la sécurité ainsi que de la santé de mon ignoble petit frère.
_Ce qui est sûr dans votre petit discours, c'est que notre relation ou ce qu'il en reste ne vous regarde pas. Et je suis désolé mais je n'ai rien à voir avec la sécurité de Sherlock.
_Hélas, oui. Sherlock est dépendant de… certaines substances hallucinogènes, continue le roux, son hésitation dénonçant un hybride de gêne.
_Vous voulez dire qu'il… il se drogue ? Je demande, pas sûr de comprendre, pas certain de vouloir y comprendre un strict mot.
_Plus maintenant. Pas à ma connaissance en tout cas, répond tranquillement l'homme alors qu'il réajuste le col de son costume. Cette… dépendance l'a poussé à faire un nombre incalculable de stupidités en tout genre.
_Comme… partir quinze années durant ? Je persiste à bafouiller.
_Je ne saurais le dire. Sherlock n'est pas comme vous et moi. Il est mon petit frère, pourtant je peine à le comprendre. Son départ peut être dû à n'importe quoi. C'est un génie et je pense qu'il n'y a rien de plus lourd à porter pour lui. Il ne doute pas de son intelligence mais il veut être certain de ses connaissances. Il est vital pour lui de découvrir tout ce que le monde peut lui apporter. Afin qu'il puisse définir si cela en vaut la peine ou non.
_Si quoi en vaut la peine ? Je souffle, ignorant pourquoi je baisse la voix.
_Je ne sais pas, Watson. Je viens de vous confier mes conclusions personnelles. Aussi il se pourrait qu'elles soient erronées, soupire Mycroft.
_Je… je ne vois pas ce que je viens faire là-dedans, je bégaye, l'esprit vide, complètement et désespérément vide.
Le néant dans mon cerveau, les abysses du grand rien entre mes deux oreilles. Une information trop grande, trop incroyablement incroyable à tendance affreuse.
_Il vous aime. Il vous a toujours aimé.
Je passe une main agitée sur ma nuque, arguant, incertain :
_Ça ne veut rien dire.
_Sherlock n'aime personne. Je doute même qu'il ressente plus que de la reconnaissance et du respect vis-à-vis de notre propre mère, contre le roux, amer.
_Il m'a pourtant quitté moi aussi, je déclare.
_Oui et il vous a laissé une missive si je ne me trompe pas. Watson, vous êtes le seul à qui il ait consacré un mot avant son départ. Personne d'autre n'a compté à ce moment, si ce n'est vous et vous envisagez de le quitter ? Savez-vous seulement tout ce que je donnerais pour qu'il m'apporte le tiers de l'attention qu'il vous réserve ?
Le roux me consulte durement du regard. Comme s'il me reprochait ce long discours, toutes ces confidences qu'il ne s'apprêtait peut-être pas à faire. Mais… je ne voulais pas ça. Je ne sais pas comment réagir.
_Je suis désolé, je m'excuse pour une raison obscure.
_Contentez-vous d'être à la hauteur, siffle sèchement le roux, mettant fin à notre entrevue.
Il prend l'escalier, droit, fier. Je le suis du regard jusqu'à ce que sa silhouette se détache de mon champ de vision. J'ai mal à la tête, il me faut une aspirine.
Et voilà ! Le prochain chap, c'est le dernier. Vraiment, plus de de malentendu ou je ne sais quoi XDD J'espère que ça vous a plu ! Laissez-moi un petit mot ! ;)
Bisous
A.
