Chapitre 25 : Possessivité et loup piégé
Le lendemain matin, au petit déjeuner, Dumbledore rappela les résultats de la deuxième épreuve :
- Avant tout, je tiens à vous annoncer que le thème de la troisième épreuve sera : ténèbres.
Une vague de murmures se propagea dans la salle. Avec la montée en puissance du Seigneur des Ténèbres ces dernières années, les élèves se demandaient si le thème avait un quelconque rapport avec lui. Certains allèrent même jusqu'à penser que les champions devraient l'affronter pour remporter l'épreuve. Mais comme pour les autres indices, Dumbledore ne donna pas plus de précisions et continua :
- Et maintenant, les résultat de la deuxième épreuve. Mr Diggory a fini premier et remporte 100 points pour Poufsouffle.
La table des Poufsouffle fit éclater sa joie. Puis Albus enchaîna :
- Mr Black fini deuxième et remporte 50 points pour Serpentard.
Seuls quelques Serpentards applaudirent. Certains étant frustrés de finir encore une fois deuxième. Regulus n'y fit pas attention. Il avait décidé de ne plus laisser les reproches de ses camarades l'atteindre. Ils le regardaient tous bizarrement depuis hier. Depuis qu'ils avaient vu son pire souvenir. Depuis qu'ils pensaient tous qu'il était encore attaché à son traître de frère. Mais le jeune homme aperçut soudainement Aurore qui applaudissait discrètement pour lui. Elle lui fit un clin d'œil et il leva les yeux au ciel.
- Miss Devan fini troisième et remporte 20 points pour Gryffondor, continua Albus. Malheureusement, Miss Chang a déclaré forfait. Elle ne remporte donc aucun point.
Autant dire que les Serdaigle faisaient tous une tête d'enterrement. Ils étaient derniers au classement avec un sacré retard de 300 points sur les premiers. À savoir Gryffondor.
- Mais ils vont nous tuer aux points de cours, marmonna Peter.
En effet, le sablier de Serdaigle était de loin le plus rempli.
- Tout ira bien, dit James. Les points de Quidditch vont nous assurer la victoire. Dépêche-toi de manger, Aurore. On a entraînement.
- Oui, soupira-t-elle exaspérée.
Il le lui avait répété au moins 20 fois depuis qu'ils s'étaient dit bonjour. Elle piqua dans son assiette un morceau de bacon et mâcha pensivement. Puis elle dit en fronçant les sourcils :
- Il ne manque pas quelque chose ?
- Ton bacon a l'air normal, s'amusa Lily.
- Non, pas ça...
- Petit Lardon ! Petit Lardon ! Demandez le Petit Lardon !
- C'est de ça que je parlais, précisa Aurore alors que tout le monde se tournait vers John qui brandissait fièrement son nouvel article.
Il s'avança vers elle et lui tendit un exemplaire de son journal en disant joyeusement :
- Cette fois, tu va être contente, Aurore. Je n'ai rien écrit de bizarre sur toi. Seulement sur ton courage et ta détermination.
- Voyons voir, dit-elle méfiante en jetant un œil à l'article.
L'une des photos la représentait en train de se débattre contre un ennemi invisible. Contre la mer qu'elle seule voyait. Il y en avait une pour chaque champion et celle de Lian était de loin la plus ridicule. Elle tapait des pieds au sol avant de relever les jambes en poussant des cris hystériques. Mais Aurore s'attarda sur la photo de Regulus. Il était debout, immobile face au miroir, l'air imperturbable. Mais on voyait clairement des larmes couler sur son visage. Il n'était pas tombé à genoux comme Amos. Il n'avait pas pleuré à chaudes larmes ou hurlé le nom de qui que ce soit. Mais il avait tout de même eu plus de mal que le champion de Poufsouffle à s'extirper de son souvenir.
Aurore glissa de nouveau un regard vers la table de Serpentard. Rosier et le reste de l'équipe de Serpentard fixaient Regulus d'un oeil noir. "Reg..." Elle était déjà certaine depuis longtemps que le jeune homme regrettait de ne pas avoir suivi son frère. Mais maintenant, tout le monde le savait. Et il ne semblait y avoir que Véga qui n'ait pas changé d'attitude envers lui. Assise à côté de lui, elle lui parlait en souriant. Aurore se souvint du rôle que la jeune fille avait eu dans le souvenir de Regulus. Elle avait vraiment tenté de les convaincre. Mais avait encore échoué. "Il faut vraiment que j'aille lui parler. Et lui rendre son carnet".
- Mais qu'est-ce que c'est que ce titre ? demanda Sirius perplexe en lisant l'article par dessus l'épaule d'Aurore.
En haut de la page : L'aigle se couche, le griffon demande à voir, le serpent tente un coup de bluff et le blaireau rafle la mise.
- Depuis quand tu sais jouer au poker toi ? demanda Lily en lançant un regard sidéré à John.
- Je sais tout, ma chère, dit-il fièrement. Je sais tout.
- Tu me fais flipper... l'informa Aurore en frissonnant.
- Tu sais aussi comment te rendre au terrain de Quidditch ? lança James en attrapant John par le col pour le traîner vers le hall. Parce que c'est par là.
- Mais j'ai pas fini de distribuer mes articles ! se plaignit John alors que la moitié de ses papiers journaux lui glissaient des bras.
- Peu importe. Jane ! Sally !
- On vous attendait, lui fit remarquer Jane en quittant son assiette vide en même temps que Sally.
- Allons-y, dit Sirius à Aurore.
Elle acquiesça et ils se levèrent. Quant à Frank, il regardait nerveusement Alice continuer à manger ses céréales.
- Heu... Alice.
- ALICE ! RÉVEILLE-TOI ! cria James depuis le hall.
- Hum ? dit-elle en levant enfin la tête de son bol.
Et Frank l'entraîna rapidement avec lui sous les rires du reste de leurs amis. Une fois sur le terrain, en tenue et un balais à la main, Sirius s'approcha d'Aurore et lui demanda :
- Tu es sûre que ça va ?
Aurore sourit faiblement. Elle avait rêvé de son frère cette nuit. Revivant encore ce mauvais souvenir. Mais elle devait faire de son mieux.
- Oui, ça va.
L'entraînement se passa bien. Et Aurore remarqua que Sirius prenait plus de soin que jamais à renvoyer les cognards de Frank. D'habitude, il en laissait passer quelques uns quand il voyait qu'ils ne la toucheraient pas. Là, il les détournait tous. Aucun des cognard ne pouvait voler en direction d'Aurore sans rencontrer sa batte au passage.
- Comme c'est mignon de te voir voler dans tous les sens pour elle, Sirius, s'amusa James de le voir aussi appliqué.
- La ferme, répliqua son ami en passant à côté de lui pour détourner un autre cognard.
Aurore ne rencontrait aucune gêne et elle attrapa facilement le vif d'or.
- C'est bien, dit James. Mais tu auras un adversaire aussi fort que moi face à toi pour le match. Regulus est un très bon attrapeur. Il m'a déjà battu.
- Un coup de chance, marmonna Sirius.
- Non, assura James.
- Je suis d'accord, dit Aurore avant que Sirius ait pu dire le contraire. Il a du talent.
Sirius l'observa en fronçant les sourcils et elle lui rendit son regard.
- Bon, fini pour aujourd'hui, décida James en sentant s'envenimer les choses. Tous aux vestiaires.
Aurore partit rapidement se changer avant que Sirius ait le temps de lui poser des questions. Elle venait de lui rappeler indirectement qu'elle continuait toujours à voir son frère en secret. Ce qui ne lui plaisait toujours pas.
La championne avait presque fini de se changer quand elle entendit Alice qui sortait des vestiaires dire :
- Salut, Sirius.
Aurore se retourna d'un bond et trouva le jeune homme appuyé contre la porte. Il ne restait plus qu'eux dans le vestiaire. Soudain, elle vit le coin de ses lèvres s'étirer dans un petit sourire et il dit :
- Joli nombril.
Baissant les yeux, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas fini de boutonner le bas de sa chemise. Et elle se retourna d'un coup pour cacher son nombril en rougissant.
- Je trouve que tu as un peu trop pris l'habitude d'entrer dans le vestiaire des filles, dit-elle une fois correctement habillée. Rassure-moi, il n'y a que moi que tu viens y retrouver, n'est-ce pas ?
- Hum, marmonna-t-il vaguement en s'asseyant sur le banc où elle avait posé sa cape.
"Comment ça... hum ? C'est oui ou c'est non ?" Très amusé et devinant ses pensées, Sirius fit semblant de ne pas remarquer qu'elle attendait une réponse plus claire.
- Un jour, j'ai perdu une cravate ici, dit-il en faisant semblant de chercher autour de lui. Mais elle l'a sûrement emmenée.
- Qui ça ? demanda Aurore en faisant de son mieux pour ne pas laisser transparaître sa colère.
- Oh, je ne me souviens plus de tous les noms, tu sais.
Aurore serra les poings et elle se rua vers la sortie. Mais avant qu'elle n'ait eut le temps d'ouvrir la porte, Sirius plaqua sa main contre le battant. Elle lui lança un regard furieux et il demanda :
- Il a du talent ?
Aurore écarquilla les yeux. Et elle comprit qu'il se moquait d'elle. Tout ce que Sirius voulait, c'était lui faire comprendre qu'il n'appréciait pas qu'elle voie Regulus autant qu'elle n'appréciait pas qu'il puisse voir d'autres filles.
- Comment as-tu osé me...?! fulmina-t-elle en donnant des coups de poing contre son torse.
Mais il prit délicatement ses mains dans les siennes.
- Tu comprends ce que je peux ressentir quand je t'imagine le soir avec lui ? demanda-t-il.
- On ne fait que travailler. En plus, Marlene est avec nous. Tu n'as vraiment aucun soucis à te faire.
- Mais c'est... lui, insista Sirius.
- Tu veux dire, ton frère ? précisa-t-elle à sa place.
La mâchoire de Sirius se crispa.
- Sirius, soupira Aurore. Comment tu peux encore lui en vouloir après ce que tu as vu dans son miroir ? Comment tu peux encore le détester ? Il a pleuré pour toi. Il voulait te suivre.
- Il ne l'a pas fait.
- Tu sais que c'est la faute de tes parents. Pas la sienne.
- Il aurait pu me rejoindre ensuite.
- Il est trop jeune.
- 15 ans c'est suffisant pour... s'obstina-t-il.
- Il s'est senti abandonné ! le coupa-t-elle exaspérée. Il a pensé que tu ne voulais plus le revoir au moins autant que tes parents après ça.
- C'est vrai. Je ne veux plus le voir, s'énerva Sirius. Et je ne veux pas que tu le voies non plus.
- Alors ça, c'est hors de question, l'avertit Aurore. C'est mon ami.
- C'est un futur Mangemort.
- C'est mon ami futur Mangemort, précisa-t-elle.
- Alors tu en es bien consciente ? s'ébahit-il. Tu sais ce qu'il va devenir mais... tu t'en fiches ?
- Je suis loin de m'en ficher, lui assura Aurore. Je voudrais le sauver. Je voudrais... le tenir le plus éloigné possible de Voldemort.
Sirius tressaillit. C'était vrai... Aurore n'avait pas peur de prononcer son nom.
- Mais je sais que je ne peux rien y faire, avoua-t-elle en baissant la tête. Il va devenir Mangemort... oui. Mais il reste mon ami.
- Tu l'aimes beaucoup, l'accusa-t-il la gorge serrée.
Elle leva des yeux embrumés vers lui.
- Pitié Sirius... ne me demande pas de... de l'abandonner. Je sais que même s'il refuse de l'admettre... ça lui fait du bien de nous retrouver. Moi et Marlene. C'est vrai, il va devenir Mangemort mais... jusque là... je veux l'aider à être tout simplement Regulus.
Aurore passa ses bras autour du torse de Sirius et appuya sa tête contre lui.
- Je t'en supplie, laisse-moi être son amie.
- Tu es sûre que tu ne ressens rien de plus que de l'amitié pour lui ?
Aurore sourit faiblement et murmura :
- Je crois que tu ne m'as pas écoutée hier.
Puis elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur ses lèvres.
- Je t'aime, répéta-t-elle doucement.
Sirius la plaqua violemment contre la porte. Et il lui donna un baiser ardent. Surprise par tant de ferveur, Aurore l'observa les yeux à demi ouverts avant de fermer les paupières. Elle répondit à Sirius mais c'était lui qui menait la danse. Plaquée entre lui et la porte, Aurore pouvait parfaitement sentir sa musculature. Il tenait son menton d'une main pour l'obliger à bien garder la tête levée vers lui et ses lèvres. Son autre main passant de son épaule à son dos, avant d'aller chercher délicatement le creux de ses reins. Aurore gémit faiblement en le sentant l'appuyer un peu plus contre lui. Et elle plaça ses bras tremblants autour de son cou, avant de passer ses mains dans ses cheveux. Puis elle sentit la main de Sirius quitter son menton pour descendre jusqu'à son ventre, frôlant sa poitrine d'une caresse légère. Ses doigts passèrent sous la chemise de la jeune fille et avancèrent doucement sur la peau de son ventre, passant sur son nombril, provocant en elle un sursaut, puis remontant. Aurore retint son souffle quand ils arrivèrent au niveau de son cœur. Son cœur qui battait fort. Trop fort. Son esprit s'égarait. Elle avait presque oublié où elle se trouvait. Oublié que leurs amis les attendaient pour rejoindre le château. Mais surtout, elle avait oublié que le sablier se trouvait à quelques centimètres des doigts de Sirius. S'il avait avancé un peu plus, il l'aurait senti. Mais sa main passa dans son dos avant de redescendre jusqu'à la chute de ses reins.
- Sirius... souffla-t-elle alors qu'il délaissait ses lèvres pour s'attaquer à son cou.
L'entendant prononcer son nom, le jeune homme jeta un coup d'œil à sa partenaire. Tête renversée, paupières fermées... Sa bouche entrouverte pour récupérer l'air qui lui manquait. Sa poitrine qui se soulevait au rythme de ses respirations. Si Sirius avait relâché son étreinte, elle se serait écroulée au sol. Elle n'oublierait jamais ce baiser. Parce qu'il en avait voulu ainsi. S'il devait laisser Aurore rejoindre Regulus chaque nuit... il devait faire en sorte qu'elle n'oublie jamais qui elle aimait vraiment. "C'est moi que tu aimes, Aurore. Ne l'oublie jamais" pensa-t-il en déposant un tendre baiser sur ses lèvres. Puis il la serra contre lui de toutes ses forces. Pour la première fois, Sirius se rendait compte qu'il était un gamin égoïste. Il voulait garder Aurore pour lui seul. Il devenait jaloux de tout ce qui l'approchait. Jamais, jamais il n'avait ressenti ça avant. Amoureux pour la première fois de sa vie... "Tu comprendras quand tu tomberas amoureux. Quand tu trouveras la bonne", lui avait un jour dit James. Et il avait répondu : "La bonne... elle n'existe pas". Et pourtant, il la serrait dans ses bras en ce moment. Aurore caressait son torse avec sa joue, la tête posée contre lui. Elle soupira d'aise dans ses bras. Il en était sûr, c'était elle. La bonne. Celle qu'il lui fallait. Il ne la cèderait pas. Ne la perdrait pas.
- Tu ne me quitteras jamais, Aurore... n'est-ce pas ?
La jeune fille ouvrit soudainement les yeux. Les idées parfaitement claires. Que répondre ? Oui, elle devait le quitter. Bientôt. Il leur restait si peu de temps à passer ensemble. Mais elle ne pouvait rien lui dire. Personne ne devait savoir qui elle était et d'où elle venait. Sirius non plus.
- Je t'aime et je t'aimerai toujours, dit-elle en déposant un baiser sur son torse.
Cela elle en était sûre. Même en retournant à son époque... peu importe où elle allait. Peu importe qui elle rencontrerait... Elle n'aimerait jamais personne comme elle l'aimait. Lui. Aurore retint ses larmes. Elle ne voulait pas le quitter. Elle ne voulait pas le faire souffrir. Mais c'était inévitable. Elle devait rentrer chez elle. Auprès de sa famille. Elle l'avait dit à sa mère... Ne t'en fais pas. Je reviendrai, c'est promis.
Soudain on frappa à la porte et ils sursautèrent.
- Aurore ? dit la voix de Marlene. Tu as bientôt fini ? On y va.
- J'arrive ! s'exclama-t-elle.
Puis Aurore leva la tête vers Sirius. Attendant de savoir s'il acceptait qu'elle continue de voir Regulus. Il le comprit et dit :
- Toujours avec Marlene, concéda-t-il. Jamais seule.
- Promis.
Il hocha la tête et partit récupérer la cape d'Aurore sur le banc. La soulevant, il entendit quelque chose tomber au sol. Un objet avait glissé de l'une des poches. Il se baissa pour regarder sous le banc et trouva une petite boite noire entourée d'un ruban. Il s'en saisit et se redressa pour l'ouvrir. Quand Aurore se rendit compte de ce qu'il avait dans les mains, elle s'exclama :
- Non, attends !
Trop tard. Sirius découvrit quatre petits chocolats à l'intérieur. Il reconnaissait maintenant la boite. Il avait vu la même sur la table de chevet de chaque garçon de sa chambre. Il était le seul à ne pas en avoir reçu. Les chocolats de la St Valentin d'Aurore.
Sirius tourna les yeux vers elle. Et avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Aurore s'exclama :
- Ce sont les tiens ! Je te le jure. Je les ai préparés pour toi.
Visiblement, elle craignait qu'il puisse penser qu'elle comptait les offrir à quelqu'un d'autre.
- Pour moi ? dit-il avec un petit sourire.
- Enfin... j'en ai préparé pour tout le monde. J'hésitais à te les donner et... tu m'as... embrassée...
Elle rougit et ajouta rapidement :
- J'ai pensé à Marlene et tu avais ses chocolats. Je ne pouvais pas te donner les miens, tu comprends ?
- Non, je ne comprends pas, avoua-t-il.
Aurore leva les sourcils perplexe.
- Comment une fille qui garde dans sa poche pendant deux semaines les chocolats qu'elle destinait à un garçon pour la St Valentin... ne peut pas se rendre compte qu'elle est amoureuse ? Je m'interroge.
Sirius lui offrit un sourire amusé alors qu'elle soupirait de soulagement et il dit :
- Mais merci quand même.
Sur ce, il prit l'un des chocolats.
- Ne mange pas ça ! s'exclama Aurore. C'est resté deux semaines dans ma poche !
Mais sans l'écouter, Sirius goûta le chocolat. En effet... deux semaines.
- Délicieux, dit-il en fermant la boite.
- Menteur, rit Aurore en tendant la main vers lui. Donne-moi ça.
Mais il glissa la boite dans sa poche et lui mit la cape dans la main.
- Ils nous attendent, lui rappela Sirius avec un petit sourire en allant ouvrir la porte.
Marlene fut étonnée de voir le garçon sortir le premier.
- Heu... dit-elle à Aurore. Il était avec toi ?
- Oui.
- Je vois, dit Marlene avec un sous-entendu évident dans la voix.
- Non !
Son amie éclata de rire et elles suivirent Sirius pour rejoindre les autres.
- Pourquoi tu souris comme ça ? demanda James à Sirius sur le chemin du château.
- Pour rien, dit-il sans cesser de sourire et les mains toujours dans les poches.
Le jeune homme serrait entre ses doigts la petite boite noire. Il ne la lâcha pas de la journée.
oOo
Quand vint l'heure pour Aurore et Marlene de rejoindre Regulus, Sirius lança un regard à Aurore qui traversait la salle commune. Même s'il avait accepté... ça ne lui plaisait toujours pas. Il était assis dans l'un des fauteuils en compagnie de ses amis Maraudeurs. Et quand Aurore perçut son regard intense dans son dos, elle fit demi-tour pour s'avancer vers lui. Puis, déposant un rapide baiser sur ses lèvres, elle dit :
- Bonne nuit !
Sous les regards surpris de l'assistance, elle quitta la pièce avec Marlene. Même Sirius n'en revenait pas. Elle qui avait semblé si timide dans l'infirmerie lorsqu'on discutait de leur relation... c'était la première fois qu'ils s'embrassaient en public. "Si on ne compte pas Pomfresh". Mais leur premier baiser affectueux face aux autres, il pensait que ce serait lui qui le donnerait à Aurore. Pas le contraire.
- Le baiser de bonne nuit, s'amusa James en souriant. Très mignon.
- La ferme.
Un petit sourire naquit sur les lèvres de Sirius, alors qu'il fixait le passage par lequel Aurore venait de disparaître. Que ce soit elle qui vienne vers lui... ça le rendait fou de joie. Mais maintenant qu'elle était sortie... sortie rejoindre Regulus... "Arrête. Elle a dit que ce n'était qu'un ami. Je dois lui faire confiance. Il le faut..." Mais il ne put finalement s'empêcher de jeter un regard inquiet au tableau.
Les doigts de Remus se crispèrent sur le livre qu'il lisait. Le savoir, oui. Mais le voir... Il n'avait pas pu s'empêcher de ressentir un pincement de cœur. Et le pire... c'était elle qui avait pris l'initiative. "Calme-toi. N'y pense pas".
- Je pense honnêtement que Sirius ne s'y attendait pas, dit Marlene alors qu'elles marchaient dans le couloir du 7e étage.
- À quoi ? demanda Aurore.
- À ce que... tu l'embrasses. Devant les autres.
- Je n'aurais pas dû ? s'inquiéta son amie. Est-ce que tu...?
- Ne t'en fais pas pour moi, Aurore, sourit Marlene. Je dis juste que c'était surprenant pour tout le monde.
- Pourquoi ?
- Essaye de comprendre, soupira la brune. On vous a toujours vus en train de vous hurler dessus. Alors vous voir vous embrasser... ça fait bizarre.
- Mais pourquoi tu dis que Sirius a été surpris ?
- Tu n'as pas vu sa tête ? Je crois qu'il s'imaginait que ce serait lui qui t'embrasserait la première fois en public et pas le contraire.
- Hum... tu veux dire que c'est un problème d'égo masculin ? s'enquit Aurore. Il préfère montrer que c'est lui qui contrôle la situation ?
- J'en sais rien, je ne suis pas un garçon.
- Mais moi, j'ai juste fait ça pour le rassurer. Tu sais qu'il n'aime pas trop qu'on vienne ici.
- Dis plutôt qu'il n'aime pas trop que tu vienne me voir, intervint soudainement Regulus.
Il était appuyé contre la tapisserie de Barnabas le Follet. Et vu son regard, il avait entendu toute la conversation.
- Alors tu sors avec lui ? lança-t-il à Aurore comme une accusation.
- Heu... oui, répondit la blonde.
"Bon sang... Rosier avait vu juste" désespéra Regulus.
- Et toi, ça ne te pose pas de problème ? demanda-t-il à Marlene.
- Il est amoureux d'Aurore, répondit la brune en baissant les yeux.
- C'est si simple que ça ? ricana le Serpentard.
- Arrête Regulus, insista Aurore en sentant son amie s'assombrir.
Le jeune homme soupira et croisa les bras. Il avait l'air de très mauvaise humeur.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Aurore. C'est ce qui s'est passé pendant l'épreuve qui...?
- Un mot là-dessus, Aurore, et je ne fous plus jamais les pieds ici, l'avertit Regulus.
Il l'avait dit tellement de fois. Et Aurore avait toujours bravé l'interdit. Mais ce soir, son regard montrait qu'il était sérieux. Très sérieux. Il ne voulait pas parler de son souvenir.
- Très bien, accepta-t-elle.
Il acquiesça, satisfait. Puis il demanda :
- Tu n'as vraiment rien à voir avec le vol qui a eu lieu chez moi ?
Aurore sursauta puis déglutit. Et elle lui assura :
- Je n'ai rien volé.
- Je t'ai demandé si tu avais quelque chose à voir là dedans, répéta Regulus. Ce n'est pas toi que Kreattur a vu. N'est-ce pas ?
- Je suis liée au château, lui rappela-t-elle en évitant de nouveau la question.
- Je sais. Ça ne peut pas être toi et pourtant Rosier semble en être persuadé.
- Rosier ? s'étonna Aurore.
- Oui. Tu-Sais-Qui semble s'intéresser au trésor de ma famille, l'informa-t-il. Tu devrais faire attention. Rosier m'a demandé de vérifier si tu portais bien quelque chose autour du cou.
Aurore se tendit.
- Mais c'est complètement absurde, continua Regulus. Ça ne peut pas être toi. Et j'en ai plus qu'assez de l'entendre me donner des ordres. S'il veut s'enliser dans son délire comme... ma mère... qu'il le fasse seul.
Aurore fut soulagée en comprenant que Regulus ne comptait pas vraiment vérifier son cou.
- Fais attention, la prévint-il. Il a dit qu'il comptait envoyer quelqu'un d'autre vérifier. Je ne sais pas qui, ni comment cette personne compte s'y prendre... mais il veut s'assurer si tu as bien volé ou pas ce trésor.
- Je n'ai rien volé, répéta-t-elle.
- Il vérifiera. Alors méfie-toi. Qui sait ce qu'il pourrait inventer ? Qui que ce soit, il pourrait te tomber dessus au détour d'un couloir. Ne te promène pas seule.
Il lança un regard à Marlene et celle-ci acquiesça. Elle resterait près d'Aurore.
- C'est gentil de t'inquiéter, remarqua la championne.
Regulus ne répondit pas. Il s'éloigna plutôt de la tapisserie avant de faire trois fois l'aller-retour devant. Puis la porte de la salle sur demande apparut. Lorsqu'elles entrèrent, Aurore et Marlene retinrent une exclamation de surprise. Il faisait si noir... si sombre. C'était lugubre.
- Heu... Regulus ? demanda Aurore. Qu'est-ce qui se passe ?
- Ne me dit pas que tu as déjà oublié le thème de la 3e épreuve, soupira-t-il. C'est ténèbres.
- Ah... oui, se rappela-t-elle. Mais on ne va rien voir là.
Regulus agita sa baguette et des chandelles apparurent, virevoltant au plafond, comme celles se trouvant dans la grande salle. La pièce s'éclaira suffisamment pour qu'ils puissent distinguer les rangées de livres ainsi que tous les objets d'origine douteuse posés sur la table.
- Tu sais à quoi servent tous ces trucs ? demanda Marlene à Regulus en prenant l'un d'eux dans ses mains.
- Il me semble que ce sont des instruments de torture, répondit-il. Ou des objets maudits.
Marlene relâcha immédiatement l'objet.
- Ne plaisante pas là dessus avec Marlene, le prévint Aurore amusée en prenant l'objet à son tour. Elle croit tout ce qu'on lui dit.
- Je ne plaisantais pas.
Aurore lâcha l'objet à l'image de Marlene et les jeunes filles s'éloignèrent de la table.
- Ça vous étonne ? s'amusa Regulus. L'indice, c'est ténèbres. Évidemment que la pièce nous fournit des objets qui ont un rapport avec la magie noire.
- Oui voyons, dit Aurore en tapotant le bras de son amie. C'est évident, Marlene.
- Ne fais pas comme si tu valais mieux que moi, répliqua la brune.
- On s'y met ? s'impatienta Regulus.
- Réfléchissons, dit Aurore. Il est évident qu'on ne va pas nous torturer.
- J'espère bien, marmonna Marlene en fixant les instruments de torture.
- Vous croyez qu'ils vont nous obliger à toucher des objets maudits ?
- Non plus, dit Marlene. Non, je crois qu'il faut faire simple. Ça aura un rapport avec le noir. L'obscurité.
- Ou le désespoir, nota Regulus.
- Oui, approuva-t-elle inquiète.
- Si c'est un lumos qu'il faut lancer, ça devrait aller, s'amusa Aurore.
- Pas trop simple non plus, répliqua Regulus.
- Sauf si c'est un test écrit, cette fois. Il ne vaut mieux pas, j'ai toujours été nulle pour ça.
- Un test sur quoi ? demanda Marlene.
- Sur la montée en puissance de Voldemort, proposa Aurore.
Marlene poussa un cri apeuré. Et elle faillit tomber sur la table où étaient posés les instruments de torture. Mais Regulus la rattrapa avant qu'elle ne s'empale sur les différents pics, lames et autres monstruosités.
- Fais attention, dit-il en l'écartant de la table avec le bras qu'il avait passé autour de sa taille.
- M... merci, balbutia-t-elle en tournant la tête vers lui après avoir jeté un œil effrayé aux objets qui auraient pu gravement la blesser.
Croisant de près le regard de Regulus, Marlene se rendit soudainement compte qu'elle était dans ses bras. Regulus aussi apparemment, car il la relâcha aussitôt. Puis il tourna un regard furieux vers Aurore et s'exclama :
- Toi, ne prononce pas ce nom si facilement !
- Je n'ai pas peur, lui fit remarquer la blonde en haussant les épaules. Toi non plus, à ce que je vois.
- Ce n'est qu'un nom. Mais je t'ai déjà dit qu'il y a des choses avec lesquelles il ne faut pas plaisanter. Comme si on pouvait nous donner à faire un test écrit sur lui.
- Ce sera peut-être un test pratique. Je suis plus douée de ce côté.
- J'ai entendu des idiots dire qu'il serait "convoqué" pour l'épreuve. Sérieusement... soupira Regulus.
- Évidemment qu'il n'aura aucun rapport avec l'épreuve, approuva Aurore. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on sera confrontés à de vraies monstruosités. Des créatures, peut-être. Cette fois, on devra utiliser nos baguettes à coup sûr. Je prédis un ou plusieurs combats. Comme le dit si bien James... il va y avoir de la baston !
oOo
Quand Aurore et Marlene retournèrent dans la salle commune, elles discutaient des différentes créatures qu'on pourrait possiblement leur faire affronter. Des créatures ténébreuses.
- Tu penses à des vampires ou des loup-garou ? s'inquiéta Marlene.
- Ou pire... des Inferis, proposa Aurore d'une voix d'outre tombe.
- Arrête ! s'exclama Marlene effrayée.
Aurore éclata de rire jusqu'à ce qu'un bruissement les fasse s'arrêter. Puis elles entendirent un râle provenir du canapé. Marlene se saisit aussitôt du bras d'Aurore.
- C'est de ta faute, Marlene, dit Aurore dépitée. Pourquoi tu as touché cet objet ? Maintenant, nous sommes maudites.
- Arrête, répéta la brune en lui secouant le bras. Va plutôt voir ce que c'est.
- Qu'elle courageuse Gryffondor, s'amusa Aurore.
- On ne peut pas se battre contre les mauvais esprits, lui fit remarquer Marlene.
- C'est peut-être la poupée fantôme, acquiesça la blonde. Tu as étouffé un enfant aujourd'hui ?
- Arrête ! insista Marlene les dents serrées en la secouant plus fort.
- C'est bon, ça va, accepta Aurore en l'obligeant à la lâcher. Je vais voir.
Aurore s'approcha discrètement du canapé et tendit le cou pour voir ce qui s'y cachait. Elle pouffa de rire en apercevant Sirius, endormi avec un bras tombant du canapé et la bouche légèrement entrouverte.
- Viens voir, Marlene, s'amusa Aurore. C'est un très beau fantôme que nous avons là.
Son amie s'approcha avec précaution et ne put s'empêcher de rire lorsqu'elle aperçut Sirius à son tour.
- Je crois qu'il t'a attendue et s'est endormi, nota la brune.
- Je crois aussi, approuva Aurore en secouant la tête sidérée.
Puis elle fixa Sirius en souriant et Marlene dit :
- Bon. Ben je te laisse le mettre au lit.
Son amie s'éclipsa en pouffant toujours de rire et Aurore fit le tour du canapé pour s'agenouiller près de Sirius.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? Tu peux me le dire ? lui chuchota-t-elle. Tu n'as vraiment pas confiance, hein ?
Sirius répondit par un autre râle et il bougea la tête. Il avait l'air gêné pour respirer. Alors Aurore tendit les mains pour défaire délicatement sa cravate. Ainsi que le premier bouton de sa chemise. Sirius respira tout de suite bien mieux. Et elle l'observa dormir en soupirant amusée.
- Idiot. Je t'ai pourtant donné un baiser de bonne nuit.
Puis elle plaça ses cheveux derrière ses oreilles pour ne pas le chatouiller et se pencha pour l'embrasser légèrement. Soudain, elle sentit un poids se poser sur sa nuque et Sirius ouvrit les lèvres pour forcer le passage des siennes. Aurore écarquilla les yeux, se rendant compte que Sirius était parfaitement réveillé. Elle rougit d'avoir été prise à l'embrasser pendant son sommeil. Et à présent, elle récoltait ce qu'elle avait semé. Sirius ne la relâcha que lorsqu'il la sentit hors d'haleine. Ouvrant les yeux, Aurore croisa son regard amusé.
- Alors ? On me déshabille pendant mon sommeil ? l'accusa Sirius avec plaisir.
Rouge de honte, Aurore s'écarta brusquement.
- C'était pour que tu puisses mieux respirer, se justifia-t-elle.
- La belle excuse, rit-il en se redressant. Je crois plutôt que ce qu'il s'est passé ce matin dans les vestiaires t'es monté à la tête.
- Il s'est passé quelque chose ce matin ? demanda-t-elle perplexe.
Lorsqu'elle vit le regard de Sirius, Aurore comprit qu'elle avait fait une erreur en voulant jouer à ce jeu avec lui. Et avant qu'elle n'ait le temps de réagir, il lui saisit le bras et la tira pour la plaquer sur le canapé. Placé au dessus d'elle, il dit dangereusement :
- Tu n'as pas le droit d'oublier, Aurore.
Il avait un regard tellement sérieux. Tellement... possessif.
- Je n'ai pas oublié, dit-elle faiblement en rougissant et se souvenant qu'elle n'arrivait même plus à tenir debout après le baiser qu'il lui avait donné.
- Tu es sûre ? s'enquit-il en glissant une main sous son chemisier comme il l'avait fait ce matin.
Elle retint son souffle et acquiesça vivement. La voyant si crispée, et se rendant compte qu'il l'avait une nouvelle fois plaquée contre quelque chose, Sirius soupira et retira sa main. "Un arbre, une porte, un canapé... ce sera quoi la prochaine fois ? Ça fait à peine un jour qu'on est ensemble et je me comporte déjà comme une bête alors que je lui ai dit ne t'en fais pas..." Sirius s'affaissa et passa ses bras autour du cou d'Aurore avant d'enfouir son visage dans son cou. Il était allongé sur elle, la jeune fille ne pouvait plus bouger.
- Sirius ? dit-elle surprise.
- Je crois que James avait raison, murmura-t-il d'un ton coupable. Tu as du soucis à te faire.
Aurore savait très bien de quoi il parlait et elle arrêta de respirer.
- Tu ne te rends pas compte, Aurore, soupira-t-il. Tu me rends fou. Vraiment. Depuis que tu m'as dis "je t'aime"... je n'en reviens pas d'être aussi possessif. J'ai pas pu m'empêcher de t'attendre ici pour être certain que tu rentres. Je voudrais te faire confiance mais... c'est plus fort que moi. J'ai constamment envie de vérifier l'effet que j'ai sur toi. M'assurer que tu ne m'oublies pas.
Lentement, Aurore passa ses bras autour de lui.
- Comment tu veux que je t'oublie, Sirius ? Je t'aime.
Le jeune homme la serra plus fort. Aurore pouvait comprendre qu'il ait peur de la perdre. Qu'il ait du mal à faire confiance à l'amour des autres. Il s'était déjà senti trahi par sa famille. Par son frère. Ceux qui auraient dû l'aimer naturellement n'avaient pas su le faire comme il le fallait. Ses parents avaient toujours été durs avec lui. Son frère ne l'avait pas suivi. Un frère qu'il aurait souhaité emmener avec lui. Sa séparation avec Regulus l'avait grandement affecté. Plus qu'il ne voulait l'avouer. Sa déception s'était transformée en haine. La haine... c'était la seule chose qu'il recevait de sa famille. Il était si peu habitué à l'amour. Mais maintenant qu'il y avait touché. Pris goût. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour le garder. Il voulait enfin aimer mais surtout... être aimé en retour.
- Je t'aime, répéta-t-elle. Ça ne changera pas.
Sirius se redressa pour croiser le regard de la jeune fille. Oui... elle ne mentait pas. Elle ne le quitterait jamais pour un autre. Sirius se pencha sur elle. Et plutôt que d'embrasser ses lèvres, il déposa un tendre baiser sur son front. Puis il se releva et l'aida à en faire de même. Main dans la main, il la mena jusqu'à l'escalier du dortoir des filles. Avant de lâcher la main d'Aurore, il la porta à ses lèvres et murmura :
- Bonne nuit.
- Bonne nuit, sourit-elle avant de le regarder s'éloigner.
Ce soir là, contrairement à la veille, Aurore ne fit pas de cauchemar.
oOo
Le 10 mars, ils se réunirent tous dans le parc pour pic-niquer. C'était l'anniversaire de Remus.
- Commence par mon cadeau ! s'exclama Aurore en lui tendant un paquet.
Remus le prit en souriant et il l'ouvrit consciencieusement. À l'intérieur, il trouva une écharpe blanche en laine.
- Heu... dit Mary en jetant un œil à l'écharpe. Où tu as acheté ça, Aurore ? À mon avis, tu t'es faite avoir. Regarde, il y a pleins de petits trous et certaines mailles sont de travers.
En effet, l'écharpe ne semblait pas de très bonne qualité. Il y avait même des fils qui pendaient aux deux bouts.
- Eh bien... dit Aurore gênée. Je ne l'ai pas achetée. C'est moi qui l'ai faite.
Ils la regardèrent tous surpris et Mary s'exclama :
- Tu plaisantes ?!
- Non.
- Tu sais tricoter ? s'étonna James.
- C'est Lily qui m'a appris, avoua-t-elle. Mais ce n'est pas une grande réussite.
- Tu t'en es bien sortie pour une première fois, la rassura Lily.
- Tu tricotes, Lily ? s'impressionna James.
- Ma mère m'a appris.
- Et tu pourrais me tricoter quelque chose ? demanda-t-il plein d'espoir.
- On... on verra, dit-elle gênée.
- Elle n'est pas très jolie, hein ? dit Aurore à Remus d'un air désolé.
- Elle me plait beaucoup, répondit-il en passant immédiatement l'écharpe autour de son cou par dessus celle de Gryffondor.
Elle sourit avec plaisir alors que les autres tendaient leurs cadeaux à Remus. Et Sirius passa un bras autour des épaules de la jeune fille avant de lui murmurer :
- Il faudra penser à me tricoter aussi quelque chose.
- Sérieusement ? Tu as vu le carnage que j'ai fait avec cette écharpe ? soupira Aurore.
- Peu importe, fais-le.
- Ok, accepta-t-elle surprise par son ton impératif.
Sirius se gifla mentalement. Il avait recommencé. Voir Remus porter l'écharpe tricotée par Aurore... c'était un cadeau très personnel. Elle y avait mis du temps et du cœur. Le genre de cadeau que se font les amoureux. Mais Aurore n'avait pas conscience des sentiments de Remus pour elle. Et elle lui avait offert cette écharpe en toute innocence. Pourtant, il était clair que cela avait fait immensément plaisir au lycanthrope. "Et moi, comme un gamin, je lui dis que je veux la même chose que lui" songea Sirius dépité.
- Tu as une feuille coincée dans ton écharpe, Aurore, remarqua Peter en tendant la main vers son cou.
Mais Sirius l'arrêta en lui saisissant le poignet et dit dangereusement :
- Ne touche pas ma copine aussi facilement, Peter.
Ils virent tous Peter pâlir à vue d'œil. Et le silence s'installa jusqu'à ce que James éclate de rire.
- Il te fait marcher, Peter !
Vraiment ? Peter n'en était pas si sûr. Sirius lui tenait toujours le poignet. Mais un sourire se dessina doucement sur ses lèvres et tout le monde éclata de rire. Sirius relâcha Peter et celui-ci se rassit rapidement.
- Tu étais sérieux, pas vrai ? marmonna Aurore à Sirius entre ses dents alors qu'elle faisait semblant de rire avec les autres.
- Quand ça te concerne, je suis toujours sérieux, répondit-il tout bas.
- Évite de faire flipper tes amis, lui conseilla-t-elle.
- Dis donc, je fais des efforts pour ne pas être sans arrêt jaloux de tout ce qui t'approche.
- Les résultats ne sont pas probants, lui fit-elle remarquer.
- Je fais de mon mieux, dit-il en l'enlaçant. Ce n'est pas facile.
"Et moi, comme une idiote, je ne peux pas m'empêcher de le trouver mignon" pensa Aurore en souriant doucement et posant une main sur le bras du garçon qui l'enserrait. Les accès de jalousie de Sirius étaient autant de preuves qu'il l'aimait. Il en avait peut-être besoin en permanence, mais à elle aussi, ça lui faisait plaisir.
- Tu as encore mal ? lui demanda soudainement Sirius.
- Quoi ? s'étonna-t-elle.
Avec son autre main, Sirius caressa doucement l'avant-bras qu'Aurore avait levé. Sa manche était descendue, et on pouvait voir les marques violettes des doigts de Walburga. Elles commençaient à peine à disparaître.
- Non, je n'ai plus mal, le rassura-t-elle en comprenant où il voulait en venir.
- Tu es sûre ?
- Oui, ça aura bientôt disparu.
Sirius se saisit délicatement de son bras et le tira vers lui pour déposer un baiser sur les bleus.
- Je suis vraiment désolé tu sais ?
- Tu t'appelles Walburga ? dit-elle sur un ton choqué. Comment as-tu osé me mentir ?
Ils rirent doucement et Aurore passa sa main sur le cou de Sirius.
- Tu sais que j'ai eu très peur quand je l'ai vue t'étrangler ?
- Mais tu m'as sauvé, dit-il malicieusement.
- Pas vraiment.
- Si, lui assura-t-il en se penchant vers elle.
Et ils s'embrassèrent doucement en souriant.
- Heu... intervint James. On vous dérange, peut-être ?
Sirius et Aurore tournèrent les yeux vers eux et séparèrent leurs lèvres en riant.
oOo
Lorsque vint le soir de la pleine lune, Aurore retint Sirius avant qu'il ne monte dans sa chambre avec ses amis.
- Oui ? dit-il surpris.
- Sirius, je voulais te parler... de Dora.
Le jeune homme sursauta et dit :
- En fait, moi aussi, je voulais t'en parler. J'ai complètement oublié de le faire après l'épreuve. Ne t'en fais pas, Aurore, je ne la verrai plus.
- Non, justement, le détrompa-t-elle. J'aimerais que... que tu continues à la voir.
- Pardon ? dit-il surpris.
- Retourne la voir, s'il te plait, insista Aurore. Tu sais, elle... elle aime bien parler avec toi. Tu es le seul à part moi à la connaitre ici.
- Mais... elle m'a fait la morale la dernière fois, hésita Sirius. Sur le fait que venir la voir, c'était te trahir.
- Elle était en colère, soupira la jeune fille. Moi, ça ne me gêne pas. Tu veux bien aller la voir ?
-...si tu insistes, accepta-t-il perplexe.
- Oui, merci.
Elle sourit et lui offrit son baiser de bonne nuit avant de rejoindre le dortoir des filles. Sirius resta pensif quelques instants. C'était très inattendu. Mais il fit comme Aurore le lui avait demandé, et il rejoignit Dora dans la clairière après avoir quitté la cabane hurlante. La sœur d'Aurore l'attendait assise au pied de l'arbre. Et elle sourit en le voyant. De plus en plus bizarre...
- Bonsoir, dit-elle.
- Bonsoir. Heu... c'est Aurore qui m'a dit de venir et...
- Je sais. Elle n'aime pas me savoir passer la nuit seule ici.
En fait? Aurore ne voulait pas passer les quelques heures qui la séparait du réveil de Remus seule si elle pouvait les passer avec Sirius. Partager avec lui le plus de moments possible. Le plus de temps possible. C'était ce qu'elle souhaitait plus que tout.
- Heu... dit-elle gênée de le voir rester debout devant elle. Assis-toi.
Il s'exécuta et le silence s'installa. La situation était très bizarre. Sirius ne comprenait pas pourquoi Aurore l'avait poussé vers sa sœur.
- Sirius tu... tu veux bien m'aider à... me couper les cheveux ?
Il la regarda en levant les sourcils et elle lui tendit timidement sa paire de ciseaux. Puis elle lui tourna le dos.
- D'accord, accepta-t-il toujours perplexe en s'asseyant en tailleur derrière elle.
Sirius prit délicatement une mèche dans sa main et avança les ciseaux. Il hésita quelques seconde avant de couper la mèche. De même avec la deuxième. Il avait du mal.
- C'est difficile, hein ? s'amusa-t-elle.
- Ouais, dit-il stupéfait alors que sa main hésitait encore. Pourquoi ?
- Qui voudrait couper les cheveux d'une Vélane ? Si j'en avais été une vraie, tu n'aurais pas du tout réussi.
- Je pense que tu devrais arrêter de les couper, suggéra Sirius.
-... j'en ai trop pris l'habitude, refusa-t-elle après un temps de réflexion. Et puis, tu ne comprends pas ce que c'est d'être différente des autres. Très différente.
-...
- La moindre personne qui passe à côté de moi veut toucher mes cheveux. Les garçons qui me regardent dans les yeux tombent amoureux. Mais d'un amour faux. Je pourrais leur demander tout ce que je veux, ils le feraient. Excepté... m'aimer vraiment. Ils me disent je t'aime sans y croire eux-même. Ils n'embrassent... qu'une apparence. Je n'ai jamais senti aucun sentiment dans le moindre de leur baiser.
"Excepté avec toi, Sirius. Il n'y a que tes baisers... qui me font chavirer".
- Tu sais, moi aussi, je suis un peu harcelé par les filles, lui rappela-t-il. Je peux comprendre. Aucune d'elles ne m'aime vraiment non plus. À part Aurore, bien sûr.
Il ne le vit pas, mais la jeune fille sourit. "Oui, je t'aime" pensa-t-elle tendrement.
- Mais je crois qu'elles ont fini par comprendre, continua-t-il. Après la 2e épreuve, je n'en ai plus vu une seule s'approcher. Je suis avec Aurore maintenant et... je crois que tout le monde a senti que ce serait elle et personne d'autre.
Le sourire de la jeune fille s'élargit.
- Mais toi, au moins, tu ne subis pas les foudres des garçons, dit-elle. Ils ne te mènent pas la vie dure parce que tu es populaire auprès des filles. Tandis que moi... toutes les filles rêvent de m'arracher la tête.
- Oui, je m'en doute, dit-il amusé. Comment ne pas être jalouse ? Tu es vraiment très belle.
Aurore rougit malgré elle.
- Ah oui ? Tu trouves ? Je veux dire... en mettant mon aspect de Vélane de côté ?
- Tu veux dire, si tu avais des cheveux normaux ? rit-il en galérant encore une fois pour couper une mèche. Et des yeux sans le mode hypnotique ?
- Oui, rit-elle.
- Évidemment. Tu es aussi belle que ta sœur.
Le cœur d'Aurore s'accéléra.
- Mais... tu ne trouves pas que mes yeux vairons sont bizarres ?
- Tu n'es pas la seule à avoir les yeux vairons, lui fit remarquer Sirius. Et puis, bleu et ambré, ce sont de jolies couleurs.
- Tu es... l'un des rares à me le dire. Les enfants de mon quartier avaient tendance à se moquer de moi quand j'étais petite. Ils pouvaient se montrer assez cruels. Mon frère venait toujours me consoler.
La gorge d'Aurore se serra. Sachant cela, Sirius dit :
- Un ami à moi pense qu'il n'y a aucun mal à être unique. Je suis d'accord avec lui.
Aurore retint son souffle. C'était ce qu'avait dit Frank au sujet d'Alice. Sirius pensait-il vraiment la même chose à son sujet ? Le cœur battant, elle tourna la tête vers lui. Il la regardait perplexe, ne pouvant plus couper ses dernières mèches.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.
- Sirius je...
Aurore avait tellement envie de lui dire. Maintenant. Lui dire qui elle était. Sirius n'était pas présent à son époque, il n'aurait jamais l'occasion de la reconnaître. Elle ne risquait rien à lui dévoiler sa véritable apparence. Rien... excepté son courroux. Depuis des mois, elle le menait en bateau. S'il apprenait que c'était elle tout ce temps... qu'elle venait la nuit dans la cabane hurlante pour Remus en plus de le rejoindre au matin... Sirius serait blessé. Il lui en voudrait. Il se sentirait trahi.
- Non, dit-elle finalement en se retournant. Rien. Fini de me couper les cheveux, s'il te plait.
- Ok, acquiesça-t-il perplexe.
"Non. Personne ici ne saura jamais que je suis une métamorphomage. Je veux que le seul qui puisse voir cette apparence... ce soit Sirius".
oOo
Dans l'infirmerie, Remus avait un sommeil agité. Il rêvait qu'Aurore entrait brusquement dans la cabane hurlante alors qu'il s'y trouvait avec ses amis. Que la première chose sur laquelle le regard de la jeune fille se posait... c'était lui. Il la voyait ensuite pousser un cri d'effroi, tombant en arrière au sol. Mains sur la bouche. Les yeux écarquillés de terreur. Il faisait un geste vers elle pour la rassurer, mais elle se reculait d'avantage. Puis le noir se fit lentement dans sa tête. Une voix l'avait apaisé.
Le soleil est couché depuis des heures
La lune l'a remplacé.
Faible lueur dans l'obscurité
Elle pèse sur mon cœur.
Mais bientôt la voilà effacée
Les rayons d'or l'ont éclipsée.
Ainsi vient l'aurore.
Ainsi vient l'espoir.
Remus ouvrit lentement les paupières, réveillé par le chant. Et il vit le visage souriant d'Aurore.
- Bonjour, dit-elle.
Remus ne répondit pas. Il la fixait en silence. Le visage d'Aurore ne portait aucune marque de frayeur. Elle lui souriait. Elle avait encore chanté pour lui. Pour l'apaiser.
- Tu te sens bien ? s'inquiéta-t-elle en le trouvant très silencieux.
- On ne peut mieux, sourit-il.
Puis il se redressa sur ses coussins. Et comme elle en avait souvent pris l'habitude, Aurore lui proposa :
- Chocolat-noisette ?
Il prit le carré de chocolat en souriant et la remercia. Mais alors qu'ils le dégustaient tranquillement, Remus ne put s'empêcher de se demander quelle serait vraiment la réaction d'Aurore si elle le voyait sous sa forme de loup. Elle disait qu'elle n'avait pas peur. Que ça ne la dérangeait pas. Mais elle ne l'avait jamais vu. Elle n'avait jamais vu à quel point il pouvait être... "Monstrueux" pensa-t-il sombrement.
- La nuit a été difficile ? lui demanda-t-elle en voyant qu'il s'était assombri.
- Pas plus que d'habitude...
- Si tu as besoin de parler... tu sais que je t'écoute.
- Oui... c'est vrai que tu m'avais demandé de te raconter comment... j'étais devenu "un être à part", se rappela-t-il.
- Tu n'es pas obligé de le faire si tu ne te sens pas d'humeur...
- Non, je vais te raconter. Comme je te l'ai déjà dit... ma famille ne roule pas sur l'or.
Aurore acquiesça.
- Quand ma mère est tombée enceinte, mes parents ont été obligés d'emprunter une forte somme à un riche propriétaire de Bristol, raconta Remus. Avec un enfant à naître, ils ne pouvaient pas se permettre de vivre dans de mauvaises conditions. Ils ont acheté une maison avec l'argent.
- Ce sont d'excellents parents, sourit Aurore.
- Oui. Et ils ont travaillé dur pour rembourser leur dette. Petit à petit. Mais 5 ans plus tard, mon père a perdu son travail. Ils n'arrivaient plus à rassembler les sommes mensuelles qu'ils devaient verser au riche sorcier. Et il a envoyé son homme de main menacer mes parents. Fenrir Greyback. Un loup-garou...
Aurore serra les dents.
- Quand mon père a vu... cet homme qui n'avait rien d'humain... entrer dans notre maison... il lui a ordonné de sortir. Il savait ce qu'il était. Il ne voulait pas qu'il s'approche de nous. Offensé, Greyback lui a juré qu'il le regretterait. La pleine lune qui a suivi... il est passé par la fenêtre de ma chambre.
Remus crispa ses doigts sur les draps. Aurore ne l'avait jamais vu torse nu mais il portait encore la marque de la morsure à l'épaule droite. Il se souvenait... de la douleur... Remus serra encore plus les poings, baissant la tête. Quand soudain, deux bras vinrent enlacer son cou. Aurore l'avait tiré vers elle. Et elle le serrait dans ses bras. Caressant doucement les cheveux de Remus, elle murmura :
- Tout va bien. N'y pense pas.
Le cœur de Remus fit un bond dans sa poitrine. Et, d'une main tremblante, il passa un bras derrière le dos de la jeune fille. Puis il ferma les yeux et sentit son parfum. Une douce odeur. Les cheveux d'Aurore sentaient si bon. Elle continuait de lui caresser les cheveux sans se rendre compte de son trouble. Sans s'apercevoir que... les lèvres de Remus s'étaient rapprochées de son oreille.
- Aurore... souffla-t-il les yeux fermés.
- Oui ? dit-elle en se reculant.
Mais il ne lui permit pas de trop s'éloigner. La gardant appuyée contre lui grâce à la main posé dans son dos. Cependant, leurs regards se croisèrent. Et il n'en fallut pas plus à Remus pour perdre la tête. C'était la petite amie de Sirius. Elle aimait son ami. Mais ne pouvait-elle pas l'aimer aussi ? Ne pouvait-elle pas... lui accorder... un peu d'amour ? Elle venait le voir chaque mois à l'infirmerie. Elle lui avait offert des chocolats, une écharpe... faits elle-même. Elle chantait pour lui, souriait pour lui. Elle l'acceptait tel qu'il était. Le premier à qui elle avait souri en arrivant, c'était lui... pas Sirius. Alors pourquoi aurait-il moins d'importance que lui à ses yeux ?
- Aurore, murmura-t-il en se penchant sur ses lèvres.
Quand Aurore se rendit compte de ce qu'il s'apprêtait à faire...
- NON ! cria-t-elle en le poussant de toutes ses forces.
Elle tomba en arrière au sol. Puis, écarquillant les yeux, elle porta les mains à sa bouche en soufflant :
- Non...
Le cœur de Remus se serra. Aurore ne ressentait pas d'amour pour lui. Les chocolats spéciaux de la St Valentin... c'était seulement des chocolats aux éclats de noisette. Il s'en était douté dès qu'il avait ouvert la boite. Mais il n'avait pu s'empêcher d'y croire. Croire qu'elle pourrait ressentir quelque chose pour lui, malgré tout. Mais ce n'était pas ce qui le blessait le plus. Il s'attendait à recevoir une gifle. À ce qu'elle se mette en colère. Qu'elle l'accuse de trahir son ami. Mais elle restait là... mains sur la bouche, à le regarder avec des yeux pleins d'effroi. "Comme dans mon rêve..." pensa-t-il en tendant la main vers elle. Aurore eut un mouvement de recul. Et il serra le poing. Il n'avait même pas pris sa forme de loup...
- Finalement, je te dégoûte, comprit-il les dents serrées.
Remus tira ses draps d'un coup sec et sauta hors de son lit. En temps normal, il n'aurait jamais pu se lever si tôt tout seul. Mais la colère lui donnait une force incroyable. Comme lorsqu'il avait mis un coup de poing à Sirius.
- Non ! Attends ! s'écria Aurore.
Il avait déjà passé les portes. Marchant à grands pas dans les couloirs, il voulait mettre le plus de distance entre lui et l'infirmerie. Mais ses jambes finirent par se dérober et il tomba à genoux au sol.
- Remus !
Aurore... elle l'avait suivi.
- Ne t'approche pas ! ordonna-t-il dangereusement sans vouloir se retourner vers elle.
Mais la jeune fille ne l'écouta pas et tomba à genoux à côté de lui.
- Remus je... dit-elle en tendant la main.
Il la repoussa et tenta de se relever. Mais il n'y parvint pas.
- Tu dois retourner à l'infirmerie, s'inquiéta-t-elle en posant une main sur son épaule.
- Arrête ! s'exclama-t-il en lui lançant un regard furieux. Laisse-moi !
Aurore sentit ses larmes lui monter aux yeux.
- Je savais que tu me repousserais, avoua Remus. Je le savais, Aurore. Je m'attendais à ce que tu te mettes en colère !
-...
- Mais ce n'est pas de la colère que j'ai vu dans tes yeux... c'est de la peur !
- Non... tu ne comprends pas, murmura-t-elle désespérée.
- Tu dis que ma lycanthropie ne te dérange pas, mais au fond, tu ne veux pas que je m'approche de toi !
Il tenta de nouveau de se relever, mais cette fois, Aurore lui agrippa le bras et plaqua son visage contre l'épaule du garçon.
- Je n'ai pas peur de toi, Remus ! Je n'ai pas peur de toi...
Elle fondit en larmes et Remus se calma un peu lorsqu'il l'entendit le supplier :
- S'il te plaît... ne te fâche pas. S'il te plaît, Remus... ce n'est pas ce que tu crois. Tu ne comprends pas...
- Qu'est-ce que je suis censé comprendre ?
- Je... je ne peux pas te le dire, gémit-elle. Mais je t'en supplie... je t'en prie... ne m'en veux pas... ne m'en veux pas...
La jeune fille avait vraiment l'air anéantie. Le cœur de Remus était déchiré. Que faisait-il ? Il lui hurlait dessus, alors que c'était lui le plus coupable des deux. Lui qui avait essayé de l'embrasser alors qu'elle sortait avec Sirius. Son meilleur ami. Il leva lentement son autre bras pour caresser doucement les cheveux d'Aurore.
- Calme-toi, murmura-t-il.
- Qu'est-ce qui se passe ici ?
C'était la voix de Sirius. Les Maraudeurs venaient de les croiser sur le chemin de l'infirmerie. Remus leva les yeux vers Sirius. Il fixait sa petite amie en train de pleurer contre l'épaule du loup-garou.
- J'ai essayé de l'embrasser, avoua Remus.
Les yeux de Sirius se tournèrent immédiatement vers lui. Peter retint une exclamation effrayée en jetant un œil au jeune Black. Ses poings. Sa mâchoire. Tout était serré, tendu.
- Sirius, dit James en le sentant prêt à se jeter sur Remus.
- Elle m'a repoussé, continua celui-ci.
Ils baissèrent tous les yeux sur Aurore qui pleurait toujours à chaudes larmes contre lui.
- Je suis désolée... s'excusa-t-elle à nouveau. Je ne peux pas t'aimer de cette façon, Remus... c'est impossible.
- C'est moi qui suis en faute. Arrête de pleurer, lui demanda Remus en caressant toujours ses cheveux.
- Je me fiche que tu sois un loup-garou... tout ce que je veux, c'est être ton amie.
Oui, son amie. Mais lui... il en voulait beaucoup plus.
- Ça suffit, Aurore, dit-il en se relevant lentement et l'aidant à en faire de même.
Puis il l'obligea à le lâcher et la poussa vers Sirius. Celui-ci la rattrapa avant qu'elle ne tombe et Remus dit en se retournant :
- Je retourne à l'infirmerie.
Aurore voulut faire un pas vers lui. Ce ne fut pas Sirius qui l'arrêta, mais James en tendant le bras.
- Laisse-le.
James suivit Remus avec Peter. Et Aurore plaqua son visage contre le torse de Sirius.
- Pourquoi ? Pourquoi je ne l'ai pas vu ? demanda-t-elle désespérée.
- Parce que, comme tu me l'as souvent dit... tu n'as jamais pensé à lui de cette façon, répondit Sirius en la serrant contre lui.
Aurore pleura un moment dans les bras de Sirius. Elle venait de découvrir que son grand-père était amoureux d'elle. Comment cela avait-il pu arriver ? Comment avait-elle fait pour ne pas s'en rendre compte ? "J'ai agi comme une idiote. Comme s'il était évident que rien ne pouvait se passer entre nous. Mais ici, Remus a mon âge et il ne sait pas... qui je suis. Il n'y avait rien pour l'empêcher de tomber amoureux, et moi... je n'ai rien vu venir !" Oui, Aurore s'en voulait. Elle n'aurait jamais dû agir aussi tendrement avec lui. Sa curiosité et son attachement pour Remus l'avait conduite à la pire des situations. Elle le blessait sans le vouloir.
Comment as-tu osé faire souffrir Mumus ?!
Je sais, désolée... :$ Mais il devait voir qu'Aurore ne le choisirait pas. même si elle savait ce qu'il ressent pour elle.
Mais allez-y, dites moi ce que vous en avez pensé ^^
Réponses aux reviews :
Nayla-HP : oh, je t'ai fais pleurer ? :$ je sais que c'est cruel pour Remus. mais quand il saura la vérité, il comprendra que c'était tout bonnement impossible. vas-y dégomme Peter, je le hais. merci et à bientôt ! ;)
Yaga-Poplar : c'est sûr que ça va être la grosse galère pour Sirius vu comment il est possessif. ça craint. tu as raison, Mumus finira par trouver la femme de sa vie ^^ bisous !
Bazilea : oui je l'ai vu sur ton profil ^^ vous devriez savoir depuis le temps que je suis une méchante. Je peux pas laisser mes persos tranquilles lol. tout le monde saura t'en fais pas ;) biz !
Marie : cool, j'essayerai de faire encore du bon lol. à bientôt ;)
Git : c'est vrai que Tonks et Aurore son similaires lol. mais bien sûr qu'ils vont tout savoir ! je peux pas la faire partir comme ça. Faut que je foute un peu plus le bordel avant xD d'ailleurs, c'est pour bientôt alors accrochez-vous ! biz
Immi : ouais je suis une championne pour ça. mais seulement dans les fic hein, je suis pas une chieuse dans la vie xD au contraire donc je me défoule dans mes écrits. biz
brilou : mince, c'était la réponse pour Git xD m'emmêle les pinceaux moi. tu as raison pour Reg, il devrait l'admettre ça lui ferait du bien, et à nous aussi. mais oui elle va leur dire ! lol. tout le monde me pose la question. Rassurez-vous, elle va leur dire ;) à bientôt !
Edwina Malefoy : gngngn lol. ouais, mais il y peut rien. Il l'aime ! ^^
