Bonsoir ! :)
Un petit chapitre sur la reprise des cours et, pour certains, un retour à la réalité ! ^^
En espérant que ça vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture !
Cloudegirofle
PS : aucun des personnages ne m'appartient…
RePS : un IMMENSE merci à celles qui m'ont mise en alerte, ça me fait très, très plaisir ! :)
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CHAPITRE XXIV : EDWARD
En arrivant sur le parking du lycée le matin de la rentrée, il me fallut cinq bonnes minutes et une bonne dose de courage pour sortir de ma voiture et affronter le froid hivernal. Je claquais la porte et courus presque jusqu'aux portes du bâtiment, la tête rentrée dans les épaules, les yeux rivés sur mes chaussures tel une tortue.
- Aie ! S'écria une voix féminine alors que je heurtais violemment une épaule recouverte d'une écharpe de laine bleue.
- Oh, pardon ! M'excusais-je précipitamment. Je suis vraiment désolé, et…
- Edward ?
Mon ventre se noua : je connaissais cette voix. J'avais même prié pour ne pas avoir à l'entendre aujourd'hui.
- Ca alors, je ne t'avais pas reconnu ! On dirait que tu as grandi pendant les vacances, poursuivit-elle avec un sourire appréciateur.
- Ah, euh…merci.
- Bah, de rien ! S'esclaffa-t-elle. Alors, tes vacances se sont passées comme tu voulais ?
Plutôt au-delà même de ce que j'avais pu pouvoir vouloir…
- Oui, oui, et toi ?
- C'était génial, j'ai fait du camping avec M…
Elle se tut brusquement, les joues rouges, et nous nous trouvâmes tous deux l'un en face de l'autre sans savoir quoi se dire.
- Il…il faut que je te dise quelque chose.
Incrédules, nous levâmes les yeux en riant, toute tension s'étant évaporée : nous avions parlé en même temps.
- Vas-y Ed, proposa-t-elle.
- A toi l'honneur, déclinais-je poliment.
- Gentlemen… Bon, alors je ne sais pas trop comment te l'annoncer… Edward, je suis désolée mais on ne peut plus continuer ensembles…
Je l'écoutais, éberlué.
- Ed, je suis vraiment désolée… J'ai rencontré quelqu'un et… Je ne voulais pas te le dire pendant les vacances de Noel, mais maintenant…
- Non, t'inquiète, je comprends. C'est pas grave.
Elle leva sur moi un regard plein d'espoir et ses lèvres commencèrent à esquisser un sourire de soulagement.
- C'est vrai ? Si tu savais à quel point je m'en veux…
- Moi aussi, j'ai rencontré quelqu'un…
Cette fois, elle éclata d'un grand rire joyeux auquel je me joignis de bon cœur.
- Ca me fait vraiment plaisir, Edward. Alors, amis ? Proposa-t-elle en me tendant sa main.
- Amis.
Nous nous serrâmes la main d'un air faussement cérémonieux, et je ne pus m'empêcher de songer à quel point elle pouvait être mignonne quand ses joues étaient roses.
- Bon, bah…je vais y aller, finit-elle par dire. Bonne journée Ed !
J'aperçus derrière elle l'éclat d'une chevelure qui m'était devenue familière.
- Ok, à plus Jess !
Elle m'envoya un dernier salut de la main et je partis rejoindre Hale qui m'attendait l'air de rien à son casier.
- Salut gamin !
- Hale, saluais-je en cognant mon poing contre le sien.
- Quoi de beau ?
- J'ai rompu avec Jessica.
- Désolée, gamin, ce sont des choses de la vie qui arrivent…
- Tu n'es pas désolée.
- Pas faux, s'esclaffa-t-elle. Elle a dit quoi ?
- Rien, fis-je en haussant les épaules. Qu'elle a rencontré quelqu'un : comme Bella a dû larguer Mike, il a dû l'inviter à sortir…
- Et ça te fait rien ? Grimaça-t-elle.
- Quoi ?
- De te faire piquer ta gonzesse par Newton ?
- Eh ! Protestais-je. Il me l'a pas piqué, ok ? Il m'en a débarrassé !
Elle éclata de rire.
- T'es peut-être pas si gamin que ça, en fait, fit-elle en m'étudiant d'un air songeur. Bon, je vais y aller, soupira-t-elle avec un regard à sa montre, j'ai rendez-vous avec le proviseur, et je crois pas qu'il apprécierait que je sois encore en retard…
- Ok… Juste, c'est à quelle heure ton rendez-vous ?
- Huit heures, pourquoi ?
- Parce qu'il est quinze ! Criais-je presque en écarquillant les yeux d'horreur.
- Du calme Eddy, souffla-t-elle en protégeant ses oreilles de ses mains, tu vas encore plus me fouttre la migraine ! Comme j'ai dit, je vais être à l'heure…
- En arrivant un quart d'heure en retard ? T'as trop picolé hier ou quoi ?
- Pas impossible, bailla-t-elle. Bon allez, à plus gamin…
Et elle tourna les talons sous mon regard halluciné. Cette fille était vraiment une catastrophe…
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- Argh ! Ecumais-je en tranchant ma pomme de terre d'un coup rageur, je hais mon prof de maths !
Hale leva un regard curieux sur moi.
- Ah ouais ? Relava-t-elle, l'air vachement intéressé. On peut savoir pourquoi ?
A l'instant où je m'apprêtais à ouvrir la bouche pour lui répondre, je compris à sa moue qu'elle s'en voulait d'avoir posé la question.
Tant pis pour elle, elle l'a bien cherché !
- Il m'interroge toujours pour les exercices les plus difficiles, criais-je, emporté par mon élan, essaie de trouver des fautes à tout ce que j'écris, me fait réciter des leçons qu'on n'a pas encore écrites, m'oublie toujours des points sur mes copies, et…
- Tu veux que j'aille lui parler ? M'interrompit-elle en croquant dans sa pomme.
- Pour lui dire quoi ? Que c'est un méchant monsieur ?
Je lui arrachais un sourire.
- Bah, faut pas te laisser faire Eddy, je peux lui dire que s'il n'arrête pas tout de suite son petit jeu, j'irais dire au proviseur qu'il a eu un comportement déplacé avec…
- Quoi ? M'horrifiais-je. Mais t'es malade ou quoi ? Bon, oublie ce que je t'ai dit, soupirais-je en me pinçant l'arrête du nez, je n'en ai plus que pour quelques mois à le supporter…
Elle haussa les épaules d'un air nonchalant.
- Ok, comme tu voudras…
Nous mangeâmes quelques minutes en silence. Tyler fit mine d'approcher de notre table avec son plateau, mais un regard noir de Hale l'arrêta sur le champ. Traîner avec cette sauvageonne avait bien ses quelques avantages, finalement…
- Bon, et toi alors ? Demandais-je en attaquant mon dessert, il t'a dit quoi le proviseur ?
- Bah, j'sais pas…
- Comment ça, tu sais pas ? Fis-je, incrédule.
- C'était tellement chiant… Et j'entendais mal en plus…
- Mal ?
- Bah avec la musique…
- Attends, hoquetais-je, t'as gardé tes écouteurs pendant l'entretien ? Mais t'es complètement dingue ! C'est pas possible…
- Oh, ça va… S'agaça-t-elle, ce n'est pas non plus de ma faute si le volume était mal réglé…
J'eus très envie de me frapper le front contre la table, mais la vision de mon assiette pleine de sauce – de couleur indéterminée – m'en empêcha. J'aperçus Hale se mordre les lèvres, l'air un peu coupable.
Tiens donc, ce serait bien une première ça !
- Bon, dit-elle en évitant de me regarder, je crois qu'il a parlé de mes résultats en maths… Apparemment, je serais à un seuil « critique » – elle mima les crochets de ses doigts.
- Si c'est que ça, me détendis-je imperceptiblement, je peux t'aider…
- Je n'ai pas besoin d'aide !
Sa réponse avait claqué comme un coup de fouet et je me mordis la langue. Depuis le temps que je la connaissais, j'aurais dû m'en douter.
Quel abruti tu fais !
- En fait, repris-je l'air de rien, j'aurais besoin d'un peu d'aide en lettres…
C'était un mensonge éhonté – il n'y avait à vrai dire aucune matière en laquelle j'eusse nécessité une remise à niveau – mais comme nous ne partagions pas le même cours, elle n'avait aucun moyen de s'en douter.
- C'est vrai ? Fit-elle d'un air soupçonneux.
- Je t'assure.
Je supportais son regard mauve sans ciller. Elle resta un long moment à m'étudier en silence, les sourcils froncés d'un air méditatif.
- Marché conclu, alors ? Souris-je en lui tendant une main confiante.
- Marché conclu !
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Dring !
Je m'arrachais d'un bond de ma chaise de cours et manquais de renverser ma voisine en me ruant vers la sortie. Comme chaque vendredi après-midi, j'avais rendez-vous avec Hale à notre banc. Mais aujourd'hui, notre programme s'annonçait nettement plus studieux que notre habituelle virée en décapotable : j'avais entrepris le projet herculéen d'aider Hale à rattraper son niveau de maths. Honnêtement, j'avais de sérieux doutes quant à l'hypothétique survie de notre amitié après une telle épreuve…
J'aperçus Bella en traversant les couloirs et lui adressais un petit salut de la main auquel elle me répondit joyeusement. Elle était en grande conversation avec Ben, le pion du lycée qui devait nous surveiller trois jours sur sept pour pouvoir se payer ses études de cinéma. Ce type avait bien du courage, quand on voyait la tête de certains élèves…
- Ed ! M'interpella une voix sur le parking.
Je tournais la tête en direction de notre banc pour sourire à Hale qui finissait sa cigarette d'un air tranquille.
- Alors, fanfaronnais-je, prête pour la leçon ?
Elle se contenta d'hausser les épaules et je dus me racler la gorge pour retrouver contenance.
- Hum… Bref, tu me sors ton cahier ? Faudrait que je vois où vous en êtes.
Elle se pencha sur son sac à bandoulière en s'écartant pour me laisser une place à côté d'elle sur le banc. Normalement, je préférais m'asseoir par terre pour appuyer ma tête contre ses genoux, mais bon, pour faire des maths, ce n'était pas l'idéal. Aussi, quand je feuilletais son cahier quelques minutes plus tard, mon air de consternation ne put lui échapper.
- Quoi ? Fit-elle sèchement. C'est quoi le problème ?
Je jetais un nouveau regard aux pages maculées d'encre noire.
- Hale, c'est ça ton cahier ?
- Bah, acquiesça-t-elle en tournant la tête pour recracher une bouffée de sa cigarette, oui…
- C'est une blague ?
Elle baissa les yeux sur les centaines et centaines de gribouillis, dessins, phrases, etc…qui couraient en tous sens sur les lignes de son cahier.
- Quoi, tu trouves que je dessine mal ?
Je lui jetais un regard si noir qu'elle leva les yeux au ciel d'un air gêné :
- Bon, d'accord, désolée… Je reconnais que c'est pas très propre, mais bon…
- Si encore ce n'était qu'une question de propreté, Hale, gémis-je, mais là, tu n'as même pas une seule ligne de cours ! Comment veux-tu apprendre si tu ne marques jamais rien ? C'est normal que tu te ramasses en maths, tout le monde a besoin des formules pour construire un raisonnement…même Einstein !
Je refermais son cahier d'un coup sec, comme s'il me brûlait les doigts. Hale surprit mon air dégoûté et fronça les sourcils d'un air mauvais.
- Oh, ça va Eddy, hein…arrête de faire ta prude… Je sais de quoi t'es capable maintenant…
Je me sentis rougir jusqu'à la racine des cheveux. Je ne savais pas si elle faisait allusion à la dernière nuit que nous avions passé ensembles – le soir du Nouvel An – mais je ne pus m'empêcher de jeter un regard à la ronde pour vérifier qu'aucune oreille indiscrète ne traînait par là. Hale, qui n'avait pas loupé une miette de mon manège, haussa un sourcil railleur – ou bien, suggestif ?
- Ca n'a strictement rien à voir, m'empourprais-je, n'essaye pas de m'embrouiller !
- Mais je n'essaie rien du tout, protesta-t-elle en se rallumant une cigarette, je suis même toute ouïe à ce que tu vas me dire…
Je décidais de ne pas relever le sarcasme. Cependant, je devais bien admettre que je n'avais pas trente-six milles solutions à lui proposer pour qu'elle progresse.
- Bon, alors écoute Hale, je vais te prêter mon cahier pour que tu en fasses des photocopies, mais, hurlais-je presque en tendant un index menaçant, il s'appelle revient ! Je me suis bien fait comprendre ?
Sans prêter gare à mon air sérieux, elle me tomba dans les bras en criant d'un air faussement dramatique :
- Oh, Edward… Comment te remercier ?
- Pour commencer, grommelais-je, tu pourrais me rendre le tourne-disque que je t'ai prêté il y a deux mois…
- Oups, désolée… Pouffa-t-elle en posant une main sur sa bouche. Je te l'amène demain, promis !
- Mouais… N'oublie pas de me rendre mon cahier aussi, j'ai un devoir à la fin de la semaine.
Elle me promit de veiller sur mon cahier comme sur la prunelle de ses yeux, puis me proposa une balade en moto : après tout, « je ne pouvais pas lui expliquer le cours si elle ne le connaissait pas ». Autrement dit, Hale avait encore trouvé le moyen de reporter au lendemain ce qu'elle n'avait pas envie de faire. Mais cette fois, j'étais plutôt tenté par son insouciance. J'avais beau aimé l'école, entre une série d'équations et une virée en moto avec Hale, il n'y avait pas d'hésitation qui tienne.
- Ok, conclus-je en refermant rapidement mon sac, va pour une balade !
- Cool !
Elle m'envoya un clin d'œil auquel je tentais de répondre par un sourire. Je n'avais encore jamais fait de moto, et j'étais un peu angoissé.
- Tout ce que tu auras à faire, fit-elle quand nous arrivâmes devant l'engin, c'est de bien t'accrocher à moi et de me suivre légèrement dans les tournants. Je me charge du reste !
J'acquiesçais vaguement en la regardant ôter le cadenas. Hale n'avait sa moto que depuis deux semaines – Noel, en fait, puisque la moto était un cadeau de la part de sa mère, m'avait-elle expliqué (j'ignorais totalement si son père lui avait offert quelque chose ou non) – mais quelque chose me disait au plus profond de moi que je pouvais lui faire confiance.
- Tiens, fit-elle en me tendant un casque, je t'en ai pris un. J'espère qu'il est à la bonne taille…
Je l'enfilais puis nouais la sangle sous mon cou. Hale me regarda faire avec un petit sourire moqueur, et j'eus la désagréable impression d'être…ridicule.
- Quoi ? Grognais-je. J'ai l'air con ?
- Mais non…seulement un tout petit peu, finit-elle cependant par pouffer.
Comme je croisais les bras d'un air boudeur, elle m'embrassa très rapidement sur les lèvres avant de monter sur sa moto.
C'était quoi ça ?
- On est partis ? Demanda-t-elle quand j'eus passé mes bras autour de sa taille.
Le son de sa voix me sortit de ma stupeur.
- Prêt ! Affirmais-je en vérifiant que le coffre où étaient tassés nos sacs était bien fermé.
- On va où alors ?
- Où tu veux ! M'écriais-je gaiement, alors qu'elle faisait rugir le moteur et que les deux roues se décollaient de l'asphalte avec un souffle de vent.
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Et voilà, la suite très vite ! ^^
Dîtes-moi ce que vous en avez pensé svp, et bonne soirée ! :)
