Bonjour à tous :),

Alors là, ça se précise, les chapitres deviennent de plus en plus sombre et beaucoup de révélations sont faites à ce chapitre. Et je souhaite une bonne fin de vacances aussi à ceux qui ont eut cette chance.

Kaffee: Et bien merci :D

merguez: Le chapitre 24 c'était le calme avant la tempête. C'était pour que vous repreniez votre souffle avant de vous offusquer. Et même en écrivant, j'ai trouvé la partie avec l'album photo trop mignonne! Et si Draco n'a pas sorti cette règle avant, c'est simplement car il pensait pouvoir réussir à former un couple avec Sirius, et ça marchait plutôt bien jusqu'à son erreur avec la potion. C'est le karma de Draco qui n'est pas bon en vrai.

: Alors je n'avais pas pensé à Raiponce pour l'origine des jumeaux mais j'aime bien l'idée x). Mais bon, comme j'ai déjà prévu le truc ... je n'en dirai pas plus! Sorry.

Bonne lecture,
Letki


Draco était contrarié.

Contrarié et soucieux. Il avait demandé à Kreattur de lui trouver le livre qu'avait utilisé Sirius le soir de son agression mais après avoir fouillé la maison de fond en comble un mois durant, l'elfe de maison était revenu bredouille. Kreattur ne connaissait pas le nom du livre mais il avait assisté à assez de la scène pour trouver le sortilège en feuilletant les bouquins de magie noire. Sirius les avait ensorcelé pour que Draco ne puisse pas y toucher mais n'avait pas pensé à l'éventualité que son elfe de maison puisse le faire. Kreattur lui appris qu'il manquait un livre et bien sûr, celui qu'il cherchait précisément. Il n'osait pas demander à Sirius de peur de provoquer une réaction qu'il ne saurait gérer et de toute façon, cela aurait soulevé trop de questions car son époux ne pouvait lui parler qu'en la présence de chaperon maintenant. Remus ignorait tout des évènements passés jusqu'à sa grossesse, Severus prendrait sans doute des mesures drastiques et Danitza ne serait d'aucune aide. Remus c'était bien sûr inquiété de la mesure prise par Draco. Il avait pris le blond à part pour lui demander de façon détournée si il avait besoin d'aide. Draco était resté muet, tétanisé jusqu'à ce que le loup-garou prenne un visage encore plus inquiet et dise dans un murmure :

« Si tu penses être en danger immédiat, dit moi « oui », et je t'amènerai loin. »

Draco avait voulu dire oui, plus que tout au monde. Et Remus du le sentir car il l'avait pris dans ses bras, laissant l'adolescent sangloter sur son épaule. Pourtant, quand le loup-garou avait fait mine de commencer à se préparer pour un possible départ. Draco l'avait retenu en s'essuyant le nez.

« Non ».

Remus avait eut envi de protester, voyant clairement que quelque chose lui échappait, mais Draco lui avait rappelé qu'ils ne savaient pas quelles étaient les limites de leur contrat et que par conséquent, il ignorait s'il avait la possibilité de s'éloigner. Il en avait eut terriblement envi, mais au moment où il allait supplier le loup-garou de mettre fin à ce supplice, il avait songé à Teddy et à son enfant à naître. Pouvait-il sincèrement mêler un nouveau né et un enfant à naître à cette histoire ? Il avait alors pensé qu'il se fichait de Teddy Lupin, mais son bébé … il ne savait pas. Il ne savait rien et l'idée de s'éloigner de Sirius lui avait fait aussi peur que de rester à ses côtés. Alors il était resté tétanisé dans les bras du loup-garou qui avait respecté son choix en le regardant avec gravité. La seule chose que Remus lui avait glissé à l'oreille : « Vous n'êtes pas maudit, juste marié. »

Il n'avait su comment interpréter cette phrase mais cela importait peu à ses yeux. Cela n'avait pas vraiment de sens. Il était simplement heureux que Remus veille sur lui et qu'il se montre tendre quand personne n'était là pour les surveiller. Plusieurs fois, l'envie d'embrasser le loup-garou l'avait pris par surprise, tordant ses entrailles et faisant palpiter brusquement son ventre. Cette pensée l'avait franchement perturbé dans les premiers temps avant de s'imposer à lui comme quelque chose de simplement naturelle. Remus représentait simplement tout ce qu'il souhaitait d'un partenaire de vie, c'est donc normale pour lui d'être attiré par le blond. Cela n'avait rien à voir avec le désir de chair qui brillait parfois dans ses yeux en détaillant Fleur Weasley ou encore la médicomage Danitza, c'était quelque chose de plus doux, plus chaste. Il voulait simplement s'appuyer contre lui et ne plus bouger, jamais.

Mais cela n'arriverait jamais. Car il était marié. Car Remus avait Tonks et Teddy, lui Sirius et le bébé. Trop de choses les séparaient, alors il s'enivrait de sa chaleur, profitait honteusement de ses petits gestes de réconforts et buvait littéralement ses paroles. Remus était infiniment doux. Et pour ça, Draco le remerciait d'exister.

-Serrez moi contre vous, avait-il supplié alors que les larmes menaçaient de couler de ses yeux.

Remus avait été surpris par sa demande mais en voyant l'air défait du garçon, il n'avait pas eu le cœur à le lui refuser. Il l'avait brusquement pris dans ses bras, le berçant avec maladresse alors qu'il caressait ses cheveux en lui murmurant des mots de réconfort à l'oreille.

-Je suis tellement désolé de ne t'être d'aucune aide.

-Vous m'aidez plus que vous ne pourriez l'imaginer, avait chuchoté le blond en s'enivrant l'odeur du loup-garou.

-Pourquoi pleures-tu ? Avait demandé Remus en le reculant pour essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues.

-Je … l'émotion, avait répondu Draco avant de rigoler d'un air gêné et de s'essuyer les yeux. Vous êtes précieux à mes yeux. Ça m'émeut autant que ça me surprend.

L'homme lui avait sourit avec douceur et lui avait tapoté gentiment le dos.

-Tu es à fleur de peau ces temps-ci.

Draco avait faillit s'étrangler avec sa salive, craignant que le blond ne sache pour sa grossesse mais il se rassura rapidement en se disant que c'était impossible. La magie noire obstruait l'odorat du loup, il ne saura pas. Jamais. Il avait trop honte. Il ne voulait pas que Remus entre tous connaisse sa faiblesse.

-Remus ?

Il n'avait toujours pas lâché le blond, gardant ses mains serrées sur son pull alors que les mains de l'homme, qui lui paraissaient à la fois grandes et brulantes, reposaient sagement sur ses épaules.

-Si … si jamais … Sirius … vous, il avait secoué la tête pour s'éclaircir les idées avant de perdre son courage, Sirius est … il n'est pas le partenaire dont j'avais rêvé.

Remus resta silencieux, laissant le blond s'épancher, sachant pertinemment qu'il ne pouvait pas aider le blond dans sa relation avec Sirius. Il avait essayé de raisonner son ami mais Sirius était … obtus. Il était le type de personne qui est capable d'entendre raison mais toujours beaucoup trop tard et toujours de la mauvaise manière. Il se disait bien que la vie de couple de Draco ne devait pas être idéale. Mais il plaidait coupable … il ne voulait pas savoir ce qu'il se passait dans l'intimité de leur chambre.

-Est-ce qu'il … t'a touché ?

-Oui, avoua Draco avant de pleurer un peu plus bruyamment.

Paniqué, Remus l'avait amené dans la salle de bain et avait fermé la porte. Le maraudeur prévoyait déjà de partir avec femme enfant et blondinet sous le bras puis de revenir casser la gueule du brun. Mais avant cela, il pensait que Draco devait se confier. Voyant l'état de panique tintée de gêne loup-garou, le blond c'était empressé de le rassurer.

-Je le voulais, avait-il dit, je le voulais mais je n'y arrive pas. Je ne l'aime pas. C'est … répugnant. Cet homme me dégoute.

-Oh …

Les épaules de Remus retombèrent alors qu'il asseyait Draco sur le rebord de la baignoire. Le soulagement faisait palpiter son cœur. Il n'avait pas encore perdu son ami et au fond de lui, il était terriblement soulagé. Il prit le papier toilette pour éponger ses larmes et Draco le remercia avant de se moucher bruyamment. Draco était resté un instant silencieux avant de se redresser et de prendre une profonde respiration.

-Je suis ridicule. Je suis désolé de vous faire subir ça.

-Je ne suis peut-être pas la bonne épaule sur laquelle s'épancher, mais je t'écouterai Draco. Quoi que tu dises cela restera entre nous.

-Même si c'est sur votre ami ?

-Oh tu sais, tu craches sur ton mari alors, avait-il dit en haussant les épaules.

Cela avait eut le mérite de faire rire Draco. Il c'était sentit allégé et c'était lavé le visage avant de dire tout ce qu'il pensait de Sirius Black. Et il en avait des choses à dire ! Leur petit entretient surprise dura longtemps, plusieurs heures même. Remus l'écouta patiemment, le visage fermé alors que l'image de son ami déjà bien entachée s'effritait progressivement. Mais bien sûr ... Draco choisi de taire l'essentiel.

-Tu n'avais jamais connu quelqu'un avant ?

-Non ! S'exclama Draco avec un air indigné. J'étais fiancé.

-Ton sens de la fidélité t'honore, dit Remus sérieusement, mais parfois, il faut que tu lâches prises.

-Êtes vous entrain de me dire de tromper mon époux ? S'offusqua-t-il.

-Oui, avait dit Remus en le prenant par les épaules pour le secouer avec un peu de rudesse, oui Draco ! Tout le monde l'aurait fait avec un homme aussi infect. Même lui te trompe! Par Merlin Draco, penses-tu parfois à toi ?

Le visage de Draco se contracta comme s'il ressentait une douleur physique alors qu'il recevait enfin la confirmation de ce qu'il savait déjà mais préférait ignoré. Sirius avait bafoué ses voeux. Et il le paierai à un moment où un autre car ils avaient fait un mariage basé sur un contrat magique. Draco se demanda tout de même combien de fois Sirius l'avait-il trompé. Une au moins. Draco pensa avec une certaine mesquinerie qu'il espérait vraiment que la magie serait cruelle avec Sirius. Il voulait qu'il paye. Il releva un visage torturé vers Remus et soupira. Le silence du blond suffit amplement à Remus.

-Ecoute Draco, avait soupiré Remus, tu es jeune, tu es beau, tu as un nom et une famille, ta vie de s'arrête pas à Sirius.

-Si, avait soufflé Draco, si. Elle c'est arrêtée sur un parking le soir d'une boutique moldu durant ma 6eme année.

-Draco …

Il avait tourné le dos au loup-garou pour cacher sa peine. Mais c'était impossible dans cette petite pièce étroite. Remus resta silencieux, réfléchissant encore une fois à la meilleure démarche à suivre mais malheureusement, Draco n'était en sécurité nul part. Il l'entoura de ses bras, ayant remarqué que le contact avait tendance à détendre le jeune homme qui mollissait toujours dans ses bras.

-Dit le juste. Demande moi de l'aide, n'importe quoi, et je le ferai.

-Tueriez vous Sirius pour moi ?

Le loup-garou avait sursauté, lâchant le blond qui c'était tourné vers lui avait un petit sourire triste. Il avait pass ses doigts sur l'épaule et la nuque de l'homme, l'effleurant à peine mais la caresse fit frissonner l'ancien professeur de façon incontrôlable.

-Alors vous ne pouvez rien faire pour m'aider professeur. Merci d'avoir essayé.

Puis il avait quitté la pièce sans même que Remus s'en rende compte, trop choqué par la conversation qu'il venait d'avoir.

Draco avait été sincère avec Remus. Prisonnier du lien avec Sirius, il n'avait pas d'échappatoire. Partir serait vint avec la menace de mort qui planait au dessus de sa tête, et pour aller où de toute façon ? Rester lui semblait tout aussi périlleux. Alors l'idée d'en finir avec son époux lui avait effleuré l'esprit plusieurs fois. Cela aurait été simple, il n'avait qu'à contacter Severus et Sirius serait accidentellement décédé ou bien de nouveau à Azkaban … mais il y avait trop d'inconnus pour qu'il se lance dans ce genre de plan. Il n'était toujours pas certain que sa vie soit déliée de celle de son époux et ne pouvait rien faire pour le découvrir sans risquer la vie de son bébé. Il abandonna définitivement cette idée pour se concentrer sur des problèmes plus concrets.

Il y avait déjà ce livre introuvable qui était la clé pour comprendre la malédiction qui le rongeait, car il s'agissait bien de cela. L'écographie que fit Danitza au troisième mois lui appris que le bébé était en pleine santé et que le placenta c'était étonnamment bien remis malgré ses blessures. Mais Draco lui, ne se remettait pas. Sa santé se détériorait de jour en jour et s'il doutait avant de survivre à cette grossesse, il doutait à présent de pouvoir la mener à terme.

Il se forçait à manger, se gavant même et couplant le tout avec des potions pour tenter de reprendre du poids mais il maigrissait à vu d'œil. Ses os étaient saillant sous sa peau et lui donnait un air famélique. Son ventre, pourtant plat, lui semblait proéminant sur son corps anguleux. Il n'avait pourtant jamais été maigre, il avait même toujours eut une corpulence normale et avait du faire attention à ne pas se laisser aller durant son adolescence pour moins que cela, mais là, il maigrissait de façon inquiétante. Pire, il perdait ses forces. Il avait l'impression que tout dans son corps s'éteignait petit à petit comme on souffle la flamme d'une bougie. Il avait récemment commencé à saigner du nez au moindre petit changement de température. Il se sentait mourir de l'intérieur.

Il fallait qu'il retrouve ce livre et vite.

Il avait voulu faire part de ses inquiétudes à Severus mais le maître des potions était injoignable. Le ministère était tombé, et peut de temps après, Poudlard dont il avait été nommé directeur, était également tombé. Il n'avait plus le temps de le visiter car il déployait toute son énergie à protéger les élèves des mangemorts tout en maintenant sa couverture. Le seigneur des ténèbres avait frappé fort. Les né moldu avaient été séparés des sang-mêlé et des sang pur et avait un enseignement différent. Tous les élèves dont les parents étaient connus pour être dans le camp de la lumière avait reçu un interrogatoire musclé qui leur avait coûté le magasin des Weasley qui était une base de l'ordre ainsi que la famille Lovegood qui avait disparu de la circulation. Heureusement, les jumeaux s'en étaient tiré sans trop d'égratignures (Draco les aimait bien). La famille Weasley était partit dans le cottage de l'aîné avec leurs fils pour tenter de mettre en sécurité quelques personnes. Ne restait plus dans la demeure Black que Sirius, Remus, Tonks et le petit Teddy né en fin Janvier.

Il avait également songé à se confier à Danitza mais il avait été horrifié de voir que la jeune femme ne voyait pas la dégradation de son état comme il le soupçonnait. Elle le complimentait pour sa prise de poids et son teint lumineux à chaque fois qu'elle le voyait, croyant que la grossesse le rendait radieux. Il mourrait sous ses yeux et elle ne voyait rien. Il se souvenait très bien de la première fois qu'il avait saigné du nez. Cela c'était déclaré sans aucune raison apparente alors qu'ils déjeunaient. Draco avait eut un léger vertige et l'instant d'après, du sang chaud et épais lui coulait sur les lèvres. Remus avait rapidement appelé la médicomage alors que Sirius lui avait ordonné de s'allonger (chose qu'il n'avait pas discuté pour une fois). Danitza était venue rapidement et lui avait simplement trouvé une fatigue due à la grossesse et leur avait demandé de ne pas la déranger pour ce genre de chose car elle avait abandonné un patient pensant avoir une urgence ici. Elle n'avait pas vu le sang alors même que le tissus qu'il tenait contre sa narine en était imbibé, ni le tint pale du blond. Il se sentait trahi et ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir même si il savait très bien que ce n'était pas de sa faute, il ne pouvait s'en empêcher. C'est pourquoi il avait progressivement coupé le contact avec elle, rétablissant une relation médecin-patient stricte.

Il y avait bien Violette avec qui il entretenait une relation épistolaire. Il avait tout raconté et la vieille femme l'avait supplié de fuir. Draco et elle eurent un long débat sur les raisons qui le poussaient à rester et finalement, ils se mirent d'accord sur le fait que tant qu'ils n'auraient pas au moins un début de piste sur la malédiction qui le rongeait, il ne pourrait pas partir. Violette avait abandonné toutes leurs précédentes recherches pour essayer de trouver cette fameuse malédiction mais pour une fois, elle ne trouva strictement rien. Même pas la moindre petite rumeur. Draco n'en avait été que plus inquiet et lui avait demandé des nouvelles de leur précédente recherche pour se changer les idées. Elle n'avait pas encore trouvé qui étaient les parents des jumeaux, premiers individus de la famille sorcière Malfoy mais elle avait pu remonter la lignée moldu. Sa famille était française apparemment. Et strictement moldu avant la naissance des jumeaux. Mais apparemment, Violette ne savait toujours pas si les jumeaux étaient les enfants du père ou de la mère, et cela rendait les recherches ardus et les indices maigres.

Mais elle avait une théorie, comme toujours. Pour elle, la mère ou le père aurait eut un amant qui serait alors le deuxième parent des jumeaux. Jusque là, ils en étaient quasiment sûr. Mais ce qu'avançait Violette, c'est que cet amant mystérieux ne pouvait simplement pas être un simple sorcier. Car il suffisait de voir les familles issues de sang-mêlé, de né-moldu ou même de sang-pur aujourd'hui, il y avait forcément des cracmols dans les lignées et cela en proportion plus ou moins importante. Pourtant, dans celle des Malfoy, dès lors de la naissance des jumeaux, chaque descendant sans exception (enfin dans la lignée principale) avait eut des pouvoirs magiques. Et Violette était formelle, c'était l'unique famille qui ne comptait pas le moindre cracmol. Alors pour elle, l'amant ne pouvait être un sorcier normal. Elle optait alors pour un sorcier de légende ou une créature magique. Sauf que là, ça coinçait. Car les Malfoy n'avait strictement rien de créatures magiques. Donc, elle avait orienté une fois de plus ses recherches dans les sorciers de légendes et leur particularité. Draco l'avait alors laissé là, lui donnant moins de nouvelle pour ne pas inquiéter la vieille femme qui serait certainement capable de venir défier Sirius Black et il c'était alors tourné vers la dernière personne en qui il pouvait s'en remettre.

Remus. Mais avec lui, c'était compliqué. Il lui avait trop dit et cela sur un coup de tête et il craignait les répercussions. Lui en parler voulait dire l'impliquer et c'était sûrement la dernière chose à faire. C'était délicat car Remus représentait autant un atout qu'un malus. Draco se protégeait de Sirius avec le loup-garou car son époux ne voulait pas perdre l'estime et l'amitié du blond cendré, mais si Remus se rendait compte de quelque chose, Sirius serait impossible à arrêter. Car Draco avait finit par connaitre Remus qui était finalement un homme assez prévisible, et il savait que l'homme ne resterait pas insensible à sa condition et qu'il romprait son amitié avec Sirius pour rester fidèle à sa morale. Or s'il faisait ça, la protection de Draco s'écroulait et rien ne pourrait retenir Sirius. Et puis … il y avait autre chose.

Il rougit furieusement et se tapota les joues pour se remettre les idées en place. Il avait pratiquement dit au loup-garou qu'il … il lui avait dit qu'il lui était précieux ! Mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête ! Heureusement, songea-t-il, Remus était particulièrement candide et ne verrait pas une déclaration à moins qu'on lui cri « Je t'aime » dans les oreilles. Mais il ne l'aimait pas. Il était sûrement l'une des personnes qu'il chérissait le plus au monde actuellement mais il ne l'aimait pas. Mais c'était indéniable qu'il avait de la tendresse pour l'homme. Il aurait pu être heureux avec lui.

Ajouté à cela, la solitude qui commençait à lui peser et qui rendait la présence du loup-garou que plus agréable. Surtout depuis que Remus avait prit pour habitude de le serrer dans ses bras à chaque fois qu'ils étaient seuls. C'était un petit geste mécanique et maladroit venant de l'homme, pour le soutenir, mais il ne savait pas quel bonheur et quel réconfort cela faisait naître dans le creux du ventre du blond. Avec la guerre, les présences se faisaient rare dans la maison et son idée de chaperon qui lui avait semblée brillante au début c'était retournée contre lui. Sirius n'avait aucune intention de négocier avec son père. Il voulait avoir le blond à l'usure et avait adopté une stratégie simple et efficace. Il coupait le jeune homme de tout contact avec l'extérieure.

Draco ne pensait pas que cela lui manquerait mais l'homme était un animal social et il était sûrement mais lentement entrain de devenir fou. Tonks l'évitait naturellement comme la peste et n'étant pas un chaperon, Sirius ne pouvait pas lui adresser la parole et s'approcher à moins d'une grande distance du blond même en présence de la jeune femme. Et bien entendu, Remus était souvent, pour ne pas dire quotidiennement en mission maintenant que la guerre s'intensifiait. Si bien que cela faisait plus d'une semaine que Draco n'avait pas entendu le son de sa propre voix. Il savait la maison habitée mais pouvait passer des journées sans croiser âme qui vive. Mais heureusement pour lui, il n'était pas idiot et c'est pourquoi il se trouvait assis devant le tableau de Walburga Black en ce samedi matin.

Il faisait très beau aujourd'hui, enfin c'est ce que laissait filtré les lumières enchantées du manoir, et tout était silencieux. Tonks était sûrement dans sa chambre avec son fils et Sirius errait quelque part, donc Draco trouva le moment idéal pour aller questionner le tableau. Bien entendu, tout cela ne se faisait pas sans précaution, Kreattur était chargé de surveiller les allés et venus de chacun et de prévenir tout de suite Draco si quelqu'un approchait.

-Tu as une mine affreuse.

Draco se concentra sur le portrait qui le détaillait d'un air sévère et inquiet à la fois et lui offrit un sourire bien pale. Il n'avait pas la force de maintenir les apparences. Immédiatement, des plis soucieux apparus sur le visage de la femme sur le portrait.

-J'ai quelques questions à vous poser, commença-t-il d'entrée de jeu. Mais avant, il faut que je vous dise, vous allez être grand-mère.

Il avait pris un long mois à ce faire à cette idée. Seule les inspections de Danitza prouvait réellement que quelque chose avait changé. Sirius faisait comme si de rien était, se souciant plus du fait que Draco l'ait repoussé qu'autre chose. Danitza venait faire quelque contrôle de routine pour s'assurer qu'il passerait l'étape critique des 3 mois et les autres l'ignoraient tout simplement. Ah si ! Il y avait bien Kreattur qui le couvait aussi efficacement qu'une maman ours avec ses oursons et qui lui rappelait constamment de prendre soin de lui. Mais jamais, Oh grand jamais il n'en avait parlé depuis qu'il l'avait découvert un mois plus tôt. Alors il n'avait pas pensé à prévenir sa belle-mère plus tôt, ça lui était sorti de la tête en réalité.

-Merlin, Mordred et Morgan soient loués ! S'exclama-t-elle. Je comprends mieux pourquoi tu es si pâlichon. Par la barbe de Merlin, mais que font les médicomages de nos jours ? Une simple nausée matinale devrait être traité faci-

-C'est une « immaculé conception », si je puis utiliser cette expression, la coupa-t-il.

Immédiatement, la joie qui faisait briller les yeux de sa belle-mère disparue. Elle le regarda d'un air horrifié et Draco s'en sentit gêné. Il se trémoussa sur sa chaise, tentant de trouver une position confortable alors qu'elle continuait à le transpercer du regard.

-Qu'a-t-il fait, entendit-il finalement.

Ce n'était pas une question. Draco releva la tête, plein d'espoir et vit le portrait fixer le mur derrière lui. Elle semblait pensive et affligée à la fois.

-Vous savez ce qu'il a fait ? Demanda-t-il en se redressant sur sa chaise tant l'excitation était insoutenable.

-Non, répondit-il, mais je sais d'où il l'a prit.

Immédiatement, l'excitation retomba et il se laissa tomber sur la chaise, totalement abattu et se prie la tête entre les mains.

-Il existe un manuscrit si noir, expliqua-t-elle, que même dans les familles les plus noires, ont en a abandonné l'usage il y a bien longtemps de cela. Ce qu'il a fait faisait partit d'un livre qui était déjà considéré comme maléfique au temps de Merlin lui même, et ce livre, nous le léguons à chaque génération Black avec pour mission de le garder précieusement.

-Pourquoi ne pas le détruire s'il est si dangereux ? Demanda-t-il d'un air las.

-Tout simplement car on ne peut pas. Ces livres sont trop bien protégé et tenter de les abimer serait risquer sa vie et bien plus.

Draco resta silencieux un moment, tentant d'assimiler les informations pour essayer d'en tirer quelque chose d'utilisable. Il était au moins certain que cette malédiction était intacte quelque part et que Sirius ne s'en était pas débarrassé pour la simple et bonne raison qu'il ne pouvait pas. Ce fameux livre avait disparu de ce manoir sauf que les Black avait en leur possession un bon nombres de propriétés, auquel bien sûr, il n'avait pas accès. Il était de plus, certain que Sirius ne c'était pas contenté de poser sagement ce livre dans une bibliothèque, ce serait pure folie. Donc la protection devait y être renforcé, surtout que le brun n'était pas idiot et savait sans doute qu'il essayerait de comprendre ce qu'il lui arrivait. Devait-il tenter d'envoyer Kreattur pour le chercher ?

-Vous dites qu'il existe plusieurs exemplaires ? Demanda-t-il finalement.

-Oui, répondit-elle. Il en existe quatre. Mais si Sirius a caché ce livre … tu as peut de chance de mettre la main dessus un jour.

-Je n'aurais qu'à trouver une copie.

Elle eut un petit reniflement amusé et dit :

-Ta seule chance de retrouver le maléfice précis qu'il a utilisé serait encore de retrouver le livre qu'il a utilisé ou celui dont est tiré notre copie.

-Vous voulez dire que … il n'a utilisé qu'un sortilège copié sur le manuscrit originel ?

-C'est cela, dit-elle gravement. L'original a été soigneusement protégé afin que personne ne puisse l'utiliser. Et même si quelqu'un arrivait à mettre la main dessus, il est dit qu'il n'aurait pas les capacités d'en comprendre le sens.

-Où est-il ?

-Dans la mort.

Draco avait le cœur battant et les mains moites. Il n'osait imaginer ce qu'un individu pourrait faire avec un tel artefact. Finalement, profané le médaillon de Salazar Serpentard avait du être un jeu d'enfant pour Regulus mais il en était mort. Il frissonna et une question se forma dans son esprit. Qu'y laissait-on ?

La magie noire était une branche de la magie très proche de l'alchimie si bien que certain sortilège mêlait étroitement ces deux disciplines. Et dans l'une comme l'autre, il y avait un principe universel : on ne crée rien à partir de rien. Autrement dit, pour tout ce que tu obtiens, tu dois céder quelque chose. Or, les sortilèges de magie noire avaient tendance à attaquer soit le physique du lanceur, soit son esprit. Draco craignait que ce que la magie avait prit à Sirius soit dans sa tête.

Le blond eut encore plus peur de son époux.

Mais il songea à ce qu'elle venait de dire. Ils avaient caché la lire originelle dans la mort ? Comment par Merlin cela était-il possible ?

-Vous me faites marcher ?

-Pourquoi crois-tu que le ministère de la magie a-t-il la porte de la mort au département des mystères sachant que les nécromanciens font très bien leur boulot, cingla-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine. Nous savons relever les morts, nous savons créer et annihiler les inferi, nous savons faire parler la mémoire, nous savons la repousser et même parfois éviter notre dernière heure totalement. Alors pourquoi une salle de la mort ?

Draco déglutit péniblement alors que toute la gravité de la révélation de sa belle-mère s'imposait à lui.

-Elle a des secrets qu'elle c'est amusée à confier au fil des siècles. Et quand elle était satisfaite … elle nous les retirait, tout simplement.

-Vous en parlez … comme si c'était … vivant.

-La mort est beaucoup de chose mon enfant, mais je ne me targuerais pas de dire que je la comprends, personne ne le peut.

-Et les copies ?

-Partielles, dit-elle. Chacune de ces copies ne regroupe qu'une petite partie des sortilèges qui sont sur le livre original. Et chaque livre possède des sortilèges et malédictions différentes à ce qu'on dit. Je ne sais même pas si nos sortilèges eux même sont complets !

Il frissonna violemment, se secouant les bras pour chasser un sentiment désagréable. Il n'osait imaginer le mal que Sirius avait pu causer si il ne lui avait lancé qu'une moitié de malédiction ou même moins. Les conséquences seraient … totalement aléatoires ! Il buvait ses paroles. Comment par Morgan une information aussi importante avait-elle pu rester cacher aussi longtemps ? C'était juste trop énorme.

-Mais ce n'est pas ce qui est terrifiant dans tout cela mon petit.

-Qu'est-ce donc ?

-Le livre continue de se remplir.

-Quoi ?

-Nos copies, le livre originel, se remplissent au fil du temps. De nouveaux sortilèges apparaissent.

-Comment le savez-vous ?

-Parce qu'à l'origine, les Black ne possédaient qu'un simple parchemin, expliqua-t-elle, et maintenant, nous avons un livre.

-C'est terrifiant, dit-il. Vous avez une idée de ce que ce livre peut bien contenir ?

-Aucune, dit-elle simplement, j'ai n'ai jamais cherché à le consulter.

-La famille Black est en charge d'un exemplaire, énuméra-t-il, j'imagine qu'il y en a un au département des mystères, peut-être un en Russie et le quatrième ? Les Malfoy n'ont pas ce genre d'artefact, dit-il en réfléchissant à haute voix, peut-être les descendants de Morgane. La chambre des secrets peut-être ?

-Effectivement, dit-elle. Il y en a un au département des mystères dans la salle de la mort. Le troisième se trouve en Afrique.

Draco sursauta. La Russie était connu pour la magie noire, il n'aurait jamais songé à l'Afrique. Pourtant, en faisant un tour d'horizon de ses connaissances sur la magie de ce continent, il y avait eut quelques actes de magie plutôt phénoménale. C'était une magie totalement différente de celle enseignée en Europe donc il ignorait pratiquement tout des pratiques des communautés Africaines, cependant il savait que ces peuples étaient généralement versés dans la magie noire. Pourquoi pas.

-Et le dernier ? Demanda-t-il.

-A été perdu.

Il sentit une déception intense couler dans ses veines. Sur les quatre, celui d'Afrique et du ministère était inatteignable rendant sa tâche impossible. Sirius ne le laisserait pas sortir et Kreattur n'aurait pas accès à ce genre d'endroit.

-Comment on a peut perdre un manuscrit d'une telle importance ?! S'écria le blond alors que sa voix tirait vers les aigus.

-L'existence du quatrième c'est perdu car mêlé à une légende.

-Laquelle ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.

-Le conte des trois frères.

Draco sentit le sang quitter son visage alors qu'il s'appuyait contre le dossier. Il avait un vertige.

-Vous … vous voulez dire que c'est vrai ? La baguette de sureau ? Et tout le reste ?

-Je n'ai pas dit que c'est vrai, répondit-elle, mais le quatrième exemplaire appartenait à une descendante de Morgane, expliqua-t-elle, qui est morte en emportant l'exemplaire dans sa tombe.

Draco écarquilla les yeux quand il comprit. La légende des trois frères disaient que celui qui avait obtenue la pierre de résurrection avait fait revenir d'entre les morts sa fiancée. Etait-il possible que ce soit elle ?

-Oui, tu as compris. C'était la fiancée de Cadmus Peverell, le deuxième frère. Elle lui aurait confié le manuscrit car il avait l'espoir de l'arracher définitivement à la mort. Mais tu sais comment cela a finit. Il en est mort sans jamais y parvenir.

-Et le manuscrit ?

-A disparu en même temps que la pierre, bien entendu d'après la légende. Mais personne ne l'a jamais revu. Il est peut-être toujours dans la tombe de cette femme si vraiment ce quatrième exemplaire existe.

-Alors ils existent ?! Les reliques existent ?

-Je ne sais pas Draco, dit-elle d'un ton indulgent, mais si c'est le cas, le quatrième exemplaire appartient au détenteur de la pierre de résurrection.

Draco resta silencieux, les bras ballant alors qu'il tentait d'assimiler toutes ces découvertes. Cela dépassait l'entendement. C'était beaucoup plus que ce qu'il aurait pu imaginer de plus fou !

-Alors pourquoi Regulus a profané le médaillon de Salazar Serpentard si vous saviez que c'était si dangereux ? Ne put-il s'empêcher de demander. Pourquoi vous l'avez laissé user de tels sortilèges !

Cette fois-ci c'était au portrait de sursauter et de le dévisager le blond comme s'il avait deux têtes.

-Regulus n'a jamais utilisé ce livre.

-Mais le méd-

-Il ne pouvait en avoir connaissance qu'à notre mort, dit-elle, il ne connaissait pas son existence.

-Mais alors … comment est-il mort si ce n'est en profanant le médaillon ? Demanda-t-il en essayant de ne pas être trop brutal dans ses propos.

-Il a défié le seigneur des ténèbres, expliqua-t-elle avec amertume. Et il n'a jamais eut un tel bijou entre les mains. Le médaillon de Serpentard est un héritage qui appartient à ses descendants et cela fait bien longtemps qu'on les a perdu ainsi que la trace du bijou.

Draco resta silencieux et passa sa main dans ses cheveux, les plaquant contre sa nuque. Non, il était certain que le médaillon que lui avait montré Kreattur, était celui de Serpentard. Donc, à supposer que Regulus ne l'ait pas profané, il l'avait tout de même volé à quelqu'un, à l'héritier de Serpentard plus précisément. Draco comprenait maintenant pourquoi Kreattur avait ordre de détruire ce médaillon. Il devait y avoir quelque chose de particulièrement dangereux à l'intérieur et Regulus avait tenté de s'en débarrasser lui même avant d'être tué par le Lord. Encore plus sombre que ce à quoi il pouvait penser car Kreattur affirmait que ce sortilège était aussi sombre que celui qui l'avait frappé. Mais le problème restait entier … A qui Regulus l'avait-il volé ? Car il y avait de forte chance que celui qui avait profané ce médaillon ait en sa possession le livre qu'il cherchait et par extension, la baguette de Sureau. Mais la famille Serpentard était éteinte depuis plusieurs siècles … cela voudrait dire qu'il y avait une branche secondaire. Surement matriarcale.

Il y avait encore plus de questions maintenant mais une piste commençait à se dessiner. Il devait absoluement en parler à Violette.

-Comment s'appelle ce livre ?

-In secreta vitae et mortis.

Maintenant, il savait où chercher. Il remercia sa belle-mère et resta assis, les yeux dans le vague à réfléchir aux options qui s'offraient à lui. Deux des exemplaires étaient définitivement hors de portée pour lui. Ne lui restait plus que l'exemplaire de Sirius et celui de l'héritier. Cela lui laissait deux options. L'une étant de se soumettre à Sirius pour rentrer dans ses bonnes grâces dans l'espoir qu'il accepte de lui même de lui montrer le livre qu'il cherchait, l'autre étant de retrouver l'héritier. Dans les deux cas, cela lui paraissait irréalisable mais il y avait tout de même quelque chose en commun aux deux situations. Il avait besoin de Sirius.

Il frissonna à cette idée, repensant involontairement au regard de Sirius quand il l'avait poignardé. Il avait peur, terriblement peur. Mais l'inaction serait sans doute plus dangereuse à long terme qu'une tentative. Au moins, se dit-il pour se consoler, si il devait échouer, il mourrait vite.

-Draco ?

Il leva les yeux vers le portrait et la dévisagea.

-Ne te perd pas dedans, dit-elle, des créatures sombres sont nées de ce livre. Parfois, il est préférable de renoncer.

-Si je dois renoncer, dit-il, je m'assurerai d'emporter votre fils dans la tombe avec moi.

La femme sur le portrait ferma les yeux un instant, semblant souffrir avant d'ouvrir les yeux et d'hocher la tête. Elle lui donnait sa bénédiction.

Il quitta le couloir la tête bourdonnante de pensées si bien qu'il ne fit pas attention à la personne qui sortait de la chambre. Il heurta Sirius de plein fouet et serait tombé si le brun ne l'avait pas retenu par les épaules. Il le lâcha tout de suite après qu'il se soit remis sur ses pieds et s'éloigna de plusieurs bons pas. Draco avait sentit la douleur engendrée par le contact et serra son épaule pour tenter d'effacer l'engourdissement qui lui avait saisi le bras.

-J'aimerai que nous parlions, lâcha-t-il avant que Sirius disparaisse une fois de plus dans la maison.

Sirius tourna la tête vers lui mais ne répondit pas. Il le dévisagea quelques secondes avant de s'en aller. Draco soupira, il avait lancé cela sur un coup de tête et espérait sincèrement ne pas avoir à le regretter. Il remonta l'escalier et gagna sa chambre à bout de souffle. Là, il s'allongea et pria le sommeil ne de pas trop tarder.

Ce sont des coups frapper à sa porte qui le réveillèrent. Il se redressa, le corps rendu lourd par le sommeil et alla ouvrir après avoir enfilé un peignoir blanc avec des motifs argentés.

-Tu as l'air d'avoir meilleur mine, lui dit Danitza en lui ouvrant la porte.

La médicomage avait noué ses cheveux avec un foulard orange qui rendait son tint encore plus doré. Ses lèvres pleines et soulignées d'une couleur rouge lui offrir un jolie sourire alors qu'elle le serrait contre lui. Il sentit son corps fondre contre son corps moelleux et il eut envi de saisir ses hanches à pleine main pour tester leur douceur et leur souplesse. Draco sentit un sursaut d'envi lui vriller les reins et il se refusa à baisser les yeux sur les formes féminines et pulpeuses de la femme. Elle était indéniablement magnifique. Une beauté rare dans l'Angleterre sorcier. Une beauté qu'il aurait aimé conquérir.

Il secoua la tête, tentant de chasser ces pensées malvenues et la repoussa gentiment. Il ne savait pas ce qu'il avait depuis quelques temps. Il se sentait aux aboies, déjà avec Fleur et maintenant Danitza … il avait l'impression de désirer toutes les femmes qui se présentaient lui. Non pas toutes, songea-t-il en repensant au visage de Ginevra, certainement pas toute. Il désirait les femmes spéciales et belles. Mais Danitza, tout comme Fleur, n'était pas pour lui, se raisonna-t-il. Danitza était le genre de femme qui correspondait mieux à son parrain (si tant est qu'une femme lui aille).

-Sirius m'a dit que tu voulais discuter, continua-t-elle en voyant que Draco avait visiblement un peu de mal à se réveiller.

-Oui, répondit-il évasivement, j'arrive.

Il referma la porte et prit le temps de s'habiller convenablement avant de gagner la suite parentale. Il prit place dans un fauteuil alors que Danitza s'asseyait à côté de Sirius sur le lit. Elle ne faisait pas confiance à Sirius et préférait l'avoir à porter de main si elle devait réagir. Cela fit sourire brièvement Draco avant qu'il ne se reprenne quand Sirius l'interpella.

-Alors ?

Il avait déjà un semblant de plan en tête. Une fois là-bas, lui et Violette pourrait travailler sur ce fameux livre. Si la pierre de résurrection avait effectivement existé, Violette n'aurait aucun mal à retrouver sa piste connaissant l'esprit de déduction acéré de la vieille femme et sa curiosité dévorante. Sinon, il serait sur place pour tenter de voler le livre dans la salle des morts. C'est la solution la moins envisageable mais impossible à écarter malheureusement. Mais surtout, il fallait qu'il soit éloigné de Sirius pour consulter ce livre et défaire le maléfice avant que quelque chose de dramatique ne se produise.

-J'aimerai retourner à la bibliothèque du ministère.

La bombe était lâchée.

-Après avoir été attaqué ?! S'exclama Danitza.

Sirius eut l'air surpris pendant un instant avant qu'il ne lui lance un sourire goguenard qui fit rougir le blond de colère. Cela lui faisait terriblement mal que la jeune femme ne se rappel pas de son agression alors même qu'elle l'avait soignée en urgence et qu'elle c'était battue pour lui. Elle croyait, comme tous les autres, qu'il avait été attaqué au ministère alors que c'était ridicule bon sang ! Si jamais une telle chose c'était effectivement produite, ils en auraient entendu parlé autrement que par de la bouche de Sirius, surtout qu'une bonne partie des membres de l'ordre travaillait au ministère. Parfois, il regrettait vraiment Granger et son esprit logique. Elle au moins, aurait compris la supercherie.

-C'était un malheureux accident, mais cela ne se reproduira pas, dit Draco en laissant glisser son regard vers Sirius.

Le sourire de Sirius s'agrandit et Draco ne pu empêcher un violent frisson de le parcourir. Le brun le remarqua et ses lèvres se retroussèrent pour découvrir ses dents dans un rictus indéchiffrable. Draco se sentit soudainement moins sûr de lui et il serra le tissu de son pantalon pour retenir le tremblement de ses mains.

-C'est beaucoup trop dangereux, dit Sirius d'une voix trainante qui ne correspondait pas du tout à son personnage, après tout, tu es incapable de te défendre.

Draco serra ses doigts sur ses genoux pour s'empêcher d'avoir une réaction. Il avait parfaitement saisi l'allusion et la menace sous-jacente.

-Je suis parfaitement certain que vous serez apte à me protéger, dit-il en lançant un regard venimeux à son époux qui lui sourit d'un air effronté.

-Comme c'est dommage, répliqua Sirius en laissant tomber les apparences. Dire que je ne pourrais pas t'approcher si jamais quelque chose t'arrivais … rien que d'y penser cela me fend le cœur.

L'insulte était tellement proche que Draco se mordit la langue pour ne pas craquer.

-Je pourrais m'y rendre avec Remus dès qu'il aura un moment de libre.

-Tu demanderais ça à un père de famille débordé ? Son visage est connu, il serait abattu à vue.

Draco se mordit la langue mais malheureusement … Sirius avait raison. Remus serait certainement plus en danger que lui si il l'accompagnait au ministère et il ne voulait pas qu'il arrive quelque chose au loup-garou, ce serait injuste.

-Alors Tonks ?

-C'est pire de demander ça à une jeune maman.

-Elle pourrait crever la bouche ouverte que je n'en aurais rien à faire, lâcha Draco en croisant ses bras sur son torse, j'aiderai même avec joie la personne qui me rendra ce service.

Les sourcils de Sirius se froncèrent de manière inquiétante alors que son visage s'assombrissait. Draco sourit, pensant qu'il l'avait blessé en montrant ainsi son antipathie pour leur cousine, mais il avait tout faux. Sirius était simplement contrarié que Draco prenne à ce point à cœur la défense de Remus. Pourquoi ? Depuis quand étaient-ils proche au point de s'inquiéter l'un pour l'autre ? Il l'ignorait mais cela faisait un moment que ce constat lui chatouillait le nez et il détestait ça.

-On a fait le tour des personnes qui peuvent t'accompagner, finit par dire Sirius en dissimulant soigneusement sa colère.

-Danit-

-N'est pas à ton service Draco, coupa-t-il sèchement, et je ne lui fais pas confiance.

-Alors Sev-

-Encore moins.

-Je suis sûr qu'on pourra arranger cela, abdiqua le blond après un long moment de réflexion.

-Certainement, répondit Sirius alors qu'il lui lançait un regard triomphant.

Danitza se leva et leur demanda de ne pas prendre de décision hâtive mais Draco la fit taire d'un geste de la main. Cela lui réchauffa le cœur de voir qu'elle se souciait de lui même si elle ne pouvait pas l'aider. Elle donna son accord et Sirius reporta instantanément son regard vers Draco. Celui-ci entoura son corps de ses bras, se sentant infiniment vulnérable maintenant avec le brun et leva un regard plein de défit qu'il planta dans les yeux bleus de son époux.

-J'ai une condition.

-Laquelle ? Demanda Sirius légèrement surpris.

-Offrez moi Kreattur.

Visiblement il avait réussi à surprendre Sirius car il put lire une brève hésitation dans son regard. Le brun sembla peser le pour et le contre et finit par prendre une décision au bout d'un temps qui sembla très long à Draco dont le cœur avait commencé à battre follement.

-Accordé. Fais le, dit-il finalement.

-Maintenant ?

-Tu n'as pas confiance mon ange ?

Le surnom le fit frissonner et il retint un mouvement de recul alors que son visage se tordait dans une grimace de dégout. Cet homme le répugnait. Danitza fronça les sourcils mais ne réagit pas, elle se retenait visiblement de dire quelque chose à Sirius (qu'il n'aurait sûrement pas apprécié d'ailleurs).

-Non.

-Tu fais bien, rigola-t-il avant de dire que c'était une blague quand Danitza le menaça de sa baguette. Du calme, du calme. Kreattur.

L'elfe apparu et sembla lui aussi surpris de trouver en présence ses deux maîtres. Sirius opéra rapidement et lia Kreattur à Draco, libérant l'elfe de sa servitude envers lui. L'elfe lança un regard inquiet au blond mais celui-ci secoua la tête, lui faisant signe de s'en aller.

-Fais le, ordonna de nouveau Sirius en le fixant d'une façon tout à fait dérangeante.

Il y avait une lueur dans son regard qui inquiétait Draco. La folie. La convoitise. L'excitation. Le dégout. Trop de sentiment qui n'aurait pas du se côtoyer dansait dans les yeux de son époux.

-Moi Draco Lucius Black, dit-il après avoir prit deux profondes respirations, accepte la cours de Sirius Orion Black et nos futurs rapprochements.

C'était une phrase simple mais elle suffisait à délier la magie antique qui empêchait à Sirius de l'approcher et de pénétrer dans ses appartements. Son père aurait pu lui accorder ce droit si Sirius et lui avait pris le temps de négocier mais jamais son époux n'aurait accepté de rencontrer son père. Au début, Draco avait compté sur l'esprit borné de l'homme mais maintenant, il se sentait misérable, c'est lui qui avait cédé.

-Foutez le camp.

Draco et Danitza sursautèrent, ne s'attendant pas à un tel revirement dans l'attitude de Sirius. Il avait perdu son sourire et son air sympathique et regardait la médicomage avec une hostilité qui semblait ne pas avoir de place sur son visage. Son œil gauche, partiellement aveugle, rendait son visage encore plus terrifiant et Draco ne put se retenir de trembler. Danitza, n'étant pas le genre de femme à se laisser faire, allait débuter les hostilités mais Sirius la chassa en la bannissant de la demeure des Blacks. La cubaine n'eut que le temps de cracher un sortilège avec toute la colère qui l'habitait avant d'être transplaner ailleurs de force. Sirius se jeta sur le lit pour éviter le sortilège qui s'écrasa contre une table basse. Celle-ci explosa dans un millier d'échardes pointues et tranchantes qui s'enflammèrent presque instantanément, ne laissant que des traces noirâtres sur le sol. Draco resta immobile, tétanisé. Il n'arrêtait pas de penser en boucle, si le sort avait touché Sirius … « cela m'aurait-il tué » ?

Il ne contrôlait plus rien. Se pliant en deux, il se tint le ventre, enfonçant ses doigts dans ses côtes alors qu'il sentait la bile amère remonter dans sa gorge et envahir sa bouche. Il retint à grand peine deux puissants haut-le-cœur avant de se redresser, la respiration erratique et tremblante. Sirius regardait d'un air absent l'endroit où se trouvait la table un peu plus tôt alors que Draco essuyait la sueur qui perlait sur son front.

-Je désire me rendre à la bibliothèque, dit précipitamment Draco pour empêcher le brun de prendre la parole. Quotidiennement.

-Et qu'espères-tu trouver mon ange ? Demanda Sirius en se levant.

Le brun se mit à avancer vers lui d'un pas tranquille et Draco songea brièvement à courir vers sa chambre. Sauf que sa chambre ne le protégeait plus. Le temps de sa réflexion lui coupa ses chances de retraite, Sirius était debout devant lui. Draco se tendit sur son fauteuil, serrant les accoudoirs entre ses doigts fins alors que Sirius se penchait au dessus de lui.

Il ferma les yeux, prenant une respiration tremblante quand main chaude se posa sur sa joue. Elle le caressa longuement. Il sentit le pouce de son époux passer sur sa paupière, sa paume épouser le creux de son oreille, ses doigts caresser sa mâchoire, faire le contour de ses lèvres, puis elle descendit et se referma sur son cou fin et gracile. Et là, il serra et serra encore.

Draco lâcha l'accoudoir pour agripper son poignet, tentant de détacher ses doigts dans des gestes rendus maladroit par la précipitation. Il tapota son poignet, le griffa et tenta finalement de crever ses yeux d'une main en tentant de retenir sa poigne de l'autre. Sirius lui saisit la main sans forcer, ses gestes devenaient lents au fur et à mesure que l'oxygène se faisait rare. Son corps entier commençait à se rebeller contre le traitement alors que sa vision commençait lentement à s'assombrir. Il voulu hurler mais une sorte de miaulement faible s'échappa de ses lèvres. Sirius le regardait, semblant observer la situation comme s'il était un parfait étranger puis, comme prit d'une brusque envie, il tordit le poignet d'un blond jusqu'à ce que celui-ci se voit contraint d'écarter les doigts et il appuya doucement sa joue rapeuse dans la paume de Draco. Il ferma les yeux, semblant apprécier cette caresse qu'il se procurait lui même avant de les ouvrir brusquement.

-Je …, Draco déglutit avec difficulté la salive se frayant un chemin dans la douleur, je dois faire des recherches.

Il ne pouvait plus le supporter. Sa vision était entièrement noire maintenant, il se sentait flotter. Son bras retomba lentement le long de son corps et Sirius garda son autre main contre sa joue. Draco n'avait plus la force de soutenir sa tête et il la laissa basculer contre le dossier. Il avait l'air d'une poupée aux yeux de Sirius, une marionnette dont il tirait chaque ficelle.

Satisfait, Sirius relâcha la pression sur sa gorge et tira sur son bras jusqu'à le mettre debout. Les jambes de Draco ne le soutenait plus et il s'écrasa lamentablement sur le torse de son époux, sa tête pendant mollement vers l'arrière. Mais il prit une profonde inspiration, douloureuse mais salvatrice. Il ne resta debout que grâce au bras qui c'était glissé autour de sa taille et à la main qui tenait toujours son poignet.

Draco n'eut pas le courage d'ouvrir les yeux pour croiser le regard de son époux, pas cette fois. Alors il resta immobile et mou dans les bras de Sirius qui le manipula avec une fascination morbide pour l'amener jusqu'au lit. Là, il le déshabilla avec délicatesse, presque avec tendresse puis le coucha entre les draps avant de venir le rejoindre une fois lui même dévêtu. Il se glissa dans son dos et appuya le blond contre son torse avant de lui embrasser la tempe. La tête du blond tomba vers l'avant et Sirius la lui redressa en tenant son menton. Il tourna son visage vers lui et constata qu'il avait les yeux fermés et son tint pâle tranchait avec les marches de doigts rouges sur sa gorge.

-Je sais ce que tu cherches mon ange, et tu ne trouveras pas, je m'en suis assuré. Mais si cela peut combler ton ennui et te faire plaisir, pourquoi pas, cherche.

Draco essaya de rester impassible. Vraiment. Mais son menton se mit progressivement à trembler et les larmes commencèrent à s'échapper de ses cils blonds l'une après l'autre pour dévaler ses joues et venir s'écraser sur la main de Sirius.

-Chut … Ne pleure pas. Je prendrai soin de toi.