Bonjour à toutes !
Ça fait un baille depuis la dernière publication, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop !
Pour celles qui s'inquiéteraient (et parce qu'on m'a posé la question), je n'ai absolument pas l'intention d'arrêter ma fic en cour de route. Je prendrai le temps qu'il faudra (du moins, dont je disposerai) mais j'ai bien l'intention d'aller jusqu'au bout de cette histoire.
Comme d'habitude, je vous remercie pour vos reviews, mises en alertes et favoris, pour vos messages privés et ceux sur Facebook (que je déserte également ces derniers temps, désolée les filles !).
J'ai suffisamment joué avec votre patience alors je vous laisse avec la suite !
Bonne lecture !
Chapitre 23 : Retour à la réalité.
BPOV
Il était presque dix-neuf heures, et je remuais inlassablement la sauce bolognaise qui mijotait dans la casserole, la regardant sans la voir, perdue dans mes pensées, totalement absente du monde extérieur. J'étais mieux là, dans ma bulle, dans ma tête, même s'il y régnait un véritable capharnaüm.
La transition était rude. Me retrouver seule à l'appartement avec Tanya, entre quatre murs, à reprendre une routine qui semblait encore me convenir deux semaines en arrière, alors que quelques heures auparavant je foulais le sable fin et chaud, enlacée, désespérément heureuse et douloureusement amoureuse. Ouai, la transition était rude, mais la suite s'annonçait plus pénible encore.
Ma meilleure amie avait eu la très mauvaise idée de proposer que l'on passe la soirée tous ensemble, chez nous. Idée que nous n'avions pu refuser, évidemment. Demetri était donc allé répéter quelques heures avec le groupe, comme prévu initialement, et devait nous rejoindre un peu plus tard pour le dîner. Edward, quand à lui, était retourné chez lui pour y déposer ses affaires et faire quelques lessives. Lui aussi devait nous rejoindre. Il m'avait semblé aussi réticent que moi à l'idée de cette soirée mais évidemment, lui non plus n'avait pas pu refuser la demande. Il était parti sans un mot, sans même un regard. Il avait embrassé Tanya, l'avait enlacée et avait franchi le seuil de notre porte.
Je me sentais mal, terriblement même, je culpabilisais à mort. J'avais beau réfléchir, tout retourner dans tous les sens, je n'arrivais pas à comprendre comment j'avais pu faire une chose pareille sans même penser aux conséquences. Juste vivre l'instant présent sans réfléchir à l'après. Parce que l'après n'était pas si loin en fait, cet après m'avait explosé en plein visage lorsque j'avais aperçu Tanya au loin. J'allais la perdre, elle qui était indispensable à ma vie.
J'étais dégueulasse … Comment avais-je pu me laisser aller ainsi ? Comment avais-je pu oublier ? Edward … Voilà comment, voilà pourquoi. Je n'avais aucune idée de la façon dont j'allais devoir gérer tout ça, je ne savais même pas ce qu'il voulait.
J'osais à peine imaginer ce qu'il se serait passé si je n'avais pas vu ma meilleure amie à notre arrivée à l'aéroport. Peu importe ce qu'Edward aurait dit, qu'il me rassure ou me quitte, je l'aurais embrassé, au moins une dernière fois, et Tanya aurait tout vu … Je l'aurais perdue, je l'aurais détruite, alors que je m'étais jurée de la protéger après Felix. Je m'étais jurée de la protéger mais désormais j'étais celle qui pouvait la faire replonger à tout moment.
« Eh ! Bella ! Je crois que c'est bon là ! », rit-elle, me forçant à sortir de mes pensées.
Je sursautai et lâchai la cuillère en bois d'un mouvement brusque, envoyant quelques éclaboussures de sauce tomate autour de la gazinière. Je sentis mes joues rougir instantanément et, repoussant la casserole hors du feu, j'entrepris de nettoyer mes dégâts – à défaut de pouvoir réparer mes erreurs.
« Je crois que ta sauce est prête », se moqua-t-elle gentiment, goûtant un morceau de la préparation qui s'était échoué sur son corsage, « Et en plus elle est très bonne ! ».
Je souris nerveusement et secouai la tête, tentant de me sortir tout ça de la tête. N'empêche que je me sentais mal. Elle riait et me taquinait comme d'habitude, comme si rien n'avait changé, comme avant. Si elle savait … La boule dans ma gorge ne cessait de grandir, j'avais envie de pleurer, de fondre en larmes et de m'excuser auprès d'elle. Je voulais revenir en arrière, avant de craquer, avant de tomber amoureuse, avant de détruire l'équilibre fragile de ma vie. Et pourtant je mourais d'envie de retourner aux Bahamas, de n'en être jamais revenu. Entre ses bras, sous ses mains, être heureuse, me sentir bien, me sentir libérée de tout … Comment pouvais-je penser ça alors que je me trouvais en face d'elle en ce moment même ? Comment avais-je pu tomber amoureuse du seul homme que je n'avais pas le droit d'aimer ?
« Qu'est-ce que tu as ? », s'inquiéta-t-elle soudain, me considérant en plissant le front.
« Comment ça ? Tout va bien, je t'assure. », mentis-je bassement, espérant la rassurer pour ne surtout plus parler.
« Tu es songeuse, on dirait que tu es ailleurs … Tu n'as pas quitté les Bahamas c'est ça ? », me taquina-t-elle encore.
« Ça doit être ça. », acquiesçai-je, de plus en plus gênée, retournant à mon nettoyage afin de fuir son regard. Elle n'avait pas idée …
« N'empêche … Ce n'était peut-être que dix jours mais vous m'avez manqué tous les deux. »
Dans mon dos, elle passa ses bras autour de mon cou, posa sa tête sur mon épaule et soupira longuement. Je liai mes doigts aux siens et embrassai sa tempe, tentant de dissimuler mon dégoût de moi-même. Je la relâchai vite, décidant d'occuper mes mains en retournant à mon plat de pâtes, mais Tanya garda sa position. La passoire contenant les spaghettis égouttés dans les mains, je m'apprêtais à les verser dans la sauce tomate lorsqu'un coup vif, violent vint heurter ma poitrine.
« Je crois que je suis amoureuse de lui, Bella. »
Je laissai tomber le plat, renversant la moitié des féculents au sol, paralysée par ces mots qu'elle venait de prononcer. Elle était amoureuse d'Edward.
« Bah dis donc ça te choque à ce point ? », éclata-t-elle de rire, s'agenouillant pour ramasser mes bêtises.
« Je suis désolée. », murmurai-je, immobile, choquée.
Pas ça … Ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas …
« Je suis désolée Tanya. » répétai-je encore plus bas, catastrophée, anéantie.
« On s'en fout ! Ce ne sont que des pâtes Bella ! Je suis sûre qu'il en reste encore dans le placard ! »
Elle jeta la nourriture tombée à terre et ouvrit un des éléments hauts de la cuisine, affichant un sourire satisfait lorsqu'elle en sortit un paquet de spaghettis neuf.
J'étais toujours incapable de bouger, j'étais pétrifiée. Parce que je me rendais compte une fois de plus, bien plus encore, de ce que j'avais fait à ma meilleure amie. Elle qui avait toujours été là, qui m'avait suivi à des milliers de kilomètres, qui avait toujours tout fait pour me protéger …
La nausée monta, suivit d'un vertige désagréable, et je dus me tenir au plan de travail tant je me sentais mal.
« Attends une minutes ! », réalisa-t-elle, « C'est le fait que je te dise être amoureuse d'Edward ? Tu vas encore me dire que tu es à deux doigts de vomir ? » s'amusa-t-elle, faisant écho à une discussion lointaine à propos de leur relation, là où la vision d'eux deux me répugnait. Pas si lointaine en fait, les voir ensemble me dégoûtait toujours autant, encore plus même. Je les revis à l'aéroport, s'embrassant, s'enlaçant, et mon estomac se tordit, la nausée me menaça de plus belle.
« Si, je crois que je vais vomir ! », avouai-je en posant une main sur mon estomac douloureux.
« Mais bien sûr ! Tu peux dire ce que tu veux, je sais que tu l'aimes bien ! J'en ai même la preuve en photo ! »
« Quelle preuve ? », blêmis-je soudain.
Elle dégaina son téléphone portable, me montra l'image d'Edward et moi, tempe contre tempe, mes bras autour de son cou, grimaçants à l'objectif, proches et complices. Cette photo que nous lui avions envoyée à sa demande, le lendemain de notre première fois ensemble sur le grand piano blanc du salon de l'hôtel.
« Bon, je vais prendre une douche vite fait et me changer avant que les hommes n'arrivent ! »
Elle m'embrassa sur le front et fila à la salle de bain pour nettoyer les traces de ma maladresse. Son corsage ne survivrait probablement pas aux gouttes de sauces tomates dont il était parsemé, quant à ses cheveux, ils méritaient un bon shampooing. J'en avais bien besoin moi aussi, mais pour l'heure, je m'en fichais royalement.
Je remis de l'eau à bouillir, nettoyai le reste de mes catastrophes pour tenter de ne plus réfléchir. C'était peine perdue, ça revenait à moi sans cesse. Mes craintes allaient principalement pour Tanya, pourtant elle n'était pas la seule à qui je devais penser.
Demetri … Je me sentais mal pour lui également, j'avais honte de ce que je lui avais fait à lui aussi. Il ne méritait pas ça. Malgré tous ses défauts, malgré ses sautes d'humeur et son caractère, il n'était pas quelqu'un de mauvais. Notre relation n'était pas saine, je m'en rendais compte, mais il ne méritait pas d'être trahi de la sorte. Mais comment aurais-je pu savoir ? Je n'avais rien prémédité, je n'avais pas prévu de tomber amoureuse. Surtout pas d'Edward.
Partir sans Demetri avait été la bonne occasion pour réfléchir et, surtout, pour prendre enfin une décision sur notre avenir. Il m'avait fallu peu de temps pour me rendre compte que je ne nous voyais pas vieillir ensemble. Je serais rester un temps, c'était certain, aussi longtemps qu'il aurait voulu de moi. Aussi longtemps qu'il aurait supporté d'être avec moi. Je me serais contentée de cette relation, aurais continué à lui donner ce qu'il attendait de moi, aurais vécu sans réellement vivre. Ça aurait probablement duré des années … Puis on aurait fini par se déchirer tôt ou tard. Rien de tout cela n'était sain, je ne pouvais pas vivre comme ça, aussi douloureux était-ce de l'admettre. Je ne pouvais pas continuer de me mentir et de faire semblant de vivre.
J'avais parfaitement conscience de tout ça, le plus dur était de franchir le pas, d'oser tirer un trait sur cette relation, d'oser quitter un homme qui m'aimait, même si c'était à sa façon. J'avais su quoi faire dès le premier jour loin de tout, mais alors que les doutes m'envahissaient encore, Edward était apparu au loin avec son air idiot et sa valise à la main. J'avais laissé mes doutes de côté, m'étais enfin détendue. Puis j'avais vécu, enfin, j'avais ressenti. Pour un court instant, juste quelques jours, mais je savais désormais. J'avais goûté au bonheur, seulement la chute n'en avait été que plus dure …
Je m'étais sentie extrêmement mal-à-l'aise lorsque Demetri m'avait soulevée dans ses bras et m'avait embrassée avant même que je ne puisse réagir. Tout ce que j'avais pu faire avait été de lui offrir un sourire gêné, juste ça, je n'avais même pas réussi à prononcer un seul mot.
Je ne pouvais plus faire semblant, pas après ce que j'avais vécu, mais pour autant, je ne pouvais pas le quitter en une fraction de seconde. Il avait droit à des explications, pas à une rupture inexpliquée dans un hall d'aéroport … Je ne voulais pas le blesser, même si c'était inévitable. Je voulais prendre mon temps, qu'on se retrouve tous les deux, que l'on ait une discussion sereine pour une fois. Pas de cris, pas de tentative pour dominer l'autre, pas de concession forcée. J'allais attendre la fin de cette soirée, rentrer avec lui et être honnête, peut-être pour la première fois.
Cette soirée … Quelle idée à la con ! Pourquoi avait-il fallu que Tanya propose ça ? Ça avait déjà été suffisamment douloureux de la voir dans les bras d'Edward à l'aéroport, de les voir collés l'un à l'autre et s'embrasser avec autant d'intensité … De le voir lui offrir ces baisers qui m'étaient destinés quelques heures auparavant … Les vacances étaient belles et bien terminées, Edward avait retrouvé Tanya.
J'étais loin, très loin dans ses souvenirs désormais. En même temps comment pouvait-il en être autrement ? A quoi m'attendais-je ? Je n'avais été qu'une aventure et je ne pouvais même pas lui en vouloir pour ça. Nous ne nous étions rien promis.
Comment composer avec tous ces sentiments qui m'envahissaient de plus en plus ? Tout se mêlait dans ma tête, dans mon cœur. La culpabilité, la colère, la honte, la jalousie, la peur aussi. J'étais effrayée, parce que je risquais de tout perdre. J'allais perdre Demetri, j'avais déjà perdu Edward, et si Tanya venait à apprendre ce qui s'était passé, je la perdrais également. J'avais tout joué pour quelques jours de bonheur …
J'entendis trois coups, puis la porte d'entrée s'ouvrit. Je ne pris même pas la peine de quitter la cuisine, je savais parfaitement de qui il s'agissait.
« Hey ! »
T-shirt blanc, les mains dans les poches de son jean délavé, tout sourire et regard tendre. J'oubliai l'espace d'un instant – petite pause dans mes tourments, avant d'y replonger plus profondément ensuite.
« Hey », répondis-je de la même façon, soupirant d'aise malgré moi. C'était si bon de le voir, si douloureux aussi.
« Je peux t'aider ? », s'enquit-il, s'approchant de moi tout en reluquant les casseroles sur la gazinière.
« Tu arrives après la bataille, tout est terminé ! Je n'ai plus qu'à attendre que l'eau bout pour y mettre les pâtes. »
« Cool ! J'ai bien fait de prendre mon temps alors ! », plaisanta-t-il en prenant la pile d'assiette pour aller les disposer sur la petite table.
Je le laissai dresser la table, en profitai pour jouer les gourmandes en piochant dans le plat de dessert. Je plongeai ma cuillère dans le plat de mousse au chocolat, en gouttai juste un tout petit peu.
« Espèce d'égoïste ! Tu pourrais partager ! », railla-t-il en se ruant vers moi pour piquer ma cuillère.
« Même pas en rêve Cullen ! Le chocolat, c'est sacré ! »
J'enfournai le couvert dans ma bouche, ne pus cependant pas tout manger. Ça avait beau être un délice pour ce qui était du goût, la texture n'était pas franchement géniale. Je peinai à avaler la demie part que j'avais prise et Edward en profita pour maintenir ma main afin de terminer la mousse laissée sur la cuillère. J'observai son geste, m'attardant sur sa bouche, ses lèvres, sa langue. Il lâcha ma main, avala en me regardant droit dans les yeux.
« La vache, elle est compacte ! »
« Elle est immangeable tu veux dire ! », explosais-je de rire.
« Non elle est super bonne, c'est juste que … elle est compacte ! », rit-il tout autant que moi, « L'avantage, c'est que tu pourras t'en servir comme ciment si on ne termine pas le plat ! »
« Hey ! », grimaçai-je, feignant de m'offusquer.
« Boude pas où je te fais manger le plat en entier ! », menaça-t-il, goguenard.
« Et tu comptes t'y prendre comment ? »
Et je sus à ses yeux que j'avais commis une erreur. Il plongea le doigt dans le saladier, en ressortit un morceau de mousse effectivement trop compact, et s'approcha de moi, le regard bien trop taquin.
« Tu n'oseras pas ! », provoquai-je, devinant ce qu'il s'apprêtait à faire, « On ne t'a jamais dit qu'il ne fallait pas jouer avec la nourriture ? »
« On ne t'a jamais dit qu'il valait mieux ne pas provoquer les gens si tu ne voulais pas te retrouver avec de la mousse au chocolat sur le visage ? »
Je le contournai, pris moi aussi des munitions. Le doigt tendu vers lui, je le fixai, faussement menaçante.
« Fais pas le con Cullen, je suis armée ! »
Il refréna un fou rire, je peinai à contenir le mien. Nous avions l'air de deux idiots mais c'était tellement agréable de se retrouver à agir comme des gamins, aussi complices que nous l'étions aux Bahamas.
« Mais qu'est-ce que vous faites tous les deux ? On ne peut pas vous laisser deux minutes hein ! Pires que des enfants ! »
Tanya s'avança en riant de nos bêtises et se dirigea aussitôt vers Edward. Elle mangea la mousse au chocolat au bout de son doigt, les yeux emplis de promesses. Je détournai le regard, essuyai ma main et quittai la pièce. Je ne voulais pas voir ça, je ne pouvais pas. Les voir s'embrasser, les imaginer ensemble … Je ne pouvais pas, c'était au-dessus de mes forces.
Je me dirigeai vers la petite table du salon pour terminer d'y dresser les couverts, je repoussai les fauteuils et installai quelques coussins moelleux par terre pour plus de confort. Je prenais mon temps, exagérément même, mais je préférais m'occuper pour ne surtout pas penser. Je me tenais aussi éloignée que possible, mais notre appartement était petit et je ne pouvais malheureusement pas échapper aux gloussements niais de Tanya, à la voix doucereuse d'Edward et à leur mièvreries dégoulinantes. J'exagérais, ils ne faisaient que rire ensemble, parler comme tout couple normal, mais je ne supportais pas l'idée d'être celle de trop. J'en étais à espérer la venue rapide de Demetri.
Nous avions déjà descendu deux bières chacun et grignoté tous les amuse-gueules lorsqu'il arriva enfin. J'étais allée ouvrir la porte en courant presque, parée de mon sourire de façade et de la fausse bonne humeur que je m'imposais depuis près d'une heure et que j'allais devoir revêtir pour le reste de la soirée.
Demetri se rua sur mes lèvres aussitôt, ne me laissant même pas le temps de réagir à son geste. J'aurais voulu ne pas l'encourager, peut-être même le repousser mais le pouvais-je vraiment ? Au lieu de ça, je me contentai de sourire, une peu gênée tout de même. Il me garda dans ses bras et murmura au creux de mon cou.
« Ce que tu m'as manqué … J'avais hâte que la répèt' se termine pour pouvoir te retrouver ! »
Ouai, tellement hâte que tu arrives avec une heure de retard et que, vue l'odeur, tu as pris le temps de boire un coup avant de venir ! Je mourais d'envie de lui dire, mais au lieu de ça, je me contentai de sourire, encore et encore. Parfaite petite fille bien éduquée. Parfaite hypocrite plutôt.
La soirée se passait relativement bien, du moins, mieux que je ne l'avais espéré. Demetri était agréable, se montrait tendre mais correct et respectueux de mes limites, ce qui était pourtant rare. Pas un seul faux pas, pas un geste déplacé, il se montrait gentil et plein d'humour, il était ce Demetri la, celui qui m'avait séduite, celui à qui je tenais depuis deux ans. J'aurais presque préféré qu'il se montre abjecte et hautain comme il savait parfois l'être, ça aurait rendu notre rupture plus facile. J'étais désormais pleine de doutes, je ne savais plus comment m'y prendre, je ne savais plus quoi faire. J'avais pris ma décision aux Bahamas, loin de tout, alors que je vivais un véritable rêve avec Edward. Avais-je été simplement aveuglé par le bonheur que j'avais vécu là-bas ? Par le plaisir et le bien-être ? Qu'en était-il désormais ?
Tout ça était bien loin et c'était une autre qui en profitait allègrement. Ma meilleure amie que je ne faisais qu'observer. Effectivement, elle était amoureuse et c'était dur à encaisser. J'aurais dû être heureuse pour elle, et dans un sens je l'étais, mais ça me faisait un mal de chien de voir Edward avec une autre. Avec cette autre. Il ne me regardait et ne me parlait que pour évoquer notre séjour, pour rire des anecdotes, pour raconter nos visites autour de l'île. Nous ne nous rapprochâmes que lorsqu'il sortit l'appareil photo que je lui avais offert afin de le brancher sur l'ordinateur portable de Tanya. J'étais assise derrière lui, sur le fauteuil, tandis que ma meilleure amie s'était installée sur l'accoudoir et jouait avec mes cheveux. Nous observions les clichés, tous plus beaux les uns que les autres. Il avait un talent monstre, c'était indéniable. Je les découvrais en même temps que nos conjoints respectifs, m'étonnais du nombre d'images. Je ne m'étais même pas rendue compte qu'il en avait pris autant. Il s'agissait principalement de paysages, de photos de la faune et de la flore, aucune photo de lui, aucune photo de moi, aucune de nous évidemment. C'était comme si rien n'avait jamais existé. J'étais soulagée qu'il n'y ait aucun indice, ni dans les clichés, ni dans nos anecdotes, mais ça restait douloureux de devoir tirer un trait sur tout ça, d'être forcée d'oublier.
Parce que les choses étaient claires, plus rien n'existait, il s'agissait d'une parenthèse qu'il fallait refermer, rien de plus. Désormais, Edward n'avait d'yeux que pour Tanya. Le diaporama terminé, elle l'avait invité à débarrasser la table avec elle et ils s'étaient attardés dans la cuisine pour une longue étreinte. Il l'avait retenue alors qu'elle allait nous rejoindre, je l'avais vu tirer son bras et plonger son visage au creux de son cou. Je me maudissais d'avoir abattu le mur séparant les deux pièces, le bar ne cachait rien, j'avais une vue imprenable sur leurs corps enlacés.
J'aurais tout donné pour fuir le plus vite possible, pour que cette soirée se termine enfin. Je mourais d'envie de supplier Demetri de m'emmener loin, me pris même à me rapprocher de lui. J'avais tellement mal de les voir ensemble … J'avais besoin de son soutien, de sa présence, besoin de pouvoir me raccrocher.
Nous n'avions pas encore pris le dessert, ni même bu un café lorsque je feignis être épuisée. Je regardai Demetri dans les yeux, lui demandai de m'emmener à son appartement. Un large sourire se dessina sur son visage et il accéda aussitôt à ma requête. Ma veste sur mes épaules, j'étais prête à partir lorsqu'ils ressurgirent dans le salon. Tanya ne portait plus de rouge à lèvres, les cheveux d'Edward semblaient plus ébouriffés qu'avant d'entrer dans cette maudite cuisine.
Aucun des deux ne posa de questions. Ma meilleure amie afficha un sourire entendu, m'offrit un clin d'œil et nous souhaita de passer une très bonne soirée.
« T'en fais pas pour ça ! », la rassura Demetri, « Dix jours c'est long, on a du temps à rattraper ! Éclatez-vous bien aussi les amoureux ! »
C'est ça, remue le couteau dans la plaie ! Pour ma part, je ne répondis rien, me contentai d'enlacer ma meilleure amie avec amertume. J'avais beau essayer de toutes mes forces, je ne parvenais pas à me réjouir de son bonheur. J'avais mal, j'avais envie de pleurer. Je n'embrassai pas Edward, lui dis juste au revoir de loin, d'un signe de main. Je ne pouvais pas m'approcher de lui, je ne supportais plus.
Je courus presque pour descendre les escaliers, j'avais besoin d'air, il fallait que je respire au plus vite. Demetri me rattrapa en bas, s'empara de mes lèvres et m'enlaça. J'accueillis l'étreinte, parce que je n'allais pas bien, parce que j'avais besoin de ce réconfort. Il tenta d'approfondir son baiser mais je me reculai. Je lui souris, gênée, et réitérai ma demande pour rentrer.
Il roula vite, probablement pressé de rattraper ce temps perdu, et à peine la porte passée, il me sauta dessus pour un baiser fort et appuyé, presque douloureux. Sans réellement le repousser, je me reculai un peu pour mettre fin à cet assaut dérangeant. Il ne sembla pas comprendre cependant – ou peut-être fit-il semblant de ne pas comprendre –, car il se rapprocha, pour m'embrasser à nouveau, entreprit même de me toucher, de me déshabiller. Je détournai la tête cette fois et repoussai ses mains, il fallait que je le freine avant que tout ne dérape.
« Demetri S'il-te plaît … »
« Quoi ? »
Il ne m'écouta pas, tenta encore, mais je grimaçai et refusai de tourner mon visage vers lui.
« Arrête s'il-te-plaît … »
Il me lâcha enfin et cela me soulagea autant que ça m'effraya. Je ne l'avais jamais repoussé, je ne lui avais jamais dit non. Il me fixa, sembla réaliser.
« Tu m'en veux encore c'est ça ? », supposa-t-il les dents serrées, déçu.
Je regardai le sol, pour ne surtout pas croiser son regard. Non, je ne lui en voulais même pas. Tout ce qu'il m'avait reproché lors de cette dispute était vrai. Je secouai ma tête dans la négative et relevai enfin mon visage vers lui. Ses yeux étaient inquiets, je le sentais nerveux.
« Non, je ne t'en veux pas, je comprends ta réaction. Et je suis désolée de t'avoir blessé. »
« Parfois je me dis que tu as honte de moi … », murmura-t-il en baissant les épaules.
« Honte ? », répétai-je incrédule, « Pas du tout ! C'est juste que … Enfin j'en sais rien … je ne suis pas sûre d'être prête pour ça. »
« Pour officialiser notre relation ? Au bout de deux ans ? Qu'est-ce qu'il te faut Isabella ? »
Je baissai de nouveau la tête, nous y étions encore, une énième dispute. Je n'avais pas envie de ça, c'était trop tôt pour se battre, j'étais bien trop sur les nerfs, bien trop affectée pour supporter ça. Je tentai d'apaiser les choses, restai calme malgré mes émotions grandissantes. Je n'eus pas le temps d'argumenter, Demetri reprit la parole aussitôt.
« Tu as rencontré ma famille, tu connais mes potes, mon entourage. Je t'ai intégré dans ma vie Isa, mais à moi tu ne laisses aucune place ! Je t'ai demandé de venir vivre avec moi et tu as refusé ! J'ai voulu que tu me présentes à Renée et tu as refusé ! Je te parle de mariage et tu éludes à chaque fois ! Tu agis comme si ce n'était pas sérieux entre nous, comme si tu n'étais pas sûre de nous et de notre avenir !»
Je baissais de nouveau la tête, honteuse. Il avait raison. J'aurais voulu le contrer mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais même pas lui donner d'explications, je n'en avais pas moi même. Mon silence lui faisait mal, c'était indéniable, son visage déformé trahissait toute la douleur qu'il ressentait. Il s'éloigna, ouvrit la fenêtre du salon et s'agrippa au garde-corps, soufflant difficilement.
Je restai immobile, pourtant je mourais d'envie de l'approcher pour le consoler. Je ne supportais pas de le voir ainsi, blessé par ma faute.
« Je suis désolée Demetri. », murmurai-je, la voix brisée par mes émotions que je contenais difficilement désormais. « Je ne sais plus où j'en suis. J'ai besoin de réfléchir. »
« Je ne veux pas te perdre … Je t'aime trop. »
Il se retourna et me fixa de ses yeux rougis. Il se rapprocha, prit mon visage entre ses mains, laissa couler ses larmes.
« Reste Isa, je t'en prie. »
Pourquoi fallait-il qu'il m'appelle ainsi ? Je détestais ce surnom. Deux ans que je m'épuisai à lui dire, deux ans qu'il persistait tout de même. Je ne supportais pas ce nom. Mais ce que je supportais encore moins, c'était de le voir pleurer devant moi, d'être celle qui faisait couler ces larmes. Je m'en voulais terriblement, pourtant je me refusais à faire machine arrière.
« Tu ne peux pas me laisser … T'as pas le droit. »
« Je suis désolée Demetri … »
« Reste … »
« Non … Il me faut du temps, j'ai besoin de réfléchir à tout ça. »
« Je ne veux pas te perdre. »
Sa voix n'était plus qu'un murmure, ses doigts étaient accrochés à la base de mes cheveux, son front posé contre le mien.
« Moi non plus Demetri, tu sais que je t'aime … », c'était vrai, je l'aimais, mais pas comme j'aurais dû, pas autant que je savais pouvoir aimer. Je l'aimais, mais je n'étais pas amoureuse. « Mais je … je crois qu'on devrait souffler un peu … Prendre du temps. »
« T'en as pas eu assez pendant dix jours ? C'est quoi le truc ? T'as eu quelqu'un là-bas c'est ça ?! »
Il me relâcha violemment, s'énerva d'un coup, comme ça, passant des larmes à la rage. Je tentai de rester la plus calme possible, de me contrôler pour ne pas l'énerver davantage.
« Demetri, t'énerve pas s'il-te-plaît. C'est juste que j'ai réfléchi et qu'il y a plein de trucs qui ne vont pas. On s'engueule tout le temps, tu veux toujours prendre les décisions pour moi, il faut toujours que tu m'imposes tes choix et lorsque je ne suis pas d'accord ça finit en pugilat ! »
« N'abuse pas non plus ! »
« Demetri, sincèrement, est-ce que c'est vivable pour toi ? »
« Mais je n'ai pas envie de te quitter pour autant ! Sérieusement, je ne te comprends pas ! Tu n'as jamais rien dit et tu me balances ça maintenant ? S'il y avait des trucs qui te déplaisaient à ce point, pourquoi tu n'as rien dit ? Ça t'a pris deux ans avant de comprendre que je ne te convenais pas ? »
Il avait raison, vu sous cet angle, ça paraissait invraisemblable. Mais la réalité était différente, je ne ruminais pas depuis deux ans, je me leurrais moi-même depuis ces années. J'étais tombée amoureuse de lui parce qu'il était amoureux de moi. Je n'étais même pas tombée amoureuse, j'avais appris à l'aimer. J'étais avec lui parce qu'il voulait de moi. Constat douloureusement affligeant.
« Demetri, je crois que c'est de moi que viennent ces problèmes, pas de toi. »
« C'est pas toi c'est moi ? », reprit-il, outré, « Tu me fais le coup du c'est pas toi c'est moi ? Tu vas me sortir quoi ensuite ? Que tu ne me mérites pas ? Que je suis trop bien pour toi ? »
J'aurais pu, car c'était sans doute vrai. Lui au moins ne m'avait jamais trahi. Il marqua une pause, passa ses mains dans ses cheveux qu'il tira à leur base.
« Putain Isa … Je ne peux pas croire que tu ne veuilles plus de moi, que tu tires un trait comme ça. Y a forcément autre chose ! »
Il me fixait, attendait une réponse honnête mais je haussai les épaules en oscillant ma tête de gauche à droite, terriblement honteuse. Je restai muette, je ne pouvais rien dire qui ne crée plus de dégâts.
« Alors ça se termine comme ça ? Tu me rejettes ? »
« Non ! », contrai-je, la gorge nouée, choquée par ce mot qu'il employait. « Je ne te rejette pas je … »
« Ne m'abandonne pas … », supplia-t-il de nouveau, perdant sa colère pour retrouver son regard abattu.
Il ne fallut qu'une demie seconde, pour que mes larmes coulent et que mes sanglots éclatent. Je cachai mon visage de mes mains, me mis à trembler de tout mon être. Je sentis ses bras autour de moi, une caresse légère dans mon dos, puis ses baisers sur mon épaule, sur ma tempe. Il me força à relever la tête, essuya mes pleurs de ses pouces et posa son front contre le mien.
« Tu es la femme de ma vie Isabella, il est hors de question que je te laisse partir. », susurra-t-il de sa voix brisée, « Je t'en prie ne pars pas. Laisse-nous du temps. Reste avec moi cette nuit. »
J'avais accepté de rester, mais juste pour dormir. Demetri avait tenu à me prendre dans ses bras, n'avait eu de cesse de me murmurer son amour, son besoin de moi, m'avait encore supplié de ne pas le laisser. Il ne s'était rien passé cependant. Je ne pouvais pas faire semblant cette fois, je ne pouvais pas le laisser me toucher de cette façon. Mais je n'avais pu me résoudre à le repousser, je ne supportais pas de l'avoir blessé. Ces mots qu'il avait prononcés résonnaient encore dans ma tête, comme une litanie douloureusement entêtante. Qu'il ressente ce sentiments de rejets et d'abandon à cause de moi était insupportable. Je ne voulais pas être responsable de ça, je ne connaissais que trop bien le mal que ça pouvait faire.
Demetri s'était endormi dans mes bras et son sommeil était suffisamment profond pour qu'il ne remarque plus mon absence. Je me relevai sans bruit pour me diriger vers la cuisine et m'assis sur la table face à la fenêtre, me recroquevillant presque sur moi-même, fixant les lumières extérieures sans réellement les voir.
C'était un véritable fiasco. Ce que j'avais fait subir, ce que je ressentais, tout ce mélangeait dans ma tête. Aucun sentiment positif, que du négatif. J'avais blessé Demetri, j'avais trahi Tanya. Est-ce que ça valait le coup finalement ? J'avais ouvert les yeux, j'avais connu des instants magiques, mais désormais tout se cassait la gueule.
En fin de compte, j'aurais aimé que Demetri et Tanya nous rejoignent aux Bahamas. Je n'aurais pas craqué, jamais je n'aurais été infidèle. J'aurais continué à refouler mes sentiments pour Edward, jamais je n'aurais trahi ma meilleure amie. En deux semaines, j'étais devenue tout ce que j'avais toujours détesté. Déloyale, malhonnête, immorale, irrespectueuse de mes propres valeurs. J'avais connu le bonheur, j'étais tombée éperdument amoureuse, mais je m'apprêtais à vivre l'enfer.
Ses mains sur mes épaules, je sursautai. Il se colla contre mon dos, m'enlaça tendrement, plongeant son visage au creux de mon cou.
« Personne ne t'aimera jamais autant que je t'aime Isa. »
Un murmure, une promesse, une vérité difficile à entendre. Edward était avec Tanya, il lui faisait certainement l'amour tandis que je me molestais intérieurement. Ils étaient ensembles, ils étaient amoureux l'un de l'autre. Edward était avec Tanya. Demetri, lui, était avec moi.
EPOV
Je fixais le plafond depuis une heure au moins. Tanya était étendue à mes côtés, totalement nue au dessus du drap, respirant paisiblement, profondément endormie. Moi j'en étais incapable, j'étais d'ailleurs incapable de faire quoi que ce soit ce soir. A part penser à elle. Et je la savais avec lui, en train de rattraper le temps perdu. Elle était en train de se donner à lui et cette pensée me filait la nausée.
Je me levai, laissant Tanya profiter de ses rêves tandis que je vivais mon propre cauchemar. J'enfilai mon boxer et me dirigeai vers le salon, face à la fenêtre. J'appuyai mon front contre la paroi froide, serrai les mâchoires, tentai de respirer pour faire disparaître cette boule douloureuse qui obstruait ma gorge.
Rien n'allait, tout partait en vrille. Je ne savais pas quoi faire, je ne contrôlais plus rien, je n'arrivais à rien. Je me dégoûtais pour tout. Je n'allais pas supporter, j'allais devenir fou. Je ne parvenais même pas à oublier le temps d'un instant, à compenser ma douleur et ma frustration. Impossible faire l'amour à Tanya, même en pensant à Bella. Ça ne fonctionnait pas, je ne parvenais pas à faire abstraction. Ce n'était pas elle, pas son parfum, pas sa douceur, pas elle. Rien de physique dans tout ça, mais mon cœur et ma conscience avaient décidés de s'allier. L'impression de trahir Bella, de ne pas avoir le droit. Et ce n'était pas de Tanya dont j'avais envie. Alors je n'avais pu que m'excuser avant de tout stopper sans même prendre la peine de trouver une excuse bidon.
Elle ne m'en avait même pas tenu rigueur, elle n'avait rien dit, s'était simplement montrée compréhensive. Adorable, comme toujours. C'était bien là le problème, sa gentillesse. En plus d'être belle, cette fille était bourrée de qualités, n'avait pas une once de méchanceté en elle, elle se montrait aimante à chaque instant. Ça aurait été tellement plus simple si j'avais eu des choses à lui reprocher, si elle avait eu des défauts, si elle avait été pénible, si j'avais pu me raccrocher à quelque chose que je n'aimais pas chez elle. Mais je ne pouvais rien lui reprocher, tout était de ma faute, j'étais le seul responsable.
Tanya était la femme idéale, la femme parfaite, et pourtant c'était l'imparfaite Isabella qui m'obsédait. Au point de me rendre fou, au point de m'en rendre malade. J'étais incapable de penser à autre chose. C'était elle, tout le temps, à chaque instant, chaque seconde.
Mais c'était terminé désormais. Elle était partie, elle l'avait suivi, elle l'avait choisi lui, pas moi. Tout en moi, mon corps entier, mon cœur, chaque muscle, chaque cellule de mon être m'avait hurlé de la retenir, de ne surtout pas la laisser passer la porte de cet appartement. Mais je n'avais rien fait, parce qu'elle avait fait son choix. Elle avait accepté de le suivre délibérément, elle l'avait retrouvé. Je ne pouvais que respecter sa décision, même si ça m'arrachait les tripes de la savoir avec lui, de l'imaginer lui offrir son cœur et son âme. Je ne pouvais que respecter, mais je me refusais à l'accepter.
Elle ne voulait pas de moi,en tout cas pas comme je la voulais elle, mais elle ne pouvait pas tirer un trait sur ce que nous avions vécu, sur la complicité qui était née là-bas, sur cette relation privilégiée, sur cette confiance et cette tendresse que nous avions développé. Elle m'avait quitté mais je refusais de la laisser tomber. Je ne voulais pas redevenir un anonyme gênant ou le mec de trop dans sa vie. Je voulais faire partie de sa vie, y avoir ma place, rester près d'elle.
Je ne pouvais plus revenir en arrière de toute façon, c'était inconcevable. Mes gestes étaient devenus instinctifs, j'avais besoin de la sentir près de moi, de la toucher, ne serait-ce que l'effleurer. Et je savais qu'il en était de même pour elle. Si nos sentiments étaient différents, notre tendresse et notre besoin l'un de l'autre étaient bien réels, je n'avais aucun doute là-dessus. Elle avait besoin de moi, autant que j'avais besoin d'elle.
Peu importaient les choses, peu importaient ses liens avec Tanya ou sa vie avec Demetri, notre amitié et notre complicité étaient là, parfaitement ancrées et il était hors de question que qui que ce soit se mette entre nous. Elle pouvait me quitter, je pouvais souffrir en silence d'un amour à sens unique, mais je refusais de m'éloigner d'elle. Quitte à faire semblant, quitte à subir et à détourner les yeux parfois. J'étais prêt à tout pour ne surtout pas la perdre.
Je sens que ça va râler ! ^^
J'espère que ce chapitre vous a plu !
N'hésitez pas à me laisser vos avis, impressions et spéculations ! A bientôt pour la suite !
