Je suis revenue en Angleterre depuis bientôt une semaine. J'ai beaucoup pensé à ce que James m'a confié. Je sais que ce n'était rien, alors pourquoi est-ce que mon coeur bat comme si c'était tout ? Je n'ai rien pu dire face à lui. Je n'avais aucun mot. J'avais seulement envie de l'embrasser, mais je savais pertinemment que je ne pouvais pas me le permettre.

En ce moment, je suis forcée de me répéter de plus en plus souvent que je suis là uniquement pour le protéger. C'est mauvais signe. Quelque chose en moi lutte et j'ai de plus en plus de mal à le retenir. James m'a découverte sous un nouveau jour, j'ai vu dans ses yeux qu'il m'appréciait de plus en plus, et ça me fait autant de bien que de mal.

J'ai du mal à me souvenir pourquoi je ne peux pas me laisser aller, alors j'essaie de me remémorer tout ce que nous avons vécu dans mon autre vie. J'essaie de me rappeler à quel point nous avons soufferts de notre situation et à quel point j'ai cru mourir quand je l'ai vu s'effondrer devant moi. J'essaie de me souvenir que je suis ici seulement pour éviter qu'une telle chose se reproduise.

« Tout ce que tu cherches à faire, c'est te protéger, au fond, me dit Sirius en pivotant sur la chaise roulante de mon bureau.
_ Tu es devenu psychomage pendant que j'étais partie ? Je l'interroge avec une pointe d'ironie dans la voix.
_ J'ai toujours eu un don pour déchiffrer les gens, se vante t-il avec un large sourire. Il t'a dit qu'il ne voulait pas qu'il t'arrive quelque chose, c'est presque une déclaration d'amour de sa part, tu sais.
_ Il m'a habitué à mieux. »

Je range frénétiquement des dossiers dans le placard d'Héléna Potter, les triant par ordre alphabétique même si je sais que ce n'est absolument pas nécessaire. Je suis juste tellement stressée et troublée par la discussion que j'ai avec Sirius que je suis obligée de m'occuper pour dissimuler mes émotions.

« Oh oh... Qu'est-ce qui arrive là ? Lance t-il sur un ton léger en se dirigeant vers la fenêtre. »

Je me retourne brusquement pour découvrir le hibou de James à la fenêtre du bureau, un parchemin accroché à la patte. Le sourire malicieux de Sirius m'indique qu'il va attraper cette lettre, et j'ai beau me ruer sur lui, il arrive à la décrocher et décachette l'enveloppe devant moi.

« C'est probablement pour Héléna ! Je m'exclame, scandalisée.
_ Ah bon ? »

Il retourne la lettre juste pour me montrer le « Lily Evans » écrit en rouge et en lettres capitales et cela me pousse encore plus à essayer de la lui arracher des mains, mais je bats en retraite quand il sort sa baguette et me menace de me jeter un sort de furoncle tout en sachant que j'ai oublié la mienne chez moi ce matin.

« Est-ce que tu sais au moins que c'est illégal d'ouvrir le courrier des gens ?!
_ Eh bien, qu'est-ce que tu attends pour aller te plaindre au Ministre ? Il est au niveau 1, tu as juste à prendre l'ascenseur, me nargue t-il. »

Je soupire bruyamment et m'assois sur la chaise qu'il occupait quelques secondes plus tôt, le fusillant du regard comme si cela allait suffire à lui faire lâcher la lettre qu'il parcourt en s'amusant à faire passer son visage par toutes les expressions possibles et imaginables juste pour que je bouillonne.

« Hmmm très intéressant... Conclut-il en me jetant le parchemin, un sourire en coin figé sur son visage.
_ C'est bon ? Tu as terminé ? Maintenant tu peux peut-être retourner travailler, non ?
_ Il me reste dix minutes, me répond-il en jetant un bref coup d'oeil à l'horloge, tu ne lis pas ?
_ Non.
_ Pourquoi ?
_ Parce que tu vas rester là à me regarder et à analyser mon visage pour ensuite me sortir tout un tas d'imbécillités.
_ Moi ?! Des imbécillités ?! Lily, voyons ! Me sermonne t-il, faussement outré avant d'éclater de rire. Bon, allez, je te laisse, mais je te conseille de bien réfléchir à ceci, conclut-il en pointant l'index sur la lettre. »

J'observe le morceau de papier comme si je craignais qu'il contienne une bombe. Figurativement, c'est sûrement le cas, et je crains qu'elle ne m'explose à la figure, alors il me faut un moment avant de me décider à la lire.

« Lily,

J'espère que tu vas bien. Personnellement, ma mission avance et je suis heureux de pouvoir t'annoncer que je risque de rentrer bientôt si tout se passe comme prévu. Enfin, ce n'est pas pour cette raison que je t'écris.
Tu commences à me connaître maintenant et tu sais que je ne suis pas le genre de personne à tourner autour du pot. Or, notre dernière conversation n'a pas aboutie sur ce que j'espérais, et cela fait plusieurs jours que je me demande pourquoi. Je m'explique : quand je t'ai dit que je ne voulais pas qu'il t'arrive quelque chose, je ne m'attendais certainement pas à ce que tu hoches la tête et que tu t'en ailles comme tu l'as fait.
As-tu au moins compris ce que je voulais te dire ? J'ai eu la sensation que tu étais mal à l'aise... Est-ce que ça t'a contrarié ? Tu ne m'as rien dit, Lily, et je ne comprends pas.
Comment peux-tu me regarder comme tu le fais et te défiler dès que je te fais sentir que nous pourrions être plus proches ?
C'est fatigant de faire semblant de ne rien voir. A chaque fois que tu n'es pas là, je me dis qu'il va falloir qu'on parle de ton comportement vis à vis de moi, et à chaque fois que nous sommes ensemble je te lance des perches que tu ne rattrapes pas.
Je suis en France, tu es en Angleterre et je me rends compte depuis que tu es partie que quelque chose ne tourne pas rond... Il me manque quelqu'un, ici.
Qu'est-ce que tu penses de ça ?

Bien à toi,

James. »

Ahurie, je repose lentement le parchemin sur mon bureau sur lequel je m'accoude. La tête entre les mains, je suis à deux doigts de m'arracher les cheveux. La bête en moi qui me pousse à tuer reste muette. Je ne l'entends pas, mais je la sens danser un rock acrobatique. Peut-être que cette bête n'est que la Lily amoureuse, finalement. Peut-être que c'est elle qui me pousse à tuer, et peut-être que c'est elle qui se réjouit de la lettre de James.

« Lily ? Tout va bien ? »

Héléna est à l'entrée du bureau et elle me fixe d'un air inquiet. Je dois avoir l'air malade avec le bordel que j'ai mis dans mes cheveux, avec mes yeux humides et mon teint pâle.

« C'est une lettre de James ? Me demande t-elle. »

Mes yeux font un allé-retour entre les siens et le parchemin, toujours étalé devant moi comme si je ne savais pas quoi en faire. C'est d'ailleurs le cas. Il faut que je lui réponde, mais tous les mots qui me viennent, je m'interdis de les penser et de les ressentir.

« Il va bien. Il pense que sa mission va bientôt se terminer, je lui explique en voyant qu'elle commence à paniquer de me voir aussi morose.
_ C'est tout ?
_ Oui, c'est tout. »

Elle n'insiste pas, mais elle me jette des coups d'oeil anxieux tout l'après-midi. Je m'efforce de ne pas les voir et de continuer à travailler, mais les mots écrits sur cette lettre trottent sans arrêt dans mon esprit. Je dois être raisonnable, je dois m'en tenir à ce que je me suis promis, je dois tout faire pour qu'il s'en sorte, je dois oublier ma vie pour qu'il vive la sienne, et c'est pour cette raison que ma plume marque ces mots lorsque je rentre au Refuge :

« James,

Je te remercie de m'avoir donné des nouvelles. Si tu vas bien, ma mission se porte bien aussi.
J'ai compris ce que tu voulais dire le jour où l'on s'est quittés, du moins, je l'ai cru et ta lettre me l'a confirmé. J'étais mal à l'aise, vraiment.
Je ne sais pas ce que tu as cru ou ce que j'ai pu te faire croire contre ma volonté, mais il ne se passe rien, James. Il y a encore trois semaines, tu me détestais. Comment peux-tu changer d'avis comme ça ? Comment peux-tu penser une seule seconde que quelques conversations superficielles ont pu modifier notre relation à peine amicale ?
A peine des amis, c'est tout ce que nous sommes, et c'est tout ce que nous resterons, parce que tu n'es ni plus ni moins qu'une mission à mes yeux.

Lily. »

Je me lève, ignorant le flageolement de mes jambes, punition pour mes mensonges, et je glisse le parchemin dans une enveloppe avant de sortir pour l'attacher aux pattes du hibou que Sirius m'a prêté. Je sais que jusqu'à temps qu'il s'envole, je peux encore modifier ma lettre, et je songe plusieurs fois à le faire, mais il est trop tard lorsque ses ailes s'étendent devant moi et que ses plumes s'agitent en direction des nuages.

Je suis abattue quand je rentre dans le Refuge. La bête rugit en moi. J'ai mal. Je regrette tous les mots que j'ai écris. Tous. Je n'en pense aucun, et je me déteste d'avantage quand j'imagine James les lire et les croire alors que ma réponse aurait dû être celle-ci :

« James,

Je suis rassurée. J'ai peur pour toi depuis que je suis rentrée. Je m'inquiète sans arrêt. Je suis pressée de te revoir. Je n'ai pas arrêté de penser à ce que tu m'as dit juste avant que je parte. Sache que mon malaise n'était pas dû à une maladresse de ta part, tu ne m'as nullement contrariée, j'étais juste un peu déboussolée.
Je n'étais pas certaine d'avoir compris, mais maintenant je le suis. Je suis désolée d'avoir été aussi distante, je partais et je savais que nous ne nous reverrions pas avant un moment... C'est compliqué comme situation et je n'avais pas envie de te mettre dans la contrainte tout en sachant que nous serions loin de l'autre pendant encore quelques temps...
Mais je dois te l'avouer, quelqu'un me manque ici aussi. Nous en parlerons quand tu rentreras...

Je t'embrasse,

Lily. »

Je soupire devant ma plume, grattant la dernière lettre de mon prénom. Je pensais qu'écrire cette deuxième version me soulagerait un peu, mais ce n'est même pas le cas parce que je sais qu'elle restera cachée sous mon matelas et que James ne la lira jamais. Il continuera de penser que je suis juste une folle lunatique. Tant pis pour moi.

Peut-être même qu'il me détestera. Il m'a suggéré que je lui manquais, je lui ai écrit que nous n'étions même pas amis. Ma lettre était dure, froide, excluante. Je ne sais même pas comment il va réagir, je ne sais même pas à quoi m'attendre lorsqu'il reviendra, tout comme je ne sais pas comment nous en sommes arrivés là.

Peut-être que le professeur Dumbledore et Sirius ont raison. Peut-être que James et moi, nous sommes la constante, peut-être que tout cela est supposé arriver... Je ne sais pas. Je sais seulement que je me suis encore une fois faite surprendre par ce que je croyais impossible.

Comme il y a trois ans, comme au début de cette année scolaire où je l'ai rencontré, quand tout ce qu'il me montrait était de l'arrogance et du mépris. Je n'avais pas vu les sentiments se transformer, de la même façon que je ne les ai pas vu se transformer dans cette vie là. C'est comme si tout changeait en un claquement de doigt. Comme si un jour, nous nous regardions en réalisant soudainement que nous n'avons pas envie de vivre l'un sans l'autre.

Pourtant, comment c'est possible quand je ne suis plus la Lily d'autrefois et qu'il n'est pas le James que j'ai connu ? Comment pouvons-nous encore nous reconnaître l'un et l'autre parmi tous ces gens qui nous entourent ? Comment pouvons-nous savoir que nous sommes exactement ce que l'autre recherche ?

C'est comme si, en retournant le sablier et en modifiant ma vie, James avait changé pour s'adapter à ce que je suis maintenant, à la personne dévastée que je suis devenue. Cependant, j'ai du mal à croire que moi, je puisse lui correspondre, mais peut-être que je m'emporte un peu.

Il m'a seulement laissé penser que je lui manquais. Il écrit sûrement la même chose à Sirius. Cela ne veut rien dire de plus, après tout. J'ai toujours tendance à me pencher un peu trop sur les mots, à croire qu'ils veulent dire plus que ce qu'ils ne signifient vraiment.

J'aimerais trouver quelque chose pour arrêter de penser. Appuyer sur un bouton, et stopper le bourdonnement de mes neurones d'un seul coup. Pourquoi m'a t-il dit tout ça ? Ne pouvait-il pas le garder pour lui ? Ne pouvait-il pas faire semblant comme je le fais depuis que j'ai débarqué dans sa vie ? Ne pouvait-il pas continuer à me détester, même si j'en étais malade ?

Je ne sais pas quoi faire. J'ai beau me répéter que c'est un cauchemar, que c'est la prophétie qui se répète encore et encore, mon corps agit comme s'il s'agissait d'un rêve. Je manque à James, et je ne peux penser qu'à ça. Plus je me le répète, plus je sens chaque parcelle de ma peau me picoter familièrement comme s'il était là, comme s'il me touchait.

C'est dur d'aimer quelqu'un, quoi qu'en en dise. C'est beaucoup plus simple lorsque l'on est dépendant que de soi même, lorsque l'on ne s'inquiète pour personne, lorsque l'on a personne à pleurer. C'est dur de sentir le manque, le vide, la douleur qui nous prend au corps et refuse de nous libérer tant que la personne que l'on aime n'est pas là. C'est dur quand la seule personne qui peut nous procurer du bien est aussi celle qui peut nous faire un mal de chien. Je ne sais plus quoi faire.

« Lily ? »

Une voix me tire de mes pensées et me fait sursauter. C'est Héléna Potter. Elle est entrée sans que je ne l'ai entendu, et elle se tient à quelques mètres de la porte dans son tailleur noir, élégante comme elle l'est toujours.

« Héléna je... Je ne... »

Je bafouille un long moment, sans savoir comment lui expliquer ma présence ici, au Refuge, alors que les seules personnes qui sont censées connaître son existence sont les Potter et Sirius. La panique de mon regard se lit dans le sien, je ne sais plus où me mettre, je ne sais plus quoi faire ni quoi dire, je suis un intrus dans une maison qui n'est pas la mienne.

« Tu pleures, Lily ? Me demande t-elle en s'approchant rapidement de moi. »

Je pose ma main sur ma joue humide pour vérifier ses dires, et une avalanche de larmes s'échappe de mes yeux sans que je ne puisse la retenir. Héléna s'empresse de venir me prendre dans ses bras quand n'importe quelle autre personne sur cette terre m'aurait questionné sur la raison de ma présence dans une demeure qui n'est pas la mienne.

« Chhhut... Qu'est-ce qu'il t'arrive ma chérie ? Dis moi ce qu'il y a maintenant... Ça ne peut plus continuer comme ça, ça fait trop longtemps que ça dure, tu ne peux pas garder ça pour toi, Lily, me martèle t-elle.
_ Je suis... Je suis désolée. Je n'avais pas d'endroit où aller et... Et je...
_ Nous parlerons de ça plus tard. Ce n'est pas pour cette raison que tu pleures, je me trompe ? »

Je secoue la tête, essayant avec peine de refréner mes sanglots pour ne pas tâcher la veste d'Héléna Potter mais plus elle me serre dans ses bras, plus mes larmes coulent. J'ai l'impression d'être une éponge, d'avoir été plongée dans l'eau trop longtemps, et d'être pressée, comprimée, complètement tordue.

« J'en ai déjà parlé avec Sirius, ça va... ça va aller, je lui indique entre deux reniflements.
_ Ma puce, on sait toutes les deux que Sirius a l'intelligence émotionnelle d'une goule... »

Elle me frotte le dos, et je ne peux empêcher un léger rire de venir se mêler à mes larmes. Je découvre à ce moment là que c'est Héléna qui a donné cette qualité à James, celle de me faire rire quand je pense n'être plus capable que de pleurer, et rien que pour cette raison, rien que parce qu'elle m'a offert l'être le plus extraordinaire qu'il m'ait eu été donné de connaître, je lui dois la vérité.

« Je viens d'envoyer une lettre très méchante à James.
_ Ah. Je me doutais qu'il avait quelque chose à voir là dedans. Qu'est-ce qu'il a fait, encore ? M'interroge t-elle en fronçant les sourcils, prenant cette fois un ton sévère.
_ Rien. Il n'a rien fait. Il... Merlin, je ne sais pas ce que je peux vous dire et ce que je ne peux pas vous dire...
_ Le professeur Dumbledore m'a déjà convoqué à Poudlard parce que Sirius et James avaient jeté un sort aux Serpentards pour que leurs pantalons se baissent systématiquement quand ils passaient devant une statue, et il y en a plus de deux cents dans le château. Une autre fois, j'ai dû les punir pour avoir construit une catapulte magique leur servant à envoyer les excréments du dragon d'un voisin directement chez le père d'Amélia Johnson. Il y a des kilomètres entre nos deux maisons, des moldus ont reçu des projectiles, c'était une véritable catastrophe, alors je pense qu'au point où j'en suis, tu peux tout me dire. »

Je la fixe avec des yeux ronds, n'ayant jamais entendu parler de ces deux anecdotes et devinant à l'expression blasé sur son visage qu'il y en a eu bien d'autres. James ne m'a jamais fait croire qu'il était un élève modèle, mais il m'a toujours semblé si intelligent et adulte que j'ai du mal à l'imaginer lui, impérieux, déambulant comme un prince dans son jardin tout en catapultant des bouses.

« Il n'a rien fait de tel, à vrai dire... Il m'a juste... La lettre qu'il m'a écrite... Eh bien... Il... M'a laissé entendre que je lui manquais... Des choses comme ça, je lui explique en osant à peine croiser son regard, écarlate, m'octroyant le droit d'être gênée derrière mes larmes.
_ Oh … !
_ Et je lui ai répondu que ce n'était pas réciproque. »

Héléna s'écarte un peu de moi, m'observe silencieusement pour m'encourager à continuer, mais quand elle constate que je n'arrive pas à ajouter quoi que ce soit, elle me vient en aide.

« Mais ça l'est, en fait, n'est-ce pas ? »

Je hoche la tête, me mettant à pleurer de plus belle, songeant que je dois vraiment avoir l'air d'une gourde. Héléna ne sait rien, et je n'ai plus la force de répéter ce qu'il m'est arrivé, je ne suis plus capable de dire une fois de plus que James est mort devant moi, et je n'ai certainement pas le courage de l'annoncer à sa mère.

« Alors pourquoi lui as-tu dis le contraire ?
_ Parce que je ne peux pas être avec lui. Je suis censée le protéger.
_ Le protéger ? Le protéger de quoi ?
_ De la guerre, des mangemorts, de moi. Héléna, c'est bien plus compliqué que tout ce que tu peux imaginer...
_ De toi ? Tu n'es pas... Tu n'es pas dans le camp de Tu-sais-qui, n'est-ce pas ? M'interroge t-elle. »

Elle me lâche légèrement et pour la première fois, je crois distinguer une pointe de suspicion dans ses yeux. Je ne peux pas me permettre de la laisser avoir le moindre doute là dessus, alors sans réfléchir, je passe mon pendentif retourneur de temps par dessus mon pull et je dépose ma bague de fiançailles au creux de sa main, espérant qu'elle saura faire l'addition en lisant l'inscription à l'intérieur.

Elle reste perplexe un long moment, m'observe sans avoir l'air de vraiment comprendre, et je réalise à ce moment là que je ne vais pas avoir le choix, il va falloir que je lui explique. Et puis une idée me vient.

"Tu es légilimens, n'est-ce pas ?"

Elle hoche la tête, alors je prends sa main dans la mienne, et je l'encourage d'un simple regard. Elle hésite longuement, puis elle sort sa baguette de son sac, la pointe sur moi, et nous nous retrouvons toutes les deux projetées dans les méandres de mon esprit.