Auteur : Umbre77
Titre : Les Messieurs Potter-Malfoy
Résumé : Suite de Coeur de Cristal, Slash HPDM et Mpreg. La paix, tout comme l'amour, est éphémère. C'est à leur dépend qu'Harry et Draco vont le comprendre…
Disclaimer : Tout est à JKR, sauf ce qui vous semble ne pas venir de son livre.
Spoiler : Les 4/5 premiers tomes.
Note de l'Auteur : Navré pour le retard… Je ne peux vous promettre que cela n'arrivera plus… Mais je vais faire mon maximum. Gros bisous à tous.
Résumés des chapitres précédents :
Après une longue Lune de miel, Draco et Harry sont de retour. Ils emménagent dans leur nouvelle maison et tout se passe bien jusqu'à ce que Draco décide de trouver un travail. Il est rejeté par le Ministère car une juge nommée Julia Davis semble détestée Draco et a répandu de vilaines paroles sur son sujet…
En fait, elle déteste Lucius qui l'a mise enceinte et s'est servie d'elle comme 'vide-burne'. Devenue folle, elle a juré de faire payer à la famille Malfoy la cruauté de Lucius et fait ce qu'elle peut pour pourrir la vie de Draco.
Du côté couple, Draco et Harry se sont vite aperçus que l'impossibilité d'avoir des enfants risquait de menacer leur couple et ont donc décidé d'en avoir un ! Harry tombe enceint et leur lien se resserre à tel point qu'ils entendent par bribes les sentiments ou pensées de leur conjoint.
Draco travaille dans un théâtre, Harry à domicile. Mais d'autres problèmes se posent, dont la Gardienne qui fait deux apparitions inattendues et la découverte de Rose Malfoy, demi-sœur de Draco. Celui-ci est bien déterminé à l'adopter, mais pour se faire, il doit se lancer en guerre ouverte contre la juge, ce qui est dangereux étant donné l'état de Harry, mais aussi parce que la juge a à sa botte les anarchistes qui avaient suivit Lucius.
Et comme si ce n'était pas assez, ils doivent faire face aux problèmes relationnels de leurs amis !
Papa Lucius fait du chantage, Fiston cède et entraîne indirectement la mort d'un gardien, mais la garde de Rose lui est accordée... Cela dit, la juge n'a pas dit son dernier mot...
Chapitre 25 : La fin d'un amour
Il transplanait. Il ne savait même pas où. Sa magie était devenue folle et il la laissait faire. Mexique, Chine, Angleterre, France, Russie, Australie, Angleterre, Angleterre, Angleterre !
Il cessa de bouger. Il en fut un instant déstabilisé. Il avait la tête qui tournait. Jamais il n'avait transplaner aussi vite et autant. Le sol semblait presque instable…
« Vous voilà », dit une voix douce.
Draco releva la tête et poussa un cri. Devant lui, auréolée de son mystère, la gardienne de la boucle souriait.
oOooOooOo
« Vous ? » demanda Draco, tout en regardant autour de lui.
Comment avait-il atterri à cet endroit ? Bien sûr, il avait laissé sa magie le guider, mais pourquoi là ? Pourquoi pas ailleurs ?
« Je vous attendais, dit la gardienne. Venez. »
Elle entra dans le château. Pendant un instant, Draco pensa partir. Il se dit qu'il ne devait pas la suivre et retourner auprès de Harry. Mais brusquement, sa culpabilité lui serra le cœur. Harry… Harry qui avait été obligé de donner sa magie, par sa faute… Harry qui avait souffert de son ambition stupide !
D'un pas résolu, il avança jusqu'à entrer dans ce sombre château qui lui faisait peur. Il sentait maintenant ce que Harry pouvait ressentir, lorsqu'ils y étaient venus lors de la bataille finale. Il ressentait toute cette magie qui suintait des murs. C'en était presque étouffant !
« Où… ? »
Il ne termina pas sa question. Il savait où elle l'emmenait. Et sans discuter, il descendit le long de cet escalier mince qu'il avait déjà emprunté quelques années plus tôt. Il suivit la gardienne sans protester, jusqu'à arriver dans ce couloir où une fresque immense représentait la pièce vers laquelle ils se dirigeaient. Et quand il franchit la porte qui se referma seule derrière lui, il haleta. Sa fascination pour le bassin n'avait pas baissé d'un iota, malgré le temps. Fascination rendue plus forte par l'énorme masse rouge qui s'en extirpait. Cette masse qui volait vers lui, tournait autour de lui et caressait son corps, comme heureuse de le retrouver. Il ne put retenir un gémissement. C'était comme si Harry le caressait, sauf que ce n'était pas lui. Il se réveilla en croisant le regard de la gardienne.
« C'est la magie de Harry, n'est-ce pas ? demanda-t-il. Pourquoi est-elle ici ?
-Il me l'a confié, répondit la jeune femme. En attendant que le lien soit solidifier… »
Draco hocha de la tête.
« Et comment… ?
– Vous savez la réponse, interrompit la gardienne. Vous savez comment solidifier ce lien… Mais en attendant que vous le fassiez… Je dois vous prendre votre magie… »
Draco écarquilla les yeux et recula, son cœur battant la chamade. Sa magie ?
« Pourquoi ? dit-il, effrayé.
– Parce qu'elle est instable, répondit la gardienne. Vous devez être au même niveau magique que votre époux, sans quoi, le lien ne sera pas bon… »
Draco hésita. Comment pouvait-elle savoir tout ça ? Etait-ce une bonne chose de lui confier cette magie auquel il tenait tant ?
Pendant un instant, il laissa son regard se perdre dans la contemplation de celle de Harry. Cette boule d'énergie qui ne cessait de passer le long de son corps, comme ravie de le revoir… Harry l'avait donné pour le bien de leur enfant. Il l'avait donné parce qu'il lui avait fait tant de mal… Ne pouvait-il pas faire le même sacrifice ? Pour eux…
« Dans la situation actuelle…
– Peu importe cette stupide situation !
– Si la juge l'apprend…
– Je m'en fous !
– Mais c'est dangereux ! Tu ne pourras plus les protéger !
– Je les protégerais de mon corps, si je ne peux le faire de ma magie. Tais-toi, stupide conscience. C'est ce que je dois faire ! »
Malgré cela, il hésita. Il déglutit un long moment pour ensuite regarder la gardienne.
« Faites ce que vous avez à faire, dit-il. Et prenez bien soin d'elles. »
La gardienne lui sourit.
« Je vous le promets. »
oOooOooOo
Harry était paniqué. Il tournait en rond dans le salon, l'angoisse serrant si fort son cœur qu'il avait l'impression d'étouffer. Où était allé Draco ? Il avait l'air si effrayé, si… Si coupable ! Bien sûr, il avait de bonnes raisons de se sentir ainsi, mais ce n'était pas ce qui l'aidait à ne pas s'inquiéter.
« Pourquoi n'es-tu pas simplement resté près de moi, idiot ? Pourquoi faut-il toujours que tu ailles ailleurs ? »
Un bruit derrière lui le fit sursauter. Il se retourna, effrayé et écarquilla les yeux en croisant le regard vide de Draco.
« Qu'est-ce qui se… ? »
Il tremblait si fort que Harry n'hésita pas avant de s'approcher de lui. Malheureusement, le dôme doré apparut de nouveau.
« Tristan ! gronda le brun, furieux. Cesse immédiatement ! Enlève ça ! Allez ! »
Il fallut attendre quelques secondes avant que le dôme ne s'efface tout doucement et le temps qu'il disparaisse, Draco était tombé à genoux, tremblant de tout son corps.
« Draco ! s'exclama Harry, le rejoignant sur le sol. Qu'est-ce qui t'arrive ? Dra… »
Il se tut. Ce regard vide… Ces tremblements… Et ce désespoir… Il le connaissait bien. Un soupir franchit ses lèvres et il le serra contre lui.
« Qu'est-ce que tu as fait ? demanda-t-il.
– Elle a dit que le lien ne serait pas bon si je possédais encore ma magie… Que je devais être au même niveau que toi… Et ta magie avait l'air si contente de retrouver la mienne… Et puis… Je pouvais bien faire ça, non ? »
Harry fronça les sourcils et l'écarta de lui. Il eut un léger sourire tout en posant ses lèvres sur les siennes.
« Pour que je te pardonne, c'est ça ? demanda-t-il.
– Non, répondit Draco, enfouissant son visage contre son épaule. Pour que je me pardonne. »
Harry ferma un instant les yeux et le serra contre lui.
« Je sais que tu aurais fini par me pardonner ça… Mais je ne sais pas si j'aurais pu me regarder longtemps dans un miroir en sachant le mal que je t'avais fait. Bon sang, qu'est-ce que je me sens vide… »
Harry resserra ses bras autour de lui.
« Ne t'inquiète pas, ça va passer, dit-il. Avec le temps… »
Il resta un instant silencieux, regardant sa chambre. Il finit par se lever et, tirant Draco par le bras, l'obligea à faire de même. Il le conduisit jusqu'au lit où il l'obligea à se coucher.
« Reste ici et repose toi, dit-il, passant une main sur son front. Ce genre d'épreuve fatigue énormément et tu as besoin de dormir… Tu avais déjà d'énormes cernes tout à l'heure, je n'ose pas imaginer maintenant que tu n'as plus ta magie… »
Draco se laissa faire sans discuter. Que pouvait-il dire, de toute façon ? Sauf peut-être…
« Je suis désolé…
– Je sais, répondit Harry, tout en passant une main sur son front. Tais-toi et dors…
– Mais je…
– Je sais… Dors ! »
Draco lui fit un léger sourire et ferma les yeux. Harry poussa un long soupir. Qu'allaient-ils pouvoir faire, maintenant ? Tous les deux sans magie, si ce n'est un petit fond que leur avait laissé la gardienne… Et si la juge l'apprenait ?
En tant que juge, Draco ne peut pas rester longtemps éloigné… Alors… Que va-t-il se passer ?
Le bruit de la porte d'entrée l'étonna. Puis il se souvint que Severus et Neville avaient emmené Rose pour une balade. Sortant de la chambre dont il referma vivement la porte, il leur fit signe de ne pas faire de bruit.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le professeur de potion, étonné.
– Draco dort, expliqua Harry. Il n'a plus sa magie lui non plus. »
Les deux adultes semblèrent stupéfaits et Harry soupira. Il allait encore devoir tout expliquer et il ne savait pas comment le faire. Lui-même ne comprenait pas tout. Il s'installa dans le divan et se mit au travail. Assise près de lui, Rose ne semblait rien comprendre et elle n'était pas la seule. Severus et Neville non plus.
« Mais quand votre premier lien a été fait, vous n'étiez pas au même niveau ? Alors ça n'a pas de sens, dit Neville.
– Je sais, répondit Harry. Cependant, je fais confiance à la gardienne. Si elle le dit, c'est que c'est vrai…
– C'est tellement vous, ça, constata Severus, moqueur.
– Je n'ai pas envie de rire, râla Harry. Et j'aurais besoin que vous me rendiez un service… Pourriez-vous garder Rose un petit moment ? Je crois que Draco et moi avons besoin de nous retrouver un peu… Et… enfin… Si nous devons refaire le lien…
– C'est d'accord, interrompit Severus. Pas besoin de tout expliquer, nous la prendrons… »
La fillette tira sur le t-shirt de Harry.
« Mais… Pourquoi je ne peux pas rester ? »
Harry souffla. Comment expliquer à une enfant que ce qui allait se passer entre Draco et lui dans cet appartement n'était pas le genre de chose auxquelles elle devait assister à son âge ?
« C'est… quelque chose que nous devons faire seuls, dit-il. Il ne faut pas que nous soyons distraits, car ça demande beaucoup de concentration, tu comprends ?
– Pas très bien, répondit Rose. Mais si c'est important, alors j'irais avec eux…
– Cache ta joie », siffla Severus.
Neville éclata de rire et Harry pouffa.
« Nous allons partir, alors, dit le botaniste. Plus vite vous commencerez, plus vite vous les retrouverez. Votre magie… Tout comme votre complicité. »
Harry sourit à son ami.
« J'espère bien, dit-il. Rose… Tu vas chercher quelques affaires dans ta chambre ?
– Voui », dit l'enfant, courant dans la pièce verte.
Harry poussa un long soupir.
« On remonte le temps, Potter ? demanda Severus, amusé.
– J'en ai l'impression, dit-il. Même si la situation est différente… J'ai vraiment l'impression de remonter le temps… »
L'homme approuva de la tête alors que Rose revenait avec un petit sac.
« Elle aime bien qu'on la coiffe, le matin, dit soudainement Harry à Neville. Tu t'en chargeras ?
– Ne t'inquiète pas, répondit Neville. Nous prendrons soin d'elle. »
Harry hocha de la tête.
« Merci », dit-il.
Neville hocha de la tête en réponse alors qu'il prenait le sac de Rose. La petite fille s'approcha de Harry pour enrouler ses bras autour de son cou.
« À bientôt, alors, Harry…
– À bientôt, Princesse, répondit-il. Sois sage avec eux… Severus n'aime pas trop les bêtises… »
En réponse, le professeur de potions siffla, ce qui fit rire les deux autres adultes. Harry eut du mal à les regarder partir, plus parce qu'il avait l'impression de se débarrasser de Rose qu'autre chose. Pourtant, lorsque la porte se referma, une partie de lui fut heureuse. Il avait Draco pour lui tout seul pendant un temps encore indéterminé…
oOooOooOo
Quand Draco ouvrit les yeux, bien des heures plus tard, la première chose qu'il entendit fut le sifflement de Harry dans la pièce d'à côté. Visiblement, son époux devait cuisiner, car il entendait aussi le bruit habituel qui régnait dans la pièce préféré de Harry. La seconde chose qu'il remarqua fut qu'il tremblait encore. Il avait l'impression que tout son corps se lamentait. Cette perte était si grande… Et si terrifiante. Et s'il ne la récupérait jamais ? Pourrait-il le supporter ?
Il sortit de ses pensées en entendant quelque chose tomber. Sortant du lit, il remarqua que sa jolie robe de cour était froissée et s'en débarrassa pour finir en pantalon et chemise noire. Sortant de la chambre, il resta un instant immobile alors qu'il regardait Harry virevolter dans la cuisine. Comment avait-il pu rester loin de lui si longtemps ? Tout ça pour un peu de pouvoir ? Harry n'était-il pas… cent fois mieux que le pouvoir ?
C'est lui, en fait, mon pouvoir…
Draco eut un léger sourire et s'approcha. Comme autrefois, il s'assit sur un tabouret devant le comptoir et le regarda qui cuisinait. Harry l'avait remarqué, mais comme autrefois, il ne dit rien. À la place, il sourit et continua son activité. Draco le regarda remuer le contenu de la poêle et de la casserole comme si c'était la chose la plus naturelle du monde… Lui était en fait impressionné… Il faut dire que les seules fois où il avait tenté de faire la cuisine avait vraiment été catastrophique. Un sourire amusé orna ses lèvres.
« À quoi penses-tu donc ? demanda Harry, tout en continuant de surveiller la cuisson.
– À mes expériences culinaires, répondit Draco, tout en se levant pour aller prendre deux assiettes qu'il posa sur le comptoir et les couverts allant avec. Tu sembles trouver ce que tu fais si simple… Alors que moi, dès que je touche à un ustensile de cuisine, j'échoue lamentablement…
– Toi c'est les potions, moi c'est la cuisine, répliqua Harry. Il faut bien équilibrer les choses… »
Draco sourit en l'entendant parler. Il le regarda placer les aliments dans leurs deux assiettes et couper le gaz de la cuisinière. Puis il vint s'installer à côté de lui et ils mangèrent dans un silence presque agréable. Il l'aurait été totalement si la tension n'avait pas été présente. Certaines blessures mettent du temps à se soigner.
Quand ils eurent terminé, ils firent la vaisselle ensemble. Harry lavait et Draco essuyait et rangeait. Au fil de leurs activités, ils commencèrent à se détendre totalement et finirent installer dans le canapé.
« Combien de temps peux-tu rester loin du tribunal ? demanda finalement Harry, tout en fixant la télévision.
– Trois jours, dit Draco, souriant.
– Quelle ironie, murmura Harry. Nous avons donc trois jours… »
Draco hocha de la tête. Trois jours… Comme lorsqu'ils avaient dû se séparer, deux ans auparavant, avant d'aller affronter Lucius.
« Je pense que nous avons un problème avec les délais de temps, dit Draco. Sans quoi, il ne nous resterait pas toujours plus que trois jours… »
Harry ne put s'empêcher d'en rire. C'était vrai, ils devaient avoir un problème avec ça…
« Je suis désolé, dit encore Draco.
– Je sais, répondit Harry. Je sais… Je sais pourquoi tu as agi tel que tu l'as fait. Je sais pourquoi tu t'es éloigné, pourquoi tu étais aussi en colère. Je sais aussi que tu ne pensais pas tout ce que tu as dit… Ce que je ne sais pas, c'est si tu vas recommencer ou pas…
– Jamais, gronda Draco. Jamais, Harry… Je… Je ne ferais plus cette erreur. Je l'ai déjà fait deux fois…
– Jamais deux sans trois…
– Fais-moi confiance, cette fois, cette expression ne sera pas vraie. Je ne te ferais pas de mal…
– Je sais… Je sais tout ça. J'ai confiance en toi. Je suis juste un peu meurtri dans mon amour propre… Et je me sens fatigué, aussi… »
Draco poussa un soupir et tourna la tête vers lui. Il le regarda et, de sa main tremblante, caressa sa joue. Il laissa sa main descendre dans son cou puis le long de son torse pour enfin rejoindre son ventre.
« Pardon, Tristan, dit-il. A toi aussi, je demande pardon… »
Il ne se passa rien. Mais Harry savait que si le dôme n'était pas réapparu, c'était que Tristan n'était pas en colère.
« Ne t'inquiète pas, dit Harry, tout en le regardant. Il ne t'en veut pas… Et moi non plus…
-Comment est-ce possible ? demanda Draco. Comment peux-tu me pardonner ça ?
-Ne t'ai-je pas épousé pour le meilleur comme pour le pire ? »
Draco le regarda un long moment, surpris. Il finit par sourire et se pencha sur lui pour embrasser son front.
« Alors fais-moi confiance, Harry… Je te jure de ne plus te donner que le meilleur de moi, aussi longtemps que je vivrais…
-Tu as intérêt à la tenir, cette promesse, marmonna le brun. Tu as intérêt, crois-moi ! »
Draco répondit par un sourire. Au fond de lui, pourtant, il se jura qu'il préférait mourir plutôt que de lui faire du mal une fois encore.
Levant la tête vers Draco, Harry lui fit un sourire.
« Ce ne sera pas pour ce soir, je crois, dit-il. Tu trembles si fort…
-C'est normal, répondit Draco. J'ai encore un peu de mal à supporter le vide en moi…
-Je sais… Moi aussi. »
Le blond le regarda en souriant. Il se leva et le prit par la main pour le tirer vers la chambre. Avant d'y entrer, pourtant, il alla verrouiller la porte et éteignit toutes les lampes ainsi que la télévision.
« Je ne sais pas si nous allons récupérer nos magies ce soir, dit-il, tout en rejoignant Harry. Mais ce soir, en tout cas, je veux te faire l'amour… Il n'y a que quand je suis dans tes bras, que je me sens complet… »
Harry le regarda un instant, étonné. Puis il secoua la tête en souriant.
« Tellement romantique, comme phrase, Draco, dit-il. Devrais-je la faire publier dans la Gazette, histoire de prouver au monde entier que le monstre est en fait un agneau ? »
Le blond rit tout en le poussant sur le lit.
« Seulement si tu veux que les loups partent à ma recherche… »
Harry sourit à son tour avant de l'attirer contre lui.
« Comme c'est étrange, dit-il. Pourquoi sommes-nous en train de refaire un lien que nous avons fait lorsque nous étions ici, il y a de cela deux ans ?
-Parce que je suis un idiot, répondit Draco. Et… parce que c'est ici que ça doit être fait… »
Harry se contenta de l'embrasser. Tous les deux fermèrent les yeux, savourant ce simple contact. Leurs corps tremblaient déjà si fort… Ils ne savaient même plus si c'était à cause du manque de magie ou autre chose. Ils s'en fichaient.
Draco se sépara un instant de Harry pour commencer à lui enlever ses vêtements et l'autre se laissa faire, en silence, sans rien dire. Ils souriaient tous les deux, confiants. Récupéraient-ils leur magie ce jour là ? Peu importait, au fond, tant qu'ils se récupéraient…
« Nous n'avons jamais été séparé, en vérité, murmura Draco, devinant les pensées de Harry. Nous avons toujours été uni… Si ce n'est par ce lien d'amour… au moins par nos deux cœurs et par les liens du mariage… »
Harry sourit. C'était vrai… Draco ne l'avait jamais vraiment abandonné. Ils ne s'étaient pas vu depuis longtemps, mais ils n'avaient jamais été si seuls, en vérité. Même loin, ils seraient toujours ensemble…
Harry renversa la tête en arrière alors que Draco commençait à embrasser son cou. Il le sentit qui le caressait, le léchait, le mordait et le déshabillait. Il sentait aussi la peau de Draco contre la sienne. Il se sentait bouger, gémir, soupirer. Il se sentait brûler de plaisir sous les mouvements du corps de Draco… Et pourtant, il était si loin… Quelque part, tout au fond de lui-même. Il se tenait au bord d'un pont détruit. Et de l'autre côté, il y avait Draco qui le regardait. Ils attendaient…
Et au même rythme des mouvements de leurs hanches, des pierres apparurent. L'une après l'autres, elles se posèrent devant eux. Et à chaque pierre, ils avançaient, se rapprochant du centre du pont. À chaque pierre, ils gémissaient plus fort. Le mouvement s'accéléra. Le pont était presque complet lorsque deux énormes soleils les envahirent. Un soleil rouge et un autre argenté. Ils n'y firent même pas attention. À la place, ils coururent l'un vers l'autre et s'étreignirent, poussant un cri d'extase et déclenchant un véritable feu d'artifice de magie.
Étendus sur leur lit, couverts de sueur, ils ne remarquaient rien. Ils savaient juste que leur lien était de nouveau présent et qu'ils n'étaient et ne seraient jamais plus seuls. Le désir les surprit de nouveau et ils recommencèrent à bouger. Encore et encore. Leurs mains se cherchaient et leurs bouches s'embrassaient avec force. Un mois sans se toucher ni se voir…
Plus jamais !, pensèrent-ils.
oOooOooOo
Le soleil était levé depuis longtemps déjà. Draco regardait Harry dormir, un sourire aux lèvres. Il ne l'avait jamais trouvé plus beau qu'à cet instant. Et il ne s'était jamais sentit aussi bien. Il sentait cette magie qui circulait en lui. Il sentait aussi cet amour si fort… Et surtout, il ne s'inquiétait plus. La juge pouvait bien faire ce qu'elle voulait… Rien ne l'empêcherait de rester auprès de cet homme, pas même la mort. Un léger sourire joua sur le visage de Harry et il ouvrit les yeux.
« Tant de détermination, dit-il, la voix rauque. C'est à quel sujet ? »
Draco eut un léger sourire et se pencha sur lui pour l'embrasser. Il ne pourrait jamais plus résister à ce visage et encore moins à ces yeux brillants. Comment avait-il fait, d'ailleurs ? Il laissa sa bouche partir à la découverte de la peau de son amant. Car il était son amant avant toutes choses.
« Draco, gémit Harry, ses jambes entourant déjà la taille du blond. Nous venons tout juste de nous réveiller… Ne crois-tu pas que nous devrions… attendre… un peu ?
– Attendre quoi ? demanda l'autre. Je ne peux pas attendre quoi que ce soit… Je veux juste t'aimer… »
Harry eut un sourire et il gémit de plus belle. Il adorait lorsque Draco était si motivé. Les yeux mi-clos, il savoura cette bouche qui descendait le long de son torse, s'attardait sur son ventre et son nombril avant d'aller engloutir son sexe tout entier. Il poussa un gémissement, fermant totalement les yeux. Il sentit quelque chose crépiter autour de lui, mais il s'en fichait. Il n'y avait que cette bouche et cette langue délicieuse. Et ces doigts qui entraient en lui, allant et venant.
« Draco, je t'en prie, murmura-t-il. Ne me fais pas attendre… »
Le blond ne répondit pas. À la place, il entreprit de simplement lui donner de petits coups de langue, ce qui fit crier Harry d'impatience. Riant, Draco finit par revenir sur lui, Harry entourant aussitôt sa taille de ses jambes.
« S'il te plait, dit-il, les joues rougies et le souffle déjà court.
– Tu es vraiment magnifique, quand tu me désires, murmura Draco, allant sucer la peau de son cou. Mais tu ne seras jamais aussi beau que lorsque tu jouis… »
Doucement, Draco commença alors à entrer en lui, lui arrachant un cri de satisfaction. Les mouvements furent lents, au début. Mais bien vite, Draco ne put résister à l'envie de se mouvoir plus vite et plus fort en son amant. Il adorait ça… Il adorait vraiment s'enfouir ainsi en lui, d'abord lentement, puis de plus en plus vite. Il adorait voir Harry perdre tout contrôle. Voir ses joues devenir rouges, ses dents mordrent ses lèvres, ses mains serrer soit son corps, soit les draps… Et ses larmes de plaisir qui perlaient au bord de ses yeux… Il ne pouvait plus s'en passer. Il ne pourrait jamais s'arrêté.
À quelques secondes près, il devina qu'Harry allait jouir. C'était facile de le deviner. Son amant semblait ne plus rien contrôler, il levait ses hanches vers lui presque frénétiquement et tout son corps tremblait. Le brun finit par pousser un cri plus fort que les autres et écarquilla les yeux, offrant ainsi à Draco la vue de sa perte de conscience totale. Et ce dernier ne put y résister. Dans un grondement, il jouit à son tour, heureux. Il eut tout juste le temps de se décaler un peu avant de s'effondrer dans leur lit, le souffle court.
« Je voudrais commencer chaque matin ainsi, murmura Harry, à côté de lui.
– Vendu ! » s'exclama Draco, riant.
Harry eut un large sourire en l'entendant.
« Je suis heureux, maintenant, dit-il, les yeux fermés.
– Alors tout va bien, répondit Draco, plaçant ses bras derrière sa tête.
– Pas si bien, dit brusquement son amant. J'ai… démoli la cuisine de Godric's Hollow…
– Ah ? demanda le blond. Quand j'y suis allé, je l'ai vue exactement comme d'habitude…
– Vraiment ? s'exclama Harry. Alors cela veut dire que Dobby l'a réparée !
– Tu crois ? demanda Draco. Tant mieux… J'aime te voir évoluer dans cette cuisine… Tu as l'air si libéré, quand tu cuisines… »
Harry l'écouta et sourit.
« Je le suis, dit-il. Je devrais peut-être ouvrir un restaurant… Je ferais la cuisine, mais tout le temps, sinon, ça finirait par me lasser… mais j'aurais mes propres cuisiniers à mon service… Et toi, tu viendrais jouer les serveurs. Ça te tenterait ?
– Pourquoi pas ? demanda Draco, tout en se tournant vers lui. Mais il faudra faire ça après tes livres…
– Et après ton travail de juge… »
Le silence accueillit cette dernière phrase.
« Je ne veux pas le rester, murmura Draco. Je ferais ce qu'on attend de moi jusqu'à la réforme, ensuite, j'arrêterais. Je ne veux pas d'une vie où je dois courir après le temps pour voir ceux que j'aime. Je veux d'une vie où je dois courir après le temps pour ne pas les voir ! »
Harry éclata de rire.
« Cela veut-il dire que tu espères te lasser de nous ? demanda-t-il, tout en se tournant vers lui.
– Tu peux toujours courir ! répliqua Draco en le serrant contre lui. Rien ne me lassera de vous…
– Nous ? demanda Harry.
– Vous, répéta Draco. Tristan, Rose et toi… »
Un large sourire apparut sur le visage de Harry. Il se blottit plus contre Draco, l'air joyeux.
« Je me sens tellement bien, dit-il, les yeux fermés.
– Moi aussi », répondit Draco.
Ils restèrent un instant immobile puis, en même temps, ouvrirent les yeux brusquement. Ils s'écartèrent l'un de l'autre pour se fixer, stupéfait.
« Est-ce que… ?
– Déjà ? »
En même temps, ils levèrent une main hésitante et, brusquement, firent apparaître dans leur paume une petite boule de magie. Le même sourire épanoui apparut sur leur visage.
« Super ! s'écria Harry, refermant la main sur sa propre sphère. C'est revenu !
– Tu en doutais ? demanda Draco. J'étais sûr que c'était revenu… Avec hier, sur le pont… »
Harry sursauta.
« Je croyais que c'était un rêve, avoua-t-il en se recouchant.
– Pas moi, dit Draco. J'étais si heureux que ça ne pouvait être que vrai… »
Harry éclata de rire.
« Tu es si tendre, tout à coup, dit-il.
– Tu n'aimes pas ? demanda le blond, se penchant sur lui.
– J'adore, répondit Harry en le renversant sur le lit pour ensuite s'asseoir sur lui. Mais… J'aimerais autre chose que de la tendresse… »
Il se pencha sur lui pour l'embrasser et Draco eut un large sourire.
« Je te donnerais tout ce que tu veux, dit-il, faisant voyager ses mains sur son corps. Surtout si ce que tu veux me permet d'être aussi heureux que tout à l'heure. »
oOooOooOo
Bien qu'ils aient trois jours devant eux, ils décidèrent de rentrer plus tôt chez eux. D'abord parce que Rose leur manquait, ensuite parce qu'ils voulaient profiter de leur maison. Malgré ce changement de programme, ils avaient tiré profit du temps qu'ils avaient partagé seuls pour 'faire des choses interdites en présence d'une enfant', comme le disait Draco. Et il fallait admettre que Harry n'avait pas été à la traîne, au grand contentement de son époux.
Pourtant, quand ils transplanèrent chez eux après avoir rendu les clefs de l'appartement, ils furent surpris d'être accueilli par Louis qui sonnait à leur porte. Lorsqu'ils lui ouvrirent, ils furent choqué de le voir en pleurs. Trop rapidement déjà, leurs sourires s'effacèrent pour laisser place à l'inquiétude. D'un regard, ils décidèrent de l'emmener à l'intérieur avant de lui poser une quelconque question. Assis devant leur cheminée, Louis semblait occupé à pleurer toutes les larmes de son corps.
« Louis ? appela Harry tout en s'asseyant près de lui. Louis qu'est-ce qui se… ? »
Il ne put continuer plus. Son jeune ami venait tout simplement de s'effondrer dans ses bras. Lançant un regard inquiet à Draco, Harry fut surpris de le voir furieux.
« Draco ? demanda-t-il. Tu sais ce qu'il se passe ?
– Je le crains », répondit-il.
Harry fronça les sourcils mais ne posa pas plus de questions. À la place, il entreprit de bercer son ami qui continuait de sangloter. Il n'avait jamais imaginé voir Louis malheureux un jour. Lui qui semblait toujours si rayonnant…
« Louis ? dit-il, tout en caressant ses cheveux. Qu'est-ce qui ne va pas ? Dis-moi… »
L'acteur renifla contre lui. Il s'en écarta avec difficulté pour passer une main sur son visage ruisselant de larmes.
« Je suis désolé, dit-il. Je ne savais pas où aller… Je ne voulais pas rentrer chez ma mère pour qu'elle me voit comme ça et je n'ai pas d'autres amis que vous alors…
– Tu n'as pas à t'excuser, dit Draco, tout en venant avec une couverture qu'il posa sur ses épaules. Tu es le bienvenu ici. »
Louis renifla encore tout en serrant le tissu autour de ses épaules.
« Que se passe-t-il, Louis ? demanda Harry. Dis-nous, je t'en prie, je suis mort de peur… »
Le jeune homme déglutit, passant une main dans ses longs cheveux alors en bataille. Il semblait si malheureux que Harry prit peur. Il se rappela soudainement que, depuis quelques temps, Louis semblait soucieux.
« Je… J'ai découvert… Blaise, dit-il, les yeux fermés si étroitement qu'il devait en avoir mal. Blaise et Angus… Ensemble. Dans le bureau… »
Harry sentit sa gorge se serrer. Ce n'était pas possible ! Pas ça ! Blaise et Angus ne pouvaient pas avoir fait ça à Sept qui était enceinte… Et à Louis qui était si innocent…
« Ce n'est pas vrai, dit-il, la colère l'envahissant de nouveau. Non, ce n'est pas… »
Mais quand il croisa le regard furieux de Draco, il comprit que si.
« Et toi, tu le savais ? » s'écria-t-il.
Louis ouvrit les yeux pour regarder Draco, l'air suppliant.
« Je le savais, dit le blond, regardant son ancien collègue. Je leur avais dit de cesser… Qu'ils jouaient à un jeu dangereux et qu'ils le paieraient cher s'ils continuaient… Je pensais qu'ils avaient cessé. En fait, je pensais qu'ils ne s'étaient pas aventurés si loin… »
Harry secoua la tête.
« Aventuré ? dit-il. Tu parles de ça comme si c'était une mission dans la jungle ! Draco ! Pourquoi tu ne nous l'as pas dit ?
– Pour voir Louis dans cet état ? Pour briser le cœur de Sept ? dit-il. Je pensais qu'ils allaient se reprendre. Blaise l'aime sincèrement, je n'en doute pas. Mais il est tellement stupide qu'il n'a même pas dû le remarquer. Enfin… maintenant, je suppose qu'il l'a compris… »
Il sourit d'un air ironique, plein de déraison. Blaise… Lui qui se croyait si lucide n'était même pas capable de comprendre son propre cœur !
« S'il l'aimait sincèrement, il ne lui aurait pas fait ça ! s'écria Harry. Je vais le tuer ! »
Et avant que Draco et Louis aient eu le temps de le retenir, il transplana. Resté seul avec Louis, Draco soupira. Il ne voulait pas arrêter Harry. Il savait qu'il le devait. Que sa colère ne pouvait être que néfaste, mais il ne le voulait pas. Blaise l'avait mérité.
« Louis, murmura-t-il en s'approchant du jeune homme. Je vais aller chercher Harry avant qu'il ne tue Blaise. Ensuite, nous te conduirons à l'étage où tu dormiras. Et demain, nous en parlerons, d'accord ? »
Le jeune homme acquiesça et Draco l'attira à lui pour déposer un baiser sur son front. Il n'imaginait pas un instant voir ce jeune homme si souriant finir en larmes… Sentant l'immense fureur de Harry de par le lien, il finit par le lâcher et transplana directement au théâtre. Il maudit Blaise qui avait posé une sécurité sur son bureau et courut jusqu'à celui-ci. Ce qu'il vit lui brisa tout autant le cœur. Comme il l'avait prévu, Harry lui faisait passé un sale quart d'heure. Il malmenait Blaise comme une vulgaire poupée de chiffon. Ce n'était pas vraiment ce qui était difficile à regarder. Le plus dure venait de Blaise en lui-même. Il l'avait déjà vu souvent malheureux. Notamment lorsque Angus l'avait laissé pour Sept. Mais jamais il n'avait vu Blaise anéanti.
Débraillé, le jeune homme n'essayait même pas de se défendre contre Harry. Au contraire, il semblait se réjouir des coups qu'il recevait.
Il expie ses fautes dans la douleur… Comme moi je l'ai fait en demandant à la gardienne de m'enlever ma magie…
Soupirant, Draco finit par s'approcher de Harry qu'il arrêta en le ceinturant par la taille. Bien entendu, le brun se débattit, mais il se calma aussitôt lorsque Draco parla.
« Arrête, Harry… Tu ne peux pas lui faire plus de mal qu'il ne s'en est fait à lui-même… »
Harry baissa les yeux sur Blaise. À genoux au sol, les épaules affaissées, il levait vers eux un regard si vide et désespéré. Mais il y avait aussi un avertissement. Blaise ne voulait pas de compassion. Il voulait de la douleur. Il voulait être puni. Alors il détourna la tête.
« Je rentre, » dit-il, se détournant.
Il traversa le bureau et le pop du transplanage se fit entendre. Restez seul avec Blaise, Draco soupira, se passant une main dans les cheveux. .
« Je t'avais dit de ne pas jouer avec le feu », murmura-t-il.
Il aurait voulu dire d'autres choses encore. Qu'il devait venir à Godric's Hollow, parler avec Louis, essayer d'arranger les choses. Mais Blaise ne le ferait pas, il le savait. Il savait que la honte et la culpabilité l'en empêcheraient. Aussi finit-il par se détourner. Il s'arrêta pourtant sur le seuil du bureau pour parler une dernière fois à cet homme qui était malgré tout son ami.
« Attends un peu avant de venir à la maison… Harry pourrait te tuer et si ce n'est pas lui, alors ce sera moi. »
Et il sortit, le laissant seul. De toute façon, il ne pouvait rien y faire.
oOooOooOo
Lorsqu'il rentra chez lui, il trouva le salon vide. Il n'eut pas à chercher bien loin pour retrouver Harry et Louis. Ils étaient dans la salle de bain où le brun avait fait couler un bain dans lequel reposait l'acteur au visage ravagé par la peine. Jamais il n'avait vu autant d'innocence être détruit si violemment et pourtant, il avait déjà vu beaucoup de choses, en tant qu'ancien Mangemort. Il s'approcha de la baignoire et s'assit par terre. Harry était occupé à laver les cheveux de Louis qui se contentait de sangloter.
« Tu peux vivre avec nous, si tu veux, dit-il, jetant un coup d'œil à Harry. Tu sais que tu seras toujours le bienvenu, ici…
-Non, murmura Louis. Je ne peux pas… Je… Je ne saurais pas… Il y a… des souvenirs… »
Harry regarda Draco, se mordant la lèvre. Il sembla soudainement s'éclairer.
« Et en Amérique, tu te sentirais bien ? »
Louis tourna deux yeux rouges vers lui.
« Amérique ? dit-il.
– J'ai un appartement à Darens, dit-il. C'est une ville dans le Nord… Il est vide… Nous ne nous en servons pratiquement jamais. Si tu veux, je te le prête. Tu as besoin de prendre un peu de distance et… cet endroit m'a beaucoup aidé, à une époque…
– Amérique ? répéta Louis. Mais… Qu'y ferais-je ?
– Du théâtre, répondit Draco. Il doit bien y avoir une compagnie de théâtre, non ? »
Harry sembla y réfléchir.
« Je crois, dit-il. Je n'en ai jamais fait, mais oui, il doit y avoir… Et tu y serais sûrement bien accueilli. Après tout, l'Amérique, c'est le pays du cinéma, non ? »
Louis sembla y réfléchir. En tout cas, il ne dit rien pendant un long moment et Harry entreprit de lui rincer les cheveux. L'acteur se laissa faire puis les regarda.
« Et ma famille ? dit-il. Ils n'ont pas de revenu… ils ont besoin de moi…
– Je m'en occuperais, répondit Harry. De toute façon, j'ai du temps libre avec Draco qui est juge… Et puis je serais ravi de t'aider… Tu n'as pas à t'inquiéter. »
Louis hocha de la tête. Des larmes coulaient encore régulièrement sur son beau visage, mais il paraissait plus calme.
« On te rendra visite, dit Draco. Tu ne seras pas seul… Et si nous ne pouvons pas venir, nous t'écrirons régulièrement pour te donner des nouvelles de ta famille. »
Le jeune homme hocha de la tête. Il semblait incapable de comprendre ce qu'on lui disait.
« On s'occupe de tout, continua Harry. Surtout, ne t'inquiète pas… On s'occupe de tout. »
oOooOooOo
Évasion d'Azkaban !
Après l'évasion de Sirius Black, la majorité de la communauté sorcière pensait que la sécurité d'Azkaban avait été renforcée. Malheureusement, le retrait des détraqueurs et la mise en place de gardiens n'ont pas aidé à maintenir cette haute sécurité.
C'est du moins ce qu'à déclarer le ministre de la Magie ce matin, à l'annonce de l'évasion du tristement célèbre Lucius Malfoy, père de notre génie judiciaire Draco Malfoy. Ce dernier étant en vacances avec son époux dans un lieu secret, aucun commentaire ne nous est encore parvenu de sa part…
A suivre…
Bonus
Chaque matin depuis la fin de l'année scolaire, il avait droit au même réveil. C'était des mains qui caressaient inlassablement son corps, des lèvres qui cueillaient les siennes et des grondements de satisfaction qu'il parvenait à lui arracher par ses gestes encore maladroits. Pourtant, ce matin-là, Neville ouvrit un œil sans avoir reçu ses caresses habituelles, ce qui le dérangeait beaucoup.
Jetant un coup d'œil aux alentours, il leva les yeux au ciel : la chambre était visiblement vide et donc, il n'y aurait pas droit ce matin-là ! Baste, il les réclamerait plus tard à Severus… Se levant, il se dirigea vers la salle de bain où il prit une douche rapide, une petite moue boudeuse aux lèvres. Il enfila les vêtements qu'il avait préparés la veille après s'être séché et descendit enfin au rez-de-chaussée.
Quand il arriva dans la cuisine, un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Personne ne croirait jamais ça s'il venait à le raconter. Pourtant, c'était vrai. Severus Rogue avait bel et bien une petite fille adorable sur ses genoux et il était bel et bien occupé à lui coiffer les cheveux avec une douceur presque terrifiante pour quiconque connaissait cet homme.
« Je vois qu'on ne s'ennuie pas, sans moi », se moqua Neville.
Il eut le plaisir de voir un Severus embarrassé d'être pris en flagrant délit de pouponnage.
« Tu es levé ! dit Severus. Parfait ! Tu vas pouvoir te charger de ça à ma place ! »
Il voulut chasser Rose de ses genoux, mais la petite fille s'accrocha à lui.
« Mais je veux que ce soit toi ! dit-elle. J'aime bien quand tu le fais ! »
Neville dut se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire.
« Tu entends, Severus ? demanda-t-il, tout en s'installant à sa place et en se servant une tasse de café. Elle veut que ce soit toi… Tu ne voudrais pas la décevoir, n'est-ce pas ? »
En réponse, son presque amant grogna, faisant rire Neville.
« Je vais vraiment finir par expliquer aux deux lapins qui te servent de tuteur que je ne suis pas un gardien d'animaux ou d'enfants ! Sans quoi, quelque chose me dit que c'est Moi qui vais élever Tristan !
– Que Merlin nous en préserve, se moqua Neville.
– Et que dois-je conclure de cela ? demanda Severus, le fusillant du regard.
-Que j'espère que tu seras alors trop occupé avec nos propres enfants pour t'occuper de ceux des autres… »
Un long silence accueillit cette réflexion. Un peu inquiet, Neville se força pourtant à croiser un regard qu'il qualifia en lui-même de 'bouillant'.
« Je te rappelle que pour avoir des enfants, il faut les concevoir, dit-il.
– Draco dit que pour les sorciers, ce n'est pas un problème ! intervint Rose, contente de savoir quelque chose.
– Certes, dit Severus, tout en lançant un regard fort peu innocent à Neville. Mais pour cela, il faut que les sorciers entretiennent certains rapports que tu n'apprendras que bien des années plus tard ! »
Rouge pivoine, Neville détourna la tête.
« Peut-on parler d'autre chose ? dit-il, mal à l'aise. C'est une petite fille…
– J'en conviens, répondit Severus. Mais n'amène pas ce sujet si tu ne veux pas être gêné, Neville… Ne t'ai-je pas fait clairement comprendre, depuis le début des vacances scolaires, que tu ne passerais pas l'été sans avoir testé… »
Neville rougit plus encore.
« Si, dit-il. Je sais…
– Août touche à sa fin, continua le professeur, imperturbable. Lorsque Rose sera loin d'ici, je compte bien faire ce que Harry et Draco sont probablement en train de…
– J'ai compris, interrompit Neville, buvant son café.
– Tu l'as compris, mais l'acceptes-tu ? »
Neville souffla un instant. Il finit pourtant par relever la tête et sourit à Severus.
« Si je ne l'acceptais pas, je n'aurais pas accueilli tes démonstrations matinales avec autant de satisfaction, dit-il. C'est quand tu veux pour aller plus loin, Severus… »
Et il lui fit un sourire moqueur.
« Il y a une enfant ici, dit-il, achevant une bonne fois pour toute son presque amant définitivement échauffé.
– Je sais, grinça Severus. Je vais éviscérer ces deux lapins… »
Neville ne fit que rire en réponse.
Maintenant qu'il s'était vengé pour ne pas avoir eu son réveil habituel, il pouvait déjeuner !
FIN.
Et voilà le dernier chapitre que j'avais fait d'avance… mais comme je suis maintenant en vacances (je viens de finir les exams), je vais pouvoir écrire la suite.
Je profite de cette petite note pour vous faire une réponse générale, comme d'hab.
RGR :
Pourquoi cette méfiance vis-à-vis de la gardienne ? Giselle n'est pas si méchante, voyons…
Je suis contente de constater que mon chapitre 24 a généralement fait l'effet que je voulais… loll
Et oui, Draco n'est pas un ange, il faut vous faire une raison… Il n'est gentil que pour Harry… Ou il est shooté au pouvoir, au choix !
Vous ne pouvez pas m'en vouloir de mon retard… De toute façon, même si c'était le cas, les chapitres sont entre mes mains, donc, vous pouvez rien y faire (rire sadique). Allez, va… Arrêtez de me fusiller du regard ! … vous me faites peur, en plus !
Euuuh oui, j'ai oublié de préciser, mais vi, Louis a été libéré ! A moins que je ne l'ai précisé mais de manière trop floue… Bah, peu importe, il a été libéré !
Enfin, voilà…Je vous remercie pour vos compliments, votre patience et votre présence qui me ravit toujours autant. Je vous dis à dans un mois normalement…
Bisous à tous !
