Les jours passèrent jusqu'à arriver à ce qui semblait être un moment important pour Jessica. En effet, mon amie devait donner une représentation dans un festival de musique annuel auquel elle participait avec les membres de son groupe de musique. Sans vraiment comprendre les enjeux, je l'avais encouragée, savant pertinemment qu'elle pouvait réussir tout ce qu'elle entreprenait , surtout avec cette voix qu'était la sienne. Cependant, je n'aurais jamais imaginé voir mon amie rentrer dans cet état de ce spectacle.

Ce fut le lendemain que je la revis. Moi, Hiroki, mon père et ma tante étions tous réunis dans notre espace habituel afin de repérer le travail éventuel envoyé par notre employeur à mon père. Lorsque la jeune blonde entra, nous sentîmes dès le début que quelque chose en elle ne tournait pas rond, et nous avions raison puisque pour entamer la conversation, elle prit la parole d'une voix gorgée de mélancolie et d'évasion, baissant ses yeux avec gêne.

– La vie….C'est quelque chose quand même, tu ne trouves pas? Entama la blonde.

Nous fûmes tous choqués par ce qu'elle venait de dire. Jessica n'était pas du genre à entamer une conversation par ce genre de méthodes, d'habitude elle aurait balancé un «Salut bande de glands quoi de neuf au pays des lavettes ? » et aurait guetté toute occasion de lancer des piques à Hiroki…Cependant, ce n'était pas le cas aujourd'hui. Mon camarade était choqué par tant de réserve provenant de Jessica. Il reprit la parole, se moquant ouvertement de notre amie la blonde.

– Si j'avais su qu'un jour Jessica allait dire une phrase sans insulte….Je suis surpris. Déclara Hiroki.

– Eh ben dis donc gamine, c'est rare de te voir si peu bruyante. Enchaina alors mon père. Où est passée la blonde arrogante ?

Ignorant les deux hommes, la blonde s'avança vers moi jusqu'à être assez proche pour pouvoir prendre la parole à mon intention.

– Dis Hakaze. Entama mon amie tandis que j'étais toujours choquée par le fait de n'avoir entendu aucune insulte jusqu'alors. Je peux te parler sans que ces deux abrutis finis viennent nous interrompre ? Je dois te demander quelque chose d'important.

– Bien sûr, répondis-je naturellement. Sortons.

– Eh Leocaser, tu ne vas même pas me faire connaître cette fameuse chose !? Après tout ce qu'on a vécu ensemble !? Nous interpella Hiroki.

– Non merci pauvre tâche. Rétorqua sèchement mon amie. L'aide d'un babouin empoté obsédé par l'espoir et son crétin de frère ne me serait pas utile.

Sans se retourner, la jeune fille m'entraîna avec elle jusqu'à l'extérieur de la propriété de mon père. Je ne savais vraiment pas ce qui clochait chez elle aujourd'hui, mais elle avait l'air vraiment tracassée par quelque chose. Suivant mon amie la blonde, nous nous retrouvâmes à marcher ensemble sur le sentier s'étendant à perte de vue, nous enfonçant de plus en plus dans le petit village où habitaient Reisuke et elle. Elle était devant moi, marchant en avant d'un pas lourd sans se retourner, comme si elle cherchait à dire quelque chose de grave. Pour essayer de soulager le poids qu'elle semblait porter sur ses épaules, je tentai de prendre la parole, mais elle se retourna à ce moment donc je me tus.

– Y'a qu'à toi que je peux dire ça donc tu fermes ta gueule si tu tiens à la vie. M'annonça-t-elle alors. J'ai vu des fantômes hier soir, Hakaze.

– Des…Fantômes ? Bafouillais-je , sachant pertinemment que la jeune fille était assez grande pour ne plus croire à ces histoires ridicules. Quels genres de fantômes ?

– Pas le genre que tu crois. Tu crois qu'ils sont morts, tu vis des années sans penser à eux, pis du jour au lendemain t'apprends qu'ils vivent….C'est fou en vrai.

– Jessica…Qu'est-ce que tu dois me d… –

– De la famille à moi habite cette ville. Mon grand père, James Leocaser, habite cette ville. J'ai reçu un courrier anonyme dans ma boîte avec son adresse et ce courrier m'invitait à aller le voir….Parce qu'il n'en aurait plus pour longtemps à vivre.

– Tu….Tu as encore de la famille !? M'exclamais-je , interdite. Je pensais que tu n'avais pas d'attaches ! Il faut vite aller à la rencontre de ton grand père, Jessica !

– Je…Je ne sais pas si je suis en droit d'y aller. Déclara alors mon amie la blonde, baissant son regard pour ne pas affronter le mien. Je ne sais pas si c'est correct.

– Bien sûr que c'est correct ! Tu as encore de la famille, c'est normal d'y aller ! Pourquoi cela ne serait pas normal d'aller voir ses proches !?

Jessica se braqua face à ma question. Détournant le regard, elle se mordit la lèvre, marquant une hésitation qui me surprit vraiment de la part de la blonde. Joignant les bras, elle regardait dans le vide, sûrement perdue dans ses pensées, se tâtant à savoir si il était bon de m'avouer ce qu'elle avait sur le cœur ou non. Elle prit une minute ou deux à se faire son opinion, et lorsqu'elle la fit, elle serra les poings avant d'affronter mon regard avec détermination, pour enfin balancer ces quelques mots qui allaient changer la donne.

– J'ai tué son fils. Déclara-t-elle dans un écho qui résonna dans mes oreilles. Moi, Jessica Leocaser, je suis la meurtrière de Jeffrey Leocaser, mon oncle et donc son fils. Tu comprends pourquoi je ne pense pas avoir le droit d'aller voir mon grand-père ?

Je restai abasourdie par ce que venait de me dire Jessica. Avait-elle vraiment commis un tel acte… ? Etait-elle vraiment une meurtrière ? J'en doutais moi-même, me convaincant même que Jessica n'était pas capable de faire une chose pareille. Pourtant….Après avoir lâché ce morceau, je la sentais plus légère, plus décontractée. Elle ne semblait pas avoir menti concernant cet acte tabou qu'était l'assassinat….Elle l'avait vraiment fait.

Pourtant, je ne voyais pas ma camarade d'un mauvais œil pour autant. Jessica n'était pas du genre à aimer la violence gratuite, elle devait avoir une excellente raison de tuer son oncle….

– A part Tête de gland, Pauvre tâche, et toi, personne ne sait ça. Reprit la blonde, me coupant dans mes pensées. Je suis assez pudique sur ce sujet à vrai dire. Reisuke sait parce que nous avons partagé de choses par le passé , quant à Hiroki….C'est très spécial entre moi et lui, donc c'est naturel qu'il soit au courant, mais garde ça pour toi s'il te plaît.

– Bien sûr que c'est spécial, Hiroki est ton sexfriend. Enchaînais-je alors afin de détendre l'atmosphère.

– Et tu prends ça bien, sans jalousie. Intéressant.Rétorqua la blonde avec ironie, tentant de masquer le sourire que je lui avais arraché dans du sarcasme.

– Bien sûr que je le prends bien puisque je couche avec Reisuke. C'est donner et recevoir au final. Continuai-je en souriant afin d'alimenter l'affrontement amical. Mais du coup, tu ne comptes pas y aller, voir ton grand-père… ?

Revenant à la conversation sérieuse de base, Jessica détourna de nouveau le regard. Fixant les plaines s'étendant à perte de vue, elle y perdit son regard , avant de formuler à mon égard une demande assez singulière et surprenante, surtout venant de Jessica Leocaser, la blonde au caractère bien trempé qui n'hésitait pas à cracher avec rudesse sur ce qui ne lui plaisait pas.

– Tu pourrais pas….J'sais pas….Je me disais que toi et moi on pourrait…..

– Tu veux que je t'accompagne ? Demandai-je simplement afin d'éviter d'avoir à regarder la blonde patauger d'avantage dans sa demande.

– J'ai vraiment l'air si débile que ça….. ? Me répondit mon ami en esquissant un sourire de soulagement. Dis moi quand t'es dispo. C'est cool je te revaudrai ça.

– On peut s'y rendre dès demain alors si tu veux, le plus tôt sera le mieux, non ?

– Ouais, j'aimerais y aller vite aussi si ça te dérange pas.

Nous restâmes elle et moi l'une face à l'autre, développant une complicité que nous n'avions pas eu réellement le temps de construire depuis que Jessica faisait partie de mon entourage. Même si elle était rude, insultante, méprisante et sans pitié dans son allure, elle n'en restait pas moins une personne comme une autre avec ses tourments et ses faiblesses, et surtout avec ses sentiments. Jessica était quelqu'un de fascinant quand on y regardait bien. Du haut de ses 17 ans, elle avait vécu des tas de choses et réagissait comme une adulte, là où moi j'avais eu un comportement totalement puéril en voulant effacer tout ce que mon père avait traversé pour un caprice personnel. Jessica, elle, essayait de faire face à la douleur du quotidien de plein fouet plutôt que de se cacher derrière une sortie de secours qui était une porte menant à un monde bien pire que celui de base. Sans vraiment comprendre, j'étais en train d'apprendre de mon amie la blonde, alors que c'était elle qui sollicitait mon aide.

Nous nous séparâmes au carrefour dont les directions nous menaient chez nous. La blonde prit le chemin vers le foyer où l'attendait Reisuke tandis que je pris celui où j'attendrais Hiroki. D'après mon amie, depuis que son compagnon était rentré chez eux, l'ambiance était assez discutable. Il restait évasif quand elle le questionnait, et elle insistait, créant la dispute. Mais depuis quelques jours, elle avait décidé de baisser les armes, lui déclarant qu'elle lui faisait confiance et que s'il tenait à la vie il n'avait pas intérêt à la briser. Depuis, malgré le changement de camp de Reisuke, les deux protagonistes du couple cohabitaient ensemble dans l'harmonie. Nous nous gardions cependant de révéler le fait que Reisuke étant rentré au foyer à son frère, puisque nous voulions éviter des conflits inutiles.

Nous nous séparâmes donc en nous promettant de nous retrouver du lendemain, et ce fut chose faite après une courte nuit faite de sommeil relaxant et réparateur, comme je n'en avais pas expérimenté depuis bien longtemps alors. Je me rendis chez Jessica, sonnant à sa porte naturellement, mais à ma grande surprise, ce fut Reisuke qui m'ouvrit la porte. Les cheveux en bataille, des traces de fumée sur le visage, il semblait tout juste rentré du travail. N'étant pas étonné de me voir, il prit la parole d'une voix monotone, ne prenant même pas la peine d'ouvrir entièrement ses yeux.

– Ohayo, Hakaze. Dit-il en baillant bruyamment , me montrant ainsi qu'il n'était pas disposé à parler.

– Ce n'est pas toi que je suis venue voir, toutou. Rétorquai-je avec un plaisir non dissimulé, consciente de l'effet de ces paroles sur le jeune homme.

Ce que je dis eut pour effet de lui faire ouvrir les yeux entièrement pour me regarder avec surprise. En effet, Reisuke n'avait pas l'habitude de me voir cotoyer Jessica, nous ne nous connaissions pas encore assez après tout. Voir cela changer avait l'effet d'une bombe sur mon ami.

– O….Ok….Bégaya-t-il. Je vais chercher Jessi – Misère qu'est-ce que – !?

En se retournant, Reisuke fut choqué par ce qu'il vit, ne terminant pas sa phrase tellement la surprise semblait rude avec lui. Amusée par le changement de comportement soudain du jeune homme, je jetai un œil derrière lui, et ce que je vis alors me fit le même effet qu'au petit frère de mon compagnon. Sa petite amie, Jessica, se trouvait dans le vestibule de la maison du couple, habillée d'un élégant haut azur et d'une longue robe bleue nuit. Elle avait soigneusement attaché ses cheveux par un chouchou s'étendant comme une fleur de la même couleur que sa robe, laissant une longue queue souligner sa silhouette tandis qu'elle gardait une frange prononcée sur l'avant. Je n'avais jamais vu Jessica prendre autant soin d'elle, et cela dut se voir directement sur l'expression que je renvoyais à la jeune fille puisqu'elle reprit la parole avec gêne.

– Je…J'ai pensé que me préparer un minimum pour aller le voir serait le respect fondamental….Bégaya-t-elle, gênée par la position dans laquelle elle se trouvait.

– Tu…Tu es parfumée…. !? S'étrangla son compagnon en respirant l'odeur dégagée par la blonde.

– Rasée aussi. Renchérit la principale intéressée sous mon regard amusé.

– Eh ben dis donc, que de surprises depuis hier ! Enchaînais-je, encouragée par les efforts de la jeune femme. Tu es juste jaloux qu'elle ne fasse pas ça pour toi, toutou ~

– Je…Je ne suis pas jaloux…..Bégaya Reisuke en détournant le regard, laissant son visage rougir de honte. Tu…T'es ravissante…Jessica.

– Tu ferais bien de nettoyer ta sale gueule recouverte de fumée et à moitié dans le pâté avant de juger celle des autres, gros tas ! Rétorqua la blonde avec violence.

Se laissant totalement vaincre par l'argumentaire de sa petite amie, Reisuke prit la route de la salle de bain, nous laissant livrées à nous même. Même si j'y étais habituée, je n'en revenais toujours pas du degré de soumission implanté dans Reisuke vis à vis de Jessica.

– Je veux le même. Déclarai-je les étoiles dans les yeux, désignant du doigt ce qu'il restait de l'image de Reisuke.

– Bas les pattes, j'ai mis du temps pour l'apprivoiser, et puis il est pas encore sevré. Me coupa la blonde. Bon, passons. Prête, Hakaze ?

– Evidemment que je le suis, c'est toi qui devrait être tracassée ~

Mon amie me lâcha un sourire que je lui renvoyai. Nous sortîmes ensemble de la petite allée séparant la rue de chez les Yamada pour au final nous diriger vers ce petit bois séparant notre village de la ville. Jessica semblait anxieuse. Elle n'arrivait pas à trouver un sujet de conversation , ni à entretenir ceux que je trouvais. Quel qu'était le motif de la conversation, elle était évasive, parfois distraite, pensant sûrement à ce qu'elle allait dire à la seule famille qu'il lui restait alors.

– Dis Jessica. Entamai-je alors avec sérieux. Ton oncle…Tu ne l'as pas tué gratuitement j'imagine ? Enfin…Je veux dire que venant de toi, un meurtre gratuit ce n'est pas plausible. Je suis certaine que tu avais une bonne raison de venir à bout de lui. Ai-je tort… ?

Mon amie la blonde me lança un regard surpris. Elle était surprise par le fait que je m'accrochais à son innocence. Ses traits épais s'adoucirent l'espace d'un instant, et devant mon refus d'admettre que mon amie n'avait pas de morale, cette dernière reprit la parole, m'expliquant alors tous les détails de la vie qu'elle avait mené avant sa rencontre avec notre groupe.

Elle avait grandi dans le quartier de satellite le plus malfamé, la zone BAD, il y a vingt ans de cela. Dans ce quartier elle avait construit des relations solides avec les garçons livrés à eux mêmes ayant fini délinquants et voleurs. Ces Mario et Elvis qu'elle répétait sans cesse, c'était ces garçons, de la petite racaille au grand cœur selon ses propres mots. Mais alors qu'ils arrivaient tant bien que mal à vivre de divers larcins et de camaraderie, un membre de la sécurité de Domino City est venu faire un raid, une raffle dans le quartier de la zone BAD, éradiquant un à un tous les membres du petit groupe de Jessica…Sauf cette dernière, qui a pu être sauvée grâce au sacrifice de tous ses proches. Suite à cet événement, elle avait intégré le mouvement Arcadia de Sayer qui lui avait promis de renverser le pouvoir en cours pour créer un monde où tout le monde pourrait vivre en paix, mais c'était sans compter sur son oncle, le membre de la sécurité instigateur de la raffle, qui pourchassait la jeune fille. Il l'avait défié dans un turbo duel, et dans un accès de rage, elle a laissé déferler tous ses pouvoirs psychiques sur lui, le tuant en même temps.

– T'as raison, je n'avais pas vraiment le choix. Ajouta-t-elle d'un ton dur. Il m'aurait tuée si je ne l'avais pas fait avant lui. Cependant, je suis quand même coupable du fait d'avoir pris une vie – de ma famille qui plus est – , et je ne peux pas m'en sortir devant le père de cet homme avec un simple je m'excuse.

– Je vois…. Mais tu sais, Jessica. Il y a quelque chose qui est vraiment unique chez toi.

– Comment ça ?

– Je veux dire…Quand on te regarde, tout ce qu'on voit c'est une fille désinvolte, vulgaire et même orgueilleuse qui impose ses lois et dit merde au reste, pourtant, il existe bien plus à l'intérieur de Jessica qu'on le ne croirait. Tu as beaucoup de valeurs qui te rendent unique, c'est pour ça que je ne pouvais pas me résoudre à croire que tu as tué ton oncle pour le plaisir. Je sais que tu as une morale et je suis sûre que ton grand-père s'en apercevra.

– Tu le prends plutôt bien en fait que je baise avec ton mec. Rétorqua alors la blonde en grimaçant.

– Apprends lui des nouvelles techniques alors parce qu'il craint ~ Renchéris-je alors en grimaçant à mon tour.

Continuant à marcher vers la sortie de ce sentier boisé qui nous mènerait à la ville, l'ambiance était soudain devenue plus légère. Nous nous charriions moi et Jessica, nous lançant des vannes , des piques et autres critiques sur un ton de dérision qui détendaient vraiment l'atmosphère. Mon amie était décidément un petit bout de femme vraiment unique. Je pouvais comprendre ce qui avait fasciné Reisuke , alors qu'il était encore avec Erika à ce moment là.

Nous sortîmes ensemble de la forêt , atterrissant donc dans la ville où se trouvaient tous les commerces, les écoles et autres établissements et administrations. Nous devions venir ici pour effectuer toutes les démarches, toutes les courses et autres. C'était peu pratique de vivre en campagne, mais c'était plus calme que cette agglomération où le trafic était intense, laissant proliférer la pollution en overdose. Nous nous arrêtâmes à une station de bus, le numéro 47 dont le terminus était Kyoto, bien loin de notre position actuelle, et nous attendîmes. Dix minutes plus tard, le bus s'arrêta devant nous, nous laissant monter et nous asseoir, jetant un œil au paysage que nous parcourions en silence.

Les arrêts passèrent un à un, nous devions descendre à l'arrêt « Centre Hospitalier ». C'était juste à côté du complexe hospitalier que se trouvaient les appartements dans lesquels vivait James Leocaser. Ces petits logis étaient pour les personnes âgées encore indépendantes mais nécessitant des soins journaliers, souvent procurés par des infirmiers du centre hospitalier qui était à deux pas. Cela permettait de laisser aux vieux hommes et femmes leur liberté d'antan tout en gardant le côté sécuritaire d'un hôpital.

Plus nous nous rapprochions de l'arrêt en question, plus je sentais le malaise reprendre le dessus sur la jeune fille que j'accompagnais. Elle se retranchait de plus en plus sur elle même, allant même jusqu'à se ronger les ongles et à se gratter partout comme si elle avait des puces. Cette attitude d'anxiété ne collait pas du tout avec la tenue qu'elle arborait, elle qui s'était habillée d'une manière hyper féminine et qui avait des manières de garçon à cet instant présent. Le contraste était drôle à voir.

Lorsque nous quittâmes la zone industrielle de notre bonne vieille ville bien polluée , nous pûmes enfin voir le complexe hospitalier dans lequel habitait le grand-père de Jessica. Des bâtiments assez froids s'étendaient à perte de vue, chaque bloc représentant un pôle de soins d'un différent domaine. A côté de ce grand groupe de buildings se trouvaient des bâtiments beaucoup moins hauts, de trois ou quatre étages sûrement, cette fois colorés et décorés abondamment. A en juger par l'impression dégagée au loin, c'était ce groupe de bâtiments notre objectif.

Le bus nous déposa donc à quelques centaines de mètres de l'habitat de James. Jessica resta figée devant l'arrêt, mais je la tirai un bon coup pour qu'elle parte vers sa famille. Nous avions fait tout ce chemin, tous ces efforts, ce n'était certainement pas pour reculer maintenant lui disais-je, mais elle me répondait en faisant un caprice d'enfant qui ne voulait pas aller à l'école pour la première fois.

Je réussis au final à la convaincre et nous marchâmes ensemble jusqu'aux locaux de soins proches de l'hôpital. Les entrées étaient très contrôlées et nous dûmes donc nous annoncer à l'accueil. Jessica montra sa carte d'identité sur lequel figurait le nom Leocaser Jessica née dix-sept ans plus tôt en avançant qu'elle était venue voir son grand père James. Lorsque mon vieux père avait fait les papiers de mon amie, je n'aurais pas imaginé que cela nous aurait aidé dans une telle situation, mais pourtant, sans cette petite carte prouvant qu'elle était la fille de l'homme, nous ne serions pas entrées.

Nous pénétrâmes donc le complexe, cherchant l'appartement du vieil homme, et ce que nous vîmes nous surprit alors au plus haut point. Un attroupement d'enfants nous bloquait dans notre progression alors que nous pensions qu'il n'y avait que des personnes âgées ici. Ils étaient tous de dos à nous, mais ils étaient vraiment nombreux, se rassemblant comme si un de leurs super héros favoris avait fait le déplacement jusqu'ici. Pourtant, lorsque nous passâmes en nous faufilant dans cette marée de jeunes pousses dont les âges variaient entre 6 et 12 ans, ce fut un vieil homme assit sur une chaise que l'on trouva face à nous. L'homme à la calvitie prononcée ayant déjà rongé pas mal de ses cheveux blancs regardait la prochaine génération d'un regard émeraude rempli d'amour et de tendresse. Son visage était creusé par tout le vécu que son âme avait supporté au fil des années, mais il possédait toujours la petite étincelle de vie que ces personnes aimant la vie par-dessus tout arboraient dans leurs jeunes années. Il assumait vraiment sa vieillesse, acceptant l'action du temps et profitant de l'instant présent. C'est ce que je pouvais lire sur son visage dont la quiétude était prenante et l'empathie encore plus saisissante. Jessica sembla y lire la même chose que moi. De ses yeux écarquillés elle ouvrit la bouche, bégayant quelques mots à mon intention.

– C'est….C'est mon grand-père. Déclara-t-elle, perdue. Il a la même temps que mon père, mais en beaucoup plus vieux.

Il ne nous remarqua pas tout de suite, nous laissant poser notre regard sur celui qui était le premier Leocaser à s'être installé dans le pays. James semblait prendre du plaisir à parler aux enfants qui l'appelaient « Papy Jim » et lui demandaient des tas de choses sur comment se passait la vie d'antan, ou encore des histoires dont les héros étaient des justiciers à moto qui volaient pour le donner aux pauvres, des robins des bois modernes. Mais alors que nous écoutions discrètement, l'histoire que l'homme raconta nous percuta de plein fouet.

– Je vais vous raconter une histoire merveilleuse. Entama-t-il.

– L'histoire de la gardienne des étoiles !? S'exclama un des enfants de son public.

– Oui. Je vais vous raconter l'histoire de Jessica la gardienne des étoiles. Continua l'homme avec le sourire. Lorsque je suis arrivé ici, j'ai eu deux enfants avec une femme merveilleuse. Je les ai appelé Christophe, et Jeffrey. Mes deux garçons étaient inséparables, ils s'aimaient comme les deux doigts de la main. Nous étions une famille normale qui vivions d'amour et de bonheur, tous les quatre. Mais alors que nous pensions que tout allait pour le mieux, je reçus une lettre qui mit fin à tout ça.

– Quelle lettre ?

– C'était le gouvernement de ce pays qui indiquait que je n'avais plus ma place ici. Je devais retourner en Australie avec mes fils, pour une raison qui m'était inconnue. Et pourtant, je savais pertinemment au fon de moi quel était l'obscur motif de ce renvoi d'où je venais.. C'est parce que nous sommes la famille des gardiens des étoiles. Un monstre de duel est lié à notre famille, Akulia, le gardien de la porte des étoiles. Il est celui qui régit le ciel dans le monde des esprits du duel de monstre, et c'est un pouvoir dont nous avons le devoir de préserver à tout prix, moi et les miens. Cependant…Devant l'insistance des autorités, j'ai fait quelque chose que je n'aurais jamais du faire. Je leur ai donné Akulia.

– Mais…Et votre mission….. ? S'interrogea un enfant du public.

– Abandonnée. L'équilibre du monde des esprits fut mis en péril à cause de ma décision égoiste de protéger ma famille du retour en Australie. De notre côté, notre famille a du payer le prix de renier ses origines. Notre destin a du en être modifié, et des choses atroces se sont passées , comme une punition divine que l'on a subi… Cependant, quelque chose changea deux générations après la mienne. Jessica, la fille de mon fils Christophe, fut celle qui changea la donne. Elle s'est introduite dans les quartiers de la ville et a dérobé ce qui appartenait à la famille Leocaser, notre mission même, notre passé, notre avenir, Akulia…..Et notre famille a donc été sauvée du naufrage par son action. Elle a du sacrifier des choses, ses amis, un membre de sa famille…Mais tout ça était pour racheter mon erreur. Je suis fier de ma petite fille.

Tandis que les enfants étaient intrigués par l'histoire, le vieil homme continua de raconter des aventures qu'il avait eu à moto, sous les regards captivés de la foule. Jessica quant à elle , resta abasourdie devant ce que venait de dire son grand-père. Elle s'arrêta les yeux écarquillés, fixant l'homme qui continuait ses histoires devants cette masse d'enfants qui écoutaient attentivement les péripéties diverses traversées par l'homme.

Mon amie serra les poings, se retranchant sur elle même par la même occasion. Ses yeux commencèrent à briller, comme si elle allait pleurer…Mais à la place, elle se leva et alla voir son grand-père pour un face à face.

– Eh le vieux, y'a des droits d'image que tu dois respecter quand tu racontes des histoires concernant les autres. Déclara mon amie avec sa désinvolture habituelle.

– Jessica…..Murmura le vieil homme avec mélancolie…..Tu as meilleur mine que la dernière fois que je t'ai vue. T'as pris un peu de poids, c'est bien. Renchérit-il avec légèreté, brisant l'ambiance.

– Eh je viens voir mon vieux, pas un nutritionniste. Est-ce que moi je te dis que t'as perdu 5 cheveux de plus ? Rétorqua la blonde en s'énervant. Et puis ça fait vingt ans qu'on s'est pas vus, vieux sénile va.

– Je ne suis pas encore assez sénile pour oublier les dossiers compromettants que j'ai sur toi donc je te suggère de te taire jeune fille. Tu veux monter ? Je vais vous préparer du thé, pour toi et ton amie – Comment t'appelles-tu d'ailleurs ? Pardonne moi mon impolitesse –

– Un Leocaser poli ça aurait fait tâche dans la famille, riais-je. Je suis Hakaze, Namatame Hakaze. Je suis une amie de Jessica. Elle joue les dures, mais elle est très sentimentale.

– Oh oui, ça je le sais…Déjà petite elle était la plus fleur bleue de toutes les petites fi –

– Oh c'est bon ça va ! Allez rentre à ta case le vieux, on va causer.

Je pouffai de rire face au comportement de Jessica avec son aïeul. Il salua ses enfants, montrant qu'il avait de la visite aujourd'hui, puis nous suivîmes le vieil homme jusqu'à arriver à son appartement. Un cinq pièces composé de deux chambres, d'une salle de bain, d'un salon, et d'une cuisine. C'était tout de même assez spacieux pour un vieil homme, ce qui n'échappa pas au regard de la blonde.

– T'as vraiment besoin de tout cet espace ? Tu as l'air de passer les trois quarts de ta journée sur une chaise dehors. Dit-elle avec tout le tact du monde en elle.

– J'ai pris deux chambres car une très bonne amie à moi vient souvent me rendre visite et dort ici. Ca serait indécent de partager la même chambre qu'elle. Mais asseyez-vous, je vais vous ramener le thé.

Le grand-père se leva pour aller préparer le thé tandis que nous le regardions moi et Jessica. Il avait certes passé les 70 , voir 80 ans, mais il était plutôt actif pour un vieil homme. Si bien qu'un doute me parcourut l'esprit.

– Dis Jessica. Murmurai-je. Ton grand-père n'a pas l'air en fin de vie comme dit sur ta lettre….

– J'sais, me répondit-elle, soulagée mais frustrée. La lettre exagérait vraiment sur l'état de mon vieux. J'étais censée le trouver sur son lit de mort en train d'agonir.

– C'est une bonne nouvelle au final, au moins vous avez plus de temps devant vous.

– Oui merci je ne suis pas encore mort ! Nous coupa le vieil homme en amenant les tasses de thé. Bien au contraire, je suis tranquille ici. Les gosses ne sont pas chiants, et puis ils sont malades aussi donc je leur cède un peu tout ce qu'ils veulent, mais je retrouve une seconde jeunesse.

– Et du coup une infirmière passe te voir ? Le questionna alors Jessica.

A ce moment précis, nous entendîmes un boum dans la porte, comme si quelqu'un s'y était cogné. James Leocaser ria en disant « la voilà qui arrive », nous laissant attendre qu'elle se relève. Une musique – non , un jingle de sauvegarde de jeu vidéo – retentit jusqu'à nos oreilles, puis enfin la porte s'ouvrit.

– Votre barre de lifepoints est vide, je viens la recharger…Déclara une voix féminine lasse, qui m'était familière tout en ouvrant la porte.

Lorsque la porte s'ouvrit complètement je découvris alors avec surprise la tête de Chiaki Nakagami qui semblait donc être l'auxiliaire de soins de James. Jessica et moi fûmes consternées par la présence de la jeune fille qui ne portait même pas un uniforme en particulier, elle était habillée comme d'habitude d'une veste Kaki et une jupe longue d'une même couleur. Sa console, sa PSP dépassait de sa poche tandis que de l'autre dépassait une boite de comprimés qu'elle tendit au grand père de la blonde.

– Sunbird Livraison vous livre vos Dafalgans. Déclara la jeune fille sans prêter attention à notre présence. J'espère que tes douleurs iront mieux après ça, Jim.

– Merci Chiaki, tu es une brave gamine, toujours là pour aider le vieux débris que je suis. Lui répondit le grand-père, bien plus doux qu'avec sa propre petite fille. Je voulais justement te voir pour te donner quelque chose, attends ici.

Il nous laissa seules avec la rouquine qui s'aperçut alors enfin de notre présence. Elle ouvrit la bouche et afficha un air de surprise, pointant son doigt sur sa lèvre inférieur, et elle resta figée dans cette position quelques minutes , sous le regard dépitée de ma camarade qui reprit la parole.

– Chiaki, pas besoin de te retourner le cerveau, James est mon grand-père c'est normal que je suis là.

– Je vois….Désolée, le cliffhanger était trop mystérieux pour moi… Déclara la jeune fille en se prosternant devant nous.

– Dis moi plutôt ce que tu fous ici la rouquine, rétorqua Jessica.

– Je viens aider Papy Jim à faire ses courses et les tâches qu'il ne peut pas faire. On s'est rencontrés il y a quelques années et depuis je viens le voir régulièrement. Papy Jim me raconte des choses qui datent de longtemps donc j'aime beaucoup l'écouter.

– Et Chiaki-chan est une bonne compagnie. Renchérit le grand-père revenu avec un cadeau au bras. Voilà pour toi ma puce, c'est ce jeu vidéo dont tu m'as parlé la dernière fois. Le petit Dan en a demandé un à sa mère et du coup j'ai pu demander à cette brave dame d'en acheter un pour moi aussi. C'est bien celui-ci que tu voulais ?

Nous nous retournâmes tous vers la jeune rouquine , attendant sa réaction comme si notre vie en dépendait. Elle s'avança timidement vers le cadeau qu'elle prit dans ses mains pour le voir de plus près….Et contre toute attente, ses yeux s'illuminèrent devant ce qui semblait autant briller qu'un bijou pour elle.

– Super Danganronpa : Ultra Despair Girls ! Déclara-t-elle alors, enjouée comme jamais auparavant. Papy Jim , tu as débloqué le succès « Offrir le cadeau idéal à Chiaki-Chan » ! C'est juste parfait ! Ces graphismes, ces OST, ces gameplays…..Il a obtenu un 17/20 de la fanbase de ! Papy tu es le meilleur ! Félicita-t-elle le vieil homme, arborant son nouveau titre comme un trophée.

– Je suis ravi que cela te plaise ma petite. Enchaîna le vieil homme avec satisfaction. Je te laisse l'essayer de suite. Jessica, je suppose que tu es venu ici pour quelque chose non ? De quoi veux-tu me parler ?

– Je suis venue parce que t'étais censé être à moitié mort en train d'agonir, j'ai pas d'autres raisons particulières. Déclara mon amie exaspérée.

– Vous pouvez voir à son habillement qu'elle s'est torturée l'esprit de questions pour les retrouvailles, je suis ici parce qu'elle n'avait pas le courage de venir seule. Repris-je avec ironie.

– C'est bien ma petite fille ça. Je suppose que tu t'en voulais pour ton oncle et que tu ne savais pas quoi faire ?

– C'est précisément ça, répondis-je sans laisser le droit de parole à Jessica.

– Ne t'en fais pas Jessica. Tu as eu raison de faire ça. J'ai fait des mauvais choix, et tout a été pour le pire dans la famille. Sans toi nous aurions continué à payer le prix de mes erreurs…Tu as fait ce qui devait être fait, ne t'en fais pas.

– ….Et toi alors…. ? Grommela mon amie. Où étais-tu tout ce temps…Pendant nos galères…. ?

– Je suis désolé de ne pas avoir pu t'accompagner pendant ces épreuves douloureuses. L'urgence faisait face et j'ai du enquêter de mon côté sur des choses très moches qui se passaient dans l'ombre….Je ne peux pas te dire sur quoi, je ne veux pas mettre la vie de mes proches en danger une fois de plus, surtout à mon âge.

– Tu vas me dire que t'es parti enquêter sur un truc comme ça ? Et j'ai même pas le droit de savoir la raison du fait que j'ai passé toutes ces années seule à Arcadia alors que j'aurais pu vivre avec toi !? C'est ça ta réponse !?

– Jessica…..Lâchai-je en prenant la main de mon amie, tentant de la calmer.

– Je vois, je suppose que c'est le moment pour moi d'en parler. Répondit le grand père avec quiétude. Après tout, tu es déjà grande maintenant ma petite, tu dois être assez grande pour te défendre. Bien….Jessica, nous venons d'Australie comme tu le sais. Je suis le premier de notre famille à être parti au Japon, mais il y avait encore mes parents là-bas donc je devais garder des contacts avec eux. Cependant, dans ce pays que nous appelions tous le pays de l'espoir, il s'est passé quelque chose de terrible l'année même où Christophe a été tué et que tu as du intégrer ce mouvement.

– Que s'est-il passé ? Bégayai-je, interdite.

– Une crise. Une crise si violente qu'elle ensevelit le pays avec elle pendant trois longues années. Le chaos le plus total emporta avec lui tout l'espoir du pays jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ruine et dévastation. Le roi et la reine n'avaient plus aucun pouvoir, et pourtant, malgré tout, quelque chose a fait s'arrêter le conflit.

– Qu'est-ce qui a fait arrêter tout ça grand père ? Demanda la blonde.

– Une petite fille. Elle devait avoir 5 ou 6 ans, cette petite gamine aux cheveux blonds finissant en boucles et aux yeux verts. Elle s'afficha devant tout le monde et elle sortit tout un discours qui mit fin à cette crise en raisonnant les protagonistes. J'ai vu de mes yeux ce discours…Et je n'en crus pas mes yeux. Malheureusement, la crise en question avait duré trois ans, je n'avais pas pu revenir te voir entre temps car les aéroports avaient été bloqués…Et mes parents avaient donné leur vie dans le conflit, préférant sauver la jeune génération plutôt que les vieillards qu'ils étaient. Tout ce qui restait au bout n'était que d'avantage de désespoir, Jessica.

– Que s'est-il passé ensuite ? Demandai-je au père de la famille Leocaser.

– Devant les aptitudes de la jeune enfant qui ressuscita le pays d'un simple discours, le gouvernement australien la baptisa « princesse de l'espoir » et elle fut adorée par la foule, reconnue comme une future dirigeante de renom et à l'empathie inébranlable. Cependant…..La tante de la fille, elle l'a kidnappée.

– Kidnappée !? S'exclama Jessica, interdite.

– Oui. La petite a disparu de la circulation et le pays a recommencé à virer de bord pour repartir dans le désespoir total. Par chance, j'ai pu revenir ici avant que cela ne dégénère…Mais j'ai alors appris pour ton père et ton oncle….Et pour toi aussi, qui était déjà depuis presque trois ans dans le mouvement Arcadia…Je n'ai pas pu me résoudre à venir te retrouver, j'étais bien trop coupable.

– Je….Je peux te comprendre. Lui répondit alors sa fille. Tu es aussi fautif pour ça que je ne le suis pour mon oncle. Nous sommes quittes alors. Tout est bien qui finit bien alors j'imagine.

– Pas tout à fait, Jessica. Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit à autrui auparavant et que vous devez absolument garder pour vous. Un grand malheur va s'abattre sur ce monde, et ce malheur est exactement le même qui s'est abattu sur notre terre natale, en Australie. Cette catastrophe que nous avons vécu va se reproduire sous peu, et rien ni personne ne pourra l'en empêcher. Vous devez à tout prix quitter ce pays rapidement, je t'en supplie Jessica, sauve ta peau.