Et voilà le nouveau chapitre!

Chapitre 25 : Sirius Black, Elira Black.

Sirius avait vu Elira arriver, il s'était alors dit que la victoire n'était plus qu'une question de temps. Ses enfants étaient là aussi, s'il était inquiet pour eux, il ne pouvait s'empêcher d'en être fier, ils étaient exactement là où il fallait, et du moment que leur mère y était aussi, tout allait bien. Il essayait donc de protéger Harry, celui qui avait le moins de capacité de défenses – il fallait le reconnaître, ses enfants étaient bien au-dessus de la norme – Remus aussi le protégeait, tout allait bien, enfin un peu d'excitation, d'activité, de sport après ces longs mois enfermés dans une maison vieillotte.

Il avait entendu le sort, stupéfix, et n'avait pas été assez rapide pour le contrer, sur le coup il s'était juste dit que c'était embêtant car il ne pourrait plus se battre, mais il était tombé en arrière, et il n'avait pas touché le sol. Sa chute lui avait paru infinie, il avait alors rêvé, ce devait être un rêve, forcément. James était là, il lui parlait, lui racontait une blague et Sirius avait envie de rire.

Il s'était souvenu, mieux que jamais, de l'époque de sa jeunesse.

Il arrivait sur le quai du Poudlard express pour la première fois. Sa mère lui tenait fermement la main et son père poussait son charriot avec un grand sourire de fierté. Regulus pleurait car il voulait y aller lui aussi. Sa mère lui faisait d'ultimes recommandations mais déjà il n'écoutait plus, il regardait partout autour de lui avec avidité, prêt à s'élancer vers le train et à se faire autant d'amis que possible.

-Ne fréquente que les enfants au sang pur, Malefoy, Potter, mais pas des traitres à leur sang comme les Weasley ou les Prewett. Reste avec les Serpentards surtout et approche toi du professeur Slughorn. Nous sommes fiers de toi fils, fais nous honneur.

Il étreignait rapidement sa famille et montait dans le train. En ouvrant la porte d'un compartiment il trébuchait dans la robe de sorcier qu'il portait déjà et essayait de se rattraper à quelqu'un qu'il entrainait dans sa chute. Le garçon se contenta de rire avec lui et se présenta, il s'appelait James et avait des cheveux incroyablement en bataille. Ils entraient tous deux dans le compartiment et forçaient presque un garçon timide nommé Remus à se joindre à leurs rires.

-Est-ce qu'il y a une place dans ce compartiment ? Demanda la voix autoritaire et fluette d'une petite fille rousse, Peter n'a pas encore trouvé de place.

Et ils faisaient signe à un petit garçon rondouillet de s'asseoir avec eux. James en profitait pour tirer les nattes de la fille, Lily, et se rasseyait en affirmant qu'il avait déjà trouvé une personne favorite à embêter. Peter disait timidement que c'était la façon dont se forment de nombreux couples et Sirius se contentait d'éclater de rire.

Ils étaient quatre à cette époque, ils ne le savaient pas encore mais ils seraient encore quatre sept ans plus tard, « une amitié de train c'est une amitié pour toujours » dirait souvent James.

Sirius sait que James est certain d'aller à Gryffondor, Peter pense à Poufsouffle et Lupin se demande si Serdaigle est bien, lui ne veut pas aller à Serpentard, il veut défier sa mère, lui montrer qu'il peut être brillant ailleurs, il voudrait qu'elle soit fière de lui et non de son nom ou de son image.

-Beaucoup d'affront, un mépris certain pour l'étiquette et cependant, une avidité de faire ses preuves, Serpentards peut être un bon pari. Non ? Alors dans ce cas tu iras bien à Gryffondor !

Le choixpeau avait tranché, et Sirius avait rarement été aussi heureux, il pensa bien à une comparaison avec la réception de sa lettre, mais l'idée fut vite chassée par l'arrivée de Remus à côté de lui.

Ils en riaient encore sept ans après, de cette première année où ils avaient été nommés le pire cauchemar de Rusard et la terreur des Serpentards. Ils avaient grandi et leurs idées de farce avec eux, ils avaient créé une carte magique incroyable, étaient devenus animagus pour soutenir leur meilleur ami loup-garou. Non, ce ne sont pas des années qu'on oublie.

James l'avait secouru quand il avait fugué, échappant à sa mère et à son autorité, à sa mère qui n'avait jamais accepté qu'il déroge à la tradition, en riant il avait fuit la douleur de voir qu'elle ne serait jamais plus fière de lui. Son frère était discret et l'avait laissé partir sans prononcer un mot. Et il avait rencontré les parents de James, des gens incroyables, qui s'aimaient encore à la folie et étaient heureux, des gens qui étaient très fiers de leur fils et même prêts à en adopter un second. Les Potter lui avaient montré qu'un couple peut survivre, et que toutes les mères ne sont pas des dictatrices nées.

James devenait sérieux au sujet de sa petite rousse, mais elle avait pour ami l'affreux Severus Rogue qui ne connaissait pas l'usage du shampoing. Sirius n'hésitait pas à se moquer de son ami et prétextait qu'il ne serait jamais aussi niais que lui.

Et Remus faisait une partie d'échecs avec Elira, une fille terrible qui faisait les pires blagues au monde. Et Sirius se rendait compte qu'elle était jolie, très belle même.

Elira, elle devenait une obsession, il fallait qu'il la provoque, il fallait qu'elle le regarde, et il comprenait James. Ils se saoulaient et zigzaguaient sur leurs balais en chantant à tue tête pendant une nuit entière pour conjurer la haine que leur vouait leur belles. Chance, sortilège, un coup du destin, elles s'étaient toutes deux adoucies.

Sirius passait une nuit entière à réfléchir à sa demande en mariage. Les paris étaient amusants mais il avait peur, peur qu'elle ait joué et ne veuille pas de quelque chose de sérieux. Il avait rarement été aussi anxieux, il savait que si elle le rejetait il ne s'en remettrait pas, il n'y a pas deux filles comme Elira. Une tendance suicidaire le poussait à se déclarer en public. Elle le regardait, elle souriait et dans ses yeux il lisait déjà qu'elle disait oui. Un autre pari, elle jouait pour la dernière fois et lui, s'exécutait. Il faisait entrer à jamais sa demande en mariage dans l'histoire de l'école. Mais en la faisant il ne pensait qu'à sa réponse. « Oui » Et il explosa de joie intérieurement, il voulait crier et sauter partout.

Elira portait une robe blanche et son voile masquait son visage, il pensait que c'était injuste, il voulait la voir correctement, voir ses yeux et y déceler des étincelles. Un loup avait-elle dit, une famille bizarre, peu importait, il n'y avait qu'elle qui comptait. Il passait l'alliance autour de son doigt et elle faisait de même, il pensait que c'était un miracle qu'il ne se soit pas encore évanoui de bonheur.

Il y avait de la fumée, il toussait, James était à côté. Ils essayaient de voir leurs attaquants, un doloris le clouait au sol, James lui sauvait la mise. Il rentrait chez lui en pensant que cette guerre ne finirait jamais. Déprimé, il était prêt à passer misérablement le reste de ses jours. Mais il ouvrait la porte et surprenait Elira allongée sur le sol face à un petit chaudron bouillonnant qui lui explosait à la figure. Il éclatait de rire.

Il faisait des cents-pas dans le salon et James le photographiait en riant. Il allait être papa. Papa. Il sentait le poids de la responsabilité mais se voyait déjà en train d'apprendre à son fils ou à sa fille des tas de bêtises pour amuser Rusard. Il entrait dans la pièce et ne voyait que lui, son fils, une petite frimousse rouge et plissée qui ouvrit les yeux quand il le prit dans ses bras. Il s'asseyait à côté d'Elira et se taisait, aucune plaisanterie pour les moments comme celui-ci.

Le chat le regardait d'un air mauvais. Sirius lisait le journal sur le canapé et il était visible que le chat voulait occuper à lui seul un coussin entier du canapé, il commençait à feuler. Sirius sentait le chien en lui protester face à l'envahisseur, il se mettait à quatre pattes sur le canapé et commençait à gronder face au félin. L'imbécile de chat semblait prendre courage et se préparer à sauter. Sirius lui sautait dessus en premier en se transformant en chien. La porte s'ouvrait et le chat disparaissait, Sirius comprenait qu'il avait un brin de sagesse car Elira ne paraissait pas contente. Il se retransformait et lui faisait un clin d'œil en lançant son sourire le plus désarmant. Il embrassait son ventre rond et attrapait Ekiran. Il le faisait tournoyer dans la pièce en déclarant qu'il serait un grand champion de quidditch et jouerait dans la même équipe que son cousin Harry Potter. Il assurait à Elira qu'il lui apprendrait toutes les feintes pour réduire à néant les Serpentards.

Il regardait sa petite fille avec adoration et savait déjà qu'il ne pourrait jamais rien lui refuser. Avec un soupire il se préparait déjà à la grande renonciation, celle de tous les pères devant leur fille adorée. Il pensait qu'il ne risquerait pas d'avoir un autre enfant pour qu'une autre fille ne vienne pas voler la vedette à celle-là. Aprina essayait de faire une pyramide de cubes, mais ils étaient ensorcelés et ne cessaient de bouger, Sirius essayait de l'aider mais Ekiran arrivait et décidait que le but était de tout détruire. Sirius lui expliquait le vrai but mais Elira arrivait et décidait à son tour qu'il fallait juste les lancer sur le mur pour atteindre la cible que constituait la photo de l'ordre du Phénix au complet.

Elira le prévenait mais il refusait de l'entendre, il fallait qu'il aille vérifier que James allait bien, cette histoire de gardien était résolue, quel problème avait pu survenir ? Il arrivait sur place et une seule pensée s'imposait : Non, nonnonnon. Il n'y avait plus que des cendres, aucune trace de James ou de Lily. Soudain il entendait un pleur, il découvrait Harry sous une pile de gravas. Si Harry était là, ses parents étaient…il refusait de prononcer le mot, il avait vu James deux jours avant seulement et ils avaient échangé des plaisanteries, sur le futur enfant de James et Lily, les belles parties de quidditch entre cousins. Hagrid arrivait et disait que Dumbledore savait où placer l'enfant pour optimiser sa sécurité. Sirius voulait le garder, l'amener à Elira, mais Hagrid insistait et il lui cédait également sa moto volante.

Peter disparaissait en se transformant en rat, Sirius éclatait de rire, jamais il n'aurait deviné tant de perfidie ou de stratagème chez son ancien ami. La brigade d'aurores le tiraient vers une cellule, il pensait qu'il aurait du mal à se défendre lors du procès, il se demandait si la parole d'Elira serait suffisante. Mais il n'y avait pas de procès, il était simplement transféré vers Azkaban, il guettait Elira mais elle ne venait pas. Il sentait la douleur lui tordre les côtes, Elira n'était pas là. Ses enfants, il ne pourrait plus voir ses enfants. Voudraient-ils d'ailleurs le voir un jour ? Ne venait-il pas de les abandonner.

Un autre jour passait, il avait perdu le compte. Il se demandait à quel moment la folie viendrait. La scène de la découverte du traitre Peter ne cessait de se rejouer dans son esprit.

Il se réveillait au milieu de la nuit, une fois de plus, il entendait les hurlements de terreur dans la prison et il se transformait en chien pour atténuer la sensation des détraqueurs. Un nouveau jour, identique au précédent. Un garde s'approchait, il se demandait s'il serait question d'un procès, on se contentait de lui jeter un paquet. Un paquet, il avait reçu du courrier ! Une trace de main sur une feuille, deux lignes de la part de sa femme, des mots croisés. Elira pensait à lui ! Il se sentait revivre et commença à attendre le paquet suivant.

Il comptait les jours sur son petit calendrier maison et savait que c'était le jour. Le jour du paquet, il pensa à l'ironie du fait que sa vie seule tenait grâce à cette espérance futile, un paquet, une lettre. Des gens en recevaient tous les jours des lettres. Mais rien n'est comme la lettre que reçoit le prisonnier. On la lui jetait, agrémentée d'un regard mauvais. Il y avait des photos. Il ne reconnaissait plus ses enfants, ils étaient grands, le dernier, celui qu'il ne connaissait pas avait ses yeux et ses cheveux, mais le visage de sa mère. Ils étaient tous très beau. Oui, il pouvait se le répéter comme une pensée joyeuse : il avait de très beaux enfants.

Tiens, il passait au travers des barreaux en étant un chien, c'était le moment de filer, Peter était à Poudlard, proche d'Harry et de ses enfants, avec un peu de chance il ne savait pas qui était véritablement Elira, mais tout de même, il fallait protéger les quatre enfants.

Elira avait disparu de la circulation, il se résolvait à se déguiser pour lui envoyer une lettre par hibou. Il prenait la route du nord et la direction de Poudlard.

Ils les avait vu, tous, mais il devait encore se cacher, plus pour longtemps.

Il était de nouveau en prison et n'avait plus le courage d'être en colère. Harry l'avait cru, c'était l'essentiel, mais le traitre était en fuite et se savait recherché. Un bruit à la fenêtre lui faisait lever la tête. Un hippogriffe ! Ces enfants semblaient dignes de leurs parents.

Il voyageait et recevait avec mélancolie les colis envoyés par le frère ou cousin de sa femme, au moins elle pensait à lui. Il se demandait à quoi elle ressemblait. Puis Dumbledore refondait l'ordre et il prêtait sa maison, l'exil prenait fin, mais surtout, il pourrait revoir ses enfants, il n'avait pensé qu'à cela.

Sirius revit l'année écoulée et un sourire se serait esquissé sur son visage si cela avait été possible, cette année avait été joyeuse aussi, pas comme les années à Poudlard, mais tout de même, la première année de vie passée avec sa femme et ses trois enfants. Mais il tombait encore et de nouveau il voyait James, il était sur un balai et l'invitait à le rejoindre pour jouer au quidditch. Lily était dans les gradins et riait, Sirius cherchait Elira mais elle n'était pas avec les supporters, elle n'était pas sur un balai non plus. Il voulut demander à James si tout cela n'était pas étrange pour un rêve, mais sa bouche ne s'ouvrit pas. Soudain le noir l'envahit.

Dites moi ce que vous en avez pensé! Le prochain chapitre mettra surement plus de temps à arriver!