Non, vous ne rêvez pas : encore un chapitre ! Je suis vraiment inspiré sur cette fic en ce moment et j'ai décidé de vous en faire profiter ! : ) C'est surtout que j'ai hâte d'écrire un nouveau chapitre où Edward et Bella seront enfin réunis ! Je suis désolée de vous dire que ce n,est pas encore pour ce chapitre puisqu'il arrête exactement au même moment que le précédent. Il nous montre la même journée mais du pv d'Edward. Il n'y a pas beaucoup d'action, c,est surtout une grande conversation entre notre Eddie chérie et son lutin de sœur… mais je crois que vous aimerez bien l'éclat de notre chère Alice au tout début ! Et aussi la fin… enfin, je vous laisse découvrir!
Et je veux encore tout plein de belles reviews, comme pour le dernier chapitre ! : )Un grand merci à tout et bonne lecture !
CHAPITRE 25- SAUVETAGE pv d'Edward
Assis sur la banquette d'un petit café à la limite de Seattle, je tapais nerveusement du poing sur la table. J'attendais Alice depuis presqu'une heure maintenant et je n'en pouvais plus ! Je devais savoir ce qui arrivait à Bella ! Alice s'était montrée très mystérieuse au téléphone lorsque je lui avais parlé… je savais au moins que Bella se portait bien pour l'instant, mais que sa vie serait en danger si elle continuait dans la voie qu'elle avait choisie… mais qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Je n'y comprenais rien !
Une fois encore, je dus me faire violence pour ne pas me précipiter à Forks sans même connaître la nature de ses problèmes… je ne devais pas oublier que sa vie serait encore plus en danger si je retournais chez moi !
Je vérifiai mon nouveau cellulaire pour la dixième fois en autant de minutes, mais je n'avais aucun nouveau message. Pas étonnant vu que je l'avais acheté en sortant de mon appartement quelques heures plus tôt et que je n'avais donné le numéro qu'à Alice… mais j'espérais que ma sœur m'appellerait pour me dire qu'elle arriverait sous peu.
La serveuse vint me voir un immense sourire aux lèvres. Je lui commandais un autre café lorsque la porte s'ouvrit et qu'un petit lutin entra dans le restaurant.
Je me levai d'un bond, un sourire éclatant accroché sur mon visage. Une sensation de chaleur intense se répandait dans tout mon corps… cela me faisait un tel bien de la revoir… je n'avais jamais cru être aussi heureux un jour de voir mon insupportable demi-sœur !
Alice me fixa de ses yeux bleus, mais ne répondit pas à mon sourire. Elle se planta devant moi et m'évalua pendant un long moment, sans dire un mot.
-Alice…
Sa main partit si vite que je ne vis pas le coup venir et elle me frappa directement au visage.
-Ouch ! m'écriai-je en portant la main sur ma joue qui me chauffait.
-EDWARD CULLEN ! COMMENT AS-TU OSÉ NOUS ABANDONNER AINSI ? NOUS QUITTER SANS MÊME UNE EXPLICATION OU AU MOINS UN AUREVOIR ? COMMENT AS-TU OSÉ LAISSER JASPER SEUL DANS TOUT CE MERDIER ? ET PAPA ET MAMAN ? TU AS PENSÉ À EUX ? ILS NE SONT PLUS LES MÊMES DEPUIS QUE TU ES PARTI, NOTRE FAMILLE N'EST PLUS LA MÊME DEPUIS QUE TU ES PARTI ! ROSALIE NE VIENT PRESQUE PLUS À LA MAISON, L'ATMOSPHÈRE EST TROP LOURDE POUR ELLE ! EMMET NE FAIT PRESQUE PLUS DE BLAGUES… IL SE CULPABILISE, IL CROIT QUE S'IL AVAIT ÉTÉ PLUS PRÉSENT POUR TOI, TU N'AURAIS JAMAIS FAIT TOUTES SES BÊTISES ! CARLISLE S'EN VEUT DE NE PAS ÊTRE INTERVENU AVANT ET MA MÈRE EST MORTE D'INQUIÉTUDE EN PERMANENCE ! ET MOI JE… JE SUIS TOUTE SEULE ! TU ES PARTI, JASPER NE VEUT PLUS DE MOI ET MÊME BELLA REFUSE DE M'ADRESSER LA PAROLE ! MAIS TOI TU T'EN FOUS NON ? TU TE FOUS BIEN DE NOUS ….
Je la pris dans mes bras, la serrant de toutes mes forces. Elle tenta de me repousser un instant avant de se laisser aller contre moi. Je pouvais sentir ses larmes qui coulaient dans mon cou et je me sentis touché droit au cœur. Je n'avais plus vu Alice pleurer depuis qu'elle avait 10 ans… et aujourd'hui elle pleurait pour moi, son idiot de grand frère !
-Je suis désolé Alice, lui chuchotai-je.
-Je ne veux pas que tu sois désolé, répliqua-t-elle en se détachant de moi. Je veux que tu ne baisses pas les bras, que tu ne laisses pas ce Laurent gâcher ta vie !
-J'essaie de vous protéger, de protéger Bella…
-On s'en fiche de ta protection Edward… et Bella aussi… tout ce que l'on veut c'est que tu sois auprès de nous !
Je me massai la nuque, mal à l'aise : je ne savais plus quoi dire. Et je réalisai dans le même temps que les peu de gens présents dans le restaurant nous fixait d'un regard ahuri. Cela n'avait rien de surprenant vu l'éclat qu'Alice avait fait, mais leurs regards me faisaient me sentir encore plus mal et je sentis la nausée me reprendre.
-Allons discuter ailleurs, tu veux bien ? demandai-je en la prenant par le bras.
Elle me fixa de ses yeux qui lançaient des éclairs, mais elle me suivit à l'extérieur sans un mot. Je vis ma Volvo argentée sur le parking et je l'entraînai dans cette direction. Alice se dégagea brutalement de mon étreinte et se dirigea d'un pas déterminé vers la portière du conducteur. Je poussai un soupir avant de m'engouffrer du côté passager.
Nous restâmes enfermés dans un silence tendu pendant un long moment.
-Alice… s'il-te-plaît… ne m'en veux pas, la suppliai-je finalement, n'y tenant plus. J'essaie de faire ce que je crois le mieux !
-Je sais Edward, répondit-elle dans un murmure. Mais je crois que tu te trompes sur toute la ligne… ce que tu fais empire la situation !
Nous sommes restés silencieux une fois de plus.
-Et si tu me parlais de la raison pour laquelle tu es là Lily ! Tu as dit que Bella et toi aviez des ennuis…
Elle se tortilla sur son siège mal à l'aise, puis sans répondre elle démarra la voiture et quitta le stationnement du café.
Je la fixais sans sourciller. Se pouvait-il que… Non ! Impossible! Alice était diabolique, mais pas à ce point. Mais je devais en être certain !
-Lily ? Tu ne m'as quand même pas menti seulement pour que j'accepte de te voir ?
-Non ! Bien sûr que non ! s'écria-t-elle, offusquée. Mais disons que les ennuis ne sont pas encore arrivés… j'ai gagné un petit répit de 24 heures.
-D'accord et que va-t-il se passer dans 24 heures ?
-Bella… elle a décidé de t'aider, m'expliqua-t-elle, la mine sombre. Elle veut te retrouver et te convaincre de travailler avec le FBI. Elle est prête à tout pour y arriver et… enfin, tu sais comment elle est ! Parfois on dirait qu'elle est totalement inconsciente du danger ! Elle n'a aucun instinct de survie je crois…
-Allez Alice… viens-en au fait ! m'écriai-je avec impatience.
Un sentiment d'angoisse me nouait l'estomac et j'espérais qu'Alice pourrait me rassurer. Bella ne serait quand même pas assez folle pour faire cela…
-J'y arrive ! me répondit sèchement ma sœur.
Puis elle éclata soudain d'un rire incontrôlable. J'attendis le plus patiemment que je pouvais qu'elle reprenne son sérieux. Au bout d'un moment, elle essuya ses yeux d'où des larmes s'échappaient et elle lança :
-C'est fou ! Je ne pensais jamais que tes sautes d'humeur à nous rendre dingue me manqueraient un jour !
J'eus un petit sourire : elle m'avait manqué à moi aussi. Mais l'heure n'était pas à la rigolade et je la ramenai rapidement sur le droit chemin. Elle leva les yeux au ciel, mais reprit son récit.
-Donc Bella croit que la seule façon de te retrouver… c'est d'aller voir James…
-QUOI ?
-Et même d'entrer dans la bande et de rencontrer Laurent s'il le faut, continua Alice sans tenir compte de mon exclamation surprise.
-Non ! Alice… dis-moi que c'est une blague ! Dis-moi qu'elle ne fera pas ça ! James… n'est pas celui que je croyais ! Il est aussi dangereux que Laurent ! Et si elle les rencontre… non ! Elle ne peut pas faire cela !
Je me pris la tête entre les mains, ne pouvant croire à ce que je venais d'entendre. Mon Dieu ! Bella allait se jeter directement dans la gueule du loup ! J'étais parti pour éviter qu'elle soit mêlée à tout cela et voilà qu'elle allait de sa propre volonté se mettre en danger!
Bella était une fille intelligente, elle était donc consciente du danger ! Alors pourquoi le faisait-elle ? Comment pouvait-elle mettre sa vie si précieuse en danger ?
-Elle t'aime Edward, dit simplement Alice comme si elle avait lu dans mes pensées. Je crois que tu ne réalises pas à quel point tu comptes pour elle !
-Alice… pourquoi es-tu ici ? Tu devrais être à Forks, surveillant Bella pour ne pas qu'elle fasse une bêtise ! Je… je ne pourrais pas supporter qui lui arrive quelque chose !
Ma voix se cassa. Vivre loin de Bella était une épreuve douloureuse, mais vivre en sachant que Bella ne faisait plus partie de ce monde serait insupportable. Inconcevable même. Je ne pourrais continuer tout simplement ma vie si elle n'était plus là… surtout que j'en serais responsable. Je n'aurais plus qu'une idée : aller la rejoindre. Parce qu'un monde sans elle n'en valait plus la peine…
-Je t'ai dit tout à l'heure que j'avais gagné un répit : Bella ne fera rien avant demain. Elle me l'a promis. Mais si tu n'es pas revenu à Forks demain… elle ira voir James et mettra son plan à exécution.
Je fermai les yeux, la mâchoire crispée, les poings serrés.
-Je ne peux pas… Je… Vous devrez vous débrouiller sans moi.
Je sortis alors mon cellulaire de ma poche.
-J'appelle Jasper… je suis certain qu'il saura la convaincre de ne pas…
-NON ! cria aussitôt Alice en m'arrachant le téléphone des mains.
Ce qui fit dévier la voiture de sa trajectoire quelques instants. Je la fixai, surpris par son attitude.
-Laisse Jasper en-dehors de tout cela ! Il ne pourrait t'être d'aucune aide de toute façon ! ajouta-t-elle au bout d'un moment, plus calmement.
J'eus le souffle coupé par la peur un instant.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? demandai-je, connaissant déjà la réponse.
-Jazz n'est plus dans son état normal. Il a… il a rechuté l'espace de quelques jours et… même s'il est revenu dans le droit chemin… il est en manque présentement. Il ne veut plus me voir, il ne répond presque plus à coups de fils. Laissons-le tranquille… déjà que Bella est allée le voir pour lui demander comment contacter James et que je ne suis pas certaine qu'il va apprécier sa visite...
-Quoi ? Mais je croyais qu'on avait jusqu'à demain ? m'exclamai-je avec vigueur.
-Oui. Elle veut le rencontrer demain, mais elle va lui téléphoner aujourd'hui. C'est le meilleur compromis que j'ai obtenu, m'expliqua Alice avec une petite moue désolée.
Je frappai mon banc de violents coups de poing en m'écriant :
-Merde ! Merde ! Merde ! PUTAIN DE MERDE !
Bella ! Pourquoi vas-tu te fourrer dans ce pétrin ? Tu ne réalises pas à quel point James et Laurent sont dangereux, de vrais sang-sus… ils te videraient de ton sang s'ils le pouvaient !
Je poussai un soupir. Je devais absolument empêcher Bella de rencontrer James… je ne laisserai rien lui arriver ! Je ne le supporterais pas ! Je la protégerais goûte que goûte…
-Charlie ! m'exclamai-je soudain. Tu dois en parler avec Charlie ! Il saura l'en empêcher !
Ma sœur hocha la tête de droite à gauche pour montrer sa désapprobation.
-J'y ai pensé aussi Ed, mais… Charlie lui fera un sermon, il lui interdira d'y aller, il la mettra peut-être même sous surveillance, mais un jour ou l'autre Bella trouvera le moyen d'arriver à ses fins sans qu'il le sache !
Je grognai entre mes dents.
-Il doit bien y avoir une solution pourtant !
Alice me jeta un coup d'œil de biais, un petit sourire sur les lèvres.
-Bien sûr qu'il y a une solution… elle est assise juste à côté de moi en ce moment !
Je me laissai tomber contre le dossier de mon siège, les yeux fermés.
-Je ne peux pas revenir Alice ! Je me suis promis… je me suis promis que je ne vous mettrai plus jamais en danger !
-Mais tu es le seul qui puisse convaincre Bella de se tenir tranquille !
J'eus soudain un éclair de lucidité.
-Non… peut-être pas…
Je sortir de nouveau mon cellulaire et composai un numéro que j'avais appris par cœur tant je l'avais composé au cours des deux dernières semaines.
-Ouais ? lança Jacob de son ton nonchalant.
-C'est Edward.
-Encore toi mec ! Je vais finir par croire que tu es obsédé… non, qu'est-ce que je dis : tu ES obsédé ! Écoute, Bella va bien. Je suis allé la porter à l'école ce matin et personne ne nous a suivis. Tes « amis » ne s'intéressent pas à elle et …
-Ce n'est pas pour cela que je t'appelle Jacob !
Je lui exposais la situation qui lui arracha une dizaine de jurons qui auraient écorchés des oreilles sensibles.
-Je vais la rejoindre tout de suite. Tu sais où elle est ?
Je me tournai vers Alice et lui posai la question.
-Non. Elle allait chez Jasper, mais c'était il y a 2 heures au moment où j'ai pris la route alors elle ne doit plus y être à présent, me répondit ma sœur.
-Elle est peut-être chez elle, dis-je à Jacob. Ou encore au lycée, bien que cela me surprendrait. Elle est allée chez Jasper, mais je ne crois pas qu'elle y est encore…
-D'accord. Je vais faire le tour de ces endroits et aussi de quelques places qu'elle aime particulièrement… mais je vais la retrouver. Et je vais l'empêcher de faire une énorme bêtise !
-Merci beaucoup Jacob, lançai-je, soulagé.
-Ce n'est pas pour toi que je le fais…
-Je le sais bien ! le coupai-je, agacé. Et c'est pour cela que je te fais confiance !
Je raccrochai et me tournai vers Alice, satisfait. Celle-ci m'examina d'un œil sceptique.
-Alors tu es ami avec Jacob maintenant ? me demanda-t-elle.
-Je ne dirai pas ami… mais il est mon seul lien avec vous… avec Bella…
Quelques jours après mon arrivée à Seattle, dans un moment où j'étais triste et désespéré, j'avais eu besoin d'avoir des nouvelles de Bella. Ma famille me laissait régulièrement des messages sur mon répondeur et des sms et ce, même si je n'y répondais jamais. Mais aucun mot n'était jamais dit sur Bella. Incapable de rester dans l'ignorance plus longtemps, j'avais cherché le numéro des Black et je l'avais appelé. Je savais que Jacob pourrait répondre à mes interrogations sans me harceler de questions.
Et ça avait été le premier d'une longue série d'appel. Étrangement, je commençais à apprécier Jacob et ce même si penser que lui passait autant de temps qu'il le voulait avec Bella me rendait vert de jalousie…
-Alors tu crois que c'est ÇA la solution ? s'exclama Alice avec sarcasme. Demander à Jacob de suivre Bella comme son ombre ? Tu crois vraiment que cela va tout arranger ? Et… est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? Que Jacob lui colle aux basques ?
Mon corps se raidit : ce n'était pas ce que je voulais, bien sûr. Mais le Quileute était son meilleur ami. Il était le mieux placé pour la ramener à la raison et aussi, le seul en qui j'avais confiance pour veiller sur elle. Parce qu'il était amoureux d'elle.
Et si jamais Bella tombait elle aussi amoureuse de lui, si elle se consolait dans ses bras et bien… qui étais-je pour m'y opposer ?
Mes poings se serrèrent et je tentai de penser à autre chose. Des images de Bella et Jacob qui s'embrassaient passionnément déferlaient dans mon esprit, me donnant la nausée.
Non ! Je ne voulais pas les imaginer ensemble…. Je ne voulais pas…
-Respire Edward ! s'écria Alice en me fixant. Respire… tu fais peur à voir ! Est-ce que tu vas être malade ? Parce que j'aimerais mieux que tu ne vomisses pas dans ma voiture !
-C'est MA voiture je te rappelle, protestai-je d'une voix faible. Et arrête-toi sur le bord de la route s'il-te-plaÎt…
Ma demi-sœur s'exécuta. J'ouvris aussitôt ma portière et rejetai le peu de choses qu'il me restait dans l'estomac. Puis je me relevai et me laissai tomber dans mon siège. Alice me jeta un regard désolé avant de redémarrer la voiture.
-Ça t'arrive souvent d'être malade comme cela ?
-Heu… de temps en temps ! mentis-je.
-Donc tout le temps ! soupira-t-elle. Oh ! Edward… Il faut que tu reviennes… et pas seulement pour Bella ! Pour toi aussi ! Regarde-toi ! Tu ressembles à un mort-vivant. Tu meurs à petits feux!
-C'est peut-être ce qu'il y a de mieux, murmurai-je si bas que je crus qu'elle ne m'avait pas entendu.
Mais Alice se tourna vers moi; d'une main elle tenait le volant et de l'autre elle m'envoya une baffe derrière la tête.
-Je ne veux plus jamais t'entendre dire une chose pareille ! cria-t-elle, hors d'elle. Tu m'entends? Plus jamais ! Arrête de jouer les martyres ! J'en ai marre !
-Désolé Lily…
Je m'appuyai la tête contre la vitre et regardai le paysage défiler dehors… lorsque je pris soudain conscience de quelque chose.
-Alice, où est sur l'autoroute ?
-Bien sûr, répondit-elle simplement.
-Attends ! Où va-t-on ? lui demandai-je, craignant sa réponse.
-À Forks. Je t'ai dit que je te ramenais à la maison… Bella a besoin de toi. Jasper aussi d'ailleurs.
Je frappai un grand coup sur la vitre à côté de moi en poussant un cri de fureur. Mais pourquoi insistait-elle ? Je lui avais déjà donné ma réponse : et c'était non. Qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas dans ce mot ? Ne voyait-elle pas à quel point cette situation était pénible pour moi ?
-NON ! NON ALICE ! criai-je. Je ne retournerai pas à Forks ! C'est hors de question ! Pour Bella, le problème est réglé et pour Jasper… Jasper….
Je me tus et me pris la tête entre les mains. Mon Dieu ! J'abandonnais mon meilleur ami encore une fois ! La dernière fois que c'était arrivé, il avait fait une overdose et avait passé à un cheveu d'y passer… si sa mère n'était pas revenue de sa cuite habituelle plus tôt ce soir-là, mon meilleur ami ne serait plus de ce monde.
Et après je m'étais promis de ne plus jamais le laisser…
Je pris une grande respiration, retenant du mieux que je pouvais mes larmes.
-Je crois que la personne la mieux placé pour aider Jasper, c'est mon père. Il… saura convaincre madame Whitlock d'envoyer Jas en cure de désintoxication. Je crois que c'est la meilleure solution pour lui.
Alice me lança un regard et je vis que son joli visage était inondé de larmes.
-Oui, tu as sans doute raison pour Jasper… mais pas pour Bella !
Je poussai un soupir exaspéré, mais elle n'en tint pas compte et continua :
-Jacob ou Charlie c'est du pareil au même ! Ça marchera pendant un temps… mais Jacob ne pourra pas être avec elle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7… et à un moment ou à un autre, Bella réussira à échapper à sa surveillance. Et elle se précipitera pour aller voir James…
Je déglutis avec difficulté. Je savais que ma sœur avait raison… et je redoutais ce moment avec appréhension. Mais je me disais qu'au moins j'avais gagné quelques jours, peut-être même quelques semaines de répit.
-Edward, tu es le seul qu'elle écoutera…
-Alice, je t'ai déjà dit…
Elle me coupa en levant sa main.
-Je sais ce que tu as dit. Mais ne pourrais-tu pas revenir seulement une journée ? Le temps de la convaincre, de lui redonner l'espoir que tu reviendras bientôt auprès d'elle et de lui faire promettre qu'elle ne fera rien de dangereux…
-Tu veux que je lui mente ? demandai-je, incrédule.
-Oui, s'il le faut ! rétorqua ma sœur. L'important c'est que Bella soit en sécurité, non ?
Je fermai les yeux, réfléchissant. Revoir Bella. Être auprès d'elle, même si ce n'était que pour quelques heures…. À cette idée, des papillons s'envolèrent dans mon estomac et mon cœur s'accéléra. Le départ serait bien sûr encore plus difficile. Il serait encore plus pénible de vivre sans elle après l'avoir revu… mais est-ce que cela ne valait pas la peine pour avoir quelques heures de bonheur ?
-Imagine Edward, chuchota la voix de ma sœur, imagine… pouvoir serrer son corps frêle, mais si chaud contre toi. Passer ta main dans ses cheveux si doux… sentir son odeur de framboises et de vanille jusqu'à en être rassasié… pouvoir fixer ton regard dans ses yeux bruns si profonds qu'ils donnent l'impression de pouvoir sonder ton âme…
Je me pliai en deux. J'avais une telle envie de revoir Bella que cela en était douloureux.
-Embrasser sa bouche si tentante…
-Arrête Alice ! m'écriai-je en respirant péniblement.
Ma sœur se tut et je poussai un soupir de soulagement. Puis, sans ouvrir les yeux, sans me relever, je murmurai :
-C'est bon, tu as gagné ! Je rentre avec toi !
-YOUPI !!!! cria le démon qui me servait de demi-sœur, en signe de la victoire.
-Mais je rentre une journée pas plus ! Et personne ne doit savoir que je suis là hormis Bella et toi! Même pas papa et Esmée… et surtout pas Jasper ! Dans l'état dans lequel il est, il pourrait vendre la mèche à James et ce serait ma mort…
Et je ne disais pas cela qu'au sens figuré… je me doutais de ce qui m'attendait si Laurent apprenait que j'avais désobéi à ses ordres.
-Oui, oui, oui à toutes tes exigences, répondit Alice un grand sourire aux lèvres.
Elle avait un air tellement satisfait que je doutais qu'elle ait réellement compris ce que je venais de lui dire. À moins qu'elle croit que je ne pourrais plus repartir une fois revenu à la maison…
Bon, me restait maintenant à régler le problème le plus délicat : je devais trouver une excuse pour ne pas aller à la soirée que donnait Laurent. Il serait furieux, plus que furieux même puisque ce devait être le grand soir pour Alison et moi…
À l'idée d'échapper à ce calvaire, je sentis un soulagement intense se répandre dans tout mon corps. Je savais bien que je ne faisais que repousser l'échéance, mais je pourrais encore me regarder dans une glace pendant quelques jours au moins.
Mais qu'est-ce qui pourrait convaincre Laurent de me laisser tranquille pendant une journée? Quel mensonge serait assez convaincant pour qu'il y croit ?
J'eus soudain une idée. J'ouvris la radio et mis le volume au maximum avant de composer un numéro sur mon cellulaire. Alice me jeta un regard curieux, mais je lui fis signe de se taire. Ben répondit au bout de 3 sonneries.
-Hey Ben ! Muchos dias monsieur ! m'écriai-je en riant.
-Ed ? C'est toi ? D'où m'appelles-tu… je ne connais pas ce numéro !
-C'est le cellulaire d'un ami ! J'ai rencontré des gars de Seattle High School qui faisait l'école buissonnière et ils m'ont invité à me joindre à eux !
-Hey ! Ça fête plutôt fort à ce que je vois… mais tu ne devais pas venir à la fête chez Laurent ce soir ?
-Mais oui ! Je serai là… avec Alison !
Je pouffai de rire.
-Alison… Oh Alison… Finissons ensemble cette belle nuit d'amourrrrrrrrrr, chantai-je à tue-tête.
Ben éclata de rire à l'autre bout du fil, mais il reprit rapidement son sérieux et dit :
-Écoute Ed, je ne crois pas que ce soit une bonne idée que tu vois Alison dans l'état où tu es ! Tu lui ferais peur… et c'est la dernière chose que tu veux, non ?
-Mais non, je vais parfaitement bien ! Et je suis heureux ! HEUREUX BEN !
-Oui, je vois cela ! Continue à t'amuser et à être aussi heureux… je m'occupe de prévenir Laurent et Alison.
Je poussai un soupir à fendre l'âme.
-Très bien… alors pas de sexe pour ce soir !
-Non… mais tu te rattraperas bien un autre jour. Bonne journée Ed !
-Hey attend Benito ! Est-ce que je peux t'appeler si jamais on manque de stock aujourd'hui ?
-Ouais, bien sûr ! Pas de problème !
-Youhou ! Merci Ben ! À plush !
Et je raccrochai, me demandant s'il y avait vraiment cru. Si ce n'était pas le cas, j'espérais tout de même qu'il me couvrirait auprès de Laurent. Alice baissa le volume de la radio et dit, impressionnée :
-Wow ! Tu es plutôt bon comédien ! Je ne savais pas que tu mentais aussi bien… j'y ai presque cru !
Je lui fis un sourire triste.
-Lily… ça fait plus de 6 mois que je mens à tout le monde. Chaque jour je mets un masque. Alors j'ai appris à être plutôt convaincant.
Alice déposa une main douce sur la mienne.
-Moi j'ai su dès le début que quelque chose n'allait pas… tu ne m'as jamais trompé !
Je serrai ses doigts entre les miens, puisant du réconfort dans ce simple geste. La présence de ma sœur à mes côtés était comme un baume sur mon cœur… je savais qu'elle serait toujours là pour moi, quoi qu'il arrive. Je savais qu'elle m'aimerait toujours, que je resterai à jamais son crétin de demi-frère, peu importe ce que je ferai. Même si je ne le méritais pas.
Je lâchai enfin sa main et repris ma place, fermant les yeux.
Je dus m'endormir à ce moment, car je me réveillai en sursaut lorsque mon téléphone sonna. Je répondis d'une voix pâteuse :
-Allo ?
-Cullen ! cria mon interlocuteur et je reconnus la voix furieuse de Jacob.
Je me redressai dans mon siège. Pourquoi appelait-il ? Était-il arrivé quelque chose à Bella ?
-Jacob, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que Bella a…
-Je viens de la déposer chez elle ! J'ai dû aller la chercher chez ce petit con de Whitlock… ton ami James était là !
Je sentis mon estomac tomber en chute libre jusque dans mes talons et j'eus soudain l'impression que la voiture tanguait dangereusement. James… Bella… non ! Impossible !
Je restai silencieux, incapable de prononcer le moindre mot, attendant avec appréhension ce qu'y allait suivre.
-Ce fumier ! Je… il… si je n'étais pas débarqué à ce moment-là, il… il…
La voix de Jacob se cassa et je l'entendis prendre une grande inspiration pour se calmer.
-Il a osé poser la main sur elle, lâcha-t-il finalement.
Et bien que m'y attendais, cette phrase me fit l'effet d'une bombe. Ma mâchoire se serra et mon corps se mit à trembler sous l'effet de la fureur
Il avait osé… il avait touché à Bella… il lui avait fait du mal… Je serrai les poings si forts que mes ongles entrèrent dans ma peau, mais cela n'avait aucune importance. Je ne sentais plus la douleur… je n'étais plus que colère et fureur. Jamais auparavant je n'avais réellement souhaité la mort de quelqu'un !
-Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! marmonnai-je pour moi-même.
-Oui, c'est exactement ce que je m'apprêtais à faire, affirma Jacob d'une voix tremblante. Je suis devant chez ton idiot de meilleur ami justement… et je dois te dire que lui non plus je ne l'épargnerai pas ! Il était là, il regardait la scène et il n'a rien fait !!! Et la folle là, la copine du blondinet, elle va payer elle aussi ! Ils vont tous y passer !
Je regardai autour de moi et réalisai que nous n'étions qu'à quelques kilomètres de Forks. J'évitai délibérément le regard interrogateur d'Alice et je dis entre mes dents :
-Attends-moi ! Je vais avec toi ! Je veux être là pour démolir la gueule de ce salop !
-Non ! Cela prendra bien trop de temps ! Je veux…
-Je suis déjà en route Jacob ! Je suis là dans 10 minutes maximum ! Alors tu m'attends !
Mon ton était sans réplique.
-10 minutes pas plus ! lâcha Jacob avant de raccrocher.
Je fis de même et Alice m'assaillit aussitôt de questions. Je la fis taire d'un geste.
-Va plus vite ! Je dois être chez Jazz dans dix minutes !
-Quoi ? Mais pourquoi ? Que se passe-t-il Edward ? demanda ma sœur en appuyant tout de même sur la pédale du gaz.
-Ils vont payer Alice ! Ils ont fait du mal à Bella, mais cette fois ils vont payer ! Je ne les laisserai pas s'en tirer !
Les yeux d'Alice s'assombrirent sous la colère.
-Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?
-James a voulu la forcer à… à coucher avec lui !
Ma sœur accéléra encore notre vitesse. Je jetai un coup d'œil au compteur… 145 kilomètres/heures. Bien au-delà de la vitesse permise. Mais cela n'avait aucune importance… je voulais être là-bas au plus vite… l'adrénaline envahissait mon corps, mes poings me démangeaient… je n'avais plus qu'une idée en tête : me venger !
-As-tu une arme sur toi ? murmura Alice dans un sifflement furieux. Si c'est le cas, je viens avec toi et je m'en sers…
-Non, je ne l'ai pas sur moi.
-Dommage !
Nous arrivâmes devant chez Jasper 8 minutes plus tard. Jacob nous attendait, perché sur sa moto.
-Ta frangine ne vient pas tout de même ! lança-t-il dès que nous avons mis un pied hors de la Volvo.
Je jetai un coup d'œil à Alice.
-Bien sûr que non !
Jacob hocha la tête et me fit signe d'avancer vers la maison. Je m'empressai d'obéir, suivi aussitôt par mon compagnon. Je poussai la porte sans prendre la peine de cogner et j'entrai. À ce moment, je fus pris d'une sorte de rage destructrice et ce qui suivit ce moment est flou dans ma mémoire. Je me souviens d'un seul moment… celui où j'ai empoigné mon meilleur ami par le chandail, l'attirant vers moi d'un geste brusque. Jazz m'a fixé dans les yeux et son regard bleu a dit tout ce que sa bouche ne pouvait me révéler… il était désolé… sincèrement désolé de ce qui s'était passé. Je compris aussi que d'une certaine façon, il n'avait pas eu le choix. J'ignorais pourquoi, mais je le savais au fond de moi… Jasper n'aurait jamais laissé James toucher à Bella. Il serait intervenu avant. J'allais relâcher ma prise lorsque mon meilleur ami me fit vivement un signe de la tête.
-Non, articula-t-il silencieusement. Fais-le Edward ! Frappe-moi !
Et là, je l'ai fait… je l'ai frappé au ventre avant de le repousser vivement plus loin. Et ensuite… le vide total. Je ne me souviens même pas encore comment j'avais atterri devant chez Bella en fait, blessé et couvert du sang de mes adversaires. Je ne savais plus comment je suis entré dans la maison… tout ce que je savais, c'est que j'étais là, sur son lit, l'observant dormir. Elle ouvrit tout à coup les yeux et je ne pus m'empêcher de lui sourire. Elle était si belle, elle m'avait tant manqué !
-Bella, murmurai-je, je suis désolé… je ne voulais pas te réveiller !
-Edward ! s'écria-t-elle en se jetant dans mes bras.
Je restai interdit quelques secondes, puis fermant les yeux, je passai mes bras autour de sa taille et la serrai contre moi. C'était une sensation si merveilleuse que j'eus une soudain envie de rire de bonheur. Bella passa une main dans mes cheveux, provoquant une multitude de petits frissons dans mon corps.
Je pouvais enfin respirer librement… je vivais à nouveau… j'étais de nouveau près d'elle. Ma vie, mon espoir… ma Bella.
