NDLA : juste pour vous dire que je suis désolée du retard ! J'ai eu vraiment de très agréables reviews et je tiens à vous remercier, je n'ai malheureusement pas eu le temps de répondre à tout le monde mais sachez que chaque mot m'a fait plaisir ! Je ne vous oublie pas, quoi :)

25. You're So Damn Hot (O.K. Go)

« Deliah, je pars devant ! je lui crie en sortant, même si je doute qu'elle m'aie entendue. »

En descendant les escaliers je me rends compte que mes cheveux sont en bordel, alors j'entreprends de les démêler avec 'délicatesse', c'est-à-dire en farfouillant encore plus dedans. J'arrive dans la salle commune, toujours aussi préoccupée par ma tignasse désordonnée.

« Bordel, je me mets à jurer, énervée par mes cheveux ».

J'entends un rire sonore juste derrière-moi, et je me retourne brusquement. Sirius est là, la Gazette à la main, son postérieur à moitié posé sur le coin d'une table, avec une pose digne d'une publicité Burburry. Il s'avance vers moi en laissant son journal sur la table.

« Donne, je vais t'aider... »

Il est tout sourire, et je me sens rougir tout d'un coup. Je repense à ma discussion avec Jake et à tout ce que j'ai pu imaginer hier soir en m'endormant. Je me sens stupide, tout d'un coup.

Je sens ses doigts fins qui démêlent gentiment mes cheveux, près de l'oreille droite – je dors sur ce côté, ce n'est pas de ma faute ! – et je fixe distraitement sa chemise, devant mes yeux. Je sens encore cette odeur qui me devient de plus en plus familière, le parfum de Nuit Sans Lune. A la fois j'aime cette odeur et je la déteste. Elle me rappelle des souvenirs agréables et d'autres que je ne supporte pas.

« Tu portes de l'eau de cologne... je lui fais remarquer, comme si c'était une grande découverte. »

Je sens ses doigts qui arrêtent de manipuler mes mèches de cheveux brunes, mais il reste là, trop proche de moi, immobile.

« Oui. C'est Nuit Sans Lune, dit-il comme s'il m'apprenait quelque chose.

- William Ursel porte le même. »

J'ai lâché la phrase comme ça, sans attendre de réponse, sans intonation particulière. Juste un fait qu'il me plait de lui faire remarquer. Il recule pour me regarder dans les yeux.

« Tes cheveux sont démêlés, dit-il enfin.

- Merci, Sirius. Tu ne viens pas avec moi en bas ?

- Je te rejoins plus tard. »

Je le vois qui remonte vers le dortoir des garçons, et je descends enfin prendre mon petit déjeuner. Arrivée dans la Grande Salle, je passe d'abord dire bonjour à Jake à la table des Serdaigle, histoire de voir au moins s'il n'a pas la gueule de bois. Il m'accueille chaleureusement. Il tient bien l'alcool, ce garçon !

« On se voit en cours, me dit-il lorsque je retourne à la table des Gryffondor.

- A toute à l'heure alors ! »

C'est vrai qu'aujourd'hui on a cours avec les Serdaigle, en Sortilèges. Lily est posée sur les genoux de James et je vois Deliah qui est assise un peu plus loin, discutant avec Remus comme s'ils étaient de bons amis depuis toujours. Mon cerveau enregistre lentement l'information : Deliah est déjà là ? Alors ça veut dire qu'elle est passée devant moi et Sirius dans la salle commune, sans qu'on ne la voie ? Et pourquoi parle-t-elle avec Remus ? Ils rigolent bien à deux, pourtant je ne les ai presque jamais vus ensemble. Elle a même attaché ses longs cheveux blonds en un chignon désordonné – du négligé à la française, c'est obligé ! – alors qu'elle ne fait jamais rien de particulier pour changer son apparence... D'habitude, elle laisse sa chevelure tranquille et s'abstient de tout maquillage ou éléments un peu plus féminins. Elle est naturelle, tous les jours ou presque. Aujourd'hui semble être une exception.

Je m'assieds à côté d'elle, suspicieuse. Elle s'arrête aussitôt de parler avec Remus et se retourne vers moi. Est-ce qu'elle le draguait ? Attendez un instant... est-ce que ce serait lui, son mystérieux voleur de baiser ? Remus Lupin ?

« Alors, ton rendez-vous avec Jake ?

- C'était vraiment sympa, tu nous as manqués... Tu t'es faite belle aujourd'hui ?

- Euh, non pas spécialement... Enfin, peut-être un peu. Y a eu... Owen m'a proposé de l'accompagner dans la salle magique dont tu m'as parlé, je suis supposée le rejoindre à midi.

- Oh, mais c'est trop cool ça ! J'espère que ça se passera bien, je lui dis en souriant.

- Aussi bien qu'avec toi et Sirius ? me demande-t-elle avec un sourire narquois sur les lèvres. »

Je repose mon croissant et me fige.

« Qu'est-ce que... tu veux dire par là ?

- Vous aviez l'air assez occupés tout à l'heure dans la salle commune, je n'ai pas osé vous déranger.

- Ce n'est absolument pas ce que tu crois. Tu ne vas pas t'y mettre aussi, après Jake !

- Tu vas vraiment me faire croire qu'il n'y a rien ?

- C'est un ami, c'est tout. J'admets qu'il est beau, et même sexy, si tu veux, et peut-être que je suis légèrement attirée comme n'importe quelle autre fille de Poudlard, mais il n'y a rien de plus que cela ! Une amitié platonique, et rien d'autre. »

Je m'arrête de parler, et je vois que Sirius a débarqué aux côtés des autres maraudeurs entre temps. J'espère qu'il ne m'a pas entendue... James lui adresse la parole, Lily toujours contre lui.

« T'étais passé où ? On aurait eu le temps d'engloutir trois petits déjeuners, pendant que t'étais pas là...

- J'étais remonté prendre une douche.

- Une deuxième ? T'es pas bien, Patmol ? De la fièvre ou quoi ?

- Non, dit-il en louchant sur son assiette. Juste... une odeur dont je voulais me débarrasser. »

Je relève la tête et le fixe du regard. Il a été se débarrasser de son eau de Cologne ? Juste parce que je lui ai dis que Ursel avait la même ? Mais... Pourquoi ? Je vois Deliah, à ma gauche, qui sourit à Remus, et vice-versa. Et puis qu'est-ce que ces deux là mijotent, d'abord ? Autant de questions qui resteront sans réponse, puisque le premier cours va bientôt commencer...

Deliah

Fuck, mais qu'est-ce qu'il fout ? Il est midi passé depuis 5 minutes, et on avait dit midi pile, à ce que je sache. Je n'aime pas traîner toute seule dans ce coin, c'est rempli de Serpentards qui me reluquent comme si j'étais un bon gros cookies à dévorer au quatre heure. Je deviens un peu parano, depuis que ce gars m'a 'prise pour proie' selon Owen. Bien que je ne comprenne pas trop ce qu'il a voulu dire par là. Je vois soudain des cheveux flamboyants qui foncent vers moi. Une fille rousse vient me toiser d'un regard méprisant.

« C'est toi, Deliah Jones ?

- Aux dernières nouvelles, oui... je dis avec hésitation.

- Si j'étais toi, je ne resterais pas ici. Et je m'éloignerais d'Owen, aussi... Fréquente donc des gens de ta propre maison, tu veux ? »

Je la regarde, interloquée. Que je fasse quoi ?

« Tu es qui, pour me dire ce que je dois faire ? »

Elle laisse échapper un petit rire méprisant.

« Ecoute-moi bien, petite lionne... Ici, c'est nous qui faisons la loi. Owen n'a que deux options qui s'offrent à lui, s'il veut continuer son petit manège : dégager le passage et nous foutre la paix, ou bien s'allier à nous. Nero penche peut-être plus pour la première option, mais je ne suis pas dupe. Owen est un Serpentard tout ce qu'il y a de respectable. Il a des valeurs qui collent bien à notre Maison, et il sait où sont ses intérêts. Il choisira la voie de la raison. Et à ce moment-là..., dit-elle en rapprochant son visage du mien, il laissera tomber ses préoccupations les plus basses, et comprendra enfin avec qui il vaut mieux s'allier... »

Elle recule, balance ses cheveux roux en arrière, et soulève un sourcil.

« Je ne vois vraiment pas qu'est-ce qui peut l'intéresser chez toi. »

Et avant que je n'aie l'occasion de répliquer quoique ce soit – parce que c'est sûr, j'allais lui faire mordre la poussière à cette poufiasse qui se mêle de ce qui ne la regarde pas ! – elle repart dans le couloir et s'éloigne avec une démarche digne des plus grandes salopes de Poudlard.

« Pour qui elle se prend ?

- Qui donc ? »

Je me retourne vivement, surprise. Ce n'est qu'Owen, qui fronce les sourcils, intrigué.

« Tu m'as fais peur...

- Désolé. De qui tu parlais ?

- Une fille, je ne sais pas pour qui cette pétasse se prend, mais elle vient plus ou moins de me dire que tu étais chasse-gardée. »

Je n'en reviens pas. Et ça me fait tellement bizarre, de le voir à moins d'un mètre de moi, quand je me souviens de ce qui s'est passé la dernière fois. Je me rappelle de chaque seconde avec exactitude... Lorsqu'il m'a plus ou moins forcée à l'embrasser. Oui, bon, d'accord, j'étais totalement ravie et plus que consentante ! Mais c'était quand même un peu brusque et inattendu.

« Je n'appartiens à personne. »

Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Que je n'ai aucune chance de vivre un jour une relation exclusive avec lui ? Ou bien qu'il est libre et que je peux tenter ma chance ? Ce mec n'est pas clair. Je le suis dans le couloir, et il s'arrête devant une grande porte boisée que je ne pense pas reconnaître. Il ouvre et me tiens la porte comme un gentleman. J'entre dans cette pièce sombre, peu meublée et assez froide.

« Alors c'est ici…

- On peut faire la potion du cours de Slughorn pour la semaine prochaine si tu veux.

- Comment ça fonctionne ?

- Tu dois penser fortement à la potion que tu veux produire, et les ingrédients et outils apparaîtront sur la table, à l'exception des plus rares ou des illégaux.

- C'est assez simple…

- En réalité pas tellement, il suffit que tes pensées dérivent un instant vers autre chose, et tu n'auras pas les ingrédients voulus. Ça demande une certaine force d'esprit. »

Je fais oui de la tête, et je m'approche de la table au centre. Je vois du coin de l'œil qu'Owen me suit du regard. Il a un sourire en coin, comme s'il s'apprêtait à faire un mauvais coup. Sincèrement, je me suis posé la question : est-ce que je dois plus avoir peur de ce type qui s'appelle Nero et de ses deux associés, ou bien d'Owen lui-même ?

« C'est pour Glenn, que tu as accepté de m'emmener ici, n'est-ce pas ? »

Je lui pose cette question par principe, mais c'est de l'ordre de la rhétorique. Je ne sais pas encore s'il va me répondre, cependant…

« Non. C'était par curiosité. »

Je relève la tête vers Owen, intriguée.

« Par curiosité ? Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Il s'est rapproché de quelques pas et je le vois sourire, toujours.

« Tu as visé juste, la dernière fois qu'on s'est parlé en tête à tête : je ne te connais pas, et l'inverse est vrai aussi. Je ne savais pas que tu étais le genre de fille qui irait jusqu'à protéger un Serpentard alors que celui-ci vient de te rejeter. Je savais, bien entendu, que tu éprouvais quelque chose pour moi… Ne rougis pas, je ne dis pas cela pour me moquer. Je ne savais pas non plus que tu aimais le cours de potion. En fait, j'ignore tout un tas de choses sur toi, et ma curiosité m'a poussé à saisir cette occasion de mieux te connaître. »

Il s'arrête un instant et je ne réponds pas. Qu'est-ce que je pourrais bien lui dire, que répondre à cela ? Il se rapproche encore et à présent je suis assez près de lui pour sentir les effluves de son eau de Cologne. A moins que ce ne soit son odeur naturelle ? Non, Owen est du genre a porter un parfum, je le sais.

« Peut-être aussi, reprend-t-il, que j'avais envie de m'amuser un peu. »

Il ressort son sourire carnassier et je sens ma respiration qui s'affole. Il a le visage penché, ce petit air adorable posé sur ses lèvres pleines et ce regard malicieux. Mais je ne suis pas d'accord. Je ne veux pas être à nouveau son jouet, ça ne se passera pas comme la dernière fois. Je rassemble mon courage de Gryffondor et je reprends mon souffle. Je le fixe dans les yeux.

« Qui te dis que c'est toi qui tiens les rennes, cette fois ? »

Je lui renvoie son sourire, auquel il répond par un haussement de sourcil. Je me rapproche de lui, juste encore un peu… Et là, sans réfléchir plus longuement, je passe ma main sur sa nuque et je l'embrasse. Mes lèvres accueillent les siennes comme si j'avais attendu cela toute ma vie, je retrouve enfin cette sensation qui me brûle le ventre comme la première fois, une envie irrésistible d'avoir plus… Il répond à mon baiser avec un naturel surprenant, comme si cela était tout à fait normal. Ses bras se sont emparés de ma taille et je respire son odeur tout en savourant le goût de sa bouche… Puis je mets fin à tout contact. Il me regarde, étonné, surpris, les joues en feu. Il est sublime.

« Au prochain… baiser volé ! »

Je souris à son visage abasourdi, et je fuis sans plus de délai. Jeez, je suis fière de moi !

Fin Deliah