Chapitre 25 : Effeuillage

! Attention ! Scènes chaudes !

Ce chapitre pourrait choquer les plus jeunes lecteurs !

Une fois à l'intérieur de la demeure, Alain se demandait par où il devait aller pour trouver leur chambre nuptiale. Il ne mit pas longtemps à le découvrir : Rosana avait eu la bonne idée de disposer des petites bougies tout au long du chemin à suivre. Il se dit qu'il faudrait qu'il trouve un compagnon à cette personne si attentionnée. Après tout s'il n'était pas tombé amoureux de Sofia, il aurait très bien pu succomber aux charmes de la belle rousse.

Alain suivit le chemin de lumière tracé par les petites flammes, sa femme sur l'épaule. Ils arrivèrent enfin devant une porte ouverte qui laissait apparaître l'intérieur de la pièce : la chambre nuptiale. Le jeune couple franchit le pas de la porte et l'homme fit doucement glisser son épouse le long de son épaule. Sofia fit alors face à son mari ; elle le regardait avec des yeux emplis d'amour. Alain s'approcha d'elle et l'embrassa tendrement.

ALAIN : je pense que nous devrions nous mettre à l'aise.

Il se sépara de sa femme pour ôter sa veste et ses bottes ; puis il se dirigea près du pot à eau et se rafraîchit le visage. Sofia avait observé son époux sans bouger, intimidée par leur solitude. Quand Alain se glissa près d'elle, elle sursauta presque tirée de ses pensées.

ALAIN inquiet : ça va ?

SOFIA timidement : oui… Pourriez vous m'aider ?

ALAIN en se plaçant derrière sa femme : bien sûr.

Sofia retira les épingles qui fixaient sa coiffe. Ses cheveux retombèrent dans son dos en une longue natte qu'Alain déposa délicatement par-dessus l'épaule de la jeune femme. Sa main frôla la chair chaude du cou fin créant un léger frisson dans le corps de Sofia. Puis il déboutonna une à une les attaches de la robe de la mariée.

Il avait l'impression de revivre l'intensité qu'il avait vécu quelques mois auparavant lors de la fête de l'été. Sofia avait également l'impression de renouveler ce moment. La différence était qu'à présent Alain était son mari et qu'aucun pêché n'était à redouter. Elle aimait son jeune mari et savait qu'il souhaitait faire d'elle sa femme, pleinement. Elle voulait donner son corps à celui qui possédait déjà son cœur, mais l'inconnu et l'appréhension étaient ses compagnons.

Alain s'appliquait à ouvrir chaque boutonnière, si bien qu'après quelques instants, les pans de la robe s'écartèrent d'eux-mêmes sur les épaules de Sofia. Avec d'infinies précautions, il les fit glisser le long des bras de sa femme, de sa fine taille, puis se baissant, il accompagna l'étoffe jusqu'au sol. Un genou à terre, Alain posa sa main le long d'une des jambes féminines, la souleva pour la dégager de la robe. La jambe était douce sous sa main mais il pouvait sentir la tension qui en émanait. Légèrement déséquilibrée par le mouvement, Sofia s'appuya sur les épaules de son mari pour se maintenir debout.

Alain releva alors son regard vers sa femme : leurs yeux brillaient d'une étrange lueur, comme si chacun essayer de sonder l'âme de l'autre. L'homme glissa sa main jusqu'au soulier de sa femme, caressant imperceptiblement le tissu soyeux, puis libéra le pied de Sofia. Avec une lenteur démesurée, il saisit la seconde jambe, à son tour, la maintint par le mollet et de même façon la libéra de la robe de mariée et dégrafa le soulier. Il glissa ensuite sa main à l'arrière de la cheville gainée de blanc, dégagea le cuir et câlina le pied ainsi offert.

Le sang de Sofia commençait à bouillonner dans l'ensemble de son corps. Les mains d'Alain s'attardaient sur ses jambes en des mouvements qui lui semblaient exacerber ses sensations. Comment le simple fait de lui retirer sa robe et ses souliers pouvait autant la faire réagir. Son corps se tendait à chaque nouveau frôlement d'une de ses mains masculines. Alain percevant le trouble qui envahissait sa femme se releva à sa hauteur, le regard toujours ancré dans le sien.

Le jeune homme ne tarda pas à emprisonner les lèvres chaudes de Sofia dans les siennes ; ces lèvres s'ouvrirent sans aucune résistance, accueillant la langue jumelle dans une course sensuelle. Les mains d'Alain ne purent rester bien longtemps inactives : elles saisirent pleinement le corps encorseté cherchant à pénétrer le carcan pour des caresses plus profondes. Ses doigts finirent par trouver une faille à la lisière des jupons ; en effet ils créèrent un espace sous le lien qui soutenait les étoffes, révélant ainsi un accès aux rondeurs de son épouse. Sentant la pression des larges mains sur la peau ferme de ses fesses, Sofia s'approcha d'autant plus de ce corps enfiévré de désir.

Mais plus le baiser prenait de l'intensité, plus Alain avait du mal à se contrôler. Il devait se ressaisir : Sofia n'était pas une des ces filles qui couchaient un soir, c'était son épouse, la femme de sa vie. La nuit de noces serait leur première nuit ensemble : il ne devait pas se comporter comme un moins que rien : satisfaire son désir au détriment de celui de sa jeune femme. Non !

Il voulait que Sofia profite pleinement de cette nuit. Il voulait que ce corps de femme ne reconnaisse que lui comme partenaire. Il voulait graver son empreinte dans sa chair : il la ferait femme mais pour cela il lui donnerait avant de recevoir. Il essayerait de la combler avant de satisfaire son propre désir.

Doucement pour ne pas la brusquer, Alain dénoua le lien qui fixait les jupons de la mariée, prenant garde d'adoucir leur baiser. Sofia fut dans un premier temps surprise du changement d'attitude de son mari, puis sentant les mains masculines se frotter au corset, elle en déduisit qu'il voulait la libérer de ces étoffes encombrantes. Elle posa alors ses mains sur celles d'Alain et accompagna avec elle le mouvement de dégagement de ses hanches ; les jupons glissèrent ensuite sans contrainte vers le sol dans un bruit sourd. Sofia ne portait à présent plus que ses corset et bustier, sa culotte et ses bas.

Alain voulait la déshabiller lui-même : il voulait qu'elle découvre les milles et unes sensations qui dormaient dans son corps. Il ralentit son baiser avec sa femme, l'arrêtant progressivement puis libéra ses lèvres gonflées d'envie. Ses larges mains se posèrent ensuite sur la fine taille de Sofia, laissant des empreintes de feu à travers le tissu, parcourrant le chemin jusqu'à ses cuisses. Là, il glissa une de ses mains vers l'intérieur de la jambe de sa femme tandis que l'autre l'envahissait par l'extérieur.

Sofia sentit son cœur défaillir : elle se souvenait de ces aiguilles sensuelles qui avaient tiraillé son corps ; elles étaient à nouveau présentes en elle mais leur effet semblait être décuplé. Les mains chaudes d'Alain s'insinuèrent alors dans le premier bas, au-dessus du genou et enroulèrent délicatement le tissu sur lui-même, revenant régulièrement en arrière sur la peau dénudée pour à nouveau enrouler le bas. Petit à petit, la jambe de Sofia fut dévoilée au regard envieux de son homme. Sans attendre, Alain renouvela la chose sur l'autre jambe, le bas rejoignant son jumeau au sol.

Malgré ses bonnes résolution, Alain sentait son corps répondre aux courbes de ce corps de femme peu à peu libéré de toute étoffe. Son corps se tendait inlassablement, ses mains se retenaient de saisir effrontément ces deux fruits du pêché qui le narguaient au rythme de la respiration accélérée de Sofia.

Le regard d'Alain glissa sur les rondeurs de sa bien aimée : ses seins, deux petits bijoux tendres, ses hanches, appelant ses mains à les saisir, ses jambes tentatrices qui réclamaient milles caresses et baisers. Elle était là devant lui, immobile, ne cherchant ni à se dérober sous son regard, ni à risquer le moindre geste. Sofia ignorait le tumulte qui inondait les sens de son époux.

Alors le plus innocemment, elle s'approcha de lui, posa ses mains sur cette poitrine et doucement, timidement, entreprit de défaire le nœud qui fermait la chemise d'Alain. L'homme sentit à son tour son cœur saccader au rythme des effleurements de ces doigts emplis de douceur. Fiévreusement, il sentit des torrents de lave émerger aux endroits où les mains délicates caressaient imperceptiblement sa peau. Il fut parcouru d'un frisson presque glacial dans le haut du corps tandis que ses entrailles brûlaient de mille feux.

Les yeux dans les yeux, la jeune mariée fit glisser ses paumes sur le torse, sur les flans jusque sur les reins de cet homme accompagnant ses mouvements de baisers dispersés au grès de ses émotions. N'y tenant plus, Alain prit le visage de Sofia dans ses mains pour l'amener à lui. Elle le fixa intensément, telle une prière à l'embrasser, ce qu'il exécuta sans attendre. Emportés par ses sensations, les doigts de la comtesse parcoururent toutes les courbes du dos de son aimé, caressant chaque parcelle, chaque recoin. Alain voulait mettre son empreinte en Sofia… en réalité c'était elle qui tatouait en rivières de feu ses arabesques de plaisir.

D'un commun accord, Alain se débarrassa de sa chemise devenue trop encombrante et offrit ainsi son torse aux mains expertes de sa femme. Les baisers ne cessaient de se succéder, plus pénétrants, plus intenses, plus vibrants à chaque nouvel essai. Les corps échauffés semblaient se fondre l'un dans l'autre. Alain pouvait sentir les rondeurs de Sofia glisser contre sa poitrine tandis que sa virilité demandait inlassablement à se libérer de sa prison de tissu.

Poursuivant leur échange de baisers, il fit doucement glisser ses doigts dans le dos de Sofia ; attrapant les précieux lacets, clefs du carcan de tissu, il commença à en défaire le nœud. Quittant la bouche de Sofia pour l'arrête de son cou, taquinant du nez le lobe de son oreille et déposant à chaque souffle une empreinte sur cette peau blanche, les mains d'Alain s'attelaient à tirer les lacets hors de œillets.

Bien plus à l'aise avec les liens, le corset fut bientôt débarrassé de ses lanières qui le maintenait et commença à dégager le buste de la jeune femme. Un instant plus tard, la poitrine et la taille de Sofia retrouvèrent leur liberté. Gonflés de désir, ses seins se dressèrent fièrement, tendant le fin tissu du corsage dentelé et invitant son partenaire à les admirer.

Alain poursuivit alors ses tortures le long de la gorge de sa femme jusqu'à la naissance de ses seins, embrassant chaque millimètre de peau, s'attardant sur le moindre grain de beauté, respirant le parfum enivrant du désir. Pendant ce temps, les doigts de Sofia quittaient instinctivement le torse de son époux pour venir se glisser dans sa chevelure, caressant les cheveux sombres et approfondissant imperceptiblement le contact entre son corps et les lèvres masculines.

Au fil des minutes, la fièvre montait. Le cœur de Sofia se gonflait dans sa poitrine prêt à exploser, comme si chaque nouveau baiser d'Alain le gonflait d'autant plus. Comment un homme pouvait il lui faire autant d'effet ? Son bassin commençait presque à la faire souffrir : elle se sentait tiraillée par les fils du plaisir ; elle voulait y mettre fin, elle sentait que ses chairs allaient se déchirer si elle ne faisait rien, si elle ne stoppait pas tout cela ! Mais, même si son corps réclamait que cela cesse, son esprit, lui en voulait toujours plus !

Prise par une folie audacieuse, elle défit le fin ruban qui maintenait sa poitrine prisonnière de l'étoffe et ses mains quittèrent la forêt d'ébène pour débarrasser son buste de son corsage. Surpris par une telle offrande, Alain releva le visage vers sa femme, abandonnant l'espace d'un instant la douce chaleur de ses rondeurs avant d'y replonger plus profondément encore. Une course fantastique commença alors sur la poitrine de Sofia : une course effrénée où lèvres et mains tentaient à leur tour de prendre le dessus. La langue humide laissait des sillons de fraîcheur et les doigts, des sillons incendiaires.

Ils étaient à présent tous les deux torse nu, l'intimité de la jeune femme encore préservée par sa culotte alors qu'Alain sentait de plus en plus le besoin, non l'urgence, de se débarrasser de ce pantalon qui empêchait son désir de s'exprimer pleinement. Le corps semblant répondre à cette prière muette, les mains de Sofia virent se glisser au cœur de ce tissu tendu. Elle ne réalisa son geste que lorsque ses doigts touchèrent la peau brûlante de son sexe.

Honteuse de son audace, elle voulut ôter sa main aventureuse quand une main large vint à son contact. Sofia croisa alors le regard enfiévré de son époux. Hypnotisée par le désir qui se reflétait dans les yeux d'Alain, elle caressa doucement, tout d'abord, le membre tendu ; puis réalisant le plaisir qu'il ressentait à ce contact, s'enhardit et accentua ses cajoleries. Alain entreprit d'enlever son pantalon mais dix doigts agiles prirent en charge cette mission : cinq doigts abandonnèrent son membre en érection pour rejoindre les cinq autres qui avaient subrepticement atteint une de ses fesses. Alors le plus sensuellement possible, le tissu frôla ses cuisses et vint rejoindre la robe de mariée à leurs pieds.

Poussé par la montée incessante du désir, il prit sa femme dans ses bras et l'allongea sur le lit nuptial, en prenant soin d'entraîner l'étoffe qui occultait encore la féminité de Sofia, vers un lieu d'oubli. Il prit un interminable instant pour admirer chacune de ses courbes avant de poser ses lèvres sur chaque rondeur accessible. Le corps de Sofia, au bord de la déchirure, se tendait comme un arc, appelant sans cesse Alain à accomplir son œuvre.

Répondant à sa supplique, les mains masculines glissèrent le long des cuisses de la jeune femme, les écartèrent légèrement afin que le bassin d'Alain puisse prendre place près de son intimité. Il embrassa ses lèvres, prolongea ses mille caresses sur ses seins, sa taille, ses cuisses… puis écoutant, sentant le corps de femme répondre à chaque caresse, chaque baiser, il vint en elle… doucement, sans précipitation…. Il effaça en un éclair le voile de sa virginité pour pénétrer un peu plus en elle. Après un tendre regard vers ses yeux, après un accord de ses lèvres, il se mut doucement, imperceptiblement, cherchant à procurer à Sofia tout le plaisir que son corps était prêt à recevoir. Petit à petit les hanches féminines se pressèrent davantage contre le bassin d'Alain, les mains délicates s'accrochèrent à ses épaules et son souffle se faisait plus intense. Elle était prête ! Il le savait… il accéléra progressivement son mouvement jusqu'à l'ultime instant de leur délivrance… ils étaient à présent mari et femme.

FIN

Note de l'auteur : merci d'avoir accompagné Alain et Sofia dans leur « rencontre improbable », merci à tous les commentaires enrichissants. Un merci tout particulier à la Famille de Fersen et au Comte de Piper pour leur participation à cette fic, même si leur caractère ne correspond a priori pas à la réalité historique. (Myminette, août/septembre 2005)