Note d'auteur : Ayant appris une mauvaise nouvelle, je n'ai pas le courage de vous faire un long discours aujourd'hui. Juste, merci de me lire encore et de laisser des reviews, ça me fait vraimnt chaud au coeur :)

Comme l'a fait remarquer CompotedePomme, c'est vrai que la tournure que prend l'histoire ressemble fortement à Moulin Rouge, et ça se confirme avec ce chapitre...En fait, j'ai dû m'en inspirer insconsciemment... Désolée donc si ça se ressemble, mais je vous jure, j'ai pas fait exprès ^^

De plus, j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre, j'espère donc qu'il vous plaira quand même...

Bonne semaine, et à samedi prochain...


CHAPITRE XXV

Le baiser de Judas

Un brouhaha se fit entendre à l'intérieur de la salle de classe, indiquant que le cours touchait à sa fin, et que les élèves ne tarderaient pas à sortir de la pièce tels un troupeau de gnous affamés. Hermione attendait, adossée contre le mur près de la porte, que cette dernière s'ouvre et laisse sortir le professeur Thorn, afin de s'entretenir avec lui, et de mettre au point son plan de la veille. Elle n'avait pas vu Severus depuis le début de la journée, et avait dû prétexter aux autres professeurs qu'il était souffrant. Elle soupçonnait qu'il soit resté dans ses appartements, mais n'avait pas osé aller le déranger pour vérifier.

Quand enfin la cloche sonna la fin du cours, la porte s'ouvrit brusquement, et les élèves détalèrent pour se rendre dans la salle à manger, entendant à peine leur professeur leur donnant leurs devoirs pour le cours suivant. Quand tous furent sortis - ce qui ne prit qu'une demi-minute - Hermione s'approcha doucement de l'entrée de la salle, encore ouverte, et frappa doucement contre le panneau de bois, prévenant le professeur, assis à son bureau, de sa présence.

« Bonjour Miss Granger ! s'exclama-t-il, ravi de la présence de la jeune femme. Que me vaut l'honneur de votre visite ?

- Professeur Thorn, ou puis-je vous appeler Emil ? » commença-t-elle d'une voix qu'elle voulait aguicheuse.

Il acquiesça, un sourire béat aux lèvres.

« Je me demandais si vous me permettriez de passer à vos appartements ce soir…Il y a un sujet dans livre sur la métamorphose dont j'aimerai discuter avec vous…

- Bien sûr, lui répondit-il, agréablement surpris. Mais, vous ne voulez pas en parler maintenant ?

-Oh, non…lui dit-elle, en avançant lentement vers lui. Je pensais que nous serions plus…tranquilles, chez vous…

- Et bien, d'accord…Heu, ce soir, vingt et une heure, chez moi ? Mes appartements se situent au bout du couloir du deuxième étage, à la place de ceux de feu-Mrs Grahn…

- Parfait, dans ce cas, à ce soir… » conclut une Hermione quelque peu bousculée à l'évocation du nom de la sorcière.

Elle sortit comme elle était entrée, n'oubliant pas au passage de gratifier le professeur d'un regard plein de sous-entendus. Une fois dans le couloir, elle rejoignit au plus vite ses appartements. Si Thorn avait été déconcerté, pas une seconde il n'avait douté de sa sincérité, et n'avait aucunement pensé qu'elle pouvait se jouer de lui, ce qui arrangeait bien la jeune femme. S'il agissait avec autant d'innocence le soir même, alors l'informations dont avait besoin Hermione serait plus facile à obtenir qu'elle ne l'aurait cru.

A présent, la jeune femme courait dans les couloirs, et ne s'arrêta qu'une fois arrivée devant la porte de ses appartements, luttant de toutes ses forces pour ne pas pénétrer dans ceux de Severus. Il y parvint finalement, et rentra chez elle, essayant de rassembler le peu de courage qu'il lui restait. Ce serait ce soir que tout se jouerait…

Le soir venu, Hermione, assise sur un fauteuil, contemplait d'un air absent le feu qui crépitait dans la cheminée. Bientôt, il serait l'heure pour elle d'y aller. La jeune femme n'avait put descendre manger, certaine que son estomac refuserait d'ingérer quoi que ce soit. Lorsque l'unique horloge de la pièce sonna vingt et une heure, elle se leva lentement, son corps lui paraissant peser une tonne.

Elle arriva quelques minutes plus tard devant la porte des appartements de Thorn. Prenant son courage à deux mains, elle frappa contre le panneau de bois d'une poigne forte, contrastant avec son état d'esprit actuel. Seulement quelques secondes après, la porte s'ouvrit, laissant apparaître un Thorn qui semblait surpris de la voir.

« Hermione ! Je suis étonné, je ne vous ai pas vu au dîner, je pensais que vous ne viendriez pas…

- Oh…répondit-elle, j'étais un peu souffrante, mais ça va mieux maintenant. Et puis, je n'aurais manqué pour rien au monde notre petit rendez-vous… »

La jeune femme se félicita intérieurement pour ses talents d'actrice improvisés, compte tenu du malaise qu'il la prenait en réalité à cet instant. Le professeur s'écarta alors, afin de la laisser entrer, puis il referma la porte derrière elle. Respirant profondément, Hermione alla s'assoir sur le canapé avant même qu'il ne l'ai invité à le faire.

« Vous n'avez pas apporté le livre dont vous m'avez parlé ? lui fit-il remarquer.

- Nous n'en aurons pas besoin… » répliqua-t-elle doucement.

Elle tapota des sa paume la place vide à ses côté, l'invitant à s'installer près d'elle. L'homme ne se fit pas prier, et la rejoignit.

« Vous ne m'offrez rien à boire ? lui demanda-t-elle dans une tentative d'alléger l'atmosphère.

- B-bien sûr… » s'excusa-t-il.

Bon, ça ne partait pas trop mal. L'homme semblait intimidé par la jeune femme, mais elle aurait tôt fait de régler ce léger problème.

Après qu'il eut posé devant eux un plateau contenant deux tasses de thé, apporté par un elfe, Thorn revint s'assoir, l'air gêné.

« Allons…Détendez-vous… » sourit Hermione, tout en se rapprochant imperceptiblement de lui. Alors qu'elle posait sa main sur l'épaule du professeur, une sensation de déjà-vu s'imposa à son esprit. Le canapé, les tasses de thé…et surtout la voix de Severus qui répétait inlassablement dans sa tête : « N'y vas pas… »

Elle secoua légèrement la tête, comme pour chasser ces pensées de son esprit, et se tourna de nouveau vers son hôte.

« Vous savez, reprit-elle, le livre n'était qu'un prétexte…

- Ah oui ? lui demanda un Thorn désormais un peu plus intéressé.

- Oui. Disons que je voulais juste…passer un peu de temps avec vous… »

Thorn lui sourit alors qu'elle se mordillait légèrement la lèvre…

« Pardon, peut-être suis-je un peu trop entreprenante…

- Non, non pas du tout ! s'exclama-t-il.

- Tant mieux… » conclut la jeune femme avant de se rapprocher encore un peu plus de lui. A présent, leur cuisses se touchaient.

Décidant qu'il était temps d'agir, Hermione approcha son visage de celui de Thorn, et posa ses lèvres sur les siennes, froides et sèches. Il prit son visage entre ses mains, et appuya un peu plus sa bouche contre celle d'Hermione, faisant en sorte que leurs langues se rencontrent. Ne sentant pas le léger mouvement de recul de la jeune femme, il entoura son dos de ses bras, et vint la poser sans douceur sur ses cuisses.

A califourchon sur les genoux de l'homme, et malgré la légère brutalité avec laquelle il s'y prenait, Hermione ne comprenait pas pourquoi elle ne ressentait absolument rien dans ses bras. Après tout, il était un homme, et elle une femme, n'était-elle pas sensée éprouver quelque chose alors qu'il passait sa main sous son pull, frôlant sa peau de ses petites mains ?

Alors qu'elle était toute en proie à ses réflexions, Thorn la souleva et la porta dans sa chambre. Nouvelle sensation de déjà vu. Ca commençait à devenir pénible…

Quand il la jeta sur le lit, Hermione eu a peine le temps de reprendre ses esprit qu'il se positionna sur elle et fondit sur son cou, lui mordillant étrangement le lobe de l'oreille.

« Quelle…ardeur ! » ironisa Hermione, un sourire jaune au bord des lèvres.

Il laissa alors de côté son cou, s'occupant à présent de son chemisier, dont les boutons sautèrent les uns après les autres. Mettant de côté sa gêne naissante, Hermione entreprit de lui caresser les cheveux, afin de penser à autre chose. Et toujours cette voix dans sa tête, « N'y vas pas… »

Lorsque son chemisier tomba à terre, Thorn porta la main à son pantalon, commença à l'ouvrir, et remonta lentement la jupe de Hermione, qui dut alors réprimer un haut le cœur, et inconsciemment, elle commença à repousser l'homme. Il releva la tête vers elle, et lui demanda :

« Est-ce que tout va bien ?

- Oui… » répondit Hermione, alors qu'une boule commençait à se former dans sa gorge.

Thorn reprit ses activité, ne se préoccupant plus de la jeune femme. Il remonta ensuite vers sa bouche, dans l'espoir de l'embrasser. Ne sachant pas vraiment pourquoi, Hermione détourna la tête, et les lèvres de l'homme virent rencontrer sa mâchoire, puis il continua son chemin vers son cou, puis sa clavicule. Mais alors qu'il descendait sa main le long des cuisses de la jeune femme, et commençait à les écarter, Hermione reprit soudainement conscience, et des larmes se formèrent aux coins de ses yeux, et virent se perdre dans ses cheveux emmêlés.

Elle se demanda alors pourquoi elle faisait cela, et repoussa totalement Thorn, qui s'apprêtait à lui ôter ses sous-vêtements. Sous la violence du coup d'Hermione, l'homme vint s'écraser sur le lit, ignorant ce qui lui arrivait à cet instant.

« M-mais Hermione…Qu-que se passe-t-il ?

- Heu… » Hermione réfléchissait à un moyen de se défiler, tout en récupérant ses vêtements, éparpillés dans la pièce. « Désolée, je…je ne me sens pas très bien… »

Coupant court à leurs activités, elle sortit brutalement de la chambre, traversa l'appartement tout aussi vite, et s'enfuit dans le couloir, le visage baigné de larmes, et la chemise à peine reboutonnée. Mais pourquoi diable avait-elle fait ça ? Elle se le demandait encore alors qu'elle ouvrait violement la porte de ses appartements et qu'elle s'effondrait contre le panneau de bois, une fois qu'elle l'eut refermé. Elle se mit alors à sangloter, le visage entre ses mains, totalement honteuse de ce qu'elle s'était apprêtée à faire. Comment avait-elle put avoir seulement l'idée de pouvoir trahir Severus ainsi ? Pourquoi refusait-elle obstinément de reconnaître les sentiments qu'elle éprouvait, sentiments que lui-même lui avait avoués ? La tête pleine de questions sans réponses, elle se laissa glisser au sol, et s'endormit, quelques heures plus tard, les yeux humides des larmes qu'elle avait versé sans retenue.

Le lendemain matin, un torticolis violent réveilla la jeune femme, qui se souvint alors que la veille, elle n'avait pas eu le courage d'aller se coucher dans son lit, et qu'elle s'était endormie contre la porte. Lui revirent alors en mémoire des souvenirs plus concret de sa soirée en compagnie de Thorn, et elle ne put s'empêcher de se sentir à nouveau coupable pour son comportement. Se soulevant doucement, elle alla se changer dans la salle de bain, et quelques minutes plus tard, se rendait dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Sur le chemin, en plus de la culpabilité qui l'assaillait, elle réalisa que tout ce qu'elle avait fait n'avait probablement servit à rien. Thorn ne lui ferait sûrement plus jamais confiance : sa mission était fichue. Restait plus qu'à annoncer ça à Severus…

Il était près de huit heures quand, devant la porte de la salle à manger, elle croisa le professeur Thorn qui, visiblement, venait de terminer de déjeuner. Contre toute attente, il lui accorda un grand sourire, et avança à sa rencontre.

« Hermione ! J'espère que vous vous sentez mieux… »

Saisissant la sa chance de se rattraper, Hermione lui répondit :

« Oui, merci. Je suis désolée pour hier soir, mais je crois que je couvais quelque chose, je n'étais pas bien depuis hier matin…

- Ne vous en faîtes pas ! Nous pourrons toujours remettre cela à plus tard ! » lui fit-il en la gratifiant d'un clin d'œil ridicule.

Alors qu'elle se forçait à sourire, Agnarsson fit son apparition, et avant de pénétrer dans la salle à manger, il déclara à Thorn, l'air rieur :

« Je vois que vous n'avez pas oublié ce que je vous ai dit… »

Thorn lui rendit son sourire, et alors que le directeur disparaissait derrière la porte.

Ne comprenant pas ce qu'avait voulut dire le directeur, Hermione se tourna vers Thorn et l'interrogea du regard. Réalisant l'incompréhension de la jeune femme, celui-ci s'expliqua :

« Oh, et bien…mardi prochain, Elmer s'en va, et il m'a demandé de veiller sur vous, pendant son absence. Hermione, faisant mine d'être flattée par une telle attention, sauta intérieurement de joie : elle savait enfin quel jour ils pourraient s'échapper. Elle le remercia brièvement, puis s'excusa afin d'aller prendre un rapide petit déjeuner. Comme elle s'y attendait, Severus n'était pas là. Alors, elle but rapidement un bol de café, et remonta à l'étage de leurs appartements, impatiente de lui révéler ce qu'elle venait d'apprendre. Elle ne se préoccupa même pas du fait d'aller en cours. Après tout, la presque totalité des professeurs étaient au courant du fait qu'ils n'étaient plus que des prisonniers, alors à quoi bon aller perdre du temps dans une salle de classe ?

Arrivée devant la porte des quartiers de Severus, elle frappa vivement contre le panneau de bois, et attendit que l'homme vienne lui ouvrir. C'est le visage fermé et les traits tirés qu'il apparut devant elle, et sortit dans le couloir, refermant la porte derrière lui.

« J'ai réussi, commença-t-elle, se retenant de sauter de joie, oubliant ainsi ce qu'elle avait dû faire pour obtenir ces informations. Ils s'en vont mardi prochain, ce qui nous laisse quatre jours pour nous préparer…

- Merveilleux » dit-il, toujours aussi impassible.

Après un instant de silence, Hermione reprit :

« Je suis désolée d'avoir eu cette idée…Je me rends compte maintenant à quel point c'était stupide, et je regrette… »

Elle espérait un signe de sa part, quelque chose lui indiquant qu'il l'écoutait, et la pardonnait. Mais sont visage restait résolument impénétrable.

« En réalité…hier je n'ai…

- Vous ne me devez rien » la coupa-t-il, avant de partir dans le couloir, la laissant là, en pleine confusion. Alors, Hermione ne put que le regarder s'éloigner, une boule au fond de la gorge. Cela ne servirait à rien de le rattraper maintenant…