Bonsoir à toutes et à tous !
En urgence, je vous poste le noueau chapitre. Je vous remercie pour vos reviews qui me font toujours autant plaisir ! La fin approche, alors ne faiblissez pas ! ^^
Bonne lecture
Chapitre 25 : Nuance
Minerva posa son livre brusquement. Elle chercha à tâtons ses lunettes et les chaussa rapidement. Elle entendait le tonnerre gronder dehors et les éclairs qui s'abattaient sur la pelouse de Poudlard illuminaient par intermittence la chambre de ses appartements. A côté d'elle, le lit était vide. Severus devait encore être chez Ginny à surveiller les enfants. Elle eut un léger sourire. Le professeur de potion avait bien changé…
Elle rejeta les couvertures sur le côté et se leva silencieusement. Elle attrapa sa baguette, posée sur la table de chevet et se dirigea sans un bruit vers le salon. Elle ferma la porte et alluma la lumière d'un claquement de doigt. La directrice fit quelques pas et s'installa confortablement dans son canapé, observant sa baguette tout en la faisant tourner entre ses doigts.
La baguette de Sureau… Elle en était la nouvelle propriétaire, et elle avait du mal à y croire. Cette baguette était passée dans les mains d'illustres sorciers. Gregorovitch, Grindelwald, Dumbledore, Hermione Granger. Et maintenant elle, Minerva McGonagall, directrice de Poudlard par défaut. Elle rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux. Aurait-elle le temps matériel de se faire battre par Hermione avant que cette dernière retourne combattre Grindelwald ?
Minerva passa une main sur son visage et soupira. Hermione. Que devenait-elle ? Alors qu'elle se posait la question, un flot de souvenirs remonta à sa surface. Les lèvres de l'ancien professeur de métamorphose s'étirèrent en un sourire nostalgique. Oui, elle savait précisément ce que devenait Hermione. Enfin, en ce moment. Elle secoua la tête et se calla confortablement dans le canapé. Le fait qu'elle se souvienne d'avoir rencontré Hermione en mars 1955 alors qu'elle l'ignorait encore en début de journée signifiait forcément que son ancienne élève était entrain de modifier le passé. Elle décida donc de fouiller dans sa mémoire, de laisser les évènements refaire surface.
Hermione serrait dans ses mains la tasse de thé. Elle n'osait lever les yeux, de peur de croiser le regard vert inquisiteur, qui lui faisait toujours se sentir coupable, bien qu'elle n'ait rien à se reprocher.
- Alors, Hermione… que faisiez-vous évanouie à deux rues d'ici ? demanda Minerva sérieusement.
- Et vous, pourquoi surveillez-vous Voldemort, alias Jedusor ? rétorqua la langue de plomb.
Minerva fronça les sourcils et dégagea d'un geste sec une mèche de cheveux qui tombait sur son visage. Elle jeta un regard autour d'elle, puis lâcha un soupir d'exaspération.
- Vous pourriez être plus prudente… siffla McGonagall.
- Vous aussi, répliqua Hermione. Les murs ont des oreilles.
Minerva réfléchit quelques instants, puis appela le patron du Chaudron Baveur.
- Tom ? Il vous reste une chambre ?
- Bien sûr, Miss. Au deuxième étage. En revanche, c'est un grand lit.
Hermione haussa les sourcils et plongea son regard dans celui de son futur-ancien professeur.
- Je la prends.
L'animagus ouvrit sa bourse et lâcha quelques pièces d'argent sur le comptoir.
- Je vous embarque une bouteille de whisky et deux verres, dit-elle en se levant.
- Je vous prépare ça de suite.
Minerva attendit quelques instants que sa commande soit prête, puis fit signe à Hermione de la suivre et les deux sorcières grimpèrent silencieusement les marches de l'hôtel. Une fois dans la bonne chambre, Minerva ferma la porte et sortit sa baguette. Elle marcha dans la pièce, jetant plusieurs sortilèges tandis qu'Hermione s'installait confortablement sur la chaise devant un petit secrétaire en bois travaillé. Elle ôta la ceinture tenant son katana et posa le tout sur le bureau.
McGonagall lança un dernier sort et, satisfaite d'elle, s'assit sur le lit.
- Comment connaissez-vous Jedusor ? Peu de gens savent qu'il est Voldemort… commença Minerva en fronçant les sourcils.
Hermione déboucha la bouteille de whisky, en servit deux verres et en tendit un à son guide.
- C'est une longue histoire, et vous en aurez besoin… murmura la langue de plomb en désignant du menton le verre d'alcool.
Minerva haussa un sourcil, se saisit du verre et le vida d'une traite. Elle se calla contre un oreiller, étendit ses jambes et plongea son regard dans celui de la femme devant elle.
- Allez-y, mais j'attends un récit à la hauteur de cet excellent breuvage.
- Je suis sûre qu'il vous plaira, répliqua Hermione, mystérieuse.
Alors qu'elle marchait le long du chemin de terre menant à Poudlard, Ginny était désappointée. Les mains dans les poches, elle fixait la route, n'osant lever les yeux vers l'homme qui marchait près d'elle.
- Tu as passé une bonne soirée ? demanda Harry en soufflant sur ses mains froides.
- Oui… marmonna le professeur de vol.
Elle avait passé une excellente soirée en compagnie de son ami, et cela lui coûtait de l'avouer. Elle savait pertinemment que ce qu'elle faisait était mal, mais c'était comme si une force invisible la poussait vers Harry. Et il était de plus en plus difficile de lui résister.
Alors que les grilles du château se rapprochaient inexorablement, Ginny se sentait tiraillée.
- Tu es arrivée, fit finalement Harry avec un sourire.
- Tu veux monter boire un dernier verre ? proposa le professeur de vol.
Elle regretta immédiatement ses paroles. Que lui avait-il pris de proposer cela ?
- Avec plaisir ! répondit le survivant.
Il poussa une des grilles en fer forgé et laissa passer Ginny devant lui.
- Je crois que vous avez reçu un sérieux coup sur la tête… murmura d'une voix blanche Minerva en posant son verre vide à côté de la bouteille entamée à la moitié.
Hermione soupira et secoua doucement la tête.
- Pourquoi faut-il que vous soyez toujours soupçonneuse ? demanda la langue de plomb après avoir vidé son verre.
- Vous ne pensez pas que je vais avaler une telle histoire ? Si je résume bien, vous venez du futur, vous êtes une de mes anciennes élèves et… ah oui, le plus farfelu de tout, vous êtes une sage qui surveille l'humanité depuis sa création, et je suis votre guide !
McGonagall éclata d'un rire sec qui résonna dans la chambre.
- Bien… marmonna Hermione en se redressant dans sa chaise. Vous êtes une animagus chat. Une chatte tigrée, avec le contour de vos lunettes en poils noirs autour des yeux. Cela fait deux ans que Dumbledore vous demande de prendre le poste de professeur de métamorphose, et…
Minerva se leva et interrompit la femme en levant la main.
- Comment savez-vous ça ? Je viens à peine de commencer les démarches d'enregistrement sur le registre des animagus.
- Je vous l'ai dit. Je vous connais depuis maintenant vingt ans. Et vous êtes la marraine de ma fille.
- Je n'y crois pas…
- Vous adorez les tritons au gingembre. Vous avez toujours avec vous une petite boite métallique décorée de chardons écossais, ajouta Hermione. Dumbledore était votre professeur de métamorphose, et c'est lui qui vous a donné le goût de cette matière, alors que vous vous destiniez plus –enfant- à travailler les sortilèges. Vous êtes la seule de votre famille à être allée à Gryffondor et…
- Ca suffit ! s'exclama vivement McGonagall.
Elle fit les cents pas dans la chambre et Hermione l'observa, sans rien dire. C'était vraiment étrange de voir son professeur, son mentor, son amie à trente ans. Elle détailla le visage fin, lisse, les yeux verts pétillants d'intelligence, les longs cheveux noirs descendant en cascade sur les fines épaules. Indéniablement, c'était une superbe femme.
Hermione étouffa un soupir. Voir McGonagall en chair et en os, même si cette dernière la prenait pour une folle, lui procurait une joie immense. Elle se sentait enfin apaisée, l'alcool ingurgité devant grandement aider à cette plénitude. Cependant, elle fronça les sourcils en remarquant une alliance au doigt de son guide. La bouche pâteuse, elle se leva et fit les quelques pas qui la séparaient de Minerva.
- Une alliance ? demanda-t-elle, surprise.
Le regard de McGonagall s'assombrit brusquement.
- Un souvenir de Calehad…
Ce nom ne disait rien à Hermione. Elle avait beau fouillé dans ses souvenirs, ce nom n'avait aucun écho dans sa mémoire.
- Mon ancien fiancé, ajouta Minerva, le regard voilé.
- Assassiné par Grindelwald, murmura Hermione en se mordant les lèvres.
Minerva haussa les épaules et la langue de plomb lui saisit la main.
- Vous ne m'aviez jamais dit son nom, dit Hermione sur un ton de reproche.
- Normal, je ne vous ai jamais rencontré, rétorqua Minerva.
- Dans le futur ! s'exclama l'ancienne préfète en chef. Je crois vous avoir apporté suffisamment de preuves !
La neuvième sage recula de quelques pas.
- Je nous pensais proche. Je vous faisais confiance et je…
- Vous n'allez pas me reprocher quelque chose que je n'ai pas encore fait ! rétorqua vivement Minerva.
La future directrice de Poudlard avait haussé le ton. Les deux femmes se dévisagèrent un long moment, en silence, puis les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un léger sourire.
- J'ai une idée… Prenez votre baguette et lancez-moi le sort de légilimencie.
- Je n'use jamais de tels procédés. C'est…
- Un viol de l'esprit, je connais votre position, coupa Hermione. Mais vous savez l'utiliser. Aussi, je vous demande de le faire. Ce n'est plus un viol quand la victime est consentante.
Minerva haussa les épaules, pesa le pour et le contre, et finit par prendre sa baguette. Hermione s'installa confortablement dans le seul fauteuil de la pièce qu'elle prit soin de positionner en face de l'animagus.
- Laissez-moi quelques secondes le temps de vous bloquer l'accès à certains souvenirs compromettants, dit doucement la langue de plomb.
- Compromettant avec moi ? demanda McGonagall en haussant un sourcil.
- Non, enfin, pas du tout… balbutia Hermione, rougissant.
L'animagus acquiesça et fit tournoyer la longue et fine tige de bois entre ses doigts. La langue de plomb ferma les yeux et s'interrogea quelques instants. Que devait-elle, que pouvait-elle montrer à son ancien professeur ? L'évidence s'imposa d'elle-même et elle fit rapidement le tri de ses pensées.
- Vous pouvez y aller… murmura Hermione, toujours les yeux clos.
La neuvième sage sentit la baguette fendre l'air tandis que sa propriétaire prononçait l'incantation. Aussitôt, elle sentit Minerva pénétrer son esprit et toutes deux furent emportées dans un tourbillon de sons et de couleurs.
- Tu en es où, avec Tonks ? demanda Ginny en montant les marches de l'escalier menant à son étage.
- Je me demandais quand tu poserai la question, répondit Harry avec un petit sourire. Et bien, pour le moment, je dors aux Trois Balais. Depuis Noël, exactement.
- Et James ?
- Je le vois le week-end.
- Tu essayes d'arranger la situation, au moins ?
- Je ne peux pas… murmura Harry.
Ginny s'arrêta devant le portrait qui gardait ses appartements et regarda le survivant d'un air interloqué.
- Tu es fou ! Tu ne peux pas laisser ton couple éclater !
- Je ne sais pas comment t'expliquer, puisque tu nies l'évidence. C'est avec toi que je veux être…
Il avança d'un pas et posa ses mains sur les hanches du professeur de vol.
- Tout ce que je désire est de rattraper les années que nous avons perdu tous les deux.
Il pencha sa tête sur Ginny.
- Harry… je ne peux pas… murmura la rousse.
- Et bien, empêche-moi, répliqua doucement le survivant.
Il franchit les quelques centimètres qui séparaient ses lèvres de celles de son amie. Ginny voulut le repousser, mais quelque chose en elle lui ordonna de fermer les yeux et de savourer le baiser qui allait venir.
Minerva tituba un instant, avant de s'affaler sur le lit. Hermione rouvrait les yeux lentement, se sentant légèrement étourdie.
- Par Merlin ! s'exclama le futur professeur de métamorphose.
- Je ne vous le fais pas dire… marmonna Hermione en clignant des yeux.
L'animagus attrapa la bouteille de whisky et remplit les deux verres vides. Elle en tendit un à Hermione et vida le sien d'une traite. L'ancienne préfète l'imita et toussa légèrement. Elle n'avait guère l'habitude de boire des verres cul-sec. Elle se leva et sentit que l'alcool commençait à faire effet. Elle voyait légèrement trouble, alors qu'un sentiment d'euphorie s'emparait d'elle.
- Je crois que je suis ivre… balbutia-t-elle en remarquant la bouteille presque vide.
- Vous croyez ? demanda Minerva, avec un sourire.
- Je ne l'ai jamais été…
McGonagall répartit le reste de la bouteille entre les deux verres.
- Il y a un début à tout…
Ginny soupira de soulagement. Le tableau gardien de ses appartements pivota au moment où Harry allait l'embrasser. Le survivant se recula et son visage se décomposa à la vue de Severus Rogue.
- Potter…
La voix du maître des potions était un grondement sourd.
- Professeur Rogue, salua Harry d'un ton égal.
- Je croyais que vous aviez l'interdiction de pénétrer à Poudlard, commença Rogue en avançant lentement vers son ancien élève.
- Je suis auror, j'ai l'accès à tous lieux…
- Mais pas sans mandat. Alors veuillez partir sur le champ, avant que je ne vous jette à la porte. Finalement, faites-moi plutôt le plaisir de résister… se reprit-il avec un rictus machiavélique.
Harry sortit sa baguette mais Severus fut plus rapide. Un éclair de lumière vive s'échappa de la baguette du directeur adjoint et celle d'Harry partit quelques mètres derrière.
- Severus ! s'exclama vivement Ginny. Arrêtez tout de suite.
Le maître des potions jeta un regard glacial au professeur de vol.
- Il n'a rien à faire ici… dit-il d'un ton froid.
- Et moi non plus ! rétorqua sèchement Ginny. Demain, à la première heure, je fais les valises et nous rentrons chez nous !
- Vous ne pouvez pas… Les enseignants habitent Poudlard et…
- Et alors ? Vous allez me forcer à rester ? tempêta Ginny. J'en ai assez de vous voir maltraiter mes invités, professeur ! Prévenez Minerva. Demain matin, je plie bagage !
Elle pénétra dans ses appartements et fusilla du regard le directeur adjoint.
- Harry, on se voit demain. Professeur Rogue, merci d'avoir surveillé les enfants ! Bonne soirée, conclut-elle sèchement.
Et elle claqua violemment la porte.
Hermione n'en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Elle était confortablement installée sur le lit, adossée contre le mur, Minerva à ses côtés, et elles discutaient de tout et de rien. Elle apprenait enfin à connaître cette femme qui était son modèle depuis des années. Elles riaient, échangeaient des confidences, comme des amies de longue date. Le fait qu'elles aient le même âge à cette époque facilitait la discussion. Cependant, Hermione remarquait que McGonagall jouait par moment avec sa bague de fiançailles.
- Pourquoi la gardez-vous à votre doigt ? finit par demander la langue de plomb.
L'animagus plongea son regard dans celui de l'ancienne préfète.
- Pour ne pas l'oublier, répondit Minerva.
- Avez-vous vraiment besoin de ça ? poursuivit Hermione.
- J'ai l'impression d'avoir perdu la personne qui me correspondait…
- Ne dites pas ça…
- Vous savez quelque chose que j'ignore, Hermione ?
La langue de plomb eut un léger rire.
- Tout à fait. Je me demande juste ce qui vous a poussé à retirer un jour cette bague…
Les deux femmes échangèrent un regard complice. Hermione était comme hypnotisée par le regard vert. Mue par une force invisible, et par l'alcool, elle se pencha sur Minerva et posa ses lèvres sur celles de son futur professeur et mentor. L'animagus passa sa main sur la nuque de la neuvième sage et approfondit le baiser.
Minerva soupira et secoua légèrement la tête. Elle se leva de son canapé et se dirigea vers l'armoire de sa chambre. Sur l'étagère la plus haute, elle sortit un petit écrin qu'elle ouvrit religieusement. La bague que Calehad lui avait offerte reposait dedans, depuis ce fameux soir avec Hermione. Plus précisément, depuis le lendemain, avec la disparition de la jeune femme. Minerva se souvint être rentrée chez elle et avoir ôté la bague pour ne plus jamais la mettre.
La porte de l'entrée s'ouvrit et McGonagall, après avoir rangé l'écrin à sa place, regagna le salon. Severus se trouvait près du porte-manteau, suspendant sa cape.
- Vous avez passé une bonne soirée, très chère ? demanda-t-il d'un ton bourru.
- Merveilleuse… répondit McGonagall.
Oui, le souvenir d'une belle soirée d'hiver de 1955 avait embelli celle qui s'annonçait morose.
« Je t'ai finalement retrouvé Hermione… Pas comme je l'espérai, par un total hasard, mais j'ai tenu ma promesse. Et je sais que tu retrouveras le chemin de notre époque… Quoi que tu en dises, je te fais confiance… »
VOilà ! La fin approche à grand pas !
En vous remerciant de votre fidélité, a très bientôt pour la suite,
Bises,
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