L'aube d'une nouvelle ère
Résumé : Recueil d'OS. Mystogan est couronné roi. Mais il a encore un long chemin à faire. Heureusement, Erza Knightwalker est là. Mystwalker.
Crédit : Fairy Tail est un manga rédigé par Hiro Mashima, je n'ai aucun droit dessus. Je me contente d'utiliser les personnages et le contexte dans le simple but de divertir. Je ne reçois aucune rémunération pour cela.
N/A. Ce chapitre a été assez facile à écrire –peut-être car je l'ai imaginé des dizaines et des dizaines de fois. Du coup, je le poste à peine deux jours après le dernier. N'est-ce pas magnifique ? J'en suis plutôt satisfaite et j'espère qu'il vous plaira autant qu'il me plaît à moi. 173 commentaires, je dois être l'auteur la plus comblée de . Merci à vous, vous êtes inestimables. Sur ces quelques mots, je vous laisse avec cet OS, prémices d'un changement drastique.
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OS 25- Une semaine
Erza descendit dans les cachots, saluant au passage les gardes qui s'écartèrent pour la laisser passer. Peu importe les accusations qui étaient faites contre elle, ses hommes avaient pour elle une confiance indéfectible. Ils savaient tous où se trouvait sa fidélité et étaient près à la défendre à la moindre agression. Elle avait d'abord été surprise en constatant qu'ils ne croyaient pas un mot des affabulations des conseillers, puis profondément émue. Ils la respectaient, et le prouvaient aujourd'hui.
La semaine qui venait de passer avait été la pire de toute sa vie. Les deux premiers jours, elle n'était pas sortie de sa chambre, trop mortifiée par le regard froid que lui avait jeté l'homme qu'elle aimait. Hughes et Sugar-Boy s'étaient relayés, afin de ne jamais la laisser seule. Et pour le coup, leur aide avait vraiment été précieuse. Car si elle n'avait pas vraiment craqué avant de voir Jellal, les deux jours qui avaient suivis leur rencontre au conseil avaient été deux jours de larmes, de tremblements, de gémissements.
Erza n'avait jamais imaginé pouvoir pleurer autant. Dans tous les livres, on disait qu'arrivait un instant où notre corps n'avait plus assez de larmes à faire couler. C'était faux : elle avait pleuré deux jours non-stop. D'abord seule contre un mur, puis dans son lit soutenue par ses amis.
Quand elle avait fini par s'endormir, elle était tellement épuisée qu'elle n'avait même pas rêvé. Son sommeil n'avait pourtant pas été réparateur. Il lui avait cependant permis de se calmer enfin et à son réveil, elle avait décidée de faire face au monde extérieur.
Sa première sortie, au bout du troisième jour, s'était soldée par une nouvelle crise de larmes dans sa chambre. La situation devait bien faire rire toutes les personnes qu'elle avait tuées. Elle, normalement si froide et si métrisée, avait cédé. Et la digue qu'elle avait maintenue en elle avait explosé, révélant une femme fragile.
Erza en était venue à la conclusion suivante : ce n'était pas l'amour qui faisait changer les gens, c'était la séparation.
Hughes lui avait expliqué que c'était normal. Qu'à la première rupture, tout le monde se sentait pareil. Il lui avait dit que lui-même avait cru mourir quand sa première petite-amie l'avait quitté. Mais cela n'avait pas empêchée Erza d'avoir honte d'elle-même. Elle méprisait ses propres réactions, mais était bien incapable de les contrôler.
Elle les contrôla pourtant le quatrième jour. Elle fit face aux regards mauvais que lui lançaient les serviteurs. Elle fit face aux murmures qu'elle entendait tout au long de son passage. Elle fit face aux regards pleins de pitiés. Et elle avait fini par serrer dans ses bras le premier garde qui était venu lui dire qu'il savait qu'elle n'était pas un traitre. Quand elle l'avait relâché, il était rouge pivoine, et lui avait même offert un sourire timide. Erza se souviendrait de lui toute sa vie.
Le cinquième jour, rassurée par une nuit de sommeil presque normale, elle s'était aventurée à sortir dans les jardins. L'air fraie lui avait fait du bien. Elle n'avait pas l'habitude de rester enfermée à l'intérieur du château. Elle avait l'habitude de vivre en plein air, de sentir la brise sur sa peau lors de ses entrainements. Elle avait béni le temps encore clément –bien que nuageux- et était resté presque la moitié de la journée dehors, assise sur un banc, aiguisant l'épée que lui avait offert le Roi quelques temps auparavant. Cependant, quand elle discerna le Roi et ses suiveurs sortir à leur tour, elle s'était précipitée à l'intérieur, les fuyants comme la peste.
Le sixième jour, ses pas l'avaient amenés jusqu'à l'entrée des cachots, déterminée à en découdre avec Simon. Cependant, ses tremblants l'avaient empêchés d'aller plus loin et la douleur dans sa poitrine –qui lui donnait envie de hurler- l'avait submergée. Hughes l'avait retrouvé là, après des heures de recherches, alerté par un garde inquiet.
Erza avait eu sa première crise de panique de sa vie. Et au lieu de pleurer, et avait explosé de rire. Sans pouvoir s'arrêter. Car tout ceci n'était pas normal, était totalement hors de son caractère, ce n'était pas elle. Et pourtant c'était elle. Elle venait de basculer dans un autre monde. Un monde où elle était celle qu'il fallait sauver, et non celle qui menaçait les vies. Elle n'était pas certaine d'apprécier le changement.
Hughes l'avait raccompagné jusqu'à ses appartements, le regard terrifié. Elle n'avait même pas cherché à le rassurer. Elle était rentrée, s'était glissée dans son lit, et s'était totalement coupée du reste du monde.
Cependant, il était temps que cela cesse. Une semaine à se comporter comme une idiote, s'était suffisant. Et si le Roi la considérait comme la pire créature sur terre, si les conseillers préparaient son peloton d'exécution, elle n'allait pas pour autant se lamenter sur son sort. Elle en avait vue d'autres. Elle était une battante ! Et elle allait le prouver là, tout de suite.
Elle entra dans les cachots.
Aussitôt, une vague de souvenir l'assaillie. C'était ici qu'elle avait torturée Lucy, ici qu'elle s'était battue pour la première fois avec Scarlett, ici que son avenir avait commencé à radicalement changer. Sa première défaite. Contre elle-même. Non, contre une version améliorée d'elle-même. Une version qui elle, ne devait certainement être soupçonnée de trahison. Elle essaya de s'imaginer où était Scarlett à cet instant. Elle ignorait bien entendue que cette dernière était alors dans un état comateux, ensevelie sous des gravats, sur une île immergée sous la mer. Personne ne pouvait l'imaginer.
Ses pas la menèrent jusqu'à un cachot dans le fond. Où ce trouvait nul autre que celui qu'elle avait un jour considéré comme son ami, qu'elle avait même imaginé comme époux, et qui était la source de toute cette douleur horrible. Il était sale, tâché de sang –il avait été torturé- et était affalé dans un coin de sa cellule. Quand il leva son regard noir sur elle, elle frissonna.
-Bonjour Simon, dit-elle en essayant de garder la voix la plus neutre possible.
Le captif se releva et s'avança vers elle. Erza recula aussitôt tandis qu'il attrapait un des barreaux de sa prison.
-Erza ! Je savais que tu viendrais me libérer ! s'écria-t-il en lui souriant.
Il lui manquait des dents. Sa voix était cassée. Il avait dû hurler pendant des heures. Et malgré cela, Erza ne ressenti aucune pitié. Car c'était de sa faute à lui ! Tout était de sa faute ! Et elle ne lui pardonnerait jamais ! Jamais ! L'affection qu'elle avait éprouvée pour lui s'était muée en haine. Une haine féroce qui pouvait détruire une ville entière sous sa puissance. C'était déjà arrivé.
-Je ne compte pas te libérer. Tes actions sont immondes et elles méritent la pire des sanctions ! le corrigea-t-elle aussitôt.
Ce qui lui value un regard étonné et mécontent. C'était bien la meilleure. Il osait lui jeter à elle un tel regard alors qu'il venait de gâcher sa vie.
-Le pire aurait été de ne pas agir et de laisser cet homme continuer de gouverner notre pays et le mener à sa perte !
Ces paroles surprirent Erza. Comment Simon avait-il finit par estimer que Jellal menait le pays à sa perte ? C'était absurde. Tous s'accordaient à dire qu'il était un homme de bien, qui se préoccupait d'avantage de son peuple que de sa vie. Erza l'avait souvent contemplé, épuisé, régler des problèmes politiques monstrueusement compliqués. Et il prenait toujours la bonne décision. Ce qui relevait du miracle, vue le nombre qu'il en prenait.
Alors elle répondit, sans éprouver le moindre doute :
-C'est un bon Roi !
Simon s'étouffa presque en entendant sa réponse. Son regard se fit encore plus noir. Et, tentant le tout pour le tout, il lui lança :
-C'est à cause de lui que nous n'avons plus de magie !
Erza le savait. Elle n'était pas stupide. Elle connaissait très bien comment au final Jellal avait usé du reste de magie qu'il restait à Edolas pour inverser les animas. Elle n'avait jamais cru au mythe du démon Dragnel. Et elle savait qu'il avait pris la bonne décision.
-La magie disparaissait d'elle-même ! Sa fin était inéluctable ! répondit la jeune femme.
-C'est vraiment toi qui dit ça ? Toi, Erza Knightwalker, qui n'hésitait pas à tuer la plus insignifiante des personnes abusant de la magie !
Erza ferma les yeux quelques instants avant de les rouvrir, plus déterminée que jamais. Oui, elle avait soutenu les actions de Faust. Oui, elle avait cru qu'elle devait absolument trouver un moyen de sauvegarder la magie dans le monde. Oui, elle avait combattu pour cela. Mais Jellal et Scarlett avaient tout changé.
-J'avais tords ! Je pensais que nous n'aurions jamais survécu sans magie ! Mais nous avançons sans en avoir besoin ! Jellal s'est assuré que…
Elle n'aurait jamais dû prononcer son prénom car le visage de Simon se déforma sous la mention du patronyme du Roi. Il tremblait de colère.
-Jellal ? Non mais tu t'entends ?! Jusqu'où es-tu allé avec lui ? Tu as écarté les cuisses pour lui ? Tu es devenue sa putain ?! Ou juste un coup ? demanda-t-il.
Ce fut comme si on l'avait giflé. Personne –hormis Hughes- ne savait qu'elle avait finalement cédé aux avances du Roi. Mais l'entendre dire –cela fusse t'il supposé- lui fit l'effet d'une bombe lâchée en plein sur son cœur. Elle recula de nouveau.
-Ca ne te concerne pas !
-Pauvre Erza. Tu as vraiment tout perdu. J'ai honte pour toi !
Comment se permettait-il de dire une telle chose ? Comment pouvait-il lui dire qu'il avait honte pour elle ?! Personne n'avait le droit d'avoir honte pour elle ! Il n'y avait pas de quoi. Certes, ses actions étaient irréfléchies, mais Erza ne regrettait pas les instants de bonheurs qu'elle avait partagés avec Jellal. Et Erza n'avait rien perdue du tout. Au contraire, elle avait gagné une nouvelle raison de se battre.
-Tu vas être exécuté, Simon. Devant tout le monde ! Et je n'ai qu'un seul regret : ne pas pouvoir être celle qui te tuera ! lui envoya-t-elle, cinglante, tout en se détournant de lui.
-C'est dommage, hein ! Mais tu peux peut-être user de tes charmes pour être mon bourreau ? Après tout, il peut bien faire ça pour son jouet. L'entendit-elle crier derrière elle. Elle ne répondit pas. C'était la dernière fois qu'elle lui parlait. Simon venait de disparaitre de sa vie à jamais. Elle s'avança vers la sortie, satisfaite de ses actions quand elle vit quelqu'un accourir vers elle et la prendre dans ses bars. L'odeur de verveine qui se dégageait de cette personne lui permit aussitôt de l'identifier.
-Hughes ? Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle en essayant de se détacher de lui.
C'était la deuxième fois en deux jours qu'il se précipitait pour la retrouver dans les cachots. Erza espérait que ça n'allait pas devenir une habitude. Cependant, sans rien répliquer, elle se laissa bercer par la forte étreinte que lui prodiguait son ami. Sugar-Boy n'était pas beaucoup là, il gérait non seulement sa propre division, mais aussi la deuxième, et par moment celle de Hughes quand il venait prendre des nouvelles de la seule femme de l'armée. Son coéquipier aux cheveux noirs était donc le plus présent et commençait à ressembler à une mère poule.
-Toi qu'est-ce que tu fais là ?! Tu veux vraiment te faire du mal pour rien !
Erza sourit contre ses épaules. Il était adorable.
-Je devais savoir pourquoi il a attaqué le Roi, expliqua-t-elle simplement.
Elle en avait vraiment besoin. Elle devait le comprendre, voir à quel point il était différent de celui avec qui elle avait passé des heures à discuter autour d'un verre. En réalité, il n'était pas si différent. C'était elle qui avait changé.
Hughes resserra son étreinte autour d'elle comme il l'aurait fait avec une petite sœur.
-Bon sang ! Tu ne pouvais pas attendre les résultats de l'enquête ?! s'agaça-t-il.
Erza fit la moue et répondit :
-Tu veux dire celle qui va estimer que je fais partie d'un complot contre la couronne ?
L'argument fit mouche et Hughes sa serra encore plus fort, arrachant un hoquet à la rousse quand elle crue qu'il lui avait cassé une côte. Il n'était pas si tactile normalement.
-N'est-ce pas le cas, Knightwalker ?
Erza sursauta et se dégagea vivement des bras protecteurs de Hughes.
Jellal était là, royal. Il était majestueux, dans les habits que Coco avait surement préparés pour lui. Erza ne savait pas si c'était car elle ne l'avait pas vue depuis un mois, ou si c'était car il ne se souvenait pas d'elle, mais il lui paraissait différent. Plus froid, plus lointain. Ses yeux ne pétillaient pas de bonheur. Ils étaient fixés sur elle, méfiants et attentifs. Elle plongea son regard dans le sien tandis qu'Hughes s'abaissait devant lui.
-Majesté, dit-il avec une révérence.
Erza ne la fit pas, trop absorbée par sa contemplation. Jellal avait l'air fatigué, exténué. Avait-il eu assez de temps pour se rétablir avant d'être submergé par ses devoirs de Roi. Quelqu'un avait-il pris sa place pour l'aider dans ses papiers, dans ses décisions ? Les cernes qu'il avait sous les yeux lui donnèrent envie de se jeter sur lui, de le trainer jusqu'à sa chambre et de le forcer à y rester jusqu'à retrouver des forces.
Le Roi s'était souvent plain de ne jamais être traité comme un être humain. Au début de son règne –quand Erza refusait obstinément de le considérer comme son souverain- il travaillait de jour comme de nuit, jusqu'au moment où il avait enfin pu relâcher la pression et trouver ses marques dans ses fonctions. Lui faudrait-il de nouveau un temps d'adaptation ?
Elle fut coupée dans ses pensées par la voix de Jellal, qui n'avait pas détourné son regard froid d'elle, qui lui demanda :
-Vous êtes venus tenter de libérer votre complice pour finir le travail ?
Ses paroles lui firent l'objet d'une douche froide et elle abandonna aussitôt ses questionnements sur sa santé. Elle avait bien sur compris que le Roi la considérait comme une ennemie, mais l'entendre dire était une toute autre histoire. Instinctivement, elle s'approcha de Hughes, craignant ses propres réactions. Ce dernier s'écria aussitôt :
-Erza n'a jamais essayé de vous assassiner !
Le Roi n'accorda aucune importance au commandant, ses yeux bleu-vert toujours fixés dans les siens.
-Non, elle s'est contentée de donner des ordres à ses subalternes, répondit-il froidement.
Son estomac se noua à ses mots.
-Elle n'a…
-Ce n'est rien Hughes, rentrons ! le coupa-t-elle en posant une main sur son épaule. Son ami se tourna vers elle, le visage blême et le regard noir. Erza se demanda s'il était prêt à trahir pour elle. Si elle l'aurait nié avant, cette possibilité n'était plus à écarter aujourd'hui. Ils étaient une famille. Et les vraies familles ne se séparaient pas, se soutenaient, s'aimaient à y risquer la vie.
Après l'avoir détaillé, il optima et ils s'éloignèrent du Roi. Mais ce dernier n'en avait pas terminé.
-Je sais ce que tu es, Erza. Un monstre capable d'assassiner des enfants, détruisant tout sur son passage, sans conscience ni morale ! l'accusa-t-il sans autre forme de procès.
Les pas d'Erza se figèrent. Lentement, elle se tourna vers lui et pour la première fois, lui adressa la parole. Un doux sentiment –familier- glissa dans ses veines. La colère. La si belle colère qui faisait d'elle la femme la plus crainte d'Edolas. Celle-ci balaya tout sur son passage, y compris l'amour qu'elle ressentait pour cet homme qui venait de la dénigrer.
-C'est vraiment ce que vous pensez ? questionna-t-elle calmement.
Jellal dû être décontenancé par son ton car pendant une fraction de seconde, il sembla hésiter. Cependant, il lui répondit froidement :
-Sans aucun doute.
La haine se propagea dans tout son être comme une trainée de poudre. Si le Roi n'était pas amnésique, il aurait reconnu à la façon dont elle enfonça ses ongles dans la pomme de sa main qu'il était allé trop loin. Elle les enfonça tellement fort qu'elle sentie sa peau se déchirer, quelques gouttes de sang couler, sa peau blanchir. Erza ne ressentit même pas la douleur. Elle était bien dérisoire comparé au torrent d'émotions qui l'assaillirent.
Elle avança vers lui, revenant sur ses pas, jusqu'à s'arrêter à quelques centimètres. De sa voix la plus froide, elle commença alors :
-Alors je m'étais trompé sur vous. Je pensais que vous étiez un homme bon et juste, que vous ne vous basiez pas sur des préjugés. Mais il faut croire que mon jugement n'est pas infaillible. Le Roi que je connaissais était clément, généreux. Vous n'êtes pas ce Roi. Vous ne méritez pas ce titre ! Vous n'êtes pas moi Roi ! Et vous ne méritez certainement pas mon respect !
Le Roi avait blêmi, tandis que Hughes était retourné auprès d'elle. Dans une piètre tentative de la calmer, il prit la parole.
-Erza, tu ne…
Mais Erza le coupa aussitôt.
-L'homme qui était chargé de protéger votre père est tombé gravement malade et a demandé que quelqu'un soit nommé pour le remplacer. Je partirai dès ce soir.
La stupeur des deux hommes était palpable. Hughes la regardait horrifié et Jellal comme si l'on venait de le frapper. Peut-être qu'il n'avait pas voulu aller aussi loin. Après tout, il ne l'avait pas condamné quatre ans plus tôt. Mais Erza avait pris sa décision, et elle ne reviendrait pas dessus. Elle avait besoin de partir. Partir le plus loin possible de ce Roi qu'elle aimait tant, et dont le regard haineux, les paroles sèches, lui seraient fatales.
Mais Jellal, égoïstement, ne semblait pas d'accord.
-Et tu crois que je vais laisser un assassin rester en liberté sans rien dire ?
Il était allé trop loin. Vraiment trop loin. Et malgré toute son affection, toute sa bonne volonté pour rester douce, elle craqua.
Elle le gifla. Une gifle monumentale. Assez forte pour le faire tomber à terre et écarquiller les yeux. Elle venait d'agresser le Roi, et elle risquait la peine de mort pour cela. Mais elle s'en fichait. Elle était trop énervée pour penser à ça. Elle se sentait prête à l'étriper. Il devait être reconnaissant pour son titre à cet instant. S'il n'avait pas été le Roi, si elle ne lui avait pas juré fidélité, si elle n'avait pas passé les quatre dernières années à le protéger, si elle n'était pas tombée amoureuse de sa naïveté, elle l'aurait blessé. Vraiment. Peut-être même avec son épée.
-Vous le ferez si vous ne voulez pas que les gens sachent que c'est vous qui avez fait disparaitre la magie d'Edolas et que le démon Dragnel n'est autre qu'un de vos amis du Fairy Tail d'Earthland, menaça-t-elle.
Hughes écarquilla les yeux. Jellal, toujours sur le sol, se releva habilement. Il semblait en colère mais, à son grand étonnement, admiratif.
-Tu n'oserais pas, déclara-t-il d'une voix neutre.
Elle n'avait aucune idée de comment il avait compris que peu importait la situation, elle ne divulguerait pas un secret d'Etat, mais il avait l'air convaincu de ce fait. C'était presque comme s'il avait confiance en sa loyauté envers Edolas. Comme avant. Elle détourna les yeux avant de répondre.
-Je suis un monstre, n'est-ce pas ? Je n'ai donc aucun scrupule…
Et sans lui laisser le temps de répondre, elle se retourna définitivement sans un dernier regard pour cet homme qu'elle aimait tant.
