Petits Chitauris, petits Captains, petits Starks ?


Chapitre 25: Le Marchand de la Mort

Partie 1/2


"Et j'y gagne quoi ?" Demanda Tony, ayant écouté la proposition que lui faisait Peggy pour la mise à mort du soldat. C'était un peu risqué, alors autant qu'il y gagne gros. Si Fury se rendait compte du fait qu'il avait tué avec un ennemi un Vengeur, d'autant plus Captain America, il serait sûrement mis en geôle sur-le-champ par le colonel. C'était un cas de haute trahison envers son allié, qui était en supplément un super-héros de renommée mondiale. Il perdrait sans doute son argent, ainsi que son entreprise, que sa popularité, en plus de sa liberté et sa vie. Ce sacrifice, en lui-même, n'était pas gênant, mais le cadeau, le gain, lui, l'était si ce n'était qu'un faible revenu. Il lui fallait quelque chose qu'il ne pourrait pas avoir de lui-même et qui serait absolument inestimable. Ça ne pouvait pas marcher autrement.

La jeune femme devant lui lui accorda un immense sourire provocateur, puis se mit à marcher à travers la pièce, à la recherche de quelque chose d'alléchant et qu'elle pourrait lui offrir, surtout. Une guerrière ne niait pas un accord. Elle devait lui donner ce qu'elle promettrait, c'était une question de bon sens et d'honneur. Elle s'arrêta de marcher en songeant, ayant une merveilleuse idée. Qui n'avait pas lu dans la presse que Tony Stark avait des sentiments pour Thor Odinson ? Ce serait le marché idéal. Elle lui fit face, souriant encore plus largement. "En échange de votre aide," débuta-t-elle, faisant les cent pas vers lui. "Je vous offre Thor Odinson." Le cœur du génie rata un battement, comme la jeune femme arrivait juste à un mètre de lui. "Ce marché vous convient ?" Stark écarquilla les yeux, vraiment surpris. Il ne s'attendait pas à y gagner aussi gros. L'offre n'était même plus alléchante, elle était divine ! Qui aurait refusé une telle occasion ? Même un fou ne le ferait pas. Et Tony était un génie, non pas un fou. Il sourit grandement, véritablement heureux que cette femme soit venue s'adresser à lui. Elle ricana sombrement en s'en rendant bien compte, puis entama de tourner autour de lui pour l'attirer encore plus dans son piège d'araignée. "Et comme cela, vous serez débarrasser de votre pire ennemi... N'est-ce pas magnifique, Anthony Edward Stark ?"

"Oh que si, ça l'est !" S'emballa l'humain, à présent plus pressé que jamais de passer à l'acte. C'était une bonne mèche qu'il tenait, il pourrait se débarrasser définitivement de tous ses problèmes actuels, d'un seul coup !

Il regarda la femme s'avancer encore un peu plus vers lui, et elle lui prit une main, la plaçant sur sa tablette tactile. "Dans ce cas, Monsieur Stark, je vais avoir besoin de votre technologie." Elle se recula pendant que l'humain s'attelait à sa tâche le plus vite possible. Elle ricana, s'approchant à grand pas de la porte d'entrée, et se métamorphosa de nouveau en la créature qu'elle fut en arrivant, sa voix passant un ton plus grave et sonnant double. "Je suis sûre que nous formerons une très belle équipe, Anthony." Le mortel frissonna comme la créature venait de ronronner son nom avant de sortir. Pour lui, il était temps de bosser. Une nouvelle mission avec un réel cadeau à la clé l'attendait.


Pendant ce temps, à Londres, dans un café de la rue adjacente à l'appartement de Jane:

Loki était assis en face de Steve, lui criant dessus depuis le début tout en buvant son thé et prenant une bouchée par minute de son cheesecake. Thor n'en pouvait plus. Il avait une tête affreusement douloureuse à cause de ces cris permanents, tandis que son ami soldat était gêné, se tortillant sur sa chaise, regardant les passant avant de parler, et tremblant un peu. Cette étape était pourtant obligatoire pour qu'ils avancent dans leur relation, Steve le savait, et il se doutait d'ailleurs que ce soit grâce à cela qu'il n'était pas encore parti en courant.
Mais pour aller où, de toute façon ? Il n'avait plus nulle part où vivre, sauf chez Jane Foster, avec Thor et Loki. Il ne pouvait pas retourner à New York sans argent et sans Loki, et il ne pouvait pas acheter un appartement sans argent et sans carte d'identité. Il était perdu. Il devait se reposer sur Loki, qui bien heureusement était là pour lui, et sur l'amabilité de Jane et Thor, qui acceptaient sans rien attendre en retour de l'héberger chez eux.
Cela étonnerait d'ailleurs toujours le soldat. Il avait connu beaucoup de gens prêts à se sacrifier durant la guerre, mais jamais comme le dieu et sa mortelle. Ils étaient déjà surchargés, avec Loki qui était venu vivre chez eux alors qu'il n'aurait pas dû, et ils acceptaient tout de même de lui venir en aide. Ces gens étaient des exemples de bonté et de loyauté absolument parfaits. Toujours présents pour aider leurs amis à sortir de l'impasse, même en cas de manque de place.

C'étaient le genre de personne que Steve adorait plus que tous les autres.

Alors que Loki continuait à le sermonner, le soldat regarda par dessus son épaule pour inspecter la rue, avant de couper le dieu, retenant au maximum ses tremblements. Il était particulièrement angoissé, il ne savait pas quoi dire pour se défendre puisqu'il avait agi spontanément, et ne pouvait pas réprimer sa peur de dire quelque chose de blessant. Il savait, et c'était sans doute le pire, que Loki le garderait pour lui sans en montrer la moindre trace. Ainsi, il aurait grillé toutes ses chances -même si elles semblaient très peu favorables, qu'on soit bien clairs-. Il ouvrit la bouche momentanément, chercha une seconde quelque chose à répondre, puis parla. "Loki, je suis désolé si ce geste était imprévu, et tout ce que tu veux, mais ça m'est venu spontanément. Je t'aime, que tu l'entendes ou non, et ce n'est pas de ma faute si parfois mon cœur réagit à ma place." Il se frotta les mains anxieusement en voyant le dieu froncer les sourcils, sentant assez mal la suite. Il fallait qu'il continue de parler, ou ce serait la crise. Lorsque Loki ouvrit la bouche, un air menaçant accroché au visage, Steve le devança. "Non, je sais ce que tu vas me dire, et je ne veux pas l'entendre. Tu vas me dire que je n'avais qu'à y réfléchir avant. Oui, c'est vrai, tu as raison." Loki ferma la bouche et croisa les bras contre son torse, affichant une mine disant clairement "Tu vois que j'ai raison, je le savais." et Steve soupira, continuant dans sa lancée comme le regard de Thor l'y incitait. Il prit la main de Loki dans la sienne, et il leur décrocha à tous les deux ce même frisson qui signifiait que l'amour était réciproque, mais que Loki choisit d'ignorer. "Écoute, je sais, j'ai fais une erreur mais tu aurais fais la même chose dans l'autre sens. J'étais prêt à donner ma vie pour toi, et même si tu me rejettes, je mourrais toujours pour t'épargner. Parce que l'Amour que j'ai senti en touchant ta main, il existe toujours, et il existera pour moi à tout jamais."

Les lèvres du dieu s'étirèrent en un rictus désabusé, puis bougea inconfortablement sur la chaise, affichant une mine cassante par la suite. "C'est bien, que veux-tu que je te dise ? Juste, ne t'approche pas de moi. Je n'ai pas à payer les frais de ton stupide romantisme Midgardien." Il se tourna nonchalamment vers Thor, qui soupira en se frappant la tête de sa paume. Là, Loki su qu'il avait merdé. Mais quelle importance, après tout ? Steven était un humain au même titre que les autres, qui avait juste profité de lui consciemment là où les autres se cachaient pour le faire. Tremblant à cette idée, Loki se leva, maladroit, puis s'éloigna. Il voulait qu'on le laisse seul, et quoi de mieux que de partir au parc de la ville ? Cela semblait être tellement parfait que le dieu s'y dirigea, sans même faire attention aux deux voix lointaines qui l'interpellaient, lui criant de revenir.
Mais finalement, il se dit qu'il ne pouvait pas renoncer si facilement -c'était lui, le dieu, quand même !- et se tourna en direction des deux hommes affolés qu'il avait abandonnés peu avant. Il vint et se tint droit devant eux, reprenant place sur sa chaise avec un certain agacement, et regarda Steven dans les yeux, qui lui prit la main, encore étonné de cette fuite du dieu absolument incongrue. Loki sourit à cette vue, puis commença, d'un ton sec, à expliquer ses intentions. "Je t'explique ça comme ça, Steven Rogers. Nous avons un plan à faire fonctionner, pas une relation, quelle qu'elle soit, à se former. Alors tu vas faire exactement ce qu'on a prévu pour que la police ne t'attrape pas, et quand ce sera fait," le cœur du dieu se serra avant qu'il ne commence, mais plus avec amertume qu'avec entrain. "tu sortiras de ma vie. Compris ?"

Le soldat se recula un instant pour analyser la situation et son état critique, et regarda ensuite la main d'accord tendue par Loki. Il ne pouvait pas la prendre. Il avança sa main jusqu'à elle, mais arrivé à quelques centimètres de celle de son ex-copain, il la recula et tapa du poing sur la table, se redressant brusquement. "Tu n'as pas le droit de faire ça !" Cria-t-il, attirant l'attention de tous les passants, et faisant écarquiller des yeux les deux dieux présents. "Ce n'est pas juste ! Tu ne penses qu'à ta gueule, j'ai fais ça pour toi, merde !" De nouveau, il abattit son poing sur la table, celui-ci fermement serré, à en saigner. "Si tu le fais, c'est que tu es un connard ! Et que je me suis bien trompé sur toi !"

Loki ricana sombrement, une lueur de folie dans les yeux. "Mais je suis un connard, Captain America. Si tu veux savoir, je suis même un monst -"

Avant que le dieu ne puisse finir sa phrase, une main s'était abattue contre son visage. Étonné, il se tourna vers le responsable, qui n'était autre que Steven lui-même, et serra fort les dents. Quel était ce geste ? Mais pour qui l'humain se prenait exactement ?
Steve souffla, la claque étant partie toute seule. D'un côté, il s'en voulait de s'être laissé aller à de tels sentiments de colère non-contenue, mais se disait aussi d'un autre que cela le ferait réagir, avec un peu de chance. Il respira longuement, avant de se reculer lentement, son cœur martelant affreusement vite sa poitrine. Autant qu'il crie ce qu'il pensait maintenant, puisqu'ils en étaient là. Le soldat se rapprocha finalement, mettant son visage à cinquante centimètres de celui de son ex, fulminant intérieurement. "Tu n'es pas un monstre !" S'égosilla-t-il à sa figure, mais cela ne fit même pas broncher le dieu millénaire. Au lieu de cela, celui-ci leva un regard méchant vers lui, et Steve craqua, le giflant une seconde fois puis s'éloignant un peu, le visage sévère. Il se réinstalla à sa place, luttant contre l'envie de tuer Loki, là, tout de suite, et se concentra plutôt sur son thé qu'il n'avait point touché depuis son arrivée.

Loki râla une énième fois, puis lança un regard meurtrier au soldat. "Ne suis-je donc pas un monstre ?"

Steve le menaça de sa main. "Ne répète pas ça ou je te la mets." Il la rebaissa, prenant sa tasse de thé à deux mains puis la portant brièvement à ses lèvres pour aspirer une unique gorgée du délicieux breuvage. Il lança un regard provocateur à son ex-petit ami, et celui-ci lui rendit un sourire joueur. Il voulait enfreindre les règles ? Alors Steve allait jouer le rôle de sa mère, le giflant quand il merdait et l'aidant tout de même à s'en tirer. C'était la seule façon à présent qu'il avait d'aider la personne qu'il aimait, puisque celle-ci ne voulait plus de ses sentiments. Il bu une autre gorgée de sa boisson en songeant. "Tu n'es pas un monstre," dit-il tout haut, répétant les paroles qu'il pensait d'un air absent. Il ne se rendit pas compte du regard stupéfait de son ex sur lui, continuant en fixant depuis un certain temps une portion de la table sans intérêt. "tu ne l'as jamais été. Tu es juste un abruti, parce que tu te crois être un monstre alors que ce n'est pas le cas." Il sourit, toujours aussi éloigné de la réalité, et continua plus bas, son museau plongeant dans sa tasse. "Tu es l'abruti que j'aime, je n'ai pas de chance quand même. T'aimer est difficile," commenta-t-il, s'arrêtant une seconde pour inspirer l'odeur du breuvage, "mais j'ai envie de réessayer. J'ai raté ma chance une fois, je ne le ferai pas une seconde."