Bonjour à toutes et à tous !
Bon, je suppose que des excuses sont de rigueur pour cette interminable attente. Le fait est que je me suis retrouvée noyée sous le travail, et que j'ai dû mettre cette traduction de côté momentanément. Je préfère ne pas vous donner de date pour le prochain chapitre de peur de ne pas tenir parole… Mais je ne vous oublie pas, promis !
Sur ce, bonne lecture :)
Disclaimer : Pas à moi. Le monde d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
Note de l'auteur : Merci encore à mon adorable beta Hydraspit. M x
« L'inquiétude, ce sont les intérêts que nous versons pour nos problèmes avant la date d'échéance. »
(William R. Inge)
SIRIUS :
À la suite du procès, Sirius vit s'opérer en Remus un changement remarquable. Tout semblait plus léger chez le garçon. Quand James et Sirius, tous deux incapables de passer plus de quelques jours sans faire de farces, ensorcelèrent les chaussettes du professeur Slughorn pour qu'elles chantent l'hymne national de Slovénie à chaque fois qu'il passait une porte, Remus éclata de rire comme jamais Sirius ne l'avait vu faire auparavant. C'était un rire irrépressible et presque hystérique, et Sirius n'était pas convaincu que les larmes qui avaient coulé sur les joues de son ami aient été uniquement dues à la joie.
Même sa façon de marcher était différente. Ses épaules frêles étaient moins courbées, comme s'il ne cherchait plus sans cesse à passer inaperçu, et ses pas avaient une sorte d'entrain juvénile.
Le changement le plus important, cependant, ne fut visible qu'à la première pleine lune suivant le procès. Sirius, James et Peter, armés de chocolat, prirent comme d'habitude le chemin de l'infirmerie. Quand Madame Pomfresh les vit arriver, elle leur sourit et leur fit signe d'approcher.
« Il faut que vous le voyiez aujourd'hui », dit-elle, avec dans la voix un émerveillement inhabituel. « Il est tellement… » Elle s'interrompit et sourit.
Les Maraudeurs échangèrent un regard, plutôt surpris par cet étalage d'enthousiasme de la part de celle qui, d'ordinaire, ne tolérait leur présence que lorsqu'ils avaient fini de réciter sa « Liste de comportements à adopter dans l'infirmerie par tous, et en particulier par un certain groupe de jeunes Gryffondor dont les noms seront tus pour éviter que les générations futures ne suivent leur anarchique et incorrigible exemple ». Peter avait mis des mois juste pour retenir le titre.
« Vous croyez qu'elle plane à cause des Potions de Vitalité ? » souffla Sirius aux deux autres alors qu'ils passaient devant elle, soupçonneux. « Il paraît que c'est addictif, et puis elle ne nous a même pas fait réciter sa Liste. »
« Tant mieux », marmonna Peter. « J'ai encore oublié la Règle Trente-Deux. »
« Tu n'insèreras point de Piments-pur-Feu dans les narines des Serpentard à leur insu », récitèrent en chœur Sirius et James.
« Sans blague ? Je croyais que c'était un truc en rapport avec des bouillottes et les Feux d'Artifice Hydroactifs et Portatifs du Dr Flibuste. »
« Nan, mon vieux », dit Sirius en s'approchant de la porte de la chambre individuelle où Remus passait toujours les lendemains de pleine lune. « Ça, c'est la Règle Trente-Trois. Tu t'es encore embrouillé dans la numérotation. »
Il poussa la porte et faillit faire une attaque quand son entrée fut accueillie par un « Siri's ! » exalté.
Remus était assis sur son lit et fixait sur lui un regard lumineux, quoiqu'ensommeillé. Il avait l'air de ne pas se soucier pour deux sous de l'imposant bandage qui couvrait son épaule ou de l'égratignure encore visible sur une de ses joues. Sirius n'arrivait pas à croire que ce Remus était la même boule de nerfs qui l'avait accueilli après chaque pleine lune depuis Noël.
« J'avais raison », souffla-t-il à James. « Ils sont tous les deux en overdose de Potion de Vitalité ! »
Les trois garçons s'approchèrent du lit et s'assirent sur les chaises destinées aux visiteurs, regardant leur ami actuellement en état enfantin avec consternation.
« Choc'lat ? » demanda Remus en tendant la main.
« C'est juste pour ça que tu veux qu'on vienne, hein ? » le taquina James en lui donnant une Chocogrenouille déballée. « On est tes fournisseurs en chocolat sur le marché noir. »
Remus le regarda tout en mastiquant. « Loup », dit-il, prenant dans sa main pleine de chocolat la peluche de loup que James avait métamorphosée pour lui la dernière fois. « James fait. »
James rit, un peu gêné. « Yep. Exactement, mon vieux. »
« Pete, choc'lat ? » demanda Remus, tendant à nouveau sa main vers le Maraudeur rondouillard. Peter sourit et lui donna une part de gâteau au chocolat. Sirius le regarda manger en plissant le nez.
« Vous êtes conscients que je dois le nettoyer après ? » se plaignit-il, alors que les miettes et le glaçage semblaient tomber partout. « Je n'arrive toujours pas à comprendre comment je me suis retrouvé chargé de ça. »
« Mmmm ! » dit Remus, léchant le glaçage sur ses doigts tandis que le loup en peluche coincé sous son bras se couvrait de chocolat.
« Pourquoi est-ce qu'il est aussi joyeux, à votre avis ? » demanda Peter. « Il n'est jamais comme ça. D'habitude, il faut vingt minutes juste pour le convaincre de sortir de sous les couvertures. »
« Sais pas », dit Sirius, regardant Remus avec attention. « Mais je trouve qu'il n'a pas l'air aussi mal en point que d'habitude après une pleine lune. Je pense que c'est lié au fait qu'il est débarrassé de son père. »
« Papa ? » Remus se figea brusquement, son sourire heureux disparut et ses yeux ambrés s'écarquillèrent de peur. « Où Papa ? Où Papa ? » Il se roula en boule contre son oreiller.
« Sirius ! » s'exclama James d'un ton sec.
« Je ne voulais pas ! » dit Sirius avec désespoir. « Ça m'a échappé, c'est tout. Hé, Remus, tout va bien. Papa est parti. Tu te souviens ? Papa est parti. Il est parti, Moony. »
Il s'assit au bord du lit et essaya de sortir Remus de sa position recroquevillée ; le garçon répondit avec un gémissement de chiot blessé.
« Il est parti. Promis. Pas de Papa. »
« Pas de Papa ? » demanda Remus d'une petite voix, tournant légèrement la tête pour regarder Sirius.
« Pas de Papa », répéta Sirius. « Promis. »
Remus hésita, puis se redressa un peu et leva ses bras menus vers Sirius, réclamant manifestement un câlin. Sirius le regarda avec gêne, sentant le rouge lui monter aux joues.
« Bon sang, Sirius, fais-lui un câlin, le pauvre », dit James.
Sirius n'aurait pu résister à son expression pendant bien longtemps de toute façon. Il prit le garçon dans ses bras et Remus s'accrocha à sa robe et enfouit son visage dans sa poitrine. Sirius aurait aimé que ses joues cessent de le brûler, mais il était parfaitement conscient d'être observé par James et Peter. Les autres étreintes qu'il avait données à Remus avaient été dictées par des émotions intenses, et il n'avait pas pris le temps de réfléchir à ce qu'il faisait. Mais là, cela semblait si intime que c'en devenait embarrassant. Pressé contre lui, Remus sentait le chocolat et les feuilles mortes, et ses mèches douces et soyeuses caressaient le menton de Sirius.
Il y eut un long silence gêné, et au bout d'un moment, Remus commença à relâcher sa prise sur la robe de Sirius.
« Il va bien ? » demanda Peter avec prudence.
« Moony ? » appela Sirius en desserrant son étreinte autour du loup-garou.
Remus émit un marmonnement inintelligible et se pressa tout contre la poitrine de Sirius, qui se sentit rougir encore plus. « Je crois qu'il s'est endormi », dit-il aux deux autres.
« Bon », dit James qui avait l'air assez gêné lui aussi. Il prit l'une des Chocogrenouilles empilées sur le lit, la déballa et la décapita d'un coup de dents. Il s'éclaircit la gorge. « Sinon, tu penses passer les essais pour intégrer l'équipe de Quidditch l'année prochaine ? »
« Oui, sûrement », dit Sirius, qui se détendit en abordant ce sujet nouveau et beaucoup moins gênant.
Quand vint l'heure de partir, il se prit à regretter la chaleur de Remus en le recouchant dans son lit, toujours endormi, avant de le nettoyer et de poser son loup en peluche contre lui. Il savait aussi que jamais il n'oserait parler de ça à James ou Peter. Jamais.
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À l'approche de la fin de l'année scolaire, Sirius ne put s'empêcher de remarquer la nervosité croissante de Remus. Il se mit à prendre régulièrement congé des autres, se réfugiant dans la bibliothèque pour lire. Il ne s'intéressait qu'à moitié aux farces qu'organisaient le reste des Maraudeurs et avait de plus en plus tendance à se perdre dans ses pensées, au point que ses amis devaient lui tapoter le bras pour récupérer son attention.
Quand, pour la troisième fois, Remus s'excusa et disparut à l'heure du déjeuner, Sirius se leva, prêt à le suivre.
« Tu es sûr que c'est une bonne idée ? » demanda James d'un air incertain, levant les yeux du devoir de Potions qu'il finissait à la dernière minute pendant son déjeuner.
« Je veux juste vérifier qu'il va bien », dit Sirius. « Tu sais qu'il se comporte bizarrement depuis un moment. Je peux peut-être l'aider. »
« Évite de le stresser », dit James, qui pinça les lèvres et les tapota avec sa plume. « Peut-être qu'il a juste besoin de temps pour lui. »
Sirius soupira. « Je promets de m'en aller s'il ne veut pas me parler, d'accord ? »
James hocha la tête et retourna à son devoir.
Sirius balança son sac sur son épaule et prit le chemin de la bibliothèque, ignorant le regard que lui jeta Madame Pince quand il y entra. Pour une raison mystérieuse — et qui n'avait absolument rien à voir avec une reconstitution de la bataille des Gobelins de 1475, une forteresse miniature bâtie avec l'intégralité des livres de Botanique de la bibliothèque et un Incendio mal placé — elle n'appréciait pas vraiment Sirius et James.
Malheureusement, un bref coup d'œil circulaire lui apprit que Remus n'était pas dans la bibliothèque. Sirius ressortit, se demandant où pouvait bien se trouver son ami. Il sursauta en sentant quelqu'un tapoter son épaule et fit volte-face, tombant nez à nez avec Lily Evans.
« Si tu cherches Lupin », dit-elle, « il est dehors, sous le saule près du lac. Il n'avait pas l'air dans son assiette, à vrai dire, alors j'ai pensé qu'il valait mieux t'en parler. »
Sirius se sentit soulagé. « Merci, Evans. »
« Tu ne l'as pas embêté, hein ? » demanda-t-elle. « C'est juste que j'ai remarqué qu'il est toujours un peu malade, et j'ai lu ce qui était arrivé à son père dans le journal. »
« Non », dit Sirius, indigné. « Ce n'est pas comme si ça te regardait vu que tu n'es pas son amie, mais je ne sais pas ce qu'il a. C'est pour ça que je le cherche. »
Elle lui jeta un regard soupçonneux, puis fit un geste de la main. « Si tu le dis, Black. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il vous a choisis comme amis, Potter et toi. Il a l'air gentil, alors que vous deux êtes juste des cauchemars ambulants. »
« Tu ne diras pas ça quand tu seras mariée avec James », marmonna Sirius en tournant les talons.
Il ignora ses protestations indignées et se dirigea vers les grandes portes au pas de course. Comme prévu, il aperçut la silhouette voûtée de Remus sous le saule pleureur.
« Moony ? » dit-t-il en rejoignant le garçon et en se laissant tomber à côté de lui. « Tout va bien, vieux ? »
Remus lui jeta un regard irrité avant de soupirer. « Comment tu m'as trouvé ? »
« J'ai mes méthodes secrètes », dit Sirius en offrant à Remus son sourire le plus énigmatique.
« Sirius. »
« OK, c'est Evans qui me l'a dit. »
« Hum. Elle m'a regardé bizarrement quand je suis venu ici. »
« Elle s'inquiétait pour toi, Merlin sait pourquoi. Elle ne te connaît même pas. »
« Je suppose qu'elle voulait juste être gentille. » Remus fit courir ses doigts sur la page du livre ouvert sur ses genoux, le regard perdu sur le lac. Sirius roula sur le ventre et s'appuya sur ses coudes pour examiner son ami. Le visage de Remus était las et tendu, même s'il restait quelques semaines avant la prochaine pleine lune.
« Qu'est-ce qui ne va pas, Moony ? »
Remus évita son regard. « Rien. »
« Oh, pas avec moi. Je te connais suffisamment pour voir qu'il y a un problème. »
« C'est juste que… » Remus hésita, mettant son livre de côté et ramenant ses genoux contre lui avant d'y appuyer son menton. « Ils ne me connaissent pas vraiment », finit-il par dire.
« Quoi ? Qui ça ? »
« Les Anders. »
« Oh. » Sirius fronça les sourcils sans comprendre où les menait cette conversation. « Ils auront l'occasion d'apprendre à mieux te connaître pendant l'été, je suppose. »
« Je sais », dit Remus. « C'est bien ce qui m'inquiète. »
Sirius s'assit et fixa son ami, surpris. « Quoi ? »
« Et s'ils apprennent à me connaître et qu'ils ne m'aiment pas ? Si toute cette histoire de lycanthropie était trop difficile à gérer pour eux ? Tu sais que je deviens tout bizarre et enfantin après la pleine lune maintenant. Et qu'il y a beaucoup de sang, et d'os fracturés, et tout ça. Et s'ils regrettaient de m'avoir adopté et voulaient me rendre ? » La voix de Remus se fit de moins en moins forte et finit en un chuchotement pitoyable.
« Oh, Moony ! » dit Sirius en passant un bras autour des épaules du loup-garou. « C'est pour ça que tu stressais depuis tout ce temps ? »
Remus hocha la tête, évitant toujours son regard.
« Anders te connaît », fit remarquer Sirius, sachant que seule la logique aiderait Remus à comprendre. « Tu lui as écrit pendant presque un an. Et ils savaient ce qu'impliquait l'adoption d'un loup-garou bien avant de se décider à le faire. N'oublie pas que Neil est un Auror et qu'Angela travaille au Département des Créatures Magiques. Tu n'aurais pas pu trouver de parents plus adaptés si tu l'avais voulu. Et pour ton état enfantin après la pleine lune… » Sirius haussa les épaules. « On te l'a déjà dit, tu es plutôt mignon. Et loin d'être un problème tant qu'on te fournit un flux régulier de chocolat. Ils vont t'adorer, Remie. »
Remus renifla, indigné. « Remie ? »
"C'est affreux, hein ? Ridiculement mièvre, et en même temps condescendant. Tu es obligé d'aimer. »
« Loin de là, je te jure. Mais tu y crois vraiment, pour le reste ? » Remus tourna un regard plein d'incertitude et d'espoir vers Sirius.
« Je ne te mentirais pas sur un truc pareil, mon vieux. Et puis, si ça se passe mal et que tu n'es pas heureux là-bas, je parie que tu pourrais toujours aller chez James si tu voulais. Ou Pete. Pas chez moi, en revanche. Tu détesterais ma famille. »
« Je suis sûr que non. »
« Oh si, fais-moi confiance. Tout le monde déteste ma famille. Je déteste ma famille. C'est impossible de ne pas les détester, comme des dragées surprise à la cire d'oreille. »
Remus secoua la tête avec un sourire. « Tu me remontes toujours le moral », dit-il. « Même si tu finis par débiter des âneries comme celles-là. » Ses doigts vinrent effleurer le pendentif en forme de main accroché à son cou et Sirius sourit.
« On pourrait s'enfuir et vivre dans la rue si c'est trop horrible », suggéra-t-il. « Je viendrais avec plaisir. Je ne reste chez moi que pour Regulus. Il faudrait qu'on l'emmène avec nous, bien sûr. »
« On n'a que treize ans. On ne s'en sortirait pas tous seuls. »
« Oh, ne fais pas ton raisonnable avec moi. Ce serait marrant ! »
« Non, Sirius. Ce serait un désastre absolu. »
« Oh, allez ! » insista Sirius en faisant la moue. « Tu sais que tu en as envie ! »
Remus se contenta de secouer la tête et jeta un rapide sortilège de Tempus. « Allez viens, idiot, on va être en retard en Potions. »
Sirius suivit Remus en direction du château, notant avec satisfaction que les traits du visage de l'autre garçon s'étaient finalement détendus.
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Les dernières semaines de l'année passèrent dans un tourbillon d'examens et de bulletins de notes, période à laquelle James et Sirius prirent la décision de mettre en place au moins huit bonnes farces avant les grandes vacances. Il n'était alors pas rare de voir Rogue affublé d'une crête iroquoise verte, avec sur son front le message « J'adore les Gryffondor », ou bien un groupe de Pouffsouffle obligés de se dandiner jusqu'à l'infirmerie parce que leurs corps avaient été changés en énormes pompons, ne laissant dépasser que la tête et les pieds.
« Ils sont adorables comme ça », se défendirent James et Sirius quand Remus exigea de savoir pourquoi ils s'en étaient pris à d'innocents Pouffsouffle. « Très pouf-pouf, très soufflés. »
Quoi qu'il en soit, les Maraudeurs se retrouvèrent finalement dans le train qui les ramenait chez eux pour l'été. Sirius s'efforça de rester positif, mais la perspective de retourner Square Grimmaurd lui retournait désagréablement l'estomac. La seule chose dont il avait hâte était de revoir Regulus. Il se désintéressa de la discussion animée de James et Peter sur les mérites qu'il y avait à jeter un dernier maléfice à Rogue avant que le train n'arrive à destination, et regarda par la fenêtre.
« Hé, vieux » dit James, récupérant son attention par une tape sur l'épaule. « Tu veux venir chercher le chariot de friandises avec nous ? Pete et moi, on est affamés ! »
« Non, ça ira », répondit Sirius avec détachement. « Je n'ai pas très faim. »
Les autres le fixèrent, incrédules. « Toi, tu n'as pas faim ? » répéta Peter.
« Non. Mais allez-y sans moi. »
« Ça va ? » demanda James.
« Ouais », dit Sirius avec un maigre sourire pour son ami brun. « C'est juste… tu sais… le retour à la maison, et tout ça. »
« Ah. » James hocha la tête, comprenant soudainement. « Bah, on vous ramènera quand même de quoi manger, à Moony et toi. Au cas où vous auriez faim plus tard. » Les deux garçons sortirent du compartiment.
« Tu n'as pas faim non plus ? » demanda Sirius en se tournant vers Remus, qui le regardait lui aussi d'un air préoccupé.
« Ouais. C'est juste… tu sais… le retour à la maison, et tout ça », le taquina Remus. Sirius sentit ses lèvres s'étira en un sourire sans qu'il l'ait commandé.
« Crétin », dit-il avec affection. « Mais ça va bien se passer, Moony. Les Anders vont t'adorer. »
« Pour toi aussi, tout ira bien », dit Remus en posant une main sur l'épaule de Sirius. « Je t'écrirai souvent, promis. » Il étudia longuement le visage de Sirius. « Je ne t'ai jamais vu aussi déprimé, tu sais. C'est bizarre. Où est passé Sirius Black, Gryffondor et farceur extraordinaire ? »
« Je l'ai mis sous clé pour le moment », dit Sirius. « Il m'attire des ennuis à la maison. »
« Ah, le Maraudeur Intérieur », dit Remus en hochant la tête. « Quand on en a un, ils ont tendance à faire ça. »
La porte s'ouvrit à la volée et James et Peter les rejoignirent, les bras chargés de confiseries.
« On en a pris plein pour tout le monde », dit Peter en faisant pleuvoir une avalanche de Chocogrenouilles et de Fondants du Chaudron sur les genoux de Sirius et Remus.
« Nul malheur au monde n'est si terrible que le chocolat ne puisse y remédier », ajouta James, se laissant tomber à côté de Sirius en mâchonnant une Baguette Réglisse.
Une demi-heure et douze Chocogrenouilles plus tard, Sirius était de son avis. Surtout quand il vit le visage de Remus s'illuminer à mesure qu'il mangeait et lorsque James et Peter leur racontèrent leur quête du chariot à friandises. Tout à coup, la perspective de rentrer chez lui ne lui paraissait plus aussi sombre. Il aurait toujours ses amis à qui écrire et son petit frère pour lui tenir compagnie. Son cœur se glaça juste un peu lorsque le train s'arrêta le long du quai neuf trois-quarts et qu'il aperçut le visage fermé de sa mère qui l'attendait.
Alors, que pensez-vous des inquiétudes respectives de Remus et Sirius ? N'oubliez pas de manger plein de chocolat et de reviewer si l'envie vous en prend !
À bientôt (j'espère !) pour la suite :)
