Un grand merci à SweetyK, MissKathPierce et PopGame pour vos commentaires. Wow je n'arrive pas à croire que je sois si près de la fin! Encore merci pour vos encouragements et vos commentaires! Il reste encore 2 chapitres avant la fin (après celui là). bonne lecture et encore merci de vous intéressez à mes écrits!!

Chapitre 24 :

Katerina s'enfuit à travers les bois à toute allure, son nouveau statut lui permettait d'éviter les obstacles avant même de les apercevoir. Elle s'arrêta au bout de vingt minutes, à l'entrée d'un village. Comme une criminelle en fuite, elle longea les murs, et courut à nouveau en ne pensant à rien d'autre que mettre le plus de distance possible entre elle et Klaus. Si ce dernier n'était pas au courant de son suicide, il le saurait dans peu de temps et il était plus que raisonnable d'être hors de portée de sa fureur. Partir, tout quitter, encore et encore; au bout du compte, à vouloir sauver sa vie, Katerina l'avait sacrifiée et perdue au nom de la liberté. Soudain, une parole de Trevor lui revint en mémoire : « Mais sois prudente, sa rage est telle qu'il est capable de décimer des populations entières. Je l'ai vu faire de mes yeux ». Elle se figea, le souffle coupé par un très mauvais pressentiment ; et si Klaus se vengeait sur sa famille ? Aveuglée par leurs airs avenants, elle leur avait révélé son pays d'origine, et par conséquent, livré toute sa famille à la colère de Klaus. Une avalanche de culpabilité l'ensevelit, décuplée par sa transformation. Elle se laissa tomber à genoux, les mains sur le visage et se mit à pleurer sans pouvoir s'arrêter, comme si c'était déjà trop tard. Malgré tous ses efforts, elle ne parvint à contrôler le flot de larmes et se recroquevilla sur elle-même, espérant que son chagrin se tarisse de lui-même. Ses pensées se dirigèrent vers Violetta ; elle sentit son cœur se tordre douloureusement dans sa poitrine, et elle se griffa convulsivement le visage, comme pour arracher le souvenir de son crâne. La douleur fut intense, destructrice et aveuglante, transformant la jeune femme en boule de haine. Elle se releva en tremblant, un feu de rage brûlant ses entrailles. Elle se laissa dicter par ses nouveau instincts pour soulager ses maux, et d'insouciants humains ne tardèrent pas à en faire les frais. Son ouïe fine capta le bruit mouillé d'un doux baiser et aussitôt, elle se retrouva devant eux, la tête baissée, ses longs cheveux lui cachant le visage d'un air énigmatique. Le jeune homme sembla le premier à se rendre compte de sa présence puisqu'il se leva d'un air méfiant, dissimulant la jeune femme par précaution.

- Qui êtes vous ?

Katerina sourit derrière le rideau de cheveux en entendant son rythme cardiaque accélérer d'anxiété. N'obtenant aucune réponse, il s'approcha de la jeune fille en essayant de capter son regard malgré l'obscurité. La jeune femme avec qui il papillonnait, s'était pelotonnée contre l'arbre et remettait ses cheveux blonds en place, comme pour dissimuler ses cachotteries. Ce dernier menaça Katerina de son poing :

- Allez-vous en, nous sommes occupés.
- Tu vas te taire et m'écouter attentivement : tu ne bougeras pas de là, tu ne crieras pas et tu vas me regarder sans ciller tuer ton amie, répondit-elle d'un ton autoritaire en plongeant ses yeux chocolat dans les siens.

Le jeune homme se figea, rendu docile par l'hypnose. Il tourna son regard vide vers la jeune fille qui s'était relevée précipitamment en entendant les paroles de Katerina. Elle ne put esquisser le moindre pas car déjà, Katerina la tenait d'une main ferme, l'autre empoignant les cheveux de la jeune femme pour lui offrir son cou. Le sang qui pulsait dans sa carotide résonnait aussi fortement que si elle s'était trouvée à côté d'une cascade. Instinctivement, elle sentit ses canines pousser, ce dont elle n'avait pas eu conscience la première fois, et les planta dans la chair tendre de la jeune femme qui gémit de douleur. Le sang sembla obscurcir toute ses pensées et elle vida la jeune fille en l'espace de deux ou trois secondes. Elle jeta négligemment le corps par terre et s'avança vers l'homme, un sourire cruel sur le visage.

- A quoi bon ? Se retrouver dans les bois à pareil heure ne peut être que le signe d'une relation extra conjugale ou non consentie par la famille. Je lui ai rendu service en la tuant. Tu aurais finis par l'engrosser et elle aurait terminée seule.

Lentement elle tourna autour du jeune homme en laissant son index errer sur les épaules. Les iris dilatés par l'obscurité de ce dernier reflétaient une peur grandissante.

- Vous les hommes, vous ne pensez qu'à une seule chose : votre propre bonheur, et peu importe les conséquences que cela engendre. Vous n'avez aucune pitié pour l'avenir de vos amantes, le réduisant à néant au cours d'une seule nuit. Elles n'ont pas le droit de choisir leur vie car vous le faites déjà pour elles.

Elle lui attrapa brusquement la tête, et susurra doucement à son oreille.

- On m'a volé ma vie, on m'a arraché mon fiancé et mon enfant. Je suis Katerina Petrova et je n'ai plus rien à craindre de la vie désormais.

Elle mordit l'homme au cou, arrachant d'un geste brusque la jugulaire pour que le débit soit plus rapide. Sa soif, non loin de s'étancher, l'obsédait de plus en plus, et lorsque le corps sans vie de l'homme retomba, elle ne se sentit pas mieux, des milliers de sentiments contradictoires meurtrissant son cerveau. Elle essuya le sang coulant au bord de ses lèvres et se remit à courir un peu plus vite. Elle s'arrêtait de temps à autre dans des villages endormis, arrachant sans aucun remords des hommes de leur lit pour se nourrir. Et à chaque victime, la blessure vive qui dévorait son cœur ne faisait que s'accroitre un peu plus. Elle se trouvait non loin du port lorsque les premiers rayons du soleil vinrent la frapper de plein fouet. Elle eut l'impression que les UV lui grignotaient la peau et se mit à hurler en voyant ses mains se couvrir de cloques. Elle eut juste le temps de se jeter à l'intérieur d'un entrepôt avant que sa peau ne prenne une inquiétante teinte marron. Elle vit ses blessures se refermer quelques secondes plus tard et respira bruyamment, soulagée. Elle s'accroupit sur le sol en fixant le bout usé de ses chaussures. Encore et toujours prisonnière, quoiqu'il advienne. Elle repensa à l'épée de Damoclès qui se trouvait au dessus d'elle et de sa famille, et tenta de retourner au grand jour, avant de sentir à nouveau sa peau roussir. Klaus avait un avantage non négligeable sur elle, et elle risquait d'en payer les conséquences. Elle rampa silencieusement jusqu'à l'arrière de l'entrepôt, où elle découvrit un petit coin aménagé comme une maison. Une femme d'âge mur était en train de coudre à l'intérieur devant un feu de cheminée. La jeune fille tenta d'entrer, avant de se remémorer qu'on devait l'inviter. Grommelant des injures, elle toqua et attendit patiemment que la femme daigne lui ouvrir pour immédiatement la saisir à la gorge et l'obliger à l'inviter. Elle n'avait pas de temps à perdre.

- Tu ne m'as pas vu : maintenant va me préparer un bain et des vêtements propres.

La vieille dame obéit sans broncher, et Katerina s'assit près du feu tout en se débarrassant de ses chaussures. Doucement, elle sortit de sa poche le collier ainsi que la couverture de sa fille et l'émotion l'étrangla aussitôt. Elle comprenait petit à petit pourquoi elle semblait devenue aussi sensible face aux souvenirs, et déduisit avec soulagement que la Katerina d'avant était toujours là. Il faudrait qu'elle apprenne à se contrôler, mais pour le moment, il y avait eu trop de bouleversements à encaisser pour que ce soit sa priorité. Serrant dans sa main droite le cadeau d'Andreï ; elle enfouit son visage dans la couverture de Violetta, comme le ferait un enfant pour se rassurer. Elle revoyait le visage rond de Violetta, ses yeux gris, ses petites boucles brunes collées sur sa tête. Les innommables maux que lui provoquèrent ce souvenir la poussèrent à nouveau dans ses derniers retranchements et elle lança la couverture, qui atterrit aux pieds de la femme ramenant un seau d'eau brûlant. Elle se pencha, examina le morceau de tissu, avant de le rapporter timidement à Katerina.

- Vous avez perdu quelque chose.

Katerina tourna vers elle, le visage fermé, et arracha violemment la couverture des mains, la déchirant légèrement. Hoquetant d'horreur, elle se jeta sur la vieille dame et la vida de son sang pour la punir d'une faute dont elle n'était pas responsable. Elle se rendit vers le bassin fumant, réalisant avec satisfaction que la femme avait déjà dût faire plusieurs aller retour avant de se mêler de ses affaires. Elle se déshabilla et plongea dans le bain, mais ne ressentit pas la chaleur qu'il dégageait; tout cela était parti avec son humanité. Elle frotta son bras avec un savon avant de se figer, éberluée. La cicatrice laissée par l'ours avait disparu, laissant sa peau mate douce et neuve comme celle d'un nouveau né. Aussitôt elle se contorsionna pour atteindre son dos et ne sentit aucun bord irrégulier ; toutes les marques sur son corps avaient disparues. Elle aurait pu se réjouir d'être à nouveau sans aucun défaut, mais elle eut une boule au ventre en repensant aux souvenirs de chacun d'entre eux. Désormais, il était clair qu'elle repartait de zéro, comme si sa famille et son passé n'étaient que brouillon. Elle soupira et se toiletta intégralement, avant de se sécher et d'enfiler des vêtements propres, non sans omettre les deux souvenirs qu'elle emportait avec elle. Elle patienta longuement, ressentant à nouveau la soif envahir chacune de ses pensées et prendre le contrôle sournoisement. Lorsque le soleil disparut enfin, elle sortit, respirant l'air humide. Elle marcha longuement le long du port, dans le but de trouver un navire capable de la ramener jusqu'au continent européen. Un léger bruit la fit frissonner et elle se retourna, prise de panique. Aussitôt, elle se sentit violemment propulsée en arrière et atterrit dans un tas de cageots de bois, le corps égratigné par les minuscules échardes. Elle n'eut pas le temps de se relever que déjà, elle se sentait soulever de terre par une forte poigne. Le visage d'Elijah apparut devant elle, les yeux brillants d'une colère noire.

- Qu'est ce qui t'a pris Katerina ?
- Lâchez-moi ! hurla t-elle en se débattant.

Il la lança sans ménagement contre le mur de l'entrepôt où elle s'effondra, le souffle coupé. Aussitôt, il l'attrapa à la gorge et serra. Katerina put voir une petite veine déformer son front :

- Tu nous as trahis Katerina, tu as commis la plus grosse erreur de ta vie.
- Vous alliez me tuer, gémit-elle, manquant d'air.
- Tu vas le payer cher, j'ai promis à Klaus qu'il te tuerait de ses mains. Néanmoins, je vais me faire un plaisir de te torturer.

Joignant l'acte à la parole, il enfonça dans les côtés de Katerina un morceau de cageot, qui tomba à genoux, haletante. L'homme s'agenouilla devant la jeune bulgare qui peinait à retirer le moreau de bois fiché dans son poumon.

- Tu n'as pas idée des conséquences de ton geste Katerina.

D'un geste brusque, il retira le pieu improvisé avant de l'enfoncer un peu plus bas.

- Tu viens de briser la seule chance pour Klaus de devenir invincible. Il a patienté de très longues décennies avant de voir enfin un double Petrova apparaitre. Il a passé toutes ces années à te chercher et il est très en colère que tu ais anéanti ses plans. Ce qui le rend encore plus furieux, c'est que ton acte irréfléchi t'a conduis à stopper définitivement la lignée Petrova. Tu n'as aucune idée de quoi Klaus est capable lorsqu'il n'obtient pas ce qu'il veut.

Katerina sut alors qu'il n'avait pas connaissance de l'existence de Violetta et cela la rassura un peu, malgré l'urgence de la situation. Elle remercia intérieurement ses parents de l'avoir confiée dans le plus grand secret. Elijah l'attrapa par les cheveux et la releva sans aucun ménagement, avant de la plaquer contre l'entrepôt, les traits déformés par son envie de vengeance.

- Lâchez la p'tite dame, hurla la voix d'un matelot, surgi de nulle part.

Elijah se retourna et brisa rapidement la nuque de ce dernier avant qu'il ne donne l'alerte. Lorsqu'il fixa à nouveau le mur de l'entrepôt, Katerina semblait s'être évaporée.

- Tu ne pourras pas te cacher indéfiniment Katerina. Nous savons que tu ne peux voyager que de nuit, nous avons un large avantage sur toi. Rends-toi et je te promets que ta mort sera moins douloureuse.

Il avança en direction d'une masse sombre de caisses, sentant le sang de Katerina flotter dans l'air de manière plus soutenue. Il surgit à toute vitesse derrière, mais fut déçu de ne trouver qu'une énorme flaque de sang. Avant même de comprendre qu'il s'agissait d'un piège, il sentit la pointe du cageot s'enfoncer entre ses omoplates.

- Jamais je ne me rendrais. Allez au diable, cracha la jeune fille.

Elle fit pression, et lorsque la pointe perca le cœur d'Elijah, elle vit son visage virer au gris et perdre peu à peu vie. Elle se délecta du spectacle qu'offrait la mort d'Elijah et jubila en imaginant Klaus découvrir le cadavre de son grand frère.

- Au revoir Elijah.

Elle se nourrit du malheureux qui lui avait sauvé la vie, et sauta à bord du premier navire quittant le port dans la nuit, le visage dissimulé par sa large capuche. Lorsqu'elle aperçut les premières plages de Gaule grignoter l'horizon, elle sourit, soulagée.
Elle allait enfin rentrer à la maison.