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Bonjour à tous et toutes !
Je vais faire court, mais je voulais vous dire merci à tous pour vos gentils messages et votre accueil pour le dernier chapitre. Je suis contente que le « presque » baiser vous ai plu et que vous soyez frustré ! hahaha ! Pardon, je suis cruelle avec vous, et ce n'est pas fini !
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Bonne lecture et au 15 mars !
Bisous !
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Disclaimer : l'histoire originel est de Tolkien.
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Réponse au review pour ceux qui n'ont pas de compte :
Solne :
Merci beaucoup pour ton message, je suis contente que l'histoire te plaise au point de l'avoir lue d'une traite (ça m'arrive souvent aussi au grand dam de mon mari ^^). Je te remercie aussi pour ton compliment sur mon écriture et j'essaye un maximum que ce soit fluide et permettre à chacun de rentrer dans ma version de LOTR. Merci pour Isleen, je l'ai bichonné et ai essayée de lui donner une vraie profondeur pour qu'on s'identifie à elle. Pour la suite, je poste tous les 15 du mois donc n'hésite pas à venir y faire un tour ce jour-là ! J À très vite.
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Chapitre 25 : le magicien blanc
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Le chemin défilait sous les sabots des deux chevaux mais Isleen et Legolas, installés sur Arod, ne s'en rendaient pas compte, trop conscient tous les deux de la proximité du corps de l'autre.
Isleen serrait étroitement le corps de Legolas, aussi bien pour ne pas tomber – monter à cru n'était vraiment pas ce qu'elle préférait – que pour sentir le corps de l'elfe contre elle, et respirer son odeur, si caractéristique. La jeune femme savait qu'elle ne se lasserait jamais de cette odeur, aussi profita-t-elle de pouvoir s'en saouler jusqu'à plus soif !
Legolas dirigeait Arod d'un air distrait, c'est la présence du corps chaud de la belle rouquine qui occupait complètement ses pensées. Il avait posé sa main sur le poignet de la jeune femme pour la stabiliser, bien qu'il sache qu'une telle précaution n'était pas nécessaire et que ce n'était qu'une excuse pour sentir sa peau contre la sienne. Il rougit brièvement de l'audace qu'il avait eu un peu plus tôt mais ne parvint pas à regretter son geste, surtout compte tenu de la réceptivité de la jeune femme. Il n'avait pu se défaire de l'emprise que les yeux verts avaient exercé sur lui et il avait perdu tout contrôle et bon sens quand elle avait mordillé ses lèvres, torturant dans le même temps les envies du prince. Le seul regret qu'il pouvait avoir était celui de n'avoir pu finir son geste.
-Regardez ! La forêt est en vue !, s'écria Aragorn, leur désignant une masse sombre.
Legolas secoua la tête pour arrêter ses pensées et regarda la forêt tout comme Isleen qui se pencha sur le côté pour l'apercevoir. Un fin filet de fumée apparaissait, confirmant les dire d'Aragorn.
-Nous devrions nous arrêter ici pour cette nuit, indiqua Aragorn. Le soleil ne devrait pas tarder à descendre et nous sommes tous fourbu de fatigue.
-N'est-il pas dangereux de laisser nos deux hobbits dans la forêt ?, demanda à juste titre Gimli. Bien que l'idée de quitter ce canasson me plaise, nous ne les avons toujours pas retrouvé.
-Ne vous inquiétez pas pour eux., lui indiqua Isleen. Ils ne craignent plus rien.
Personne ne dit mot, mais Aragorn fronça les sourcils. Il était encore curieux pour lui qu'elle connaisse autant de chose sur ce qui allait se passer ou sur ce qui avait eu lieu.
-Bien, montons le camp, leur dit Aragorn, prenant parti de croire la jeune femme. Mais ne nous faisons pas remarquer.
Ce qui voulait dire : pas de feu.
Legolas aida Isleen à descendre du cheval et en fit de même. Elle s'étira longuement, ses jambes la faisant souffrir tout comme sa tête. Elle serra la cape qu'Eomer lui avait passée – et qu'il ne lui avait pas réclamée – contre elle, la fatigue la rattrapant.
-Venez, installons-nous là-bas., lui dit Aragorn la bride d'Hasufel en main.
Il les conduisit derrière deux rochers, les protégeant ainsi des regards et des menaces. Une fois les chevaux attachés, ils s'installèrent contre la roche. Isleen tremblait légèrement de froid et tressaillit quand sa capuche toucha son bandage.
-Laissez-moi voir votre blessure, lui demanda Legolas en s'approchant le regard inquiet.
La jeune femme le laissa faire, trop fatiguée pour autre chose. Elle frissonna quand elle sentit les doigts agiles de Legolas sur sa tête et grimaça quand l'odeur de sang vint à ses narines.
-La blessure ne saigne plus., indiqua l'elfe d'une voix douce. Mais la plaie est légèrement à vif, c'est cela qui doit vous faire mal.
-Je dois encore avoir des baumes dans mes affaires, lui dit Aragorn en fouillant dans sa tunique, d'où il sortit une petite boite en bois qu'il tendit à Legolas.
L'elfe lui passa le baume sur le crâne avec une infini douceur essayant par cela de ne pas lui faire encore plus mal, une odeur mentholée se dégageant dans l'air, puis il rebanda sa tête avec du linge propre qu'Aragorn avait sur lui. La jeune femme frissonna légèrement sous le contact de l'elfe mais celui-ci mit cela sur les effets du baume sur sa blessure.
-Où sont nos sacs ?, demanda Isleen une fois que l'elfe eu finit de la soigner, voyant le peu d'affaires que transportaient les trois hommes.
-Nous avons dû nous en débarrasser, lui répondit Aragorn à voix basse. Nous devions voyager léger pour vous retrouver.
-Oh, d'accord., acquiesça la jeune femme, qui comprenait cette nécessité mais qui était également triste que ses affaires soient perdues. Les lettres d'Elrond et d'Arwen étaient ses biens les plus précieux.
-J'aurai voulu vous les rendre., lui avoua Legolas qui s'était assis près d'elle, le regard pénétrant. Mais nous devions faire vite.
-Non, je comprends, je vous assure., lui répondit Isleen d'un sourire triste, un léger voile rouge sur ses joues avant de baisser les yeux.
-Par contre j'ai récupéré ça pour vous., lui dit-il en se levant, ce qui fit relever la tête d'Isleen surprise.
La jeune femme le regarda détacher une ceinture et lui tendre son épée puis ses deux dagues qu'il avait récupérées près des cadavres des orques. Elle ne dit rien mais eu un grand sourire en touchant le fourreau de son épée. Avoir ses dagues entre ses mains, c'était pour Isleen noël avant l'heure, elle le remercia d'un sourire lumineux qui fit pétiller les yeux du prince. Elle avait regretté de ne pas avoir son épée avec elle et d'avoir perdu ses dagues quand elle se battait avec les orques. Sa réflexion sur la bataille lui fit relever la tête vivement faisant claquer son cou douloureusement.
-Boromir !?, demanda-t-elle en regardant Aragorn. Est-ce qu'il est… ?
-Nous n'en savons rien, Les Galadhrim sont venus et l'ont ramené en Lorièn, lui répondit l'homme du Gondor. D'ailleurs, pourquoi ne pas nous avoir mis au courant ?
-Nous aurions pu faire quelque chose pour lui, renchérit Gimli en grondant. Et pour Frodon.
-Je ne pouvais pas. Je vous l'ai déjà dis, leur répondit-elle en se rasseyant et en posant son épée près d'elle. Si je vous avais mis au courant, vous auriez tenté quelque chose et vous auriez pu y perdre la vie !
-Mais pourquoi avoir fait appel au garde de Lorièn ? demanda Aragorn, comprenant la logique de la jeune femme mais ne l'acceptant pas.
-Car même si je ne devrais pas changer les chose, rien ne m'empêche de donner un petit coup de pouce au destin., répondit Isleen mal à l'aise en se triturant les mains.
-Si le seigneur Boromir ne meurt pas, cela pourrait avoir des conséquences pour la suite ?, demanda justement Legolas en attrapant les mains de la jeune femme, arrêtant ses gestes.
-Je ne sais pas., répondit Isleen d'une petite voix son corps se figeant face au geste de l'elfe. Elle n'était pas la seule à être surprise de ce geste, en témoignait les regards de Gimli et d'Aragorn sur eux.
La jeune femme ne dit rien d'autre, mais ses pensées tourbillonnaient dans sa tête et elle pensait à Denethor et Faramir, mais aussi à Frodon et Sam qui étaient maintenant seul pour le Mordor. Est-ce qu'elle avait changé leurs destins avec son geste ? Toutes ses interrogations lui donnait mal à la tête.
-D'ailleurs, pourquoi n'avoir pas utilisé vos pouvoirs pour faire fuir les orques ?, demanda Gimli après un instant de réflexion.
-J'ai bien essayé…, bougonna Isleen en regardant Gimli et se dégageant doucement des mains de l'elfe, ne voyant pas le regard blesser du prince. Mais je n'arrive pas à grand-chose. Je ne suis pas très douée comme étoile, il faut croire !
Isleen grimaça en repensant au blocage de son pouvoir. À part de légères décharges, elle n'arrivait pas à faire plus. On était loin des pouvoir que lui avait décrits sa grand-mère.
-Vous y arriverez…Pour l'instant, nous devrions manger et dormir., leur conseilla Aragorn après un temps. Nous avons encore de la route demain.
Tous acquiescèrent et ils mangèrent des tranches de viandes séchées dures comme de la pierre. Isleen se demanda si elle devait leur dire pour Gandalf, mais préféra se taire, voulant qu'ils aient la surprise. Elle savait que ça leur mettrait du baume au cœur et ces trois-là en avait bien besoin, après leur chasse à l'orque.
Gimli finit par se placer contre un rocher et s'endormit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Aragorn, après un signe de tête de la part de Legolas, se coucha lui aussi, laissant Isleen et le prince elfe seuls l'un à côté de l'autre.
La jeune femme se cala contre le rocher, se couvrant de la cape d'Eomer, tout en baillant. Elle était épuisée mais s'autorisait enfin à baisser la garde, sachant qu'elle était en sécurité avec ses trois compagnons. Elle jeta un coup d'œil à Legolas et remarqua qu'il la regardait fixement.
-Euh…qu'est-ce qu'il y a ?, lui demanda-t-elle légèrement gênée de son regard.
-Je suis heureux que vous-soyez en vie,. lui dit-il en souriant. Avec nous.
-Moi aussi., lui répondit-elle en se mordillant légèrement la lèvre.
-Vous devriez arrêter de faire ça.
-Faire quoi ?, demanda Isleen ne comprenant pas ce qu'il voulait dire.
-Mordiller vos lèvres., lui dit-il le regard plus pénétrant et fixé sur ses dernières.
Isleen rougit violement et ses yeux s'écarquillèrent légèrement, devant les paroles de l'elfe. Elle se mordilla les lèvres sans y penser à nouveau et le regard de l'elfe se fit plus dangereux.
-Isleen !, lui intima Legolas.
-Par…Pardon !, lui dit-elle d'une voix aigüe, un peu agacée de réagir comme une adolescente, ce qu'elle n'était plus. C'est vous aussi, avec vos paroles!
Les lèvres de l'elfe s'étirèrent et un sourire au coin apparut – ce qu'Isleen trouva charmant bien malgré elle. Il avait toujours ses yeux sombres mais une lueur malicieuse les faisait briller d'une manière qui donna des palpitations à la rouquine, qui se demandait quand exactement la conversation avait pris cette tournure et pourquoi elle avait autant chaud maintenant. Elle croisa les bras et, pour la forme, fusilla l'elfe du regard.
-Je n'ai rien dit qui ne soit vrai.
-Et pourquoi devrais-je arrêter de me mordiller les lèvres ?, demanda Isleen après un moment, qui ne pouvait s'empêcher de le provoquer.
-Car je devrais finir ce que nous avons amorcé ce matin., lui dit-il en regardant ses lèvres. Et je ne suis pas sûr que vous le vouliez.
-Peut-être que si.
La jeune femme suivant son regard, eu un sourire en coin avant de mordiller sensuellement sa lèvre, faisant gronder Legolas.
-Je vais…
-La laisser dormir !, intima dans son coin la voix calme mais autoritaire d'Aragorn. Elle est encore blessée et doit se reposer.
Legolas tourna vivement la tête vers le gondorien, mais celui-ci n'avait pas bougé, toujours immobile mais pas endormi. Isleen émit un rire cristallin, devant l'air penaud du prince et les soubresauts de son rire la secouèrent entièrement. L'elfe lui jeta un regard peu amène, vexé qu'elle se moque de lui.
-Désolée… !, continua de rire Isleen. Bonne nuit Legolas….
Isleen se coucha contre la roche et plaça sa cape sur la tête pour se soustraire aux regards de l'elfe. Néanmoins, le rire de la jeune femme continua quelques minutes mais finit par s'arrêter et Isleen finit par s'endormir, épuisée.
-Vous êtes intenable., raisonna la voix basse d'Aragorn après un temps.
-Dormez, Aragorn., intima le prince en regardant la silhouette de la jeune femme.
-C'est ça…Bonne nuit.
Legolas soupira et appuya sa tête contre la roche derrière son dos. Il ferma quelques instants les yeux tentant de reprendre ses esprits. Il était à deux doigts de se jeter sur elle – faisant fi de ses blessures – et tout ça pour assouvir son envie de presser ses lèvres sur les siennes, depuis qu'elle était réapparue auprès d'eux. Il ne se reconnaissait plus, lui qui était toujours maître de lui, perdait tout son contrôle quand la jeune femme jouait avec sa lèvre. Et il sentait que cette obsession ne s'arrêterait pas de sitôt, surtout si Isleen continuait à le provoquer.
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Un soleil rose accompagna le réveil d'Isleen, qui fut sorti de ses songes par un bruit lent et régulier. Elle se dégagea de la cape qui lui recouvrait le visage et se releva sur ses coudes.
Gimli ronflait toujours doucement près d'elle, ce qui lui arracha un sourire et confirma que le bruit ne venait pas de lui. Son regard accrocha la silhouette d'Aragorn, assis dos au soleil. Il avait à la main son épée, dont le métal captait certains rayons de l'astre. Le son régulier qui avait réveillé la jeune femme venait de la pierre à aiguiser que l'homme passait sur le fil de son arme.
Isleen regarda vers l'elfe qui était assis près d'elle. Il n'avait pas changé de position durant la nuit, son dos étant toujours collé contre la pierre dure. Ses yeux étaient fermés et sa respiration, calme et profonde, était signe qu'il dormait. Isleen ne put s'empêcher de détailler son visage, pour une fois qu'elle pouvait le faire sans rougir face au regard brulant du prince. Il était vraiment beau ainsi apaisé et sans ses sourcils qu'il fronçait plus souvent qu'il n'aurait dû. Sa mâchoire était carrée lui conférant un aspect plus viril que ce qu'elle avait pu constater sur de nombreux autres elfes.
Legolas bougea légèrement, comme s'il sentait le regard fixe d'Isleen sur lui, ce qui fit rougir la jeune femme et l'incita à reporter ses yeux sur Aragorn. Elle ne voulait pas se faire prendre à une contemplation en bonne et due forme. Au moins elle ne bavait pas en regardant les lèvres du prince, c'était déjà ça de prit. Elle se leva lentement et replaça armes et capes sur elle, puis rejoignit Aragorn qui venait de finir d'aiguiser sa lame et fouillait maintenant dans sa tunique. Il sorti deux morceau de lambas et lui en tendit un. Isleen le prit en grognant et Aragorn lui fit un petit sourire.
-Ce n'est pas de la grande nourriture.
-C'est peu de le dire., lui répondit Isleen en mâchouillant sa portion. Si au moins ça avait un peu plus de goût…
Aragorn rit doucement en secouant la tête, mais ne put s'empêcher d'être d'accord avec sa compagne.
-Vous saviez qu'il allait partir. N'est- ce pas ?, demanda Aragorn après un moment de silence.
-Oui., lui dit Isleen comprenant qu'il parlait de Frodon. Je sais que vous devez être déçu que je ne vous en ai pas informé.
-Non, je ne le suis pas., lui répondit le gondorien sous le regard surprit d'Isleen. Bon, peut-être au début, mais j'ai aussi compris le fardeau qui est le vôtre. Il n'est pas aisé de connaitre les éléments du futur sans pouvoir rien y faire.
-J'essaye d'arranger ce qui j'espère ne portera pas conséquence…
-Hum… Peut-être que vos actions n'auront en effet aucune conséquence. Ou peut-être pas.
-Que voulez-vous dire ?
-Peut-être, et je dis bien peut-être, murmura doucement Aragorn qui ne cherchait pas à lui faire peur. Que la mort réclamera bientôt la vie qui lui a échappé.
-Boromir.
Aragorn acquiesça d'un signe de tête et resta silencieux tandis que la jeune femme réfléchissait. Son cœur se mit à battre de façon frénétique en pensant à ce que cela voulait dire, elle tenta de calmer l'élan de panique en approchant ses genoux de sa poitrine, piètre rempart à sa détresse. Peut-être que par sa volonté de bien faire elle avait condamné une autre personne.
-Que se passe-t-il ? demanda Legolas qui avait ouvert les yeux.
Isleen releva la tête et son regard plongea dans celui du prince. Son cœur rata quelque battement mais le prince ne dit rien – bien qu'il entendait parfaitement les battements rapides et irréguliers du cœur de la jeune femme – attendant qu'on lui réponde.
-Nous parlions de Boromir., répondit Aragorn en se levant et rejoignant Gimli pour qu'il puisse repartir. Et des conséquences que cela pourrait avoir.
Legolas fronça les sourcils en voyant la rouquine baissait les yeux et mordiller sa lèvre inférieur. Un frisson de désir traversa son entre jambe mais l'air inquiet qui s'affichait sur le visage d'Isleen étouffa toute pulsion qu'il aurait pu avoir.
-Ce qui est fait est fait., lui dit le prince en se levant et en s'approchant de la jeune femme.
-Je vous ai peut-être mis tous en danger.
-Notre destin n'appartient qu'à nous., lui répondit doucement le prince en s'agenouillant face à Isleen et en déposant une main sur celle, posée sur le genoux de la rouquine et en lui relevant le menton de l'autre.
Le contact de la peau du prince était rassurant pour la jeune femme qui sentit son cœur battre moins vite et se calmer doucement. Son regard accrocha celui du prince et elle lui sourit tristement.
-Je suis désolée que nous vous ayons réveillé., lui murmura-t-elle, consciente de la proximité de Legolas, leur assurant un semblant d'intimité. Vous aviez l'air paisible en dormant.
-Ne vous excusez pas., lui dit Legolas du même temps en caressant de son pouce le dos de la main qu'il tenait toujours. Ce simple contact provoqua plusieurs frissons à Isleen qui sentit son cœur repartir de plus belle. J'étais plus inquiet pour vous que pour mon sommeil.
-Ce ne sont pas nos voix qui vous ont réveillé ? demanda Isleen rapprochant son visage de celui du prince.
-Non, ce sont les battements de votre cœur. Il battait très vite, m'indiquant que quelque chose n'allait pas., lui répondit Legolas avec un sourire en coin, ses yeux regardant avidement ses lèvres. Il bat très vite en ce moment, mais vous ne courrez aucun danger…
-Je cours peut-être un danger dont vous êtes la cause., lui fit remarquer la jeune femme en souriant doucement, son nez touchant presque celui du prince.
-Il m'est de plus en plus difficile de vous résister., lui répondit Legolas d'une voix rauque.
-Arrêtez de résister, alors?
-BBBRUUUURRRPP
Legolas et Isleen sursautèrent de concert et éloignèrent leurs visages pour voir la cause du bruit qui les avait dérangés. Le rôt de Gimli. Isleen vit le nain les regarder d'un air moqueur, tandis qu'Aragorn qui leur tournait le dos était secoué de tremblement, signe d'un fou rire réprimé.
-Bien le bonjour vous deux !, s'exclama Gimli comme si de rien était. Bien dormi ?
Isleen lui fit une grimace en réponse, frustrée au possible par l'interruption de Gimli. Elle allait finir par prendre les choses en mains pour avoir ce qu'elle voulait enfin. Au moins, le cas de Laurelin n'était pas d'actualité, elle pouvait le voir dans les yeux du prince. Il la désirait, elle. C'était un soulagement mais cela n'empêcha Isleen de se demander s'il réagissait ainsi parce que c'était elle ou parce qu'elle était une étoile. Et aussi elle se demandait s'il la désirait seulement ou s'il y avait plus. Elle n'avait jamais était douée pour interpréter les sentiments masculins, et encore moins quand ceux-ci étaient liés aux elfes. Arwen n'était jamais là quand elle avait besoin d'y voir plus clair…
Legolas n'était pas en reste quand à l'interruption de Gimli, un grognement peu elfique monta dans sa gorge, rappelant le feulement d'un fauve. Trois fois ! Ils avaient été interrompus trois fois par Aragorn et Gimli ! Il leur lança un regard peu amène en constatant que leurs yeux brillaient de larmes de rire. Il se releva, plus frustré que jamais, mais préféra s'éloigner de la jeune femme qui hantait son âme, ses pensées et son corps. En rassemblant ses maigres possessions, il se refit le fil de leur conversation. Elle lui avait donné l'autorisation de l'embrasser. Il aurait pu se noyer dans le regard qu'elle lui avait lancé au travers de ses longs cils brun. Ses pupilles étaient dilatées et, bien qu'il n'était pas familier des contacts physique avec les femmes, il reconnaissait le désir qu'il avait aperçu dans ses yeux. Car un même désir l'habitait, bien qu'il espérait qu'un autre sentiment puisse naître en elle. La seule chose de positive qu'il pouvait retirer de l'enlèvement d'Isleen par les Uruk était qu'il savait qu'il ne pourrait désormais plus passer sa vie sans elle. Elle était devenue l'élément essentiel à l'apaisement de son âme et habitait son cœur comme personne ne l'avait fait avant elle.
Ils mirent quelques minutes à rassembler leurs affaires puis s'éloignèrent et repartirent vers l'ombre noire de la forêt de Fangorn. Le filet de fumée qu'ils avaient aperçu la veille au soir n'était plus qu'un tas de cendre fumant quand ils arrivèrent sur les lieux de l'affrontement.
Aragorn sauta lestement de son cheval et aida Gimli à retrouver la terre ferme. Isleen descendit sans aide, le regard rivé sur la tête d'Uglúk, dont les oiseaux commençaient à se repaitre. Legolas atterrit derrière elle et prit les rennes d'Arod et suivit Isleen qui s'était avancée pour rejoindre les deux autres hommes.
-A quel endroit vous-êtes-vous séparés ? demanda Aragorn en regardant la forêt qui les surplombait.
-Je n'en sais rien., répondit piteusement Isleen. Il faisait nuit et, dans le feu de l'action, je n'ai pas fait attention.
Aragorn pinça légèrement les lèvres mais ne dit rien. Elle n'avait rien à se reprocher et ça ils le savaient tous. Il se dirigea d'un pas sûr vers le tas de cendre où se mêlait armures, os et débris. De sa hache, Gimli fouilla le tas de cendre tandis qu'Isleen s'avança vers la tête d'Uglúk. À la surprise de Legolas, elle dispersa les corbeaux noirs et déterra la pique du sol et fit glisser la tête de l'Uruk sur le sol près du tas de cendre fumant, pour qu'il brûle avec les autres.
-Que faites-vous ? demanda Legolas intrigué du geste de la jeune femme.
-Je ne sais pas trop., lui dit-elle honnêtement. Mais ce n'est pas juste…enfin je crois.
-Pas juste ?, s'énerva Legolas qui la regardait comme si elle était folle. Ils vous ont enlevé. Ce sont des monstres et il ne mérite que cela.
-C'est peut-être un monstre., lui répondit Isleen en fronçant les sourcils. Mais un monstre qui m'a protégé d'autres monstres.
-Que voulez-vous dire ?
-Les orques voulaient s'amuser avec moi., répondit Isleen d'une voix grave. Ils disaient que je n'avais pas besoin d'être entière, ou intacte…Mais il les a empêché de le faire. C'est peut être un monstre mais je paye ma dette en lui évitant d'être profané dans la mort.
Legolas serra les mâchoires face aux paroles d'Isleen, la rage enfla dans ses veines face à ce qui aurait pu lui arriver. Il ne comprenait pas le geste altruiste qu'elle avait. Un monstre restait un monstre, mais il l'acceptait. Il espérait seulement qu'elle ne se retrouve plus en danger comme elle l'avait était.
-C'est une de leurs ceintures !, s'exclama d'un ton bourru Gimli en sortant le cuir elfique des cendres.
-Vous êtes sûr qu'ils sont bien entrés dans Fangorn ?, demanda Aragorn à Isleen.
-Oui j'en suis sûre, lui dit-elle en s'approchant. La ceinture s'est peut-être détachée quand nous avons été projetés à terre.
Aragorn la regarda un instant puis se mit à inspecter le sol. Il s'accroupit et de sa main, frôla les brins d'herbe sec.
-Un hobbit était allongé ici., dit-il après un moment en indiquant un espace où l'herbe était pliée. L'autre là. Vous deviez-être ici.
Aragorn leur montra un espace plus grand et plus profond. Il se releva légèrement et déplaça son regard tout en parlant.
-Vous avez rampé,. Indiqua Aragorn en se levant complétement.
-Oui, Merry nous a fait signe de le suivre., lui dit Isleen. Les orques étaient trop occupés à manger l'un des leurs.
La jeune femme frémit en se rappelant ce souvenir répugnant, collé à sa rétine. Aragorn avança de quelques pas continuant à suivre les traces.
-Vous vous êtes éloigné mais quelque chose vous suivait., dit-il en désignant des traces de pas plus lourde.
-Un orque.
-Il vous a rattrapé, dit-il en s'accroupissant de nouveau en désignant un espace profond. Il vous a coincé.
-Il m'a planté sa botte dans le dos et a placé son poignard sur mon cou, lui répondit-elle la voix lointaine, revivant les événements. Mais une lance d'homme l'a tué.
-Les cavaliers du Rohan.
Isleen hocha la tête, Aragorn se releva et se dirigea vers les arbres suivant leurs empreintes de pas, vers le seul endroit où ils seraient allés pour se mettre à l'abri.
-Là !, désignât-il en attrapant plusieurs morceaux de corde. Vous avez réussi à défaire vos liens.
-C'est là que nous avons été séparés.
Aragorn jeta un coup d'œil à Isleen et acquiesça. Il leur fallait rentrer dans cette forêt pour retrouver leurs amis, mais elle dégageait une aura de danger, funeste et colérique.
-Je n'aime pas l'aspect de ce Fangorn, dit Gimli en regardant les arbres d'un œil peu amène. Et on nous a mis en garde contre lui. Souvenez-vous que le magicien blanc y est peut-être.
-La forêt n'est pas malveillante, lui répondit Isleen. Nous devrions y aller.
Et sans attendre ses compagnons, la jeune femme s'enfonça dans les bois, sans regarder en arrière. Les hommes la suivirent rapidement après avoir laissé les chevaux à l'entré. Legolas leur ordonna de ne pas bouger et ils savaient qu'ils seraient là à leurs retour, si retour il y avait. Aragorn rejoignit Isleen qui l'attendait non loin, et tous lui laissèrent le pistage des deux hobbits. Isleen ne pouvait s'empêcher de sourire devant ce qui les attendait. Elle avait hâte de retrouver Gandalf et surtout de voir les têtes que feraient les trois hommes en le revoyant.
Aragorn décida de rester proche du ruisseau qu'il avait aperçu en entrant sous les arbres. Il se doutait que les deux hobbits suivraient la rivière pour ne pas se perdre. Ils suivirent pendant plusieurs minutes le courant et Aragorn finit par s'arrêter.
-Regardez !, s'exclama-t-il soulagé. Des marques de hobbit.
-Ils ont dû s'arrêter pour boire., devina Legolas.
-Ils n'étaient pas seul.
Tous regardèrent ce qu'Aragorn leur désignait du doigt. On pouvait clairement apercevoir dans la boue une marque plus grosse et plus profonde.
-L'empreinte d'un orque., gronda Gimli.
Même sans le talent de pisteur d'Aragorn, chacun pouvait voir que le pas lourd de l'orque s'enfonçait plus profondément dans les bois et s'éloignait du cours d'eau. Les quatre compagnons suivirent les traces de pas et la lumière se fit progressivement plus faible. La forêt de Fangorn ne ressemblait à aucune forêt qu'Isleen avait pu voir sur Terre. Elle était sauvage. Tout poussait où bon lui semblait, ce qui lui donnait un air enchanteur malgré le fouillis que ça représentait. Isleen aima beaucoup l'endroit pour sa forme, même si elle ressentait un certain malaise devant la noirceur qui s'en dégageait.
Ils continuèrent d'avancer, s'enfonçant de plus en plus dans les bois. Gimli s'arrêta un instant et, de sa main gantée, gouta une substance visqueuse et noire. Il recracha rapidement et gronda.
-Du sang d'orque.
Il grimaça et rejoignit les autres qui l'attendaient. Au moins ils étaient sûrs de la route à suivre. Leur route continua mais Aragorn finit par s'arrêter et il s'accroupit sur le sol. Isleen s'approcha près de Legolas. Celui-ci, bien que suivant de près le pisteur, gardait un œil sur Isleen pour se rassurer et empêcher qu'il ne lui arrive quelque chose. Elle lui adressa un petit sourire en les rejoignant ce qui réchauffa le cœur de l'elfe. Sourire qu'il lui rendit, évidement.
-Ces traces sont étranges., dit Aragorn en se relevant.
Isleen sourit un peu plus, ce qui étonna Legolas qui la regardait encore. En quoi d'étranges traces pouvaient prêter à sourire ? Isleen ne s'aperçut pas du regard de l'elfe, trop occupée à regarder autour d'elle, essayant peut-être de trouver Gandalf avant les autres.
-Je sens que l'air est lourd ici., fit remarquer Gimli en arrivant vers eux.
-Cette forêt est vieille., lui dit Legolas en détachant son regard de la rouquine pour le posé sur les arbres. Très vieille.
L'elfe s'approcha d'un des arbres et caressa de sa paume l'écorce brune et rêche.
-Pleine de souvenirs… Et de colère., continua Legolas d'une voix basse tandis que plusieurs craquements s'entendait autour d'eux. Les arbres se parlent entre eux !
Aux sons que produisirent les arbres, Gimli leva sa hache, ce qu'Isleen trouva inapproprié et lui arracha un sourire moqueur. Le grincement se fit plus fort et les branches des arbres s'agitèrent furieusement.
-Gimli ! Abaissez votre hache., ordonna Aragorn ne souhaitant pas se mettre la forêt à dos tant que les deux hobbits étaient disparus.
Comprenant que son geste n'était pas vraiment intelligent et qu'il pourrait y avoir de fâcheuse conséquence, Gimli abaissa son arme et tandis les mains en signe de paix. Isleen secoua la tête, plus amusée que ses compagnons.
-Ils ont des sentiments, mon ami., lui indiqua Legolas d'une voix apaisante. Et cela grâce aux elfes. Ils ont réveillés les arbres et leur ont appris à parler.
Gimli regarda Legolas d'un air ahuri. Isleen laissa échapper un rire ce qui attira le regard interrogateur de l'elfe sur elle.
-C'est plutôt cocasse des arbres qui parlent. Lui dit Isleen. Même pour ce monde.
-Des arbres qui parlent !, renchéri Gimli d'une voix ou se mêlait la perplexité. Et les arbres de quoi est-ce que ça parle ? À part de la consistance des crottes d'écureuil ?
Cette remarque fit rire Isleen et Legolas ne put s'empêcher de sourire, aussi bien devant les paroles du nain que de l'hilarité de leur compagne. C'est vrai qu'étant un elfe des bois, il était plus sensible au bien être des arbres que Gimli, qui avait une préférence pour la pierre, et qu'Isleen, qui avait plus d'affinité avec le ciel étoilé.
Ils continuèrent leur route sur plusieurs mètres avant que Legolas ne s'arrête. Isleen, qui marchait juste derrière lui, se cogna à son dos et seule la poigne ferme de l'elfe sur son bras l'empêcha de tomber au sol. La jeune femme allait lui demander pourquoi il s'était arrêté sans prévenir, mais l'expression fermée du prince la fit taire.
-Aragorn !, appela Legolas en se tournant vers le gondorien. Nad nâ ennas ! (il y a quelque chose là-bas)
Legolas libéra le bras d'Isleen et s'avança vers Aragorn. La jeune femme et Gimli le suivirent de près. L'elfe dépassa l'homme du Gondor et scruta la forêt, tous ces sens aux aguets. Isleen s'arrêta près de lui suivit d'Aragorn et Gimli.
-Man Cenich ? (Que voyez-vous ?)
Legolas ne répondit pas tout de suite, mais attrapa la main de la jeune femme et l'attira à lui. Isleen poussa un couinement de surprise face à ce geste. L'elfe ne laisserait rien lui arriver, et si pour ça elle devait être collée à lui, alors soit. Isleen se demanda ce qui l'avait piqué pour réagir ainsi.
-Le magicien blanc approche. répondit enfin Legolas en désignant d'un coup de tête leur droite.
Ah. Tout s'expliquait. Isleen, qui était la seule à savoir que le magicien blanc qui arrivait était Gandalf et non Saroumane, tenta de se dégager de la prise de l'elfe mais celui-ci tint bon.
-Mais lâchez-moi !, sermonna la jeune femme d'une voix claire. Ce n'est que…
-Chut, taisez-vous il pourrait vous entendre.., lui répondit Legolas au creux de l'oreille. Restez près de moi. Il ne vous arrivera rien
Le chuchotement de l'elfe à son oreille, plus que ses paroles, déclencha une avalanche de frissons au creux du ventre de la jeune femme, qui se frotta sans pouvoir sans empêcher contre le corps masculin de Legolas. Le mouvement de la jeune femme fit relâcher brusquement la prise du jeune prince et permit à Isleen de se dégager. Elle regarda Legolas pour lui dire qu'il était hors de question qu'on lui impose une garde rapprochée, mais ne dit rien en voyant l'air gêné du prince et ses oreilles écarlates. Isleen eut un petit sourire et se retourna vers Aragorn, qui s'était approché. Leur interlude n'avait duré qu'une poignée de secondes, heureusement pour eux.
-Ne le laissons pas parler., leur dit Aragorn.
Gimli serra fortement le manche de sa hache, faisant grincer ses gants de cuir. Aragorn dégaina son épée dans un grincement sinistre. Legolas indiqua à Isleen d'un coup d'œil de sortir ses dagues et lui-même prépara une flèche.
-Vous êtes ridicule., leur dit-elle légèrement amusée il fallait le dire.
-Isleen !, lui intima Aragorn. Préparez-vous.
Isleen le regarda d'un air affligé et soupira longuement. Elle s'assit contre un tronc d'arbre sous le regard stupéfait des trois autres.
-Isleen… !, lui intima Legolas.
- Il pourrait nous jeter un mauvais sort, lui dit Aragorn, contrarié du peu de coopération de la jeune femme. Il faut faire vite !
Un bruit sur leur droite fit tourner la tête des trois compères. Legolas fut le plus rapide à réagir, sa flèche parti comme le vent droit sur la lumière éclatante qui inonda les lieux. Le projectile fut arrêté par le bâton d'une haute silhouette habillée de blanc. Gimli poussa un grondement et sa hache vola vers le nouvel arrivant qui détruisit l'arme comme si elle n'était faite que de sable et non fer. Aragorn dont l'épée était dégainée, chauffa à blanc, aussi la laissa-t-il tomber sur le sol, stupéfait.
Ils étaient perdus.
La lumière éblouissait les trois compagnons, qui n'arrivaient pas à percevoir le magicien, même Legolas dont la vue était masquée par la brillance environnante. Isleen, curieusement, voyait très bien au-delà de la lumière aveuglante, et se dit que cela devait venir de son statut d'étoile. Elle reconnut Gandalf au travers et son cœur se gonfla de joie.
-Vous êtes sur les traces de deux jeunes hobbits., constata le magicien d'une voix étrange.
-Où sont-ils ? demanda rageusement Aragorn, qui prit peur pour ses compagnons.
-Ils sont passés par ici avant-hier., leur indiqua le magicien de sa voix caverneuse. Ils ont fait une rencontre à laquelle ils ne s'attendaient pas. Est-ce que cela vous rassure ?
Cette dernière remarque fit rire Isleen et elle se leva de terre. Le magicien tourna la tête vers elle et le corps de l'elfe se crispa. Il se décala de quelque pas pour cacher la jeune femme du regard du magicien. Elle leva les yeux au ciel et se dirigea vers le magicien dépassant Legolas en faisant attention à ce qu'il ne l'attrape pas, provoquant un grognement de l'elfe.
-Qui êtes-vous ? demanda Aragorn rassuré par l'air tranquille et taquin qu'affichait Isleen. Montrez-vous.
Au moment où Isleen arrivait près du magicien, celui-ci se montra dans l'ombre et chacun pu percevoir son visage. Le choc qu'Isleen vit sur le visage de ses compagnons la rassura sur sa décision de ne rien leur dire. L'émerveillement se lisait sur leurs traits. Elle avait beau leur avoir dit qu'il était en vie, le voir en chair et en os était autre chose.
-Cela ne se peut., murmura choqué Aragorn en s'approchant doucement.
-Pardonnez-moi, Mithrandir., lui dit Legolas en s'agenouillant devant le magicien. Je vous ai pris pour Saroumane.
-Je suis Saroumane., répondit le magicien en le regardant avec un petit sourire aux lèvres. Ou plutôt Saroumane comme il aurait dû l'être.
Aragorn regarda le magicien et ses yeux reflétaient tout le rêve qu'il y avait au fond de son âme de ne plus être seul et de retrouver un guide. Legolas se releva et regardait le magicien avec ce même air d'émerveillement.
-Vous êtes tombé.
-Tomber ne veut pas dire mourir., lui dit le magicien en faisant un clin d'œil à Isleen qui rosit légèrement. À travers le feu et l'eau. Du plus profond cachot au plus haut sommet, je combattis le Balrog de Morgoth. Jusqu'à ce qu'enfin je puisse jeter à bas mon ennemi qui alla se briser sur le flanc de la montagne. Les ténèbres m'entourèrent. Et je m'égarais hors de la pensée du temps. Les étoiles tournaient au-dessus de moi et chaque jour était aussi long qu'une existence sur la terre. Mais ce n'était pas la fin. Je sentis la vie revenir en moi. Je fus renvoyé jusqu'à ce que ma tâche soit accomplie.
-Gandalf., dit alors Aragorn une fêlure dans la voix.
-Gandalf ?, demanda le magicien le regard lointain avant qu'un petit sourire n'apparaisse. Oui…C'est ainsi que l'on m'appelait…. Gandalf le Gris. C'était mon nom.
-Gandalf., répéta Gimli d'une voix enrouée et des larmes perlant aux coins de ses yeux.
Isleen sourit devant se spectacle et se rapprocha du seigneur nain. Elle sera doucement son épaule en guise de soutient et la main du nain lui tapota la sienne. Il riait aussi bien qu'il pleurait ce qui gonfla le cœur de la jeune femme, heureuse qu'elle fût de voir le bonheur dans les yeux de ses amis.
-Elenorië, dit la voix de Gandalf. Vous connaissez à présent vos origines, Isleen.
-Oui, je les connais., lui répondit la jeune femme en se tournant vers le vieil homme. Je sais qui je suis et pourquoi je suis là.
-Faites attention à vous., lui intima doucement Gandalf en s'approchant d'elle, laissant les trois hommes à l'écart. L'œil de Sauron cherche l'Anneau de pouvoir, mais son regard et ses troupes vous cherchent également. Celle qui sait à un grand pouvoir et l'ennemi le convoite.
-Oui., lui répondit la jeune femme à voix basse. On m'a mis en garde et je sais ce qui peut arriver.
Gandalf ne dit rien mais acquiesça d'un signe de tête aux paroles d'Isleen. Elle était maître de sa vie et de son destin. Il ne lui appartenait pas de la forcer à quoique ce soit. Il se détourna de la jeune femme et fit face aux trois hommes.
-Je suis Gandalf Le Blanc, leur dit-il confirmant son nom auprès d'eux. Et je reviens vers vous en ce moment décisif.
Sur ses paroles, Gandalf partit rapidement, suivant les traces qu'ils avaient faites en arrivant. Isleen haussa les épaules et ils suivirent rapidement le magicien. Elle se retrouva entre Aragorn et Legolas qu'ils regardèrent en fronçant les sourcils.
-Vous le saviez. Que c'était lui., lui affirma Aragorn.
-En effet.
-Pourquoi ne nous avoir rien dit ?, demanda Legolas toujours un peu honteux face à son attaque sur Gandalf.
-Et rater votre démonstration de force et pleine de virilité?!, rigola Isleen. Jamais de la vie !
La jeune femme accéléra le pas en riant, laissant les deux hommes derrière elle. Ceux-ci se regardèrent, avant de lever les yeux à l'unisson. Le chemin de retour fut plus rapide que l'aller. Gandalf sembla connaître le chemin à suivre et Isleen et Gimli trottinaient pour ne pas se faire distancer par les trois autres.
-Une étape de votre voyage est terminée, une autre commence, leur dit Gandalf dont le souffle n'était pas dérangé par sa marche rapide. Nous devons aller à Edoras à grande allure.
-Edoras ?, souffla Gimli près de la jeune femme. Ce n'est pas tout à côté !
-Nous savons qu'il y a la guerre au Rohan et que le Roi va mal., intervient Aragorn.
-Et il ne sera pas aisé de le guérir.
Ils continuèrent de s'avancer et la lumière se fit plus présente au fur et à mesure de leurs pas.
-Alors on a couru tout le long du chemin pour rien !, grogna Gimli mécontent. Allons-nous laisser ces pauvres Hobbits ici dans cet horrible, sombre et humide endroit infecté d'arbres ?
La forêt répondit à la provocation de Gimli par plusieurs grincements et craquement sonore.
-Je veux dire charmante, très charmante forêt !, s'exclama Gimli vraiment pressé de quitter ces maudits arbres.
Il abandonna Isleen et courut rejoindre les autres. Isleen rit légèrement et continua à les suivre.
-Ce fut plus qu'un simple hasard qui amena Merry et Pippin à Fangorn., expliqua Gandalf au membre du groupe en s'arrêtant et se tournant vers eux. Un grand pouvoir est endormi ici depuis de grandes années. L'arrivée de Merry et Pippin sera un peu comme la chute de petites pierres qui déclenche une avalanche dans les montagnes.
-Il est un point sur lequel vous n'avez pas changé, mon ami., rit Aragorn devant les paroles sibylline de Gandalf. Vous parlez toujours par énigmes.
-Une chose est sur le point de se produire qui n'est pas arrivé depuis les Jours Anciens., expliqua gravement Gandalf. Les Ents vont se réveiller... et découvrir à quel point ils sont forts.
-Forts ?, demanda Gimli encore moins rassuré. Et c'est biens ?
-Arrêter de geindre, maitre nain !, s'exclama en grognant Gandalf en s'éloignant de nouveau. Merry et Pippin sont en sécurité. Ils le sont bien plus que vous n'allez l'être.
-Ce nouveau Gandalf est bien plus bougon que l'ancien., marmonna Gimli dans sa barbe.
Isleen qui était près de lui rit de sa remarque et lui tapota le dos en signe d'encouragement.
-Pippin lui manque surement…, lui répondit-elle avec un clin d'œil en passant devant lui. Il faut qu'il trouve quelqu'un à rouspéter.
-Je vous entends Isleen !, s'exclama le magicien blanc.
Isleen gloussa de nouveau et rejoignit Legolas qui avait l'air de l'attendre. Elle lui sourit et ils continuèrent leur marche ensemble, dans un silence bienveillant.
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L'orée de la forêt fut en vue de nombreuses minutes plus tard. Enfin ils allaient quitter le couvert des arbres et l'ambiance pesante qui régnait sur les lieux. Ils finirent par rejoindre le tas de cendre fumant qu'ils avaient quitté plus tôt.
Les deux chevaux que Legolas avait intimé de rester s'avancèrent vers eux. Gimli grimaça quelque peu, ne souhaitant pas retourner en selle, mais la perspective du voyage à venir ne lui laissa pas le choix. Legolas et Aragorn agrippèrent les brides de leurs chevaux respectifs et s'avancèrent vers Gandalf.
-Nous n'avons que deux chevaux pour nous cinq., indiqua à juste titre Aragorn. L'un de nous devra marcher.
-Le temps presse. Nous n'avons pas le temps pour la marche., lui répondit Gandalf.
Le magicien leva alors la tête et émit un long sifflement. La note était si claire et perçante que le reste du groupe resta stupéfait du son merveilleux qui leur parvenait. Gandalf siffla trois fois puis il sembla leur parvenir par le vent le hennissement d'un cheval. Peu après le bruit de sabot qui battait la plaine parvint aux oreilles du groupe.
Au bout d'un moment la silhouette d'un grand cheval apparut au loin. Le spectacle qu'il offrait se fit plus précis à mesure que ses sabots tapaient sur le sol, le rapprochant de la troupe. Isleen n'avait jamais vu un aussi bel animal et en resta bouche bée. Derrière elle, Legolas suivait avec plus de précision l'avancé du cheval et ses yeux s'écarquillèrent de surprise.
-C'est un des Mearas, à moins que mes yeux soient abusés par quelque sorcellerie, demanda-t-il à Gandalf.
-Gripoil., confirma le magicien. C'est le Seigneur de tous les chevaux et ce fut mon ami lors de maints dangers.
Le Mearas arrivait sur eux et tous pouvaient voir sa robe étinceler sous le soleil des plaines et sa crinière volait en tous sens. Pour sûr, c'était une magnifique bête. Isleen se demanda pourquoi il s'appelait Gripoil alors qu'il était blanc, mais ne voulut pas faire part de sa remarque à Gandalf et à son nouveau caractère. Le cheval arriva peu de temps après et Hasufel et Arod inclinèrent la tête comme pour le saluer.
-Nous partons tous de suite vers le château de Théoden., indiqua Gandalf.
Aragorn monta sur Hasufel et aida Gimli à monter derrière lui. Gandalf remit son manteau gris et s'élança souplement sur le dos de Gripoil et flatta l'encolure de son ami. Legolas monta à l'avant d'Arod et aida Isleen à monter derrière lui.
-Tenez-vous bien., lui dit-il dans un sourire en tenant le poignet de la jeune femme, qui pour toute réponse se blottit contre le dos de l'elfe.
Gandalf parla à Gripoil et l'étalon s'élança suivit rapidement des deux autres chevaux. Ils chevauchèrent de longues heures. Aragorn et Legolas n'avaient rien d'autre à faire que de tenir les rennes, les chevaux suivant leur maitre. Ils traversèrent plaines, marécages et creux de toutes sortes, sur une route qui n'en finissait pas.
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Alors alors? Vos avis!
j'ai une question pour la suite de l'histoire, est-ce que vous voulez y voir du lemon? je sais que certaines personnes n'aiment pas donc je voulais votre avis :)
Bisous!
