Chapitre 24 : Le Donjon de Thranduil (B)
Bilbo commençait à remarquer une routine.
Bilbo disait/faisait quelque chose qui rendait Thorin furieux pour des raisons que Bilbo ne comprendrait jamais vraiment. Puis quelque chose d'inattendu et de violent s'abattait sur la Compagnie, et Thorin n'était pas dans un état d'esprit approprié pour gérer le problème avec quoi que ce soit ressemblant à du bon sens. (Oui, Bilbo aimait penser que lorsque Thorin n'était pas sujet à une frustration handicapante via Hobbit, il ferait dans les faits un bon leader. Cela ne pouvait pas ne pas être le cas avec des Nains comme Balin et Glóin le suivant.)
Toutes ces étapes finissaient par mener à un sauvetage miraculeux par Gandalf, et lorsque le magicien était injoignable, par Bilbo.
Cependant, ce sauvetage de dernière minute s'approchait de plus en plus de la catastrophe complète à chaque fois qu'il s'avérait nécessaire, et Bilbo était nerveux à l'idée que le temps qu'ils arrivent à Smaug dans les faits il serait incapable de sortir les Nains de leur situation périlleuse.
Bien sûr, en supposant qu'il soit d'abord en mesure de sortir les Nains de leurs beaux draps actuels.
Leur Compagnie avait survécu à d'énormes araignées, seulement pour être ramassée par des Elfes. Bilbo avait fait sa danse de la joie en sécurité, dissimulé par la magie de son anneau, et apaisé par la pensée que les Elfes allaient être comme Elrond. Il y aurait des remarques désobligeantes des deux côtés, assez de légumes pour faire bouder les Nains, et puis ils continueraient, nourris et régénérés après toute cette vilaine affaire avec les araignées. Bien sûr, parce qu'il y avait une routine à respecter, ce ne fut pas ainsi que les choses se passèrent.
Les Nains entrèrent dans le hall elfe déjà furieux car Thorin leur avait été enlevé, dérobé à leur groupe pendant qu'ils fuyaient les araignées dans le noir. Bilbo s'accroupit dans un coin du hall de Thranduil, observant alors que un par un, les membres de la Compagnie étaient amenés devant le roi Elfe et interrogés sur leur présence à Mirkwood. Puis un par un ils refusèrent tous de parler. Furieux ne commençait pas à décrire la réaction de Bilbo. Depuis sa position derrière un des piliers de bois massifs parsemant le hall il pouvait voir le visage de chaque Nain et tous, depuis Dwalin l'obstiné jusqu'à Ori le doux, firent face au roi Elfe sans peur dans leurs yeux et aucun compromis sur leurs visages.
Bilbo se mordit la lèvre jusqu'au sang, s'empêchant de bondir sur ses pieds et de leur hurler à tous que ce n'était pas le moment d'être stoïque. Seraient-ils menacés de mort s'ils partageaient leurs secrets, Bilbo aurait compris leur silence, mais ce n'était pas cela. Ils refusaient de parler car ils ne voulaient pas partager les tributs de la montagne avec Thranduil. Ils préféraient être piégés dans ses donjons plutôt que prendre le risque que les Elfes aient la moindre part de leur trésor.
Bilbo était tenté de sortir en trombe de la forêt et de les laisser tous jusqu'au dernier enfermés jusqu'après leur maudit Jour de Durin. Et il descendit à grands pas directement aux cellules pour le leur dire.
Bilbo était trop irrité pour porter autant d'attention aux ombres qu'il aurait dû, dépassant à la place à grands pas des Elfes qui n'avaient jamais alimenté la notion que leur royaume boisé puisse être envahi par quoi que ce soit, encore moins un Hobbit invisible. Cette certitude en leur propre invulnérabilité signifiait que lorsqu'ils entendirent une voix basse marmonner des obscénités polies et une sorte d'ombre passer à grands pas, ils ne le prirent pas comme autre chose qu'un fragment dérivant du stress désagréable d'être forcé de s'occuper de Nains.
D'après les cris étouffés que Bilbo pouvait entendre résonner en bas dans les donjons, les Nains avaient la même pauvre opinion de leurs ravisseurs que les Elfes avaient d'eux.
Cependant, quand Bilbo se rapprocha et que les échos commencèrent à prendre forme, il accepta que les choses puissent être légèrement plus compliquées que ça.
Bilbo dépassa à grands pas l'épaisse porte de bois refermant un long couloir de cellules et entendit Dwalin crier :
« -Qui l'avait en dernier ?
-Allons mon frère, interrompit Balin, toujours la voix calme du bon sens malgré le fait d'être enfermé dans un donjon. Il faisait trop sombre dans la forêt pour que quiconque sache qui a perdu Monsieur Baggins, donc il n'y a aucun intérêt à chercher un coupable. »
Dwalin grommela quelque chose de grossier sur le fait qu'il ne cherchait pas de coupable, il cherchait à savoir lequel d'entre eux Thorin allait embrocher lorsqu'ils s'évaderaient d'ici. Mais Bilbo était bloqué sur la pensée qu'ils le cherchaient.
Dans leur course folle pour fuir les araignées Bilbo avait perdu sa prise sur un Nain qu'il croyait être Bofur. (Il y avait eu trop de cris pour en être sûr, mais les callosités sur les mains du Nain et qu'il les ait tendues vers Bilbo tout court suggéraient Bofur). Bilbo s'était perdu au début de leur fuite, même si au final tous les Nains avaient souffert du même problème. Le reste de la Compagnie forçait son chemin les uns vers les autres lorsque les Elfes les avaient attrapés et emmenés ici. Ce qui voulait dire que, encore une fois, Bilbo avait été laissé derrière. Pour être honnête, il s'était attendu à entendre les Nains furieux en raison des Elfes, ou de l'absence de Thorin, mais cela ne lui avait jamais traversé l'esprit qu'ils auraient pu s'interroger à son propos. Il manquerait aux garçons lorsqu'il serait parti, et probablement à Balin, Bofur et Bombur, et d'après quelques conversations bourrues qu'il n'avait pas vraiment comprises, peut-être Bifur et Óin également, alors qu'il ne manquerait purement pas à Dori, Nori, Dwalin et Glóin, pas en tant que Bilbo, mais en tant que quelqu'un à qui enseigner leurs divers talents.
Et eh bien…c'était toute la compagnie, n'est-ce pas ?
Il n'aurait probablement pas dû être aussi surpris par l'inquiétude de la Compagnie qu'il ne l'était.
« -Peut-être, dit Nori, interrompant à la fois les grommellements de Dwalin et les réflexions de Bilbo, que nous devrions nous inquiéter de comment sortir de ce donjon, et nous inquiéter du Hobbit lorsqu'il y a dans les faits quelque chose que nous pouvons faire pour le trouver ? »
Il y avait suffisamment de sarcasme dans le ton de Nori pour que Bilbo n'ait pas besoin de le voir pour le savoir. Ni n'avait-il besoin de bouger pour savoir que le grondement était Dwalin se déplaçant pour fracasser la tête du Nain facétieux contre le mur. Puisqu'ils lui avaient fait le service de se tracasser pour lui, Bilbo pensa qu'il pouvait épargner aux Nains la mêlée qui commencerait certainement lorsque Dwalin porterait le premier coup. Bilbo retira l'anneau et s'appuya contre l'encadrement de la cellule, regardant le tableau. Dori se tenait entre son frère et Dwalin, simultanément réprimandant le premier et apaisant le second. Le reste de la Compagnie était soit à moitié sur leurs pieds afin de ne pas être écartés de la mêlée résultante, soit avachi contre les parois, fatigué des querelles internes.
Bilbo passa inaperçu jusqu'à ce que Ori commence à glousser. Le son fut si inattendu au milieu de la dispute que chacun se figea, le regardant, puis suivant sa ligne de mire jusqu'à Bilbo. Quelque chose de féroce se détendit dans la Compagnie, l'évanouissement d'une sorte d'ancienne impulsion naine de protéger ce qui leur appartenait. Bofur rit et donna une tape dans le dos de Ori pour l'avoir remarqué.
« -Comment arrives-tu toujours à faire ça, mon garçon ? »
Bilbo pensa qu'une petite quantité de suffisance était justifiée en cette instance. Il fourra ses mains dans ses poches et eut un rictus en retour.
« -Je suis un Hobbit. »
Bien que la majorité du groupe rit à la taquinerie de Bilbo, Dwalin avait l'air prêt à l'attacher avec Nori et à les laisser tous les deux à la merci des Elfes. Considérant le fait que Bilbo n'était pas celui en cage en cet instant, il se contenta de sourire largement au Nain massif et en profita tant qu'il le pouvait. Dwalin le prit comme une justification pour rejoindre les barreaux à grands pas et siffler d'une voix d'où Bilbo ne savait discerner la fureur du soulagement :
« -Un jour Maître Baggins, vous me direz comment vous faites cela. »
Bilbo haussa les épaules.
« -Je trouve cela hautement improbable Monsieur Dwalin, mais vous pouvez toujours essayer.
-Oui, oui, interrompit Balin avant que Dwalin ne puisse passer sa main à travers les barreaux pour saisir Bilbo à la gorge et le secouer jusqu'à faire cracher la vérité de ses poches. A présent que Maître Baggins a été trouvé il sera en mesure de localiser Thorin, et de faciliter notre évasion.
-Faciliter notre évasion ? grommela Dwalin. Le garçon devrait aller me trouver un marteau, et je nous sortirai d'ici.
-Vraiment ? répondit plaisamment Balin, une expression sur son visage que Bilbo imaginait qu'il utilisait toujours sur son petit frère lorsqu'il était tenté de le taper derrière la tête. Et dans quelle direction est la sortie ? Et s'il nous arrive de la trouver, quelles armes utiliserions-nous en arrivant là ? Et où durant cette fabuleuse évasion croiserions-nous Thorin ? »
Dwalin essaya de rétorquer, mais Balin parla par-dessus lui.
« -Puisqu'il te manque tous ces détails particuliers, je pense que peut-être nous devrions laisser Maître Baggins faire un peu de reconnaissance ? Au moins pour nous dire où sont détenus nos armes et notre Roi ? »
Au lieu de rester et d'écouter une dispute qui finirait avec Balin considérant son petit frère d'un regard noir jusqu'à ce qu'il se soumette, Bilbo gratifia Balin d'un acquiescement sec et dépassa la cage. Il enfila l'anneau lorsqu'il atteignit les ombres, sa présence se dissolvant dans le néant. Kíli l'avait suivi jusqu'au périmètre de la cage, et couina lorsque Bilbo disparut. Ce dernier ne porta aucune attention aux déclarations paniquées du garçon, se contentant de descendre à grands pas le couloir avec l'intention de trouver d'abord Thorin.
Bilbo recula dans l'espace principal à l'extérieur du bloc des cellules et fit un cercle, regardant tous les chemins variés qu'il pouvait prendre. Il murmura « D'accord, si je cachais un prisonnier Nain, où le mettrais-je ? » Sur le côté Bilbo eut l'aperçu d'un petit fragment de hall s'enfonçant en un angle aigu et il émit un son pensif « Oui, je le mettrais là aussi. »
Bilbo descendit le couloir sans fenêtre sur la pointe des pieds. Il n'y avait pas d'autres couloirs partant de celui-là, et une séquence de trois portes avec des verrous complexes que Bilbo fut soulagé de découvrir ouvertes. Entre les portes épaisses et le manque de sorties alternatives, Bilbo pouvait dire que cet endroit était fait pour empêcher les gens de sortir. S'ils parvenaient à sortir de leur cellule, ils auraient toujours à lutter contre trois portes verrouillées et les gardes qui attendraient entre chacune d'elles. Dans la Comté, les fauteurs de trouble étaient placés dans une pièce isolée jusqu'à ce qu'ils se calment suffisamment pour se rappeler correctement de la réprimande qu'ils allaient recevoir de la matriarche de leur famille. Typiquement c'était suffisant pour dissuader n'importe quel petit Hobbit de s'engager de nouveau dans un tel comportement. (Oui, Bilbo était intimement conscient de cette méthode de discipline, et non, il n'allait pas parler des nombreuses fois dans sa jeunesse où il avait été confiné dans la chambre isolée de Grand-Mère Baggins pour réfléchir à ce qu'il avait fait).
Bilbo se figea devant la dernière porte, un son bas provenant de derrière l'arrêtant immédiatement. Ce n'était pas vraiment des paroles, mais ce fut suffisant pour rendre Bilbo prudent en se glissant derrière la dernière barrière avant de pénétrer l'espace ouvert entourant l'unique cellule piégée ici dans les profondeurs de Mirkwood. La porte tourna silencieusement sur ses gonds, mais Thorin avait passé la majorité de sa vie sous des menaces de mort. Il fut sur ses pieds avant que Bilbo ne parvienne même à jeter un œil dans la pièce. Bilbo referma rapidement la porte derrière lui avant que Thorin ne commence à crier des choses à propos d'Elfes se faufilant et ne prévienne le garde par inadvertance. Il y avait des torches parsemant la cellule, des structures de bois massives juste au-delà de la portée de Thorin maintenant sa cage constamment illuminée tout en laissant la lisière de la pièce dans les ténèbres.
Thorin croisa les bras sur son large torse, royal dans son exigence silencieuse que quiconque ait réussi à le surprendre annonce sa présence. Bilbo supposa que c'était probablement le moment où il devrait retirer l'anneau et approcher Thorin par le devant pour éviter davantage de cris, mais il semblait que ce n'était pas à un temps où Bilbo était particulièrement doué pour faire ce qu'il était supposé faire.
Bilbo sortit des ombres à l'arrière de la cage et retira son anneau, attendant silencieusement que Thorin mette ses mains sur ses hanches et ne commence à hurler des obscénités en Khuzdul. Durant plusieurs longues minutes Thorin ne quitta pas la porte des yeux. Finalement il fit volte-face avec fureur, trop frustré pour rager correctement contre le néant qui jouait avec lui. Bilbo prit un instant pour penser que peut-être que taquiner Thorin n'était pas la meilleure décision de sa vie lorsqu'il aperçut le Hobbit et trébucha sur ses propres pieds.
Thorin fixa Bilbo comme s'il était une apparition, et Bilbo prit la seconde mauvaise décision de cette rencontre : il agita la main.
Le choc de Thorin prit la raideur de la fureur et il aboya :
« -Que fais-tu ici ? »
Il y avait quelque chose à propos de la question qui suggérait que Thorin ne voulait pas que Bilbo réponde, qu'il préfèrerait qu'il tienne sa langue et le laisse atteindre le stade d'une crise hurlante digne de ce nom. Mais Bilbo n'était pas d'humeur. Lui et son anneau magique s'étaient frayé un chemin dans la forteresse Elfe pour sauver Thorin et sa Compagnie, merci beaucoup. Cela voulait dire que le grand et puissant Thorin n'était pas en position de hurler.
Bilbo croisa les bras sur sa poitrine (ce qui, il était prêt à l'admettre, était légèrement moins impressionnant que lorsque Thorin le faisait) et gratifia le roi Nain de son meilleur Regard Noir Baggins.
Parce que la vie était une cruelle et vicieuse maîtresse, Thorin sembla indifférent à la réprimande de Bilbo.
« -Que, articula Thorin, fais-tu là ? »
Puisque la sournoiserie ne marchait pas bien pour Bilbo ce soir il opta pour la vérité.
« -Balin m'a envoyé te trouver.
-Balin.
-Mm-hmm, acquiesça Bilbo. Dwalin voulait s'évader immédiatement, mais Balin a pensé qu'il vaudrait mieux que je te retrouve avec les armes avant. Je suppose que le temps que je revienne il aura persuadé Dwalin qu'ils devraient également me laisser trouver la meilleure voie d'évasion.
-Comment se fait-il que tu ne sois pas dans une cage ? »
La voix de Thorin était…plate. Presque dénuée d'émotion. Bilbo ne savait pas vraiment quoi faire de ça. Thorin pouvait ne pas être une créature particulièrement bavarde, mais il n'était en aucun cas silencieux. Pour tout son état mélancolique permanent, il parvenait toujours à exprimer chaque émotion lui passant par la tête. Il fredonnait avec les garçons, ses lèvres légèrement étirées, lorsqu'il était content, tout son visage se plissant et se condensant en un air renfrogné lorsqu'il était de mauvaise humeur, et son expression s'aplanissait en cette sorte de calme que Bilbo avait toujours imaginé sur les rois dans ses livres d'histoires lorsqu'il pensait à son foyer.
Mais à cet instant en particulier, Thorin n'avait aucune expression.
Au lieu de tester sa chance en faisant tarder sa réponse, pensant que peut-être cette expression de pierre pouvait être un niveau de colère que Bilbo n'avait pas encore inspiré à Thorin, il meubla.
« -De la même manière que j'ai passé les Gobelins. Je suis un Hobbit, et personne ne s'attend jamais au Hobbit. »
Thorin ne semblait pas avoir d'opinion sur ce tournant de bonne fortune, et Bilbo soupçonnait qu'il pourrait être obligé de retourner auprès de Balin et de déclarer :
« -Donc désolé, je ne pense pas que je serai en mesure de vous aider à vous évader avant plusieurs jours, je suis des plus sûrs que votre roi veut ma mort. »
Bilbo commença à reculer, plus qu'heureux de donner à Thorin l'espace nécessaire pour déterminer s'il se sentait d'humeur meurtrière ou non. Mais après le premier bruissement de pied la main de Thorin surgit à travers les barreaux, visant le tissu flottant de la veste de Bilbo. Celui-ci se précipita en arrière, une réaction automatique lui valant de se faire aboyer dessus habituellement.
Bilbo pensa à balbutier quelque excuse et expliquer que ce n'était pas Thorin lui-même qui l'avait fait reculer, mais le Nain ne semblait pas offensé. Il se jeta en avant de nouveau, sifflant :
« -Viens ici. »
Bilbo hésita, étrangement, pas d'humeur à être étranglé.
« -Viens ici, croassa de nouveau Thorin, et quelque chose de désespéré dans sa voix fit s'avancer Bilbo. »
Thorin attrapa le tissu lâche autour de la gorge de Bilbo et le tira droit contre les barreaux. Bilbo émit un couinement paniqué, et tressaillit, les yeux fermés, se préparant à un coup. Seulement, il ne vint jamais. Bilbo ouvrit les yeux et se rendit compte qu'on ne l'étranglait pas, mais qu'on l'étreignait.
Thorin serrait étroitement Bilbo contre les barreaux, ses propres bras épais gentiment enroulés autour de son dos, une main enfoncée dans ses boucles et épousant sa tête aussi près que possible. Bilbo se tint là sans bouger, son unique étreinte de la part de Thorin pas suffisante pour lui enseigner la réponse appropriée. Lentement, Bilbo passa les mains à travers les barreaux et les posa doucement sur le large dos de Thorin, faisant de son mieux pour ne pas surprendre le Nain. Lorsque Thorin ne se détendit pas, Bilbo commença à passer sa main le long de sa colonne vertébrale, son mouvement régulier, ses gestes tranquilles dans le but de le calmer.
« -Uh, Thorin ? Tu vas bien ?
-Si je vais bien ! »
Thorin s'écarta de Bilbo, tenant le Hobbit à bout de bras.
« -Tu te balades en secret parmi des Elfes sans protection !
-Ce n'est pas moi qui suis dans une cage. »
Bilbo avait eu l'intention de le dire avec un peu plus de venin que ça, mais c'était difficile de rester irrité lorsqu'il sentait encore la chaleur du contact de Thorin.
Thorin, entre toutes choses étranges, sourit à la réplique de Bilbo.
« -Tu vas bien ? Et les autres ?
-Ils semblent tous sur les nerfs. Donc ils vont bien, mais sont irrités. Je pense que Dwalin essaie de faire un marteau avec le bois de sa cellule afin de cogner Nori, mais je suis des plus certains que la plupart d'entre eux sont juste heureux d'être sortis du noir et d'être loin de ces araignées infernales. »
Thorin continua de sourire, doux et expressif après la dureté de son visage en voyant Bilbo avec lui dans le donjon. Il ne râlait pas à propos du fait que Bilbo se soit enfui de son côté, et il ne le réprimandait pas pour avoir échoué à faire s'évader le reste de la Compagnie avec lui, donc Bilbo ne savait pas quoi dire. A la place il se mordit la lèvre et murmura :
« -Et, tu vas bien ? »
Thorin sourit, puis s'empara doucement de la tête de Bilbo et l'attira de nouveau dans une étreinte.
