Alors là j'espère que ce chapitre va vous plaire, car j'y ai mis tout ce que j'avais !
Je l'ai tourné et retourné dans ma tête jusqu'à avoir une version satisfaisante (et en plus il est plutôt long par rapport à mes chapitres habituels :))
Chap 25 : A quelques années près
Plusieurs semaines étaient passées, et Hermione avait à présent amassé suffisamment de connaissances pour se lancer dans le monde inconnu des animagi. Mine de rien, le soleil avait refait son apparition pendant qu'elle lisait tout ce qu'elle avait pouvait sur le sujet, et abondamment questionné le professeur McGonagall, qui avait pu lui prodiguer de précieux conseils. Elle s'était un peu isolée, mais ça ne tombait dans le fond pas plus mal, car Harry et Ginny commençaient à réviser très sérieusement leur ASPICs, qu'ils souhaitaient réussir haut la main pour embraser la carrière de leur choix, et le magasin de farces et attrapes ne désemplissait plus. De plus, l'infirmière de Poudlard avait désormais suffisament de potions de réserves pour les petits accidents quotidiens de l'école de sorcelleries et les intoxications dues aux gri gri inefficaces qui pullulaient aux périodes de révisions. Elle avait donc le champ libre pour connaitre ses paragraphes sur le bout des doigts et s'entrainer à de longues séances de relaxation et de concentration.
Remus, de son côté, avait beaucoup réfléchit sur la question. L'idée était tentante, c'était certain. Avoir un certain contrôle sur le Loup était inestimable. Ça, couplé avec les effets de la potion Tue loup devrait pouvoir définitivement régler le problème de l'agressivité. Restait la douleur, mais si les estimations d'Hermione étaient correctes –ce dont il ne doutait pas- il pourrait certainement améliorer sa situation si pas y remédier totalement.
Il se sentait fébrile, ému. C'était presque… son rêve le plus cher.
Mais l'absence de ses amis pour le voir rendait aussi les choses douloureuses. Il aurait tant aimé pouvoir partager ce moment avec eux.
Il se souvenait avec une netteté stupéfiante le jour ou ses trois amis l'avaient pris à part pour leur montrer leur « surprise », le moyen qu'ils avaient trouvé pour rendre ses nuits d'agonie plus douces, voir même agréables. Mêmes si ses souvenirs étaient parfois brumeux, ils sa rappelait de nombreuses sorties dans le parc de Poudlard, voir même près de Pré-au-lard avec une puissante nostalgie.
Le regard nerveux de Peter, mais son évidente fierté d'y être parvenu, lui aussi… L'excitation presque palpable de Sirius, ses yeux brillants d'espièglerie, et le sourire démesuré de James, ses yeux plus en bataille que jamais, son visage lumineux, de cette expression si naturelle qui aurait rendu Lily sous son charme bien plus vite ; s'il ne s'obstinait pas à se comporter comme un idiot devant elle. Il se souvenait de son ébahissement lorsqu'en une petite seconde seulement, ses amis avaient soudainement disparu pour laisser place à un cerf majestueux, un rat et un gros chien noir, qui lui était presque sauté dessus. Passé le moment de stupeur, il avait eu les larmes aux yeux de comprendre ce qu'ils avaient fait pour lui, plus que quiconque n'en avait jamais osé faire…
Alors que c'était lui qui aurait du s'entraîner en cachette la nuit dans des salles de classes désertes pour s'assurer de ne pas être un danger pour les élèves de l'école… et pour lui-même. Vraiment, la vie s'amusait bien à ce petit jeu cruel qu'était l'ironie du sort.
Mais le pire, c'était surtout ce doute pernicieux qui s'insinuait en lui.
Pouvait-il vraiment être un loup ? Tout son être et son âme se rebellaient contre cette idée jugée ignoble. Jamais ! Il n'était pas ce monstre qu'il combattait à chaque instant, au prix d'une vigilance qui usait ses forces et le faisait se sentir bien trop las pour son âge. Il n'était pas cette bête féroce qui avait ruiné sa vie, l'avait forcé à vivre en reclus, rejeté de tous, et qui ne rêvait que de sang frais, le poussant à s'automutiler tous les mois… Il ne pouvait l'admettre, car c'était tout bonnement inadmissible.
Mais l'idée avait fait son chemin… Hermione disait que le loup n'était pas un animal « méchant », ni même vraiment agressif. Elle n'avait pas l'air d'avoir peur des implications que ça aurait du donner, des conclusions qu'elle aurait du en tirer. Elle semblait comprendre sa peur, son dégoût, mais pas le ressentir elle-même vis-à-vis de lui. C'en était déroutant. Mais pour lui, cela revêtait une dimension différente.
Cependant, il avait pris sa décision. Il devait le faire, et si ce n'était pas pour lui, ce serait pour tous les autres qui n'avaient même pas eut sa chance, et puis aussi pour honorer tout ce que la jeune fille faisait pour lui pour améliorer sa condition.
Il poussa un soupire. Hermione…
Ils avaient tout deux déjà effectué plusieurs séances, essentiellement de relaxation, et cette fois-ci, il s'agissait de passer à un niveau supérieur. En plus de ces « rendez-vous » au minimum hebdomadaire, il avait lu deux livres qu'Hermione lui avait conseillé sur le sujet, et veillait à s'entraîner et réviser le plus souvent possible. Devenir un animagi était quelque chose de difficile, mais ils avaient bon espoir d'y arriver relativement rapidement, en tout cas s'ils y travaillaient dur. Et puis, il ne comptait pas se ridiculiser devant la brune. Il savait qu'elle était brillante, et ne souhaitait pas –même s'il reconnaissait que c'était un peu puérile- qu'elle y arrive bien avant lui, et qu'il se voit incapable d'y parvenir.
En fait, le plus compliqué était de trouver le temps de le faire, car cela revêtait beaucoup de concentration, et Remus ne voulait pas abandonner ses missions, même s'il avait consentit à réduite le temps qu'il y passait.
En fait, la séance se passa très mal. Le début consistait essentiellement en de la relaxation, un moyen de se détendre pour que l'esprit ait le champ libre –car ils auraient besoin de toute leur concentrations ensuite.
Hermione avait voulut devenir elle aussi une animagus –ce qui rendait presque jaloux Harry. Elle ne se contentait pas de le guider ou le soutenir, mais elle pratiquait les exercices avec lui. C'était à la fois stimulant, car ils pouvaient s'entraider et ils cherchaient à se dépasser, et puis aussi agréable de ne pas se voir seul. Même s'il était son ancien professeur, et qu'ils apprenaient tous deux, c'était cependant davantage elle qui guidait la séance -elle avait davantage de connaissances théoriques sur le sujet, et de fréquent contacts avec McGonagal. cependant, elle lui demandait régulièrement son avis, ou des précisions sur ce qu'il se souvenait concernant ses amis. Et il devait bien reconnaitre qu'elle dirigeait les séances d'une main de maitre. Il la savait en réalité peu sûre d'elle et un rien timide, mais il ne doutait pas qu'elle serait tout à fait capable de devenir une enseignante excellente -et exigeante, bien entendu. En fait, sans doute à l'image de la directrice des Gryffondors...
Ils s'étaient donc retrouvés assis sur un tapis moelleux conjuré, face à face, tentant de se concentrer pour faire le vide.
Mais la jeune fille était extrêmement nerveuse ; après si tout, si elle échouait, cela ruinerait les espoirs de Remus… Et ce dernier ne parvenait pas à se concentrer, les yeux rivés malgré lui sur la jeune fille en face de lui, les yeux clos, presque offerte, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration un peu trop rapide pour être profonde comme il le fallait.
Comment arriver à se concentrer ainsi, alors qu'elle était si jolie sans en avoir conscience, ses cheveux grossièrement noué mais dont les mèches folles encadraient son visage, ses joues un peu rouges, ses doigts sagement posés sur ses genoux. Quand elle avait ouverts les yeux d'un coup et croisé son regard, il avait rougit, comme un collégien pris en faute.
Ouvrant les yeux, Hermione n'avaient eut le temps de voir le visage de Remus tourné vers elle, avant de se perdre dans son regard clair.
Bon sang, comment pouvait être se concentrer ainsi ? C'était tout bonnement impossible !
Elle se sentait dépassée. Une fois encore, elle avait cette drôle d'impression d'un quelque chose de la part de Remus, celle la même qui lui donnait une sensation bizarre dans le creux de l'estomac. Mais le passé avait montré que ses intuitions concernant le lycanthrope n'étaient pas vraiment toujours exactes non ? Comment savoir s'il n'en était pas juste de même maintenant ? Si elle ne voyait pas juste ce qu'elle avait désespérément envie de voir ?
Mais pourquoi, par Merlin rendait-il les choses si compliquées en la fixant de cette manière, comme si elle était la huitième merveille du monde !
A ce moment, Hermine comprit qu'elle ne pourrait pas éternellement houer à ce jeu du chat et de la souris avec lui. Elle avait une âme de Gryffondor, et elle ne pourrait tout simplement pas tenir le coup émotionnellement. Il fallait qu'elle sache, qu'elle laisse les mots sortir. Au moins pour pouvoir tourner la page.
Mais cette attente d'un quelque chose qui ne viendrait jamais était insupportable.
Sans vraiment savoir ce qu'elle allait faire, elle se rapprocha du lycanthrope, les yeux toujours plongé dans les siens.
A ce moment, le loup garou paniqua un bref instant, même si extérieurement il n'en laissa rien paraitre. Que faisait-elle ? Pourquoi s'approchait-elle donc de lui ? Non, non, au contraire, il fallait qu'elle s'éloigne !
Hermione sentait ses mains trembler. Elle ne savait pas quoi dire, mais elle savait qu'elle devait le faire. Maintenant. Alors, elle soupira. Il ne servait à rien de chercher des mots pour tourner indéfiniment autour du pot. Elle commença directement, effarée de sa propre audace :
-Il y a quelque chose entre nous, n'est-ce pas ?
Ce n'était pas vraiment une question. Il y avait bien quelque chose. Le problème, c'est qu'elle ne savait pas mettre le doigt dessus. Elle avait tellement envie de croire que c'étaient des sentiments communs mais…
Le cerveau de Remus sembla se bloquer d'un coup.
Cette phrase… avait-il bien comprit ce qu'elle voulait dire ? Que voulait-elle dire, au fond ? avait-elle remarqué ce qu'il essayait de lui cacher ? Il n'osait pas imaginer qu'elle parlait d'elle même dans cette question plutôt rhétorique.
Quelque chose à dire… mais quoi ? Il ouvrit bêtement la bouche, sans qu'un son ne sorte. Et puis il demanda, si lâchement qu'il eut presque honte de lui :
-Que… que veux-tu dire par là ?
Merlin, et c'était lui qui était sensé être l'adulte des deux !
Hermione rougit jusqu'à la racine de ses cheveux.
-Je… vous… On…on s'est déjà embrassé deux fois, dit-elle maladroitement alors qu'elle sentait tout son visage chauffer.
C'était vraiment pitoyable comme approche. Mais c'était sa faute aussi ! Qu'est-ce qu'elle voulait dire ? Non mais vraiment !
Remus ferma un bref instant les yeux. Ces deux terribles erreurs qu'il avait commises…
Comme il ne répondait pas, elle continua courageusement.
-Je veux dire, ce n'était pas non-intentionnel, n'est-ce pas ? Vous saviez ce que vous faisiez, les deux fois…
-Hermione… fit le lycanthrope d'une voix qui se voulait raisonnable, enfin, tu n'as que 17 ans et…
-Dix-neuf, répliqua immédiatement la brune dans un souffle, d'une voix basse, comme si cela était le détail précis qui changeait les choses. J'ai eut mon anniversaire au mois de septembre, précisa-t-elle, comme si cela suffisait à résoudre toute la question. Dans le fond, j'aurai 20 ans dans quelques mois, maintenant. Ce qui fait, dit-elle d'un ton encore plus déterminé, que je suis majeure non seulement chez les sorciers, mais aussi chez les moldus, et ce depuis un certain temps.
Il y avait dans ses yeux une sorte de flamme de détermination contre laquelle Remus se sentait vulnérable. Il n'était pas armé à résister à une jeune femme qu'il désirait à la fois plus que tout.
19 ans… C'était vrai qu'il avait gardé en tête que c'était normalement la septième année d'Hermione. Mais en fait, même Harry avait déjà 18 ans. Quand à elle… elle était un peu plus âgée que le fils de James.
Mais quand bien même, par Merlin ! Dix-sept, dix-neuf, quelle différence ? Elle était jeune, bien trop jeune pour quelqu'un comme lui. Il avait 35 ans, et encore, il se sentait si usé des fois qu'il se serait facilement accordé une dizaine d'années de plus. Ce serait tellement malsain qu'un homme de son âge s'affiche avec la jeune femme qu'elle était !
Il avait l'impression de ce retrouver, par certains aspect, deux ans plus tôt, alors que Tonks le harcelait presque. Sauf que là, il avait accepté plutôt par facilité.
Mais Hermione… Merlin, elle était jeune, jolie, intelligente ; parfaite. Il ressentait des choses pour elle, des choses qu'il n'aurait pas pu croire exister après tout ce temps. Mais c'était précisément parce qu'il l'aimait qu'il se devait de la préserver. Parce qu'il ne faisait pas l'ombre d'un doute dans son esprit qu'il n'était ni fait pour elle, ni capable de la rendre heureuse. D'ailleurs, il suffisait de se rappeler le fiasco que ça avait été avec Tonks…
Une petite voix lui soufflait que, cette fois, c'était différent, mais il se refusait tout simplement à l'écouter.
Il se passa une main dans les cheveux, mal à l'aise. Devait-il vraiment avoir cette conversation ? Mais comme il n'était pas Gryffondor pour rien, il répondit vaillamment :
-Peu importe, tu restes bien trop jeune pour moi…
Mais la brune ne l'entendait manifestement pas de cette oreille. Elle changea d'alors d'angle d'attaque, bien déterminée à ne pas en démordre. Puisqu'elle s'était lancée, autant aller jusqu'au bout.
Se plantant face à lui, le regardant droit dans les yeux et les mains sur les hanches, elle lui demanda clairement, le cœur tambourinant contre ses côtes à lui faire mal :
-Est-ce que tu ressens ne fut-ce que quelques chose pour moi ?
Remus lupin resta interdit.
Hermione retint son souffle, attendant une réponse qui semblait mettre un temps infiniment lent à venir. Trop long.
Elle avait l'air sur d'elle, le regard fier, la posture droite mais intérieurement, elle tremblait de peur. Son cœur continuait de martyriser sa poitrine oppressée et le sang battait à ses tempes. Elle ne s'était jamais sentie aussi vulnérable, offrant son cœur sur un plateau. Un simple petit mot de trois lettres pouvait faire toute la différence, comme ruiner tous ses espoirs.
Elle était totalement incertaine. Parce qu'il lui semblait évident que la seule explication possible à cette hésitation à répondre était qu'elle s'était trompée.
Elle y avait crut ; elle avait eut cet espoir stupide qu'il puisse ressentir quelques chose pour elle, oui. Oh, elle n'irait pas jusqu'à de l'amour, sans doute que non, évidemment, mais elle avait pensé que la façon dont il la regardait parfois… la lueur dans ses yeux… Après tout, il l'avait embrassé deux fois. Il était possible qu'il soit un peu attiré par elle. Et puis, elle pensait qu'ils s'entendaient bien…
Mais elle avait dut se tromper. Lourdement. Car le lycan ne répondait toujours pas, cherchant manifestement ses mots. Il cherchait sans doute la façon la plus gentille de lui dire, que non, il ne l'aimait pas. C'était du Lupin tout craché, ça.
Elle avait volontairement utilisé le « tu », même si elle avait gardé le réflexe de le vouvoyer. Elle ne le voyait plus comme un prof, non, depuis longtemps déjà. Mais les habitudes étaient tenaces…et puis, elle devait reconnaître que ça l'amusait un peu, c'était original.
Elle essaya de garder contenance. Ne pas pleurer même si la douleur qui se diffusait dans tout son être lui menait les larmes aux yeux.
Elle avait enterré son orgueil pour lui poser la question, poussé aux oubliettes sa timidité. Parce que, quelque part, lui poser cette question était comme lui avouer qu'elle l'aimait, non ?
Et maintenant, elle avait le cœur en miettes.
Le loup garou était interdit ; que répondre ? Il pouvait toujours apporter des arguments rationnels, réfléchis, mais il ne pouvait pas mentir si directement à la question si franche. Il savait qu'aucun de ses « non » ne serait crédible même avec tous les efforts du monde. Et cela rendait sa position bien plus difficile encore. Car, s'il ne se trompait pas, cela voulait dire qu'elle ressentait au moins un petit quelques chose pour lui. Vraiment.
Il essaya de prendre une voix douce :
-Hermione, tu aurais eut quelques années de plus…, tenta-t-il de se montrer raisonnable, ne niant pas, mais sans répondre vraiment non plus.
Mais la brune en avait assez entendu. Oui ou non, pas de tergiversions ! Ça voulait dire quoi, ça ? Non, mais je t'aimerais si tu avais 25 ans ? Oui, je t'aime, mais je ne veux pas de toi ? Hein, qu'est-ce que ça voulait dire ? Et qu'est-ce que son âge pouvait bien lui faire ?
Surpassant la douleur monta alors en elle une rage sourde, une colère froide. Une rage qui lui bouffait les tripes, qui se répandait comme un poison glacé dans son ventre.
Elle planta ses yeux dans les siens, le foudroyant du regard, ses yeux étincelants de colère.
-Je suis trop jeune ? demanda-t-elle d'une voix basse, à priori neutre, mais dangereuse. Mais quand est-ce qu'on va cesser de nous regarder comme des adolescents immatures ? dit-elle en haussant le ton. C'est aussi ce que pensait Dumbledore de Harry ! N'empêche, il ne reste plus grand-chose de Voldemort à présent, et Harry n'est encore jamais qu'un adolescent !
-Il ne s'agit pas de Harry, tenta Lupin, mal à l'aise.
-Non, répliqua aussitôt la brune, il s'agit de moi. Mais Harry et moi somme liés ; nous avons passé ces sept dernières années ensemble, vous devriez le savoir, fit-elle en accentuant volontairement le terme pour marquer une distance.
La jeune femme sentait la colère qu'elle retentait depuis trop longtemps, la frustration, l'amertume, et la tristesse bouillonner dans ses veines. C'était comme si elle avait attendu ce moment pour soudainement exploser et dire tout ce qu'elle avait sur le cœur depuis trop longtemps.
-Première année, commença-t-elle, nous avons combattu un troll des montagnes, passé toutes les épreuves de professeurs adultes et qualifiés, entre autres un chien à trois tête et un filet du diable, pour atteindre la pierre philosophale, et Harry à combattu Voldemort. Il avait onze ans.
Remus voulut dire quelque chose, mais elle enchaina :
-Deuxième année : un Basilic se baladait à Poudlard, Harry et Ron sont allés dans la forêt interdite et se sont vu confronté à des acromentules, Ginny a été possédée par Voldemort et Harry a vaincu et le Basilic et Tom Jedusor, alors qu'il n'avait que douze ans.
Remus commença à comprendre où elle voulait en venir. Bien sûr, elle était passée par des épreuves que sans doute peu d'adulte auraient un jour idée. Il ne put s'empêcher, aussi, de s'émerveiller du fait qu'elle parlait toujours d'Harry, et tellement peu d'elle-même, alors qu'elle avait fait tant. Elle ne disait pas que c'était elle qui avait passé l'épreuve de Severus Rogue –Severus Rogue ! Même lui n'était pas certain d'y parvenir- et elle qui avait compris ce qui se cachait dans la chambre des secrets, ce que même Dumbledore n'avait pas deviné –enfin, peut être, après tout, Dumbeldore restait quelqu'un d'insondable… Elle ne parlait pas du fait qu'elle avait été pétrifiée.
-Troisième année, annonça Hermione, la voix ferme, mais peut être un peu plus douce. J'ai compris que tu étais un loup garou, mais je n'ai rien dit, car j'ai vu un homme profondément humain derrière la lycanthropie.
Elle le regardait encore et toujours dans les yeux, et il put y lire une infinie confiance, et tellement de tendresse et d'acceptation à son égard qu'il s'en ressenti complètement chamboulé. Une gamine de 13 ans avait surpassé sa condition de loup garou alors qu'elle ne le connaissait même pas ! Il était terriblement touché, car c'était quelque chose que de trop rares personnes ne lui avait jamais accordée.
Mais elle poursuivait déjà, la voix désormais bien plus dure, presque métallique :
-Nous étions persuadé que Sirius voulait la mort de Harry, nous avons défié les lois temporelles avec le Retourneur de temps pour le sauver, découvert que le rat de Ron était l'assassin indirect des parents de Harry, et Harry à fait face seul à une centaine de détraqueurs ! Il avait treize ans, mais bien sûr, c'est tout à fait normal à cet âge là, dit-elle ironiquement, la voix acide.
Poursuivant soin monologue, elle haussa le ton pour ne pas permettre à l'adulte de l'interrompre.
-Quatrième année, Harry à combattu un dragon, Voldemort et ses Mangemorts, et j'en passe et des meilleurs. Il a vu Cédric mourir sous ses yeux !
-Hermione…, tenta le loup garou, mais la brune l'interrompit.
-En cinquième année, Ombrage l'a obligé à écrire avec son propre sang, il a encore combattu les Mangemorts et Voldemort, il a crut qu'il était possédé, faisait des cauchemars d'autant plus terribles qu'ils étaient réels et a perdu Sirius !
Son ton montant à présent dans les aigus, au fur et à mesure qu'elle énonçait les épreuves qu'ils avaient eut à endurer ; ce que des gosses n'auraient jamais du avoir à connaître.
-… Sixième année, commença-t-elle, et cette fois, sa voix devint basse, Dumbledore est mort.
Elle ne dit rien d'autre sur cette année, mais cette petite phrase lourde de sens fut plus terrible que n'importe quel discours. Ça avait été un élément profondément marquant, bien sûr. Pour lui aussi. Il se sentit trembler.
-Durant notre septième année, reprit la jeune fille, la voix vibrante de souffrance et de colère mal contenue, le teint rouge, et les yeux brillants, nous avons du fuir, nous cacher pour trouver des Horcruxes, nous avons connus la faim, cambriolé Griggott et voler à dos de dragon, nous infiltrer dans le Ministère et j'en passe –elle lui jeta un coup d'œil d'excuse, parce qu'elle avait que lui aussi connaissait la misère, et l'avait vécu pendant bien plus longtemps que les quelques pauvres mois qu'ils avaient du à endurer.
Elle parla cette fois à la première personne.
-J'ai été torturée par Bellatrix, fit-elle dans un murmure, si bas qu'il ne dut la compréhension des mots qu'à son ouïe de lycan, et Remus sentit son cœur se serrer, car la brune avait subitement perdu son air fâché, pour une lueur douloureuse dans le regard. Sa voix était légèrement brisée, et il en fut touché, car c'était la première fois durant son monologue qu'elle perdait sa voix sure et claire. J'étais là, à la bataille finale, je me suis battue, comme vous, comme les autres, comme ceux qui sont mort, aussi ; j'ai perdu Tonks, George, et pleine d'autres.
Elle conclu, abandonnant définitivement le ton hargneux pour laissé couler une larme sur sa joue :
-Quel adulte à déjà eut à vivre cela à 19 ans ? Harry peut il être considéré comme un gamin de par son âge ? N'ai-je pas vécu suffisamment d'épreuve pour ne pas être considérée comme une vulgaire enfant ? Les actes ne comptent-t-il pas plus que les dates de naissance ?
Elle se détourna alors brusquement, et s'enfuit dans le couloir, laissant un Remus Lupin plus déboussolé que jamais, le laissant seul avec cette lancinante question :
Le cœur ou la raison ?
Héhé, et vous vous en pensez quoi ? Soyons raisonnables ? ^^
